Le paysage sanitaire togolais observe depuis quelques mois l’apparition d’une nouvelle structure exclusivement dédiée à la santé mentale. Officiellement ouvert en Octobre dernier, le CPASE (Centre de psychologie et d’accomplissement de soi) s’est donné une mission : aborder autrement les questions de traitement psychologique des jeunes et enfants, et devenir une référence dans le pays.
« Comme tout bon psychologue, il est de mon devoir de veiller à l’entretien de l’esprit de toute personne, surtout en ce qui concerne son bien-être émotionnel, mental et personnel », explique Eli-Kpim Adzo, devant sa trentaine d’interlocuteurs, réunis lors d’un forum d’entrepreneurs.
La jeune femme, titulaire d’un Master en Psychologie Clinique et de la Santé obtenu à l’Université de Lomé, se considère en effet comme une entrepreneure. Et pour cause, la fibre entrepreneuriale ne date pas d’hier : « Je suis passionnée par l'initiative, la création d'entreprise et le leadership. Depuis l'époque du collège, en plus de mon rêve de travailler dans le domaine de la santé, j'ai toujours nourri l'ambition de bâtir une grande structure. Quel que soit le service offert, je me voyais évoluer au sein d'une entreprise prospère, fréquentée par de nombreuses personnes pour des achats ou des services. Cependant, après mes études, faute de moyens, j'ai d'abord travaillé pour gagner de l'argent avant de me lancer dans l'entrepreneuriat », relate-t-elle.
Le chemin sera long, jalonné d’expériences diverses et d’embûches. Mais la proximité éprouvée avec les jeunes et tout petits, durant trois ans au siège de Kara de SOS Village d’Enfants contribuera sans doute à créer le déclic : « Durant cette période, j'ai commencé à économiser une partie de mon salaire, préparant ainsi le terrain pour mon projet entrepreneurial. Initialement, je pensais créer une association et avais déjà constitué une équipe et entamé les démarches administratives. J'avais réuni tous les documents nécessaires, mais j'ai finalement opté pour l'entrepreneuriat, car cela correspondait davantage à mon épanouissement personnel », ajoute-t-elle.
Une autre approche de la santé mentale
Si la cartographie nationale de la santé mentale montre une forte proportion de troubles, addictions et handicaps liés à la dépression, et à l’utilisation de substances psychoactives, les « décompensations psychiques », expression utilisée par les spécialistes pour marquer la phase de rupture de l'équilibre psychologique d'une personne, sont également observées chez les enfants et les jeunes. En cause notamment, les difficultés scolaires, ou encore la perception et la gestion de l’énurésie chez ces derniers, qui peuvent affecter les comportements.
Eli-Kplim tient son cheval de bataille. Un soutien social, des consultations individuelles, un suivi personnalisé, etc…, les idées affleurent, donnant naissance au Centre. En deux mois, plus de 70 jeunes et enfants et quelques rares adultes sont ainsi pris en charge et accompagnés par la dizaine de psychologues cliniciens de la structure. Des conférences et formations de sensibilisations sur la santé mentale se multiplient, et la promotrice est régulièrement sollicitée.
Le projet, soumis lors de la troisième édition du programme ‘L’Afrik De Demain’, est retenu aux côtés de 19 autres, parmi les 275 en lice. L’initiative, portée par le magazine Ocean’s News offre entre autres aux lauréats, une exposition médiatique de même qu’un accompagnement spécifique dans des domaines clés de leur périple entrepreneurial.
Pour Eli-Kpim Adzo, « c’est le début d’une nouvelle aventure », et les aspirations sont désormais légion : « Nous visons à devenir la référence au Togo dans la prise en charge psychologique des jeunes et des enfants. Nous voulons être le premier choix des familles en quête de soutien psychologique de qualité, en nous appuyant sur notre expertise, Nous prévoyons d'établir des partenariats financiers avec des organisations nationales et internationales, nous permettant ainsi de toucher un plus grand nombre de jeunes dans leur parcours personnel et professionnel. Ces partenariats nous fourniront les ressources nécessaires pour financer des programmes de soutien, d'éducation et d'orientation, contribuant ainsi au bien-être des jeunes au Togo », énumère-t-elle.
Et ce n’est pas tout. La jeune professionnelle entend « élargir l’équipe », et en faire un centre pluridisciplinaire : « En plus de nos psychologues cliniciens, nous compterons sur des professionnels tels que des médecins et des éducateurs spécialisés. Cette approche holistique nous permettra de prendre en charge de manière globale les besoins physiques, mentaux et émotionnels des jeunes et des enfants, les aidant à atteindre leur plein potentiel », confie-t-elle.
Pour le CPASE, ce n’est que le début, et l’aventure promet d’être éprouvante. « De nombreux mythes entourent la visite chez un psychologue, tels que la stigmatisation, la croyance que seules les personnes mentalement fragiles consultent, ou encore le coût des services. Beaucoup de gens préfèrent se tourner vers d'autres alternatives, comme les pasteurs ou les charlatans, pour des problèmes psychologiques. L'un de mes principaux défis est donc de briser ces mythes et de sensibiliser le public aux avantages de la consultation psychologique », conclut celle qui, désormais, est devenue Sainte Dypne.
Octave A. Bruce
Au Togo, le paysage des acteurs du financement participatif enregistre depuis peu l’arrivée d’un nouvel acteur : FINTOU. La startup, portée par deux jeunes entrepreneurs locaux, se veut une alternative crédible en misant sur un point : « prendre en compte les réalités locales ».
Mi-novembre 2023. Devant une cinquantaine de personnes invitées dans les locaux de l’incubateur gouvernemental NunyaLab à Lomé, deux jeunes développeurs, Kokou Nouvor et Fandam Tahalgbanti achèvent de dévoiler leur dernière création, la plateforme de collecte de fonds Fintou.
Le projet, qui s’inspire d’une précédente solution d’encaissement de fonds et de transferts d’argent dénommée DobbeePay, se présente comme une plateforme simplifiée de collecte en ligne.
« La balle est désormais dans votre camp. La réalisation de projets puissants est possible lorsque chaque individu contribue à la réussite commune », martèle le premier, en reprenant une célèbre phrase en guise de conclusion de sa présentation.
Cet appel à l’engagement communautaire semble en effet être la trame même de la nouvelle solution qui vient d’être lancée : « Fintou est né d’un besoin de financement pour la réalisation d’une idée d’entreprise. Dans la quête de financement nous avons découvert le Crowdfunding, un mode de financement alternatif, qui permet de mobiliser des personnes intéressées pour le financement d’un projet. Cela nous a donné l’idée de mettre en place une plateforme similaire et de tester le concept. Nous avons alors remarqué l’importance d’un tel mode de financement, qui répond à la problématique du manque de financement en Afrique, la méthode du ‘Un pour tous, et Tous pour un’ », expliquent les promoteurs, par ailleurs consultants en digitalisation.

La nouvelle solution prévoit plusieurs produits, qui vont de la collecte de fonds aux constitutions de cagnottes, en passant par les donations.
Fintou, dénomination valise formée par la fusion de l’expression ‘Finance pour tous’, aspire à servir de rampe de financement pour une diversité de projets, notamment des initiatives sociales, culturelles, entrepreneuriales. Pour se démarquer, les promoteurs indiquent offrir aux utilisateurs, la collecte des fonds via mobile money dans plusieurs pays d'Afrique et par voie bancaire à l'échelle mondiale.
Leurs cibles, « les organisations, les acteurs culturels et les entreprises », détaille Fandam.
Modus operandi
« Tout débute par la création d’un compte », poursuit le jeune développeur. Une fois passée cette étape, l’utilisateur peut créer et lancer sa collecte de fonds (cagnotte ou compagne), via un gestionnaire accessible depuis le tableau de bord. Cette fonctionnalité débouche sur un monde d'informations : des données sur les vues et les interactions, ainsi que la liste des contributeurs, prête à être téléchargée pour une consultation.
« Les utilisateurs peuvent également connecter leurs réseaux sociaux pour étendre leur communauté, partager des actualités sur leur projet, et choisir entre un mode de campagne privé ou public selon leurs préférences », explique l’équipe projet. Enfin, une fois la campagne terminée, il est possible d'effectuer la demande de reversement des fonds collectés.
Le plafond pour la collecte de fonds (stockés auprès d’un opérateur agréé) est de 3 millions FCFA pour les comptes gratuits, élargi à 500 millions de FCFA pour l’offre Pro (avec coaching et assistance personnalisée). La tarification de l’offre Expert (sur demande), embarque la rédaction de projet, en son sein.
« Bien évidemment, nous percevons une commission sur chaque transaction opérée », précise l’équipe, qui annonce d’ores et déjà travailler sur de nouvelles plateformes (application mobile, logiciel associatif et espace dédié aux organisations).
Si « plusieurs entrepreneurs et entités sont venus aux nouvelles », Fintou espère décoller rapidement, et s’imposer comme la référence du crowdfunding dans le pays et dans la sous-région. Pour commencer.
Au Togo, le secteur de la santé n’a pas échappé à la vague de solutions digitales et innovantes portées depuis quelques années par des acteurs de tout bord. Depuis la mi-2023, MLA Care, un service digital pensé par de jeunes professionnels togolais de la santé, s’érige en un rempart contre les maladies cardiovasculaires ou non transmissibles devenues au fil des années, un véritable problème de santé publique.
« Surveillez vos paramètres vitaux, donnez-vous les meilleures chances de rester en vie ». C’est l’un des nombreux slogans que lance depuis plusieurs mois la MedStudents Leaders Association, la jeune organisation engagée dans la lutte contre les maladies non transmissibles. Au Togo où infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux (AVC), diabète, cancer et autres maladies chroniques respiratoires comme l’asthme, sont devenus légion, il y avait urgence, explique Kiki Wilfried Akue, l’un de ses promoteurs.
“Contrairement aux autres initiatives de santé, avec MLA Care, c’est le personnel de santé qui se déplace vers le patient. Cette approche permet au patient de gagner du temps et de discuter plus longuement avec son soignant. De plus, le patient devient plus assidu du fait que le personnel de santé se déplace de lui-même. Ces différents éléments contribuent à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées à diverses maladies”, souligne le praticien.
L’entreprise propose dans ce sens une application, MLA Care, basée sur un suivi digital des paramètres vitaux tels que la fréquence respiratoire, la fréquence cardiaque, la tension artérielle, la température ou encore les paramètres anthropométriques (poids, taille, âge, périmètre ombilical) et la glycémie. Le patient y est inscrit, avec sa localisation et son numéro de téléphone, et voit ses paramètres vitaux enregistrés et actualisés après chaque visite. En cas d’anomalie, l’état du patient est représenté par un bouton qui se colore en rouge.
L'équipe, composée de 30 personnes, plus précisément des administrateurs et agents de terrain, se déplace à domicile pour effectuer ces contrôles réguliers et offrir un counseling fréquent sur un mode de vie sain. Pour les patients ayant une pathologie chronique sous-jacente, une prise médicamenteuse régulière est privilégiée.

Briser le mur de réticence
Malgré un engouement manifeste, observé parfois sur le terrain, le projet rencontre encore des défis de taille, notamment le désistement de nombreuses personnes intéressées, notamment en raison de contraintes financières.
“La population a globalement accueilli positivement cette nouvelle approche des soins de santé. Beaucoup sont reconnaissants du fait que l’on se soucie de leur santé, bien que certains restent méfiants vis-à-vis des nouvelles technologies”, précise Wilfried Akué.
Reconnaissance à l’international
Si elle n’est pas encore adoubée sur le plan national, MLA Care se distingue déjà au-delà des frontières.
L’année dernière, l’initiative s’est vu ainsi décerner le 2ème Prix du Falling Walls, un concours international qui récompense les projets scientifiques les plus prometteurs. En outre, à Emerging Valley 2022 et Viva Tech Paris 2023, deux des plus importantes messes des solutions digitales en France et en Europe, l’application a présenté ses fonctionnalités et s’est mise en relation avec de nombreux acteurs. Enfin, la start-up a été sélectionnée pour faire partie du programme l'Afrik De Demain porté par le média Ocean's News.
Grandes ambitions pour le futur
Fort de ces bonnes perspectives, MLA Care ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’équipe, composée de professionnels de santé formés par l’État togolais (médecins, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes, techniciens supérieurs de laboratoire, entre autres), entend renforcer sa croisade pour le bien-être des populations.
D’ailleurs, le tableau de bord prévisionnel des prochaines années indique un quota de 5.000 nouveaux abonnés à inscrire, une place sur le podium des plateformes de soins de santé continentales, ou encore des ratios encourageants à atteindre dans la diminution des taux de décès ou des complications.
“MLA Care est encore à ses débuts, et il est trop tôt pour évaluer son impact sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles. Notre ambition est d’améliorer et prolonger l'espérance et la qualité de vie de la population togolaise”, conclut Wilfried Akue.
Huit startups représentent actuellement le Togo au sommet international Tech Afrique - Europe, Emerging Valley, qui se tient depuis hier lundi 27 novembre 2023 à Marseille, en France et ce, pour deux jours. Il s'agit d'Anaxar, spécialisée dans la mobilité et le transport, Semoa, active dans les services financiers, Makifaa, une société de gestion d'images, puis Clinicaa, qui opère dans la santé, G-Avicole, Ego Transfer, Suisco, et Trankyl. Ces acteurs représentent ainsi une grande variété de domaines allant de la logistique à la santé, en passant par la finance et l'éducation.
Ces entrepreneurs y participent notamment à des panels et ont l'occasion de réseauter avec plus de 250 startups et 50 investisseurs venant de 70 pays d'Afrique et d'Europe.

Parmi les temps forts de leur participation, une table ronde intitulée "Le Togo : Un écosystème startup prêt à décoller !" mettra en lumière le potentiel exceptionnel des acteurs togolais et leur ambition de faire du pays, un hub de l'innovation en Afrique de l'Ouest. Notons que cette participation bénéficie de l'appui de l'Agence Togo Digital (ATD) du Ministère de l'Économie Numérique et de la Transformation Digitale (MENTD), avec le soutien du projet #ProDigiT de la coopération allemande (GIZ - Togo), au Togo.
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Le Togo vient de clôturer son Marché international de l'artisanat, événement biennal destiné à mettre en lumière les réalisations et le génie de ses acteurs. A Lomé, une galerie ouverte en plein contexte pandémique s’affirme depuis, comme l’une des principales vitrines de ce secteur qui représente près de 20% du PIB national et agrège plus d’un million de personnes. Togo First y a fait un tour.
Niché à deux pas de l’ancien Hôtel de ville de Lomé, un lieu particulier détonne dans le paysage urbain depuis mai 2021. Murs artistiquement décorés, couleurs vives, portail d’entrée revisité en style traditionnel, et une inscription difficile à rater pour le passant : Galerie d’art Coin du Terroir, Entrée libre.
Propriété privée jadis, le lieu bâti sur deux niveaux a été depuis transformé en un temple de la célébration de la diversité artisanale et culturelle du Togo. A l’intérieur, sculptures, objets d’art et accessoires côtoient les tableaux et autres produits locaux exposés sur les étagères.

En tout, pas moins de 1500 œuvres, englobant un spectre varié de thèmes artistiques, habitent cette galerie au croisement du rustique et du contemporain.
“Mettre en lumière le savoir-faire de nos ancêtres, souvent qualifiés d'illettrés, alors qu’ils sont dotés d’une forme d’intelligence et s’adonnent à l’art de la similitude, c’est tout le sens de ce que nous faisons”, explique la maîtresses des lieux, Justine Edorh.
Des ressources humaines à l’art
L’histoire de cette quadragénaire passionnée devait s’écrire pourtant bien loin du monde de l’art.
Née en 1974 à Accra, elle se forme en secrétariat à Lomé après ses études primaires au Ghana. S’en suivront deux décennies d’activités professionnelles durant lesquelles, elle sera tour à tour rédactrice de journal, hôtesse d’accueil dans une compagnie aérienne, assistante de direction, hôtesse de l’air, assistante administrative, puis directrice des opérations.
Si sa passion pour l’art, en particulier les masques et les bijoux en perles, ne cesse de grandir au fil de ses pérégrinations, c’est en 2019 qu’elle décide de s’y consacrer pleinement en dédiant un cadre qui servira de vitrine à la promotion de toutes les œuvres artistiques et également aux produits locaux. L’ambition, confie-t-elle, est d’ajouter une touche nouvelle à la valorisation du riche patrimoine artistique et culturel dont dispose le pays.
La réalisation de cet idéal prend deux ans, au cours desquelles l’entrepreneure multiplie les contacts, convainc, mobilise, et repense l’aménagement au sein de sa demeure.

Les artisans, dont les œuvres seront exposées sur la base d’une collaboration, font l’objet d’un long et minutieux processus de sélection. “L’un des engagements de la galerie est également de rendre les œuvres d’art accessibles à tous”, explique d’ailleurs la promotrice.
Reconnaissance
Deux ans après, les engagements se sont concrétisés, et la mayonnaise semble avoir pris. Dans les différentes pièces réservées à l'exposition, les sculptures côtoient les tableaux et autres objets décoratifs issus de diverses contrées du pays et du continent.
En dehors de ses murs, la galerie s’est également illustrée, en participant à une douzaine de foires au Togo, au Congo, au Burkina, ou encore en Côte d’Ivoire. Résultat, plusieurs milliers de visiteurs enregistrés depuis 2021.

Renforcer la production locale et s’imposer à l’international
Pour Justine Edorh, il s’agit désormais de capitaliser sur ces acquis, et avancer, malgré les nombreux défis encore rencontrés. L’une des perspectives est d'ailleurs d'établir une unité de production artisanale et artistique locale, qui renforcerait la capacité de la galerie à répondre à la demande de plus en plus croissante.
Également, la promotrice entend se consacrer à la question de l'acheminement des œuvres d'art à l'international, qui occasionnent notamment des coûts de fret considérables, et empêchent le plein rayonnement de l’artisanat togolais à l’étranger.
“Nous pouvons y arriver, nous avons le potentiel”, assure-t-elle.
La Fondation Mablé Agbodan présente l’artiste togolais, Gustave Akpéhou Djonda, à l'exposition "Portraits, regards d'aujourd'hui" qui se tient du 23 au 26 novembre 2023 à Paris. Cette exposition met en lumière une collection de cent sculptures en terre cuite et rouillée, toutes représentant des têtes et des visages.
Gustave Akpéhou Djonda, artiste autodidacte originaire du Togo, est né en 1972 à Lomé. Sa collection intitulée "100 Têtes sans Visages", explore l'histoire de l'humanité, mettant en avant des visages tantôt connus, tantôt anonymes, et racontant des histoires individuelles ou collectives, parfois empreintes de souvenirs sombres tels que les mémoires des esclavages et des génocides.
L'artiste Gustave Akpéhou DJONDA, en tant que membre de l'"école de Lomé", un mouvement d'artistes autodidactes engagés, poursuit sa mission de création artistique engagée depuis 1998. Son travail a par aileurs été exposé à travers l'Afrique et au-delà.

Pour la fondation de la créatrice togolaise Mablé Agbodan, ce soutien à cette exposition et à l'artiste, est une contribution à la promotion des métiers d'art, du design et de l'artisanat. Elle s'inscrit dans une démarche de valorisation des ressources locales et indigènes, tout en promouvant le développement humain durable, notamment auprès des jeunes et des femmes, ainsi que des communautés à la base.
L’initiative s'inscrit, du reste, dans la continuité des efforts, visant à améliorer les conditions de vie socioéconomique au Togo et au-delà.
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Au Togo, malgré une popularité indéniable, l'industrie de l'arachide se heurte à une série de défis. Les consommateurs, devenus de plus en plus exigeants, aspirent à une qualité irréprochable pour les produits qu'ils acquièrent, et nombreux sont ceux qui disent avoir eu de la déception en ouvrant un pot de pâte d'arachide qui ne répondait pas à leurs attentes. C'est dans ce contexte que Yao Victorine, linguiste de formation, a décidé de relever le défi et de créer sa propre entreprise en 2021 : Arach-Togo, qui se donne pour mission de transformer le panorama de l'industrie de l'arachide, tout en offrant des produits de haute qualité, élaborés avec soin et dans le respect des normes. Lecture.
Disponibles en boîtes de 500 grammes, 1 kg, 1.5 kg, 2.5 kg, 5kg, les produits de l’entreprise s’alignent, d’après Victorine, sur une démarche qualité et sécurité. La promotrice explique : “Chaque arachide est soumise à un tri minutieux, pour éliminer tout matériau défectueux ou inadéquat. Après la torréfaction, les arachides sont dépulpées et tamisées pour éliminer toutes les impuretés potentielles. Le broyage est effectué avec une précision scientifique avec production d’une texture parfaitement homogène. Le conditionnement s'effectue dans des conditions stériles, qui préservent la fraîcheur du produit”.

Mais Arach-Togo ne s'arrête pas là. Pour répondre aux besoins changeants de sa clientèle et conquérir de nouveaux marchés, elle diversifie ses produits. Au-delà de la simple pâte d'arachide, l'entreprise crée des dérivés innovants, adaptés aux goûts locaux et internationaux, selon la promotrice.
Un parcours sans accompagnement initial
L'entrepreneuriat est un voyage qui commence souvent avec des ressources limitées mais un rêve infini. Dans le cas d'Arach-Togo, le chemin a été pavé de défis et d'engagements soutenus. Toutefois, après un an d'efforts inlassables, l’entreprise a bénéficié de divers programmes d'accompagnement de structures à l’instar d’Innov’up Togo, KD Group ou encore Miawodo.
En ce qui concerne l'avenir, Arach-Togo ne manque pas d'audace. À court terme, elle aspire à accroître sa capacité de production tout en renforçant sa présence sur le marché. Le plan prévoit une diversification de la gamme de produits ainsi qu'une expansion géographique visant à couvrir toutes les régions du Togo. “L'objectif ultime est de voir les produits Arach-Togo trôner fièrement dans les rayons des supermarchés, en tant que symbole incontesté de qualité”, nous confie sa promotrice.
Un engagement : l’hygiène…
“Dans le secteur exigeant de l'industrie alimentaire, la qualité et la sécurité sont des impératifs non négociables”, confie Victorine. Quant à la chaîne de traitement, elle précise : “Chaque arachide entrant dans nos installations est soumise à un tri minutieux, pour l’élimination de tout matériau défectueux ou inadéquat. Après la torréfaction, les arachides sont dépulpées et tamisées pour éliminer toutes les impuretés potentielles. Le broyage est effectué avec une précision scientifique avec production d’une texture parfaitement homogène. Le conditionnement s'effectue dans des conditions stériles, qui préservent la fraîcheur du produit ”.
…et une stratégie digitale au service des clients
Outre la diversification de ses produits, Arach-Togo embrasse la transformation digitale comme un levier stratégique majeur. Dans un monde de plus en plus connecté, l'entreprise a reconnu l'importance de la présence en ligne et des services numériques pour satisfaire sa clientèle. Victorine souligne que l'entreprise a mis en place des systèmes de commande en ligne efficaces qui permettent aux clients de passer des commandes en quelques clics, et de suivre leurs livraisons en temps réel et de bénéficier d'un suivi personnalisé.
Atténuer les risques par anticipation
La gestion des risques occupe une place cruciale dans le monde des affaires, surtout pour les entreprises cherchant à maintenir leur pérennité. Arach-Togo, consciente de cet impératif, a opté pour une approche proactive visant à anticiper et à minimiser les risques potentiels. Dans ce sens, la responsable déclare : "Nous évitons toute action susceptible d'entraîner un risque indésirable."
Face aux fluctuations du marché des matières premières, Arach-Togo a élaboré une stratégie astucieuse. Plutôt que de subir passivement les variations de prix, l'entreprise transforme ses matières premières en produits dérivés, lorsqu'elles abondent. Par ailleurs, elle arpente le chemin des partenariats et des collaborations pour affermir sa position sur l'échiquier, et où la sous-traitance est une option envisagée pour optimiser ressources et compétences.
Aussi, la réduction de la consommation des ressources, le remplacement des ressources non renouvelables, la réutilisation des matières premières pour limiter les déchets et le recyclage des emballages font partie intégrante de sa politique de développement durable. “À plus long terme, Arach-Togo envisage la création de ses propres champs d'arachides pour s’assurer un approvisionnement régulier en matières premières”, nous confie la promotrice.
Au Togo, la troisième édition des Togo Digital Awards est lancée. La phase de sélection pour ces distinctions qui récompensent les acteurs du numérique au Togo vient d'être annoncée par l'Association des blogueurs togolais.
L'événement, qui se déroule du 16 au 31 octobre 2023, célèbre l'excellence dans le domaine du numérique au Togo, en mettant en lumière les contributions significatives des innovateurs, entrepreneurs, créatifs et visionnaires qui jouent un rôle majeur dans le développement de l'écosystème numérique du pays.
Pour cette édition, diverses catégories sont considérées, telles que : la meilleure initiative de transformation digitale, les projets et stratégies novateurs, les meilleures innovations digitales, les travaux académiques de qualité, les femmes influentes dans le secteur tech, les créateurs de contenu talentueux et un prix spécial "Coup de cœur".

Chaque candidat peut concourir dans un maximum de deux catégories, et les lauréats seront choisis par un panel d'experts de l'industrie numérique.
Les jeunes acteurs du numérique et créatifs togolais peuvent candidater jusqu'au 31 octobre 2023 à minuit via le site web officiel de l'événement.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le recyclage des déchets a le vent en poupe depuis quelques années, sous l’impulsion de plusieurs structures et acteurs, soucieux de la préservation de l’environnement. A Lomé, CATIFAT, une jeune entreprise sociale, a fait le pari de la restauration des déchets domestiques en objets utilitaires couleurs et tons africains. Découverte.
“Nous avons le désir de garder notre environnement propre, mais nos déchets sont très nombreux et variés. La question n’est donc pas de jeter les ordures en un endroit spécifié mais plutôt de leur donner une seconde vie. Si les déchets pouvaient être utilisés autrement, il n'y aurait pas d’ordures et donc notre environnement garderait toujours son état de propreté”, explique d’entrée, Eugénie d’Almeida, la responsable de la start-up.
En 2018, cette “maniaque de la propreté”, sociologue de formation, décide de monter sa structure, afin de résoudre le problème des déchets, devenus de plus en plus nombreux dans son environnement.
Le processus qu’elle imprime dans un coin de son local, nécessite surtout une matière première à collecter : des déchets domestiques solides tels que les canettes, les boîtes de conserve, les cartons et les rouleaux de papier hygiénique, provenant de ménages ou achetés auprès de structures spécialisées dans la collecte des déchets.
Une fois amassés, ces matériaux sont ensuite soumis à un nettoyage approfondi, à une désinfection rigoureuse et à un processus de transformation manuelle. Là, les déchets sont façonnés en des produits variés, en fonction de leurs formes, états d’origine, résistance, ou durabilité. Ainsi, apparaissent tour à tour des accessoires de mode (sacs, chaussures, barrettes,…), des outils professionnels (blocs-notes, agendas…), ou des objets de décoration intérieure (cadres, luminaires…).

“J’ai choisi de me spécialiser dans le recyclage des objets tels que les canettes, les calendriers, les rouleaux de papier hygiénique, les boîtes de conserve de tomates et sardines, parce que beaucoup de structures opèrent déjà dans le recyclage des déchets classiques”, explique-t-elle.
Une fois façonnés, les nouveaux produits devront passer par l’étape décoration. A ce stade, la jeune promotrice, qui a entre-temps suivi une formation de fabrication d’accessoires en pagnes, fait appel à des motifs africains.
L’ambition, assure-t-elle, est de leur conférer une nouvelle vie et une utilité renouvelée.
Si les débuts sont compliqués, peu à peu, la mayonnaise prend et la clientèle, diversifiée (des entreprises, des particuliers, ou encore des enfants), prend rapidement goût.
CATIFAT prend alors le pari de se rendre plus visible, et lance ses produits sur les réseaux sociaux et lors des manifestations foraines.
“La dernière vitrine d’exposition de nos produits a été le Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA) en Côte d’Ivoire, où nous avons présenté nos articles qui ont suscité de l’intérêt.
Un engagement social
Si elle s’efforce de se construire une réputation sur le marché, CATIFAT est plutôt bien enracinée dans les questions d’engagement social.
Depuis plusieurs années, la sociologue met en œuvre via sa structure, un programme d’accompagnement baptisé ‘Sitsope’ pour les jeunes filles, mères, orphelines ou en situation de vulnérabilité dans leur insertion professionnelle. L’objectif, explique-t-elle, est de “servir de refuge”. D’ailleurs, révèle Eugénie, 50% de toutes les recettes y sont consacrées.
L’initiative, encouragée notamment par le ministère de la culture, permet également à ces jeunes filles d’envisager de nouvelles perspectives, avec des formations aux métiers de l’audiovisuel ou du cinéma, des arts plastiques et des arts de la scène, en dehors des domaines classiques de formation, tels que le recyclage ou la pâtisserie.
Pour l’instant, Eugénie d’Almeida n’aspire qu’à un idéal : “construire une marque solide autour des produits et les distribuer dans toute l'Afrique, voire au-delà du continent”.
“Cette expansion permettra d'élargir le programme social et de soutenir davantage de jeunes femmes et de mères en difficulté dans diverses régions”, conclut-elle.
Au Togo, l'incubateur Nunya Lab, basé à Lomé, annonce le lancement d’un nouveau Programme d’Incubation d’Excellence, destiné à 30 porteurs de projets innovants. Ce programme intensif s'étalera sur 12 semaines, de la deuxième semaine d'octobre à la troisième semaine de décembre, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Dans le cadre de cette opportunité, le Lab lance un appel à candidatures, pour offrir aux porteurs de projets sélectionnés, son expertise ainsi qu'une assistance pour la levée de fonds, étape essentielle au développement de leurs initiatives.

Les critères de sélection des projets incluent notamment le niveau d'innovation, le potentiel de marché, la viabilité financière, la faisabilité technique, l'impact social ou environnemental, ainsi que l'alignement sur la mission de Nunya Lab.
À l'issue de ces douze semaines, les porteurs de projets bénéficieront d'un accompagnement en matière de développement de prototypes et de plans d'affaires, d'acquisition de clients ou d'utilisateurs initiaux, de préparation à la levée de fonds, de création de réseaux, et également de conseils sur la protection de la propriété intellectuelle.
Les secteurs privilégiés pour cette cohorte d'incubation sont l'agriculture, l'agro-industrie, la technologie, l'artisanat, le tourisme et l'industrie manufacturière.
S’inscrire ici . Date butoir, le 30 septembre.