Militante, web-activiste, entrepreneure sociale, conseillère technique de Plan International au Togo et au Bénin, patronne d’Auréole Monde, Elsa M’béna BA a plusieurs casquettes. Dans son regard, on découvre rapidement la fougue d’une féministe, prête à défendre les droits des femmes partout, advienne que pourra. Ce combat pour la cause des femmes, elle le mène aussi sur le plan de la santé. De fait, elle a créé une marque de serviettes hygiéniques réutilisables sous la marque Yannis-Lotiyé, qui signifie « double grâce ».  

Dans son atelier situé à Sagbado, une banlieue de Lomé, quelques femmes donnent des coups de pédale aux machines à coudre. C’est le soir et, indifférentes aux caprices et grimaces de leurs enfants, elles se pressent pour terminer certaines commandes. 

C’est ici que sont produites les serviettes hygiéniques réutilisables. Dans la salle, des distinctions sont accrochées au mur, dont un tableau qui rappelle l’un des prix de la francophonie du concours Forum Agora remporté en 2019, au tout début de l’initiative. L’enveloppe financière de ce prix (500 000 FCFA) a permis à la jeune entrepreneure d’acheter ses toutes premières machines à coudre. La même année, l’entreprise sociale Auréole Monde verra le jour. Alors âgée de 31 ans, Elsa M’béna ne s’est appuyée que sur ses propres expériences pour lancer ce projet. « J’avais beaucoup de difficultés lors de mes menstrues. Après une formation sur la gestion de l’hygiène menstruelle, j’ai découvert qu’il existait des alternatives plus saines. J’ai ainsi voulu moi-même les expérimenter, mais je n’en avais pas trouvé sur le marché togolais. J’ai dû les commander mais c’était hyper cher », témoigne-t-elle. Face à cette difficulté, elle décide de fabriquer ses propres protections, après avoir passé trois mois à apprendre à coudre. Une fois l’expérience réussie, elle convainc sa sœur et sa mère, d’autres femmes aussi se rallient à l'initiative.  

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Retour à une vieille tradition

En Afrique, l’utilisation des serviettes recyclables remonte à plusieurs années, mais cette pratique a laissé place aux serviettes jetables qui ne sont pas sans conséquences chez les utilisatrices. Ces conséquences, en effet, sont d’abord d'ordre sanitaire. « Les serviettes jetables que nous utilisons sont fabriquées avec des produits chimiques qui causent des maladies », explique Elsa. En dehors de la santé, l’innovation participe à la protection de l’environnement.  « Une fille ou une femme produit jusqu’à une tonne et demie de déchets liés à ses menstruations. Parmi ces déchets, on retrouve essentiellement des serviettes jetables », ajoute-t-elle. Pour couronner le tout, les serviettes recyclables permettent de faire des économies. « Une fille sur dix en moyenne manquerait les cours trois à cinq jours par mois en Afrique subsaharienne à cause de leurs menstruations. C’est l’Unesco qui l’a dit », précise-t-elle. L’entreprise s’est alors engagée dans le recyclage, à travers la récupération des chutes de tissus dans certains ateliers pour leur donner une seconde vie. 

De la terrasse à un atelier

Au départ, Elsa fabriquait les serviettes à la maison, sur sa terrasse ou dans l’atelier de sa couturière avant de bénéficier des appuis à travers les concours auxquels elle participait. En effet, il y a un an, Elsa M’béna BA a reçu le prix de la meilleure entrepreneure au concours Challenge Startupper de Total Energies. La récompense a permis à l’entreprise d’augmenter sa capacité de production, d'acquérir d’autres outils de travail et d’élargir l’espace de travail. Mais avant ce prix, elle avait remporté plusieurs distinctions dont le prix du meilleur entrepreneur leadership féminin du fonds féministe « Xoese ». Cette cagnotte d’environ 800 000 FCFA lui a permis d’équiper l’atelier.

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Auréole Monde emploie principalement les jeunes femmes en fin d’apprentissage qui manquent de moyens pour ouvrir leurs ateliers. L’objectif est de leur offrir un premier emploi pour leur permettre d’économiser, afin d’ouvrir plus tard leur propre atelier. Pendant ces vacances, l’entreprise s’ouvre à plusieurs filles qui viennent toucher du doigt cette réalité. La société accompagne aussi les victimes de violences sexuelles, sexistes ou conjugales. Pour ce faire, l’entrepreneure a mis en place un projet dénommé « survivantes anonymes » qui permet d’accompagner psychologiquement les survivantes des Violences basées sur le genre (VBG). 

L’entreprise emploie six femmes dont trois à temps partiel. Ici, les femmes ont la possibilité de venir librement au boulot avec leurs enfants. Des babysitters sont même mis à leur disposition.   

Les succès …en chiffres !

Lancée principalement avec pour socle une force de conviction, la marque Yannis-Lotiyé connaît un succès progressif auprès de la cible, les femmes.

En effet, indique la promotrice, environ 3000 femmes utilisent les serviettes Yannis-Lotiyé. Le chiffre d’affaires de l’entreprise a aussi évolué au fil des années. D’un million en 2020, il est passé à 19 millions FCFA l’année suivante, puis à 20 millions à la moitié de 2022. La grande clientèle est constituée d’associations et d’ONG qui achètent le produit et le distribuent dans les milieux ruraux. Les serviettes sont aussi commercialisées au Mali, au Burkina et au Bénin.

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Plusieurs défis restent à relever    

La startup est confrontée à différents défis liés notamment au matériel. Certains outils utilisés dans la production du produit sont importés. Conséquence, au plus fort de la crise sanitaire liée à la Covid-19 et compte tenu de la complexité des formalités douanières, les commandes n’ont pu être honorées, à temps. Elsa M’béna fait également face à une réticence des clientes, habituées aux serviettes jetables. « Une grande campagne de communication avait été faite contre les bouts de tissus traditionnels pour inciter les gens à passer aux jetables. Des publicités ont déconstruit l’utilisation du réutilisable dans la tête de la femme et planté l’usage des jetables. Aujourd’hui, nous faisons le travail en sens inverse », informe-t-elle. Pour cela, elle passe par les réseaux sociaux, spécialement TikTok et son blog pour sensibiliser et « changer les mentalités ».  

Comme perspectives, l’entreprise ambitionne de devenir une multinationale. Dans les dix prochaines années, Elsa veut faire de Yannis-Lotiyé, la marque de serviette réutilisable N°1 en Afrique. 

Mariée et mère de trois enfants dont des jumeaux, celle qui fait de la natation un loisir, a également un faible pour les voyages, la lecture et la découverte des « lieux emblématiques » d’Afrique. « J’ai la réputation d’avoir une grande gueule », reconnaît-elle. L'ancienne basketteuse professionnelle défend ardemment les droits des femmes pour une société plus égalitaire qu’elle appelle de tous ses vœux. 

La rédaction 

Depuis Lomé, Ecobank a lancé l’édition 2022 de son Fintech Challenge, doté de 50 000 $. La compétition est ouverte aux entreprises offrant des solutions dans le domaine des technologies financières, indique un communiqué émis ce jeudi 25 août 2022.

« Le Fintech Challenge offre aux jeunes entreprises et aux entreprises matures, la possibilité de s'associer à Ecobank dans 33 pays africains. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 16 septembre », indique la banque panafricaine, qui « invite les entrepreneurs du secteur de la fintech en Afrique à participer au concours. »

Outre cette enveloppe financière, les lauréats auront notamment la possibilité de lancer des produits dans tout ou partie du réseau Ecobank, ainsi qu’un accès à sa Sandbox bancaire, une plateforme sécurisée qui permet de tester ses projets.

« Ecobank est convaincu que, pour transformer les services financiers en Afrique, les banques panafricaines comme Ecobank doivent soutenir et collaborer en permanence avec des fintechs et des startups innovantes. Nous invitons les meilleures fintechs d'Afrique à travailler avec nous en participant au Fintech Challenge 2022 », a déclaré Ade Ayeyemi, directeur général du groupe bancaire.

Pour participer au Fintech Challenge, les entreprises et les développeurs du secteur de la fintech originaires de l'un des 54 pays d'Afrique ainsi que les fintechs internationales axées sur l'Afrique, doivent se rendre sur le portail dédié.

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A priori, rien d’extravagant chez la discrète Sika Yakou Esther Kagbara, techno-entrepreneure et promotrice de la plateforme numérique Iya. Rien ne la bloque non plus dans son ambition de hisser cette initiative parmi les meilleures du continent. Iya a cette particularité : connecter les artisans aux clients dans un monde qui devient de plus en plus virtuel. A 29 ans, la directrice générale de Sigma Corporation, après environ 5 années passées à la tête de cette entreprise de communication 360°, a encore de l’énergie à revendre.

En congé de maternité, Sika Yakou Esther Kagbara passe discrètement au bureau, chaque fois que de besoin. Entrepreneure dans l’âme, elle ne se sépare jamais de son smartphone. Vêtue d’un Jean bleu qui se marie avec son T-shirt blanc immaculé, la jeune maman souriante et accueillante a certains rendez-vous. Tout ceci, pour développer davantage cette application qui permet d’avoir des artisans en un clic.

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Fermeté et rigueur 

Pourtant, celle qui vient d’avoir un bébé il y a juste deux semaines, ne laisse jamais ses enfants toucher son téléphone. « On se querelle souvent parce qu’aujourd’hui, les enfants s’intéressent beaucoup à la technologie. Moi je n’aime pas trop qu’ils s’accrochent au téléphone… Un enfant, c’est un enfant. Le moment venu, il aura son téléphone et sa tablette, mais pour l’instant, non. Je pense que le téléphone n’est pas un jouet ». Cette fermeté, Sika (qui signifie littéralement or en Mina) la tient de son éducation. Issue d’une famille modeste, elle n’a pas tout reçu sur un plateau d’argent.

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Après sa licence en communication des entreprises et un stage qui s’est achevé en 2016, la dynamique Sika passe par la case « chômage » pendant 2 ans. Sa passion pour la couture, métier qu'elle a appris de sa mère depuis le collège, l’a amenée à explorer davantage le monde de l’artisanat pendant ses temps morts. Mais elle ne regrette pas cette expérience : « ça m'a permis de mûrir les idées et d’avoir un projet bancable. Il fallait que je passe par là pour découvrir le monde de l’entrepreneuriat ». C’est d’ailleurs le déclic qui lui a permis de lancer la même année, Iya, conformément à son rêve d’enfance « d’apporter quelque chose de nouveau au monde et être au service de la communauté ». 

« Contre l'entrepreneuriat »   

Paradoxalement, Sika s’oppose à cette forme d'entrepreneuriat qui consiste à rédiger un business plan ou un modèle économique pour chasser les financements. Elle s’intéresse plutôt à un « entrepreneuriat prospère : mûrir son idée, bien asseoir les bases et poursuivre sa vision ».

Tout est parti d’une expérience personnelle. Comme pour beaucoup de Togolais, il est difficile de trouver facilement des artisans après un déménagement à Lomé ou dans les autres villes du pays. « Parfois, c’est de bouche à oreille qu’on arrive finalement à en trouver. Mais dans certains cas, il ne finit pas votre travail et va sur un autre chantier parce que quelqu’un d’autre l’a appelé. Ce qui ralentit votre activité. Des fois, quand je reçois un artisan, je prends le malin plaisir à essayer de le noter. En même temps, je prends son contact, quand le travail est bien fait. Ainsi, je me suis constitué un carnet de notes que les voisins ou les membres de ma famille demandaient à consulter. Lorsque les sollicitations ont augmenté, je me suis rendu effectivement compte qu’il y avait un réel souci dans ce secteur », se rappelle-t-elle. Ainsi, son carnet d’adresses a servi à créer la plateforme.  

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Bilan satisfaisant 

Lancée officiellement il y a un an, la solution fait du chemin. Un financement de la Fondation Tony Elumelu a permis de développer l’application Iya qui compte aujourd'hui plus de 500 artisans dans divers domaines. Quant aux clients, ils ne cessent de s’accroître. L’entreprise dispose aussi d’une boutique en ligne pour vendre les objets d'art. Si cette année, le projet a été retenu parmi les 15 finalistes du concours Challenge Startupper de TotalEnergies, la jeune entrepreneure met les bouchées doubles pour se hisser parmi les 3 finalistes, l’année prochaine.  

Sur le plan financier, les initiateurs continuent d’investir davantage dans la startup pour en tirer le maximum de « fruits, dans un futur proche ». Avec un capital de 5 millions FCFA, la société maintient le cap.

L’un des défis majeurs que rencontre Iya est lié à son statut juridique. Le Togo ne dispose pas encore de texte sur les entreprises sociales. Mais ceci ne limite pas la startup qui veut s’étendre dans d’autres pays.  « Nous ne comptons pas nous limiter au plan national. Nous voulons dépasser les frontières, aller dans la sous-région et faire connaître Iya partout dans le monde, avoir des artisans qui épousent notre idée », explique Sika Kagbara. 

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Sur la plateforme, les artisans sont sélectionnés selon des critères bien définis. La structure les expérimente ou les confie à d'autres acteurs pour vérifier plusieurs paramètres liés surtout à leur comportement avec les clients. Après ce test, un contrat est signé avec l’artisan s’il respecte les critères. Ils sont ensuite intégrés dans une base de données. « Ce sont des artisans professionnels que nous avons sur notre plateforme…La plupart de nos clients sont satisfaits », précise-t-elle. 

La structure veut changer les habitudes de beaucoup de Togolais qui n’ont pas encore le réflexe de solliciter les services d’un artisan en ligne.   

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Aujourd’hui, en dehors de son travail, Sika consacre son temps à ses trois enfants. Son plat préféré, le fufu accompagné d’une sauce d'arachide avec de la viande de pintade, rappelle ses origines (Sola, dans la préfecture de la Binah, région de la Kara). D’une forme athlétique, elle associe à ses loisirs, la marche qu’elle pratique quotidiennement pour déstresser, mais surtout, reconnaît-elle en souriant : « comme je n’aime pas courir, au moins ça compense le footing ». 

La Rédaction

Le secteur agroalimentaire renferme une niche d’opportunités et attire de plus en plus de Togolais. Spécialisé dans l’e-commerce et dans les services web, Florent Ayekotan, patron de l’entreprise Ayekotan Group, s’est positionné sur l’élevage de poulets locaux et la production de mélanges d’épices baptisés Iletou. Son objectif, contribuer au bien-être des populations avec des produits naturels. 

Après son DUT en génie électrique en 2011, rien ne prédestinait Florent Ayekotan à entreprendre dans l’agroalimentaire. Son ambition était plutôt de créer une entreprise dans le domaine informatique. Une fois son mémoire soutenu sur la thématique de l’interaction entre un site web et un téléphone portable avec le développement d’une application mobile à partir du système Symbian, il se lance dans le commerce électronique. Trois ans plus tard, Il décroche avec ses collaborateurs, un partenariat avec la société de téléphonie mobile Moov Togo (devenue Moov Africa Togo) pour lui implémenter la solution de paiement électronique Flooz. 

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Certifié par la CNUCED 

En 2014, Florent Ayekotan participe à une rencontre à Liège, en Belgique, où il sera certifié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) comme expert en commerce électronique. En marge de cette rencontre, il visite une boutique africaine et finit par s’intéresser à la production locale. « J’ai remarqué que beaucoup appréciaient les produits africains qui étaient vendus dans cette boutique. C’était un déclic pour moi. Il faut reconnaître aussi que dans ma famille, mes parents s’intéressent aux produits bio. Ils font eux-mêmes plusieurs recettes de grand-mère », indique l’entrepreneur. 

De retour au pays, il va lancer 3 ans plus tard, la marque Iletou Foods avec une partie des revenus générés par sa structure d’informatique. Mais passer de ce domaine à l'agroalimentaire n’a pas été chose aisée. « L’homme a horreur du changement. C’est difficile de passer d’un domaine à un autre. Mais j’ai reçu beaucoup de conseils qui m’ont permis d’entreprendre finalement dans ce secteur », souligne-t-il. 

Contribuer au bien-être de la population  

En lançant la marque Iletou Foods, Florent Ayekotan avait un objectif principal : lutter contre les maladies causées par les bouillons cubes, ingrédients très appréciés et consommés par la population togolaise. L’entrepreneur dit avoir remarqué que de plus en plus de personnes tombaient gravement malades à cause de la mauvaise alimentation.

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Par contre, Iletou est un mélange de 9 épices. « C’est un assaisonnement de produits naturels pour faire la cuisine. Il facilite la tâche aux hôtels, aux restaurants…Tout est naturel et est fait localement, il n’y a pas de produits chimiques ajoutés ou de produits peu recommandés pour la santé », explique-t-il. D’autres gammes du produit sont aussi disponibles, notamment Iletou Gingembre, Iletou Cannelle et Iletou Piment. L’entreprise propose également des infusions de thé à ses clients, ajoute-t-il. Florent associe à cette activité, l’élevage de poulets locaux qui sont commercialisés et livrés sur commande.   

Une activité ralentie par la Covid-19

Avant la pandémie, l’entreprise arrivait à vendre plus de 200 boîtes de 150g de Iletou par mois, à raison de 1 500 FCFA la boîte et entre 30 et 50 boîtes de 600g. Mais l’activité a été ralentie par la Covid-19. Les ventes ont été considérablement réduites, déplore le promoteur de Iletou Foods. 

En outre, confie-t-il, « Ayekotan Group fait face à des défis d’ordre financier et en termes de ressources humaines ». Les produits qui sont fabriqués de façon semi-industrielle sont pour l’instant, vendus à Lomé ainsi que dans certains pays de la sous-région. On les trouve aussi en Europe et aux Etats-Unis.  

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Pour l’entrepreneur, la promotion des produits locaux a permis de démystifier la mentalité des Togolais, plus tournés vers la consommation des produits importés. « L’Etat doit faire davantage pour promouvoir le consommer local. Il peut par exemple mettre en avant certains produits togolais. Pour la santé publique, il faut éviter d’importer certains produits comme des poulets congelés », suggère Florent Ayekotan. Il encourage à la mise en place de plusieurs unités de production sur le territoire pour contribuer à la baisse des prix des produits locaux et inciter à la consommation locale.    

Dans les 12 prochains mois, Florent Ayekotan ambitionne de couvrir tout le Togo avec les produits Iletou, afin de satisfaire la demande nationale et dans les 3 prochaines années, disposer d’une structure bien implantée dans la sous-région et de machines sophistiquées. D’ici-là, l’entrepreneur continuera de gravir les échelons.

La rédaction 

Les services de livraison au dernier kilomètre connaissent du succès à travers le continent. Dans de nombreux pays africains, des entrepreneurs se lancent sur ce marché avec plus ou moins de réussite. Kaba Delivery s’est lancé sur ce segment au Togo.

Kaba Delivery est une solution numérique qui permet d’effectuer des commandes de nourritures et de se faire livrer à domicile ou à une adresse quelconque. Elle a été développée par une start-up togolaise, fondée en 2018 par Ruphin Tiou Tagba Aliti et trois de ses amis.

« Les frais de livraison de Kaba sont les plus concurrentiels du marché. Nous proposons des livraisons à partir de 500 FCFA et nous voulions que n’importe quel compatriote soit à même d’utiliser l’application et cela passe par le coût des livraisons », a indiqué Ruphin Tiou Tagba Aliti.

La solution dispose d’une application mobile accessible sur Android et iOS. Les utilisateurs, après l’avoir téléchargée, doivent créer un compte. Il est également possible de devenir un livreur ou un partenaire de la start-up. Les fondateurs ont d’ailleurs lancé un crowdfunding sur Leetchi pour permettre à tout le monde d’aider la start-up dans sa progression.

Pour commander sur Kaba Delivery, il faut choisir le restaurant puis sélectionner le menu désiré. Ensuite, il faut créer et enregistrer une adresse géolocalisée de livraison puis opter pour un mode de paiement. L’utilisateur a le choix entre le paiement en ligne par divers moyens, en l’occurrence le mobile money, ou le paiement à la livraison. La commande validée, il faudra patienter pour se faire livrer à l’adresse préalablement définie.

La jeune pousse revendique un partenariat avec plus de 200 restaurants qui proposent des mets divers, africains et occidentaux, ce qui permet à tout le monde d’en avoir pour son compte. La start-up continue ainsi sa marche en avant et espère un tour de table pour soutenir sa croissance et s’étendre dans les pays voisins, indique We are tech.

Adoni Conrad Quenum

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Alors qu’il avait encore tout son potentiel à faire valoir dans le secteur bancaire où il a fait ses armes, Léo Kanyi, jeune juriste, décide de prendre en main son destin en se positionnant sur un secteur tout particulier. Celui qui est connu aujourd’hui comme le patron des entreprises Kanyi Group et Kanyi Express se lance dans la transformation de la fleur d’hibiscus, communément appelée bissap, depuis 8 ans. Début d’une aventure qui prendra au fil des ans, des relents d’un choix éclairé.

Il est 18h30. L’équipe s’active pour les derniers réglages du festival du bissap qui se tient le 25 juin à l’Agora Senghor de Lomé. L’événement initié par Kanyi Group permet de célébrer les 8 ans de l’entreprise et de se rapprocher davantage des clients. Le directeur général qui vient d’arriver d’un voyage, traite certains dossiers en attente. Dans son bureau, plusieurs attestations et distinctions accrochées au mur rappellent son parcours.

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Après une maîtrise en droit des affaires, Carrières judiciaires et un Master en Management des Ressources Humaines entre 2012 et 2014, Léo Kanyi sera employé plus tard dans une banque à Cotonou. Face à la fatigue des après-midis de travail, l’entrepreneur se lance dans la recherche de solutions pouvant apporter une nouvelle énergie à ses collègues. Il découvre les vertus de la fleur d’hibiscus et décide de les valoriser. « Mon contrat était aussi arrivé à terme et je devais rester à la maison. Je me suis dit qu’au lieu d’écrire des lettres de demande d’emplois à plusieurs structures, je vais mettre ce temps à profit », se rappelle-t-il.

Passionné du commerce

Avant de se lancer dans cette aventure, en 2008, alors qu’il était encore étudiant à l’Université d’Abomey Calavi, Léo faisait la distribution des déodorants à Cotonou. Ce goût pour le commerce lui a permis de croire en son projet de transformation agroalimentaire. 

Celui qui a passé 10 ans au Bénin entre études et travail décide de rentrer dans son pays pour développer son initiative. Au début, il opère dans l’informel avant de formaliser son entreprise de transformation de bissap en 2018. Avec un seul produit au départ, Kanyi Group offre aujourd’hui 7 saveurs à ses clients, notamment le thé bissap, le thé biss minceur, le thé biss artemesia, le thé biss viagra, l'artemisia de 25g et de 50 g et un pack familial de 200 g, lancé tout récemment.

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Si au début du projet, le jeune entrepreneur cultivait les fleurs d’hibiscus lui-même pour s’assurer de leur bonne qualité, Léo Kanyi confiera plus tard cette responsabilité à d’autres producteurs qu’il a pris le soin de former. « Il y a une sorte de semence que je désire, il faudrait que ce bissap me soit produit tout le temps pour ne pas changer le goût de mes thés », précise t-il. Ses semences sont cultivées sans intrants chimiques. Cette exigence lui permet d’offrir de meilleurs produits à ses clients. De la récolte à la distribution des thés bissap en passant par le séchage, le tri, la production… il surveille méticuleusement la chaîne pour éviter toute erreur.  

Pour le jeune entrepreneur, le bilan de toutes ces années de sacrifices est positif. « Pour toutes sortes de jeunes structures, la période de 0 à 10 ans permet d’équilibrer la barre. Ce n’est pas un moment où on fait forcément un bénéfice de 40 ou 50 millions FCFA. Durant ces années vous êtes obligés de maintenir le cap pour pouvoir aller jusqu’au bout », soutient-il. 

Confronté aux frais de douane élevés et à d’autres difficultés pour envoyer ses produits aux Etats Unis et en France, l’entreprise se concentre pour l’instant sur l’Afrique de l’ouest. Ils sont commercialisés dans plusieurs pays de la région, notamment au Bénin, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.  

Kanyi Express, l’autre paire de manches 

La formalisation en 2022 de son entreprise, Kanyi Express, spécialisée dans la livraison, est soutenue par la distribution de ses thés. L’augmentation de la demande de livraison de ses produits l’a amené à engager un coursier pour le ravitaillement des pharmacies, des supermarchés et d’autres clients. « A un moment, j’ai remarqué que je n’étais pas seul dans le besoin ; d’autres personnes souhaitaient qu’on leur fasse des courses. D’où la mise en place de ce service », indique-t-il.

En dehors de la direction qui se trouve à Lomé, Kanyi Express dispose d’une agence à Kpalimé pour desservir la région des Plateaux. Avec ses nombreux services dont la livraison des courses, des produits pharmaceutiques, des linges, la distribution des courriers, la société enregistre un bilan positif et le promoteur projette de l’étendre à d’autres villes du pays. 

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Disponibilité des ressources humaines 

Le principal défi de l’entrepreneur est lié aux ressources humaines. « La majorité des entrepreneurs ont des difficultés d’accès au financement. Pour moi, ce sont les ressources humaines. Parce que même si on vous donne 10 milliards FCFA et que vous n’avez pas des ressources humaines qualifiées, compétentes et dévouées à la tâche, votre projet ne peut pas prospérer », explique-t-il. Certes, il a bénéficié de nombreux appuis techniques de l’Etat, mais Léo Kanyi a plus développé ses entreprises grâce aux prêts obtenus auprès des institutions privées.

En 8 ans, l’entrepreneur revendique plus de 1 000 emplois directs et indirects créés au Togo. Il veut poursuivre l’extension de ses projets. « Mon ambition après 10 ans, est de couvrir toute l’Afrique et de m’introduire dans le marché européen. Je ne doute pas de la qualité de mes produits », souligne-t-il.

Fort de ses expériences, Léo Kanyi encourage le gouvernement à poursuivre son soutien aux jeunes entreprises, afin d’accroître le rythme de création et de pérennisation des entreprises.

La rédaction 

Les entreprises Edolé Africa et Groupe Lumière Jeunesse ont signé, ce vendredi 17 juin à Lomé, un partenariat pour l’intégration des services de nettoyage sur la plateforme Edolé Africa. L’objectif est de professionnaliser davantage le métier de technicien de surface.

Spécialisée dans la mise en relation entre entreprises et ouvriers dans le secteur des BTP, la startup Edolé Africa va, grâce à ce partenariat, offrir directement des services d’entretien aux entreprises de BTP.  

« Aujourd’hui, sur toute la chaîne de valeur de nos prestations, on a senti le besoin de trouver ce partenaire pour répondre à cette problématique d’entretien qui nous revient à chaque fois que nos clients nous font la demande », explique Ramdane Otou, promoteur d’Edolé Africa.

Grâce à ce partenariat gagnant-gagnant, les deux entreprises vont se partager les bénéfices des services d’entretien fournis à travers la plateforme Edolé Africa.

« Notre vision, c’est d’offrir nos services à tous les citoyens. Ce partenariat nous permet d’atteindre ce résultat…Nos services permettront de travailler avec les entreprises de BTP, surtout celles qui sont à la fin de leur chantier. L’accord nous aidera à pallier le déficit d’ouvriers », précise Lucien Agbeko, DG de la société Groupe Lumière Jeunesse. 

Créée en 2020, l’entreprise Edolé Africa revendique à ce jour, plus de 1 300 emplois indirects créés. 

Il fait partie des premiers jeunes togolais qui se sont lancés dans la transformation agroalimentaire. Komi Dovi Koudou, Coach économique s’est positionné sur le kinkéliba, une plante aux vertus diurétiques, hépatiques et digestives. Le cofondateur de l’entreprise Natuthé Sarl et patron du cabinet Koudou’s Expertise cumule 12 ans d’expériences dans l’entrepreneuriat et se met à la disposition des jeunes débutants pour développer leur potentiel. 

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Nanti d’un master Marketing & Stratégie d’Entreprise et Docteur honoris causa en coaching & développement personnel, Komi Dovi Koudou s’est lancé très tôt dans l’entrepreneuriat au Togo. Ce penchant pour le secteur n’est pas fortuit. 

Un choix guidé par sa maladie

Depuis son enfance, le foie de Komi Dovi Koudou avait des difficultés à bien fonctionner. Arrivé en deuxième année à l’Université de Lomé, le mal persistait. Programmé pour une opération chirurgicale, il va l’éviter de justesse, grâce aux graines de kinkéliba et à d’autres plantes qui lui ont été conseillées par un tradithérapeute. Depuis cette époque, il a reconnu la valeur de cette plante et a décidé de la promouvoir. Plus tard, il va bénéficier des programmes de formation à l’entrepreneuriat mis en place par le gouvernement à travers le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ). Ces formations sur les techniques de création et de gestion d’entreprises vont le motiver à jeter les bases de sa structure en 2013. Un an après, Natuthé Sarl met sur le marché, ses premiers produits à base de kinkéliba.  

« Ma maladie hépatique est devenue une source de bonheur et le point d’appui pour donner une autre dimension au kinkéliba qui était connu comme une plante millénaire. C’est ce qui a donné vie à Natuthé Kinkéliba », témoigne-t-il. 

8 ans après, les produits de la société couvrent une grande partie du territoire national. Pour son expansion, l’entreprise travaille avec les grossistes pharmaceutiques qui se chargent de la répartition du produit dans toutes les pharmacies du pays. Le produit est également distribué dans les boutiques, les supermarchés, les stations d’essence et à l’international, notamment au Burkina Faso, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Japon.  

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Il a fallu plusieurs stratégies à l’entrepreneur pour arriver à ce stade. Différents projets ont été mis en place pour permettre au public togolais de consommer ses produits. C’est le cas avec le projet « 1000 cafétérias Thé Kinkéliba » lancé en 2019. L’initiative a permis de recenser et de fournir les différents produits à 1000 cafétérias au Togo. 

La même année, le jeune entrepreneur lance un financement participatif pour collecter 20 millions de FCFA en vue d’acquérir des équipements pour produire à un prix plus compétitif.  Malheureusement, seulement 20% de cette somme sera collecté. « Nous avons utilisé les 4 millions pour baliser le terrain. Aujourd’hui, nous avons des cafétérias dans les villes comme Kara, Dapaong et Lomé qui lancent régulièrement des commandes », explique l’entrepreneur. 

Le processus d’expansion a été freiné par la pandémie du coronavirus avec la fermeture de quasiment toutes les cafétérias. « Ça nous a pris environ 10 mois de pause sur ce segment, mais nous avons repris après. Certaines cafétérias ont disparu et de nouvelles ont été créées. Le résultat n’est pas vraiment à la hauteur, mais c’était une magnifique expérience. Elle est capitalisée et sera revalorisée bientôt. Nous y travaillons », précise t-il. 

Passer à la production industrielle

Comme bon nombre d’entreprises de transformation agroalimentaire, Natuthé Sarl est confrontée à des difficultés financières. Elles sont liées à la production artisanale et aux coûts à supporter sur toute la chaîne de production. Le prix des emballages et des bocaux a aussi considérablement augmenté avec la Covid-19. Passer à la production industrielle reste le leitmotiv de Komi Dovi Koudou.  « Nous continuons à mener cette activité parce qu’on a une forte valeur ajoutée. Mais cette dernière est consommée par les charges intermédiaires. Pour que les entreprises agroalimentaires arrivent à tirer des bénéfices, il nous faut aller à la production semi-industrielle pour casser les coûts et concurrencer certains produits importés. De toute façon, on va y arriver. J’y crois », rassure-t-il.

L’entreprise emploie permanemment 20 personnes. Beaucoup de jeunes, une cinquantaine environ, seront recrutés pendant cette période de vacances pour promouvoir les produits. 

Natuthé Kinkéliba est beaucoup apprécié sur le marché.  « Les Togolais ont fait preuve de patriotisme. Je les remercie vraiment pour l’amour accordé aux produits togolais. L’adoption vient progressivement », indique-t-il. Pour lui, les initiatives qui font la promotion du consommer local, à l’instar du mois du consommer local sont à encourager. Il estime que le niveau de la consommation locale sera beaucoup plus appréciable d’ici à 5 ans. 

Pour ce faire, la sensibilisation doit se poursuivre et devenir une consultation et un projet national pour impliquer toutes les couches de la population. Ainsi, tout le monde pourra s’investir et devenir un relais de l’information pour la « transformation comportementale ».

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Distinctions et perspectives

A ses débuts, la jeune entreprise a reçu le premier prix du meilleur projet aux journées de l'entrepreneuriat et de développement en 2014. Après avoir été décoré 3 ans plus tard chevalier de l’ordre national du mérite, Komi Dovi Koudou va poursuivre ses efforts et sera distingué en 2019 comme le meilleur jeune entrepreneur togolais par le ministère du développement à la base, de l’artisanat et de la jeunesse. 

A l’international, l’entrepreneur a reçu le prix Talent du Monde en France et plusieurs autres distinctions.

Ces expériences l’ont amené à s’intéresser aujourd’hui à l’employabilité des jeunes. Son cabinet créé depuis 2011 accompagne les débutants. « Il faut mettre l’expérience à disposition des autres, pouvoir initier aussi des unités qui vont venir travailler avec nous. Mon objectif est de me mettre à disposition du plus grand nombre de jeunes débutants dans leur processus de création de développement de leurs initiatives », souligne-t-il. Son cabinet vise à lever la peur et à fournir des éléments essentiels pour développer le potentiel entrepreneurial des jeunes. Il soutient : « personne ne viendra développer l’Afrique pour les Africains…Nous devons nous lever pour écrire l’histoire de notre continent ».

Komi Dovi Koudou encourage le gouvernement à concentrer plus d’énergie pour produire des champions nationaux, afin de permettre au Togo de se démarquer des autres pays africains.

La rédaction

Après environ 4 ans d’activités au Togo, KingCafé, entreprise togolaise spécialisée dans la transformation industrielle du café et du cacao, annonce l’ouverture prochaine de son capital, via une levée de fonds à hauteur de 900 millions FCFA (1,5 million $), d’ici à deux ou trois mois.

C’était à la faveur d’une rencontre lundi 06 juin 2022 à Lomé avec les professionnels des médias, que Paul Kpelly, l’associé unique, en même temps DG de la SARL, a dévoilé ce projet qui, dit-il, s’inscrit en ligne droite avec sa vision de croissance.

Concrètement, annonce Paul Kpelly, l’opération qui devrait permettre à sa société d’atteindre un niveau d’expansion dans la zone Uemoa, en Afrique Centrale, en France et aux USA notamment, débouchera sur la cession de 30% de parts de la société.

Les fonds à mobiliser au Togo, dans la sous-région ou sur le plan international, principalement auprès des investisseurs institutionnels ayant déjà fait preuve d’une réussite entrepreneuriale, des fonds d’investissements et de Private Equity, donneront à la société, des moyens de s’équiper conformément à ses ambitions de croissance, explique-t-on. On annonce dans la foulée, un projet d’acquisition d’un nouveau torréfacteur et d’un moulin d’une capacité de production de 2 tonnes par heure.

L’entreprise qui revendique un chiffre d’affaires de 96 millions FCFA fin 2021, zéro dette et un réseau de distribution en pleine extension, rêve ainsi, de porter son volume annuel de production, de 2,5 T à 150 voire 300 ou 1000 T. L’idée, est d’intégrer les marchés non encore explorés et de renforcer sa présence sur les marchés déjà conquis afin, in fine, de porter l’Arabica togolais au sommet, assure-t-on.

Séna Akoda

Publié dans Finance

Le Togo a vu ces dernières années éclore de jeunes talents spécialisés dans la fabrication de machines avec des matériaux recyclés. L’un d’entre eux, Wali Kotosso, à la tête de l’entreprise « Dieudonné », s’est positionné sur la fabrication de voitures. 

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Dans son atelier situé à Adidogomé, dans la banlieue ouest de Lomé, Wali Kotosso essaie de fabriquer une nouvelle pièce pour un tracteur qui lui a été confié par une cliente pour réparation. Les pièces de l’engin étant difficiles à trouver sur le marché, il essaie de développer une adaptation pour faire marcher de nouveau, le tracteur.  Différentes machines sont exposées ici dont des voitures portant les initiales de son nom, KW. 

Le déclic

Wali Kotosso exerce ce métier depuis son jeune âge avec son père. Dès le début, le mécanicien a toujours nourri l’envie de produire lui-même, des véhicules. Curieux, il analyse minutieusement chaque pièce pour voir son fonctionnement, afin de la reproduire avec les outils dont il dispose. Son goût pour la fabrication va le conduire à mettre en place son premier véhicule en 2001. Il a également une passion pour les voitures américaines à trois roues et va plus tard en fabriquer une pour lui-même.

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L’engin fabriqué avec des matériaux de récupération le pousse à développer davantage son talent et à s’intéresser aux tracteurs. Pour ses créations, il utilise à la fois des moteurs de motos et de voitures. En cas de difficultés pour trouver des pièces sur le marché, il n’hésite pas à les concevoir lui-même. Ainsi, il a déjà fabriqué des boîtes à reverse pour des voitures qu’il a montées avec des moteurs de moto.  « Comme nous n’avons pas d'usines, les pièces qu’on peut fabriquer ici, on les produit et les autres, on les récupère ailleurs avant de tout associer. Ce sont seulement les moteurs et les pneus que nous ne faisons pas encore », précise-t-il.   

« Dans mon activité, j’ai remarqué que ce n’était pas compliqué de fabriquer les machines. Pour moi, il suffit de bien rassembler les pièces. J’arrange facilement les engins, ce qui m’a amené à fabriquer moi-même les véhicules. Tout est maintenant facile pour moi, peu importe la machine. Quand les gens viennent les voir, ils trouvent que c’est difficile, mais pour moi c’est un don », explique l’entrepreneur. 

Après avoir analysé à plusieurs reprises le fonctionnement des moteurs de voiture, l’autodidacte ambitionne de produire bientôt son propre moteur. Il promet de donner corps à son rêve d’ici les deux prochaines années. Pour réaliser ce projet, Wali Kotosso se documente davantage et rassemble déjà, les outils nécessaires. Son objectif est de relever ce défi pour montrer à la face du monde que le génie créatif togolais.

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Différents engins fabriqués  

L’entrepreneur a déjà produit 3 voitures, un motoculteur et une moto. Dans son entreprise, il développe aussi plusieurs autres machines. Cette activité ne l’empêche pas de réparer de temps en temps, certaines voitures. « Si votre véhicule a une panne qu’on décèle en vain, si vous l’amenez ici, on va la trouver. Il suffit d’analyser comment l’engin est fabriqué pour détecter la panne et nous pouvons le réparer », souligne le mécanicien. Mais sa priorité reste la fabrication des voitures. « C’est ce qui me passionne le plus », indique-t-il.  

Wali Kotosso se réjouit de son parcours et veut s’améliorer davantage. « Tout ce que j’ai fabriqué, fonctionne très bien. Mon activité a évolué au fil des années et j’en suis vraiment fier », soutient-il. Mais il ne compte pas s’arrêter là, car pour lui, rien n’est encore fait. Son idée est de créer davantage pour marquer sa génération.   

Difficultés et perspectives

La principale difficulté que rencontre Wali Kotosso est d’ordre financier. Faute de moyens, il est limité dans son activité. « Au Togo, comme nous n’avons pas encore d’usines de fabrication de pièces, nous sommes limités dans notre travail. Si nous avions les moyens, nous allions fabriquer plusieurs autres choses. Nous manquons aussi de machines pour fabriquer les pièces », affirme t-il. L’entrepreneur sollicite un appui financier pour peaufiner davantage ses créations avant de les commercialiser. Son ambition est de développer son atelier pour arriver à fabriquer des voitures de luxe. 

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Avec ses 4 apprentis, il veut mettre ses compétences à la disposition des jeunes togolais. « Je ne veux pas être le seul bénéficiaire de mon don, je veux vraiment le partager avec les jeunes pour contribuer au développement de notre pays ». Son souhait est de collaborer avec d’autres jeunes du secteur pour mutualiser les efforts, afin de créer ensemble des machines de dernière génération. Mais en attendant, Wali Kotosso continue de fabriquer ses engins, au grand bonheur des clients. 

La rédaction   

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