Interview avec Yvon Baliki, Country Manager de CinetPay, la fintech qui veut devenir leader en Afrique francophone

Finance
vendredi, 29 juillet 2022 16:17
Interview avec Yvon Baliki, Country Manager de CinetPay, la fintech qui veut devenir leader en Afrique francophone

(Togo First) - Mercredi 27 juillet dernier, l’agrégateur de paiement en ligne, CinetPay a réuni le gratin du digital au Togo autour de la thématique “Le digital, un accélérateur de croissance économique des institutions et sociétés au Togo”. Occasion pour la start-up co-fondée à Abidjan par Daniel Dindji et Idriss Marcial Monthe, et depuis 2020, confortablement installée à Lomé,  de répondre aux questions de Togo First. C’est Yvon Baliki, Togolais de nationalité et Country manager de la fintech, qui se prêtera à l’exercice. 

Togo First : Parlant de CinetPay, de quoi s’agit-il ?

Yvon Baliki (YB) : CinetPay est une solution de paiement et de transfert d’argent en ligne, qui permet aux entreprises de pouvoir encaisser des fonds en ligne 24h/24 et 7jours/7 via les services Mobile Money disponibles dans les pays où nous sommes présents et par carte bancaire (Visa, Mastercard). 

Actuellement, nous sommes présents dans 10 pays d’Afrique francophone, le Togo notamment.  Nous comptons étendre nos services aux 15 pays d’Afrique francophone (Afrique de l’ouest et du centre), à l'horizon 2025.

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Togo First : Quels sont les chiffres qui permettent à CinetPay d’être confiant en son avenir ?

YB : CinetPay, c’est environ 1,3 milliard FCFA échangés chaque mois. Nous sommes présents dans 10 pays d’Afrique francophone et nous comptons en faire de même pour les 5 autres restants. Nous avons plus de 20 000 marchands qui nous font confiance. Notre plateforme compte environ 40 moyens de paiement selon les réseaux mobiles utilisés dans les pays (Tmoney, Flooz, Orange Money, Free Money, etc.) et effectue des paiements par carte bancaire.

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Togo First : Comme vous l'avez souligné, votre ambition est d'être le premier agrégateur de paiement en Afrique francophone, un marché déjà très concurrentiel où foisonnent actuellement les solutions de paiement en ligne. Quelle stratégie comptez-vous mettre en place pour dompter ce marché ?

YB :  Les statistiques montrent qu’en Afrique francophone, CinetPay a une meilleure présence géographique par rapport à ses concurrents directs. Nous ne craignons donc pas la concurrence. Nous sommes en bonne voie pour atteindre nos objectifs. Nous en voulons pour exemple notre dernière levée de fonds qui s’élève à 2,4 millions $, ressources qui ont été mobilisées auprès d’acteurs de référence de l’écosystème tels que la licorne nigériane Flutterwave, un mastodonte dans la partie anglophone et le capital-risqueur panafricain 4DX Ventures. Dans une telle dynamique, CinetPay s’active pour monter en force. 

Togo First : Flutterwave a été, dans l’actualité récente, au centre de plusieurs polémiques. Pensez-vous que cela pourrait avoir des impacts sur votre feuille de route, à CinetPay ? 

YB : Avec Flutterwave, nos relations sont indépendantes et bien fondées. Leur investissement dans notre développement est motivé par le potentiel de CinetPay. Cette injection de fonds s’est faite après une analyse profonde de notre business model, partant du constat que s’il a été démontré que 90% des transactions de nos jours se font en cash, CinetPay y apporte une solution à long terme en facilitant ces opérations. En conclusion, FlutterWave n’intervient pas directement dans notre business. Il s’agit plutôt d’un partenariat où la fintech nigériane a un droit de regard sur nos activités.

Togo First : Comme Togocel et Moov au Togo, nous avons constaté que les opérateurs de Mobile money diminuent considérablement leurs marges. Quels impacts ces réajustements tarifaires pourraient-ils avoir sur votre croissance ?

YB : Cette diminution n’a pas un impact sur l’activité de CinetPay ni sur nos collaborations. Nous évoluons sur un principe de base clair avec un taux de commissionnement défini au préalable, avec les opérateurs de Mobile money. Les réductions de frais n’ont d’impact que sur les points de vente physique. 

Togo First : Puisque nous sommes dans une ère de digitalisation des économies, comment CinetPay se positionne-t-il par rapport à cette digitalisation en termes de relation avec les partenaires publics, privés et même les particuliers ?

YB : Pour le moment, CinetPay fonctionne sur un principe B2B, ce qui veut dire que nous nous adressons uniquement aux entreprises. Par ailleurs, le secteur public est notre principale cible, car, fort heureusement, les gouvernements semblent dans la même dynamique que nous. Vous pouvez le constater au travers de la feuille de route du gouvernement togolais, avec la digitalisation de plusieurs entreprises publiques. Notre objectif est de nous rapprocher le plus possible de ces entreprises afin de les accompagner avec nos solutions de paiement.

Togo First : Sur ce segment de la digitalisation des paiements dans les services publics, quel est votre état de service dans vos pays de présence ? 

YB : Pour le moment, nous avons plusieurs contrats en cours de négociation. Toutefois, il faut reconnaître que dans le secteur public, le processus de traitement des dossiers s’avère plus ou moins long. Nous y sommes habitués pour avoir digitalisé les méthodes de paiement de plusieurs entreprises publiques en Côte d’Ivoire. Je veux citer le projet DDVA (Déclaration de Déplacement par Voie Aérienne) pour le ministère des transports où les paiements et la déclaration des transports par voie aérienne (entrées et sorties) se faisaient via CinetPay. C’est aussi le cas avec l’ONECI (Office National de l’Etat Civil et de l’Identification) pour l’achat des timbres, la commande ou le renouvellement des cartes nationales d’identité, du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, du ministère de la promotion des PME, de l’Institut National de la Santé Publique.

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Togo First : On constate que vous êtes bien installé en Côte d’Ivoire et sûrement dans d’autres pays où vous vous êtes déployé. En matière de présence, faites-vous une présence physique ou vous vous contentez de déployer la solution ?

YB : Sur ce point, nous ne nous contentons pas de déployer la solution. Nous nous déplaçons plutôt vers ces pays et nous nous y installons physiquement et légalement, selon les prescriptions juridiques (pour les entreprises) de ces pays. En ce qui concerne notre présence physique, elle est concrète avec des équipes internes que nous prenons le soin d’y installer.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

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