(Togo First) - Les pays d’Afrique de l’Ouest veulent accélérer les investissements dans la filière riz afin de renforcer leur sécurité alimentaire et de réduire leur dépendance aux marchés internationaux. Réunis à Accra les mardi 2 et mercredi 3 juin dans le cadre de la Table ronde sur l’investissement dans le riz en Afrique de l’Ouest, les représentants de quinze pays, aux côtés de la CEDEAO, du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD), ont appelé à une mobilisation accrue de capitaux publics et privés.
Les discussions ont porté sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur, notamment l’irrigation, les semences, la mécanisation, la transformation, le stockage et la commercialisation.
Les participants ont à cet égard soutenu la mise en place d’un Pacte régional d’investissement destiné à coordonner les initiatives nationales et à attirer davantage de financements.
« La chaîne de valeur du riz offre d’importantes opportunités dans les domaines de l’irrigation, la mécanisation, la transformation, la logistique, l’agriculture numérique et l’entrepreneuriat agricole. Tirer parti de ce potentiel est essentiel pour transformer la croissance démographique de l’Afrique en dividende économique. », a indiqué Richard Ofori-Mante, Directeur, Financement agricole et développement rural, Banque africaine de développement (BAD), dans le cadre des échanges.
Pour le Togo, cet agenda régional vient répondre à une stratégie engagée depuis plusieurs années. La stratégie nationale de développement de la riziculture vise notamment à renforcer la production locale afin de réduire les importations, historiquement coûteuses pour le pays. Les autorités considèrent le riz comme une filière prioritaire pour la sécurité alimentaire et l’amélioration de la balance commerciale.
Plusieurs programmes publics ont déjà soutenu le secteur à travers l’aménagement de bas-fonds, la distribution d’intrants, l’acquisition d’équipements de transformation et l’appui aux coopératives. Ces interventions ont notamment été portées par les projets PASA, PADAT, PPAAO et, plus récemment, le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP).
Selon le ministère de l’Agriculture, le FSRP, appuyé par la Banque mondiale, a permis en 2025 de distribuer plus de 342 tonnes de semences certifiées et plus de 2500 tonnes d’engrais à plus de 34000 riziculteurs. Les premiers résultats font état d’une hausse des rendements et des revenus agricoles.
Ayi Renaud Dossavi