Infrastructures numériques : « PPP, la clé pour accélérer le haut débit en Afrique » (ARTAO)

Télécoms
mardi, 21 avril 2026 16:42
Infrastructures numériques : « PPP, la clé pour accélérer le haut débit en Afrique » (ARTAO)

(Togo First) - En prélude à la cérémonie inaugurale de la 23e Assemblée générale annuelle de l’Association des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO), prévue le mercredi 22 avril 2026 dans la capitale togolaise Lomé, des tables rondes se sont tenues 48 heures plus tôt à l’Hôtel 2 Février. Au cœur des échanges, plusieurs thématiques, dont le renforcement du partenariat public-privé pour financer les infrastructures haut débit et accélérer la connectivité en Afrique, avec un focus sur les modèles capables de soutenir l’expansion du numérique sur le continent. A noter que l’ARCEP – Togo, l’hôte de cet événement, a été représentée par son Top manager, Yaovi Galley.

1 Lome

En Afrique, l’expansion du haut débit reste freinée par le défi de financement des infrastructures. A la faveur d’une table - ronde sur les « modèles pour accélérer l’expansion du haut débit », les panélistes ont dressé un constat : un déficit de financement entraîne un déficit d’infrastructures, constituant un frein au développement numérique.

Un déficit d’infrastructures qui ralentit le développement numérique

Aujourd’hui, seuls 29 % de la population d’Afrique subsaharienne ont accès à Internet, selon la GSMA (2023). Dans le même temps, 40 à 50 % des zones rurales demeurent sans couverture réseau fiable. Ce déficit limite non seulement l’accès à l’information, mais freine aussi le développement de services essentiels comme l’e-éducation, la télémédecine ou encore les services financiers numériques.

En cause, des investissements particulièrement lourds. Le déploiement de la fibre optique, par exemple, coûte entre 10 000 et 30 000 dollars par kilomètre, selon la topographie et la densité des zones. Également, les coûts liés aux câbles sous-marins, aux stations de base et aux technologies récentes comme la 5G.

Des contraintes économiques et géographiques persistantes

Au-delà du coût, les opérateurs font face à de fortes inégalités géographiques. Les zones rurales, souvent éloignées et peu rentables, suscitent peu d’intérêt en raison d’un retour sur investissement incertain. D’où la nécessité de diversifier les sources de financement.

Face à ces défis, plusieurs sources de financement existent : d’abord le Secteur public via les  budgets nationaux, les subventions ciblées, les fonds souverains et fonds d’accès universel pour couvrir les zones non rentables. Le Secteur privé intervient au moyen d’investissements directs des opérateurs, des apports en capital (notamment dans les data centers) ; il y a en outre des modèles BOT (Build-Operate-Transfer), des joint-ventures, etc.

Les bailleurs de fonds, généralement des institutions multilatérales de financement comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement ou encore la Société financière internationale, jouent leur partition, notamment via des prêts, garanties et appuis techniques.

Des mécanismes innovants émergent également et devraient valoir des modèles, comme les télécoms vertes, l’utilisation d’énergies renouvelables ou encore le financement participatif communautaire pour des projets à fort impact social, indique-t-on.

1 watra

Le modèle public-privé s’impose

De l’avis des participants, le modèle le plus efficace reste celui qui combine les forces du public et du privé. Dans cette approche, le secteur privé assure l’essentiel des investissements, de l’innovation et de l’exécution technique tandis que l’État intervient de manière ciblée pour soutenir les zones non rentables, réduire les risques de financement pour le secteur privé et créer un cadre incitatif.

Le partenariat public-privé (PPP) apparaît ainsi comme un levier stratégique, permettant de partager les risques, d’optimiser les coûts et d’accélérer les délais de déploiement.

En dehors du PPP, l’accent a été mis sur la mutualisation des ressources et le partage des infrastructures, permettant aux opérateurs de réduire leurs charges tout en étendant la couverture, notamment dans les zones de peuplement peu compétitives pour des investissements massifs.

Vers une approche coordonnée en Afrique de l’Ouest

À l’échelle régionale, les enjeux appellent à une coordination accrue entre États, notamment pour le déploiement des câbles sous-marins et l’harmonisation des cadres réglementaires sous l’égide d’organisations comme l’Association des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO). L’objectif est clair : atteindre une connectivité universelle à l’horizon 2030, en mobilisant l’ensemble des acteurs : les États, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Des recommandations ont été formulées en vue de l’accélération du haut débit. Comme la mise en place d’un cadre réglementaire harmonisé et incitatif ; la promotion de mécanismes de financement innovants adaptés aux réalités locales ; le renforcement du recours aux PPP ; le soutien à la recherche et à la formation dans les communications électroniques ; une meilleure gouvernance et transparence des projets.  Tout ceci, sans oublier le rôle majeur des régulateurs, celui d’une régulation forte pour garantir efficacité, inclusion et durabilité.

S.A

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