Au Togo, le projet de la Direction générale de la documentation nationale (DGDN) Mobile a officiellement entamé sa phase opérationnelle le lundi 14 juillet 2025. Le lancement a été effectué à Kara, dans le nord du pays, par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Madjoulba.
Inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale 2020-2025, notamment son axe stratégique « Offrir une identité et garantir l’accès aux services de base à tous », le projet vise à rapprocher les services de délivrance de documents d’identité des populations éloignées et enclavées.
Concrètement, il s’agit de permettre à un plus grand nombre de citoyens, notamment en milieu rural, d’obtenir des pièces d’identité officielles, en particulier la carte nationale d’identité. Le projet vise également à réduire les délais de traitement des demandes, tout en facilitant l’enrôlement des usagers.
« À l’horizon 2028, l’objectif est de permettre à la majorité des Togolais de disposer d’une carte nationale d’identité, avec un accès direct aux services de documentation pour au moins 80 % des populations rurales », a indiqué Simtaya Djohéna, directeur des cartes de séjour, visas et immigration à la DGDN.
Le projet repose sur une approche innovante basée sur la mobilité. Ainsi, des équipes techniques spécialement formées sont déployées sur le terrain pour collecter les données des demandeurs et assurer un traitement diligent des dossiers. Cette stratégie de proximité devrait permettre d’améliorer sensiblement les taux de couverture en matière de documentation, indique-t-on.

Le déploiement du DGDN Mobile s’effectuera en deux étapes. La première phase, pilote, couvrira une durée de six mois, avec l’installation d’équipes mobiles dans chaque région administrative du pays. La seconde phase consistera en une extension progressive dans les 39 préfectures, avec une couverture des 117 communes à travers la duplication des équipes mobiles.
Il faut noter que selon les dernières statistiques disponibles, à fin décembre 2022, le nombre de détenteurs de la Carte nationale d'identité au Togo s’élevait à 1 326 837, tandis que 496 426 personnes disposaient d’un passeport. Le projet DGDN Mobile devrait contribuer à augmenter significativement ces chiffres dans les prochaines années.
Esaïe Edoh
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En prélude aux élections municipales prévues jeudi 17 juillet 2025, le Togo accueille depuis le mardi 15 juillet plusieurs missions d’observation internationales, venues suivre le déroulement du scrutin.
La première délégation arrivée à Lomé est celle du Conseil de l’Entente, organisation sous-régionale dont le Togo est membre. Elle a entamé une série de consultations avec les acteurs clés du processus électoral, notamment la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), la Cour suprême et le ministère des Affaires étrangères.
Les échanges ont porté sur le cadre juridique national des élections et l’observation électorale. La délégation insiste sur le respect scrupuleux des textes en vigueur, la neutralité absolue, l’impartialité, l’objectivité, ainsi que la retenue et la discrétion diplomatique dans la conduite des missions d’observation.
« Nous comptons sur vous pour faire preuve, tout au long de votre mission, de rigueur et de la hauteur de vue qui caractérisent vos institutions. En retour, le gouvernement vous assure de son entière coopération : sécurité renforcée, facilitation de vos déplacements et mise à disposition des informations utiles », a indiqué Afo Salifou, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur, à l’endroit des observateurs.
D’autres missions d’observation, notamment celles de la CEDEAO et de l’Union africaine, sont également attendues dans les prochaines heures. Elles interviendront aux côtés des observateurs nationaux issus des organisations de la société civile, mobilisés pour le suivi du scrutin sur l’ensemble du territoire.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le taux de réussite au baccalauréat deuxième partie (BAC II) s’est établi à 72,63 % en 2025, contre 46,71 % un an plus tôt, selon les données officielles du ministère en charge de l’enseignement.
La progression notable intervient dans un contexte de reprise des effectifs, avec 100 303 candidats enregistrés, marquant une hausse de près de 30 % par rapport à 2024. Ceci, pour un diplôme qui ouvre les portes de l’enseignement supérieur.
D’après le ministère de tutelle, plusieurs facteurs expliquent cette amélioration : la généralisation du bac blanc, une proportion importante de redoublants expérimentés (53 %), et une année scolaire globalement stable.
Le gouvernement prévoit de poursuivre ses réformes, notamment en matière d’orientation vers les filières scientifiques, en lien avec les priorités de développement économique.
Dans le détail, toujours suivant les données officielles, les filles représentaient 43,3 % des inscrits. La série A4 (littéraire) reste la plus fréquentée, avec 45 377 candidats, devant la série D (scientifique) qui en compte 41 059.
Quelque trois mois après son investiture, le Président de la République togolaise, Jean-Lucien Savi de Tové, a entamé mardi 15 juillet 2025, sa première activité officielle au Palais de la Présidence. Il a reçu une délégation du Conseil national des chefs traditionnels du Togo (CNCTT).
La délégation, conduite par Sama Kouya Batcharo, président du CNCTT et chef du canton de Kpinzindè, est venue féliciter l'ancien opposant pour son élection et lui a réaffirmé son engagement en faveur de l’unité nationale.
À seulement quelques jours des élections municipales du 17 juillet, les chefs traditionnels ont également lancé un appel à la mobilisation pacifique des citoyens.
Le Président de la République, Jean-Lucien Savi de Tové, a reçu en audience ce 15 juillet 2025 au palais de la Présidence une délégation du Conseil national des chefs traditionnels du Togo (CNCTT), conduite par Sama Kouya Batcharo, président du CNCTT et chef du canton de… pic.twitter.com/B1kThodbLC
— Présidence Togolaise/Togolese Presidency (@PresidenceTg) July 15, 2025
Pour rappel, âgé de 85 ans, ancien ministre et figure de l’opposition togolaise, Savi de Tové a été désigné par le Parlement pour un mandat de quatre ans. Dans le cadre de la Ve République nouvellement instaurée, il a pour mission d’incarner l’unité nationale, pendant que la conduite économique et stratégique du pays est confiée au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.
Au Togo, l’année 2024 a été marquée par une reprise significative des dépôts à terme. Selon les données publiées par la BCEAO, ces dépôts se sont établis à 1246 milliards FCFA, en hausse de 15,7 % par rapport à 2023, mettant ainsi fin à une tendance baissière amorcée après le pic de 2021 (1458 milliards FCFA).
Le dépôt à terme est une somme placée dans une banque pour une durée déterminée, en échange d’un taux d’intérêt fixe. Ce produit constitue un levier de financement pour les banques, tout en offrant une option de placement sécurisée aux épargnants. Un tel rebond traduit un regain de confiance des agents économiques dans la solidité du système financier togolais, dans un contexte de stabilisation macroéconomique.
Cette dynamique favorable reflète également une tendance régionale. Au sein de l’UEMOA, les dépôts à terme ont progressé de 11,6 % pour atteindre 10695,8 milliards FCFA. Le Togo figure parmi les pays ayant enregistré les plus fortes hausses, aux côtés de la Côte d’Ivoire (+29,6 %) et du Bénin (+18,3 %).

Dans le détail, les sociétés non financières ont été les principaux contributeurs à cette hausse (+23 %), suivies des administrations publiques (+19,8 %) et des ménages (+6,5 %). À l’inverse, les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) et les sociétés financières ont réduit leurs dépôts.
Sur l’ensemble de la zone, la prédominance des dépôts à court terme reste nette (77,3 %), mais des hausses ont été observées sur toutes les maturités.
Incidemment, ce regain de l’épargne à terme coïncide avec une progression de 12 % de l’offre de crédit bancaire au Togo en 2024.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la journée du jeudi 17 juillet 2025 est déclarée fériée, chômée et payée sur toute l’étendue du territoire, en raison des élections municipales prévues à cette date.
La décision émane d’un communiqué conjoint du ministre de la Réforme du service public, du Travail et du Dialogue social, et du ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière.
Dans la même dynamique, le gouvernement a décidé de fermer temporairement les frontières terrestres, de 00h00 à 23h59. Cette mesure, qualifiée de préventive, vise à garantir le bon déroulement du scrutin, préserver la cohésion sociale et éviter toute perturbation extérieure.
Les forces de défense et de sécurité ont, pour leur part, voté par anticipation le 14 juillet, conformément au calendrier électoral.
Au terme de cette journée, 1527 conseillers municipaux seront élus dans les 117 communes du pays, dans ce qui s’annonce comme un nouveau test de stabilité pour la gouvernance locale togolaise.
A Kpalimé, au sud-ouest du Togo, l’Hôtel Saint Cierges accueillera du 15 au 17 août 2025 une rencontre peu ordinaire pour les professionnels de la finance et du risque. Intitulée « Le Loft du Week-End – Édition spéciale Risque Crédit & IA », cette masterclass veut répondre à une préoccupation grandissante dans les milieux bancaires : comment adapter la gestion du risque de crédit à un monde en pleine transformation numérique ?
Dans un contexte marqué par la montée des créances douteuses et l’hétérogénéité croissante des profils emprunteurs, les approches classiques de scoring atteignent leurs limites. C’est ce constat qui a motivé l’organisation de cet événement, en partenariat avec l’AMRAT (Association pour le Management des Risques et des Assurances du Togo). Objectif : proposer des solutions concrètes et former les participants aux outils d’intelligence artificielle (IA) appliqués à l’analyse du risque. L’initiative s’inscrit également dans la droite ligne de la Circulaire N°04-2017/CB/C de la Commission Bancaire de l’UMOA, qui impose aux établissements de crédit un système rigoureux de gestion des risques, basé sur l’indépendance des fonctions, la séparation entre les lignes de défense, et un renforcement de la gouvernance.

Pendant trois jours, les participants auront droit à une immersion complète, entre exposés théoriques, démonstrations d’outils digitaux, et discussions interactives. À la manœuvre, Khalid Yacoubou-Boukari, expert certifié en gestion des risques, formé à HEC Paris et au COFEB, et connu pour son approche pédagogique et terrain. Il proposera un état des lieux approfondi des nouvelles vulnérabilités du crédit bancaire en Afrique de l’Ouest, avant d’initier les participants à la prise de décision assistée par algorithmes prédictifs. Dans une région où la qualité du portefeuille de crédit reste fragile et les fonctions risques souvent sous-dotées, l’introduction de modèles prédictifs alimentés par l’IA pourrait améliorer sensiblement la détection des signaux faibles. Des experts en risk management venus du Burkina Faso, de la Tunisie et d’autres pays africains sont également attendus à Kpalimé pour enrichir les échanges par des perspectives comparées et des retours d’expérience, apprend-on.
Cette formation intervient alors que le système bancaire togolais traverse une phase délicate. Selon le FMI, certaines banques restent en situation de non-conformité réglementaire, et la prudence dans l’octroi de nouveaux crédits freine l’accès au financement des PME. Le ratio de solvabilité global, bien que rassurant à 12,2 %, masque de fortes disparités entre établissements. Plus qu’un séminaire, cette masterclass veut créer un espace de réflexion et d’innovation, s’attendent les organisateurs.
Pour réserver votre place à cette masterclass immersive, l’inscription se fait en ligne via ce lien :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSea_6E4JbAkWxWGChVTyofzs
A l’occasion des élections municipales prévues jeudi 17 juillet 2025, les autorités togolaises annoncent la fermeture temporaire des frontières terrestres sur toute l’étendue du territoire. La mesure, effective de 00h00 à 23h59, a été rendue publique ce mardi 15 juillet par les ministres de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, et de la Sécurité, Calixte Madjoulba.
Selon les deux officiels, cette disposition vise à garantir le bon déroulement du scrutin dans un climat de paix et de sécurité, conformément au cadre légal en vigueur. Elle répond à un impératif de prévention face aux risques de perturbation du processus électoral, dans un contexte sociopolitique qualifié de sensible.
« Le scrutin doit se tenir dans la paix, la sécurité et la cohésion sociale », précisent les deux ministres, qui appellent à la compréhension et à la responsabilité des usagers des frontières.
Ce type de mesure reste usuel dans les périodes électorales au Togo. Toutefois, dans un environnement régional marqué par des tensions sécuritaires persistantes, notamment dans le septentrion et les manifestations populaires à Lomé, la décision revêt un enjeu particulier de stabilité.
Notons que le scrutin du 17 juillet doit permettre l’élection de 1527 conseillers municipaux dans les 117 communes du pays.
Esaïe Edoh
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Au Togo, les travaux de protection côtière se poursuivent avec le lancement d’un nouveau chantier sur le segment Gbodjomé-Goumoukopé. D’un montant global de 33,48 milliards FCFA (soit 51 millions d’euros), le projet s’inscrit dans le cadre du programme WACA ResIP, soutenu au Togo notamment par la Banque mondiale et l’AFD, et vise à freiner l’érosion côtière en Afrique de l’Ouest.
Prévu pour s’étendre sur 18 mois, de juin 2025 à novembre 2026, le chantier récemment ouvert prévoit la construction de 22 épis transversaux, dont 20 à Gbodjomé et 2 à Goumoukopé. Les ouvrages auront des longueurs comprises entre 65 et 75 mètres. Le projet comprend également un rechargement massif de sable estimé à 865 000 m³, destiné à reconstituer des plages et combler deux bras lagunaires morts à Aného. À cela s’ajoute la plantation de 10 hectares de cocotiers pour renforcer la stabilisation naturelle du rivage.
Ces travaux viennent compléter les infrastructures déjà en place, dans un contexte où plus de 8000 ménages vivent à proximité immédiate du littoral, et où 80 % de la population togolaise pourrait résider en zone côtière d’ici à 2050.

Sur le plan technique, le projet a de nouveau été confié au groupe néerlandais Boskalis International, spécialiste des ouvrages maritimes, déjà mobilisé sur le tronçon Agbodrafo–Sanvee Condji. La supervision est assurée par Inros Lackner, bureau d’ingénierie allemand. Les premières opérations (relevés topographiques, essais géotechniques, identification des carrières d’enrochement et des gisements de sable) ont démarré en juin 2025, profitant de la période défavorable en mer pour préparer l’exécution.
Au total, 1,3 million de m³ de sable marin et 150 000 m³ de rochers seront mobilisés, avec une logistique répartie sur six zones de stockage, déjà indemnisées dans le cadre du Plan d’Action de Réinstallation (PAR).
Mais au-delà des infrastructures, l’enjeu est aussi social et environnemental. Le projet intègre une gouvernance participative, associant les collectivités locales à la gestion des plaintes et au suivi environnemental. Une composante communautaire vise à promouvoir des activités économiques alternatives pour les femmes et les jeunes touchés par les effets du changement climatique.
Pour les partenaires du programme (UEMOA, AFD, Invest International), l’ambition est également de faire du corridor côtier Est un modèle régional d’adaptation, combinant infrastructures grises (digues, épis) et solutions fondées sur la nature (reboisement, récupération de mangroves).
Ayi Renaud Dossavi
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Depuis le lundi 14 juillet 2025, Lomé accueille une rencontre sous-régionale consacrée à la modernisation des statistiques des finances publiques. Organisé par le Centre régional d’assistance technique du FMI pour l’Afrique de l’Ouest (AFRITAC de l’Ouest), l’atelier qui se tient jusqu’au 18 juillet, réunit des responsables des administrations publiques en charge de la collecte de données primaires et de la production de statistiques macroéconomiques. Objectif : harmoniser les approches de modernisation et renforcer l’intégration dans les comptes publics des unités extrabudgétaires, des collectivités territoriales et des organismes de sécurité sociale.
Ce chantier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Manuel de statistiques de finances publiques (MSFP 2014) et du Guide des statistiques de la dette du secteur public (SDSP 2011), qui visent une présentation exhaustive et cohérente des finances publiques nationales.
A cette assise de Lomé, plusieurs pays partageront leur expérience, notamment le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, en matière de production et de diffusion des opérations financières des administrations publiques selon les normes du MSFP 2014.
Pour les États membres, dont le Togo, la modernisation des statistiques contribuera à améliorer la qualité, la comparabilité et la transparence des données budgétaires. Elle permet de renforcer la crédibilité économique, d’aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux du FMI, et de répondre aux exigences des organisations régionales comme l’UEMOA et la CEDEAO en matière de surveillance macroéconomique.
Basé à Abidjan, l’AFRITAC est un centre d’expertise du FMI dédié au renforcement des capacités des administrations publiques en matière de gestion économique et financière. Il fournit une assistance technique, des formations spécialisées et un appui méthodologique aux pays partenaires de la sous-région.
Esaïe Edoh
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