Valoriser les talents locaux et encourager la consommation des produits made in Togo. C’est tout le sens du concept “Allez les champions”, une initiative d’Ecobank Togo dont la 7ème édition a été lancée le jeudi 24 juillet.
Pendant deux jours, le siège de la banque panafricaine à Lomé se transforme en un véritable village d’exposants. Plus de cinquante entrepreneurs, issus des secteurs agroalimentaire, artisanat, mode, cosmétique et innovation, y présentent leurs produits et services. L’événement est ouvert au public, avec environ 500 visiteurs attendus chaque jour.

Entre foire, masterclass et ateliers pratiques, “Allez les champions” offre bien plus qu’un simple espace de vente. Il s’agit d’un cadre d’échanges et de renforcement des capacités, destiné à soutenir les PME/PMI, promouvoir l’économie sociale et solidaire et encourager l’inclusion financière dans le pays.
« Grâce à cet événement, nous avons l’occasion de mieux faire connaître nos produits, d’élargir notre clientèle et de bénéficier de conseils utiles pour faire croître nos activités », témoigne Akakpo Azanlekpor Afiwavi, community manager de Eagle Consulting, spécialisé dans l’agroalimentaire.
Du côté d’Ecobank, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus globale de soutien à l’écosystème entrepreneurial national. « Au-delà de l’accompagnement financier, nous voulons créer des opportunités concrètes pour les entrepreneurs, en les connectant à des marchés, des expertises et des réseaux utiles », a souligné Didier Nagbe, responsable marketing et communication d’Ecobank Togo.
Au Togo, l’entrepreneuriat constitue un levier essentiel pour la croissance inclusive et la lutte contre le chômage, en particulier chez les jeunes. “Allez les champions” vient ainsi renforcer les efforts du gouvernement en faveur de l’autonomisation des porteurs de projets, du développement local et de la promotion d’une économie sociale et solidaire.
Avocat au barreau de Luxembourg, président de l’Association togolaise des compliance officers (ATCO) et directeur d’Afrika Compliance Academy (ACA), Nikada Batchoudi est l’une des figures montantes et animateurs les plus actifs des débats sur la conformité et la gouvernance financière en Afrique.
A l’initiative de la Grande rencontre des compliance et risk officers (GRCRO), qu’il a contribué à hisser parmi les rendez-vous de référence du secteur, il entend faire de Lomé un carrefour de réflexion et de formation autour des enjeux de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et les flux illicites.
Alors que la capitale togolaise accueillait, début juillet, la deuxième édition de cet événement, il est revenu pour l’Agence Ecofin sur les ambitions de cette initiative, les défis de coordination régionale, et les limites d’un système encore trop souvent perçu comme exogène.
Agence Ecofin : Le Togo a accueilli début juillet la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO). Au-delà de la visibilité, quelle est l’ambition de fond derrière un tel événement ?
Nikada Batchoudi : Ce que nous construisons va bien au-delà d’un simple forum. C’est un véritable instrument d’architecture institutionnelle régionale. A l’échelle du continent, il n’existait jusqu’ici aucun événement entièrement dédié à la conformité, à la gestion des risques, et à la lutte contre les flux financiers illicites. Même en Europe, très peu de rencontres réunissent autant d’acteurs publics, de régulateurs, de banques, de fintech, de cabinets d’audit et d’organismes internationaux autour de ces enjeux.
L’ambition du Togo, à travers la GRCRO, est claire : s’imposer comme un centre de gravité de la gouvernance financière en Afrique de l’Ouest. En accueillant près de 600 experts issus de 42 nationalités – des CRF (Cellule de renseignement financier) aux banques centrales, en passant par les autorités de régulation, et des partenaires technologiques – nous affirmons une volonté de leadership.
La tenue d’un tel rendez-vous à Lomé envoie un signal de stabilité, de maturité réglementaire et de vision stratégique. Pour les investisseurs et les bailleurs internationaux, cela crédibilise notre trajectoire. Cela démontre que le Togo n’est pas un Etat passif ou réactif face aux enjeux de conformité, mais qu’il est capable de construire un narratif souverain, de structurer un
écosystème et de fédérer les parties prenantes. C’est aussi une façon de dire que la compliance n’est pas un luxe réservé aux économies matures, mais une composante essentielle de la compétitivité des économies africaines.
En organisant cette plateforme de haut niveau, le Togo ne nie pas les défis, il les assume. Mieux : il crée un espace souverain pour les affronter collectivement. C’est cette posture proactive qui compte.
AE : Pourtant, le GIABA a récemment pointé certaines lacunes dans le dispositif togolais. N’est-ce pas contradictoire ?
NB : Il faut être lucide : aucun pays, pas même les plus avancés, n’atteint un « 20 sur 20 » en matière de conformité. La conformité n’est pas un état figé, c’est un processus continu, dynamique, qui évolue avec les menaces, les pratiques, et les exigences internationales. Ce que le rapport du GIABA souligne, ce ne sont pas des défaillances structurelles, mais des points d’attention dans un chantier en cours. Il s’agit parfois de dispositifs encore jeunes, de ressources humaines à renforcer, ou de coordination interinstitutionnelle à améliorer.
Il ne faut pas oublier que le GIABA lui-même joue un rôle d’accompagnement. Le diagnostic n’est pas une condamnation, c’est un outil de pilotage pour les Etats. Et à ce titre, la Grande rencontre est une réponse opérationnelle directe : elle permet de renforcer les capacités des acteurs, de stimuler la coopération régionale, de partager des retours d’expérience, et d’accélérer l’appropriation des normes.
En organisant cette plateforme de haut niveau, le Togo ne nie pas les défis, il les assume. Mieux : il crée un espace souverain pour les affronter collectivement. C’est cette posture proactive qui compte. Parce qu’en matière de lutte contre les flux illicites, ceux qui avancent sont ceux qui se confrontent à la réalité, pas ceux qui prétendent avoir déjà tout résolu.
AE : Concrètement, que permet cette rencontre aux participants, sur les plans technique et réglementaire ?
NB : La formation est au cœur du projet, mais pas une formation abstraite ou académique. Il s’agit de renforcer les compétences opérationnelles des acteurs de la compliance, à tous les niveaux – institutions financières, autorités de supervision, unités de renseignement financier, acteurs non étatiques. Nos réglementations régionales, notamment dans l’espace UEMOA, imposent désormais une mise à jour annuelle obligatoire des connaissances en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Or, dans la pratique, peu de pays disposent d’un dispositif pérenne, harmonisé et interprofessionnel pour répondre à cette exigence.
La GRCRO vient combler ce vide. Elle propose un cadre de formation hybride : à la fois des panels stratégiques pour faire dialoguer ministres, régulateurs et bailleurs de fonds, et des ateliers techniques conçus comme de véritables laboratoires d’expériences. Cette année, nous avons mobilisé une vingtaine d’intervenants internationaux – juristes, régulateurs, techniciens, éditeurs de logiciels – pour aborder des sujets très concrets : digitalisation des dispositifs AML, traitement des Suspicious Transaction Reports (STR), traçabilité des bénéficiaires effectifs, régulation des cryptoactifs, ou encore enjeux de conformité ESG.
AE : Au-delà de l’événement, quels mécanismes sont envisagés pour pérenniser ce leadership régional pour Lomé ?
NB : Ce que nous construisons repose sur des fondations politiques solides et une volonté institutionnelle affirmée. Cette année, le soutien direct du président du Conseil, Faure Gnassingbé n’est pas simplement symbolique : il ancre la GRCRO dans une perspective sous-régionale. Les institutions togolaises clés comme la CENTIF, la HAPLUCIA, le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que des partenaires comme le GIABA ou l’OIF, sont mobilisés dans une logique d’ancrage durable.
Nous ne voulons pas d’un événement ponctuel à forte intensité médiatique mais à faible impact structurel. Ce que nous visons, c’est la création d’un écosystème institutionnel pérenne, avec des retombées directes sur la régulation, la supervision, la formation, et l’innovation technologique. Cela passe par la formalisation d’un centre d’expertise permanent basé à Lomé, qui abritera bientôt une plateforme de certification, un réseau de veille normative, et un appui technique aux États de la sous-région. C’est dans cet esprit que nous parlons d’institutionnaliser le leadership du Togo en matière de conformité et de gouvernance financière.

Me Nikada Batchoudi saluant le ministre togolais de l’économie et des finances, à ses côtés, le président de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) et le patron du patronat togolais.
Aujourd’hui, placer le Togo sur une liste grise du GAFI irait à l’encontre des efforts tangibles que nous déployons. Cela créerait une forme de dissonance entre les dynamiques à l’œuvre sur le terrain et la perception réglementaire extérieure. Ce serait ignorer que le Togo, en structurant cet espace de dialogue et de formation, contribue activement à la stabilité financière et sécuritaire de toute la sous-région.
AE : Certains y voient aussi une vitrine, un outil de « branding » plus qu’un changement de fond…
NB : L’image compte, bien sûr. Mais elle ne vaut que si elle repose sur des actes concrets, mesurables et durables. Le branding, dans sa forme la plus noble, consiste à donner de la visibilité à une dynamique réelle de transformation. Ce que nous construisons à Lomé n’est pas une simple vitrine, c’est une infrastructure de gouvernance, intellectuelle et technique.
Le fait que Lomé devienne un point de convergence pour les experts du continent et au-delà, n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’un travail patient, stratégique, coordonné avec les autorités nationales, les institutions régionales, et les partenaires internationaux. Ce n’est pas un habillage institutionnel. C’est une ambition assumée de faire de la conformité un levier d’influence, un outil de crédibilité et un pilier de souveraineté.
Aujourd’hui, placer le Togo sur une liste grise du GAFI irait à l’encontre des efforts tangibles que nous déployons. Cela créerait une forme de dissonance entre les dynamiques à l’œuvre sur l’espace de dialogue et de formation, contribue activement à la stabilité financière et sécuritaire de toute la sous-région.
On a encore trop de cloisonnements entre administrations, entre Etats, entre secteurs. Pourtant, les flux illicites ne connaissent pas de frontières.
AE : Si vous deviez dresser un état des lieux de la compliance en Afrique en 2025, quels seraient, selon vous, les principaux acquis, les faiblesses persistantes, et les défis à venir ?
NB : En 2025, l’état des lieux de la compliance en Afrique est contrasté, mais incontestablement en progrès. Nous sortons d’une décennie où les standards internationaux ont été de plus en plus intégrés dans les législations africaines. Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que la plupart des Etats disposent d’un cadre normatif AML/CFT relativement solide, souvent aligné sur les 40 recommandations du GAFI. Ce seul fait représente une avancée considérable par rapport à la situation de 2010 ou 2015.
L’un des acquis majeurs, c’est aussi la montée en puissance des structures régionales. Le GIABA pour l’Afrique de l’Ouest, l’ESAAMLG pour l’Afrique de l’Est et australe, le GABAC pour l’Afrique centrale, ou encore le MENAFATF pour le Maghreb jouent un rôle crucial. Ce sont eux qui pilotent les évaluations mutuelles, structurent les formations et accompagnent les réformes. Le GIABA, par exemple, a réalisé en juin 2025 une série d’ateliers à Lagos, axés sur la coopération entre les CRF, les institutions judiciaires et les acteurs non financiers. Ce sont des signaux positifs.
Mais il ne faut pas se voiler la face : des faiblesses persistent. La plus critique, c’est ce que j’appelle le « fossé entre conformité formelle et efficacité réelle ». Beaucoup de pays affichent des lois, des circulaires, des procédures, mais dans la pratique, les sanctions sont rares, les enquêtes peu abouties, les flux illicites continuent de circuler. L’Afrique perd encore, selon les dernières estimations de la CEA et de la BAD, entre 80 et 90 milliards de dollars par an en flux financiers illicites – soit près de 4 % du PIB continental. Cela en dit long.
Nous avons aussi un problème de capacités humaines. Trop d’acteurs – banquiers, régulateurs, policiers, magistrats – ne sont pas suffisamment formés aux enjeux techniques de la compliance. C’est l’un des angles morts du système. C’est justement ce que nous essayons de corriger avec des initiatives comme la GRCRO.
Le troisième défi, c’est la coordination régionale. On a encore trop de cloisonnements entre administrations, entre États, entre secteurs. Pourtant, les flux illicites ne connaissent pas de frontières. Des outils existent, comme le groupe Egmont, ou le réseau RECEN-UEMOA, qui interconnecte les CENTIF des pays membres. Mais leur efficacité dépend de la volonté politique et de l’interopérabilité technologique.
Puis il y a la question du futur : comment rendre tout cela pérenne ? Comment faire en sorte que la compliance devienne une culture, et non une obligation administrative ? Cela passe par l’innovation. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, la data science, les RegTech peuvent révolutionner la conformité. Mais encore faut-il que nos pays s’en dotent. Il faut investir, mutualiser, expérimenter.
Enfin, je crois profondément que l’Afrique doit peser davantage dans les discussions normatives internationales. Nous ne pouvons plus nous contenter de subir des standards conçus ailleurs. Il faut que nos réalités soient prises en compte dans les forums techniques du GAFI, dans les discussions sur les cryptoactifs, sur la propriété effective, sur la régulation ESG. Cela passera par des coalitions africaines fortes, structurées, crédibles.
Bref, il y a encore du chemin. Mais nous sommes passés du silence à la stratégie. C’est déjà une révolution.
AE : La compliance est parfois réduite à la lutte contre le blanchiment. Est-ce une erreur ?
NB : C’est une lecture trop réductrice, et elle est malheureusement fréquente. En réalité, la compliance recouvre un champ beaucoup plus vaste. Elle englobe le blanchiment de capitaux, certes, mais aussi le financement du terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, les flux transfrontaliers illicites, la corruption, les conflits d’intérêts, le contournement des sanctions internationales, ou encore les obligations de gouvernance environnementale et sociale (ESG).
Nous sommes passés d’une logique centrée sur les banques à un périmètre beaucoup plus large, où les entreprises, les ONG, les cryptoactifs, les marchés publics ou encore les chaînes logistiques sont également concernés. Ce sont des menaces systémiques, avec des ramifications économiques, politiques, sécuritaires, et même climatiques. Le blanchiment n’est pas qu’un sujet financier : c’est une porte d’entrée vers la criminalité organisée, la captation des institutions, et l’érosion de l’Etat de droit. La compliance, aujourd’hui, est une fonction centrale de la gouvernance publique et privée.

AE : Comment expliquez-vous le décalage persistant entre conformité technique et efficacité réelle sur le terrain ?
NB : Ce paradoxe, nous le constatons tous les jours sur le terrain. Sur le papier, nombre de pays africains ont transposé les recommandations du GAFI, mis en place des lois, des procédures, des autorités dédiées. Mais dans les faits, le dispositif reste souvent inopérant face à la complexité des flux illicites.
Pourquoi ce décalage ? La première cause, c’est le déficit de compétences spécialisées. Les agents des banques, des cellules de renseignement, des douanes ou des juridictions financières manquent encore trop souvent de formation continue adaptée aux nouvelles menaces. Les formations restent théoriques, alors que la criminalité financière évolue sans cesse, en intégrant des outils numériques, des montages transfrontaliers, des acteurs hybrides.
Deuxième frein : le manque d’interopérabilité des outils et des systèmes. Les CENTIF n’utilisent pas toutes les mêmes plateformes, les formats d’échange sont parfois incompatibles, et les temps de traitement restent longs. C’est précisément pour pallier ces failles que la création du RECEN-UEMOA, un réseau qui relie techniquement les CENTIF de la région et fluidifie les partages d’informations stratégiques est à saluer.
Le troisième levier, c’est la technologie. Trop d’États continuent de traiter manuellement des déclarations de soupçon, ou disposent d’outils obsolètes pour la traçabilité des flux. À la GRCRO, nous avons fait le choix d’intégrer les éditeurs de solutions AML/CFT dans notre dispositif. L’idée, c’est d’exposer les acteurs africains à des technologies qui permettent d’automatiser l’analyse des transactions, de profiler les risques clients, ou encore de détecter des signaux faibles dans les mouvements de fonds.
Enfin, il y a un facteur culturel : la compliance ne doit pas être réduite à une exigence documentaire. Elle doit devenir une pratique quotidienne, une discipline intégrée dans la gouvernance des institutions, des États, des entreprises. Et cela ne se décrète pas : cela se construit. C’est tout le sens du travail que nous menons.
AE : Est-ce que les décideurs africains ont aujourd’hui pleinement intégré l’importance de la transparence dans l’attractivité économique ?
NB : La conformité est encore trop souvent perçue comme une charge administrative ou une obligation imposée de l’extérieur. Or, c’est tout l’inverse : la transparence est un levier de compétitivité économique. Aujourd’hui, les investisseurs, les agences de notation, les bailleurs multilatéraux exigent des garanties sur la traçabilité des flux, l’intégrité des acteurs et la robustesse des institutions. Sans cela, il n’y a ni confiance, ni financement, ni croissance soutenable.
Comme on le dit souvent dans nos cercles : « Si vous trouvez que la conformité coûte cher, essayez la non-conformité ». Les sanctions financières, les ruptures de relations bancaires (de-risking), les pertes de notation souveraine ou encore la stigmatisation sur les marchés internationaux sont des signaux extrêmement pénalisants pour un pays. La conformité, bien comprise, n’est pas une contrainte : c’est un actif stratégique. Un pays qui investit dans la transparence investit dans sa crédibilité, sa résilience, et sa souveraineté économique.
Notre ambition avec la Grande Rencontre, c’est justement de décoloniser la conversation réglementaire, en créant un espace où l’Afrique n’est plus seulement réceptrice de normes, mais force de proposition.
AE : Justement, certaines critiques pointent le caractère trop « exogène » des standards du GAFI, parfois inadaptés aux réalités africaines. Quel est votre point de vue ?
NB : Vous soulevez là une question essentielle. Depuis trop longtemps, les pays africains subissent un effet de cascade normative, où l’alignement aux standards du GAFI est souvent perçu comme une obligation rigide, déconnectée des réalités socio-économiques locales. La complexité des exigences, la lourdeur des dispositifs de « compliance », ou encore l’insuffisance de moyens humains et technologiques constituent des obstacles majeurs à leur mise en œuvre efficace.
Notre ambition avec la Grande rencontre, c’est justement de décoloniser la conversation réglementaire, en créant un espace où l’Afrique n’est plus seulement réceptrice de normes, mais force de proposition. Nous ne rejetons pas les standards internationaux — ils sont nécessaires — mais nous plaidons pour leur contextualisation. Cela commence par une chose simple : inviter les experts internationaux à venir voir nos réalités sur le terrain. A Lomé, nous avons accueilli des représentants du GIABA, de la BCEAO, de cabinets de renom comme Mazars, EY, des éditeurs de solutions AML européens, marocains, tunisiens ou sud-africains. Ce déplacement, en soi, est un acte politique. Il amorce un rééquilibrage dans le dialogue normatif, un début de diplomatie technique.
Car pour qu’une norme soit effective, elle doit être appropriée. Et pour qu’elle soit appropriée, elle doit être adaptée. Voilà tout le défi que nous portons.
Isoler une banque africaine du système financier mondial pour un manque ponctuel de conformité, c’est parfois fragiliser tout un écosystème économique et social – PME, diaspora, commerce transfrontalier, financement des infrastructures. La compliance doit protéger les systèmes, pas les exclure.
AE: Plusieurs grandes banques internationales ont récemment réduit ou rompu leurs relations de correspondance avec des institutions africaines, invoquant des risques accrus de non-conformité. Que répondez-vous à ceux qui estiment que l’Afrique est devenue un maillon faible du système financier mondial en matière de compliance ?
NB : Je comprends cette perception, mais je la conteste. L’idée selon laquelle l’Afrique serait un maillon faible du système financier mondial est simpliste et profondément déséquilibrée. Ce que nous vivons actuellement relève moins d’un déficit réel de conformité que d’un excès de prudence, voire de frilosité, de la part de certaines institutions internationales face à un continent qu’elles connaissent mal, ou dont elles surestiment les risques.
Il est vrai que plusieurs banques africaines ont vu leurs relations de correspondance restreintes ou rompues, notamment avec des établissements européens ou nord-américains. C’est ce qu’on appelle le de-risking. Mais ce phénomène n’est pas uniquement lié à des manquements en matière de conformité : il est souvent motivé par des arbitrages économiques ou réputationnels, parfois disproportionnés. Ce qui est en jeu, ce n’est pas tant la réalité du risque AML/CFT que le coût de la gestion de ce risque, et la capacité des contreparties africaines à produire une documentation conforme aux attentes souvent très élevées des grandes banques internationales.
C’est pourquoi nous plaidons pour une approche plus équilibrée, basée sur le dialogue, la transparence et la coopération technique. L’Afrique n’est pas en retrait : elle est en mouvement. Des réformes sont en cours, des plateformes technologiques sont adoptées, des standards sont appliqués, des évaluations mutuelles sont menées.
Ce que nous demandons, ce n’est pas une indulgence, c’est une reconnaissance équitable des efforts fournis, et un appui au renforcement des dispositifs encore fragiles. Car isoler une banque africaine du système financier mondial pour un manque ponctuel de conformité, c’est parfois fragiliser tout un écosystème économique et social – PME, diaspora, commerce transfrontalier, financement des infrastructures. La compliance doit protéger les systèmes, pas les exclure.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Edité par M.F. Vahid Codjia
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Lomé ce vendredi 25 juillet 2025, dans le cadre d’une visite de travail. L’annonce a été faite par le ministre sénégalais de la Formation professionnelle et porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Sarré, à l’issue du Conseil des ministres tenu le mercredi 23 juillet à Dakar.
« Au titre de son agenda diplomatique, le chef de l’État a informé le Conseil qu’il effectuera une visite de travail au Togo le 25 juillet, à l’invitation du président du Conseil des ministres de ce pays, Faure Gnassingbé », a déclaré le porte-parole.
Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée sous-régionale entamée par le président sénégalais, qui l’a déjà conduit en Côte d’Ivoire et au Bénin. Elle vise à renforcer les liens de coopération entre le Togo et le Sénégal, notamment dans des secteurs clés comme le commerce.
Sur le plan diplomatique, la rencontre pourrait également servir de cadre à une concertation sur les efforts en cours pour la réintégration du Mali, du Niger et du Burkina Faso au sein de la CEDEAO. Les présidents Faye et Gnassingbé sont en effet tous deux engagés dans des démarches de médiation à l’échelle régionale, entre les deux entités.
Après son passage à Lomé, le président sénégalais se rendra à Monrovia, où il participera, le samedi 26 juillet, à la célébration de la fête nationale du Liberia.
Esaïe Edoh
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Au Togo, l'exécutif encadre la phase de transition dans les communes à la suite des élections municipales du 17 juillet 2025. Les directives ont été rendues publiques ce mercredi 23 juillet par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie traditionnelle, Awaté Hodabalo.
L’objectif, selon l’exécutif, est de garantir une transition administrative ordonnée, respectueuse des principes de bonne gouvernance et conforme à la réglementation en vigueur. Dans ce sens, les maires sortants sont appelés à se conformer strictement aux budgets préalablement approuvés, en s’abstenant de tout engagement financier non essentiel.
Aussi, ces autorités communales ne doivent pas initier de nouveaux projets ne relevant pas de la gestion courante, ni contracter des engagements qui dépasseraient les capacités financières de leur collectivité.
Par ailleurs, les équipes municipales en place doivent s’atteler à régulariser les situations administratives, budgétaires et comptables en instance, afin de refléter fidèlement la situation réelle de chaque commune. Le gouvernement appelle à cet effet, à préserver les équilibres budgétaires et à favoriser une passation de charges fluide, sereine et transparente entre les Conseillers sortants et les nouveaux élus.
« Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités togolaises de consolider les acquis de la décentralisation, six ans après l’installation des premiers conseils municipaux en 2019 », indique-t-on du côté du ministère.
Pour rappel, les résultats provisoires des municipales ont été proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au lendemain du scrutin. Les résultats définitifs sont désormais attendus à la Cour suprême.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le Pôle Universitaire d'Innovation et de Technologie (UniPod Togo) de l’Université de Lomé, lance une formation diplômante en entrepreneuriat. Il s’agit d’un Diplôme Universitaire (DU) spécialité Entrepreneuriat, une initiative inédite sur le campus universitaire ouverte aux entrepreneurs, étudiants et professionnels, dans un contexte de structuration de l’écosystème entrepreneurial togolais par l’enseignement supérieur.
La nouvelle formation vise ainsi à professionnaliser les parcours entrepreneuriaux à travers une certification reconnue par l’État, et à fournir aux porteurs de projets les outils méthodologiques, juridiques, financiers et stratégiques pour structurer et pérenniser leurs activités.

La phase de pré-inscription est du reste déjà ouverte en ligne (via ce lien). Les candidats peuvent également télécharger le document d'information complet sur les conditions d’admission. Une séance d’information et d’accompagnement à la constitution des dossiers est prévue avant le lancement officiel des inscriptions attendu à partir du 8 septembre 2025.
A terme, ce nouveau parcours académique devrait devenir une des activités phares de l’UniPod Togo, financé à hauteur de plus d'un milliard de FCFA. L'infrastructure se veut un centre d'innovation implanté au sein de la première Université publique du Togo, depuis cette année 2025, et qui est le fruit d’un partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Consulter l’appel à candidature
Ayi Renaud Dossavi
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Lomé et Moscou renforcent leur partenariat avec un accord de coopération militaire. Mardi 22 juillet 2025, la commission législative du gouvernement russe a approuvé un projet de loi visant à ratifier un accord-cadre de coopération militaire avec le Togo.
L’accord, signé il y a quelques mois, prévoit notamment des exercices militaires conjoints, la formation de soldats togolais, un échange de renseignements sécuritaires et une assistance médicale gratuite en cas d’urgence. « L’accord est de nature cadre et prévoit l’octroi d’une aide médicale : la partie hôte s’engage à fournir gratuitement une assistance médicale d’urgence » à l’autre Etat-partie, selon Vladimir Grouzdev, président de l’association des juristes de Russie, membre de la commission, cité par l’agence de presse officielle de la Russie.
Pour Lomé, ce rapprochement intervient sur fond de recrudescence d’attaques jihadistes dans la région des Savanes, au nord du pays.
S’il est encore suspendu à une ratification parlementaire du côté togolais, ce partenariat survient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par un recul de l’influence française (et américaine) dans la région, et une montée en puissance de la Russie, notamment au Sahel avec les pays de l’AES, ainsi que des accords similaires signés avec le Cameroun, la Centrafrique ou São Tomé-et-Príncipe.
Ce réalignement pourrait également soulever des interrogations quant aux équilibres régionaux. Si certains observateurs y voient une opportunité pour renforcer la souveraineté sécuritaire du Togo, d’autres redoutent un élargissement de la fracture géopolitique avec la CEDEAO, dont Lomé reste un membre important, que ce soit comme corridor d’approvisionnement en produits d'importation ou acteur diplomatique sous-régional.
Ceci étant, le pays de Faure Gnassingbé semble rester fidèle à sa tradition de jouer une carte multipolaire et de diversification des partenariats, dans un jeu international en recomposition, en s’appuyant sur certains atouts propres, notamment son positionnement logistique via le port en eau profonde de Lomé.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo améliore sa position dans le dernier classement mondial des passeports les plus puissants, publié par le cabinet londonien Henley & Partners. Le pays se hisse désormais à la 76ᵉ place, contre la 81ᵉ en février dernier, gagnant ainsi cinq rangs.
Ce classement repose sur le nombre de destinations accessibles sans visa préalable ou avec un visa délivré à l’arrivée. Le passeport togolais permet actuellement de se rendre dans 60 pays sans formalités préalables, selon l’indice établi en partenariat avec l’International Air Transport Association (IATA), qui regroupe plus de 250 compagnies aériennes.
Au sein de l’espace UEMOA, le Togo occupe la troisième position, derrière le Bénin et le Ghana, tous deux classés 71ᵉ au niveau mondial et bénéficiant d’un accès sans visa à 67 destinations.
À l’échelle continentale, le Togo se positionne au 22ᵉ rang. Les Seychelles conservent leur statut de leader africain, avec un passeport classé 24ᵉ mondial et donnant accès à 156 destinations sans visa. L’Afrique du Sud (48ᵉ mondiale) et le Botswana (59ᵉ) complètent le podium africain.
Sur le plan mondial, Singapour maintient sa première place avec un total de 193 destinations accessibles sans visa. Le Japon et la Corée du Sud suivent avec 190 destinations. La troisième place est partagée par sept pays européens : l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie, la Finlande, le Danemark et l’Irlande, chacun ayant un accès sans visa à 189 pays.
Notons que l’indice Henley Passport est mis à jour régulièrement pour refléter les évolutions des politiques de visas à travers le monde.
Esaïe Edoh
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À partir d’août 2025, Lomé accueillera un terminal flottant de 160 000 tonnes métriques du groupe United Petro (UPG). La nouvelle infrastructure pétrolière, inédite, composée de 60 000 tonnes d’essence et de 100 000 tonnes de gasoil stockées à bord d’un navire ancré au large, aura pour but d’approvisionner sans interruption plusieurs marchés clés d’Afrique de l’Ouest et australe, notamment le Ghana, l’Afrique du Sud et le Mozambique.
C’est selon une récente annonce de la société de négoce d'énergie basée à Singapour et opérant dans plus de 16 pays, notamment en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique latine.
Selon United Petro Group, il s’agit de répondre ainsi, depuis la plateforme de Lomé, aux limites des capacités de stockage terrestre dans la région (où moins de 6 % des infrastructures dépassent les 150 000 m³). En effet, la plateforme flottante s’annonce dans un contexte où près de 70 % des surplus de carburants de l’Afrique de l’Ouest sont déjà stockés au large des côtes togolaises, faisant du pays un point névralgique du négoce pétrolier.
Si cette infrastructure devrait renforcer la place de Lomé dans la sous-région et au-delà, en tant que pôle de flux d’hydrocarbures, cette stratégie ne fait pas l’unanimité, notamment chez des acteurs régionaux du secteur.
Par exemple, Aliko Dangote, magnat nigérian du ciment et désormais du raffinage, pointe du doigt un système qu’il juge contre-productif. Selon lui, la plateforme offshore de Lomé compromettrait grandement la viabilité de toute raffinerie en Afrique subsaharienne.
« Je ne vois aucun projet majeur de raffinerie réussir tant que ce marché offshore de Lomé existera », a-t-il notamment commenté, cité par le média nigérian The Nation Newspaper. Il accuse notamment les négociants internationaux de maintenir des stocks flottants pour manipuler les prix, au détriment des capacités de raffinage locales.
Cette prise de position intervient alors que Dangote défend sa méga-raffinerie d’un coût de plus de 20 milliards $, et qui est encore confrontée à des défis d'approvisionnement en pétrole brut.
Du côté de Lomé cependant, on mise surtout sur la fluidité des échanges maritimes et la résilience logistique depuis le port en eau profonde. La confrontation de ces deux visions cristallise les tensions autour du futur énergétique de l’Afrique. Ceci étant, pour l’heure, le pays d’Afrique de l’Ouest devrait consolider sa position en tâchant de tirer son épingle du jeu, entre pragmatisme économique et pressions géopolitiques.
Ayi Renaud Dossavi
Les États-Unis ambitionnent de renforcer leur coopération économique avec le Togo, en misant notamment sur les atouts logistiques du Port de Lomé. C’est dans ce cadre que le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Togo, Richard Michaels, a effectué, le lundi 21 juillet 2025, une visite de terrain sur la plateforme portuaire.
Objectif : explorer les opportunités que présente cette infrastructure stratégique pour les entreprises américaines.
« Le Togo possède le quatrième port à conteneurs le plus actif d’Afrique. Grâce à ses capacités en eaux profondes et à ses équipements de pointe, il offre aux entreprises américaines un accès privilégié aux marchés africains », a indiqué le diplomate américain. Selon lui, plusieurs opportunités commerciales ont été identifiées sur la plateforme, susceptibles de stimuler les échanges et de « contribuer à la prospérité de l’Amérique ».
Cette démarche s’inscrit dans un contexte de croissance continue des échanges commerciaux entre les deux pays. En 2024, les exportations togolaises vers les États-Unis ont atteint 97 millions de dollars (environ 54 milliards FCFA), selon les données du ministère de la Promotion de l’Investissement. Un chiffre en forte progression par rapport à 2021, où les exportations vers le marché américain n’excédaient pas 20 millions de dollars.
Togo boasts the fourth busiest container port in Africa. With advanced deep-water capabilities and cutting-edge equipment, @portdelome offers U.S. businesses unmatched access to African markets. Chargé d’Affaires Michaels toured the port and #LomeContainerTerminal on July 21 to… pic.twitter.com/Ik40D3XmMK
— U.S. Embassy Togo (@USEmbassyLome) July 23, 2025
Sur la même période, les exportations américaines vers le Togo s’élèvent à 283,59 millions de dollars en 2024, selon les données de la base de commerce international des Nations unies (COMTRADE).
A noter que le climat commercial s’est complexifié depuis l’annonce par l’administration Trump, en avril 2025, d’une nouvelle vague de droits de douane sur plusieurs importations en provenance d’Afrique. Le Togo est désormais soumis à un tarif de base de 10 % sur l’ensemble de ses exportations vers les États-Unis.
Dans ce contexte, la volonté affichée de la représentation américaine au Togo d’exploiter le potentiel logistique du port de Lomé pourrait représenter une opportunité pour maintenir, voire accroître, le volume des échanges bilatéraux, malgré les barrières tarifaires.
Depuis l’annonce de la nouvelle grille tarifaire de douane, plusieurs opérateurs du Togo, qui bénéficie encore du régime préférentiel de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), sont inquiets quant à l’avenir de leurs activités économiques avec l’Etat américain. En effet, le pays redoute notamment une baisse des exportations de ses produits agricoles phares (café, cacao, karité, fèves de soja), qui représentent une part significative du commerce bilatéral.
La menace plane également sur l’industrie togolaise, portée par la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), qui a amorcé en 2024 des expéditions de vêtements vers les États-Unis.
Esaïe Edoh
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Au Togo, un vent de renouveau souffle sur l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED), désormais dirigé par Gentry Akoly. Ce dernier a officiellement été installé, mardi 22 juillet 2025, au poste de Directeur général de l’institution, en remplacement de l’intérimaire Tchiou Animaou.
La cérémonie de passation, tenue au siège de l’INSEED à Lomé, a réuni des cadres administratifs, des représentants du ministère de la Planification ainsi que des partenaires techniques. À cette occasion, le nouveau patron de la statistique togolaise a exprimé son ambition de repositionner l’institut comme un acteur central de la gouvernance fondée sur les données, en renforçant la qualité, la transparence et l’accessibilité des informations statistiques.
Créé en 2015, l’INSEED est l’organisme central du système statistique national togolais, chargé de la collecte, de l’analyse et de la diffusion des données statistiques officielles. Ses missions incluent la réalisation de recensements, d’enquêtes sur les conditions de vie des ménages, et l’élaboration des comptes nationaux, fournissant ainsi des indicateurs essentiels à l’élaboration, au pilotage et à l’évaluation des politiques publiques.
Ayi Renaud Dossavi