Togo First

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Un séminaire dialogue portant sur le document de la stratégie pays (DSP 2018-2022), combiné à la revue de la performance du portefeuille pays de la Banque africaine de développement (BAD) pour le Togo, s’est tenu ce mardi 25 septembre à Lomé.

Approuvée en octobre 2016 pour une durée de 5 ans, la stratégie pays de l’institution panafricaine au Togo, s’articule autour de deux piliers que sont : le développement des pôles de croissance inclusive et de compétitivité agro-industrielle ainsi que l’appui à la gouvernance financière, sectorielle et locale.

« L’objectif majeur de cette stratégie, est d’accompagner le Togo à améliorer les conditions de vie des populations rurales à travers le développement intégré des pôles agricoles et l’accès à l’énergie », a déclaré Kahdidia Diabi, Réprésentante-Pays de la BAD.

Dans cette optique, les interventions, durant les deux premières années de cette stratégie, ont porté sur plusieurs axes. En matière de développement économique, la Bad a financé le projet agroalimentaire du Togo (Agropole) et le projet de réhabilitation de routes et de protection côtière visant à améliorer l’intégration régionale et la résilience climatique des infrastructures et des populations des zones côtières.

Sur le volet social, l’institution a été particulièrement présente sur 5 grands projets couvrant l’employabilité et l’insertion des jeunes, l’inclusion des femmes vulnérables, l’intégration de la formation (CERFER), la construction de marches (Lomé et Kara) et la construction de toilettes à Sokodé.

Ces projets ont permis de porter les engagements de la Bad à environ 190 milliards FCFA, avec un taux de décaissement de 55,3%. Le secteur des transports se taille 70% de ses engagements.

Saluant la « vision intégrée » du nouveau plan national de développement, Kahdidia Diabi a appelé les autorités togolaises à accentuer les efforts afin d’améliorer les décaissements.

Si la Banque africaine de développement prévoit de renforcer son appui à l’économie togolaise au cours des deux prochaines années, elle conditionne ses interventions à l’évolution dans la mise en œuvre des projets sur lesquels elle est engagée.

Particulièrement, plusieurs projets sont sur la sellette dont le projet CIZO. Selon Olivier Manlan, économiste Pays, la Banque compte renforcer ses interventions à travers des appuis conseils pour la mise en œuvre du DSP et d’autres projets, notamment dans le cadre du PND.

Fiacre E. Kakpo

Jusqu’au 29 septembre 2018, l’Union Européenne célèbre sa semaine de la diplomatie climatique. La délégation de l’Union Européenne  au Togo a donné hier, 24 septembre 2018, le ton aux activités dans le cadre de cette « fête » climatique.

Hanses Bruno, ministre conseiller de l’Union Européenne, Christoph Sanders, ambassadeur allemand, et Marc Vizy, ambassadeur de France au Togo, ont marqué de leur présence la cérémonie de lancement. De l’ensemble des messages délivrés, il est à retenir que l’initiative se justifie par la dimension internationale de la lutte contre le changement climatique.

S’agissant du Togo, Marc Vizy a salué des efforts consentis dans la lutte contre ce phénomène. Des efforts matérialisés par l’adoption, par exemple, de la loi sur la promotion des énergies renouvelables, qui démontre que «  bien que petit pollueur, le Togo prend toute sa part dans la très grande responsabilité – « commune mais différenciée », comme le veut la formule consacrée – et s’est emparé des grands enjeux qui touchent aux changements climatiques ».

Dans la même veine, la stratégie nationale d’électrification, avec en bonne place les énergies renouvelables et l’admission du Togo à l’Alliance Solaire Internationale,  a valu au Chef de l’Etat togolais d’être invité par son homologue français Emmanuel Macron au « One Planet Summit ».

Dans l’UE, en revanche, si le cap fixé est une réduction de 40% à l’horizon 2030, induisant l’intégration systématique de la dimension changement climatique dans tous les projets, force est de constater, précise l’ambassadeur allemand, que certains paramètres, notamment politiques et économiques, ne facilitent pas toujours la mise en œuvre, ni parfois l’adoption de certaines mesures en phase avec cet objectif.

Au titre des activités devant marquer la semaine européenne de la diplomatie climatique, on note en outre une conférence de presse OSC-Climat, ce 25 septembre, une émission radiophonique dotée de prix sur les radios Lomé et Kara, une conférence sur le changement climatique au Togo, les 26 et 27 septembre.

Une séance d’ECO Jogging est prévue en apothéose.

Le Centre Informatique et de Calcul de l’Université de Lomé (CIC-UL) célèbre ses 30 ans d’existence. L’événement, placé sous le thème : «L’informatique, la source de nouvelles perspectives de développement africain », se déroule jusqu’au 29 septembre à l’Université de Lomé.

Présente à la cérémonie de lancement des activités, la ministre des Postes et de l’Economie numérique, Cina Lawson a relevé l’opportunité de progrès que représente le CIC-UL. Elle a rappelé que l’événement se situe dans la logique de l’amorce d’un tournant essentiel, celui de « la révolution informatique, comparable en termes d’ampleur, à celle du siècle précédent, la révolution industrielle ».

Le ministre en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Octave Nicoué Broohm  a appelé, à cette occasion, à des réflexions allant dans le sens des réformes engagées dans le secteur de l’Enseignement supérieur.

Ces idées nouvelles devraient être le moteur « d’une refondation de l’établissement en termes de ressources humaines et pédagogiques et d’assurance-qualité » et avoir « pour baromètre les référentiels et les standards auxquels nous avons souscrit », a-t-il déclaré.

Le CIC-UL forme en Génie logiciel et Maintenance en réseau informatique.  

Les États-Unis se préparent à lancer une nouvelle institution de financement du développement (IFD) capable d’investir 60 milliards de dollars dans les pays en développement pour  tenter d’y contrer l’influence grandissante de la Chine dans un contexte de durcissement de la rivalité économique entre les deux grandes puissances, a rapporté le quotidien financier britannique Financial Times le 23 septembre.

L’Overseas Private Investment Corporation (OPIC), l'actuelle institution de financement du développement du gouvernement américain, sera intégrée à la nouvelle entité et autorisée à investir dans des actions. À l'heure actuelle, l’OPIC ne peut investir que dans la dette, ce qui la désavantage  par rapport aux  institutions chinoises et européennes de financement du développement.

«La nouvelle institution américaine de financement du développement  sera ainsi placée sur un pied d’égalité avec les autres institutions de financement du développement», a déclaré le président et directeur général de l’OPIC, Ray Washburne (photo), cité par le Financial Times.  

Le dirigeant de l’OPIC a également estimé que Chine livre une nouvelle forme de guerre économique aux Etats-Unis en s’appuyant sur sa diplomatie du portefeuille.

«En utilisant une politique connue sous l’appellation de prêter pour posséder (loan-to-own program), la Chine rend des pays enchaînés par la dette et,  par conséquent, très dépendants d’elle.  Cela équivaut à une guerre économique», a-t-il souligné.

La nouvelle institution de financement du développement du gouvernement des Etats-Unis sera baptisée la Société américaine de financement du développement international (International Development Finance Corporation/ US IDFC).

Selon des sources proches du dossier citées par le Financial Times, cette nouvelle entité est présentée par l’administration américaine comme étant «le fer de lance de la lutte contre la diplomatie de la dette chinoise».

En août dernier, seize  sénateurs américains ont adressé au secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, une lettre dans laquelle ils déplorent le fait que le Fonds monétaire international (FMI) se trouve souvent obligé  de voler au secours de certains pays dont les finances publiques ont été grevées par des «prêts prédateurs chinois destinés à financer des projets d’infrastructures».

Les Sénateurs se sont aussi inquiétés du fait que les prêts servis à tour de bras par l’Empire du  Milieu à Djibouti pourraient permettre à Pékin de prendre le contrôle du  principal port de ce pays de la Corne de l’Afrique, où les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la France disposent déjà de bases militaires.

La mise en place programmée la Société américaine de financement du développement international intervient alors que Pékin multiplie ses investissements dans les pays en développement, et plus particulièrement en Afrique.  La Chine a en effet annoncé le 3 septembre dernier qu’elle allait accorder 60 milliards de dollars supplémentaires de financements à des pays africains. Cette enveloppe comprend des lignes de crédit évaluées à 20 milliards de dollars, 15 milliards de dollars en subventions, prêts sans intérêt et prêts concessionnels, 10 milliards de dollars au titre d’un fonds spécial et 5 milliards de dollars pour soutenir les importations en provenance de l'Afrique.

Autant dire que le continent africain se positionne de plus en plus comme un nouveau front dans la guerre économique entre  Pékin et Washington.

Au Togo, les recettes budgétaires hors dons, ont atteint 344,2 milliards FCFA, de janvier à juin 2018, a constaté Togo First. Rapporté au premier semestre de 2017, il s’agit d’une hausse de 8,9%. 

Si ces recettes totalisaient environ 148,7 milliards FCFA au premier trimestre, elles sont estimées à 195 milliards FCFA d’avril à juin (deuxième trimestre), soit un bond de 31%. 

L’appui budgétaire sous forme de dons quant à lui, est resté stable par rapport au premier semestre 2017, totalisant 11,8 milliards FCFA.

Toutefois, l’augmentation de 8,9% des recettes de l’Etat, fin juin dernier en glissement annuel, a été insuffisante pour contenir les fortes dépenses engagées au cours six premiers mois de cette année, particulièrement au deuxième trimestre. 

Ainsi, avec des dépenses et prêts nets estimées à 537,2 milliards FCFA, reparties en dépenses courantes pour 276,4 milliards, et dépenses en capital évaluées à 260,8 milliards FCFA, le solde global base engagement (y compris dons) dégage un déficit de 181,2 milliards FCFA. Une nette dégradation due à une envolée les investissements ou dépenses en capital (+78%).

A la même période l’année dernière, le gap n’était que de 63,2 milliards FCFA. Pour rappel, en 2017, les recettes budgétaires et les dons avaient totalisé respectivement 621,4 milliards FCFA, et 88,5 milliards FCFA.

Fiacre E. Kakpo

 

Ce lundi 24 septembre 2018, la délégation de l’Union Européenne au Togo a signé, à son siège à Lomé, des conventions de financement avec des organisations et/ou groupements, engagés dans la lutte contre le changement climatique. Cet appui qui se chiffre à 5,5 millions d’euros, s’intègre au volet des résultats 1 et 2 attendus du Programme d’appui à la lutte contre le changement climatique (PALCC), prévu pour être pris en charge par les ONG/OSC.

Objectifs : poursuivre la sensibilisation des décideurs politiques à la thématique du changement climatique, connaître l’état du patrimoine ligneux du pays et mettre en œuvre les activités d’atténuation des effets du changement climatique.

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Les ONG/OSC bénéficiaires, sélectionnées suite à un appel à propositions, devront concentrer leurs actions sur la gestion durable des forêts et des terres et l’efficacité énergétique. Ces actions viseront à l’atteinte des 2/3 des objectifs du PALCC. Pêle-mêle, il s’agit de la réduction de la superficie forestière, des problèmes de carbonisation, d’érosion côtière, de feux de brousse, etc.

Le programme est mis en œuvre par le ministère de l’environnement et des ressources forestières. André Johnson, en charge de ce portefeuille a présidé la cérémonie de signature des subventions. Christina Martins-Barreira, Cheffe de la délégation de l’UE au Togo a, pour sa part, relevé l’opportunité de ce programme et invité les ONG/OSC partenaires à l’action. 

Notons que la cérémonie a eu lieu en prélude au lancement de la semaine européenne de la diplomatie climatique.

Séna Akoda

Un atelier de validation de l’étude sur les circuits du commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux, artisanaux et touristiques s’est tenu le 21 septembre dernier à Lomé.

Organisé par le PAIEJ-SP (Projet d’Appui à l’Employabilité et à l’Insertion des Jeunes dans les Secteurs Porteurs), l’atelier s’articule autour de trois axes : présenter les grandes conclusions de l’étude aux participants ainsi que le plan d’action, procéder à un examen critique du rapport et enfin recueillir les observations permettant au groupe de travail d’amender le texte.

Pour le coordonnateur national du PAIEJ-SP, Kossivi Agbo, l’objectif de ce projet est de permettre d’identifier les marchés réels pour les entreprises. « L’idée est d’aller aussi sur d’autres secteurs porteurs. C’est pourquoi nous avons inclus dans cette étude, le secteur touristique », ajoute-t-il.

Dans ses grandes lignes, l’étude sur le commerce transfrontalier ambitionne principalement de maîtriser les circuits de commercialisation inter frontaliers des produits issus des chaines de valeur appuyées par le projet. Ce qui doit permettre à terme d’élaborer les plans d’actions opérationnels qui faciliteront l’accès des bénéficiaires aux débouchés. Pour Mitowanou Koffi-Tessio, consultant, et un des intervenants à cet atelier, « le document ainsi validé, donne le paysage de produits sur lesquels on peut promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes ».

Lancé en 2012 par l’exécutif togolais, le PAIEJ-SP vise à créer les conditions d’une croissance économique plus inclusive à travers la promotion de l’entreprenariat dans les secteurs porteurs sur la période 2016-2020. Dans ce sens, il est visé la création de 150 000 emplois indirects.

Octave A. Bruce

La participation du Togo au FOCAC couplée de l’organisation d’un business forum en République Populaire de Chine a permis au Togo et à ses opérateurs économiques d’entreprendre une véritable opération de charme auprès du gouvernement et des investisseurs chinois.

En vue de permettre au pays de tirer un dividende économique important de ces deux rencontres, le gouvernement incite les ministres à proposer des projets susceptibles d’attirer des investissements chinois.

« Afin de tirer tous les profits de cette mission, le conseil a exhorté tous les ministres à proposer des projets pertinents, susceptibles d’être éligibles aux critères de l’enveloppe consacrée aux initiatives de développement que soutient la République Populaire de Chine », incite une communication présentée au Conseil des Ministres du 20 septembre dernier.

Cet appel à l’endroit des membres du gouvernement se justifie par le fait que le Togo a obtenu d’importantes promesses lors de sa tournée chinoise.

Au total, la Chine destine à l’Afrique 60 milliards $ sur les trois prochaines années. Le Togo, visiblement engagé dans une transformation économique profonde, pourrait tirer parti de cette manne financière pour la réalisation de son plan national de développement qui couvre la période 2018-2022.

Au Togo, la production céréalière brute a franchi la barre des 1,3 million de tonnes pour la campagne 2017/2018, selon les données du Comité Inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), obtenues par Togo First. 

Ce volume est en légère hausse de 2,7% par rapport à la saison 2016/2017, où la production avait atteint 1,27 million de tonnes.

 La dynamique haussière a été essentiellement imputable aux conditions climatiques favorables qui ont prévalu en 2017 dans l’ensemble de la sous-région, ainsi qu’aux efforts gouvernementaux. Les projets agricoles, notamment le PNIASA remplacé depuis fin 2017 par le PNIASAN, ont permis au Togo de dégager régulièrement des excédents céréaliers depuis leur lancement.

Les données annoncées par Ouro-Koura Agadazi, ministre togolais en charge de l’Agriculture, début juillet, révèlent un excédent céréalier de 21% pour la campagne 2017-2018, porté par le sorgho, le mil et les tubercules, avec perspectives positives. 

A l’échelle sous-régionale, la production de céréales a atteint environ 28,7 millions de tonnes, en augmentation de 2,8%, avec le Mali, comme premier producteur (9,5 millions de tonnes), suivi du Niger (5,8 millions) et le Burkina Faso (4 millions). 

Pour précision, l’accroissement dans l’Uemoa cette année a été moindre que celui de l’année dernière où la production avait cru de 6,6%.

Fiacre E. Kakpo

Adopté début août, le Plan national de développement (PND 2018-2022), vœu cher des autorités togolaises, a fait l’objet d’une tournée en Chine dès le 01 septembre. L’offensive commerciale togolaise, conduite par le Président Faure Gnassingbé, est parti de Beijing pour atteindre sa vitesse de croisière à Hangzhou où s’est tenu le 7 septembre, le premier Business Forum Chine Togo.  Togo First a rencontré Sandra Johnson, Coordonnateur national de la Cellule climat des affaires (CCA), à l’issue de ce forum d’affaires. Entretien ! 

Togo First : Le Togo vient d’adopter son nouveau plan de développement sur la période 2018-2022. Qu’apporte ce nouveau ce plan aux Togolais ?

Sandra Ablamba Johnson (SAJ): Le Plan National de Développement que vient d’adopter le Togo se fonde essentiellement sur ce que nous pouvons appeler le changement de paradigme. Le changement de paradigme suppose d’avoir une vision assez claire et précise de là où nous voulons aller, en ciblant très rapidement les projets prioritaires à mettre en œuvre. Et donc ce Plan National de Développement est fondé sur trois grands axes. Le premier axe concerne le hub logistique de référence. Le second axe concerne la transformation agroalimentaire, manufacturière et industrielle, et le troisième axe porte essentiellement sur le développement social à travers l’inclusion sociale, c’est-à-dire les secteurs de la santé, de l’éducation, la formation etc.

Togo First : Nous venons d’achever le premier Business Forum Sino-Togolais. Quelle a été le contenu de ce premier forum d’affaires ?

SAJ : Le Business forum a été vraiment riche. Il y a d’abord eu l’intervention du Chef de l’Etat. Cela démontre qu’il y a un leadership au plus haut niveau. Il y a également eu l’intervention du vice-gouverneur de cette province (Zhiejang, ndlr), une des provinces phares en termes de contribution au PIB chinois ou de revenu par habitant en Chine. Le vice-gouverneur a invité les investisseurs privés chinois à investir au Togo, « un beau et attractif pays ». Il a surtout mis l’accent sur le fait que la Chine partage une vision commune avec le Togo.

Ce business forum a regroupé plusieurs investisseurs chinois et togolais. Parce qu’il ne s’agit pas seulement pour nous de faire venir les investisseurs étrangers, mais de permettre aussi à notre secteur privé de renforcer ses capacités et d’avoir des partenaires stratégiques. C’est pour cette raison que le Président de la République a tenu à ce que le secteur privé puisse faire ce déplacement, pour pouvoir nouer aussi des partenariats.

Il y a donc eu plusieurs interventions du secteur privé et de l’administration togolaise, ainsi que des échanges entre le secteur privé togolais et des investisseurs privés chinois. Ceci, en vue de permettre aux Chinois d’avoir plus d’informations sur le Togo, mais aussi de trouver des partenaires togolais avec lesquels, ils pourraient travailler. 

Togo First : Le Togo a présenté 5 projets phares du PND à ce forum. De quoi retournent ces projets ?

SAJ : Le Togo a effectivement présenté des projets phares. Des projets dans le cadre du hub logistique, notamment la construction de la Route Nationale N°1. Cette infrastructure est extrêmement importante parce que comme vous le savez, le Togo est un corridor qui s’ouvre sur les pays de l’hinterland. Il s’agira donc, de trouver rapidement les financements, via un PPP (Partenariat Public-Privé, ndlr) pourquoi pas, pour pouvoir finaliser la construction de cette route. Il s’agira également de construire un parc multi modal doté notamment de parkings de véhicules.  Puisqu’avec le trafic de plus en plus important, il est devenu primordial de construire un parc de véhicules qui intègre plusieurs fonctionnalités en vue de permettre aux transporteurs étrangers qui arrivent au Togo de pouvoir mener aisément leurs activités.  

Aussi y-a-t-il la construction d’un centre commercial multi modal qui héberge par exemple des structures de sport, des restaurants, des hôtels de standing. L’objectif est de mettre à la disposition des hommes d’affaires qui viendront au Togo, un centre plus ou moins complet qui dispose de tous ces éléments afin de leur permettre mener facilement leur business.

En plus du centre d’affaires, vous avez tout ce qui est parc industriel, qui, un peu comme en Ethiopie, permettra de créer des structures dans le secteur manufacturier et énormément d’emplois. Un des objectifs phares du PND, c’est de réduire la pauvreté en créant de l’emploi. La visée à terme est de construire un parc industriel dans chacune des 5 régions économiques du Togo.

La Chine est un des partenaires stratégiques ou un des experts dans ce domaine. Elle en a déjà construit dans d’autres pays. L’objectif pour nous est de voir dans quelle mesure nous pourrons nouer ce partenariat avec l’Empire du Milieu et permettre aux entreprises chinoises qui souhaitent venir en Afrique, de choisir la « destination Togo » avec tous les atouts dont elle dispose. De se délocaliser au Togo et aussi d’utiliser notre pays comme tremplin pour exporter vers les pays de la sous-région. 

Togo First : des investisseurs chinois qui se sont-ils signalés sur ces projets ?

SAJ : Oui, on a eu des discussions. J’étais en charge du volet centre d’affaires et financiers par excellence. J’ai eu des contacts avec certains partenaires qui sont très intéressés. Nous allons continuer les échanges pour voir quels types de partenariats nous pourrons nouer avec eux et comment est-ce qu’on pourra les mettre en contact avec le secteur privé togolais.

Il faut aussi souligner qu’il y a des investisseurs chinois qui sont déjà sur le terrain au Togo et qui sont intéressés à couvrir d’autres secteurs. Au niveau du parc industriel par exemple, il y a des Chinois qui étaient déjà installés à Zanguéra qui ont marqué leur intérêt pour le Parc d’Akodessewa. Il y a également le CADFund, le Fonds de développement Chine-Afrique qui dit qu’il nous accompagnera, en mettant à disposition des ressources. Vous n’êtes pas sans savoir que le CADFund a été un des bras financiers de la construction du LCT (Lomé Container Terminal, ndlr).

Il y a aussi Afreximbank (la banque africaine d’import-export dont le président était également présent à Hangzhou, Ndlr) qui est prête à accompagner le Togo.

Concrètement, sur le plan financier, les banques et les institutions sont prêtes à financer et accompagner les investisseurs chinois qui veulent investir au Togo. 

Togo First : Le moteur du PND est le secteur privé. Comment comptez-vous fédérer investissements privés étrangers et locaux pour la réalisation de ce programme sans faire de frustrés ?    

SAJ : Je pense qu’on ne fera pas de frustrés parce que je suis très heureuse de réaliser qu’il y a aujourd’hui plein de Togolais du secteur privé qui travaillent déjà en partenariat avec des investisseurs étrangers. Nous avons remarqué qu’il y en a plein. Ce nouveau paradigme sera sans doute pour eux, plutôt une opportunité parce qu’à ce stade, ils bénéficient plus que jamais de l’accompagnement de l’Etat.

Il y aura des mécanismes qui seront mis en place pour faciliter la mise en œuvre de ces projets qui seront identifiés. Ces opérateurs togolais qui ont envie de faire affaires mais qui n’avaient pas la facilité de nouer des partenariats à l’extérieur, ce sera plutôt plus facile pour eux de le faire maintenant, en Chine.

Togo First : Des investisseurs togolais ont-ils pris des contacts?

SAJ : La question leur sera posée. La dernière fois, le président chinois l’a bien dit lors du forum (Focac, ndlr). Ce sera un partenariat gagnant-gagnant, un partenariat respectueux. Donc si je comprends bien l’expression partenariat gagnant-gagnant et respectueux, cela veut dire que, de la même façon que les Chinois peuvent investir au Togo, les Togolais pourront aussi, s’ils ont la possibilité, pourquoi pas, investir en Chine. 

Togo First : En tant que Chef de la Cellule Climat des Affaires, quelles sont les mesures que vous prévoyez de mettre en œuvre dans les jours à venir pour améliorer davantage l’environnement des affaires ?

SAJ : Le travail qui a commencé va se poursuivre. Aujourd’hui dans notre plan d’actions, nous avons une activité qui porte sur la mise en place de l’agence de promotion des investissements de la zone franche. Elle sera la vitrine qui va faciliter l’accès aux structures étatiques et aux départements qui sont en charge de la mise en œuvre des projets.

Nous pensons pousser pour que cette structure soit rapidement mise en place. Le Togo a l’un des codes d’investissements les plus attractifs de la sous-région et pour ce qui est de la mise en œuvre, nous essayons de mettre des mécanismes en place.

Le ministère des finances vient d’avoir l’autorisation de pouvoir gérer le volet « agrément ». Du coup, nous pensons que ce problème est déjà résolu.

Nous avons aussi le code du travail qui est performant mais nous avons fait des recommandations pour le rendre encore plus attractif.

L’investisseur, c’est aussi bien le cadre fiscal. Le ministère des finances, via l’OTR, vient d’apporter un nouveau code des impôts, qui réduit considérablement le nombre d’impôts, pratiquement de moitié. Et nous poussons pour que dans les prochains jours, le parlement puisse adopter ce nouveau code.

Il y a également le nouveau code des douanes et le nouveau code foncier, plus adaptés à la réalité économique actuelle, ainsi que la loi sur les énergies renouvelables.

C’est autant de facilités qui sont prévues pour mettre l’investisseur chinois ou étranger en confiance et conforter nos opérateurs économiques locaux. 

Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo, à Hangzhou 

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