Icare qui veut voler tout près du soleil. C’est l’image qui vient à l’esprit lorsqu’on échange avec Baga Kossivi, promoteur et directeur général de Veso, le Village d’énergie solaire. Rares sont en effet les jeunes entrepreneurs togolais qui s’attaquent aux questions des énergies renouvelables au point de se proposer comme solution alternative, puis comme complément aux services proposés par l’Etat. C’est pourtant ce défi, en apparence fou, que s’est lancé le jeune promoteur, titulaire d’un BTS en électronique, option énergie, qui s’est par la suite renforcé dans les énergies renouvelables. Préoccupé par la question de l’électricité au Togo, il s’inscrit au programme d’appui du Faiej et participe à des concours qu’il remporte pour la plupart, au point de représenter le Togo à l’extérieur. Dans son plan d’ascension, il finit par monter sa structure. Togo First l’a rencontré lors de la tournée ministérielle organisée il y a quelques semaines par les ministres en charge de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes ainsi que celui de la Communication. Fiat Lux ! (Que la lumière soit !)
Togo First : D’où vous est venue l’idée de monter le village solaire ?
Baga Kossivi: Après mes études, j’ai commencé dans une toute petite boîte en tant que stagiaire. J’ai été embauché et j’ai connu une belle progression. Stagiaire, technicien puis chef technicien, directeur technique après et enfin directeur technico-commercial. Il n’y avait plus de poste à prendre au-dessus à part celui du directeur général… Or je voulais passer à cette étape-là. Donc il fallait créer ma propre structure. Après six ans donc, j’ai eu une discussion avec mon supérieur, au cours de laquelle je lui ai fait part de mon projet de lancer ma propre boîte. Il a été compréhensif et je suis donc parti. Pendant mes deux dernières années de travail là-bas, j’ai commencé à mettre Veso en place à la maison, parce que je voulais faire un truc qui innove et qui aide en même temps…
Et une fois parti, j’ai ouvert la structure. Je le précise, j’ai mis la structure en place, avant de chercher le financement. On ne cherche pas le financement d’abord avec l’idée de créer la structure après. Mes jeunes frères commettent ces erreurs aujourd’hui et connaissent des difficultés dans la mise en place de leur structure. Même si leurs idées et projets sont bons. J’ai monté Veso et j’ai pu avoir une idée de mes besoins, des conséquences que telle action engendrerait et ainsi de suite.
La recherche des clients est allée vite parce que dans le domaine, la demande est forte.
Il n’y a presque pas d’électricité après Mission Tové et dans certaines zones alentours, or ce sont ces nouveaux quartiers qui abritent de nombreux salariés et de nombreuses personnes qui ne peuvent pas vivre en ville, vu qu’il n’y a plus de place ou que le loyer y est cher.
Si nous analysons la couverture énergétique sur l’étendue du territoire, vous remarquez que c’est dans les villes que l’électricité se trouve. Et encore. Même les nouveaux quartiers périphériques de Lomé n’ont pas accès à l’électricité. Et c’est difficile pour les populations de vivre au quotidien. Quand on sait que l’énergie joue un grand rôle, si ce n’est le premier moteur du développement d’un pays, cela interpelle. Quand on regarde également les statistiques nationales, près de 60% de la population n’a pas accès à l’électricité.
C’est eu égard à tout cela que je me suis dit que si on a une alternative qui est le soleil, qui nous est offerte gratuitement, pourquoi ne pas la proposer aux couches de populations vulnérables qui vivent dans les zones les plus reculées ? Surtout lorsqu’on sait que ces populations n’ont aucun accès à l’électricité. C’est alors que je me suis lancé dans la mise sur pied de cette structure qui visait principalement à servir les plus défavorisés en leur proposant de l’énergie solaire.

T.F : Comment les populations ont-elles réagi à votre alternative qu’est l’énergie solaire?
B.K : Positivement. La question de l’énergie concerne tout le monde. Même ceux qui utilisent l’électricité sont concernés par les autres alternatives, pourvu qu’elles soient plus économiques et pas néfastes pour la santé. Donc je n’ai pas eu de difficulté à expliquer ou convaincre les gens avec le sujet. J’ai mis beaucoup de temps à parcourir le terrain et réaliser des sondages, d’autant plus que j’ai eu à travailler dans ce domaine dans une entreprise de la place qui évoluait sur le terrain. J’ai évalué les avantages et l’impact que cela pouvait avoir sur les populations. Donc je peux dire que j’ai eu mes clients avant de démarrer mon entreprise.
T.F : La visite du binôme ministériel chez vous signifie que vous avez bénéficié d’un soutien de la part des institutions de l’Etat. Comment cela s’est-il fait ?
B.K : J’ai été très ébahi lors de leur visite de la dernière fois. Tout ce qui me venait à l’esprit est que Veso a fait se déplacer deux ministres. J’ai été extrêmement ravi de les voir venir s’enquérir de la progression de nos activités.

Maintenant, pour revenir à la question des financements reçus, je voudrais d’abord remercier avant tout, l’Etat Togolais qui, par le canal du ministère du développement à la base, soutient les entrepreneurs togolais et les aide à monter leurs projets. Veso est parti de rien du tout. Je n’avais pour allié que le soleil.
J’ai démarré en janvier 2014 et, dans mes recherches de financement, je suis tombé sur le ministère du développement à la base par le biais du Faiej. Cette année, il était organisé des ateliers de formation, qui visaient à permettre aux jeunes entrepreneurs de rédiger un plan d’affaires. Pour la petite histoire, c’est lors de cette formation en Mars 2014 que j’ai entendu pour la première fois les mots « Plan d’affaires ».
On nous avait informés qu’on sélectionnerait les meilleurs projets qu’on enverrait sur un autre programme à portée internationale. A la fin de la formation, on nous a accordé un temps pour rédiger nos projets, ce que j’ai fait et déposé au niveau du Faiej. C’est après que j’ai appris que mon projet avait été retenu parmi les meilleurs et avait été envoyé sur le plan international. A ce niveau, on ne parle plus de crédits à accorder, mais de subventions.
Nous étions 10 sélectionnés et c’est là que Veso a été choisi comme meilleur projet de l’année 2014, ce qui nous a permis de bénéficier de la subvention PPEJ, l’ancien Fonds d’Insertion des Jeunes, à hauteur de 1 800 000 Fcfa en Décembre 2014.
T.F : Vous avez été lauréat de plusieurs concours et avez pris part à de nombreux évènements qui ont renforcé votre crédibilité au Togo comme à l’extérieur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
B.K : Le premier motif de satisfaction est venu avec le Prix PPEJ en 2014. Nous étions plus de 3000 jeunes en formation à l’ENI de Notsè, tous porteurs d’un projet. Le simple fait que Veso ait été déclaré 1er, m’a tellement apporté de joie et de volonté que j’ai décidé de pousser un peu plus loin.
Après cela, nous avons participé au concours du meilleur projet vert, toujours organisé par le ministère du développement à la base par le biais du Faiej et du Pradeb, où nous avons occupé la deuxième place. Nous avons été également 1er prix national et 3ème prix international du « Meilleur Entrepreneur PPEJ » 2016.
Sur le plan international, la cellule ECREEE, qui s’occupe des besoins énergétiques de la zone Cedeao nous a invité pour un renforcement de nos capacités dans le domaine, au Burkina, au Ghana et au Cap-Vert. Après cette série de formations, la cellule a organisé un concours à l’endroit des jeunes qu’elle avait formés, dans le courant 2016, concours où nous avons également remporté le premier prix. Ce sont ces succès rencontrés qui nous ont rendu plus forts et ont conforté notre vision d’avancer et d’aider les autres.
Parlant d’aide, il y a un adage qui dit que « lorsqu’on t’aide à te lever et que tu es debout, tu dois aussi aider un autre à faire pareil. » Nous avons formé à Veso, 145 étudiants. Certains se sont lancés dans leur propre structure et d’autres peinent encore à y arriver. Ce qui est tout à fait normal, parce que le chemin de l’entrepreneuriat est très long et pas facile. Mais à force de persévérance, on finit par y arriver. Nous avons installé sur le territoire près de 13 000 lampadaires solaires qui visent à réduire la consommation électrique et à éclairer les coins les plus reculés.

T.F : Que fait Veso concrètement aujourd’hui ?
B.K : A ses débuts, Veso était dans l’étude, la vente et l’installation des équipements solaires. De nos jours, on a grandi. Veso est devenue une Sarl (société à responsabilité limitée). Nous avons quitté l’étape Etablissement pour être une société en bonne et due forme.
Nous avions lancé un appel pour avoir des souscriptions de parts et on en a reçu énormément, mais nous nous sommes juste arrêtés sur 3. Nous avons donc des associés aujourd’hui et c’est devenu plus sérieux.
Pour donc répondre à la question, nous faisons dans le solaire en général. Tout ce qui se rapporte au solaire. Que ça soit l’installation, l’éclairage, public ou pas, le froid associé au solaire ou encore le pompage d’eau également associé pour les mini-adductions d’eau photovoltaïques. Nous installons des kits, des mini-kits et des mini-centrales. Tout dépend du nombre de ménages ou de clients.
Nous faisons de la formation dans le domaine et nous allons sur des projets photovoltaïques. A part cela, Veso s’est spécialisée aussi dans l’électricité-bâtiment. Câblages électriques pour les grands immeubles entre autres. Nous sommes aussi dans la perforation de nappes phréatiques.
D’ici à deux ans, Veso sera équipée de ses propres machines de perforation et nous pourrons alors nous porter sur le marché plus sereinement.

Nous travaillons avec des partenaires comme Yandalux en Allemagne (spécialisé dans l’électrification rurale, le solaire thermique, l’éclairage solaire, etc…) et le groupe chinois Sunny International Power Corp (fabricant de panneaux photovoltaïques).
T.F : Le Togo a récemment initié une table ronde des bailleurs de fonds, pour le lancement de sa stratégie d’électrification, rencontre à laquelle a participé l’envoyée spéciale de l’Alliance Solaire Internationale, Ségolène Royal. Que faites-vous à votre niveau pour participer à cette stratégie ?
B.K : Nous avons aussi participé à cet évènement que vous avez évoqué tout à l’heure, étant donné que nous intervenons sur le plan national sur la question énergétique. Nous avons fait quelques propositions et avons rencontré des bailleurs afin de travailler de concert pour parvenir à cet objectif cher au Chef de l’Etat et au gouvernement. Nous agissons sur le contrôle qualité. Nous aidons les clients à installer le solaire chez eux car ils ont divers moyens de se le procurer. Nous agissons en fonction des besoins du client et nous faisons tout ce que nous pouvons pour le satisfaire et faire en sorte que la lumière soit chez lui.
Nous agissons en compléments de la Ceet (la Compagnie nationale énergétique). Quoi que l’on dise aujourd’hui, il sera difficile pour la Ceet de couvrir l’intégralité du territoire national du jour au lendemain. C’est là que nous intervenons. Nous sommes là pour pallier les limites de la Ceet pour le moment, et c’est réciproque. Le solaire, en tant qu’alternative, n’est pas non plus une fin en soi. Il a aussi ses limites.
T.F : Quelles sont vos ambitions ou vos perspectives sur les 5 ou 10 prochaines années ?
B.K : Asseoir Veso avec une unité de production des panneaux solaires. C’est notre première vision. C’est ce qui nous a poussés à avoir une relation avec un partenaire. Nous sommes en train d’étudier les moyens de fabrication de panneaux au Togo. Cela fera baisser les coûts et engendrera une forte consommation du produit.
Après cela, nous prévoyons d’installer d’autres unités de productions de batteries, de régulateurs, etc… Bref tout ce qui est nécessaire pour notre travail. L’idée est de faire en sorte que Veso soit une référence dans la sous-région en élargissant son champ d’action.
Tout le monde a besoin de l’électricité. Après l’eau, c’est l’électricité, et elle est le moteur de tout développement. Nous sommes en bons termes avec les autorités chargées de la question énergétique au Togo et je pense qu’ensemble, nous pourrons gagner ce pari.
Propos recueillis par Octave A. Bruce (Stagiaire)
L’espace culturel Level organise du 27 au 30 août 2018 dans la capitale togolaise, une formation en recyclage de pneus. L’idée, est de faire de l’art, en y intégrant les préoccupations environnementales, notamment la protection de l’environnement.
La formation permettra aux participants d’acquérir des connaissances en techniques de recyclage de vieux pneus et de transformation en tables et chaises. Il y aura également l’art pneumatique.
L’espace culturel Level, anciennement appelé « Fil Bleu Aréma », est un cadre dédié à des spectacles, des rencontres culturelles et à des ateliers de formation dans les métiers de la culture.
En marge des activités marquant la célébration de la Journée Internationale de la Jeunesse ce jeudi 16 août 2018 à Lomé, le Coordonnateur Résident du Pnud, Damien Mama (photo) et la ministre en charge de la jeunesse, Victoire Tomégah-Dogbé, ont procédé au lancement de la première édition du concours « J’NOV pour les ODD ».
Ce concours, destiné à tout Togolais de 16-35 ans, est une initiative du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud). Il se déroulera en collaboration avec le ministère chargé de la jeunesse et le Conseil National de la Jeunesse. Un fonds de 50 millions de Fcfa, financé conjointement par le Pnud et le ministère chargé de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, sera investi dans les 10 meilleurs projets. Il encourage les initiatives émanant des jeunes filles et vise principalement à « susciter l’audace, la créativité, la vitalité et l’imagination des jeunes pour générer des solutions afin de répondre aux défis de développement durable au Togo », a indiqué face aux médias, le représentant onusien.
Et d’ajouter, au moment de justifier le choix du Togo pour abriter cette première édition du concours sur les Objectifs de Développement Durable : « le Togo est un exemple en la matière. C’est le seul pays qui a présenté de façon consécutive sur trois ans, son rapport sur les Odd ; les Nations Unies ont pris le Togo comme pays pilote à cause de l’engagement des hautes autorités de ce pays ».
Les ODD, au nombre de 17, sont des objectifs mondiaux que des Etats se sont engagés à atteindre d’ici à 2030. Ils couvrent tous les domaines d’action de développement, destinés à venir en aide aux plus vulnérables.
Suite à l’élection de Madame Evelyne Hohoeto à l’un des cinq (05) postes très convoités de magistrat de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), Pius Agbétomey, Garde des Sceaux, Ministre togolais de la justice, Chargé des relations avec les Institutions de la République, s’est entretenu, le jeudi 16 août 2018, avec les médias.
T.F : Monsieur le ministre, une Togolaise à la cour commune de justice et d’arbitrage de l’OHADA, que ressentez-vous ?
P.A : C’est un honneur pour notre pays, c’est une fierté, je crois, qui doit être partagée par tous les Togolais de voir une de leurs compatriotes élue à la CCJA de l’Ohada qui a son siège à Abidjan en Côte d’Ivoire.
Pour nous, c’est une première dans la mesure où, jusqu’ici, aucun Togolais n’a eu à siéger au sein de cette cour commune de justice qui est la plus haute instance judiciaire de l’institution. Si aujourd’hui le Togo a pu avoir cette place, je pense que c’est pour nous, un sujet de joie et un honneur pour notre pays. Je voudrais indiquer que le Togo a contribué à asseoir l’Ohada dans la mesure où dès sa création, le premier secrétaire permanent de cette institution fut un Togolais, le deuxième aussi. Ce n’est qu’à partir d’un certain moment et compte tenu du changement des règles que le pays a perdu sa place sur cet échiquier. Mais aujourd’hui, le Togo rebondit et c’est la raison pour laquelle nous allons continuer à jouer le rôle que dès le départ, nous avons commencé à assumer dans le rayonnement de cette institution régionale.
T.F : Que formulez-vous comme souhait pour sa mission ?
P. A: Je connais le juge qui est élu à cette cour, c’est une haute magistrate de notre institution judiciaire togolaise. Elle fut à la Cour Suprême de notre pays pendant quelques temps avant d’être élue à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’Ohada. Elle a occupé le poste de Secrétaire Exécutif de la commission nationale de l’Ohada de 2012 à ce jour. C’est donc une femme rompue à la matière qui a toujours été l’expert du Togo quand les réunions des conseils des ministres devaient avoir lieu et qui maitrise parfaitement sa matière. Nous avons confiance en elle et nous savons qu’elle fera un bon travail au sein du collège des autres juges des pays qui sont représentés au sein de cette cour.
Propos recueillis par Caleb Akponou (Stagiaire)
Nommée en novembre 2017 parmi les 5 juges devant siéger à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), Evelyne Hohoueto, haut magistrat, Secrétaire exécutif de la Commission nationale-Ohada a accordé, le jeudi 16 août 2018, une entrevue aux gens de médias, au ministère de la Justice. Togo First a recueilli ses propos.

TF : Vous êtes récemment élue magistrat à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA (CCJA). Comment s’est déroulé le processus de désignation sur la « short list » des nouveaux magistrats de cette juridiction?
E.H : D’abord, je remercie le Chef de l’Etat d’avoir permis au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice de présenter ma candidature lorsque le poste de juge a été ouvert à la CCJA. Nous étions treize (13) candidats et cinq (05) ont été retenus parmi lesquels ma personne. Nous avons donc été élus par le Conseil des ministres de l’Ohada, tenu les 23 et 24 novembre 2017 à Conakry en Guinée et, à la suite, nous avons prêté serment le 28 juin 2018 à Abidjan, suivi de notre prise de fonction.
TF : Quelles sont, à ce titre, vos principales attributions ?
E.H : Je précise que c’est une sélection des candidats et il ne peut pas y avoir plus d’un candidat d’une même nationalité. La cour représente l’instance judiciaire suprême de l’Ohada qui sert de cour de cassation ou de cour suprême commune à tous les 17 Etats membres. Donc le rôle des juges qui composent la cour est de former la jurisprudence de l’Ohada et c’est notre mission principale. Cette jurisprudence a pour but d’harmoniser les textes et les pratiques au sein de l’Ohada qui participe grandement à l’amélioration du climat des affaires dans les Etats et les rend attractifs aux investisseurs. La CCJA intervient donc, lorsque deux parties sont en litige dans une matière du droit des affaires, par exemple en droit des sociétés. Dans ce processus judiciaire, lorsqu’une partie n’est pas satisfaite en première instance et qu’elle va en appel, elle ne peut plus former un pouvoir au niveau de la cour suprême ou de la cour de cassation nationale, elle porte donc l’affaire à la CCJA qui est un organe très important dans l’élaboration du droit Ohada.
T.F : Vous êtes la première dame élue venant du Togo, donc c’est un honneur pour vous et également pour le Togo…
E.H : Evidemment, c’est un honneur pour mon pays et pour moi-même d’avoir été choisie, sélectionnée et élue. Je vais représenter le Togo avec beaucoup de fierté et beaucoup de dynamisme pour toujours faire honneur au pays.
T.F : Quel sera la durée de votre mandat au sein de cette institution judiciaire communautaire ?
EH : Le juge est élu pour 7 ans non renouvelables, donc je suis à la cour pour 7 ans.
TF : Avez-vous déjà déposé vos valises à Abidjan ?
EH : Je réside à Abidjan depuis le 28 juin 2018 où j’ai prêté serment.
TF : Votre mot pour conclure cet entretien ?
E.H : Mon pays a toujours contribué au rayonnement de l’Ohada. C’est le Togo en sa qualité de secrétaire permanent qui a monté tout cet échafaudage de l’Ohada, ses premiers moments et qui représente également un fidèle contributeur de son rayonnement. Je suis fière de représenter le Togo, parce que j’ai derrière moi le pays et également la rigueur des Togolais en ce qui concerne le travail bien fait.
Propos recueillis par Caleb Akponou (Stagiaire)
Le Togo a enregistré l’arrivée d’une nouvelle compagnie, Overland Airways. Celle-ci devra assurer 4 fois par semaine des liaisons avec la capitale togolaise à partir de Lagos via Cotonou, en un temps plus court. La compagnie annonce ses couleurs dans le ciel togolais, après son vol inaugural effectué le 12 aout dernier.
Cette amélioration des capacités de desserte des deux capitales sous régionales vise à « offrir des choix aux clients » et à « contribuer à l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest », a indiqué Aanu Benson, directrice des opérations d’Overland Airways. La compagnie nigériane, qui a été créée en 2002, desservira Lomé, les lundi, mardi, jeudi et dimanche, avec une escale obligatoire à Cotonou.
« Nous voulons faire profiter aux voyageurs de la région, des excellents services que nous offrons ; c’est une expression de la reconnaissance de l’aviation nigériane en Afrique de l’Ouest », a également ajouté la responsable de la compagnie qui dispose d’une flotte de 8 avions modernes de dernière génération.
Le Colonel Lama Gnatta, patron de l’aviation civile togolaise, s’est, pour sa part, félicité de la création de cette nouvelle liaison qui va favoriser « le développement économique et faire venir plus facilement les hommes d’affaires ».
Overland Airways, membre de l’IATA (Association Internationale du Transport Aérien), est l’une des 8 principales compagnies aériennes nigérianes. Elle a effectué en 2017, un trafic intérieur national de 7 646 600 passagers.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a lancé, ce jeudi 16 août 2018, un avis à manifestation d’intérêt pour la sélection des entreprises de l’UEMOA désireuses d’intégrer les cohortes de formation.
Le Programme ELITE est un programme international développé par le London Stock Exchange Group (LSEG), en 2012, pour aider les PME à préparer et à structurer la prochaine étape de leur croissance à travers l'accès à des opportunités de financement à long terme. Pour ce faire une approche innovante a été adoptée comprenant un programme de formation, une période d’accompagnement, soutenue par des mentors, et un accès direct à la communauté financière par le biais d’une plateforme communautaire dédiée.
Pour rappel, les PME seront sélectionnées sur la base des critères suivants :
Les PME intéressées par ledit Programme, et répondant aux critères ci-dessus énumérés, sont priées de déposer auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie de leur pays ou des Antennes Nationales de Bourse (ANB), un dossier de candidature qui doit comprendre les pièces et documents suivants :
Les dossiers de candidature doivent être déposés aux lieux susmentionnés au plus tard le 31 août 2018 à 17 heures et porter la mention « Candidature entreprise – PROGRAMME ELITE BRVM Lounge ».
Le Programme ELITE pour les PME au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dénommé ELITE BRVM Lounge, a été lancé le 9 novembre 2017 à Abidjan par la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).
(*) Documents téléchargeables sur le site www.brvm.org
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a lancé un appel pour transférer aux agriculteurs africains les nouvelles technologies susceptibles de transformer la production agricole du continent. « Les technologies permettant de réaliser la révolution verte de l’Afrique existent, mais sont rangées au placard. Le défi réside leur vulgarisation auprès des millions d’agriculteurs », a indiqué M. Adesina.
Soulignant la détermination de la Banque à changer le visage de l’agriculture en Afrique pour libérer de nouvelles sources de richesse, le président a par ailleurs affirmé : « Il n’y a aucune raison que l’Afrique consacre 35 milliards de dollars par an à l’importation de produits alimentaires. Il suffit d’exploiter les technologies disponibles pour augmenter rapidement la productivité agricole et les revenus des agriculteurs, et de garantir des prix alimentaires accessibles aux consommateurs. »
Grâce à son initiative « Enable Youth », la Banque africaine de développement a déjà consacré, ces deux dernières années, près de 300 millions de dollars au développement de la prochaine génération d’agro-industriels et d’agriculteurs commerçants en Afrique.
« Avec l’arrivée des drones, des tracteurs automatisés, de l’intelligence artificielle et de la robotique, l’agriculture évolue », a souligné le président Adesina. « Il est plus que probable que les futurs agriculteurs resteront assis chez eux avec des applications informatiques utilisant ces drones pour déterminer la taille de leurs fermes, surveiller et guider l’épandage des intrants agricoles ou les moissonneuses-batteuses sans conducteur. »
Au Togo, les comptes publics notamment ceux des établissements publics, des fonds et d’organismes publics subventionnés sur la période 2018-2020, vont être passés au crible. Ces missions visent à mettre au goût du jour et, surtout, à s’assurer de l’efficience de la gestion des fonds par les organismes visés.
Elles devraient, en outre, permettre de s’assurer de ce que les ressources des entreprises ou établissements publics de l’Etat ont été utilisées conformément aux normes et principes de la comptabilité publique. Et, au surplus, de vérifier si les ressources obtenues de l’Etat sont réellement affectées à leurs fins et, si les biens pour lesquels les dépenses ont été faites, ont été acquis conformément aux procédures du code des marchés publics en vigueur au Togo.
Il en va de même pour les services fournis à ces organismes. Les missions d’audit devront s’étendre à la vérification de l’authenticité des pièces justificatives pour les opérations et, révéler la réalité des mouvements de comptes effectués par les entités citées, pendant la période sous revue.
L'Etat vise également, avec ces opérations, à évaluer le respect par les structures concernées, des procédures de préparation des états financiers, conformément aux normes en vigueur, entre autres.
A cet effet, l’Etat a lancé un avis à manifestation d’intérêt pour le recrutement d’un cabinet ou d’un consultant en charge de ces missions de commissariat aux comptes. Le processus d’évaluation des dossiers de candidature devrait être finalisé le 05 septembre 2018.
Séna Akoda
Progressivement, le Togo migre vers l’assurance santé pour tous. Quelques années après la mise en route du régime de l’assurance maladie obligatoire, des réflexions et démarches sont en cours pour tendre vers une universalisation de ce service au Togo.
Confiée à l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM), cette assurance, préalablement applicable aux agents du secteur public, est en train d’étendre son champ d’application. D’abord, en formalisant l’extension de sa couverture aux volontaires nationaux de compétence. Et, ensuite, en entrevoyant la possibilité d’une prise en charge du secteur privé.
Selon le n°1122 du journal « L’Union Pour la Patrie » paru hier, 14 août 2018, les responsables du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) et ceux de l’INAM ont exploré ensemble, lors d’une réunion de travail tenue le 24 juillet 2018, les pistes d’une extension des prestations de l’INAM au secteur privé. De cette rencontre, il est à retenir une annonce importante : une convention devrait être signée entre la structure en charge de la gestion de l’assurance santé obligatoire et le CNP-Togo « avant fin décembre 2018 ».
Cette convention devrait poser les bases d’une coopération renforcée entre les deux parties. Ces jalons se déclinent en trois objectifs : soutenir la promotion de l’INAM au sein des entreprises privées ; favoriser l’accès aux services de l’INAM ; et coordonner les actions de l’INAM auprès du secteur privé.
Dans cette optique, un comité de pilotage et une équipe projet regroupant les membres des deux institutions devraient examiner les modalités techniques et les implications financières de cette extension de l’INAM au secteur privé. A terme, espère l’INAM, le système devrait déboucher sur l’élargissement, voire l’universalisation de ses prestations.
Séna Akoda