Togo First

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Après une récente émission d’obligations assimilables du Trésor, sur le marché financier régional, couronnée par un taux de couverture de 85% sur un total de 20 milliards FCFA, le Togo revient le 31 août 2018 avec, en ligne de mire, ce même objectif : 20 milliards FCFA, qu’il espère mobiliser par obligations assimilables du Trésor.

C’est ce qu’indique l’agence régionale ouest africaine de planification de la dette UMOA-Titres à travers un avis d’appel d’offres publié en fin de semaine dernière.

Une fois encore, l’idée est de  mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales en vue d’assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat, gestion 2018.

Pour cette opération, la valeur nominale unitaire est fixée à 10 000 FCFA. Le taux d’intérêt applicable est fixé à 6,25%. Si les résultats de cette opération sont annoncés pour le 31 août prochain, la date de valeur des titres est, quant à elle fixée au 03 septembre 2018.

Stipulée pour une maturité de 36 mois, l’opération connaîtra son échéance le 03 septembre 2021. Selon l’avis d’appel d’offres, le remboursement des obligations devrait se faire le 1er jour suivant la date d’échéance.

Séna Akoda 

Rien ne prédestinait Atchabao Achad à l’entrepreneuriat, encore moins dans le domaine de la santé. Féru de TIC, le titulaire d’une Licence en Informatique Réseaux et Télécommunications, a eu un jour une rencontre qui le bouleversera au point de modifier sa trajectoire professionnelle.

Après bien de pérégrinations et le concours du Faiej, il lance en 2017 Togo Vie, une entreprise qui produit des infusions thérapeutiques connues sous la marque Africa Thé. Désormais il emploie 18 personnes et génère un chiffre d’affaires mensuel de 1 600 000 Fcfa, selon les informations du Faiej.

Togo First l’a rencontré à l’occasion de l’immersion ministérielle dans l’écosystème entrepreneurial de juillet 2018. Entretien.

Togo First : Comment est né « Africa Thé » ?

Atchabao Achad : J’ai commencé très tôt à chercher à travailler. Quand j’étais en deuxième année en informatique, je me suis fait des cartes de visite que je distribuais aux ONG, pour leur montrer mes talents en conception de site web. Donc j’ai décroché des contrats et j’allais souvent du côté d’une banque de la place pour y déposer de l’argent afin de racheter des domaines pour héberger les sites de mes clients.

Un jour à la banque, j’ai vu un homme âgé qui avait perdu l’usage d’une partie de son corps et qui se faisait aider par un jeune. Je l’ai observé pendant un moment et les difficultés qu’il éprouvait pour poser un pied après l’autre m’ont tellement marqué que je me suis approché du jeune. Je lui ai demandé de quoi souffrait le vieux et il m’a dit qu’il était hypertendu. J’ai eu peur.

Quand je suis rentré à la maison dans la soirée et que je me suis mis au travail, l’image du vieux en difficulté, revenait sans cesse dans mon esprit. La question qui me taraudait était : « Est-ce qu’un jour je peux aussi passer par là » ? J’ai donc consacré quelques minutes sur mon ordinateur à chercher des informations sur l’hypertension, tout ce qui l’entoure et comment faire pour l’éviter. Dans mes recherches, j’ai remarqué qu’il y avait un ingrédient qui revenait : l’ail.

Je suis allé sur les sites de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé, ndlr) et d’autres institutions qui œuvrent pour la santé et j’y ai pu lire que lorsqu’une personne consomme au moins une gousse d’ail chaque jour, elle pourra être épargnée de l’hypertension, du cancer ainsi que d’autres maladies.

Je me suis dit alors qu’il aurait suffi que ce vieux consomme régulièrement de l’ail et il n’aurait pas été dans cette situation. Je me suis demandé s’il le savait lui-même. Parce qu’il se peut que beaucoup de gens n’en aient pas connaissance.

Les jours suivants, j’ai réalisé un petit sondage pour demander aux gens s’ils étaient au courant des vertus de l’ail et s’ils savaient que l’ail pouvait les protéger de l’hypertension, par exemple. Force a été de constater que beaucoup de personnes, même les personnes malades, le savaient parfaitement et connaissaient toutes ses applications.

Pourquoi ne le consommaient-ils pas alors ? J’ai posé la question et pour la grande majorité des réponses que j’ai reçues, soit l’odeur de l’ail était trop forte et indisposait facilement, soit ils n’avaient pas du temps pour l’écraser chaque matin pour l’utiliser. Que faire pour amener les gens à consommer cet ingrédient ? Comment parvenir à le mettre dans le quotidien du Togolais ? 

Je rappelle que j’étais en deuxième année universitaire. A la fin de l’année, j’ai décroché un stage en télécommunications dans une structure de téléphonie mobile au Burkina.

Au Burkina, bien que j’allais au stage, la question était toujours là et je cherchais un moyen d’y répondre. Et un fait s’est présenté à moi : à midi, lorsque j’allais à la pause, je remarquais que tout le monde se dirigeait vers des sortes de kiosques où on vendait du thé. Ils raffolent extrêmement de thé et de café, quelle que soit la période de la journée. J’ai fini par m’habituer à force aussi et un jour je me suis dit que, vu la façon dont tout le monde prenait du thé, si on arrivait à mettre un peu d’ail dans chaque tasse, cela veut dire que chaque consommateur pouvait profiter des vertus de l’ail en même temps. Donc j’ai décidé d’explorer cette piste, quand bien même j’étais conscient que prendre quotidiennement du thé ne fait pas partie des habitudes du Togolais. Je me suis dit que ça va venir si on s’y essaie. Voilà donc comment est née et a germé l’idée de Africa Thé...

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T.F : Comment la transition « de l’idée à la réalisation » s’est-elle faite?

A.A : Dès que l’idée a germé, j’ai réfléchi à trouver une unité de transformation vu que je ne savais pas comment on faisait du thé.

J’ai cherché et trouvé une structure de transformation du thé Safari au Burkina et dont le promoteur a bien voulu me montrer leurs installations. Il était évidemment très surpris que quelqu’un en stage en télécommunications, s’intéresse d’un coup à la production de thé. Il m’a mis dans de bonnes conditions. Les soirées après le stage, j’étais là-bas et j’ai pu suivre pendant deux (2) mois comment ça se fait.

Quand je suis revenu à Lomé, j’avais cette chaleur en moi, parce que je savais comment faire maintenant pour sauver aussi les gens à travers cela. Du coup, j’ai fait des tests chez moi à la maison, avec de l’ail, parce que là-bas, j’ai suivi tout cela, mais je n’ai pas utilisé de l’ail pour le faire donc je ne pouvais pas être sûr totalement.

J’ai donc produit de petits sachets avec de l’ail selon les techniques apprises et je les ai distribués à des amis et des connaissances en leur disant de l’essayer. Je ne leur disais pas que c’était mes propres créations, plutôt qu’on me les avait offerts aussi. Les retours ont été très excellents et encourageants et c’est lorsqu’on a commencé à me presser de questions pour que je leur ai indiqué le fabricant pour passer éventuellement commande, que j’ai fini par leur avouer que tout avait été fait dans ma chambre à mon retour.      

J’ai appris que le Faiej aidait les jeunes à se mettre en place. Je leur ai expliqué l’idée, je me suis inscrit et je suis allé suivre une formation en entreprenariat qui m’a permis de mieux maîtriser les contours de l’activité entrepreneuriale. Après la formation, il fallait laisser un plan d’affaires, ce que j’ai fait. Mais avec la chaleur qui m’animait, je ne pouvais pas attendre le temps que le Faiej étudie nos dossiers. Parce que j’ai compris, lors de la formation, qu’un projet aujourd’hui n’est plus le même dans 6 mois. Donc, il me fallait le commencer à temps.

Avec l’argent que me rapportaient mes petites conceptions de sites, j’ai pu louer une pièce pour y installer ma petite entreprise. J’ai recruté une secrétaire et deux agents de productions. J’ai séparé la pièce pour aménager un petit bureau puis j’ai commencé à produire.

C’est de là que Togo Vie est parti. J’ai produit pendant près d’un an avec mes propres fonds. Les gens appréciaient et c’est ce qui m’a encouragé. Les retours dépassaient les attentes et y avait cette motivation qui m’a permis de continuer.

Avec le temps, j’ai été surpris de recevoir des messages du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, de gens qui ont dégusté mon thé et qui en demandaient en plus importante quantité. J’ai compris que c’était devenu grand le jour où j’ai reçu une commande de près de 2000 boîtes. Dans la foulée, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo m’a appelé et m’a envoyé au Sénégal pour aller représenter le pays à l’occasion des journées économiques et commerciales entre les deux pays. J’y ai décroché d’autres marchés qui ont révélé la nécessité de produire maintenant en grandes quantités.

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T.F : Vous n’avez donc pas bénéficié d’un accompagnement institutionnel ?

A.A : Si, bien sûr. Il fallait donc plus de moyens après avoir décroché les contrats. Je devais maintenant acquérir des équipements adaptés pour renforcer l’activité et produire plus. C’est là que je suis retourné vers le Faiej, vu que mon dossier y était toujours. J’ai également rencontré la Ministre du Développement à la base, Victoire Tomégah-Dogbé qui m’a recommandé à la directrice du Faiej. Tout s’est accéléré et j’ai pu bénéficier d’un financement de 2 497 500 Fcfa. Donc j’ai pu satisfaire la demande.

Nous disposons aujourd’hui d’un laboratoire dans lequel la partie la plus importante du travail se fait. Nous travaillons en partenariat avec un groupement de femmes de Badou (à l’intérieur du pays), qui nous envoie le gingembre et l’ail. Ici, les ingrédients sont soigneusement lavés, désinfectés broyés et séchés avec des machines, avant de passer au papier filtre. C’est tout un travail de longue haleine que nous faisons et qui nous est rendu un peu plus facile par les équipements dont nous disposons.

Aujourd’hui, je suis en train de multiplier les activités au sein de Togo Vie. Nous développons 3 marques : la marque Africa Thé qui comprend elle-même 3 variétés de thé, Ail-gingembre-citron, Adako et Artémisiane. 

Il faut préciser que ce n’est plus seulement de l’ail que nous utilisons, mais aussi du gingembre, qui a un grand pouvoir dans l’épuration du corps, et le citron qui n’est plus à présenter.

La boîte d’Africa Thé contient 25 sachets de thé prêts à consommer en infusion, sous forme de thé, avec du lait et du pain ou tout ce que vous voulez.

Elle se vend à 2000 Fcfa sur le marché. A sa sortie de chez nous, il coûte 1500 Fcfa. Nous travaillons avec les supermarchés, les pharmacies et toutes les structures chez qui nous l’écoulons, afin d’harmoniser le prix. Il ne faudrait pas qu’il soit plus cher dans certains endroits que dans d’autres.

La deuxième marque tire vers l’informatique, qui est ma formation de base. Je ne l’ai pas abandonné. Je suis en train de développer une application que je vais bientôt lancer.

Le troisième volet de notre entreprise consiste en une approche de solution que nous sommes en train de trouver pour les problèmes de peau des jeunes filles et des jeunes garçons. C’est un savon produit au Togo mais que nous appelons Brésilien, en référence à la très belle peau brésilienne.

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T.F : Comment se comporte la demande d’Africa Thé sur le marché togolais?

A.A : Nous ne sommes pas encore assez connus sur le plan national. La preuve, si nous sortons maintenant et que nous demandons à 3 ou 4 personnes, ce qu’est qu’Africa Thé, il sera difficile d’avoir des réponses affirmatives.

Comme je l’ai dit, il n’est pas dans les habitudes du Togolais de consommer régulièrement du thé comme cela se fait dans d’autres pays, mais je gage que cela viendra. Les retours sont encourageants. La production qui se fait dans nos laboratoires s’écoule toujours. Je n’ai jamais vu une production faire une semaine après sa mise en boîte depuis que j’ai lancé cette structure, donc cela nous rend optimiste quant à la suite. Nous exposons sur presque toutes les foires sur le plan national, les plus réputées surtout. Et c’est pareil à l’extérieur du pays. Nos produits ont été exposés au Burkina, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin, au Ghana et en France à plusieurs reprises par le biais du Faiej.

T.F : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans vos activités ?

A.A : Les difficultés d’avant ne sont plus celles de maintenant. Au début, la première difficulté était l’entourage qui ne comprenait pas ce que je faisais.  Cela ressemblait plus à une folie, surtout que j’ai une formation en informatique et que rien ne m’empêchait de chercher un métier dans ce sens. Actuellement, les difficultés sont financières. On a envie d’aller plus loin, mais il faut des moyens pour vulgariser le produit et il en faut encore plus pour le produire. Nous n’avons pas de difficultés techniques en tant que telle, vu que les machines dont nous disposons actuellement sont adaptées pour le moment à notre production. Bien-sûr que sur le long terme, il faudra penser à tout agrandir.

T.F : Parlant justement de long terme, quelles sont vos projections pour les années à venir ?

A.A : Parvenir à mettre notre thé dans toutes les boutiques, les pharmacies, tous les supermarchés et tous les endroits où on pourra en vendre. C’est à ce moment que nous estimerons avoir conquis le marché togolais. Ensuite, mettre Africa Thé partout en Afrique, dans tous les coins, même dans les villages les plus reculés pour essayer de sauver le maximum de gens. Avoir si possible des unités de productions dans tous les pays où ce sera possible. Nous en avons une seconde au Burkina Faso et on voudrait l’étendre aux autres pays.  

Je vais faire le lancement officiel de Africa Thé bientôt et j’espère qu’à travers cela, les gens s’intéresseront encore plus à ce produit qui peut facilement les prémunir contre cette maladie et toutes celles qui l’accompagnent.

Ce qui fait que ce thé que je produis à base de l’ail et du gingembre est apprécié est que les gens ont connaissance des vertus de ces ingrédients. C’est comment l’utiliser ou le prendre pour se prémunir qui est la principale difficulté. Maintenant que quelqu’un se propose de leur offrir une façon de le prendre et qui plus est, agréable, c’est plus facile.

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T.F : Si vous avez un pouvoir décisionnel, quelles seraient vos priorités ?

A.A : J’aimerais bien que l’entrepreneuriat soit inclus d’une façon ou d’une autre dans les écoles. Si les enfants sont au courant de la chose entrepreneuriale, les idées muriront plus facilement et ils auront tout le temps de les peaufiner et de les adapter aux besoins de la société en grandissant.

Je ferai également en sorte que l’on encourage la promotion du Made in Togo un peu partout sur le territoire, dans les écoles surtout et les marchés. Il faut que les gens consomment ce que nos entrepreneurs fabriquent ici. Cela les boostera et les poussera à être plus compétitifs et à rechercher l’excellence.

Je prends l’exemple des jus de fruits que les jeunes produisent. S’il y avait une politique qui leur permettait d’écouler ces produits dans les cours de récréation, dans les centres d’apprentissage ou encore dans tous les lieux d’affluence, cela donnerait un bon coup de fouet à l’entrepreneuriat togolais.

Nous utilisons beaucoup de produits aujourd’hui sans savoir si on se soigne ou si on se tue. Autant miser sur les produits que nous avons sous nos yeux et à portée de nos mains.

Togo Vie est parti sur un objectif simple au départ : résoudre ce problème de santé qu’est l’hypertension principalement, que les populations togolaises rencontrent. Problème auquel on n’a jamais apporté de solution à la base. Tout est parti de ce constat et aujourd’hui nous essayons d’apporter notre plus pour combattre toutes ces petites maladies de façon thérapeutique.

 

Propos recueillis par Octave A. Bruce       

Dans la perspective du sommet du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (Focac), auquel il prendra une part active, le Chef de l’Etat, SEM Faure Essozimna Gnassingbé a accordé une interview à la chaîne chinoise CGTN. Dans cet entretien diffusé jeudi 23 août 2018, le N°1 togolais apprécie hautement les relations sino-togolaises au cours des quatre décennies et assure que le sommet sino-africain va insuffler une nouvelle dynamique au partenariat entre le Togo et la Chine.

Entretien.

CGNT : Excellence Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir accepté notre interview. L’aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé a été mis en service depuis deux ans, quels sont les impacts de cette infrastructure sur la vie de la population togolaise ? En outre, a-t-elle donné une impulsion aux échanges commerciaux entre le Togo et la Chine ?

SEM F.E.G: Je vous remercie d’avoir bien voulu nous interviewer et de commencer par un sujet qui fait un peu la fierté des Togolais, puisque les Togolais sont fiers de cet aéroport. Je voudrais avant tout, saluer la qualité de la construction de cet aéroport. Je crois que c’est un bel aéroport, c’est un aéroport qui est efficace, qui est sûr et qui garantit toutes les formes de sécurité qui sont importantes aujourd’hui.

C’est un aéroport qui a aussi une vocation régionale, si vous regardez autour de nous, c’est probablement un des plus modernes aujourd’hui dans la sous-région et qui a un impact direct sur la vie des Togolais. Je peux dire que ceux qui en bénéficient le plus, ce sont essentiellement les voyageurs et ceux qui y travaillent. Est-ce que ça a donné une impulsion aux échanges entre la Chine et notre pays ? Je peux dire que c’est quelque chose qui évolue beaucoup.

Les échanges commerciaux entre la Chine et le Togo n’ont pas cessé de progresser et ils continueront. Mais si vous me demandez de savoir quand est ce qu’il y aura une ligne entre Lomé et la Chine, je peux vous dire que dans quelques années,  ce sera une réalité.

CGNT : La Chine et le Togo ont établi des relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies. Quel regard portez-vous sur le développement des relations entre nos deux pays au cours de ces dernières années et sur la coopération entre nos deux pays dans le futur ?

SEM F.E.G : Les relations entre la Chine et le Togo, vous l’avez dit, datent de 4 décennies. Il y a des choses et des constantes qui ne changent pas. C’est la fidélité dans l’amitié, c’est la confiance réciproque et c’est une entente sur les grandes questions qui concernent ce monde. Ça n’a pas  changé.

Ce qui a changé, je peux dire que c’est pour le meilleur, notamment dans le domaine économique. Elle a beaucoup changé en quantité, c’est-à-dire que c’est une relation qui est plus vigoureuse.

Les montants en jeu sont beaucoup plus importants et donc se sont adaptés aussi à la nature de nos besoins. Au fur et à mesure que la Chine a eu des moyens plus importants, elle a  accru également l’aide qu’elle apporte à la coopération qui existe entre elle et les pays d’Afrique en général, et le Togo en particulier.

Et puis récemment, ce qui me plaît dans l’évolution de nos relations, je vois qu’elle est de plus en plus axée sur les échanges entre les jeunes. Beaucoup de jeunes Togolais ont la possibilité d’aller en Chine soit pour se former, soit pour observer ou apprendre un peu des expériences qu’il y a dans votre pays.

CGNT : Quels types d’entreprises chinoises voulez-vous encore introduire au Togo ? Les investissements des entreprises chinoises ont-ils aidé le Togo dans son développement durable ?

SEM F.E.G : Les  investissements ont  aidé le Togo dans sa croissance et dans son développement. Mais vous savez que le développement, c’est un chemin qui ne s’arrête pas. Le progrès n’a pas de limite, pour l’instant. Il y a eu des progrès certes, mais on peut faire mieux. Nous savons qu’il y a des dizaines de millions d’emplois en Chine qui sont prêts à être délocalisés. Donc toutes les entreprises en Chine qui sont prêtes à être délocalisées sont toujours les bienvenues.

Si vous demandez les secteurs dans lesquels nous avons besoin des investissements, je vous dirai naturellement le secteur agricole parce que c’est le plus important de notre économie. Notre agriculture a besoin d’être modernisée et industrialisée, c’est ce qu’on appelle l’agro-industrie. Je dirai que dans ce secteur-là, nous avons besoin des entreprises chinoises.   

Comme vous le savez, le Togo, à l’instar d’autres pays africains, est un pays où il y a beaucoup de jeunes et aujourd’hui la jeunesse, sa première priorité, c’est l’emploi. Nous ferons tout pour attirer ces emplois-là.

CGNT : En septembre prochain, le sommet du forum sur la coopération sino-africaine se tiendra à Beijing. Vous allez y participer et y rencontrer le président chinois Xi Jinping.  Qu’attendez-vous de cette rencontre et quel impact pensez-vous que ce sommet aura sur les relations sino-africaines ?

SEM F.E.G : Je pense que ça va être un sommet important. Parce que quand nous regardons le monde aujourd’hui, il a évolué. Lorsque nous regardons le comportement de certaines puissances, ce comportement a changé. Le monde est devenu beaucoup plus imprévisible aujourd’hui.

Je pense que pour de vieux partenaires, alliés et amis comme l’Afrique et la Chine, nous avons besoin de maintenir la stabilité. Nous avons également besoin de confronter un peu nos points de vue sur les développements politiques et diplomatiques que nous voyons dans le monde. 

Il y a une tentation de la part de certaines puissances de faire des choses seules. Alors que nous, ce qui est la base de la relation entre l’Afrique et la Chine, c’est la concertation, et le souci d’avoir une coopération comme on dit, gagnant-gagnant. La Chine y trouve son intérêt et les Africains également.

Donc face à ce que l’on voit dans le monde, le terrorisme, les changements climatiques, je voudrais que nous puissions en parler avec le Président Xi Jinping, parce que je sais que son souci, comme le nôtre, est de préserver la paix, partout où elle est possible ; la rétablir là où elle est menacée et surtout promouvoir le multilatéralisme. Ça c’est sur les plans politique et diplomatique.

Sur le plan économique, nous pensons que nous allons pouvoir parler du grand projet chinois que je salue, la « Une ceinture, une route », et voir quelle place l’Afrique peut occuper dans ce grand projet, qui est ambitieux, généreux, et à mon avis, révolutionnaire. Parce que c’est rare de voir un pays, même si la Chine est aujourd’hui la deuxième puissance économique mondiale, entreprendre un projet d’une telle ampleur qui embrasse pratiquement tous les continents.

CGNT : Le prochain sommet porte sur l’initiative « ceinture et route » et s’engage à renforcer la communauté de destin entre la Chine et l’Afrique. Quelles opportunités l’initiative « ceinture et route » peut-elle apporter à la coopération sino-africaine et comment constatez-vous la communauté du destin commun pour l’humanité, l’idée proposée par le président chinois Xi Jinping ?

SEM F.E.G : D’abord je salue cette idée et je fais le lien entre les deux. Parce que quand vous observez la mondialisation aujourd’hui, le vrai problème est l’accroissement des inégalités. Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres sont de plus en plus pauvres. Et quand il y a de telles inégalités, de telles différences, comment peut-on parler de communauté de destin ? C’est pour ça que je salue « une ceinture, une route ».

Il s’agit de créer les conditions pour que ceux qui sont les plus défavorisés puissent aussi avoir accès à une forme de prospérité et puissent sortir de l’état de pauvreté qui est le leur. J’ai aussi récemment lu le livre du président Xi Jinping sur la manière de combattre la pauvreté. Donc je vois que c’est un souci que nous partageons ensemble.

Si le monde tel qu’il fonctionne aujourd’hui doit continuer ainsi, on ne pourra pas parler de communauté de destin.

Mais la communauté de destin ne peut pas être seulement un slogan. C’est d’abord l’action. Et je crois que cette action, c’est le projet « une ceinture, une route ». Donc moi je fais le lien entre l’idée d’une communauté de destin et le projet « une ceinture, une route ». Maintenant, mon souhait, comme je l’ai dit tantôt, est que l’Afrique, qui est un continent d’avenir, puisse profiter et mériter la part qu’on lui attribuera dans ce grand projet.

Notre première ambition, c’est de faire taire les armes sur le continent africain. Donc c’est la paix. Et s’il y a la paix, le reste est permis.      

Les tourments de 2016 semblent désormais un mauvais souvenir pour Ecobank, ou presque.

Le groupe bancaire panafricain basé à Lomé poursuit sa remontée, en témoigne ses performances de la première moitié de cette année. Pour le premier semestre s'achevant au 30 juin 2018, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) annonce un résultat net de 168,5 millions $, contre 123,4 millions $ à la même période en 2017. Une hausse de 37%.

Selon le directeur général Ade Ayeyemi, le bénéfice avant impôts s’est établi à 213 millions $, en hausse de 41% par rapport à la même période, il y a un an. 

Bien que cette performance masque une certaine fébrilité, notamment une baisse de 3% du bénéfice d’exploitation hors provisions (gain d’Ecobank en liaison avec ses activités ordinaires), le groupe peut se satisfaire d’une trésorerie en nette amélioration. Au cours des six premiers mois de cette année, la trésorerie s’est renforcée de près de 341,03 millions $. Au regard des conditions tendues des marchés émergents dues aux stridulations de guerre commerciale entre Donald Trump et la Chine, cette dynamique qui a permis de se passer d’une émission d’eurobonds prévue pour alimenter la banque en liquidités.

Au menu des éléments positifs de ce semestre, une amélioration des performances sur les segments des services, autres que la banque corporate et d'investissement, est à noter. On apprend que les activités de la holding, la filiale eProcess, la branche investissements et gestion des actifs, ou encore la banque à l'internationale basée à Paris, ont généré un bénéfice avant impôts de 112,3 millions $. 

Toutefois, les activités de trading, en berne avec une baisse des revenus nets sur ce segment de 17% à 192,4 millions comparativement à 232,6 millions $ au premier semestre 2017, ont été suffisantes pour saper une hausse de 11% des revenus provenant des frais et commissions et une amélioration de 3% des revenus d'intérêts perçus sur les prêts à la clientèle.

Cependant, selon une analyse de l’Agence Ecofin, certaines variables qui impacteront le résultat annuel consolidé, n’auraient pas été en prises compte dans ce tableau de mi-parcours. Il s’agit notamment d'une différence en perte de valeur de change de 74,4 millions $, d’une perte potentielle de 31 millions $ sur la valeur des instruments financiers qui figurent dans son portefeuille d'investissement. Avec l’intégration de ces paramètres sur le semestre, Ecobank sortirait avec un bénéfice de 63 millions, en chute de 77%, en comparaison avec les 274,3 millions à la même période en 2017. 

Fiacre E. Kakpo

Le secteur de l’artisanat a mobilisé pour son renforcement, un investissement de plus de 8,7 milliards FCFA d’investissements publics sur la période 2011-2017, indiquent les données publiées par le ministère en charge de ce secteur.

Dans le détail, sur la période sous revue, 3,8 milliards FCFA de crédits ont été mis à disposition des jeunes artisans dont 2,7 milliards FCFA octroyés aux jeunes à travers le produit « Accès des Jeunes aux Services Financiers » (AJSEF) ; 965 millions FCFA alloués à la réalisation de projets et 4 milliards FCFA au titre de kits d’outillage offerts aux jeunes artisans.

Avec ce financement, le secteur emploie plus d’un million de personnes et se positionne comme un grand pourvoyeur d’emplois. Il contribue, à ce titre, à hauteur de 18% à la formation du PIB au Togo et de 20% à la réduction du déficit de la balance commerciale.

Selon les données publiées, l’artisanat est un secteur qui attire de plus en plus de jeunes où, en moyenne, on enregistre   20 000 nouveaux diplômés qui sortent chaque année des centres d'apprentissage. A ce jour, le Système d’Information sur l’Artisanat (SIA) renseigne avoir enregistré 53 360 artisans.

Le ministère en charge de l’artisanat ambitionne de mieux professionnaliser le secteur et de doter le Togo d’entreprises artisanales compétitives reconnues sur le plan international et bénéficiant de mesures d’accompagnement adéquates. A cet effet, il a doté le secteur d’un plan quinquennal 2018-2022.

A terme, l’idée est de faire de ce secteur un moyen qui valorise notablement le patrimoine national et joue sa partition dans la croissance de l’économie nationale.

Séna Akoda

Le gouvernement a redéfini les attributions et le fonctionnement du ministère de l’urbanisme, de l’habitat et du cadre de vie.  Cette mesure a été rendue nécessaire par l’adoption le 14 juin dernier à l’Assemblée Nationale, du code foncier et domanial.

En effet, le nouveau code de 736 articles, dans ses grandes lignes, permet de mieux sécuriser la législation foncière au Togo en luttant contre la spéculation et l’expropriation, et en résolvant les problèmes de double immatriculation d’une même propriété, de construction dans une zone inondable ou encore le bradage des terres rurales.  

Il fallait donc, pour le gouvernement togolais, doter le ministère en charge de l’urbanisme, de l’habitat et du cadre de vie, « d’un cadre organisationnel et opérationnel adapté, permettant de mettre en application les dispositions du nouveau code foncier et domanial », afin de satisfaire non seulement les populations mais également les investisseurs privés et nationaux.

Le nouveau code foncier et domanial, élaboré en remplacement de l’ancien qui était vieux de quatre décennies, permet une plus juste interprétation des litiges fonciers au Togo. Il prend en compte les évolutions socio-économiques et culturelles du pays et propose également une série de solutions innovantes et justes pour le développement du secteur agricole. 

Ecobank International Incorporated (ETI), le groupe bancaire panafricain, dont le siège est à Lomé, la capitale togolaise, a annoncé mercredi 22 août 2018, une valse de nominations au sein de son organe exécutif interne.

Ainsi, le Togolais Paul-Harry Aithnard est porté à la tête de la plus grande filiale régionale (Uemoa) : Ecobank Côte d’Ivoire. En outre, celui qui assurait jusqu’à présent la direction de la division en charge des valeurs mobilières et de la gestion de patrimoine et d’actifs du groupe créé en 1988, prendra les rênes du cluster régional (Zone Uemoa formée des pays de l’Uemoa proprement dite et de la Guinée), vers la fin de cette année.

Le Groupe dirigé par le Nigerian Ade Ayeyemi, informe que cette dernière nomination prendra effet à partir de novembre 2018, date à laquelle l’actuel directeur régional, l’ivoirien Charles Daboiko, prendra officiellement sa retraite.

Paul-Harry Aithnard a rejoint la banque panafricaine en 2008 en tant que Directeur Groupe en charge de la recherche. Avant cela, le Togolais a officié chez « BBSP Investment Advisory ».

Le nouveau directeur de la filiale ivoirienne d’Ecobank est titulaire d’une Maîtrise en Finances, d’une autre en Histoire de l’Université Paris IV ainsi que d’un diplôme en Administration des Affaires.       

Le groupe bancaire a également annoncé les nominations avec effet immédiat, de la ghanéenne Joséphine Anan-Ankomah et du Congolais Yves Mayilamene, respectivement aux postes de Directrice Exécutive Groupe, Banque commerciale et Directeur Exécutif Groupe, Ressources Humaines.

Le Projet d’Infrastructures et de Développement Urbain (PIDU) vient de recevoir un appui important de la Banque Mondiale. L’institution dirigée par Hawa Cissé Wagué a signé hier 22 août 2018 à Lomé, un accord de prêt avec le Togo.

D’un montant de 30 millions $, soit 16 milliards FCFA, ce fonds servira à financer l’amélioration de l’accès aux infrastructures urbaines de base dans les villes de Lomé, Kpalimé, Tsévié, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong.

Le projet devrait, en outre, contribuer au renforcement de la capacité institutionnelle des villes concernées, en matière de planification et de gestion urbaine, a indiqué Sani Yaya, ministre togolais de l’Economie et des Finances.

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Cet accord de prêt est un concours de l’institution de Bretton Woods à la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND) 2018-2022. En effet, à l’instar de l’argentier du gouvernement togolais, la représentante-résidente de la Banque Mondiale au Togo a souligné que cet accord de financement entrait dans « la mise en œuvre du Cadre de Partenariat du Groupe de la Banque mondiale qui est fortement aligné sur les grands axes du Plan National de Développement, adopté le mois dernier par le gouvernement togolais ». Le projet devrait, selon les prévisions, arriver à terme fin décembre 2023.

Sous l’angle de l’environnement des affaires, ce nouvel accord de décaissement de fonds classe le pays parmi ceux qui ont une bonne signature. Il porte à 380 millions $ le montant total des investissements de l’institution financière internationale au Togo.

Séna Akoda

En fin de semaine dernière, un projet dénommé « Promotion de l’économie locale à travers la professionnalisation des producteurs pour la mise en marche des produits locaux et l’amélioration des recettes de la région Maritime » (PROMECO) a été lancé à Tabligbo (préfecture de Yoto située au Sud du pays).

Financé à hauteur de 100 millions FCFA sur deux ans par la commune de Tabligbo et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), entre autres, il vise à stimuler l’économie locale de six villages pilotes à travers le développement des activités agricoles et agropastorales, le renforcement de la consommation locale et la diversification des sources de financement.

Le projet s’intègre dans une composante locale du programme « Intégration des ODD dans les politiques et stratégies régionales, nationales et locales » de l’OIF. Selon les informations, il vise, à terme, l’amélioration des rendements des producteurs agricoles et l’adoption des pratiques agro écologiques aux nouvelles tendances alimentaires.

En ligne avec cette finalité, l’initiative comporte plusieurs volets, notamment l’accompagnement à la transformation des produits locaux, à l’accès au marché, l’amélioration de la disponibilité des produits alimentaires et la maîtrise d’ouvrage par les collectivités locales. Elle devra privilégier les filières manioc, maraîchage et pêche pour lesquelles des unités semi-modernes de transformation seront installées. Elle permettra, par ailleurs, de renforcer les capacités de production agricole et animale des acteurs agricoles dans le milieu.

Séna Akoda

A la fin de leur rencontre tenue dans la capitale togolaise, les députés du Comité Interparlementaire de l’UEMOA ont effectué le samedi 18 août 2018, une visite sur le site du Poste de Contrôles Juxtaposés (PCJ) de Cinkassé, informe l’agence togolaise de presse (ATOP).

Au cours de cette visite, les parlementaires ont eu à prendre connaissance des difficultés que rencontrent les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre quotidienne du projet d’interconnexion douanière entre le Togo et le Burkina Faso.

Pour ce faire, ceux-ci ont eu des séances de travail avec les différents corps de métiers représentés sur le site, notamment l’administration douanière du Togo et du Burkina Faso, les transitaires, les transporteurs et les services en charge de la sécurité.

Ces échanges leur ont permis d’envisager des solutions et ou / des pistes d’amélioration aux points de préoccupation soulevés. Le PCJ de Cinkassé, a indiqué Albert Mané, représentant-résident de Scanning Systems, société concessionnaire de l’UEMOA, est la phase pilote d’un vaste programme régional de facilitation des transports et transit inter-Etats au sein de l’espace communautaire. Toutefois, il est confronté à des difficultés de mise en œuvre.

Aussi suggère-t-il que les acteurs continuent de travailler avec la commission de l’UEMOA et les Etats afin de préserver ce dispositif. En réponse, Jérémie N’Gouan, président du CIP de l’UEMOA, a fait part de la volonté de l’institution qu’il préside de soutenir les efforts des partenaires clés du projet afin d’améliorer le fonctionnement du poste.

Séna Akoda

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