Le sommet conjoint des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao et de la Ceeac n’a seulement pas traité que des questions liées au terrorisme ou à l’extrémisme violent.
Outre ces problématiques sécuritaires, les dirigeants des pays issus des deux communautés, se sont également penchés sur les conflits violents entre éleveurs et agriculteurs qui menacent la stabilité transfrontalière.
Ainsi, « fortement préoccupés par la multiplication et l’étendue des conflits violents entre éleveurs et agriculteurs, les Chefs d’Etat et de gouvernement instruisent les ministres en charge de l’agriculture, de l’élevage et de la sécurité des deux régions, à engager des consultations régulières, avec la participation des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs ».
Cette recommandation permettra, selon les Chefs d’Etat, « d’identifier les mesures pour prévenir et gérer pacifiquement ces conflits » qui sont en partie liés « aux effets négatifs des changements climatiques », souligne le communiqué final.
Il a donc pour cela été demandé aux ministres concernés d’ «examiner les questions liées aux flux migratoires et aux changements climatiques dans l’espace commun et d’en faire rapport lors de leur prochain sommet ».
Le prochain sommet conjoint des Chefs d’Etat de la Cedeao et de la Ceeac est prévu pour 2020 et se tiendra à N’djaména au Tchad.
La Banque Mondiale va financer la création d’un centre de recherche agricole en Afrique de l’Ouest. C’est ce qu’a annoncé Pierre Laporte, le directeur des opérations pour le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée et la Côte d’Ivoire, la semaine dernière lors d’une conférence de presse à Abidjan.
La mise en place de cette infrastructure, qui coûtera 70 millions $ (39,39 milliards de Fcfa), devrait permettre aux pays de la sous-région de développer leur politique agricole.
A terme, le projet prévoit d’accélérer la modernisation du secteur et « la connectivité du paysan », à travers l’e-agriculture, qui vise à faciliter la visibilité physique comme virtuelle des fermiers. Ainsi, ces derniers pourront plus facilement vendre leurs récoltes en ligne.
Le projet taillera la part belle à la recherche afin d’aider « les pays de la sous-région à adresser des questions agricoles », a indiqué le responsable de la banque devant les médias.
La Banque Mondiale, dans sa politique d’appui au développement, intervient activement dans les secteurs clés de l’agriculture et aussi de l’éducation en Afrique, à travers le financement de plusieurs projets. Au Togo, l’institution de Bretton Woods, active sur plusieurs projets, prévoit à travers son nouveau cadre de partenariat 2017-2020, de renforcer son soutien à l’économie togolaise, notamment les secteurs porteurs comme l’Agriculture.
Au Togo, la culture du riz enregistre une embellie depuis une dizaine d’années. De 2008 à 2017, la production de cette céréale est passée de 85 637 tonnes à 140 519 tonnes. Soit une hausse de plus de 64%. Ce sont les chiffres rendus publics à la faveur d’une rencontre des acteurs du secteur, ouverte à Lomé le mercredi 31 juillet 2018.
Au cours de cette rencontre-bilan, ceux-ci ont également fixé haut la barre de leurs objectifs pour cette année 2018. En effet, ils visent une production de 232 750 tonnes de riz, soit 139 650 tonnes de riz usiné.
Dans l’optique d’optimiser leur rendement et d'atteindre cet objectif, les surfaces à emblaver devraient être augmentées, estime-t-on. Les producteurs plaident également pour des exonérations fiscales sur l’importation d’intrants et d’équipements agricoles et un meilleur accès aux crédits bancaires.
Dans le même souffle, la rencontre recommande l’utilisation de variétés de riz qui s’adaptent à la riziculture pluviale et une meilleure organisation du secteur rizicole.
Séna Akoda
La société Icon Trans Logistique Sarl, prestataire de services de dépotage de conteneurs au Port de Lomé, a annoncé une hausse des frais de dépotage de 40% à 50%, provoquant le mécontentement des transitaires et autres opérateurs économiques.
A partir du 06 août 2018, les tarifs passeront de 16 500 FCFA à 25 000 FCFA pour les conteneurs de 20 pieds et de 25 000 FCFA à 35 000 FCFA pour ceux de 40 pieds ordinaires, rapporte le Syndicat libre des transitaires et des opérateurs économiques du Togo (Synlitope).
Dans un courrier adressé au directeur général de cette société, cette organisation professionnelle fait part de sa désapprobation : « Nous venons vous faire part de notre désapprobation des nouveaux tarifs que vous avez fixés sur les conteneurs de 20 pieds et de 40 pieds ordinaires, et dont la date d’entrée en vigueur est le 06 août 2018… ». Elle demande l’annulation pure et simple de cette mesure.
De fait, justifie-t-elle, « dans le protocole d’accord que nous avons ensemble signé en présence des autorités portuaires le 02 juillet 2015, il n’est nulle part stipulé que la société occupant le parc TP3 puisse augmenter les prix des conteneurs sans l’avis du Synlitope ».
Mieux, rapporte le Synlitope, dans ce protocole d’accord « les deux parties auront chacun pour sa part un droit de regard régulier et permanent sur le déroulement des activités de dépotage sur le Terre-Plein. Les deux parties s’accordent à respecter le tarif de prestations de services convenu entre elles et annexé au présent protocole d’accord ».
Le Contre-Amiral Fogan Adegnon, directeur général du Port de Lomé, qui a reçu copie du courrier de protestation du Synlitope, devrait s’impliquer dans la résolution de ce différend qui risque de paralyser les activités sur la plateforme portuaire, notamment au TP3.
Séna Akoda
A travers un appel lancé le 30 juillet 2018, la ministre de l’Action sociale, Tchabinandi Yentcharé invite les femmes togolaises à s’engager davantage dans une démarche patriotique et républicaine pour la sauvegarde et la consolidation de la paix, et pour un développement durable.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du 56ème anniversaire de la Journée de la femme africaine, célébrée ce mardi 31 juillet sous le thème national : « Femme, élection et paix pour un développement durable ».
Selon la ministre, « si l’on considère les échéances qui se profilent à l’horizon dans notre pays, ce thème vient à point car il répond à l’une des préoccupations qui est la recherche permanente du gouvernement de favoriser une meilleure participation des femmes au développement du pays et spécifiquement à la gouvernance publique ».
En ligne avec cette préoccupation, elle convie les femmes à prendre conscience de leur potentialité et à s’engager davantage dans le développement du pays : « L’égalité des sexes est une question d’efficacité du développement, pas seulement une question de rectitude politique ou de bonté à l’égard des femmes ». Et de poursuivre : « De nombreux exemples prouvent que lorsque les hommes et les femmes jouissent d’une égalité relative, l’économie tend à croître plus vite, les pauvres s’extirpent de la pauvreté plus rapidement et le bien-être des hommes, femmes et enfants est amélioré.»
Selon la Société financière internationale (SFI), branche de la Banque mondiale destinée au secteur privé, le Togo devrait installer d’ici fin 2020, 60 mini-réseaux solaires dans le cadre de la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie d’électrification.
L’information a été donnée par l’institution financière lundi dernier dans un communiqué.
Selon le communiqué, ces installations permettront de connecter 10 000 foyers sous la forme d’un partenariat public privé. Ce modèle très prisé des investisseurs privés, servira de référence et pourra être répliqué pour la seconde phase de cet ambitieux plan qui vise à porter le taux d’électrification à 75% en 2025, contre 50% en 2020.
A l’horizon 2030, le gouvernement togolais prévoit de faire développer plus de 300 mini-centrales solaires en mode PPP (partenariat public-privé).
La nouvelle stratégique, d’un budget global de 1000 milliards FCFA, dont 50% devrait provenir des acteurs du secteur privé, s’appuie sur une combinaison technologique, alliant extension du réseau et solutions hors réseaux (kits solaires et mini centrales solaires). A terme, cette feuille de route, qui a déjà reçu plusieurs soutiens, notamment la BAD, l’Alliance solaire internationale (ASI) ou l’IFC du Groupe de la Banque mondiale, permettra au Togo d’atteindre 100% d’électrification.
Fiacre E. Kakpo
La Cedeao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) vient d’annoncer à l’issue de la 53e session de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement, tenue à Lomé, un appui financier de 2 millions $ en faveur de la Guinée Bissau.
Ce concours financier vient s’ajouter aux millions de dollars promis par l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), espace d’intégration dont fait partie le pays. Les fonds serviront à accélérer les préparatifs pour les élections législatives, prévues pour le 18 novembre 2018.
Saluant les progrès réalisés depuis le Sommet extraordinaire du 14 avril 2018, à Lomé, sur initiative du président togolais Faure Gnassingbé, alors président en exercice de la CEDEAO, la conférence a décidé de lever les sanctions prises à l'encontre de certains acteurs politiques, afin de décrisper l’environnement politique. Elle en appelle à la communauté internationale pour apporter un coup de pouce à processus électoral, dont la « lenteur » dans la mise en œuvre du calendrier, préoccupe.
Selon les informations, Pékin devrait envoyer des émissaires afin de soutenir l’organisation des élections législatives prévues le 18 novembre prochain.
Fiacre E. Kakpo
Ouverte ce 31 juillet 2018 dans la capitale togolaise, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao qui boucle la série des sommets entamés, a, entre autres, adopté des recommandations en vue d’un retour à la normale au Togo.
La Conférence félicite d’abord les deux facilitateurs, ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Prof Alpha Condé, pour les progrès et les acquis enregistrés dans le cadre du mandat qui leur a été confié par la Conférence en date du 14 avril 2018. Elle se félicite ensuite de l’engagement des parties prenantes à maintenir l’esprit de concertation et de dialogue en vue de favoriser une résolution durable de la crise. Et encourage le gouvernement togolais à poursuivre les mesures de confiance et d’apaisement en accélérant les procédures judiciaires relatives aux personnes arrêtées lors des manifestations politiques. Elle l’invite en outre à étudier la possibilité de mesures additionnelles en faveur de ces personnes.
Enfin, elle formule des recommandations en vue du retour de la sérénité dans le paysage politique togolais.
En ce sens, elle condamne tout recours à la violence, notamment l’usage d’armes réservées aux forces publiques et appelle les citoyens les ayant dérobées au cours des manifestations à les restituer aux autorités compétentes.
De même, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao appelle les acteurs politiques et la société civile à s’abstenir, en toute circonstance, des actes et propos à même d’être de nouvelles sources de tensions et de remettre en cause les efforts en cours.
Dans l’optique d’une décrispation du climat politique, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao « exhorte les forces de sécurité à faire preuve de professionnalisme dans leur mission de maintien d’ordre, de préservation de la sécurité des biens et des personnes ». La révision intégrale du fichier électoral est un autre point sur lequel le sommet insiste. Il exhorte le gouvernement à y procéder, en vue de l’organisation, le 20 décembre 2018, des élections législatives.
Abordant les réformes constitutionnelles, la Conférence invite les acteurs politiques de tous bords et le gouvernement à œuvrer en vue de l’adoption du mode de scrutin à deux tours pour l’élection du Président de la République, la limitation à deux, du nombre de mandats présidentiels, la recomposition de la Cour Constitutionnelle et la limitation du nombre de mandats de ses membres et le renforcement du processus électoral.
S’agissant de la voie pour matérialiser les réformes ci-dessus mentionnées, le sommet recommande la représentation nationale et, le cas échéant, l’organisation de consultations électorales.
A propos des consultations électorales, les Chefs d’Etat et de gouvernement ouest africains disent se réjouir « des dispositions envisagées par le gouvernement togolais » dans leur préparation, leur organisation et leur déroulement dans des conditions de transparence, de crédibilité et d’ouverture à tous.
Entre autres mesures, l’accélération et la finalisation du recensement électoral pour établir des listes électorales fiables, la possibilité pour les Togolais vivant à l’étranger de voter dans leurs lieux de résidence lors des élections nationales et le déploiement des observateurs électoraux.
Ceux-ci n’ont pas manqué de féliciter l’opposition pour son esprit d’ouverture et son sens de responsabilité et pour avoir souscrit au dialogue pour la satisfaction de ses revendications.
Dans leur dynamique de recherche de solution à la situation particulière que traverse le Togo, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao invite toutes les parties à s’inscrire dans le strict respect de la constitution. La volonté d’ouverture et de dialogue permanent du Chef de l’Etat togolais ainsi que sa disponibilité à travailler avec toutes les forces vives de la nation ont été saluées à cette occasion.
Selon le communiqué rendu public, le Sommet demande à la commission de la Cedeao d’apporter son appui et son expertise technique dans l’organisation et le déroulement des prochaines élections.
En vue d’une normalisation définitive de la situation au Togo, les dirigeants ouest africains renouvellent leur soutien aux facilitateurs du dialogue inter-togolais et leur demandent de poursuivre leurs efforts et de lui rendre compte lors de la prochaine session de l’institution.
Pour s’assurer de la mise en œuvre de ses recommandations, un comité de suivi composé des représentants des facilitateurs, de la majorité au pouvoir, de la coalition des 14 partis de l’opposition et de la commission de la Cedeao, devrait être mis en place, a décidé le sommet. Il instruit la commission de la Cedeao à poursuivre son soutien aux facilitateurs.
La 53ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao s’est achevée ce mardi 31 juillet 2018 avec l’élection du Président de la République Fédérale du Nigéria, Muhammadu Buhari, à la tête de l’organisation.
Ce dernier remplace donc son homologue togolais Faure Essozimna Gnassingbé dont le mandat arrive à échéance.
« Je salue et félicite SEM Muhammadu Buhari pour son élection à la tête de la Cedeao. Au nom du peuple togolais et en mon nom propre, je lui souhaite plein succès à la tête de notre communauté », a déclaré le président sortant. Et d’ajouter « J’ai la ferme conviction qu'il saura conduire à bon port les nombreux chantiers de l'intégration sous régionale ».
Le nouveau président en exercice aura donc à cœur de poursuivre les actions entamées par son prédécesseur dans la résolution des crises régionales et la préservation de la sécurité, de la paix et de la stabilité dans l’espace sous régional. La question de la monnaie unique au sein de la communauté sera également l’un des principaux chevaux de bataille.
En rappel, l’ivoirien Jean-Claude Kassi Brou a également prêté serment ce mardi 31 juillet à Lomé devant l’ensemble des Chefs d’Etat et de Gouvernement. Il est ainsi pleinement entré dans ses fonctions de Président de la Commission de la Cedeao.
Le prochain sommet aura lieu le 22 Décembre à Abuja, en terre nigériane.
IFC, institution du Groupe de la Banque mondiale en charge du secteur privé, a annoncé son soutien à l’exécution de la stratégie nationale d’électrification du Togo qui vise à fournir un accès universel à une énergie moderne d’ici à 2030.
La stratégie offre une feuille de route pour faire face aux obstacles à l’extension du réseau d’électrification au Togo, notamment dans les régions reculées, et prévoit de recourir à des sources d’énergie alternatives, notamment le off-grid.
Cette stratégie prône également la mise sur pied de projets d’investissement privé, commercialement viables. Elle encourage les partenariats publics privés et recommande d’identifier où les financements publics et les financements mixtes peuvent être le plus efficacement alloués.
Aujourd’hui, au Togo, seulement 40 % de la population a accès à l’électricité. Ce chiffre chute à moins de 10 % en zone rurale.
La nouvelle stratégie a été validée lors d’une rencontre de haut niveau sous l’égide du Premier ministre togolais, Komi Sélom Klassou. Ségolène Royal, Envoyée spéciale du président français auprès de l’Alliance solaire internationale, a également apporté son soutien à cette stratégie.
Selon Ronke-Amoni Ogunsulire, Représentante d’IFC pour le Togo, « la vision du Togo pour ce qui est de l’accès universel à l’énergie est une première en Afrique, notamment parce qu’elle intègre des solutions hors-réseau et s’appuie sur le secteur privé. Elle permet au gouvernement de créer des marchés en identifiant les zones à fort potentiel pour l’installation de mini-réseaux et de kits solaires et en créant un environnement qui attirera sur le marché togolais des opérateurs de premier ordre en matière de fourniture d’accès à l’énergie.»
La réforme du cadre règlementaire est en cours. Elle devrait permettre d’organiser un premier appel d’offres pour l’installation de 60 mini-réseaux solaires avant la fin de 2020. Ces installations permettront de connecter 10 000 foyers sous la forme d’un partenariat public privé qui servira de référence et pourra être répliqué ultérieurement.