Togo First

Togo First

Réuni le 03 août 2018 au palais de la présidence sous la supervision du Chef de l’Etat, le Conseil des ministres a pris un décret portant création du Comité national de coordination des activités de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (CONAC).

La création de cette structure qui devrait remplacer le Conseil interministériel en charge du suivi de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, offrira au Togo les moyens appropriés de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, des fléaux auxquels s’exposent le pays et ses voisins de la sous-région.

Composé des représentants de différents départements ministériels et institutions des secteurs privé et public, le CONAC aura pour responsabilité de prendre les mesures appropriées  pour évaluer, identifier et atténuer les risques liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.

Il devra également coordonner les réponses nationales dans le sens de la lutte contre le phénomène. Il est placé sous la tutelle du ministre de l’Economie et des Finances.

Réuni le vendredi, 03 août 2018 en Conseil des ministres, le gouvernement togolais a accordé une attention particulière au secteur du transport aérien en y consacrant quatre (04) projets de loi.

Dans le détail, le premier autorise la ratification de l’accord de transport aérien entre le gouvernement de la République togolaise et le gouvernement des Etats-Unis, signé le 07 avril 2015 à Lomé au Togo.  Avec cet accord qui relève de la catégorie de nouvelles générations d’accords dits « ciel ouvert », les deux pays devraient élargir  considérablement leurs possibilités de dessertes. Sa ratification devrait confirmer le statut de hub aérien de premier plan du Togo. Elle permettra également d’instituer un cadre juridique stable pour les relations aériennes entre le pays et les Etats-Unis.

Un second projet de loi a été adopté le même jour pour autoriser la ratification de l’accord de transport aérien entre le gouvernement de la République togolaise et le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite relatif aux services aériens, signé à Djeddah en Arabie Saoudite le 24 février 2016. Objectif : promouvoir un système de transport aérien international basé sur la concurrence entre les compagnies aériennes sur le marché, avec une interférence minimale de l’Etat. Sa ratification permettra d’intégrer les dispositions de cet accord dans l’arsenal juridique national relatif au transport aérien. Elle créera également un cadre de concertation permanente entre les deux parties dans le domaine des transports aériens.

Le troisième projet de loi autorise, pour sa part,  la ratification de l’accord de services aériens entre le gouvernement de la République togolaise et le gouvernement du Burkina Faso, signé le 09 juin 2016 à Lomé. Cet accord reprend, dans ses principales articulations, les dispositions contenues dans le modèle d’accord aérien défini par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), et fixe les règles régissant le transport aérien commercial entre le Togo et le Burkina Faso. Sa ratification procurera aux transporteurs aériens désignés par les parties une meilleure sécurité juridique et un cadre règlementaire plus conforme aux normes internationales dans ce domaine.

Le quatrième projet de loi adopté, autorise l’adhésion du Togo à la Constitution de la Commission Africaine de l’Aviation Civile (CAFAC). Institué à Addis-Abeba le 17 janvier 1969, cet organe vise à renforcer la coopération avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ainsi qu’avec toute les organisations assurant la promotion et le développement de l’aviation civile en Afrique.  

Selon le conseil, l’apparition de nouvelles règles de l’aviation civile a rendu nécessaire l’adoption, le 16 décembre 2009 à Dakar, de nouveaux statuts de la CAFAC. L’adhésion à cette Constitution révisée devrait permettre au Togo de promouvoir le développement de ses compagnies aériennes et de rehausser la présence de celles-ci au niveau de l’industrie du transport aérien international, indique le conseil.

 Séna Akoda

Le Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de l’inclusion financière et du secteur informel, Assih Mazamesso, a présidé le vendredi, 03 août 2018, un atelier de validation d’une feuille de route de l’inclusion financière au Togo.

La rencontre à laquelle ont participé de nombreux acteurs du secteur, a permis d’adopter cette feuille de route qui se veut « une étape intermédiaire indispensable d’un processus qui aboutira à la stratégie nationale d’inclusion financière ».

Selon la n°1 du Secrétariat d’Etat à la Présidence de la République, en charge de l’inclusion financière «  cette feuille de route permettra de fixer les priorités qui sont celles du secteur de la microfinance, du secteur bancaire et des assurances ». Mieux, « elle permettra de mettre en  place des mécanismes de gestions des risques et des besoins réels des populations en matière de produits financiers et d’inclusion financière », a-t-elle ajouté.

Les travaux de l’atelier ont été conduits par la représentante du fonds d’équipement des Nations Unies (UNCDF), chargée du processus MAP (Making Access to financial services Possible) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Euphrasie Kouamé.

Lomé vient de se doter d’une feuille de route quinquennale couvrant la période 2018-2022. Très attendu pour remplacer la Scape ayant permis au Togo d’amorcer des transformations économiques profondes, notamment la modernisation de ses infrastructures, le Plan national de développement (PND) a été adopté ce vendredi 03 août en Conseil des ministres.

Les grands chantiers

Fruit d’un processus participatif intense ayant impliqué les différentes parties prenantes de l’administration publique, des institutions de la République, du secteur privé, de la société civile, des régions ainsi que des partenaires techniques et financiers, le PND se donne le défi de faire du Togo, la plateforme économique par excellence dans la sous-région.

Le programme quinquennal, qui désormais servira de document de référence pour le pilotage de l’action gouvernementale et les relations avec l’ensemble des partenaires du Togo, permettra de mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, apprend-on.

Cette stratégie se concentrera sur l’amélioration des infrastructures et des procédures au Port de Lomé, pour l’instant, le seul en eaux profondes de la sous-région, le renforcement des infrastructures routières et le hub aérien, déjà très animé par la compagnie panafricaine Asky, partenaire d’Ethiopian Airlines et d’autres acteurs majeurs africains. Plusieurs projets sont attendus dans le numérique. Des infrastructures clés devraient être renforcées pour augmenter la qualité des services fournis aux usagers dans ce secteur.

Le PND ambitionne aussi de révéler le Togo comme un centre de tourisme d’affaires et d’ériger la capitale Lomé, déjà centre par excellence des institutions financières (Boad, Bidc, Orabank, Ecobank, AFG ex-fonds Gari), comme plateforme financière et d’affaires de premier rang en Afrique.

Le deuxième axe va s’atteler à développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives. Ainsi, l’ambitieux projet de création des agropoles, soutenu par divers partenaires dont la Corée du Sud, la Boad et la Bad, la mise en place de parcs industriels, la stratégie nationale d’électrification qui table sur un taux de pénétration de 50% à l’horizon 2020 et 75% en 2025, la relance du secteur minier ainsi que la promotion des entreprises artisanales et des activités commerciales, sont la cheville ouvrière de ce deuxième pilier fondamental du PND.

Enfin, le programme d’actions du gouvernement togolais cherchera à consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion. Le renforcement du système éducatif et de la formation professionnelle, la fourniture des services sociaux de base (soins de santé de qualité, eau, électricité domestique), l’employabilité des jeunes, l’inclusion financière, l’équité et l’égalité des sexes, la protection sociale et de l’environnement, sont le plat de résistance de l’axe 3.

En 5 années de mise en œuvre, plus de 4622,2 milliards FCFA (environ 8,3 milliards $) de ressources seront nécessaires pour transformer structurellement l'économie pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive et créatrice d'emplois, améliorant le bien-être social.

7,6% de croissance, 500 000 emplois directs décents

Dans le viseur, on s’attend à ce que la croissance économique résultant d’une mise en œuvre soumise à un monitoring innovant, se situe à 6,6% en moyenne par an pour atteindre 7,6% en 2022. Cette performance notable devrait contribuer à améliorer la création d’emplois, la redistribution de la richesse nationale afin réduire drastiquement la pauvreté ainsi que le niveau de développement humain grâce à un meilleur accès aux services sociaux de base.

Les objectifs sont clairs et quantifiés. Dans le détail, le PND devrait permettre de fournir à plus de 500 000 personnes un emploi direct durable et décent. L’amélioration de la compétitivité et de la productivité de l'économie contribuera elle, à relever le revenu par habitant de 9,7% à 670 $, avec une amélioration de la distribution, selon une première estimation.

Sur l'indice Mo Ibrahim sur la gouvernance en Afrique, le Togo, deuxième pays le plus réformateur sur les 10 dernières années derrière la Côte d’Ivoire, ambitionne de redoubler d’efforts pour améliorer son rang de 10 places. Du côté du Doing Business de la Banque mondiale, le pays qui s’est doté fin 2017 d’une Cellule Climat des affaires (CCA), qui coordonne les reformes dans le sens de l’amélioration de l’environnement des affaires, compte bondir chaque année de 10 rangs dans le classement mondial, sur le quinquennat.

La part belle au secteur privé

Si le PND nécessitera de gros investissements estimés à plus de à 4622,2 milliards FCFA, le rôle du secteur privé sera prépondérant. Figure de proue de cette stratégie de développement, les privés pourraient y participer à hauteur d’un peu plus 2999,1 milliards de FCFA (5,4 milliards $), soit 65% du coût global du PND. Les dépenses d’investissement public, quant à elles, sont attendues à 1623,1 milliards de FCFA (2,9 milliards $), représentant 35% du coût global.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, le président Faure Gnassingbé, aurait « vivement instruit le gouvernement d’accentuer et d’intensifier le dialogue et la concertation avec toutes les composantes de la société togolaise, en particulier le secteur privé, les acteurs politiques, les organisations syndicales ainsi que les organisations de la société civile en vue de favoriser une meilleure appropriation du PND et d’assurer la mobilisation et la contribution de tous à sa mise en œuvre ainsi qu’à l’atteinte des objectifs poursuivis. »

Soutiens tous azimuts

Très ambitieux, le PND ne cesse d’engranger les soutiens de toute part. La Banque mondiale dans son nouveau cadre de partenariat a annoncé qu’elle renforcera l’aide au pays pour soutenir le PND. Le FMI, satisfait de la finalisation de la feuille de route, a relevé dans une récente revue, les perspectives économiques. Le PNUD très engagé au Togo, fier du programme quinquennal, en a apprécié l’approche participative. L’IFC, bras de la Banque mondiale destiné au secteur privé, et l’Alliance solaire internationale (ASI), ont estimé que la stratégie d’électrification du Togo à l’horizon 2030, qui est en ligne avec le plan, est une vision réaliste et « la première en Afrique ». A cette pléthore, s’ajoutent la Bad, la Boad qui soutiennent le Mifa ainsi que le projet des agropoles.

D’autres partenaires, notamment Afreximbank, la Chine, pourraient également mettre le pied à l’étrier une fois le PND lancé officiellement.

Fiacre E. Kakpo

Selon les statistiques de l’Organisation Internationale du travail (OIT), le taux d’emploi moyen au Togo est estimé à 77,7% sur la période 2000 à 2018. Cette évolution favorable, largement supérieure à la moyenne en Afrique subsaharienne estimée à 64%, permet au pays de se tailler la première place, en comparaison avec les autres pays de la sous-région (Tableau 1 et Figure 1).

Par ailleurs, convient-il de noter une tendance baissière de ce taux dans la plupart des pays à partir des années 2008 (Figure 2). Cette contreperformance s’expliquerait en partie par la forte croissance démographique que connait ces pays sur la période sous-revue.

Malgré ces résultats positifs pour le Togo, le gouvernement continue de multiplier les efforts pour répondre efficacement à la question de l’emploi en particulier l’emploi des jeunes. Plusieurs programmes et projets (Faiej, Pnper, Paiej-SP, Fnfi, Anvt, Profopej, Paipja), mis en route depuis une dizaine d’années dans une approche volontariste et un ferme engagement, portent des résultats probants. Objectif : juguler le chômage et le sous-emploi.

Tableau 1 : Taux d’emploi en % de la population totale (moyenne 2000-2018)

Pays

Benin

Burkina

Côte d’ivoire

Ghana

Togo

Libéria

Maroc

Nigéria

Sénégal

ASS[1]

Taux d’emploi

70.2

68.1

59.2

72.4

77.7

53.8

44.9

52.4

50.2

64.0

Source : International Labor Organization, 2018

[1] ASS = Afrique Subsaharienne

Figure 1 : Taux d’emploi en % de la population totale (moyenne 2000-2018)

18950 in 1 TogoFirst emploi

Source : International Labor Organization, 2018

Figure 2 : Evolution du taux d’emploi en % de la population totale (2000 à 2018)

18950 in 2 TogoFirst emploi

Source : International Labor Organization, 2018

Pour rappel, l’Organisation internationale du travail, ou OIT, l’une des plus anciennes institutions du système des Nations Unis, est depuis 1946 une agence spécialisée dont la mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États-membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour promouvoir les droits au travail. Elle encourage la création d'emplois décents. En ce sens, elle est de fait, l’une des institutions les plus crédibles en matière de statistiques relatives à l’emploi.

Kako Nubukpo, figure emblématique de la lutte contre le franc CFA, vient d’accrocher un nouveau grade à son parcours académique postuniversitaire. Selon les informations, il accède au titre de Professeur titulaire des universités.

A la fin de la 40è session du Conseil consultatif interafricain du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) qui s’est tenue du 09 au 20 juillet 2018 à Niamey, l’ancien ministre togolais de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques figurait sur la liste des soixante-dix-sept (77) enseignants de l’Université de Lomé (U.L) inscrits sur la liste d’aptitude de l’organisation.

Avec ce nouveau titre, il fait partie des douze (12) nouveaux professeurs titulaires des universités du Togo. Celui qui forçait admiration et respect pour la défense de ses convictions, vient de gravir une nouvelle strate dans sa marche vers le sommet.

Toutefois, cet engagement contre ce qu’il qualifiait de « servitude volontaire » ne lui aura pas attiré que des bienfaits. Son éviction de son poste de directeur de la Francophonie économique et numérique est liée à ses prises de position répétées contre cette monnaie. Selon Michaelle Jean, Secrétaire générale de l’institution, Kako Nubukpo aurait manqué à son strict devoir de réserve.

Séna Akoda

L’histoire de Prudencio Eli Avumadji est intimement liée à la terre et aux animaux. Issu d’une famille d’éleveurs et d’agriculteurs, il a dès son tout jeune âge été en contact avec les poules, canards, moutons et autres animaux élevés dans les fermes. Mais au lieu de poursuivre l’exploitation familiale avec l’élevage et la production de ces animaux qu’il avait appris à connaître par cœur, c’est vers les lapins que son cœur s’est tourné. Il y avait de quoi. Le ravissant mammifère à la vue panoramique, connu pour sa chair blanche et riche en vitamines B, est devenu sa passion. Bien lui en a pris. Le jeune électrotechnicien de formation est devenu le visage de la cuniculture togolaise, reconnu par les plus hautes personnalités de l’Etat et récompensé pour ses capacités à rendre la viande de « l’animal aux longues oreilles » appréciée et accessible à tous. Zoom.

Togo First: Le 26 Avril 2018, le Président de la République vous a fait Officier National de l’Ordre du Mérite. En récompense à votre engagement dans la cuniculture. Dites-nous, comment vous est venue l’idée d’élever des lapins ?

Prudencio AVUMADJI : Il faut dire que j’ai commencé très tôt. Lorsque j’étais au collège, j’avais entamé une production familiale. Elle se résumait à un mâle et deux femelles au début. Par la suite, cela a été amené à 5 femelles. J’ai eu cette bonne fortune d’être né dans une famille purement agricole. Mon grand-père tenait la ferme CREATO qui existe toujours et qui est sans doute la ferme qui produit le plus de poules pondeuses au Togo actuellement. Donc, j’ai acquis très tôt cette passion pour les animaux. Mais cette passion n’était pas dirigée vers les poulets, je l’ai ramenée vers les lapins. Tout petit, j’en avais à la maison. Je les nourrissais juste pour une consommation familiale. Lorsque des amis en demandaient, on leur en offrait.

C’est par la suite, après les études et la formation, académique comme professionnelle, et pour ne pas chômer que je me suis dit : « Pourquoi ne pas transformer ça en activité principale ? ». Je suis allé à Cotonou où c’est une activité à part entière et génératrice de revenus, et je me suis inspiré d’eux en disant que je pouvais monter un truc pareil. Surtout qu’au pays, il n’y avait aucune structure spécialisée dans l’élevage exclusif des lapins. C’est ce qui m’a poussé vers l’industrialisation de la cuniculture au Togo.

Pour tout dire, ce n’est qu’en Juin 2015 que j’ai commencé la production industrielle proprement dite. Nous avons donc été obligés de quitter la capitale pour aller nous installer à la ferme qui se situe à Wogba, (village situé à 5km de Vogan, 53km au nord-est de Lomé).

La production industrielle intervient quand vous dépassez généralement la trentaine de reproductrices. Aujourd’hui, nous en sommes à 70. Nous avons un peu régressé parce qu’à un moment, nous en étions à 120. Nous avons un effectif total actuel de près de 300 lapins, chiffre aussi en baisse parce qu’il y a eu des ventes récemment.

18919 in 1 TogoFirst 18919 MG 20180727 WA0083

TF: Avez-vous bénéficié d’un soutien institutionnel que ce soit au niveau du financement ou de l’installation officielle de la ferme cunicole ?

P.A: J’ai commencé avec mes propres fonds. C’est lors d’un passage à Atakpamé que j’ai découvert le PRADEB grâce à ses prospectus. Donc j’ai pris le formulaire qui accompagnait les prospectus et je l’ai lu une fois rentré à Lomé. J’ai constitué un dossier que je suis allé déposer. J’ai donc d’abord bénéficié de l’appui technique du PRADEB puisqu’on a eu à suivre des formations avant d’avoir un soutien financier.

Mon plan d’affaires était de 2 400 000 mais au final j’ai pris 1 000 000 parce que j’avais déjà beaucoup avancé au niveau de l’installation de la ferme. Puis j’ai connu des hauts et des bas qui ont nécessité d’autres soutiens financiers.

TF: Parlons justement de ces hauts et bas que vous avez rencontrées ...

P.A: En 2006, il y a eu une épidémie qui avait balayé tout le sud-ouest africain. Elle a commencé au Nigéria et a ravagé la côte. En ce moment, on était à près de 500 lapins et nous nous sommes retrouvés avec 3 têtes qui ont survécus, et ce en l’espace de 3 semaines. Nous avons perdu plus de 400 têtes.

Mais nous n’avons pas perdu espoir. Et c’est ici que j’en profite pour tirer un chapeau à Madame la Ministre du développement à la base, Madame Victoire Tomegah-Dogbé qui n’a pas cessé de suivre particulièrement les éléments reconnus par le PRADEB et le FAIEJ, et qui malgré les difficultés qu’ils rencontrent, veulent vraiment voir leur projet aboutir. Elle m’a soutenu et pas qu’un peu. Je tiens également à remercier le coordonnateur national du PRADEB, Monsieur Aristide Agbossoumonde, qui lui aussi, n’a pas baissé les bras quand on avait des difficultés.

J’ai eu à bénéficier d’un mentorat qui, jusqu’au jour d’aujourd’hui, continue de me soutenir et je salue au passage Mr Georges Dogbévi de Consult Synergie qui est mon mentor qui nous a toujours soutenus, malgré les difficultés. Et des trois lapins qui nous restaient, nous sommes revenus aujourd’hui à 300.

Sans les efforts de ces personnes-là, on aurait peut-être raccroché ou on serait à 10 aujourd’hui.

Parlant des hauts, en 2016, nous avons été salués comme Entreprise à encourager et nous avons été primés à la Présidence. L’année suivante, nous avons été deuxièmes dans la catégorie micro-entreprise au Togo. Ajouté à cela, une reconnaissance de la part de quelques personnalités qui se sont intéressés à nous.

18919 in 2 TogoFirst 18919 MG 20180727 WA0083

TF: Comment se présente le marché ?

P.A: Je ne saurais le dire parce qu’au Togo actuellement, il y a cette méconnaissance de la viande de lapins. La population ne semble pas vraiment s’y intéresser. D’où cet effort que nous faisons afin de permettre à la population de connaitre cette viande et ses vertus. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans la phase de promotion de notre produit. C’est pour cette raison que nous avons lancé en mars dernier un concept, « le Lapin Express ». C’est un service qui se charge de vous livrer de la viande de lapin, où que vous soyez à Lomé. Nous avons des numéros verts qu’il suffit juste de contacter et vous êtes livrés en moins de 24h. Je précise : partout à Lomé.

Cela fait donc que nous n’avons pas de chiffre d’affaires mensuels défini. La hausse de nos ventes se remarque plus en vacances où les expatriés passent des commandes. Tout le contraire, le long de l’année.

TF: Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’élevage des lapins, outre les épidémies par exemple ?

P.A: Je dirais que je n’en ai pas particulièrement. Pourquoi ? C’est simple. Parce que nous ne faisons pas de l’à peu près. En cuniculture, il y a des règles bien définies qui nous permettent de suivre aisément la production.

Vous avez par exemple la fiche de suivi pour chaque reproductrice. Du coup, vous savez chaque année combien de lapereaux telle femelle a mis bas, combien telle autre a fait ou combien de fois elle a été saillie, combien de lapereaux elle a perdus au cours de l’année, quel est le rendement de ces lapereaux à telle période de leur croissance. Tout est bien régi.

Reproducteurs et reproductrices sont tous marqués. Et plus loin, étant donné que nous alimentons d’autres cheptels et d’autres fermes en devenir, nous faisons une sélection qui nous permet de regrouper quelque part les femelles qui sont bien portantes et fécondes. Donc lorsqu’on nous demande de fournir tel nombre de lapines fertiles, tout est fait à l’instant.

En région tropicale, les bouquins nous disent que la moyenne est de 6 par portée. Et si on considère que la femelle peut mettre bas jusqu’à 6 fois dans l’année, tu as comme 36 lapereaux par an. C’est la moyenne. Moi j’ai connu des lapines qui faisaient jusqu’à 12 par portée. Donc vous imaginez aisément. Mais ce sont des cas rares. Et tout est consigné.

TF: Quelles sont vos perspectives pour les 5 ou 10 prochaines années?

P.A: Nous sommes toujours dans la phase de promotion du produit donc nous comptons beaucoup nous y atteler. C’est pourquoi nous saluons votre site qui à travers cette interview, nous fait encore plus connaître.

Le jeune entrepreneur a surtout besoin de se faire connaître. Ceux qui entreprennent oublient souvent de dégager des fonds pour la publicité. Or sans la pub, nous sommes invisibles. Nous allons donc travailler sur cet aspect. Nous prévoyons de nouer des partenariats avec nos amis qui ont été financés eux aussi par les institutions et qui sont dans la restauration. L’idée est de s’associer à eux pour écouler nos produits et leur permettre de booster leurs activités en leur proposant la viande de lapin. C’est sur ces aspects que nous voulons travailler à moyen terme.

Plus tard, nous pensons mettre sur pied un abattoir de lapins. Il n’y en a pas au pays. Nous avons entrepris déjà quelques démarches auprès du ministère de l’agriculture pour avoir des informations qui y sont relatives. Nous attendons voir ce que la suite va donner.

TF: Un conseil à un jeune qui hésite à se lancer dans l’entreprenariat ?

P.A: Y a toujours quelque chose à faire autour de soi. Les métiers supposés les plus vils ou encore sans intérêt sont souvent ceux qui rapportent le plus. Je trouve qu’il nous manque un côté patriotique qui ne nous permet pas de penser à faire des activités qui aideront le pays. J’ai eu à effectuer un voyage en Chine dans le cadre d’un programme initié par le ministère du Développement à la base et au cours de ce voyage, tous les Chinois que j’ai eu à croiser et avec qui j’ai échangé ont cette fibre patriotique qui les pousse à toujours créer et innover d’abord pour leur pays.    

Donc innovons et pensons à créer quelque chose pour aider d’abord le pays et cela nous aidera en retour.

Propos recueillis par Octave A. Bruce

Pour vos commandes : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

Le Ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé en partenariat avec la Bceao, a procédé ce jeudi 2 aout à Lomé, au lancement national d’un dispositif de soutien au financement des Pme-Pmi dans l’Uemoa.

Initiative de la Bceao qui devrait être implémentée dans chaque Etat membre de l’espace d’intégration, « Dispositif Pme » a pour objectif de créer un écosystème favorable au financement bancaire des Pme, en vue d’accroitre leur contribution au PIB et la création d’emploi.

Il vient également apporter une réponse appropriée à la problématique de financement des petites et moyennes entreprises, à travers des incitations offertes par la Bceao aux établissements de crédit. « Lorsque les financements sont accordés  aux entreprises éligibles, la Bceao peut, en retour, refinancer ces crédits aux banques à des conditions beaucoup plus attractives », a signifié Kossi Ténou, directeur général de la Bceao-Togo.

La démarche vise d’une part, à promouvoir les petites et moyennes entreprises par l’amélioration de leur encadrement, et, d’autre part, à refinancer les créances bancaires sur les entreprises éligibles et à diversifier les instruments financiers adaptés à leur besoin.

Est éligible à ce mécanisme, toute entreprise non financière, productrice de biens ou de services marchands, disposant d’un chiffre d’affaires n’excédant pas 1 milliard FCFA et respectant l'obligation légale de produire des états financiers selon les dispositions en vigueur dans l’Union.

Pour permettre l’opérationnalisation de ce dispositif, la ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, Bernadette Legzim-Balouki, rassure : « le gouvernement togolais en ce qui le concerne prendra toute les mesures requises à cet effet ». En rappel la mise en place du « dispositif Pme » entre dans le cadre du mandat donné à la Banque centrale en 2012 par les Chefs d’Etat de l’Uemoa, au titre du plan d’action de financement des économies.

Séna Akoda

Le géant américain de la distribution de produits alimentaires bio, racheté en juin 2017 par Amazon pour 13,7 milliards de dollars, jette son dévolu sur le marché togolais. Son vice-président Don Clark (photo ci-desous) l’a fait savoir jeudi à l’issue d’une audience avec le Premier ministre, Komi Selom Klassou, où il était accompagné par David Gilmour, l’ambassadeur des Etats-Unis, et le dirigeant de l’ONG Alafia, le Togolais Olow-n’djo Tchala.

18921 ambass

L’entreprise compose déjà avec l’ONG Alafia, présente dans la fabrication notamment des savons, des shampoings et des produits à base de beurre de karité et de l’huile de noix de coco, destinés aux supermarchés au Canada, aux Etats Unis et au Royaume Uni. Elle est venue explorer des opportunités d’affaires au Togo.

Et dans la foulée, Don Clark aurait profité de son séjour pour rencontrer d’autres entrepreneurs avec qui l’enseigne américaine fondée en 1980 et basée à Austin dans le Texas, pourra collaborer pour exporter des produits bio vers les Etats-Unis, apprend-on.

« Nous avons également discuté des opportunités que nous pouvons saisir ici au Togo afin d’avoir d’autres partenariats en dehors de Alafia », a déclaré le n°2 de la compagnie qui dispose de près de 500 magasins dans le monde.

Fiacre E.  Kakpo

Au Togo, le Gouvernement a procédé le mercredi 1er Août 2018 au lancement du projet Galilée qui prévoit de doter chaque étudiant des Universités publiques d’un ordinateur portable à moindre coût et d’un kit de connexion internet.

La cérémonie de lancement a vu la présence de Cina Lawson, ministre des Postes et de l’économie numérique et de son homologue de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Octave Nicoué Broohm.

Concrètement, l’étudiant régulièrement inscrit dans une des universités publiques du Togo, durant la première phase de l’initiative, aura à dégoter en tout 110 000 FCFA pour s’offrir le package intuitu personae composé d’un ordinateur portable performant, un antivirus et une connexion internet sur mesure.

Selon les informations, l’adhésion au projet est soumise à un dépôt initial de cinquante mille (50 000) FCFA. Cette somme peut être versée une ou plusieurs fois, soit par versement sur le compte du projet, soit par transfert via T-Money, apprend-on. Le remboursement du reste (60 000 FCFA) s’étalera sur un échéancier de 12 mois.

Selon Dr Venance Palanga, Coordonnateur du Projet, « les étudiants accèdent à l’ordinateur avec un service après-vente et une garantie sur matériel d’un an ».

La première phase de ce projet soutenu notamment par l’Etat togolais, le groupe TogoCom, cible 10 000 étudiants. On apprend que l’ordinateur et la connexion à internet qui sont personnels ne peuvent être cédés à un tiers avant la fin de la première phase du projet, soit avant le 30 juin 2020. Et en fonction des résultats et des soutiens des partenaires qui sont très attendus, l’opération « Un étudiant, un ordinateur », pourrait s’élargir aux universités privées. La seconde et la troisième phase vont permettre d’équiper quinze mille (15.000) étudiants.

Dans le cadre du lancement du projet Galilée, les dix (10) premiers étudiants inscrits sur la plateforme du programme ont  reçu ce 1er Aout leurs ordinateurs.

Fiacre E. Kakpo

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.