Le Togo a présenté lundi à Lomé la nouvelle version de son Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC), désormais calculé sur la base 2023. Cet outil statistique, utilisé pour mesurer l’inflation dans l’espace UEMOA, a été rénové afin de mieux refléter les réalités actuelles de consommation des ménages et d’assurer une comparabilité régionale et internationale.
L’IHPC est utilisé depuis 1998 par les pays de l’UEMOA dans le suivi de l’inflation et constitue un critère majeur de la surveillance multilatérale. Au Togo, l’indice avait été rénové en 2008 puis en 2014, sur la base des données de consommation disponibles à l’époque. Avec la rénovation engagée en 2023, le pays bascule d’une base 2014 à une base 2023. Dans son mot de bienvenue, l’INSEED a rappelé que l’élaboration de l’indice mobilise désormais sept équipes couvrant l’ensemble du territoire national. Celles-ci collectent quotidiennement les prix dans les marchés et points de vente représentatifs des habitudes de consommation.
« Le nouvel indice prend en compte les évolutions de la structure de consommation des ménages et les standards de la nomenclature internationale COICOP 2018 », a déclaré Akoly Gentry, directeur général de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), lors de l’ouverture du séminaire de dissémination des indices rénovés couvrant la période de janvier à août 2025.

Plus de produits, de points de vente et de relevés
Dans le nouveau système, le panier de biens et services suivis s’élargit de 647 à 810 produits, avec plus de 20 000 variétés collectées dans 4 790 points de vente, contre 1 520 auparavant. Près de 36 000 relevés de prix sont désormais effectués, répartis dans sept zones économiques. La collecte s’appuie sur l’application digitale Phoenix-UEMOA, déployée dans l’ensemble des pays de l’Union pour harmoniser les méthodes.
Santé, transport, communication : les nouvelles priorités des ménages togolais
Les pondérations utilisées pour le calcul de l’indice proviennent de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM 2021). Elles traduisent une baisse relative du poids des produits alimentaires et du logement, et une augmentation notable de la santé, du transport, de la communication et des services.
Selon les graphiques présentés par l’INSEED, l’inflation annuelle a atteint un pic en 2022, proche de 7 à 8 %, avant de ralentir en 2023 (5 %) puis en 2024 (autour de 3 %). Cette évolution reflète à la fois la normalisation progressive des prix internationaux de l’énergie et des denrées alimentaires, et l’effet de la politique monétaire restrictive menée par la BCEAO.
Par fonction de consommation, les produits alimentaires et boissons non alcoolisées restent le premier poste de dépenses. Leur poids recule toutefois de 32,8 % en 2014 à 27,9 % en 2023. Ils demeurent le principal moteur de l’inflation, avec des variations sensibles et des pics récurrents observés en 2023 et 2024.
Les restaurants et services d’hébergement occupent désormais la deuxième place, avec une pondération en hausse de 14,9 % à 16,5 %. Cette progression traduit la montée en puissance du secteur des services dans le quotidien des ménages.
Le transport se hisse au troisième rang, avec une part portée à 12,1 % contre 9,4 % en 2014. Très sensible aux fluctuations des prix des carburants, il a fortement contribué à l’inflation en 2022 et début 2023, avant de refluer à partir de 2024.
Le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les combustibles reculent au quatrième poste. Leur poids passe de 12 % à 8,3 %. La facture énergétique continue pourtant de peser lourd dans le budget des ménages, même si son incidence statistique diminue dans le calcul de l’indice.
Viennent ensuite l’information et la communication, qui progressent de 5,9 % à 8,1 %, et la santé, en hausse de 3,7 % à 5,7 %. L’enseignement reste stable, autour de 2 %. Enfin, une nouvelle rubrique fait son entrée : les assurances et services financiers, encore marginale avec 0,1 % du panier.
Un instrument de référence
L’IHPC est utilisé pour plusieurs usages pratiques : indexation de salaires, pensions et contrats, ajustement en volume des agrégats macroéconomiques comme la consommation des ménages, et suivi des critères de convergence de l’UEMOA. « Les instituts nationaux de statistique sont de plus en plus sollicités pour fournir des informations fiables et à jour sur les prix », a indiqué le DG de l’INSEED.
Appui des partenaires
Le projet de rénovation, inscrit dans les Actions prioritaires 2022–2025 de la Commission de l’UEMOA, a bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers. La Commission de l’Union, la Banque mondiale via le projet PHASAO, AFRISTAT et le Fonds monétaire international ont contribué au financement et à l’assistance technique. La BCEAO assure un suivi régulier de la qualité des indices produits.
Fiacre E. Kakpo
Le Togo a rejoint la catégorie des pays à développement humain moyen, selon le Rapport 2025 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), lancé ce lundi 22 septembre 2025 à Lomé.
Avec un Indice de développement humain (IDH) de 0,571 — contre 0,567 dans le précédent rapport —, soit au-dessus du seuil de 0,550 qui distingue les pays à faible IDH de ceux à IDH moyen, le Togo se classe désormais au 161ᵉ rang mondial. Il occupe la 4ᵉ place en Afrique de l’Ouest et le 2ᵉ rang dans l’UEMOA. Parmi les pays de l’UEMOA, seule la Côte d’Ivoire (0,582) se situe légèrement devant. Le Togo devance donc des pays comme le Sénégal, le Bénin, la Guinée-Bissau, le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

« Ce progrès illustre les efforts consentis pour améliorer le quotidien de nos populations », a déclaré Sandra Ablamba Johnson, ministre et secrétaire générale de la présidence du Conseil, lors de la cérémonie de lancement.

Ces dernières années, le pays a enregistré des avancées notables : l’accès à l’eau potable est passé de 60 % à 86 % en quatre ans, et celui à l’électricité de 50 % à 74,5 %.
Le Togo entend investir davantage dans l’éducation, la santé et les infrastructures, afin de consolider ce progrès et transformer chaque avancée en levier de développement, dans un contexte mondial marqué par les inégalités et les incertitudes post-Covid.

Le rapport, intitulé « Une affaire de choix : individus et perspectives à l’ère de l’IA », souligne que l’intelligence artificielle représente à la fois une opportunité et un défi. « L’IA n’est pas seulement une question de technologie, mais aussi une question de vision humaine », a rappelé Binta Sanneh, représentante résidente du PNUD
Fiacre Kakpo
Le Togo accueille depuis ce lundi 22 septembre 2025, une délégation de l’Agence de promotion des investissements du Cameroun (API-Cameroun). En séjour jusqu’au vendredi 26 septembre, la mission camerounaise échange avec l’Agence de promotion des investissements et de la Zone franche (API-ZF) ainsi qu’avec plusieurs opérateurs économiques togolais.
Les discussions portent notamment sur le rôle du ministère de l’Industrie et de la Promotion des investissements dans la facilitation des projets au Togo, le climat des affaires, les incitations offertes aux investisseurs (code des investissements, régime de la zone franche), ainsi que les services de l’API-ZF. La délégation s’intéresse également aux dispositifs mis en place par l’État togolais, dont le Guichet unique numérique et celui de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA).
Au programme figurent aussi des visites de terrain, notamment à la PIA, au Port autonome de Lomé, chez Jus Délice, ainsi qu’une découverte touristique du Palais de Lomé.
Cette mission s’inscrit dans la volonté du Togo de renforcer ses partenariats économiques avec d’autres pays africains, en particulier à travers la promotion du secteur privé et l’attraction d’investissements directs étrangers.
Esaïe Edoh
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La CEDEAO, à travers son Fonds Régional de Stabilisation et de Développement (FRSD), appuie cette semaine à Lomé, la formation de 25 techniciens électro-solaires togolais en vue d’obtenir la certification régionale ECSES (ECOWAS Certification of Sustainable Energy Skills) niveau 1.
Organisée à partir de ce lundi 22 septembre au vendredi 26 septembre 2025 et animée par Kya Energy Group, cette session regroupe des participants venus des cinq régions du pays. Elle constitue la première cohorte togolaise bénéficiant de cette certification sous-régionale. Pendant cinq jours, les bénéficiaires suivront des cours théoriques et pratiques préparatoires à l’examen portant sur les systèmes solaires photovoltaïques domestiques.

L’initiative s’inscrit dans le projet « Promotion du Nexus Eau-Énergie-Sécurité Alimentaire » financé par la GIZ dans le cadre du FRSD, et encadré par le Centre pour les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique de la CEDEAO (ECREEE). L’objectif est de renforcer les compétences locales en installation, maintenance et dépannage de systèmes photovoltaïques. « Former une nouvelle génération de techniciens qualifiés, c’est garantir la durabilité des projets solaires et l’autonomie des communautés », souligne le Prof. Yao Azoumah, directeur général de Kya Energy Group.
Le système ECSES, coordonné par l’ECREEE, vise à professionnaliser et standardiser les compétences dans les énergies renouvelables. Notamment, le niveau 1 cible les installateurs hors réseau, tandis que le niveau 2 s’adresse à des profils plus avancés travaillant sur des mini-réseaux complexes.
Au-delà de l’enjeu technique, cette formation répond à des impératifs économiques. Elle s’articule notamment avec les ambitions du Togo de porter la part des énergies renouvelables à 50 % d’ici à 2030, avec un objectif de 400 MW solaires installés, dont une part importante hors réseau, pour élargir l’accès à l’électricité.
Ayi Renaud Dossavi
L’Office Togolais des Recettes (OTR) a récemment annoncé une nouvelle disposition visant à renforcer la vérification de l’origine des marchandises importées. La mesure a été rendue publique par le Commissaire général de l’institution, Philippe Tchodie, à travers une note adressée aux opérateurs économiques, notamment les commissionnaires en douane agréés, consignataires, importateurs et exportateurs.
Concrètement, l’Office a créé un champ bloquant dans le système SYDONIA pour toute utilisation d’un code additionnel ouvrant droit à des tarifs préférentiels lors de la saisie de la Déclaration en Douane Unique (DDU). Les opérateurs doivent désormais justifier obligatoirement l’origine réelle des marchandises dans le système SYDONIA avant de prétendre au bénéfice d’avantages douaniers tels que des réductions ou exonérations.
Pour ce faire, ils sont tenus de renseigner correctement le formulaire de déclaration, notamment en joignant une copie du Certificat d’origine (CO) et en indiquant le numéro correspondant. Faute de quoi, le système invalide automatiquement la procédure et bloque la déclaration. Ce mécanisme vise à empêcher les fausses déclarations destinées à profiter indûment de tarifs préférentiels.
L’OTR précise que cette mesure permettra de garantir une perception équitable des droits et taxes, qui varient selon l’origine des produits et les accords commerciaux en vigueur. Elle devrait également contribuer à protéger l’économie nationale, assurer le respect des engagements internationaux du Togo et limiter l’entrée de marchandises contrefaites ou prohibées.
« En contrôlant sérieusement, l’OTR limite les fraudes et sécurise les recettes fiscales qui financent le budget de l’État », souligne l’institution, qui insiste sur la nécessité de renforcer la traçabilité et la transparence dans l’application des régimes tarifaires préférentiels.
Esaïe Edoh
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OTR : plus de 737 milliards FCFA mobilisés à fin août 2025
Lancés il y a quelques semaines, les travaux de dragage du terminal à conteneurs de Lomé Container Terminal (LCT), pour un coût de 7,5 millions d’euros (près de 4,9 milliards FCFA), sont désormais achevés. Une cérémonie officielle s’est tenue à cet effet le vendredi 19 septembre 2025 au siège de la LCT, réunissant le top management de la société de manutention, en présence de plusieurs acteurs portuaires, dont le contre-amiral Adegnon, à la tête Port autonome de Lomé, des acteurs des douanes et des représentants de ministères.

Rappelons que ces travaux, conduits du 31 juillet au 16 septembre 2025, ont permis d’approfondir le chenal d’accès à 18,6 mètres et d’élargir le cercle d’évitage à 550 mètres. Le port est désormais en mesure d’accueillir à pleine charge les navires géants de 19 000 à 24 000 EVP.
L’opérateur, joint-venture entre China Merchants Port Holdings et Terminal Investment Limited (filiale de MSC), a précisé que ce dragage s’inscrivait dans un vaste programme d’investissements de 120 millions d’euros (près de 80 milliards FCFA) en infrastructures et équipements, étalé jusqu’en 2027.

“Ces travaux s'inscrivent dans un programme d'investissement de 80 milliards de francs CFA, en infrastructures et équipements destinés à assurer la manutention de ces navires et en même temps à accroître notre capacité annuelle de 2 millions équivalent d'un pied à 2,5 millions.”, a confié Tim Vancampen, directeur général de LCT, lors de la cérémonie.
Le plan prévoit notamment le renforcement des quais, un système de défenses adapté aux navires de nouvelle génération et l’installation de deux nouvelles grues STS. À terme, la capacité annuelle passera de 2 millions à 2,5 millions d’EVP/
Il en est attendu la création d’environ 150 emplois directs, en plus d'un accroissement des volumes régionaux.
Ces investissements interviennent dans un contexte de concurrence accrue dans le golfe de Guinée, face aux ports de Tema, Abidjan, Lagos ou encore Lekki. La compétition régionale repose sur trois leviers : la profondeur des eaux, la productivité et l’efficacité douanière des corridors.
Si Lomé conserve un net avantage en matière de transbordement et de profondeur, ses concurrents montent en puissance. Selon les observateurs, la différenciation de cette grande course au trafic maritime passera par des escales plus rapides, des liaisons feeders fiables et une meilleure interopérabilité douanière avec l’hinterland sahélien.
Ayi Renaud Dossavi
C’est une nouvelle page qui se tourne à la tête des universités publiques du Togo. Par décret, le Professeur Kossivi Hounakey est nommé Président de l’Université de Lomé (UL), en remplacement du Professeur Adama Mawulé Kpodar, dont le mandat aura duré deux ans.
Agrégé de droit public et ancien ministre délégué auprès du ministère du Commerce, il prend la tête du premier établissement supérieur du pays, fort de plus de 60 000 étudiants.

Pour lui, il s’agira notamment de renforcer la gouvernance universitaire, d’améliorer la qualité de l’enseignement et de consolider les partenariats entre l’UL, le secteur privé et les institutions internationales.
La première femme à la tête d’une université publique au Togo
À l’Université de Kara, le changement est historique, avec la nomination de sa toute première présidente, qui devient par la même occasion la première femme à diriger une université publique au Togo. Il s’agit de la Professeure Houzou Mouzou Grâce Prénam, médecin lieutenant-colonel et rhumatologue, qui dirige depuis 2012, le service de rhumatologie du CHU de Kara.

Son arrivée à ce nouveau poste constitue un signal fort en matière de représentation féminine dans le leadership académique. Elle entend développer la recherche scientifique, stimuler les coopérations internationales et améliorer l’attractivité de l’Université de Kara, deuxième institution publique d’enseignement supérieur du pays, pour les étudiants de la sous-région.
Pour les universités togolaises, ces nominations interviennent sur fond d’efforts de modernisation visant à mieux positionner l’enseignement supérieur et à l’aligner sur les priorités nationales : compétitivité économique, innovation et intégration régionale, dans un contexte où l’éducation absorbe plus de 10 % du budget de l’État.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo occupera un siège au Conseil des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), de 2025 à 2027. Le pays a été élu à cette position aux côtés de dix autres États, dont le Niger, le Portugal et l’Arabie Saoudite, le vendredi 19 septembre 2025, à la faveur de la 69ᵉ session de la Conférence générale qui s’est tenue à Vienne, en République d’Autriche. Il rejoint ainsi un organe de gouvernance décisif pour la politique nucléaire civile mondiale.
Le Conseil examine et approuve le budget, les programmes de travail et les demandes d’adhésion des nouveaux États membres. Parmi ses autres missions, il valide également les accords de garanties nucléaires et autorise la publication des normes de sûreté de l’Agence.
Pour le Togo, cette élection intervient dans un contexte marqué par plusieurs initiatives nationales en faveur d’une meilleure appropriation du nucléaire civil. En janvier 2025, le gouvernement a créé le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEAT), chargé de piloter les programmes de recherche, de formation et d’application des technologies nucléaires dans la santé, l’agriculture et l’énergie. En parallèle, un accord conclu avec la société américaine Nano Nuclear Energy prévoit l’utilisation de micro-réacteurs pour la production électrique.
Le pays doit toutefois relever de multiples défis, au-delà du manque de ressources techniques et technologiques : cadre légal et réglementaire encore perfectible, sécurité nucléaire et protection radiologique, ainsi que mobilisation budgétaire suffisante pour soutenir ses ambitions.
Cette nouvelle position au sein de l’instance de gouvernance de l’AIEA pourrait offrir au Togo une tribune pour influencer les normes internationales, attirer des investissements extérieurs et sécuriser davantage ses projets nucléaires.
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Le Togo a lancé le jeudi 18 septembre à Sokodé, une nouvelle étape de la mise en œuvre de son projet de Restauration des paysages forestiers (RPF), avec l’installation d’un Groupe national de travail (GNT). Cet organe, qui fait office de comité de pilotage, a tenu une première réunion consacrée à l’examen des défis rencontrés et à l’identification de solutions pour accélérer les actions en cours.
La rencontre, prévue sur deux jours, est organisée par le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ, dans le cadre du projet de gouvernance forestière Forest4Future (F4F). Les participants ont évalué l’état d’avancement du projet et ses premiers résultats, avant d’élaborer une feuille de route consensuelle pour l’opérationnalisation du GNT.
Les travaux visent à renforcer la cohérence des interventions et à capitaliser sur les initiatives existantes, en vue d’atteindre l’objectif national de restauration de 1,4 million d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030 dans la préfecture de Tchaoudjo. Cette ambition s’inscrit dans le cadre de l’initiative panafricaine AFR100, qui prévoit également le reboisement d’un milliard d’arbres.
Fruit de la coopération entre le Togo, l’Allemagne et le Luxembourg, le projet F4F entend contribuer à la restauration des paysages africains, tout en intégrant les actions de RPF dans les politiques et stratégies nationales de développement.
Esaïe Edoh
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A Aného, cité tricentenaire, située à environ 50 km au sud-est de Lomé la capitale togolaise, un projet de Musée, « le Musée des Trônes et des Divinités Noires » est dans les pipes. L’initiative, portée par l’association des Trois Royaumes (Guin, Nlessi, Lolan), avec l’appui de de la Commune des Lacs 1, de la France dont l’ambassadeur au Togo, Augustin Favereau était présent, l’Union européenne (UE) et d’autres parties prenantes, vise à redonner vie à un patrimoine immatériel riche.
Alors que le peuple guin était dans une liesse populaire, une effervescence culturelle et cultuelle marquée à son paroxysme par « Kpessosso » ou la cérémonie de prise de la pierre sacrée le même jour, la journée de jeudi 18 septembre a également été marquée à Aného, par la présentation d’un projet de musée à la presse nationale : le « Musée des Trônes et des Divinités Noires ».

De l’avis de l’association porteuse de cette initiative, ce musée, c’est une « bâtisse afro-brésilienne chargée d’histoire qui s’apprête à renaître », tout en opérant sa mue pour devenir : « le Musée des Trônes et des Divinités noires, un lieu unique qui rassemblera mémoire, création et transmission » du patrimoine vivant des Trônes, des Divinités et des savoirs immatériels d'Aného et Glidji.

Selon les informations, dans la cité tricentenaire, berceau des peuples Guin et Mina, cohabitent pacifiquement trois trônes : Glidji, installé depuis 1663, Nlessi depuis 1666 et Lolan, depuis 1821. La ville qui, à deux reprises, a été la capitale du Togo, se transforme par ailleurs, plus précisément lors de « Kpessosso », en un centre spirituel et en un haut lieu de pèlerinage du peuple Guin. Le territoire accueille également 41 divinités vaudou, apprend-on.
« Le musée des Trônes et des Divinités Noires vient donner voie à ce patrimoine immatériel vivant à travers un lieu pédagogique, créatif et résolument tourné vers le patrimoine culturel et le développement économique », souligne l’association des trois Royaumes.
Le musée vise une cible hétéroclite constituée de la jeunesse, de moins en moins intéressée par la richesse matérielle et immatérielle, qui devra s’intéresser à nouveau à l’histoire des trônes et à la culture ; des artistes et artisans dont l’innovation et la créativité ainsi que les créations nourriront le musée ; enfin des visiteurs et touristes qui contribueront à faire vivre l’économie locale et à porter le rayonnement d’Aného au-delà des frontières nationales.
De fait, ce ne sera pas un simple espace d’exposition. Ce sera un lieu du quotidien, où l’on se rencontre, où la vie s’anime, autour de trois missions principales :
Préserver et valoriser le patrimoine vivant des Trônes, des Divinités et des savoirs immatériels d’Aného et Glidji ; transmettre à la jeunesse grâce à des ateliers pédagogiques, des activités de médiation et des espaces d’apprentissage ; soutenir la création en accueillant artistes et artisans en résidence pour faire dialogier traditions et modernité.
Selon Me Edouard-Robert Aqueruburu, Président de l'Association des Trois Royaumes, « le caractère vivant du musée se traduira par la captation sonore et visuelle à travers la reproduction des scènes du quotidien, de sorte à mettre les gens en situation pour qu'ils puissent vivre le musée », a précisé Me Edouard-Robert Aquereburu.
« Nous sommes extrêmement heureux de pouvoir contribuer à ce projet pour trois raisons. Primo, c'est que c'est un projet qui va contribuer à la structuration des industries créatives culturelles au Togo. Secondo, c'est parce qu'Aného est détentrice d'un patrimoine culturel matériel, immatériel et spirituel vivant. Et tertio, c'est parce que notre coopération est très humaine, et cela nous amène à travailler sur ce projet à Aného avec beaucoup d'énergie et d'initiatives, reflet du dynamisme de la coopération entre le Togo et la France », a poursuivi le diplomate français.
S’agissant de la France, sa contribution à ce projet s’apprécie tant sur le plan financier que technique.

Notons qu’en marge de la présentation du projet : « Le Musée des Trônes et des Divinités Noires », il a été procédé à l'inauguration de la Maison du Tourisme de la ville d'Aného.
S. A