Kobo360, une plateforme nigériane de logistique, envisage de démarrer ses activités au Togo, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Sénégal d’ici la fin de l’année prochaine.
La start-up, qui donne aux entreprises souhaitant transporter des marchandises l'accès à plus de 5000 camions via sa plateforme en ligne de type Uber, vient de lever 1,2 millions $ pour matérialiser ses ambitions ouest-africaines.
Si une partie de ces fonds est destinée à régler immédiatement les chauffeurs avec lesquels elle travaille, et renforcer son parc de camionneurs, les reliquats vont permettre à la jeune pousse d’étendre ses activités à d’autres marchés à forts potentiels commercial et logistique, notamment le Togo.
« D'ici la fin de l'année, nous prévoyons d'installer 20 000 camions supplémentaires sur notre application. Dans les prochaines années, nous allons également nous étendre dans 4 autres pays africains », a annoncé Obi Ozor, co-fondateur et Ceo de Kobo360. Et de préciser : « Nous serons au Ghana cette année et l'année prochaine dans les autres pays ».
La jeune pousse fondée en 2016 par Ife Oyodeli et Obi Ozor, estime déjà desservir 324 entreprises. Elle devrait lancer d’ici août, les versions Haussa et Pidgin de son application.
Fiacre E. Kakpo
La campagne agricole 2018 a permis d’enregistrer un excédent alimentaire d’environ 21%, porté par les spéculations stratégiques comme le sorgho, le mil et les tubercules. Cette nouvelle croissance agricole traduit une dynamique de performance qui se confirme chaque année.
De l’avis du Colonel Ouro-Koura Agadazi, le secteur devrait viser de meilleures performances. Avec le cap qui sera mis sur la transformation des produits agricoles, le secteur va enregistrer de nouveaux acteurs. Le défi sera donc, non seulement de maintenir le cap de la croissance, mais également et surtout, d’améliorer les performances de façon à offrir des garanties à ces nouveaux acteurs qui vont émerger dans le secteur.
En effet, dans sa phase opérationnelle, le Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) fondé sur le partage de risques, et le projet de développement des agropoles, amèneront le secteur agricole à muter et à s’adapter à une vision de développement intégrant le système bancaire. A terme, il s’agira de rassurer ces nouveaux acteurs de façon à concrétiser, dans une synergie d’actions, l’objectif de croissance agricole de 10% sur les 10 prochaines années.
Le forum national du monde paysan qui s’ouvre à Kara (Nord-Togo) devrait permettre de jeter les bases du renouveau qui s’annonce dans ce secteur.
Séna Akoda
Après la mise en route du projet Wifi Campus, Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Economie Numérique a mis le cap sur l’Environnement Numérique du Travail (ENT). Lundi, 02 juillet 2018, elle a, en présence de son collègue des Enseignements Primaire, Secondaire et de la Formation Professionnelle, celui de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle et celui en charge de la communication, lancé cet outil qui se veut une plateforme dédiée à améliorer significativement le système éducatif dans les lycées techniques et les lycées scientifiques du Togo. C’était au Lycée Technique et Professionnel d’Adidogomé, dans la capitale togolaise.
De l’avis de la ministre, « à l’instar d’autres initiatives comme le « Wifi Campus » (de déploiement du très-haut débit Internet sur les campus universitaires de Lomé et de Kara), l’ENT est une composante à part entière de tout un dispositif cohérent en direction de la jeunesse togolaise et dont l’objectif est de répondre à une préoccupation majeure : adapter nos formations aux exigences de l’emploi afin d’assurer à nos enfants un avenir professionnel ».

Une révolution de l’enseignement
Le projet ENT a vocation à révolutionner l’éducation en impulsant une approche pédagogique qui intègre les TIC. Selon la ministre, « Le numérique doit permettre aujourd’hui aux Togolais de tout faire autrement grâce aux nouvelles possibilités et opportunités offertes ».
En ce sens « l’éducation doit connaître une véritable révolution en son sein pour permettre à la jeunesse de cultiver l’excellence, d’être compétitive et d’affronter les énormes défis auxquels elle fait face », a indiqué la ministre.
Plus concrètement, détaille Cina Lawson, il s’agit d’un intranet sur lequel un groupe d’ordinateurs et de serveurs sont connectés, une plateforme sur laquelle on trouve du contenu pédagogique, les matières enseignées dans le système éducatif, technique et scientifique.
L’ENT comporte des logiciels de simulation, un outil de travail collaboratif qui permet aux enseignants d’envoyer des e-mails aux élèves et à ceux-ci de répondre. Cette plateforme technique est appuyée par une connexion très haut débit fournie par le réseau E-gouv qui dessert le lycée.
Komi Palamwé Tchakpélé, ministre des Enseignements Primaire, Secondaire et de la Formation Professionnelle, a, pour sa part, indiqué que l’ENT s’inscrivait dans une vision gouvernementale, celle de faire du Togo un hub logistique. Et ceci passe par la digitalisation. Un défi impossible à relever sans la formation des compétences humaines. Grâce à l’ENT, les méthodes didactiques connaissent une mutation positive en intégrant les TIC.
Son collègue de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle, Georges Kwaku Aïdam, a mis en évidence la valeur ajoutée de cette révolution à l’adéquation Formation – Emploi. Une affirmation confortée par les récentes recherches en matière de prospective qui établissent que dans les 20 prochaines années, 50% des métiers existants actuellement sur la planète vont disparaître au profit d’autres métiers dont on ignore la nature mais qui seront essentiellement basés sur le numérique, l’informatique et le digital.
Séna Akoda
L’Ordre national des experts-comptables et comptables agréés (ONECCA) au Togo célèbre ses 15 ans d’existence. Créée par décret du 20 janvier 2001, cette structure corporatiste a en effet démarré ses activités en 2003 avec la mise en place du premier conseil.
Pour marquer cet anniversaire, ONECCA organise une Semaine de la Comptabilité, lancée lundi, 02 juillet 2018 par Kossi Tofio, directeur de Cabinet du ministre de l’économie et des finances.
A l’agenda de cette semaine, une série de manifestations est prévue, notamment des conférences dans les universités publiques du Togo (Kara et Lomé) et privées notamment à l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest (UCAO) à Sanguéra (périphérie de Lomé).
L’événement est placé sous le thème : « Le rôle de la profession comptable dans le développement économique » et se veut un cadre pour informer sur la formation et la profession d’expert-comptable ou de comptable agréé, échanger et organiser des débats sur les grands défis auxquels l’ONECCA fait face, selon Yawo Djidotor, son président.
Aujourd’hui, l’ordre est membre de plusieurs organisations internationales de comptables, notamment l’International Federation of Accountants, la fédération internationale des experts-comptables francophones ou l’Association of Accountancy bodies in west.
De cinquante-deux (52) membres, l’ordre compte aujourd’hui une centaine d’adhérents. Il a pour missions de défendre l’honneur et l’indépendance de la profession et de veiller à la formation continue des experts comptables, des comptables agréés et de leurs collaborateurs.
Séna Akoda
Vendredi dernier à Cotonou, dans la capitale économique du Bénin, a été lancé le marché régional de l’électricité de l’Afrique de l’Ouest.
La cérémonie de lancement présidée par Abdoulaye Bio Tchané (photo), ministre béninois du plan et du développement, a enregistré la présence de 13 ministres en charge de l’énergie des pays membres de la Cedeao dont Marc Ably-Bidamon, ministre togolais de l’énergie et des mines.
Selon M. Bio Tchané, ce marché commun devrait pallier le manque d’approvisionnement en quantité et en qualité souhaitée d’électricité, qui entrave le développement économique de l’espace d’intégration.
Pour le ministre béninois de l’énergie Jean-Claude Houssou, « la mise en place du marché régional de l'électricité est nécessaire pour résoudre le problème de la répartition inégale des ressources énergétiques entre les pays, et pour combler le fossé entre l'offre et la demande d'électricité ».
Le Togo qui ambitionne d’atteindre 100% d’accès à l’électricité d’ici 2030, pourrait tirer profit de cette initiative qui vise à produire, vendre ou acheter à bas coûts l’énergie.
L’Autorité de régulation régionale du secteur de l’électricité de la CEDEAO (ARREC), qui a été mise sur pied en janvier 2018, est basée au Bénin.
Fiacre E. Kakpo
Le vendredi 29 juin 2018, a eu lieu le lancement dans la capitale togolaise d’un magazine et d’une application mobile par la société « Made in Togo ».
L’initiative de créer la société « Made In Togo » est née du souci d’accompagner les producteurs, inventeurs, prestataires togolais face à leurs défis promotionnels. Dans cette perspective, un référencement des produits, services, innovations et entreprises a été fait dans un annuaire en ligne via le portail made-in-togo.com.
En prolongeant ce portail par une application mobile « Made in Togo », l’idée est de satisfaire en temps réel le besoin d’information sur les produits et services du Togo, a révélé Sitou K. Yibokou, associé gérant de la structure.
Cette application, téléchargeable sur Google Play Store et consultable gratuitement, présente en temps réel les innovations et la créativité togolaise à partir de smartphones.
Elle facilite l’accès à la population et à la diaspora aux informations grâce à des notifications instantanées et régulières et au partage des innovations sur les réseaux sociaux. L’application offre également un accès rapide au répertoire des sociétés et une option d’achat d’un produit de l’application via la plateforme E-commerce.
Le magazine, un bimestriel, vient compléter les canaux existants en permettant aux lecteurs, surtout à ceux qui n’ont pas accès à la connexion internet de disposer d’un support papier. Plusieurs rubriques y sont disponibles, notamment les produits, services, entrepreneuriat, agriculture, tourisme, culture, etc.
L’initiative est appréciée, tant par Sahouda Gbadamassi-Mivedor, directrice générale du FAIEJ, que par Rémi Moévi, Vice-président de la Chambre du commerce et d’industrie du Togo (CCIT). Selon ces derniers, l’initiative « Made in Togo » doit être promue et accompagnée pour la visibilité des produits du terroir.
Séna Akoda
Togo Cellulaire,l l’opérateur public, leader de la téléphonie mobile et premier contribuable du pays, fête cette année ses 20 ans d’activités. Bonne nouvelle pour ses 3,5 millions d’abonnés qui attendent impatiemment l’arrivée de la 4G. Ils pourront désormais surfer à haut débit. La 4G est désormais opérationnelle.
« Togo Cellulaire vous dit merci pour 20 ans de partage de fidélité et vous offre la 4G/LTE sur le réseau leader », a twitté l’opérateur ce dimanche.
Pour profiter, précise TogoCel, le client doit disposer d’une SIM 4G, d’un terminal qui supporte la technologie 4G /LTE (smartphone, tablette, modem, box…).
Le 11 juin dernier, l’opérateur historique obtenait en compagnie de Moov, le second sur le marché, la licence d’exploitation de la 4G. Le duopole avait promis d’accélérer le déploiement de l’infrastructure pour rendre la 4G opérationnelle avant la fin de cette année. Moov devrait emboiter le pas à Togocel d’ici la fin de cette année pour le plus grand bonheur de ses abonnés.
Fiacre E. Kakpo
Au titre de la nouvelle campagne cotonnière démarrée fin mai 2018, les acteurs de la filière de la région des Savanes annoncent de grandes ambitions.
Si toutes les conditions optimales sont réunies, elle table sur une production de 67 000 tonnes de coton graine, soit quasiment la moitié de l’objectif national de production qui s’établit à 140 000 tonnes de coton graine pour la nouvelle campagne. En hypothèse basse, la région fixe son objectif de production à 53 600 tonnes.
Pour ce faire, elle compte emblaver 67 000 hectares, contre 62 984 hectares la campagne précédente. Comparé au défi que se fixe la filière au plan national (180 000 hectares), on en déduit que la région des Savanes vise à réaliser le tiers des objectifs nationaux en termes de superficie à emblaver pour la campagne.
Avec ces ambitions, la région des Savanes devrait conserver son titre de premier producteur national du coton graine.
Certains facteurs pourraient concourir à booster la filière au plan national, notamment le prix d’achat initial du coton graine fixé à 250 F/kilo pour le compte de la campagne 2018/2019, et la baisse du prix des différents intrants.
Rappelons que la filière veut atteindre 200 000 tonnes de coton-graine à l’horizon 2022. Au titre de la campagne précédente, elle a contribué à la lutte contre la pauvreté en milieu rural avec plus de 17,5 milliards FCFA en termes de revenus nets versés aux producteurs pour la vente du coton-graine.
Séna Akoda
A Lomé, la table-ronde de mobilisation des bailleurs de fonds et partenaires autour de la nouvelle stratégie d’électrification, commence à porter ses fruits. Le Togo est déjà à l’étape de la moisson.
Selon un communiqué officiel de la BAD relayé par le site d’informations republicoftogo.com, l’institution confirme un financement à hauteur de 30 millions d’euros sur ressources propres et un autre de 90 millions qu’elle devrait mobiliser auprès de ses partenaires sur les deux premières années, au titre de la première phase du projet (2018-2020) pour le développement du réseau électrique hors réseau.
La BOAD s’annonce également sur le projet avec un décaissement de 21 milliards FCFA pour les mini-grids.
A l’instar de ses consœurs, la BIDC devrait contribuer à la réussite de cet ambitieux projet du gouvernement togolais à hauteur de 40 millions de dollars. Cette ressource devrait permettre de financer des opérateurs de kits solaires.
Co-organisatrice de la table-ronde du Togo, la Banque mondiale promet 30 millions de dollars pour l’accès de tous les Togolais à l’électricité à l’horizon 2030. D’autres bailleurs de fonds disent examiner les modalités d’accompagnement technique et financier de la stratégie, précise le communiqué.
A la lumière de la mobilisation des bailleurs de fonds autour du projet et de leurs annonces de financement, la table-ronde des 27 et 28 juin derniers semble un succès.
Par ailleurs, le projet régional ROJEP (Regional Off-Grid Electrification Project) pourrait permettre à des sociétés spécialisées en installation de kits solaires de bénéficier d’une ligne de crédit sur une enveloppe totale disponible de 148 millions de dollars de la Banque mondiale. Sa mise en œuvre devrait commencer en janvier 2019.
Séna Akoda
Passionnée, perfectionniste et visionnaire, Mablé Agbodan incarne la femme togolaise aux multiples talents. Spécialisée dans le design de luxe, elle est directrice d’une galerie et d’une boutique en ligne.
«Motivée par cette rage de changer les choses et d’aider ses frères et sœurs togolais », celle qui est lauréate de la catégorie féminine de « ARTS, SPORTS ET CULTURE » ouvre en Août 2016 le Club des Métiers d’Arts et d’Artisanat du Togo. Ce club qui vise à renforcer les capacités des artisans togolais est surtout un formidable créneau qui doit servir à rehausser le niveau de l’artisanat togolais et à le rendre plus attractif et compétitif. Mais, elle a surfé sur des vagues avant d’en arriver là. Nous sommes allés à sa rencontre. Découvrons ensemble cette dame au cœur d’or.
T.F : Vous résidiez en Occident où tout se passait bien pour vous au travail et en affaires. Mais vous avez décidé de rentrer au bercail. Qu’est-ce qui vous a motivée ?
M.A : On dit souvent qu’on n’est toujours mieux servi que chez soi ou qu’on se sent toujours mieux chez soi. J’ai toujours dit que les Européens ont construit leur pays et que c’est à nous de construire l’Afrique. Ceci étant, j’aimerais bien apporter ma pierre.
T.F : Quelles sont, de votre point de vue, les mesures à mettre en œuvre pour permettre aux artisans togolais d’abord de révéler tout leur potentiel et ensuite de pouvoir jouir du métier ?
M.A : Je pense que le chemin est encore très long. L’artisanat africain a encore du chemin à faire. Dans la réalité actuelle, on est artisan quand on n’arrive pas à exceller à l’école ou quand on ne veut pas aller à l’école du tout ou quand on n’a pas d’autres alternatives. La preuve : pour les apprentissages, il y en a qui se donnent carrément aux patrons. C’est-à-dire qu’ils n’ont même pas de quoi payer les frais de contrat. Donc, ils font leurs années d’apprentissage et des années supplémentaires pour pouvoir payer par leur travail, le coût du contrat. Une sorte d’échange de services. Ce dont l’artisanat africain a besoin dans un premier temps, c’est la sensibilisation.
Mais à mon niveau, avec mes moyens limités, je compte offrir aux jeunes de mon centre, des aptitudes linguistiques notamment en anglais. Je pense négocier avec l’ambassade des Etats Unis une formule pour leur permettre de bénéficier de cours d’anglais. Comme chacun d’entre eux dispose d’un compte bancaire, j’envisage également de leur offrir des conditions d’accès à des prêts bancaires pour qu’ils puissent se procurer un véhicule. Mon objectif est de leur faire prendre conscience de ce que leur métier, l’artisanat, a du prix et qu’ils peuvent en vivre.
T.F : Qu’est-ce qu’il y a lieu de faire au niveau institutionnel afin justement de mieux développer cet artisanat ?
M.A : Penser à moderniser le secteur en donnant des outils pratiques à l’artisan afin de le stimuler. Eveiller chez les artisans la créativité.

T.F : En termes de standard, comment évaluez-vous le niveau de l’artisan aAfricain par rapport à celui européen, vu que vous avez eu à travailler avec eux ?
M.A : L’artisan africain est incapable de faire certaines choses pour la simple raison qu’il ne sait pas le faire et qu’il n’en a pas les moyens. La culture ne l’aide pas non plus parce qu’on lui a appris à être un exécutant et non un leader. L’artisan africain est limité, conditionné, il n’a pas les ressources pour aller plus loin et sa culture ne lui permet pas de s’exprimer. Ce qui est tout le contraire de l’Européen.
T.F : Comment arrivez-vous à financer le développement du club des métiers de l’artisanat ?
M.A : C’est assez difficile actuellement et j’en profite pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés, en premier lieu à l’Etat afin de nous aider et de nous soutenir. Faire en sorte que ce centre ne soit pas le premier et le dernier. J’ai commencé avec les moyens du bord. La principale source de financement provient de mes propres fonds que j’ai économisés pendant mes dix ans d’activité et je pense, je le dis d’ailleurs souvent à mes artisans, que si on ne trouve pas rapidement le moyen de vendre nos réalisations, le trou dans lequel on puise l’argent risque de se tarir (rires…).
T.F : Allant dans ce sens, qui sont vos débouchés ? Vos produits sont destinés à qui ?
M.A : J’aimerais vendre à tout le monde mais on ne peut pas plaire à tout le monde. Je travaille aujourd’hui dans le luxe et mes premiers clients sont en Europe. Mes produits sont de haute gamme et sont destinés à une certaine classe sociale : des footballeurs, des designers, bref des gens de la haute… Toutefois l’objectif est de pouvoir essayer de vendre à des gens issus de la classe moyenne africaine et de continuer à vendre à mes profils de clients actuels.
T.F : Est-ce que vous avez des problèmes de mévente ou des difficultés liées à la vente ici ?
M.A : Oui, des problèmes liés au désintérêt des gens et leur rebut compte tenu du prix. Beaucoup s’intéressent aux produits mais ne les achètent pas.
T.F : Pourquoi les produits sont-ils donc chers ?
M.A : Nous passons énormément de temps sur la création des produits. Nous ne le faisons pas dans la précipitation ; nous passons du temps sur la conception, le design et tout… C’est la raison pour laquelle nos produits sont peu accessibles.
T.F : Vous avez franchi un palier avec la création de ce centre. Quel sera le prochain cap ?
M.A : Mon rêve est d’avoir une université des métiers. Le Club des Métiers d’Arts et d’artisanat du Togo est un rêve que je nourrissais depuis et il s’est finalement réalisé. Je suis passé par de nombreuses étapes. Depuis mes débuts et tout au long de mes nombreux déplacements, j’ai nourri l’idée de la création un jour d’un institut africain des métiers créatifs (rires…). J’ai commencé sur la terrasse de ma sœur et aujourd’hui j’en suis là. La prochaine étape, si j’arrive à trouver un centre à Kara et Dapaong, est de créer un vrai centre de formation des artisans. Un lieu d’apprentissage où on va exiger un certain niveau de qualification avant d’y accéder.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo, Séna Akoda et Ahlonko Octave Bruce