Togo First

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Après la RDC, le Bénin, la Côte d'Ivoire et plus récemment le Burkina Faso, le gouvernement togolais vient d'annoncer l'interdiction « temporaire » de l’importation, de l’exposition et de la commercialisation, sur toute l’étendue du territoire national des poissons tilapias.

Dans un arrêté interministériel signé par le ministre en charge du commerce, et celui de la pêche, les autorités togolaises ont expliqué que la mesure fait suite à l’alerte sanitaire de la FAO portant sur le virus mortel (le virus de lac du Tilapia) qui affecte les tilapias.

Si l'arrêté dans la plupart des autres pays concerne les tilapias essentiellement provenant de cinq pays africain, asiatiques et américains, à savoir l'Egypte, Israël, la Thaïlande, l'Equateur et la Colombie, au Togo, le gouvernement préfère jouer la carte de la prudence, en suspendant toute importation de ce type de poisson.

En mesure de précaution, Lomé annonce le renforcement des contrôles, du suivi et de la surveillance par les services du ministère de l'Agriculture, de la Pêche et Elevage, et des autres services qui œuvrent aux frontières. Les services publics n'hésiteront pas à procéder à la saisie et à la destruction de toutes les espèces de tilapia, sauvage et ou d’élevage, et de ses produits dérivés. Des poursuites et sanctions sont également prévues à ce titre.

Toutefois, le tilapia élevé ou pêché dans les eaux togolaises, très prisé dans la cuisine locale, ne comporte aucun risque et peut être consommé sans crainte, précisent les deux départements ministériels.

De même, les autres produits halieutiques et leurs dérivés sont autorisés sur le sol togolais, mais, devront être accompagnés de documents indiquant leur origine et de certificat vétérinaire dûment visé par un vétérinaire officiel du pays d’origine.

Fiacre E. Kakpo

Le Togo interdit l’importation et la commercialisation de l’herbicide Total. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Ouro-Koura Agadazi, relève que ce produit contient une matière active, le Glyphosate, sujet à controverse sur le plan international.

En outre, cette matière, précise un communiqué du ministre, a des effets néfastes sur la santé humaine et animale ainsi que sur l’environnement. La mesure d’interdiction est prise, justifie-t-on donc, par « le souci de préserver non seulement l’environnement mais aussi la santé humaine et animale ».

L’autorité de tutelle du secteur agricole rappelle à cet effet, la loi n°96-007/PR du 03 juillet 1996 visant à protéger les végétaux. Le pesticide Glyphosate, martèle le ministre, figure parmi les pesticides non homologués.

Pour éviter tout risque de situation inconfortable pour les opérateurs économiques et acteurs du secteur agricole, le ministre rappelle, en outre, que « l’introduction sur le territoire de tout pesticide est subordonnée à l’obtention d’agrément professionnel et d’autorisation d’importation, sous réserve que la matière soit homologuée conformément à la réglementation phytosanitaire au Togo ».

Des contrôles inopinés devront être menés et tout opérateur économique ou acteur du secteur agricole indélicat « s’expose à la rigueur de la loi », prévient le ministre.

Séna Akoda

Adoyi Esso-Wavana Ahmed (photo), commissaire des impôts à l'Office togolais des recettes (OTR), une institution née de la fusion des impôts et des douanes en 2014, a accordé un entretien à Togo First. Quatre après son lancement en grande pompe, l'institution aura permis d'accroitre les recettes fiscales togolaises qui, combinées (douanes et impôts), peinaient à franchir la barre des 400 milliards de FCFA en 2013. Dans cet entretien, le dirigeant nous livre un tour d’horizon des actions entreprises par l'office, tout en dévoilant les prochains chantiers.

Togo First : L’OTR met désormais le cap sur le civisme fiscal. Quelles sont les mesures d’accompagnement que l’Office prévoit de déployer pour réussir cette mission ?

ADOYI Esso-Wavana Ahmed (AEA): Le système fiscal étant déclaratif auto-liquidé, la stratégie de l’OTR est de promouvoir une culture fiscale permettant d’avoir l’adhésion des opérateurs économiques et de la population, aux activités de l’Office. L’office s’investira dans le renforcement des capacité des opérateurs économiques sur leurs obligations déclaratives et de paiement, ainsi que sur les procédures fiscales et douanières. De plus, l’Office entend publier régulièrement les données sur les recettes fiscales et douanières collectées et poursuivre la sensibilisation des citoyens sur le rôle de l’impôt. A ce titre, les grands travaux qui aboutissent à la construction d’infrastructures de grande envergure sont significatifs. L’objectif, c’est d’amener tous les opérateurs économiques et les ménages au consentement spontané à l’impôt et à son paiement.

Togo First : Depuis 2014, les anciennes Directions générales des Impôts et des douanes ont été fusionnées pour donner naissance à l’OTR, organe chargé désormais de mobiliser les recettes fiscales et douanières. Après trois années d’activités, quel bilan faites-vous de cette fusion ?

AEA : Avant tout, il faut préciser que l’opérationnalisation de l’OTR a commencé en 2014 et qu’actuellement après quatre années d’opérationnalisation, les résultats sont très encourageants. En effet, le niveau de recouvrement des recettes globalement collectées par l’Office en 2017 a connu un accroissement de 39,5% par rapport à son niveau en 2013. Aussi, le taux de pression fiscale, qui est le rapport entre les recettes fiscales et douanières et le PIB, a-t-il dépassé les 20% sur la période, ce qui est une des références sous régionales. Toutes ces performances sont à mettre à l’actif des reformes mises en œuvre dans le cadre de cette fusion impôts et douanes, voulues et mises en œuvre par le gouvernement.

Togo First : La lutte contre la corruption fait partie du cahier des charges de l’Office. Quels sont les dispositifs mis en place à ce titre et quels sont les progrès qu’à fait le Togo dans le cadre cette lutte ?

AEA : L’Office s’est employé à instaurer une culture d’intégrité et de lutte contre la fraude et la corruption. Les actions de la lutte contre la corruption ont surtout consisté en la mise en place d’outils modernes de prévention. Mais aussi d’investigation d’une part, et d’implication de chaque agent de l’Office dans les stratégies de lutte contre la corruption, d’autre part. Il faut rappeler qu'au sein de l’OTR, il existe une direction dédiée à la prévention et à la répression de la fraude et de la corruption.

L’office s’est investi en outre, dans le développement de programmes de lutte contre la corruption avec l’ensemble des acteurs de la chaîne ainsi que dans le renforcement du partenariat entre les autres acteurs aussi bien nationaux, qu’internationaux notamment la CENTIF, la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et infractions assimilées, la Maritime Anti-corruption Network (MACN) - le réseau maritime de lutte contre la corruption - , l’Ambassade des Etats-Unis au Togo, etc.

Togo First : Le gouvernement a engagé depuis l’année dernière une série de réformes axées sur l’allègement fiscal. Pouvez-vous nous dire l’impact de ces allègements sur les recettes fiscales ?

AEA : Plusieurs mesures visant l’allègement fiscal comme :

  • l'introduction du taux réduit de TVA de 10% (art 323 CGI, article 4 LOFI 2017) en soutien au panier de la ménagère sur un certain nombre de produits et services ;
  • l’exonération de la TVA sur les importations et la vente des terminaux mobiles et équipements informatiques destinés aux consommateurs ;
  • la baisse du taux de TVA sur les biens de première nécessité ;
  • l’exonération de la TVA sur les activités de crédit-bail automobile ;
  • la réduction du taux de l’impôt sur les Sociétés qui est passé de 29 à 28%.

Parmi ces mesures, celles destinées à soutenir le panier de la ménagère n’ont pas eu l’effet escompté étant donné que les prix des produits exonérés n’ont pas baissé sur les marchés. Ce qui a amené le gouvernement à réviser certaines de ces mesures en 2018.

Par contre, les mesures destinées à faciliter l’accès des PME aux financements et aux investissements vont permettre à moyen terme de dynamiser l’activité économique et rendra les PME plus compétitives. Ces mesures permettent d’élargir l’assiette fiscale et de lever plus d’impôts à l’avenir.

Togo First : Malgré les nombreuses réformes entreprises par l’office, certains opérateurs continuent d’accuser l’OTR de décourager les petites entreprises. Quelle est votre position face à ces allégations ?

AEA : Plusieurs actions et mesures en faveur des petites entreprises ont été mises en œuvre depuis l’opérationnalisation de l’OTR. Il s’agit principalement de :

  • la sensibilisation de corporations diverses;
  • la sensibilisation sur les places de marchés;
  • la réforme visant à favoriser l’accès aux financements;
  • la réduction de droits liés à l’accès à la propriété;
  • le réaménagement du régime des petites entreprises, avec exonération de la TPU pour la première année d’exercice;
  • et des visites pédagogiques pour accorder une écoute particulière aux problèmes des petites contribuables.

Toutes ces mesures destinées à promouvoir les initiatives entrepreneuriales sont également soutenues par plusieurs séminaires de formation, des journées portes ouvertes qui viennent en appui à tout ce que la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel (DOSI) met en place en faveur des petites entreprises. 

Cette année, il a été organisé une journée dédiée aux contribuables aux cours de laquelle, les meilleurs contribuables ont été primés. L’OTR est conscient qu’il reste encore à faire.

Togo First : Cette année, le budget de l’Etat augmente, ce qui suppose une augmentation des recettes fiscales conformément à l’objectif du gouvernement de réduire son déficit et limiter son recours à l’endettement. On a vu l’année dernière que l’objectif de collecte fiscale a été révisé à la baisse en cours d’année. Pensez-vous pouvoir rester dans les clous cette année au regard du contexte de crise politique actuel, qui pourrait entamer l’activité économique ?

AEA : L’OTR entend compter sur les démarches du gouvernement pour ramener la paix et la quiétude dans le pays, gage d’un bon climat pour la poursuite de son programme de développement. C’est à ce titre que l’OTR poursuivra ses activités.

Togo First : Quels sont les prochains chantiers de l’OTR ?

AEA : Les principaux chantiers inscrits à l’agenda de l’OTR sont :

  • la promotion du civisme fiscal;
  • la promotion du secteur privé;
  • la modernisation des procédures et des outils de gestion;
  • la réforme du secteur foncier;
  • la simplification du Code Général des Impôts;
  • la lutte contre la fraude et la corruption;
  • le télépaiement;
  • le paiement mobile;

Il s’agit également de renforcer la collaboration entre l’OTR et les institutions partenaires comme les collectivités locales, le Trésor public, le secteur privé, la société civile, le service de la documentation nationale, le Greffe du Tribunal du commerce, la CNSS, le PAL et les opérateurs de téléphonie, etc. ;

Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo

Selon le calendrier prévisionnel des émissions par adjudication de titres publics au second trimestre 2018, le Trésor public renoue ce 20 avril avec le marché obligataire régional avec pour ambition de mobiliser 15 milliards FCFA par Obligations Assimilables du Trésor (OAT). Ce sera sa toute opération du genre pour cette période où il compte engranger jusqu’à 50 milliards FCFA.

Cet objectif financier, le pays le décline en deux émissions d’OAT de 15 milliards FCFA, chacune respectivement pour le 20 avril et le 08 juin 2018, et en une émission de Bons Assimilables du Trésor (BAT) de 20 milliards FCFA pour le 11 mai 2018.

L’obligation du 20 avril, indique UMOA-Titres sera stipulée pour une maturité de trois ans, ce qui renvoie son échéance au 23 avril 2021. Les 15 milliards FCFA sont subdivisés en des titres d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacun. L’opération est assortie d’un taux fixe de 6,25% et sa date de valeur fixée au lundi 23 avril 2018.

Notons que l’OAT du 08 juin 2018 devra être émise également pour une maturité de trois ans tandis que le BAT  du 11 mai 12018 le sera pour une maturité d’un an.

Pour rappel, sur un objectif financier initial de 90 milliards FCFA au 1er trimestre 2018, le pays a réussi à récolter près de 77 milliards FCFA sur le marché régional de la dette, dans un contexte politique peu favorable. Lors de sa dernière émission, il a crevé le plafond, récoltant environ 21,7 milliards, soit un taux de couverture de 108,59% sur 20 milliards FCFA recherchés.

Séna Akoda

Selon Prof. Komlan Batawila, le Togo devrait développer un parc éolien de 25 mégawatts, pour faire face aux défis énergétiques de l’heure. Car, a-t-il laissé entendre, les énergies traditionnelles, notamment fossiles, compromettent l’équilibre climatique de la planète. C’était lors d’un atelier régional sur les « défis de l’énergie renouvelable en Afrique de l’Ouest », organisé par l’Université de Lomé, en collaboration avec le Centre Ouest Africain sur le Changement climatique et l’Utilisation Adaptée des Terres (WASCAL).

Selon l’universitaire, en visant le développement d’un parc éolien de 25 mégawatts, l’Etat remplirait en grande partie son engagement pris en 2012, de réduire la production de CO2 dans son plan énergétique. En effet, malgré l’existence de vastes espaces et de courants d’air marin propices au développement des éoliennes, le Togo ne dispose pas d’un parc éolien de référence.

Notons tout de même que le pays a pris depuis un certain temps, une sérieuse option pour les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire. A titre d’illustration, on citera le programme présidentiel CI-ZO. Dans le même registre, le pays a bénéficié d’un financement indien de  40 millions de dollars au terme de sa participation à la 1ère conférence de l’Alliance Solaire Internationale (ASI) tenue cette année à New Delhi. L’objectif est de permettre au Togo de développer un projet d’électrification rurale par kits solaires photovoltaïques.

Le Britannique BBOXX, spécialisé dans le solaire marque de plus en plus ses ambitions pour le marché des énergies alternatives et l'accompagnement de la transition énergétique en Afrique, en multipliant ses sources de financements, avec déjà près de 60 millions $ mobilisés depuis sa création en 2010.

Dans le cadre de l'initiative Energize Africa de la plateforme de financement participatif Lendahand Ethex, BBOXX appuyé par le gouvernement britannique à hauteur de 25%, a annoncé jeudi dernier le lancement d'une campagne de levée de fonds qui a en ligne de mire, la cagnotte de 2,5 millions de livres sterling (3,5 millions de dollars).

Avec cette enveloppe, la compagnie britannique compte étendre son déploiement de kits solaires nouvelle génération au Rwanda, en RDC, au Nigeria et surtout au Togo où elle est chargée de fournir un accès à l'énergie hors réseau dans le cadre de la stratégie nationale d'électrification.

Pour le top management de BBOXX, cette levée de fonds est la première d'une série, qui devrait générer jusqu'à 10 millions de livres sterling (14 millions de dollars) d'investissements de détail au cours des prochaines années, permettant à 100 000 ménages en Afrique d'accéder à une énergie propre et abordable.

L'entreprise qui revendique plus de 150 000 systèmes installés, répondant aux besoins de 750 000 personnes, veut lever plus de 100 millions $ d'ici 2020 pour sortir 20 millions d'Africains de l'obscurité grâce au solaire.

Pour rappel, au Togo, BBOXX, dans le cadre de l'initiative CIZO, a déjà bénéficié d'un financement d'Union Togolaise de Banque (UTB) de 4 millions $.

Fiacre E. Kakpo

Selon les données du ministère en charge des transports, la capitainerie du Port Autonome de Lomé a enregistré en 2017, 19 316 506 tonnes d’hydrocarbures. Comparé à 2016 où cette donnée se stabilisait à 13 983 587 tonnes, ce chiffre traduit une hausse  de 5 332 919 tonnes d’hydrocarbures transportées à destination du Togo.

Au cours de la même période, on note en toute logique une augmentation du nombre de pétroliers ayant transporté ces ressources au Togo. Alors qu’en 2016, les tankers enregistrés étaient de 1311, un an plus tard, ils étaient de 1375. 64 pétroliers de plus ont ainsi accosté au large du Port Autonome de Lomé, ce qui traduit une hausse significative des activités portuaires.

Le grand défi tient désormais à la sécurisation du Port Autonome de Lomé qui, par ailleurs, sert d’accès maritime aux pays de l’hinterland. L’accroissement du volume des activités entraîne des risques plus élevés, liés à la manipulation des hydrocarbures, produits hautement inflammables : « Une marée noire aurait des conséquences catastrophiques pour notre écosystème marin et côtier et notre tourisme balnéaire et impacterait de manière dramatique les domaines de la pêche artisanale et des activités portuaires », indique Colonel Takougnadi Neyo, Préfet maritime.

Lomé la capitale togolaise accueille du 18 au 20 avril 2018 la 11ème réunion-bilan du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), une organisation sous régionale Africaine qui, regroupe six principaux pays producteurs de coton d'Afrique de l'Ouest : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Sénégal et Togo.

Organisée à initiative de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), cette rencontre accueillera 150 participants des 6 pays membre notamment des chercheurs, des responsables des sociétés cotonnières, d’associations interprofessionnelles et d’organisations de producteurs.

Les objectifs d'un tel conclave sont multiples selon la NSCT. Durant ces trois jours de discussion, il s'agira non seulement de faire le bilan de la campagne 2017-2018, mais aussi d'exposer les perspectives de la gestion intégrée de la production cotonnière dans la zone tout en mettant un point d'orgue sur les défis qui se profilent à l'horizon.

Sur ce dernier plan, le rendez-vous qui démarre dès ce mercredi se penchera sur les invasions des insectes ravageurs observées ces derniers temps, la fertilité des sols et les nouvelles variétés adaptées aux changements climatiques. Aussi, discutera-t-on de l'amélioration des rendements au champ, des revenus des producteurs, de la biosécurité dans la zone ainsi que des mécanismes à mettre en œuvre pour renforcer le partenariat entre producteurs, sociétés cotonnières et firmes agro-pharmaceutiques.

Au Togo, l'or blanc capte 40% des revenus d'exportation et pèse 4,3% du PIB. La campagne 2017-2018 a été un franc succès avec à la clé une production de 180 000 tonnes de coton-grain, au-delà des objectifs initiaux (160 000 tonnes) et à un pas de l'ambition du gouvernement qui table sur 200 000 tonnes pour 2022. Un pari que la NSCT compte bien tenir.

Fiacre E. Kakpo

« Une étude d’impact des produits et services du FNFI (Fonds National de la Finance Inclusive) est prévue cette année, pour boucler le premier quinquennat d’opérationnalisation  de l’institution », a révélé Yves Gnaba, Directeur Général de l’institution en charge de l’inclusion financière C’était ce 13 avril 2018 lors d’une conférence de presse – bilan des réalisations des 4 premières années d’opérationnalisation de cette structure.

Celui-ci répondait ainsi aux interrogations des gens de médias sur l’impact réel des prestations du FNFI sur ses bénéficiaires. Le FNFI, notons-le, est un « puissant instrument financier, une réponse institutionnelle forte aux contraintes spécifiques d’accès des populations, surtout pauvres des zones rurales très reculées, souvent exclues des systèmes classiques de financement, aux services financiers de base », indique un document dont la rédaction de Togo First a obtenu copie.

Mais au-delà d’une simple inclusion financière, l’objectif final qui sous-tend sa mise en place, est de faire reculer la pauvreté ou encore l’extrême pauvreté dans les zones à forte concentration de populations vulnérables. L’objectif est-il atteint ? Dans quelle proportion ? D’ores et déjà, le n°1 de l’institution, soutenu dans ses propos par les partenaires de l’institution, assure que, lors des visites de terrain, l’impact des produits et services du FNFI sur la vie des populations bénéficiaires est palpable.

Séna Akoda

Quand le souci de régler le problème de malnutrition chez les enfants rencontre une volonté d’entreprendre et de créer de la richesse pour soi et pour les autres, on obtient « Etablissement Binayah », spécialisé dans la production d'épices et de farines enrichies.

Sa promotrice, Bolognima Anouton Claire, qui a surfé sur des marées, a bien voulu nous parler de ses débuts, sa motivation, ses contraintes et difficultés. Même si elle relève ses succès, elle n’insiste pas moins sur ses besoins de financement dans une perspective de croissance et de production à moindres coûts. Car, c’est uniquement lorsque les coûts et le temps de production seront moindres que ses produits seront plus accessibles à la population, assure-t-elle. Lecture !

Togo First : Comment avez-vous eu l’idée de produire des farines alimentaires ?

B.A.C : J’ai constaté qu’au Togo les enfants étaient malnutris. Dans ma propre famille, nous avons eu des ennuis de santé, carence en fer, sang. J’ai donc voulu régler ce problème dans ma famille et soutenir tous  les enfants au Togo en produisant et en mettant à disposition des farines alimentaires qui puissent remonter leur système immunitaire, le fer, le sang ; être en bonne santé comme tous les enfants …

Nous composons nos farines avec les céréales qu’on peut trouver au Togo comme le mil, qui est très nourrissant et qui comporte l’acide folique. Beaucoup trouvent banale cette céréale et ignorent tous ses bienfaits. Le plus souvent, on  le retrouve au nord. Ma farine préférée, je l’appelle « Manne Farine de Moringa » qui est aussi très nourrissante qui se compose du soja, de la souche, des épinards, de Moringa et autres. C’est une farine qui est certifiée par l’ESTBA (ndlr : Ecole supérieure des Techniques et Biologie Alimentaires) et c’est très bien. Elle a un pourcentage en fer et est riche en d’autres éléments nutritifs.

12419 marchands

« Je suis très contente que les gens apprécient mes produits. »

Togo First : Que faisiez-vous avant de vous lancer dans l’auto-emploi ?

B.AC : Après l’école, j’ai eu une formation en maraîchage. En plus de cela, mon père est paysan ; je m’intéressais beaucoup à l’alimentation. En Allemagne, j’ai également fait des études en nutrition. Pour composer la farine, je sais que dans telle céréale, on peut trouver telle quantité de ceci ou cela et quand je fais la combinaison, je cherche à certifier. Une fois qu’on l’approuve, je mets cela sur le marché. J’ai jugé nécessaire d’avoir un marché complémentaire et je m’intéresse à tout ce qui est légume. Je vends les épices, ou mélange d’épices, le curcuma que je me suis mise à cultiver, l’ail, le gingembre en poudre, etc.

Nous mettons en valeur tout ce qu’on peut trouver au Togo. Nous faisons par exemple des confitures  avec des mangues parce qu’en saison des pluies, il y a beaucoup de gaspillages. On conserve les mangues, les tomates et tout ce qu’on peut trouver.

Togo First : Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontée au quotidien ?

B.AC : Il faut dire que nous travaillons manuellement et les choses vont très lentement. Tout de suite, on constate que c’est la fin du mois et il faut payer le personnel… on a le problème de débouchés aussi ; on a un problème de place ; il faut trouver une place appropriée. Nous avons également des problèmes d’argent. Nous voulons mettre des machines plus performantes pour mieux satisfaire la population. Parce que s’il pleut, c’est avec le séchoir solaire qu’on se débrouille mais ce n’est pas aussi grand pour satisfaire toute la population, quand même.

Togo First : A vous suivre, la demande de vos produits est si forte que vous ne parvenez pas à satisfaire les commandes, pourtant vous disiez tantôt avoir des difficultés pour trouver des marchés.

B.A.C : Oui, la demande est très forte quand bien même nous n’avons pas commencé la publicité. C’est vrai. Les gens que nous avons touchés de bouche à oreille sont si nombreux. Il faut courir au moulin pour les satisfaire. Ce n’est pas vraiment ce que nous voulons. Notre souhait, c’est d’avoir tous les produits un peu partout pour que la population elle-même puisse s’approvisionner. Je fais les foires, même internationales, mais ce n’est pas encore ça. Il faudrait mettre un accent sur la communication pour mieux booster les choses.

Togo First : Parlez-nous un peu de vos succès

B.A.C : Des succès, j’en ai eu effectivement. Nous avons commencé tout petit. Je suis très contente que les gens apprécient mes produits. Les commerciaux que j’interroge sur ce point, me font souvent le rapport selon lequel les produits sont appréciés à 100%, parfois à 90%, parfois à 80%. Mais pour être raisonnable, je peux vous assurer que mes produits sont appréciés. Ils sont naturels et ne comportent aucun mélange chimique.

Donc, la satisfaction du client est un motif de satisfaction pour moi-même. Ce n’est pas encore grand-chose mais, je suis parvenue à créer de l’emploi pour moi-même et pour d’autres personnes ; c’est déjà un succès. On a pu résoudre aussi le problème d’emballage. Effectivement, nos produits ne sont pas exposés au soleil comme au marché ; les supermarchés les acceptent quand même ; comme le « supermarché La Concorde », les dauphines, les RMS et les supermarchés comme Epiceries « Le Levant » ; « RAMCO » bientôt. Parfois, nous sommes à 50 000 FCFA par jour, 30 000 FCFA par jour et quelquefois, s’il n’y a pas le marché, 20 000 FCFA par jour. Mensuellement, nous sommes à 1 000 000 FCFA.

Togo First : Quel est votre prochain challenge ?

B.A.C : Je veux avoir des séchoirs performants ; je me bats  pour en finir avec la production manuelle. Il faut avoir des machines pour accélérer le processus de production ; c’est cela, mon rêve. Quand on passe tout le temps pour faire la production, on calcule ce temps et le produit devient un peu cher et réservé à une certaine catégorie de personnes ; or moi je veux que le produit soit accessible à toutes les bourses. Il me faudra du financement conséquent. Le PRADEB nous a financés. Mais on n’a pu avoir qu’un séchoir. Dans les années à venir, il faudrait que ma structure soit stable, c’est ça mon plus grand défi.

Togo First : Avez-vous un message pour les jeunes Togolais en quête d’emploi ?

B.A.C : C’est très passionnant d’entreprendre. Je ne dis pas que vous aurez votre succès en dormant ; il y a vraiment des nuits sans sommeil ; il faut réfléchir…, cela te pousse à être responsable car tu es devenu chef de ton entreprise. Aucun paresseux ne peut entreprendre.

Le champ est trop vaste  libre ; il y a tellement de créneaux porteurs au Togo…, dans n’importe quel domaine on peut entreprendre ; c’est à chacun de se demander qu’est-ce qu’il est capable de faire… d’ailleurs on n’a pas de concurrent. Même si nous sommes dans l’agroalimentaire où on est en concurrence avec les produits venant de l’extérieur, tout le monde a compris au Togo que les produits naturels sont préférables. Donc à chacun d’oser.

Propos recueillis par Séna Akoda

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