Au Togo, les candidatures sont ouvertes pour les photographes dans le cadre d’un concours photo visant à promouvoir l'événement « BlueInvest Africa 2025 », prévu dans le pays.
Lancé par la Délégation de l'Union européenne au Togo, ce concours a pour objectif de sélectionner l'image phare qui représentera l'identité visuelle de la troisième édition de cette initiative continentale.
BlueInvest Africa, créée par la Commission européenne en 2022, est une plateforme business-to-business dédiée à l'économie bleue africaine. Elle permet à des entrepreneurs du secteur, en quête de financements, de rencontrer des investisseurs internationaux. L'économie bleue englobe des activités maritimes et aquatiques, de la pêche traditionnelle aux biotechnologies innovantes. C’est également un levier de développement important pour le Togo, qui ambitionne de devenir un hub logistique sous-régional.
Le concours est ouvert à tous les photographes résidant au Togo, sans distinction d’expérience. Les participants doivent soumettre leurs candidatures avant le 3 février 2025,
Consulter l’appel complet.
Cette année 2025, le Togo va consacrer une enveloppe de 72 milliards FCFA à l’aménagement de son réseau routier. Ce montant est en baisse de 14 % par rapport aux prévisions budgétaires de 2024, qui s’élevaient à 84 milliards FCFA.
Selon la Loi de Finances exercice 2025, cette enveloppe représente 78 % du budget global prévisionnel du ministère des Travaux publics et des infrastructures, estimé à 92 milliards FCFA. Ces fonds seront affectés à des travaux de revêtement de routes en cours de construction, indique le ministère. Un programme de réhabilitation de 180 kilomètres de routes annoncé l’année dernière devrait évoluer avec pour objectif de renforcer la qualité du réseau routier national.
Cette dotation sera également dédiée à l’aménagement et au bitumage de nouvelles routes à travers l’ensemble du territoire. Ces initiatives sont en lien avec l’ambition des autorités togolaises de moderniser un réseau routier long de plus de 11 700 kilomètres. L’objectif est de faciliter la fluidité des déplacements à l’intérieur du pays et de renforcer la position du Togo en tant que plateforme logistique régionale.
En droite ligne avec cette ambition, en fin de semaine dernière, les travaux de construction de la voie de contournement de Sokodé, située à quelque 340 kilomètres au nord de Lomé, ont été lancés. Ce chantier prévoit la construction de 16 kilomètres de route, qui se divise en deux segments principaux : la section Tchalo-Kpario, longue de 12,7 kilomètres, et la section Kpario-Kidèoudè, de 3,3 kilomètres.
Esaïe Edoh
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L’agriculture togolaise, pilier économique du pays avec une contribution de plus de 40 % au PIB national, emploie près de 65 % de la population active. Occupant une superficie cultivable de 3,6 millions d’hectares, dont 41 % sont emblavés, le secteur incarne pour le pays d’Afrique de l’Ouest à la fois un potentiel immense et des défis structurels majeurs. Depuis le début du millénaire jusqu'aux années 2020, des mutations et des avancées redessinent le paysage agricole, avec en ligne de mire la modernisation et la mécanisation de ce secteur, pour obtenir un mode de production adapté aux enjeux socio-économiques et climatiques de l’époque.
La production agricole est bigarrée et orientée par des impératifs alimentaires locaux, avec plusieurs cultures vivrières, d’exportation, et des cultures de rente comme le coton, le café-cacao, ou plus récemment le soja.

Les cultures vivrières représentent 70 % de l’ensemble de la production agricole togolaise. Plutôt destinées à la consommation locale et nationale, elles sont moins disponibles pour une commercialisation extérieure. Ces produits assurent cependant des revenus non négligeables et « sûrs » aux paysans, du fait de la demande permanente. Ce sont principalement les céréales et les tubercules. Les céréales, en moyenne, représentent 56 % de l’approvisionnement calorique total des produits végétaux. Sur la période 2014-2017, le maïs seul représentait 51 % des céréales, suivi du riz (20 %), du sorgho (17 %) et du blé (9 %). Quant aux tubercules, les plus consommés sont le manioc (61,8 % des tubercules) et l’igname (37,8 %).

Le maïs, épine dorsale de la consommation locale, a vu sa production augmenter de 14 % entre 2021 et 2023, atteignant 1,06 million de tonnes. Cultivé sur plus de 700 000 hectares, il contribue également aux revenus agricoles avec une moyenne nette de 223 000 FCFA par hectare. Il reste la céréale la plus cultivée et un pilier central de la sécurité alimentaire au Togo.
Les tubercules, en particulier le manioc et l’igname, sont également des produits phares. Le manioc, cultivé principalement dans le sud du pays, a pour sa part vu sa production passer de 1,2 million de tonnes en 2021 à 1,31 million de tonnes en 2023. Quant à l’igname, généralement cultivée à Kpalimé et Bassar, sa production a progressé de 12 %, atteignant 1,05 million de tonnes en 2023. Ces tubercules sont transformés en produits locaux tels que le "foufou" et le "gari", très consommés sur l’ensemble du territoire.
Du côté des légumineuses, les haricots et le niébé ont connu une progression modeste de 10 %, atteignant 234 500 tonnes en 2023. Ces cultures génèrent des protéines appréciables pour les ménages et constituent une source importante de revenus pour les agriculteurs.

Le riz paddy est principalement cultivé dans la région des Savanes. Malgré une concurrence accrue des importations, cette céréale a enregistré une croissance de 12,5 % pour s’établir à 186 300 tonnes en 2023. Sa production est soutenue notamment par des projets tels que le développement de la plaine de Djagblé, qui vise à améliorer les rendements locaux et réduire la dépendance aux importations.
Deuxième céréale en termes de volumes produits, le sorgho est très répandu dans la région de la Kara et des Savanes. Il est cultivé essentiellement pour la fabrication de la boisson (le "tchoukoutchou"). Sa production s’accompagne de celle du mil, également cultivé dans le nord du pays. Cette dernière est cependant la céréale la moins répandue en termes de quantités annuelles. Leur production globale était de 303 000 tonnes en 2018.

Diverses Cultures
Outre ces principales cultures vivrières, on compte une variété d’autres cultures répondant aux besoins alimentaires et économiques des communautés rurales, regroupées sous la catégorie "autres". Celles-ci représentent 2,58 millions de tonnes en 2023.
Produits de Rente : Entre Recul et Relance
Le Coton

Le coton, principal produit d’exportation, illustre les défis actuels de la culture de rente au Togo. Après un sommet en 2019 avec 57 415 tonnes, la production a chuté à 22 605 tonnes en 2022. Cette baisse résulte de la concurrence d’autres cultures (notamment le soja), des aléas climatiques et de la réduction des superficies cultivées. Cependant, le secteur reste stratégique, avec des efforts en cours pour redynamiser la filière et améliorer les rendements, notamment après l’arrivée du groupe singapourien Olam. La campagne agricole 2023-2024 a connu une production de 67 000 tonnes (cultivées sur près de 80 000 hectares, avec un rendement moyen estimé à 840 kg par hectare), mais les prévisions étaient en légère baisse pour 2024-2025, à 66 000 tonnes.
Le Café
Cultivé principalement dans la région des Plateaux, le café a montré une résilience encourageante au fil des années. Après une chute notable en 2021, où la production a atteint un creux de 2 878 tonnes, celle-ci a rebondi à 5 145 tonnes en 2022. Ce résultat est attribué à des programmes de réhabilitation des plantations et à un encadrement renforcé des producteurs.
Le Cacao

Le cacao, autre produit phare, a connu une hausse notable de ses exportations, passées de 6 763 tonnes en 2021 à 8 357 tonnes en 2022. Les recettes générées par ces exportations ont augmenté de 32,7 % sur la même période, atteignant 10,7 milliards FCFA. La région des Plateaux, souvent surnommée le "triangle du café et du cacao", reste le centre de gravité de cette culture, avec des investissements prévus pour améliorer les rendements et les capacités de transformation locale.
Modernisation et Innovation
Depuis les années 2000, le gouvernement togolais a déployé plusieurs programmes successifs, de plus ou moins grande envergure, pour dynamiser le secteur agricole. Parmi eux, le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA), lancé en 2011, renforce l’élevage et la couverture vaccinale des ruminants. Le Projet de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), initié en 2008, et le Projet d’Appui au Développement de l’Agriculture au Togo (PADAT), démarré en 2011, soutiennent la résilience des systèmes de production en introduisant des technologies modernes et des pratiques agricoles durables.
L’Agropole de la Kara
Le projet d’Agropole de Kara, en gestation depuis 2018, incarne une initiative ambitieuse pour transformer le paysage agricole du Togo.

Soutenu par plusieurs institutions, dont plus récemment un financement combiné de 46,4 milliards FCFA de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) en 2024, ce projet avait déjà bénéficié d’appuis précédents de la BAD lors de ses phases initiales.
Malgré un déploiement progressif, l’agropole ambitionne de transformer la production de maïs, de riz et de soja. Cette transformation vise à moderniser et à produire à plus grande échelle, dans des exploitations traditionnellement familiales, semi-artisanales et de petite taille. Le projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à réduire les importations alimentaires et à améliorer la compétitivité agricole.
Parallèlement, le mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA), initié en 2018, a mobilisé 3,8 milliards FCFA de crédits en 2019. Cet outil vise à porter à 5 % la part des crédits bancaires alloués à l’agriculture d’ici 2027, tout en réduisant les taux d’intérêt à 10,5 %.
La PIA : entre promesses et défis
Inaugurée en juin 2021, la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) est une zone industrielle située à environ 27 km au nord de Lomé, la capitale togolaise. Étendue sur 400 hectares, la structure a notamment pour objectif de stimuler l’industrialisation et le développement économique du Togo.
L’infrastructure s’est rapidement positionnée comme un atout en matière de transformation locale des matières premières. C’est en particulier le cas pour le soja. À ce jour, deux usines, Togo Soja et Togo Organic, spécialisées dans la transformation de soja conventionnel et biologique, opèrent sur le site de la PIA.

Ceci étant, des défis subsistent, comme la disponibilité et le coût élevé des matières premières, des facteurs qui compliquent la rentabilité des opérations.
Les marges de progression restent importantes. En dépit d’une capacité annuelle de transformation de 180 000 tonnes, Togo Soja n’a traité que 71 000 tonnes de tourteaux de soja en 2022-2023. Cela constitue une opportunité significative pour augmenter la production locale de soja.
L’agriculture biologique prend également de l’ampleur, notamment dans la filière soja. Avec une production de 78 000 tonnes prévue pour 2024, le soja bio togolais, largement destiné à l’exportation, se positionne comme une chaîne de valeur attractive pour les producteurs, malgré quelques vents contraires ces deux dernières années.
Soutien Public et Perspectives d’Avenir
En complément, l’introduction du porte-monnaie électronique AgriPME a permis à 270 000 agriculteurs d’accéder à des subventions pour l’achat d’intrants. Cette initiative, associée à des projets comme le Programme de Mécanisation Agricole lancé en 2024, témoigne d’une volonté de modernisation.
Depuis 2023, l’État s’est engagé dans un dialogue approfondi avec les acteurs agricoles à travers des fora régionaux des producteurs agricoles du Togo (FoPAT).

Ces événements, qui mettent l’accent sur les enjeux et défis de la modernisation, sont l’occasion d’écouter les préoccupations des producteurs agricoles et de maintenir un dialogue constant entre les différents acteurs.
Parmi les derniers programmes actifs, le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP-Togo), financé par la Banque mondiale, a soutenu près de 30 000 producteurs vulnérables de maïs, riz, soja et niébé en 2024, en leur fournissant des intrants agricoles. Cette initiative multidimensionnelle et sous-régionale renforce la sécurité alimentaire.
Dans les mois à venir, un investissement de 300 millions $ de la Banque mondiale est attendu pour soutenir les filières soja et maïs.
Tenir les promesses de la transformation
Malgré des défis persistants, tels que le faible accès au crédit bancaire et la vulnérabilité face aux aléas climatiques, l’agriculture togolaise se transforme progressivement. Les investissements publics et privés, combinés à des politiques innovantes, offrent des perspectives prometteuses pour un secteur qui reste au cœur du développement économique et social du pays.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le Ministère de l'Économie et des Finances a récemment démenti un communiqué prétendument émis par ses services, affirmant qu'il s'agissait d'une tentative d'escroquerie. Le faux document, diffusé via diverses plateformes digitales, annonçait le lancement de sessions d'investissement en ligne à la suite de l'adoption de la loi de finances pour l'exercice 2025.
Dans une déclaration officielle, le ministère de tutelle, Essowè George Barkola, a rappelé que toutes ses communications sont exclusivement diffusées par des canaux officiels, tels que les médias publics et ses propres plateformes vérifiées. Ce fut également l'occasion d’appeler à nouveau à la vigilance face à ces tentatives frauduleuses. « Nous invitons la population à faire preuve de vigilance face à ces pratiques frauduleuses », a-t-on indiqué. Avant de mettre en garde les auteurs de tels actes qui s'exposent à des sanctions sévères, en vertu des lois en vigueur.
La ministre de l’économie numérique et de la transformation digitale du Togo, Cina Lawson, participe depuis le lundi 20 janvier et jusqu’au vendredi 24 janvier 2025 au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. A ce rendez-vous annuel qui réunit des acteurs majeurs du secteur numérique ainsi que des chefs d’État et de gouvernement du monde entier, l’officielle togolaise présentera la vision de son pays en matière de transformation digitale.
Lors de son intervention, la ministre abordera des thèmes liés à l’intelligence artificielle (IA), sa gouvernance et le type de leadership nécessaire dans cette ère de révolution technologique. Son objectif est de proposer des pistes de réflexion pour un avenir inclusif, durable et innovant, en s’appuyant sur l’expérience et les ambitions du Togo dans le domaine numérique.
Honorée de participer au Forum Économique Mondial (@wef) 2025, une tribune majeure pour échanger sur les défis mondiaux et explorer des solutions innovantes.
— Cina Lawson (@cinalawson) January 20, 2025
Je m'exprimerai principalement sur l'#IA, sa gouvernance et le leadership adapté à son ère, des sujets clés pour… pic.twitter.com/patfErwzXG
La ministre profitera également de cette plateforme internationale pour explorer des partenariats stratégiques avec les différents acteurs présents. Ces échanges visent à obtenir des financements pour des projets portés par le gouvernement togolais, notamment la digitalisation des services publics.
Pour rappel, le Forum économique mondial de Davos, institué en 1971, constitue un cadre qui réunit chaque année des dirigeants de multinationales, des responsables politiques, des intellectuels et des banquiers influents. L’événement vise à encourager une coopération internationale sur des enjeux politiques, sociaux et économiques d’envergure.
Esaïe Edoh
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Au Togo, depuis le 1er janvier 2025, les entreprises soumises à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sont celles qui enregistrent un chiffre d'affaires annuel minimum de 100 millions FCFA, contre un seuil précédent de 60 millions FCFA. Cette disposition, introduite dans la loi de finances pour l'exercice 2025, a été rappelée par l'Office togolais des recettes (OTR) dans un communiqué publié la semaine dernière.
La mesure concerne toutes les entités (qu’il s'agisse de personnes physiques ou morales) réalisant des opérations soumises à la TVA, qu'elles soient effectuées à titre habituel ou occasionnel.
Selon la nouvelle mesure, les entreprises qui étaient soumises à la TVA en 2024 et qui ont réalisé un chiffre d'affaires inférieur au nouveau seuil devront continuer à respecter leurs obligations fiscales jusqu'au 31 décembre 2027. Pendant cette période transitoire de trois ans, elles resteront tenues de facturer, déclarer et de verser la TVA, même si leur chiffre d'affaires demeure en deçà du seuil des 100 millions FCFA.
« Les entreprises qui dépassaient l’ancien seuil de 60 millions, mais qui n’atteignent pas le nouveau seuil à l'issue de la période triennale, perdront leur statut d’assujetties à la TVA. Toutefois, si une entreprise souhaite renoncer à ce statut avant la fin de cette période, elle devra en faire la demande explicite auprès du Commissaire des Impôts », a précisé Philippe Tchodié, commissaire général de l'OTR.
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Par ailleurs, des entreprises peuvent choisir de manière volontaire d’être assujetties à la TVA. Dans ce cas, elles seront tenues de respecter les obligations fiscales associées pour une durée minimale de cinq ans, conformément aux dispositions du Code général des impôts (CGI).
Certaines professions restent, toutefois, soumises à la TVA de plein droit, quel que soit le chiffre d'affaires. Il s’agit notamment des avocats, notaires, experts maritimes, commissionnaires de transport et autres professions spécifiques, précise le CGI.
L’administration fiscale souligne que ce relèvement du seuil d'assujettissement à la TVA vise à réduire la charge fiscale pesant sur les petites et moyennes entreprises. Une démarche qui s'inscrit dans une logique d'adaptation du système fiscal aux réalités économiques locales, indique-t-on.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le nouveau marché de la ville de Sokodé, situé à 350 km au nord de Lomé, a été officiellement inauguré en fin de semaine dernière par le président Faure Gnassingbé. Cette infrastructure commerciale, qui vise à redynamiser les activités économiques de la région centrale, a nécessité un investissement de 2 milliards FCFA.
Financé conjointement par le gouvernement togolais et l’Allemagne, via la coopération allemande au développement (KfW), le complexe commercial s’étend sur une superficie importante et offre diverses installations modernes. Le bâtiment principal, d'une emprise de 2025 m2 et composé de deux niveaux, comprend 36 boutiques et 508 espaces de vente.
Le projet s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la décentralisation (PAD), qui vise à renforcer les infrastructures locales et à promouvoir le développement économique des régions. Il a également pour objectif de soutenir l’entrepreneuriat féminin et d’encourager l’autonomisation économique des femmes, qui constituent une part importante des acteurs économiques de la région.
Dans le cadre du PAD, plusieurs infrastructures similaires ont été réalisées, notamment les marchés modernes de Kpalimé et de Tsévié. D’autres projets sont en cours, tels que la construction de marchés modernes à Aného et Sotouboua,.
Esaïe Edoh
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Engagée dans la défense des droits des populations depuis sa création en 1999, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) occupe un peu plus le devant de la scène ces dernières années, dans un contexte marqué davantage par des enjeux économiques, sociaux et sociétaux. Dans une interview accordée à Togo First, le responsable de la commission santé et environnement de l’organisation, Léon Agboka, détaille les actions et plaidoyers menés, et se projette sur les chantiers stratégiques de l’ATC pour la nouvelle année.
Togo First (T.F) : On entend parler de l'Association togolaise des consommateurs. Qu'est-ce exactement ? Quelles sont réellement vos missions ?
Léon Agboka (L.A) : L'Association togolaise des consommateurs (ATC) est une organisation qui œuvre sur le terrain pour défendre les droits et les intérêts des consommateurs. Lorsqu'une augmentation des prix survient, l'association engage des discussions avec les autorités afin de plaider pour une réduction des coûts en faveur des consommateurs. Nous portons également une attention particulière aux devoirs et responsabilités qui incombent à ces derniers. En effet, il est important de rappeler que si les droits des consommateurs sont essentiels, leurs obligations le sont tout autant. Par exemple, dans le domaine de l'électricité, après avoir bénéficié du service, chaque consommateur a le devoir de régler sa facture, ce qui constitue une responsabilité fondamentale.
T.F : Pourriez-vous revenir sur les mesures prises par le gouvernement ces derniers mois, telles que la réduction ou le plafonnement des prix des denrées alimentaires, la régulation du secteur des transports et la baisse des prix des produits pétroliers ? Comment percevez-vous ces actions pour les consommateurs togolais ?
L.A : Nous saluons ces mesures qui arrivent à point nommé. Cependant, il est important de reconnaître que la vie chère au Togo a pris une ampleur considérable. À l'ATC, nous espérons que d'autres mesures viendront compléter celles qui ont déjà été mises en place.
T.F: Lorsque vous parlez de mesures supplémentaires, de quoi s'agit-il concrètement ? Quelles sont les dispositions ou ajustements supplémentaires que le gouvernement doit mettre en œuvre ?
L.A : Il est important de renforcer le pouvoir d'achat des citoyens. Cela pourrait passer par une réduction des tarifs douaniers, ce qui permettrait de baisser les prix sur le marché. Une mesure comme l'attribution des 60.000 FCFA aux travailleurs du secteur privé aussi serait très bien accueillie par les Togolais. Cela soulagerait directement de nombreuses familles. Dans les jours à venir, il serait également avantageux de prendre des dispositions pour renforcer l'accès à des produits de première nécessité à des prix abordables.
T.F : Quelles ont été les actions de plaidoyer de l'ATC que le gouvernement a récemment prises en compte ?
L.A : D’abord, il faut noter que le plaidoyer est au cœur de notre mission. Nous nous réjouissons que certaines de nos propositions aient récemment été prises en compte par le gouvernement. Cela témoigne d’une écoute attentive des autorités, qui prennent le temps d’analyser les conditions avant de prendre des mesures. Ces actions montrent à suffisance que l'exécutif tient compte de nos sollicitations et de celles des consommateurs. En témoignent les récentes mesures qui visent à améliorer le pouvoir d'achat et à réguler certains secteurs clés.
Il est important de renforcer le pouvoir d'achat des citoyens. Cela pourrait passer par une réduction des tarifs douaniers, ce qui permettrait de baisser les prix sur le marché.
T.F : Malgré les avancées, il y a toujours, certains produits qui restent hors de portée des consommateurs. Quelles sont les prochaines actions ou plaidoyers que vous prévoyez pour inverser cette tendance ?
L.A : Pour inverser cette tendance, la première stratégie, c’est la dénonciation. En effet, il existe encore des commerçants malhonnêtes qui, dans le but de maximiser leurs profits, pratiquent la spéculation et la surenchère sur certains produits. Nous appelons à un renforcement des contrôles effectués par les inspecteurs du ministère du commerce et de la santé. En fin d’année, nous avons constaté une intensification des efforts pour surveiller les marchés, et nous saluons cette initiative. De notre côté, nous restons constamment présents sur le terrain. Des descentes sont régulièrement faites dans les marchés pour vérifier la qualité des produits et leur conformité avec les normes en vigueur.
T.F : Quelles sont les actions concrètes de l'ATC sur le terrain pour dénoncer la vente de produits non conformes ou périmés ?
L.A : Le rôle principal de l'ATC est avant tout, la sensibilisation. Notre mission consiste à attirer l'attention des consommateurs sur les effets et les dangers associés à cette problématique. Nous sommes souvent sur le terrain, notamment pendant certaines campagnes, où nous organisons des émissions. Nous diffusons des programmes à la radio et à la télévision, et nous utilisons des outils de démonstration adaptés. Nous intervenons également dans les écoles, où nous réalisons des ateliers interactifs avec les élèves pour leur apprendre à reconnaître les risques et adopter les bonnes pratiques. Dans les supermarchés, nous veillons à inspecter les étalages pour vérifier la conformité des produits. Les entreprises font également appel à notre expertise pour des évaluations ou des conseils spécialisés
T.F : Le gouvernement a mis en place un numéro vert, le 8585, pour dénoncer des anomalies dans le secteur du commerce. Pouvez-vous nous dire comment ce dispositif fonctionne actuellement ? Avez-vous reçu des retours ou des feedbacks de la part des consommateurs concernant leur expérience avec ce mécanisme ?
L.A : C’est le ministère du commerce qui a instauré ce numéro vert. Il y a souvent des plaintes, mais peu de démarches concrètes. Beaucoup de gens préfèrent se lamenter plutôt que de dénoncer activement les problèmes. Notre rôle est donc de sensibiliser et d'encourager les consommateurs à signaler les problèmes qu'ils rencontrent. La dénonciation est essentielle, car elle permet aux autorités de prendre des mesures pour résoudre les problèmes rapidement. Nous mettons un accent particulier sur l’importance de la confidentialité. Lorsque nous recevons un signalement, nous contactons la personne concernée pour obtenir davantage d'informations, comme l'adresse du problème. Ensuite, une équipe d’inspecteurs se rend sur place pour évaluer la situation. En cas de plainte, le ministère du commerce, en collaboration avec celui de la santé, intervient pour résoudre le problème. Toutefois, il est important de préciser que notre rôle ne consiste pas à détruire directement les produits suspects. Ce sont les agents des ministères compétents qui se chargent de cette tâche.
T.F : Qu’arrive-t-il lorsque ces produits ne sont pas détruits immédiatement ?
L.A : Les produits incriminés sont stockés dans un entrepôt dédié avant d’être détruits, conformément aux procédures spécifiques. Le serment des agents du ministère du commerce et de la santé est mis en jeu dans ce processus. Il serait inacceptable que des produits de mauvaise qualité circulent encore sur le marché.
T.F : Quels risques encourent les commerçants qui se permettent de vendre des produits périmés aux consommateurs ?
L.A : Ces pratiques sont très graves et punies par la loi. Les commerçants qui effacent ou modifient les dates de péremption, ou qui vendent des produits périmés, sont soumis au code pénal. En fonction de la gravité de l'infraction, ils peuvent être condamnés à des amendes, voire à des peines de prison. Ces actions représentent également un danger pour la santé publique, ce qui renforce la nécessité de sanctions sévères.
T.F : Que doivent faire les consommateurs lorsqu'ils constatent un problème avec un produit, comme une date de péremption modifiée ou une boîte de conserve bombée ?
L.A : Il est essentiel de dénoncer immédiatement de tels produits. Les consommateurs doivent signaler ces cas aux autorités compétentes pour permettre l’intervention rapide et le retrait des produits du marché. Par ailleurs, les consommateurs doivent éviter d’acheter des produits avec des boîtes bombées ou déformées, car cela indique souvent un problème avec le contenu.
Les consommateurs doivent éviter d’acheter des produits avec des boîtes bombées ou déformées, car cela indique souvent un problème avec le contenu.
T.F : En dehors de la saisie des produits, quelles autres sanctions sont appliquées aux commerçants malhonnêtes ?
L.A : Outre la saisie des produits non conformes, les commerçants malhonnêtes peuvent être interdits de vendre des marchandises et sont passibles de sanctions légales. Ces sanctions peuvent aller jusqu'à une peine d'emprisonnement en cas de récidive ou d’infraction grave. Le cadre légal en place, notamment le code pénal et les règlements commerciaux, est appliqué pour protéger les consommateurs.
T.F : ATC et LCT sont des entités qui se croisent souvent dans la défense des consommateurs. Quelle est la différence et comment se passe la collaboration avec les différents organismes militants ?
L.A : Ces organisations, bien que travaillant sur des axes parfois différents, partagent un même objectif : la protection des consommateurs. Alors que certaines se concentrent davantage sur la dénonciation des abus, d'autres privilégient des approches plus éducatives ou informatives. L’ATC se distingue par son approche axée sur la négociation. Nous n’intervenons pas sur des questions politiques, mais nous nous concentrons exclusivement sur la défense des consommateurs. Nous agissons pour résoudre des problèmes concrets en veillant à ce que les produits respectent les normes de qualité.
Notre rôle à l'ATC reste donc axé sur la négociation, visant à garantir des pratiques commerciales justes et une meilleure qualité des produits. L'ATC collabore également avec la Ligue Togolaise des Consommateurs (LCT) sur des actions communes.
Parmi nos actions immédiates, nous nous penchons sur la production des eaux minérales, un secteur où certains producteurs ne respectent pas toujours les normes de sécurité.
T.F : En matière de régulation, l'ARCEP a montré ces dernières années une réelle capacité à intervenir et à sanctionner certains opérateurs. Êtes-vous en collaboration avec l'ARCEP et quel est l'état actuel de cette coopération ?
L.A : Nous collaborons activement avec l'ARCEP. L’ATC et la LCT organisent des tournées tous les six mois dans tout le pays. Ces déplacements permettent de vérifier la couverture du réseau et de résoudre d’éventuels problèmes avec les opérateurs. Si des conflits sont détectés, nous orientons les actions et apportons des solutions concrètes en collaboration avec l'ARCEP et les opérateurs. Une visite a eu lieu récemment, suivie de réunions pour traiter les problèmes identifiés.
T.F : Quels sont vos chantiers stratégiques pour cette année ?
L.A : Nos priorités pour cette année se concentrent sur la sécurité des consommateurs et l'amélioration des pratiques dans des secteurs clés. Parmi nos actions immédiates, nous nous penchons sur la production des eaux minérales, un secteur où certains producteurs ne respectent pas toujours les normes de sécurité. Les conditions de production sont souvent inappropriées, ce qui est préoccupant. De même, les abattoirs clandestins représentent un autre défi majeur, avec des pratiques dangereuses comme l'utilisation de pneus pour brûler les carcasses.
Pour mieux aborder ces enjeux, nous avons établi un plan d'action qui sera mis en œuvre tout au long de l’année. Notre approche est de traiter ces défis de manière systématique tout en évaluant continuellement nos avancées pour ajuster nos efforts et mener à bien nos initiatives.
Interview réalisée par Fiacre Kakpo et Gautier Agbekodovi
Le manuel de gestion de la forêt sacrée d’Awatsé, située dans la commune Bas-Mono 1, a été validé lors d’un atelier tenu la semaine dernière (le 15 janvier) à Afagnan. Ce document établit un cadre précis pour la restauration et la conservation des écosystèmes locaux, pour un coût estimé à 108,6 millions FCFA.
Organisé autour de quatre axes prioritaires protection, restauration, développement communautaire, et mobilisation des ressources le document ambitionne de préserver ce patrimoine écologique et culturel tout en améliorant les conditions de vie des populations locales. La vision affichée pour 2035 est de faire de cette forêt un levier pour l’accroissement de la couverture forestière nationale.
Dans le cadre des travaux, le colonel Abalo Piwalinébè, expert en gestion des ressources naturelles cité par l'ATOP, a souligné l’importance d’une planification rigoureuse pour garantir la durabilité de cette initiative. La collaboration entre les acteurs locaux, les institutions publiques et les bailleurs internationaux illustre une approche inclusive pour préserver ce trésor naturel et en faire un moteur de développement durable pour la région.
Porté par la communauté de Mathalè avec l’appui technique du CDAC (Centre de développement des actions communautaires), dans le cadre du projet R4C-TOGO, ce projet est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et de l’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF).
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a fixé, depuis le 16 janvier 2025, de nouveaux plafonds tarifaires pour les prestations de gros sur le marché togolais. Ces offres de gros désignent les prestations fournies par un exploitant de réseaux de communications électroniques à un autre exploitant de réseaux ou fournisseur de services.
Ainsi, la nouvelle mesure revoit significativement à la baisse les coûts précédents. En détail, le prix plafond de location mensuelle de la fibre optique noire chute de 75 FCFA à 30 FCFA le mètre linéaire, soit une réduction de 60 %.
La mesure fait suite à un audit des coûts des opérateurs TOGOCOM et MOOV AFRICA TOGO, et entraîne une baisse significative des tarifs de gros. Il s’agit notamment de rendre l’accès aux infrastructures de transmission nationale et internationale plus abordable pour les opérateurs et les fournisseurs d’accès Internet.
Pour le gendarme des télécoms, cette initiative répond à un double objectif : stimuler le déploiement du haut débit dans les régions de l’intérieur du pays et garantir une concurrence accrue sur le marché de détail. Cette dynamique devrait également entraîner une baisse des prix pour les consommateurs finaux.
Parallèlement, un arrêté d’août 2022, portant sur le partage des infrastructures passives, vient compléter ces efforts. L’objectif global est de bâtir un marché ouvert, concurrentiel et transparent, tout en soutenant les réformes numériques du gouvernement.
Dans la foulée, l’Autorité « invite les opérateurs concernés à un respect immédiat et scrupuleux de cette décision tout en exhortant tous les opérateurs fixes et mobiles présents sur le marché à œuvrer pour accélérer la couverture des services haut-débit », selon le communiqué.
Ayi Renaud Dossavi