Au Togo, le gouvernement prévoit de débloquer 4 milliards FCFA en 2025 pour indemniser les personnes expropriées dans le cadre du projet de construction de logements sociaux à Kpomé. C’est ce qu’indiquent les informations partagées par le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Réforme foncière devant le Parlement en fin d’année dernière.
Ces ressources s’inscrivent dans un processus déjà bien engagé, couvrant une superficie de 1177 hectares mobilisée pour accueillir 20 000 logements à coût abordable. Selon le ministre de tutelle, la majeure partie des indemnisations a été réglée, à l’exception de quelques zones encore en litige.
Pour rappel, le projet est structuré en trois grandes phases. Dans un premier temps, les études de faisabilité, incluant la validation des études techniques et du plan d’aménagement, ainsi qu’une analyse de marché réalisée par la Société financière internationale (SFI) et des études d’impact appuyées par la Banque africaine de développement (BAD). Ensuite, les Travaux préparatoires, comme la délimitation topographique du site et l’installation de bornes et panneaux pour les réserves. Et enfin, la construction des logements proprement dite.
La dernière phase est attendue dans les mois à venir, selon l’autorité de tutelle, et sera menée par une société de promotion immobilière créée en partenariat avec Shelter Afrique.
Ayi Renaud Dossavi
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Entre 2021 et 2023, le Programme d’Urgence pour la Région des Savanes (PURS), visant à améliorer la résilience des populations vulnérables au Nord du Togo, a enregistré plusieurs avancées.
Dans le domaine de l’électrification, le taux de couverture est passé de 29 % à 42 %, permettant à plus de 15 000 foyers d’accéder à l’électricité. Sur le plan de l’eau potable, près de 80 000 personnes supplémentaires ont bénéficié de nouvelles infrastructures hydrauliques, faisant grimper le taux de desserte rurale de 64 % à 73,5 %.
En agriculture, secteur clé de l’économie régionale, plus de 1 000 hectares de terres ont été aménagés et des équipements modernes distribués pour renforcer la productivité et la compétitivité des exploitations locales.
Ces chiffres sont rendus publics alors qu’en 2024, le PURS s'est inscrit dans une dynamique d’expansion à l’ensemble du territoire, avec un budget prévisionnel de 326 milliards de FCFA.
Parmi les projets phares figure la construction d’une centrale solaire de 25 MW à Dapaong, assortie d’un système de stockage d’énergie de 40 MWh. Ce projet bénéficie d’un financement de 200 millions de dollars de la Banque mondiale, dont une partie est dédiée au PURS.
Ayi Renaud Dossavi
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En 2024, le Togo a enregistré la création de 14 919 nouvelles entreprises, marquant une légère baisse par rapport aux 15 654 dénombrées en 2023. Cette diminution correspond à une baisse de 13 %, et traduit une augmentation de 4,6 % par rapport à 2022, où 13 835 entreprises avaient été créées.
Dans le détail, les entreprises formalisées par des Togolais représentent la majorité des nouvelles créations avec 12 371 structures en 2024, contre 13 032 en 2023, démontrant une baisse de 4 %. La part des entreprises portées par des étrangers a également légèrement diminué, passant de 2622 en 2023 à 2548 en 2024, soit une baisse de 2 %.
Le point positif du bilan concerne l’augmentation du nombre d’entreprises lancées par des femmes. En 2024, ce chiffre a atteint 4 450, contre 4 297 en 2023, reflétant une progression de 3,5 %. Les femmes représentent ainsi 30 % des nouvelles structures créées au cours de l'année. En revanche, le nombre d’entreprises lancées par des hommes a baissé de 7,8 %, s’établissant à 10 469 contre 11 357 en 2023.
Cette tendance baissière survient malgré les efforts continus des autorités togolaises pour améliorer le climat des affaires. Parmi les mesures phares figurent la réduction des délais et des coûts de création d’entreprises, la digitalisation des procédures de formalisation et d'autres réformes destinées à stimuler l’entrepreneuriat.
Esaïe Edoh
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En 2025, le gouvernement togolais prévoit de renforcer les effectifs de la fonction publique avec plus de 14 000 nouvelles recrues.
Selon les données du ministère de la réforme du service public et du travail obtenues par Togo First, le secteur de l’enseignement occupe une place prépondérante avec environ 8 000 postes à pourvoir, représentant près de 57 % des nouveaux recrutements. Ce chiffre inclut près de 4 400 postes en cours de recrutement et une prévision additionnelle d’environ 3 600 pour 2025. Le domaine de la santé, quant à lui, bénéficiera de plus de 2 400 nouveaux agents, tandis que 800 postes seront ouverts dans le secteur des finances.
Par ailleurs, l’École Nationale d’Administration (ENA) contribuera à renforcer les capacités administratives avec une centaine de nouveaux diplômés. À ces entrées dans la fonction publique s’ajoutera un recrutement général de 2 725 agents, actuellement en attente.
Face à ces prévisions, les départs à la retraite sont estimés à 1300 en 2025, laissant un solde net d’environ 12 800 nouveaux agents dans l’administration publique.
Au total, la fonction publique togolaise comptait près de 71 000 agents (70 984) à fin 2024.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo projette de mobiliser 332 milliards FCFA en 2025 sur le marché régional des titres publics, coordonné par Umoa-Titres. Cette prévision indiquée dans la loi de finances du pays exercice 2025, traduit une diminution de 45 % par rapport à l’année précédente, où le pays avait envisagé de lever 607 milliards FCFA.
L’objectif est de financer en partie le budget de l’État, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 2397 milliards FCFA. Dans cette dynamique, le Trésor public togolais vient de lancer un appel d’offres visant à mobiliser 20 milliards FCFA auprès des investisseurs de la région. Cette opération se fera sous la forme d’une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT).
Concrètement, 10 milliards FCFA seront levés au moyen des BAT d’une maturité de 364 jours, aux taux d’intérêt multiples. Le pays collectera également 10 milliards FCFA via des OAT d’une maturité de trois ans, assorties d’un taux d’intérêt fixé à 6,25 %. La clôture de cette première opération de l’année est prévue au vendredi 10 janvier 2025.
Notons qu’en 2024, le Togo avait réussi à mobiliser un total de 638,5 milliards FCFA sur ce marché. Ce montant comprenait 449,96 milliards FCFA en BAT et 188,53 milliards FCFA en OAT.
Esaïe Edoh
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Le Président togolais Faure Gnassingbé est à Accra, la capitale ghanéenne où il devra assister, ce mardi 7 janvier 2025, à l’investiture de John Dramani Mahama, nouveau chef d’État de ce pays ouest africain. L’information a été confirmée par la présidence togolaise dans un communiqué consulté par Togo First.
Une démarche traduisant l'engagement du Togo à renforcer ses relations avec son voisin, notamment dans les domaines socio-économique et diplomatique.
Lors d’une précédente rencontre à Lomé, les deux dirigeants avaient défini les grandes lignes de leur coopération bilatérale. Les discussions s’étaient concentrées sur des questions d’ordres politique, économique et sécuritaire, aussi bien à l’échelle nationale qu’au niveau ouest-africain.
A l’invitation des autorités ghanéennes, le Président de la République, SEM @FEGnassingbe, prend part ce 7 janvier 2025 à Accra à la cérémonie solennelle d’investiture du Président élu, SEM @JDMahama .
— Présidence Togolaise/Togolese Presidency (@PresidenceTg) January 7, 2025
Plus de précisions dans le communiqué ci-dessous. ⬇️⬇️⬇️… pic.twitter.com/6B3jUgL9fc
Les deux pays, partageant une frontière commune et des liens historiques étroits, entretiennent des relations commerciales solides. En effet, en 2022, le volume des échanges bilatéraux s’élevait à 188 millions de dollars, selon les données des Nations unies. Les exportations togolaises vers le Ghana représentaient 75,2 millions de dollars, tandis que les importations en provenance du Ghana atteignaient 113,3 millions de dollars. Cette même année, le Ghana était le septième marché d’exportation du Togo, absorbant 5,6 % des exportations totales togolaises.
Au-delà des liens commerciaux, le Togo et le Ghana affichent une volonté commune de maintenir la paix et un climat de bon voisinage. Cette ambition s’inscrit dans un contexte régional où les enjeux de sécurité et de développement restent préoccupants.
Esaïe Edoh
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Le Togo a délivré 101 600 visas en 2023, selon les données de la Direction Générale de la Documentation Nationale (DGDN), partagées par le ministère de tutelle devant l’Assemblée nationale togolaise.
Ceci représente près de 6,7 % de l’ensemble des entrées sur le territoire togolais sur cette période, estimées à 1,52 million. Ce chiffre inclut des entrées pour motifs touristiques, d'affaires ou autres. Il est toutefois à relativiser, car il englobe également des cas de transit enregistrés aux différents points d’entrée, terrestres et aériens.
Ceci étant, les autorités administratives restent optimistes et prévoient une hausse continue du nombre de visas délivrés. Les projections sont ambitieuses, avec une augmentation prévue de près de 20 % cette année pour atteindre 120 000 visas en 2024, et jusqu’à 170 000 visas délivrés d’ici 2027.

Pour atteindre ces objectifs, des efforts supplémentaires seront déployés, notamment pour renforcer la collaboration avec les services d'immigration. Cela permettra un suivi rigoureux des flux et une optimisation des processus de délivrance.
En parallèle, le ministère mise sur la diplomatie économique et culturelle pour promouvoir la destination Togo. Les autorités espèrent également attirer davantage d’acteurs économiques et touristiques via l’organisation de forums internationaux, dans le but de maximiser les investissements et les visites dans le pays.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, les besoins énergétiques sont estimés à 320 MW en période de pointe en soirée, contre une production nationale actuelle de moins de 200 MW, selon le ministère des Mines et des Ressources Énergétiques. Ce déficit de 120 MW est comblé par des importations en provenance des voisins, le Ghana et le Nigéria, soulignant une dépendance extérieure persistante qui expose le pays à divers défis.
Pour y remédier, le gouvernement a axé sa stratégie énergétique sur la diversification et la sécurisation des approvisionnements. Parmi les priorités figurent la construction de nouvelles centrales renouvelables (hydroélectriques et biomasses) et thermiques, ainsi que la réduction des pertes via des infrastructures de transport haute tension. En parallèle, un plan d’efficacité énergétique a été conçu pour optimiser la consommation.
Notons que lors d’un récent sommet sur l’énergie à Lomé, le Premier ministre, Victoire Tomegah-Dogbé, a indiqué que de nouvelles capacités en énergies renouvelables, de l’ordre de 137 MW sont en cours d’installation sur le territoire togolais, dans le cadre des efforts de transition énergétique, avec un focus sur l’énergie solaire, jugée accessible et abordable.
Ceci étant, les énergies fossiles ne sont pas écartées. Des initiatives comme le développement de plateformes de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) et l’installation de batteries de stockage (électro-solaire) visent à pallier l’intermittence des sources solaires.
Les projets phares incluent une centrale thermique à cycle combiné de 250 MW, le barrage hydroélectrique de Tététou (60 MW), ainsi que de petites centrales hydroélectriques et des batteries de stockage.
Selon les autorités publiques, le financement de ces initiatives reste en cours de mobilisation.
Ayi Renaud Dossavi
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Le gouvernement togolais a officiellement demandé au Fonds monétaire international (FMI) de procéder à un audit de sa gouvernance, a appris Togo First. Cet exercice, qualifié de diagnostic de gouvernance, devrait permettre d’identifier les faiblesses structurelles des institutions publiques afin de renforcer la transparence, condition essentielle pour attirer davantage d’investissements privés, alors que Lomé multiplie les initiatives pour rendre son économie plus attractive.
« Une évaluation diagnostique de la gouvernance par le FMI s’avérerait très profitable, car elle apporterait un regard neuf et indépendant et ouvrirait la voie à l’élaboration de solutions ciblées », avaient déjà recommandé les équipes du Fonds monétaire international il y a quelques mois.
Pour les autorités togolaises, cette demande traduit une volonté de moderniser les cadres institutionnels. « Le diagnostic du FMI sera un outil pour affiner nos politiques et améliorer l’efficacité de nos institutions », indique un proche du ministère des Finances.
Le FMI, de son côté, a salué cette initiative, la considérant comme un signal fort de l’engagement de Lomé à améliorer la gouvernance. Selon l’institution, une telle évaluation pourrait aider à combler les lacunes juridiques, renforcer la lutte contre la corruption et optimiser la gestion des ressources publiques. Le Fonds a également recommandé de rendre publiques les conclusions de l’audit, une mesure qui affermirait la confiance des investisseurs internationaux.
Le Togo mise sur une relance économique soutenue par des réformes structurelles. Selon l’institution de Bretton Woods, la croissance économique réelle, qui a atteint 5,6 % en 2023, devrait s’élever à 5,3 % en 2024-2025, puis environ 5,5 % par an par la suite. La zone économique spéciale de la PIA, vitrine des ambitions industrielles du pays, affiche des performances jugées « prometteuses » par les équipes du Fonds. Cependant, l’institution invite à une gestion prudente des incitations fiscales pour éviter des déséquilibres budgétaires.
Les autorités togolaises ont d’ailleurs annoncé leur intention de rationaliser ces mesures, en mettant fin aux incitations ponctuelles pour se concentrer sur les régimes fiscaux spéciaux existants. « Elles ont toutefois l’intention de mettre un terme aux mesures d’incitation fiscales de circonstance qui s’ajouteraient à celles octroyées au titre des trois régimes fiscaux spéciaux », apprend-on des conclusions de la première revue du programme de 42 mois appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC).
Fiacre E. Kakpo
Pour le compte de l’année 2025, l’Office togolais des recettes (OTR) devra mobiliser 1210 milliards FCFA afin de soutenir le budget de l’État, a indiqué Philippe Kokou Tchodié. C’était à la faveur d’une rencontre avec le personnel de l’institution, en fin de semaine écoulée.
Cette prévision marque une progression de 8% par rapport aux objectifs de 2024, qui étaient fixés à 1113 milliards FCFA dans la loi de finances rectificative.
Sous la direction du Commissaire Général, l’administration fiscale devra ainsi contribuer à plus de 50 % du budget global 2025, évalué à 2397 milliards FCFA. Les fonds collectés par l’OTR auprès des contribuables viendront renforcer le budget général en recettes budgétaires.
Dans le détail, le Commissariat des impôts se chargera de mobiliser 595 milliards FCFA, et celui des douanes et des droits indirects, 613 milliards FCFA.
Les prévisions relatives aux recettes fiscales représentent une part importante, soit plus de 81 % des recettes budgétaires, lesquelles sont attendues à hauteur de 1486 milliards FCFA. Les autres sources des recettes budgétaires incluent les recettes non fiscales, estimées à 74 milliards de francs CFA, ainsi que des dons programmes prévus à près de 12 milliards et des dons projets des partenaires extérieurs, évalués à 190 milliards de francs CFA.
Il convient de noter que l’OTR a déjà fait preuve d’une performance notable. En 2023, il avait réussi à collecter plus de 1000 milliards FCFA, dépassant l’objectif initial de 990 milliards. En 2024, 1042 milliards FCFA de recettes fiscales et douanières étaient prévus.
Esaïe Edoh
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