Au Togo, l’administration publique a enregistré des dépenses fiscales estimées à 143,2 milliards FCFA en 2023, en forte hausse de 25 % par rapport aux 114,1 milliards FCFA de 2022. Selon le ministère de l’économie et des finances, dans son Rapport d’évaluation des dépenses fiscales couvrant l’année 2023, ces mesures représentaient 17,6 % des recettes liquides et 2,6 % du PIB national, marquant une tendance à l'augmentation des allègements fiscaux accordés aux contribuables.

Ces dépenses fiscales consistent en des réductions opérées par l’autorité publique, pour alléger la charge d’impôt d’un contribuable ou d’un secteur d’activités. Ce sont souvent des mesures de soutien ou des incitations, qui entraînent pour les contribuables un allègement de leur charge fiscale et, au niveau de l’État, une perte définitive de recettes.
La TVA bien en tête
Par type d'impôt affecté par ces mesures d’allègement ciblé, les dépenses fiscales se sont réparties de la manière suivante : 60,8 milliards FCFA pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), représentant 42,4 % du total, 31,8 milliards FCFA pour l'impôt sur les sociétés (IS), soit 22,2 % du total. Derrière, les droits de douane et la redevance statistique s'élevèrent respectivement à 24,4 milliards FCFA (17 %) et 19,7 milliards FCFA (13,7 %). D'autres taxes dont la patente et l'impôt sur le revenu des personnes physiques, ont également contribué à ces dépenses.

De fait, les mesures dérogatoires liées à la TVA se sont révélées les plus significatives, représentant 20 % du total, suivies de celles liées à l'impôt sur le revenu des personnes physiques (17,3 %) et à l'impôt sur les sociétés (16 %).
Les entreprises, principales bénéficiaires
Notons que les entreprises ont été les principales bénéficiaires de ces dépenses, accumulant 59,7 % des fonds, tandis que les associations et ONG ont reçu 7,3 % et les ménages 9 %.
L’une dans l’autre, ces dépenses fiscales, bien qu’en hausse, interviennent dans un contexte où l’administration publique a amélioré ses capacités de mobilisation de recettes fiscales. En effet, la même année, les recettes fiscales s’élevaient à près de 1 000 milliards FCFA (990,1 milliards FCFA), contre des prévisions initiales de 912 milliards FCFA.
Ayi Renaud Dossavi
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Les énergies renouvelables, l’accès à l’eau, l’agriculture durable, le reboisement, le développement de la mobilité électrique, ce sont entre autres, les projets, au nombre de 35 que le Togo présentera lors de la 29e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP29), qui s’ouvrira le 11 novembre prochain à Bakou, en Azerbaïdjan.
Objectif : pouvoir capter des financements pour leur mise en œuvre, au moyen des rencontres bilatérales avec de potentiels contributeurs et partenaires financiers. Ces projets ont été examinés la semaine dernière à Lomé par le ministère chargé de la protection de l’environnement et les partenaires du Togo.
Selon le ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, Foli-Bazi Katari, les projets retenus sont alignés sur les engagements internationaux du pays pour la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique.
Pour atteindre les objectifs qu’il s’est assignés à ce rendez-vous mondial sur le climat et pour accroître sa visibilité, le Togo disposera d’un pavillon avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Esaïe Edoh
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A partir du vendredi 1er novembre 2024, l'Office Togolais des Recettes (OTR) va contrôler le paiement de la Taxe Professionnelle Unique (TPU) pour les transporteurs routiers à travers le pays. Cette opération vise à vérifier la conformité des transporteurs au paiement de cette taxe, couramment appelée “trimestre”, pour le troisième trimestre de l'année en cours.
Des agents de l’OTR seront mobilisés sur le terrain, en particulier dans les rues, pour s’assurer que les transporteurs sont à jour de leurs obligations fiscales. En amont de cette opération, l’administration fiscale encourage les transporteurs à se conformer aux dispositions fiscales en vigueur, rappelant que la perception de la TPU pour le troisième trimestre 2024 est toujours en cours, en accord avec l’article 57 du Livre des Procédures Fiscales.
La TPU, collectée trimestriellement par l’OTR, est calculée sur une base forfaitaire et repose sur un chiffre d’affaires estimé pour chaque catégorie de véhicule.
L’administration a défini des grilles tarifaires en fonction du poids économique des véhicules, en tenant compte du nombre de places, du tonnage et du type de transport (personnes ou marchandises). Ce système tarifaire vise à garantir une contribution équitable de l’ensemble des transporteurs, selon leur activité.
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En clôture de l’année 2023, la filiale togolaise du groupe Orabank affichait un total bilan de 851 milliards FCFA, selon les documents de l’acteur bancaire consultés par Togo First. Ce chiffre est en baisse de près de 10% rapporté à celui de 2022 qui était de 941 milliards FCFA.
D’après les informations fournies par la banque, cette diminution est due à une réduction des ressources de trésorerie. En effet, la banque a moins prêté en 2023 qu’en 2022. Concrètement les encours nets de crédits à la clientèle ont reculé de 7,4 % pour s’établir à 435,6 milliards FCFA, comparativement à 470 milliards en décembre 2022.
Les données consultées par Togo First indiquent que malgré cette contraction du total bilan, Orabank Togo a connu une hausse de 11 % des dépôts de la clientèle, qui ont atteint 617,5 milliards FCFA en décembre 2023 contre 558 milliards FCFA l’année précédente. Cette progression est attribuée en grande partie à la croissance des dépôts à vue.
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Si la hausse des dépôts à vue a été significative, les dépôts à terme (qui sont moins volatils) ont pu reculer. Cette baisse des dépôts à terme justifie également la chute du total bilan.
En parallèle, le nombre de comptes clients a augmenté de 11 %, atteignant un total de 405 666 comptes ouverts en fin d’exercice 2023.
Notons qu’en 2023, Orabank a été désignée pour la troisième année consécutive, la meilleure banque du Togo par le Magazine Global Finance, en termes d'actifs, de dépôts et de crédits.
Esaïe Edoh
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Le Togo se prépare à accueillir la deuxième édition du Festival des Loisirs des pays ouest-africains, qui se déroulera du 15 au 16 novembre 2024 au stade de Kégué à Lomé. Cette année, le festival adopte le thème "Les loisirs : vecteurs de cohésion sociale et de développement communautaire".
Lancée lundi 28 octobre, en collaboration avec la Confédération des Ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES), cette édition fait suite au succès de la première en septembre 2022. L'initiative vise à mettre en lumière le rôle souvent négligé des loisirs dans les sociétés francophones ouest-africaines. Selon Etse Kodjo Klou, Directeur national des Loisirs, « l’objectif de ce Festival est de renforcer les liens de coopération et du vivre ensemble entre les communautés des pays de l’Afrique de l’Ouest membres de la CONFEJES. » À ce titre, « des séances de jeux des pays qui font partie de la CONFEJES sont à l’agenda. Nous aurons également des échanges entre communautés. Ce chapitre accueillera les officiels de chaque pays. », ajoute-t-on.
Au total, dix pays francophones d'Afrique de l'Ouest prendront part à cet événement, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI-Togo) veut accompagner 150 Petites et Moyennes Entreprises (PME) dans leur transformation digitale. L’idée est notamment de renforcer la compétitivité des entreprises togolaises par le biais du numérique. La délégation consulaire vient de lancer à cet effet un appel à manifestation d'intérêt, dans le cadre d’un partenariat avec la Coopération Allemande (GIZ).
Dans le détail, cet appel, ouvert aux entreprises proposant des services ou produits non digitaux, concerne 105 PME dans le Grand Lomé et 45 en régions. Les candidats doivent remplir certains critères, notamment être inscrits dans une base de données d'une structure d'appui ou d'accompagnement, disposer d'au moins 10 employés et d'un chiffre d'affaires de 30 millions FCFA. L'utilisation régulière d'outils numériques pour des activités commerciales sera considérée comme “un atout”.
En cas de sélection, les formations et activités de sensibilisation porteront sur l'intégration des outils numériques dans la gestion d'entreprise, le commerce en ligne et l'utilisation des réseaux sociaux. Cet appel s'inscrit dans le cadre d'initiatives déjà lancées par la CCI-Togo, notamment le projet Lon’Kelew, qui visait à digitaliser les entreprises et qui avait permis l’an dernier de former une dizaine d'informaticiens consultants, déployés dans une cinquantaine de PME togolaises pour aider à leur digitalisation.
Consulter ici l’appel complet. Les candidatures doivent être envoyées avant le 07 novembre 2024.
Ayi Renaud Dossavi
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En cinq ans, le secteur bancaire togolais a réduit d’environ 29 % (28,88% plus précisément), son exposition au secteur public. C’est ce qui ressort d’une note-pays du Fonds monétaire international, en marge de la dernière évaluation économique du Togo, dans le cadre de la facilité élargie de crédit (FEC). Ainsi, selon le document, en janvier 2024, le montant total des créances des banques togolaises, vis-à-vis de l'État et des entreprises publiques (et donc le risque potentiel en cas de défaut de paiement), représentait 22,9 % des actifs totaux du secteur bancaire togolais, en baisse par rapport à 32,2 % en 2019.

Bien que ce chiffre soit encore au-dessus des moyennes de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et de l'Afrique subsaharienne, il révèle une tendance vers une réduction progressive des obligations envers le gouvernement, indiquent les experts de l’institution de Bretton Woods.

« Cette baisse est principalement due à une réduction de la part des titres d'État et des prêts aux entreprises publiques dans le total des actifs du secteur bancaire », indique-t-on. D’ailleurs, cette baisse s'accompagne d'une diminution du ratio des créances publiques sur le secteur privé (la proportion des créances détenues par les institutions financières à l'égard du secteur public, par rapport aux créances sur le secteur privé). Cet indicateur, qui exprime la dépendance des banques commerciales à la dette publique par rapport à la dette contractée par le secteur privé, est passé de 59,3 % à 47,8 % au cours de la même période.
Vers des crédits souverains “extra-nationaux”
Ceci étant, il faut noter que dans le même temps, les banques togolaises se sont tournées vers le financement d'autres États de l'UEMOA. “L'exposition des banques passerait à 38 % du total des actifs et le ratio des créances sur les secteurs public et privé à 79,3 % à la fin de 2023 si l'on considère l'exposition aux autres pays de l'UEMOA,” précise-t-on. Cette stratégie semble indiquer, dans l’ensemble, que les acteurs bancaires togolais préfèrent de plus en plus les emprunts souverains (d’État), qui seraient jugés moins risqués comparés aux emprunts pour le secteur privé. Une position qui pourrait menacer à terme la croissance du crédit au secteur privé, en particulier dans des secteurs sous-financés, comme l'agriculture.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le ministre délégué auprès du ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale, Kossivi Hounaké, a présenté plusieurs pistes pour résoudre le problème d'écoulement des stocks des producteurs de café et cacao. C’était en fin de semaine dernière, lors du lancement de la saison 2024-2025 de commercialisation de ces produits de rentes.
L’écoulement de stocks constitue un défi majeur pour les caféiculteurs et cacaoculteurs durant les différentes campagnes de commercialisation. Ce problème devenu récurrent impacte l’économie des filières caféière et cacaoyère du Togo, d’après les acteurs.
Pour l’officiel, la première étape pour relever ce défi est d’effectuer un recensement de tous les acteurs impliqués dans ces filières, dans le but de les identifier et de les enregistrer officiellement. Cette démarche déjà observée devrait être renforcée afin de permettre la traçabilité des produits et de limiter les exportations frauduleuses, qui échappent aux contrôles réglementaires et réduisent les ressources du Comité de coordination des filières café et cacao (CCFCC).
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Le ministre insiste aussi sur la nécessité pour les opérateurs étrangers de respecter la réglementation en vigueur au Togo, notamment en ce qui concerne les prix indicatifs publiés par le CCFCC toutes les deux semaines. Le ministre délégué évoque par ailleurs l’importance d’établir des prix de vente équitables, prenant en compte les fluctuations des marchés internationaux, et souligne l’objectif d’un système de tarification qui soit profitable aux producteurs. Ceci, tout en assurant la durabilité économique des autres intervenants.
« L'idéal serait d'instaurer un mécanisme qui privilégie les caféiculteurs et cacaoculteurs tout en assurant la viabilité des autres acteurs », a indiqué l’officiel.
Ces solutions, selon Enselme Gouthon, président du CCFCC, vont contribuer à éradiquer la contrebande dans la filière. Selon lui, cette pratique fragilise l’ensemble de la filière et compromet la possibilité d’une amélioration durable des revenus des producteurs. Gouthon précise que cette contrebande, facilitée par la complicité de certains opérateurs locaux, crée une distorsion des prix qui rend inopérantes les dispositions mises en place pour soutenir les acteurs légitimes du secteur.
Esaïe Edoh
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Au Togo, la ministre de l’Action sociale, de la solidarité et de la promotion de la femme, Prof. Kossiwa Zinsou-Klassou, a inauguré le 24 octobre 2024 à Sokodé, la campagne de prise en charge chirurgicale des fistules obstétricales, soutenue par la CEDEAO. En effet, ce lancement a notamment été marqué par la remise officielle d’un chèque de 245 mille dollars US (148,47 millions FCFA) et des kits post-opératoires par Sandra Oulaté, directrice du Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG), représentant la Commissaire au développement humain et aux affaires sociales de la CEDEAO, à Prof. Kossiwa Zinsou-Klassou, ministre de l’Action sociale, de la solidarité et de la promotion de la femme.
L’investissement communautaire est destiné à améliorer la santé des femmes et des filles touchées par cette condition dans les États membres de la CEDEAO, dans le cadre de l’exécution des programmes du CCDG. Il porte sur quatre volets : les opérations chirurgicales pour les victimes, leur réintégration socio-économique, les campagnes de sensibilisation à la prévention, et la réhabilitation des centres de traitement spécialisés, précise la CEDEAO.
Pour ce projet, les interventions se dérouleront au Centre hospitalier régional (CHR) de Sokodé, qui sert de référence nationale pour la prise en charge des fistules. L’initiative prévoit l'hébergement, les réparations chirurgicales, les moyens de transport et l'alimentation des patientes.
Causée notamment par des accouchements difficiles, la fistule obstétricale entraîne des pertes involontaires d’urine et de selles, affectant gravement la qualité de vie des femmes. Outre la lutte contre cette maladie, le CCDG soutient également d'autres initiatives, comme les bourses pour les filles et des projets d’autonomisation des femmes.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la 10ème édition du Forum sur la gouvernance de l'Internet, organisée par le Chapitre togolais de l'Internet Society (ISOC Togo), a réuni une centaine de participants en fin de semaine dernière, le vendredi 24 octobre 2024 à Lomé. Placée sous le thème : « Innovation de rupture & IA : Avancées, opportunités et enjeux pour le Togo », cette rencontre a rassemblé des experts, universitaires, économiques, des décideurs et usagers pour discuter des implications de l’intelligence artificielle (IA) dans le pays.

Pour l’ISOC Togo, l'événement a été l’opportunité de mettre en lumière la nécessité d'un cadre robuste de protection des données pour garantir la confidentialité des informations personnelles. Le président d’Internet Society, Emmanuel Vitus, a souligné l’importance de contextualiser les technologies émergentes telles que le machine learning pour répondre aux réalités togolaises. De son côté, le Vice-président d’Internet Society, Folli Herbert Amouzougan, a évoqué les défis à relever face à la vitesse exponentielle des avancées technologiques.

Professeur Akodah Ayewouadan, également présent pour les travaux, a ajouté que l'IA pourrait devenir un catalyseur de croissance en Afrique, avec des applications dans des secteurs clés comme l'agriculture, la santé et l'éducation. « L’intelligence artificielle peut être un véritable catalyseur de croissance et d'innovation qui pourrait nous permettre de relever un certain nombre de défis spécifiques à notre environnement, à notre réalité et d'améliorer notre qualité de vie », a ajouté l’Universitaire et ancien ministre de la communication togolaise.
Au Togo, ces échanges s’inscrivent dans un contexte où le pays veut se doter d’une stratégie nationale IA, et mobilise des experts et acteurs à cet effet.
Ayi Renaud Dossavi
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