Togo First

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Lomé Container Terminal (LCT) a relancé, jeudi 16 avril 2026, son service clientèle, dans le cadre de la modernisation de ses opérations et de l’amélioration de l’expérience des usagers au port de Lomé.

L’initiative vise à recentrer la performance logistique sur la qualité de service, dans un contexte de croissance soutenue de l’activité portuaire et en cohérence avec la norme ISO 9001.

Au cœur de la réforme, LCT met en place un guichet unique, destiné à simplifier les interactions avec les clients. Les services de facturation et de prise de rendez-vous sont désormais centralisés, mettant fin à la multiplicité des interlocuteurs.

« Nos clients faisaient face à des pertes de temps et à un manque de visibilité dans le traitement de leurs demandes », explique Merveille Beguedou, responsable du service client.

Les réclamations sont à présent centralisées, traitées et suivies jusqu’à leur résolution, avec un retour systématique aux usagers. Cette réorganisation centrée sur une meilleure écoute du client et un meilleur service rendu, s’accompagne également de la fusion de certains services, notamment ceux liés à l’appointement et à la facturation.

Ce repositionnement intervient alors que le trafic au port de Lomé a progressé de 17 % en mars 2026, selon Edem Tengue, ministre délégué chargé de l’économie maritime. Une évolution qui accentue la pression sur les infrastructures et les capacités organisationnelles.

« La performance ne se mesure pas seulement aux équipements, mais aussi à la capacité à résoudre rapidement les problèmes des clients », a-t-il souligné.

Pour le directeur général de LCT, Tim Vancampen, ce relancement traduit un « choix de culture », orienté vers des services portuaires de classe mondiale, qui repose sur quatre piliers essentiels : « mise en place d’un point de contact unique permettant à chaque client de disposer d’un accès clair, structuré et simple aux services de LCT ; un service clientèle indépendant rattaché directement à la direction générale afin d’assurer son indépendance vis-à-vis des opérations de LCT et de ses finances ; un accent particulier sur la gestion des plaintes et des réclamations avec un objectif clair : assurer une prise en charge rapide, efficace et traçable de chaque demande ; et enfin, contribuer à une amélioration significative de la qualité des services et des garanties d’une expérience plus qualitative, plus transparente, plus professionnelle ».  Ceci, dans un contexte où l’opérateur renforce sa collaboration avec MSC Mediterranean Shipping Company, leader mondial du transport maritime par conteneur et de la logistique.

En parallèle, LCT poursuit un programme d’investissement d’environ 100 millions d’euros, incluant le dragage du port et l’acquisition de nouveaux portiques attendus d’ici un an.

Avec près de 90 % de ses activités orientées vers le transbordement, le terminal constitue un maillon clé du positionnement du Togo comme hub logistique régional. La réorganisation du service client vise ainsi à réduire les points de friction liés aux opérations locales et au transit vers l’hinterland.

Avec cette réforme que salue la communauté portuaire, bien que l’UPRAD (Union Professionnelle des Agréés en Douane) affirme attendre bien plus d’efforts, LCT amorce un virage stratégique, misant sur la qualité de service comme levier de compétitivité dans un environnement portuaire de plus en plus compétitif.

S.A

Le secteur des hydrocarbures au Togo poursuit sa mutation, porté par une dynamique progressive de modernisation des services et d’évolution des pratiques de consommation. Dans un environnement marqué par une forte compétitivité, les stratégies de fidélisation de la clientèle occupent désormais une place centrale.

C’est dans ce contexte que la Compagnie Africaine de Pétrole (CAP Togo) a procédé le jeudi 16 avril au lancement de « MyCAP », un programme de fidélisation destiné aux clients des stations-service. L’initiative repose sur un système de cumul de points à chaque achat de carburant, permettant ensuite aux usagers d’accéder à divers avantages sous forme de réductions et de récompenses.

Le dispositif concerne à la fois les clients utilisant la carte électronique e-cap et ceux réglant leurs achats en espèces. Pour ces derniers, l’adhésion passe par un premier seuil de consommation donnant droit à une carte de fidélité, utilisée ensuite pour le suivi des transactions et l’accumulation des points via un terminal de paiement électronique.

Selon le directeur général adjoint de CAP Togo, Adenyo Koudjo Bruno, ce programme s’inscrit dans une logique de transformation de la relation client. « MyCAP permet de passer d’une relation strictement commerciale à une relation plus suivie avec nos clients, en valorisant leur régularité et leur fidélité dans le réseau », a-t-il indiqué.

De son côté, la directrice commerciale, Aïda Bako, souligne une approche inclusive du dispositif. « L’objectif est de permettre à tous nos clients, qu’ils soient utilisateurs de solutions électroniques ou payant en espèces, de bénéficier des mêmes opportunités de reconnaissance et d’avantages au sein du réseau », a-t-elle expliqué.

Au-delà de l’annonce, cette initiative illustre une tendance plus large observée dans le secteur des hydrocarbures, où la digitalisation progressive des services accompagne la montée en puissance des programmes de fidélisation. Les stations-service deviennent ainsi des espaces où la gestion de la relation client s’appuie de plus en plus sur des outils numériques et des systèmes de suivi individualisé.

Dans cette conjoncture, la question de l’adoption effective de ces dispositifs par les consommateurs, ainsi que leur impact sur les habitudes de consommation, demeure ouverte.

Gautier Agbekodovi

Au moment où les économies africaines font face à une multiplication des incertitudes, la gestion des risques s’impose comme un levier stratégique pour les acteurs financiers. « Toute entreprise doit avoir un risk manager », plaide Khalid Yacoubou Boukari, président de l'Association pour le Management des Risques et des Assurances du Togo (AMRAT), en marge de la cérémonie d’ouverture des Risk & Resilience Days coorganisée jeudi 16 avril 2026 à Lomé par la même association et son partenaire FINCONNECT FINANCIAL SOLUTIONS. Le thème retenu était : Banques et Assurances africaines à l’épreuve des risques émergents : vers une gestion intégrée et une résilience durable.

Si la gestion du risque est bien encadrée dans le secteur financier, notamment dans les banques et les assurances, l’initiative de rassembler directeurs de banques et assurances, experts, risk managers, associations patronales, répond, selon Khalid Yacoubou Boukari à l’ambition de l’AMRAT de créer un cadre d’échanges et de réflexion autour des risques émergents et de dégager une approche intégrée de leur gestion. Mais pas que. Il est aussi essentiellement question, souligne le N°1 de l’AMRAT, de démystifier le métier de risk manager, encore méconnu, et formuler des recommandations concrètes.

1 amrat

Principalement, la logique repose sur une proactivité dans l’identification des risques, leur anticipation et la capacité à les cartographier afin d’être en mesure de les adresser efficacement, s’ils surviennent. « Il s’agit de prévenir un certain nombre de risques, de sorte que, s’ils se réalisent, des solutions ou des débuts de solutions existent déjà », résume la philosophie portée par l’AMRAT.

L’accent est mis sur les risques émergents :entre autres,  les risques politiques et sécuritaires, la recrudescence des cyberattaques, les risques climatiques, de plus en plus fréquents et intenses. Les récents tremblements de terre au Maroc illustrent, par exemple, la nécessité pour les entreprises et les assureurs de mieux intégrer les aléas naturels dans leurs modèles de prévision.

Généraliser la fonction du “risk manager” dans les entreprises

Au-delà du secteur financier où le défi est de parvenir à faire une gestion intégrée des risques émergents, l’idée qui sous-tend la création de l’AMRAT, qui a reçu son récépissé le 16 décembre 2025 après 3 ans d’attente, est de « développer et promouvoir la gestion des risques dans tous les secteurs d’activités », dévoile son président.

De fait, les témoignages des responsables d’institutions financières comme Guy Martial Awona d’Orabank Togo à la faveur de l’ouverture des Risk & Resilience Days révèlent que la fonction de risk manager reste encore peu structurée dans de nombreuses entreprises en Afrique de l’Ouest. Au Togo, comme dans plusieurs pays de l’espace Union économique et monétaire ouest-africaine, la gestion des risques est souvent intégrée de manière informelle aux fonctions financières ou juridiques. Avec comme lot de conséquences, une faible anticipation des crises, des pertes financières évitables, et une vulnérabilité accrue face aux chocs externes, apprend-on.

Le plaidoyer de Khalid Yacoubou Boukari pour une généralisation de la fonction de risk manager « toute entreprise, quel que soit son domaine, doit disposer d’un risk manager », devrait trouver ici tout son sens.

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Pour Dr José Symenouh, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), les actions de l’AMRAT donneraient davantage d’impact en étant orientées vers 3 axes essentiels : la réflexion stratégique pour détecter des solutions innovantes adaptées aux réalités locales ; la formation afin de renforcer les compétences en gestion des risques et le réseautage, bâtir un écosystème solide et collaboratif.

S.A

 

 

Au Togo, le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières annonce un audit des quantités de matériaux extraits, des recettes afférentes et du respect de la réglementation minière dans les carrières de matériaux de construction. À cet effet, un avis à manifestation d’intérêt a été lancé pour le recrutement d’un consultant chargé de conduire cette mission.

Selon le ministère, cette initiative vise à collecter et analyser les données du secteur extractif. Concrètement, l’audit comprendra des descentes de terrain afin d’évaluer l’état des sites, relever les données techniques et de contrôler les dispositifs de mesure, à l’aide d’outils fiables et modernes.

L’opération inclura également une simulation de l’état initial des gisements, une estimation des volumes extraits avec conversion dans une unité commune, ainsi qu’une traçabilité des principales hypothèses. Les résultats issus du terrain seront ensuite réconciliés avec les données déclaratives et fiscales, notamment celles des sociétés, des collectivités territoriales et des paiements liés aux taxes, droits, redevances et contributions au développement local.

Par ailleurs, un examen de la conformité environnementale et sociale sera effectué, sur la base des autorisations disponibles et des constats de terrain. L’audit permettra également d’analyser les écarts éventuels entre les volumes extraits et les recettes déclarées, et d’en identifier les principales causes.

À terme, cet exercice devrait doter le ministère d’une base documentaire fiable sur le secteur minier, en vue de renforcer le respect de la réglementation et, le cas échéant, d’engager des réformes.

Selon l’avis consulté par Togo First, les soumissions sont reçues jusqu’au 29 avril 2026. La mission devrait s’étendre sur une durée de trois mois à compter de l’attribution du marché.

Esaïe Edoh

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Togo : structure de la production minière et concentration des recettes publiques

Au Togo, le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de l’Accès universel aux soins a lancé, le jeudi 16 avril 2026 à Lomé, les premières Journées du secteur privé de la santé (JSPST). Le projet gouvernemental de couverture sanitaire universelle (CSU) est au centre de cette première édition.

Placées sous le thème « Rôle du secteur privé dans la promotion de l’assurance maladie universelle (AMU) au Togo », ces assises réunissent les acteurs du secteur privé de la santé autour des opportunités à saisir pour contribuer à la réussite de la CSU. Portées par la Plateforme du Secteur Privé de la Santé (PSPS-Togo), ces rencontres, prévues sur deux jours, sont marquées par des panels, des réunions et des conférences scientifiques. Elles visent, selon les organisateurs, à favoriser une meilleure compréhension et reconnaissance du rôle du secteur privé dans le système de santé togolais.

Ces journées constituent également une opportunité pour mobiliser davantage les acteurs privés aux côtés de l’État dans la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle. « Cette urgence de renforcement de l’offre de soins ne saurait laisser en marge le secteur privé sanitaire, déjà fortement engagé à travers ses plateaux techniques de diagnostic et de soins, ainsi que ses unités spécialisées. C’est là le sens véritable de notre initiative », a indiqué le président de la PSPS, Dr Koundé Innocent Kpéto.

Pour la plateforme, le développement du secteur privé de la santé constitue un levier de croissance pour l’économie de la santé, et un facteur d’équilibre et de pérennité du système sanitaire. « Les ressources endogènes mobilisées pour financer la couverture sanitaire universelle doivent certes servir à améliorer la santé de la population, mais aussi soutenir le développement structuré d’un secteur économique contribuant à la richesse nationale », soulignent les organisateurs.

Présidant la cérémonie, le ministre de la Santé, Jean-Marie Tessi, a rappelé que ces assises s’inscrivaient dans une dynamique nationale visant à bâtir un système de santé performant, résilient et accessible à tous. « L’Assurance maladie universelle incarne une ambition nationale forte, un engagement politique au plus haut niveau de l’État, et une exigence sociale visant à garantir à chaque Togolais un accès équitable, continu et de qualité aux soins », a-t-il déclaré.

Notons que ces premières journées interviennent alors que le Togo a engagé, depuis janvier 2024, le déploiement de l’Assurance maladie universelle (AMU), avec pour objectif d’assurer un accès aux soins à l’ensemble de la population.

Esaïe Edoh

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Togo : vers une assurance maladie complémentaire pour élargir l'AMU ?

Au Togo, l’Université de Kara lance un chantier de réhabilitation de son réseau informatique. Le mardi 15 avril 2026, le secrétaire général de l’institution, Egbaou Assoté, a remis le cahier des charges à l’entreprise Professional Business Services (PBS), chargée de conduire les travaux.

Ceci marque le début d’un projet qui doit améliorer l’accès aux services numériques pour les étudiants et les enseignants, afin de doter l’université d’un réseau plus fiable, plus rapide et sécurisé.

Dans le détail, les travaux porteront sur l’ensemble des principaux sites de l’université, notamment les campus Nord et Sud. Cette couverture vise à réduire les disparités d’accès aux ressources numériques entre les différents pôles académiques.

L’opérateur PBS est spécialisé dans les solutions informatiques et devra moderniser les équipements existants, ainsi qu’adapter l’infrastructure aux usages croissants liés à l’enseignement et à la recherche.

Notons que cette initiative s’inscrit dans la politique de transformation numérique portée par l’État togolais, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Le projet bénéficie de l’appui du ministère chargé de l’efficacité du service public et de la transformation numérique.

Le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated (ETI), basé à Lomé, affiche un bénéfice avant impôts (le profit réalisé avant déduction des taxes dues à l'État) de 801 millions de dollars pour l'exercice 2025, en hausse de 21 % sur un an, pour un revenu net (le total des revenus générés après déduction des charges d'exploitation) de 2,45 milliards de dollars, en progression de 17 %.

Ces résultats financiers, récemment rendus publics, sont considérés par le groupe lui-même comme un record en plus d'une décennie.

Sur la période, le ratio d'exploitation (le rapport entre les charges et les revenus, qui mesure l'efficacité opérationnelle d'une banque : plus il est bas, plus la banque est efficace) s'est amélioré à 48,3 %, contre 52,8 % un an plus tôt, franchissant pour la première fois la barre symbolique des 50 %. Ce seuil traduit un basculement structurel : la croissance des revenus dépasse désormais celle des charges à l'échelle consolidée (au niveau du groupe dans son ensemble, toutes filiales confondues). Les dépôts clients (les sommes placées par les particuliers et entreprises auprès de la banque) ont progressé de 4,9 milliards de dollars pour atteindre 25,3 milliards, tandis que les encours de crédit (le total des prêts accordés et non encore remboursés) s'élèvent à 12,8 milliards de dollars.

Par segment d'activité, la Banque des grandes entreprises et d'investissement (CIB, pour Corporate and Investment Banking, la division qui sert les grandes sociétés et les États) affiche un bénéfice avant impôts de 697 millions de dollars, en hausse de 40 %, tirée par le financement du commerce et les marchés de capitaux (les plateformes où s'échangent actions, obligations et autres instruments financiers). La Banque commerciale et des particuliers (CCB, pour Consumer and Commercial Banking, la division dédiée aux PME et aux clients individuels) contribue à hauteur de 480 millions de dollars, en progression de 27 %.

Sur la question des dividendes (la part des bénéfices redistribuée aux actionnaires), le conseil d'administration recommande un versement de 40 millions de dollars au titre de l'exercice 2025, soit le troisième dividende versé en dix ans, avec un taux de distribution (la proportion du bénéfice effectivement reversée aux actionnaires) inférieur à 7 % du bénéfice avant impôts. Si le signal peut être jugé symbolique, il vient tout de même mettre fin à deux exercices consécutifs sans rémunération des actionnaires.

R.E.D

La Banque africaine de développement (BAD) va décaisser 1,7 milliard FCFA en forme de don pour soutenir la compétitivité du secteur privé dans les huit pays de l’UEMOA. L’annonce a été faite récemment à Abidjan.

Ce financement, qui se fera via Le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel de l'institution panafricaine, doit permettre d’accompagner la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en renforçant la capacité des économies de l’Union à tirer parti des opportunités de production et de commerce à l’échelle du continent.

Le projet prévoit notamment l’organisation de concertations nationales avec les comités en charge de la ZLECAf afin d’évaluer l’état d’avancement des réformes et de définir un cadre opérationnel. Un atelier régional doit également permettre d’harmoniser les approches entre pays et d’améliorer le suivi des engagements.

Il s’agira ainsi de renforcer la coordination des politiques commerciales et de faciliter l’intégration des marchés au sein de l’Union.

Un accompagnement ciblé des PME

Dans le détail, le dispositif inclut un appui direct à 80 petites et moyennes entreprises orientées vers l’export. Ces entreprises bénéficieront de formations sur les procédures commerciales, l’accès au financement, les normes de qualité et l’usage des technologies.

Une attention particulière sera accordée aux entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, indique-t-on, dans un contexte où l’accès aux marchés reste limité pour ces profils.

L’initiative doit aussi renforcer le rôle de la Chambre consulaire régionale de l’UEMOA (CCR UEMOA) dans la représentation du secteur privé, tout en consolidant les mécanismes de facilitation des échanges au sein de l’Union.

R.E.D

Le Togo réaffirme son engagement à contribuer activement à la stabilisation du Sahel et à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest. Dans cette dynamique, le pays a élaboré une nouvelle stratégie pour le Sahel couvrant la période 2026-2028. Celle-ci sera présentée le samedi 18 avril 2026 à Lomé, lors d’une réunion organisée par le ministère des Affaires étrangères.

Cette nouvelle feuille de route remplace celle adoptée en 2021, qui a orienté l’action togolaise dans la région sahélienne au cours des quatre dernières années. Elle intervient dans un contexte marqué par de profondes mutations géopolitiques en Afrique de l’Ouest, notamment la persistance de la menace terroriste dans le Sahel, désormais étendue aux pays du Golfe de Guinée, ainsi que la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Face à ces évolutions, Lomé entend adapter ses approches ainsi que ses mécanismes de coopération régionale. Concrètement, la nouvelle stratégie vise à ajuster l’engagement du pays aux réalités émergentes au Sahel, notamment sur les plans sécuritaire, économique et politique.

La rencontre prévue à Lomé réunira notamment des acteurs issus du Sahel. Elle permettra de présenter les grandes orientations et les piliers prioritaires de cette stratégie, fondée sur le dialogue et la coopération. Pour les autorités togolaises, il s’agit également de réaffirmer leur volonté de collaboration avec les pays membres de l’AES, en cohérence avec sa ligne de conduite vis-à-vis de ces Etats depuis leur retrait de la CEDEAO.

Il convient de rappeler que, depuis le début des tensions entre l’AES et la CEDEAO, le Togo s’est positionné comme un acteur stratégique, tant sur le plan politique qu’économique. Le pays joue notamment un rôle clé en facilitant les échanges commerciaux avec les États sahéliens, qui utilisent le port de Lomé pour leur approvisionnement dans plusieurs secteurs.

Esaïe Edoh

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Lomé se mobilise pour sécuriser l’acheminement de 20 mille tonnes d’engrais vers le Niger

La filière cotonnière togolaise annonce ses meilleurs résultats depuis quelques années avec la création de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT). Pour la campagne 2025-2026, le rendement s'établit à 995 kg à l'hectare, contre 797 kg la saison précédente, soit une progression de 25 %. Une performance qui marque un tournant après cinq années de turbulences, et qui alimente des ambitions à l'horizon 2030.

En marge de la 18e réunion du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), qui se tient cette semaine à Lomé, la NSCT a réuni la presse mercredi15 avril 2026 dans ses locaux pour un bilan de campagne. Directeur général, président de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC) et directeur de la production agricole ont dressé un tableau résolument positif, en rupture avec les précédentes années de désillusion, qui ont suivi l'entrée d'Olam Agri au capital de la société en décembre 2020.

Un record de rendement 

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Les premiers chiffres de la campagne 2025-2026 sont éloquents. La NSCT projette une production de 74 000 tonnes de coton-graine, contre 60 000 tonnes la saison passée, soit une hausse de 23 %. 

Le rendement moyen, pour sa part, atteint 995 kg à l'hectare, et tutoie ainsi la barre symbolique d'une tonne. Ce niveau de rendement est, selon le top management de la société cotonnière, un record. 

« Il y a cinq ans, on était à peine à 600 kg à l'hectare. C'est quelque chose de très important pour nous », a indiqué Martin Drevon, directeur général de la NSCT. 74 000 hectares ont été emblavés, mobilisant un peu plus de 68 000 producteurs.

Ce chiffre est d'autant plus notable que la campagne a démarré sous de mauvais augures : une sécheresse précoce dans la région des Savanes a compromis les semis dans le nord du pays, maintenant cette zone autour de 850 kg/ha, pendant que les autres régions dépassent la tonne.

Cinq ans de turbulences avant le rebond

Le chemin parcouru mérite du reste d'être rappelé... Lorsqu'Olam Agri acquiert 51 % de la NSCT en décembre 2020 pour environ 22 milliards FCFA, la filière produisait encore 116 000 tonnes. L'entrée du groupe singapourien devait accélérer une trajectoire vers 200 000 tonnes. En lieu et place, ce fut l’envers du décor : la production est tombée à 67 185 tonnes en 2020-2021, puis à 52 528 tonnes en 2021-2022, et à 46 549 tonnes en 2022-2023. Un creux historique.

Plusieurs facteurs ont pesé simultanément, indique-t-on : la baisse du prix d'achat du coton-graine de 265 à 225 FCFA le kilo, les perturbations liées à la Covid-19 sur l'approvisionnement en intrants, la flambée des engrais consécutive au conflit russo-ukrainien, et surtout l'irruption d'une infestation d'aleurodes et de jassides à partir de 2022, qui a provoqué des pertes de rendement pouvant atteindre 50 % dans certaines zones. On souligne aussi la concurrence du soja, plus rémunérateur, qui a également détourné de nombreux producteurs.

Les relations entre la NSCT et la FNGPC se sont tendues au fil des campagnes, les producteurs dénonçant un manque de transparence et l'absence de bonus de fin de campagne. Une embellie s'amorce à partir de 2023-2024 avec une production remontée à 67 718 tonnes, avant de reculer à 60 403 tonnes en 2024-2025. 

La campagne actuelle marque donc une franche accélération.

Lire aussi : Togo : première hausse de la production du coton sous l’ère OLAM

Ce qui a permis la reprise

Le directeur de la production agricole, M. Yovogan, identifie trois facteurs déterminants. D'abord, le recours à des produits de spécialité anti-jassides et anti-lépidoptères (des insectes ravageurs qui attaquent les plantes), qui a permis de maîtriser la pression parasitaire. 

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Ensuite, la mobilisation d'un noyau de producteurs engagés : « ce sont 68 000 producteurs motivés à mettre en application les conseils des techniciens » qui ont tiré les rendements vers le haut, avec des performances individuelles pouvant atteindre 2,5 tonnes à l'hectare chez les meilleurs (par exemple, Koussouwè Kouroufei, planteur et président de la FNGPC, indique avoir récolté lui-même 37 845 kg sur 15 hectares lors de cette campagne, soit environ 2,5 t/ha).

Enfin, le maintien depuis trois campagnes consécutives du prix d'achat à 300 FCFA le kilo, conjugué au plafonnement du sac d'engrais NPK à 14 000 FCFA grâce à une subvention de l'État, a restauré la confiance des cotonculteurs. Le coût de marché des intrants s'établissait pourtant à 21000-22000 FCFA le sac. 

A ce jour, l’État prend en charge la différence dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, une région clé du monde pour la production d'engrais (Plus encore, du côté de la NSCT, on rassure, indiquant que des stocks d’engrais ont été sécurisés pour la période).

La relance du dialogue entre la NSCT et la FNGPC a aussi joué un rôle. En octobre 2025, les deux parties se sont retrouvées à Kara sous l'égide du ministère de l'Agriculture pour poser les bases d'un nouveau partenariat. « Nos objectifs sont désormais communs. Chaque point de décision fait l'objet de réunions techniques conjointes », a expliqué Martin Drevon.

Cap sur 150 000 hectares d'ici 2030

Fort de ces résultats, la NSCT rêve plus grand et affiche des intentions d'emblavement qui témoignent d'un regain d'enthousiasme des producteurs. Quelque 100 000 hectares ont déjà été déclarés pour la prochaine campagne, alors que la collecte du coton 2025-2026 n'est pas encore achevée et que les paiements aux producteurs ne sont pas soldés. 

L'objectif fixé est de 105 000 hectares, avec l'espoir de dépasser ce seuil.

La feuille de route à moyen terme vise 150 000 hectares emblavés par 150 000 producteurs d'ici 2030, pour une production de 150 000 tonnes. Un niveau qui correspond au pic atteint avant le début de la période de contraction. 

Pour ce faire, la stratégie repose sur un recrutement annuel de 25 000 producteurs supplémentaires, chacun cultivant en moyenne un hectare avec un rendement d'une tonne. La variété actuellement utilisée présente un potentiel théorique de 3 tonnes à l'hectare, ce qui laisse une marge de progression considérable.

Koussouwè Kouroufei, président de la FNGPC, résume l'ambition des cotonculteurs : « L'année prochaine, au lieu d'une tonne, on parle d'une tonne cent, une tonne deux cents par hectare. Le Cameroun est aujourd'hui à une tonne cinq cents. Chez nous, certains le font déjà. » Il relève que des producteurs, confiants dans la rentabilité retrouvée de la culture, se mobilisent déjà pour la prochaine saison sans attendre la fin des paiements de la campagne en cours.

Des défis structurels qui subsistent

Le tableau reste cependant incomplet. Le parc logistique de la NSCT est jugé vieillissant, et la cadence de collecte actuelle, entre 770 et 850 tonnes par jour, crée une pression sur les capacités d'absorption des usines. Des camions commandés en Chine n'arrivent qu'en juin 2026, après la fin de la campagne. 

Le président de la FNGPC a appelé à faciliter l'accès des transporteurs privés pour accélérer les rotations et garantir le paiement rapide des producteurs, facteur clé de motivation.

La dépendance aux aléas climatiques reste également structurelle, avec une plus grande variabilité des pluies, qui affecte directement les semis et les récoltes. Des stratégies d'adaptation sont déployées, et réposent sur une plus grande intelligence climatiques et une anticipations des saisons : semis précoces, semis directs avec herbicides, partage de prévisions pluviométriques en temps réel avec les producteurs. Des travaux sur l'agriculture régénératrice sont également en cours dans les centres agronomiques du pays. Mais une sécheresse ou une attaque parasitaire non anticipée suffit à remettre en question les projections.

Notons que sur les marchés d'export, la fibre togolaise s'écoule principalement en Asie du Sud-Est (Pakistan, Inde, Vietnam), dans un contexte de volatilité des cours mondiaux. Les premières usines de la Plateforme industrielle d'Adétikopé (PIA) ouvrent une perspective de valorisation locale encore embryonnaire. La filière attend de voir si ces investissements se traduiront par une demande industrielle soutenue en coton togolais.

Ayi Renaud Dossavi

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