Aucun chef d'entreprise n'a accepté de figurer en tant que panéliste. Le fait, relevé par l'organisateur lui-même en ouverture, en dit long sur le climat qui règne entre le secteur privé togolais et l'administration fiscale. C'est précisément ce malaise que la neuvième édition de l'Afterwork d'Edem Adékunlé d'Almeida a tenté de mettre à plat, le 2 avril à Lomé, devant plusieurs dizaines d'opérateurs économiques réunis à l'hôtel Onomo malgré une soirée pluvieuse.

Yawa Djigbodi Tsègan, la nouvelle commissaire générale de l'Office togolais des recettes (OTR) avait délégué son directeur de la communication et des services aux usagers, M. Konlani Kampatibe, juriste-fiscaliste fort de quinze ans d'expérience au sein de l'institution et participant à plusieurs réformes fiscales au Togo. Sa présence seule constituait un signal : ce type de dialogue entre l'administration fiscale et le secteur privé, en dehors des bureaux de contrôle, reste rare.
« Comment voulez-vous que l’on vous perçoive ? »
Face à une salle qui avait associé les mots « vautour », « léopard » et « serpent » aux inspecteurs des impôts lors d’un exercice d’association organisé en début de soirée, le représentant de l’OTR n’a pas esquivé. « Comment voulez-vous que l’on vous perçoive, quand on envoie un représentant vous attendre au carrefour pour ponctionner la richesse que vous avez acquise par votre sueur ? », ironise-t-il, reconnaissant la légitimité du ressenti des entrepreneurs.
Il a néanmoins avancé une explication structurelle au sentiment de pression fiscale : une large partie des contribuables potentiels échappe à l'impôt dans le secteur informel, concentrant la charge sur les acteurs formalisés. « Lorsque nous aurons plus de contributeurs, vous ressentirez que l'impôt pèsera moins sur vos têtes », a-t-il soutenu, plaidant pour une relation "humanisée" entre l'institution et le secteur privé. Il a par ailleurs rappelé que l'OTR, né en 2012 de la fusion des directions générales des impôts et des douanes et rendu opérationnel en 2014, se trouve aujourd'hui dans une nouvelle phase, sous l'autorité d'une commissaire générale en poste depuis octobre 2025, épaulée depuis quelques jours de deux nouveaux commissaires techniques issus de la maison. Depuis sa création, les recettes mobilisées par l’OTR sont passées de 458,2 milliards de FCFA en 2014 à 990,1 milliards en 2023, soit une progression de plus de 116% en moins d’une décennie. En 2024, l’institution a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 1000 milliards, avec 1098,1 milliards de FCFA collectés, en hausse de 10,7% sur un an. Et rien que sur les neuf premiers mois de 2025, les recettes atteignaient 830,5 milliards de FCFA, soit près de 69% de l’objectif annuel fixé à 1208,4 milliards, et une progression de 5,6% en glissement annuel. Or, malgré ces progrès, le taux de pression fiscale demeure inférieur à la norme régionale de 20%, une base de contribuables encore étroite.
Une asymétrie qui irrite
Le débat a réuni deux experts aux profils atypiques. Sandra Akakpo Mondja, expert-comptable et ancienne inspectrice des finances publiques formée à l'Institut de formation fiscale et douanière de l'OTR, a pointé l'absence de progressivité de l'impôt sur les sociétés, appliqué au même taux aux petites comme aux grandes entreprises. Elle a également dénoncé une asymétrie persistante dans les contrôles fiscaux : « On ne voit jamais de vérification se terminer avec l'annonce au contribuable qu'il a trop payé et qu'il a droit à un retour d'impôts. Il faut que cette transparence existe aussi dans ce sens-là. » Elle a en outre soulevé le problème des délais de traitement des dossiers contentieux : en droit fiscal togolais, la non-réponse de l'administration vaut rejet, non acceptation, ce qui conduit mécaniquement nombre de contribuables devant le tribunal, et complexifie encore davantage leur situation.
De son côté, M. Bakafitine Banque, juriste-fiscaliste et ancien administrateur de l'OTR reconverti dans le conseil aux contribuables, a invité à séparer deux débats que la salle avait tendance à confondre : le devoir de payer l'impôt, d'une part, et l'usage qui en est fait par l'État, de l'autre. Il a mis en cause l'absence de véritable débat public sur les lois de finances au Togo : « L’administration vous invite, bien entendu, pour discuter de la loi de finances. Mais les propositions que vous faites sont rarement admises. »
Des griefs concrets
Plusieurs intervenants dans la salle ont illustré les griefs avec des cas précis. Un entrepreneur a raconté avoir fait réintégrer par l'OTR des charges légitimes — billets d'avion et frais d'hôtel engagés dans le cadre de l'exécution d'un marché — au motif qu'elles avaient été mal ventilées comptablement. « Ça m'a fait très mal », a-t-il dit, avant d'annoncer son intention d'interpeller le patronat pour que le système fiscal togolais distingue mieux les dépenses d'exploitation des dépenses de représentation. Une femme entrepreneure, promotrice d'un concept de célébration de la fête du Travail, a quant à elle soulevé le cas des entreprises créées rapidement puis abandonnées, dont les promoteurs se retrouvent à leur retour face à des dettes fiscales accumulées sans activité réelle. "Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir un cadre de concertation entre l'OTR et les plus petites entreprises, pour leur réalité ?" a-t-elle lancé.
"Je l'ai regretté"
Un sondage réalisé en amont auprès de la communauté de l'Afterwork avait déjà esquissé le tableau d'ensemble : la relation entre entreprises et administration fiscale y est qualifiée d'"amour forcé" par la majorité des répondants.

L'Afterwork d'Edem Adékunlé d'Almeida se tient régulièrement à Lomé et rassemble des professionnels autour de thématiques liées à l'environnement économique du secteur privé. Entrepreneur franco-togolais à la tête d'Africa Global Recycling, installé au Togo depuis treize ans, Edem Adékunlé d'Almeida a confié avoir voulu, à ses débuts, "tout faire dans les règles de l'art". "Je l'ai regretté", a-t-il dit sobrement, sous les applaudissements de la salle, condensant en une phrase ce que beaucoup n'osaient pas formuler : dans l'environnement fiscal togolais actuel, la conformité totale peut se retourner contre celui qui la pratique. Un autre participant a néanmoins tempéré : "J'ai été en contentieux avec une inspectrice des impôts. J'ai gagné, parce que j'étais dans mes droits", rappelant que des recours existent. Une deuxième édition consacrée à la fiscalité est envisagée dans les prochains mois.
Fiacre E. Kakpo
Le Togo effectuera, le 17 avril prochain, une nouvelle opération de mobilisation de l’épargne publique sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). L’objectif est de lever 30 milliards FCFA à travers une émission simultanée d’Obligations assimilables du Trésor (OAT).
Selon l’avis d’appel d’offres consulté par Togo First, le Trésor public prévoit de mobiliser ces ressources via des OAT de maturités 3, 5 et 7 ans. Ces titres, d’un nominal de 10 000 FCFA, offrent des taux d’intérêt respectifs de 6,15 %, 6,35 % et 6,50 %.
Les fonds qui seront levés à l’issue de cette opération contribueront au financement du budget de l’État pour l’exercice 2026, arrêté à 2751 milliards FCFA.
Il s’agit de la deuxième sortie du Togo sur le marché régional au cours du deuxième trimestre 2026, période durant laquelle le pays prévoit de mobiliser 185 milliards FCFA. À ce jour, 33 milliards FCFA ont déjà été collectés dans ce cadre.
Depuis le début de l’année, le Togo a mobilisé un total de 82,5 milliards FCFA sur le marché financier régional, soit un peu plus de 18 % de son objectif annuel, fixé à 463 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
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Le Togo et le Bénin veulent améliorer la fluidité du commerce transfrontalier des produits maraîchers. Dans cette optique, une rencontre de concertation s’est tenue le mercredi 8 avril 2026 à Lomé, réunissant plusieurs acteurs clés des deux pays.
La réunion a mobilisé les Chambres de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) et du Bénin (CCI-Bénin), l’Association ouest-africaine du commerce transfrontalier des produits alimentaires, agro-sylvo-pastoraux et halieutiques (AOCTAH), ainsi que la coordination du Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA). Les échanges ont principalement porté sur les conditions d’importation et d’exportation des produits maraîchers, avec pour objectif de lever les contraintes qui entravent encore la circulation des marchandises entre les deux pays.
Dans cette dynamique, les participants ont engagé une mise en relation des acteurs économiques togolais et béninois, tout en explorant des opportunités de partenariats dans la production et la transformation de produits tels que l’oignon, la tomate, le piment, le chou, la carotte, le concombre ou encore la laitue. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au développement du maraîchage (PADMAR).
Sur le terrain, les échanges de produits maraîchers entre le Togo et le Bénin sont déjà bien établis. Entre Lomé, Aného, Grand-Popo et Cotonou, les flux de denrées périssables restent quotidiens. Ils reposent en grande partie sur un commerce transfrontalier informel, animé notamment par des commerçantes, souvent appelées « revendeuses », qui assurent l’approvisionnement des marchés urbains.
L’initiative engagée à Lomé vise ainsi à mieux structurer ces flux. Elle devrait se traduire par une amélioration des infrastructures (routes rurales, pistes agricoles), une harmonisation des normes et des informations sur les prix, ainsi qu’une facilitation de la circulation des produits périssables entre les deux pays.
Esaïe Edoh
Au Togo, le déficit budgétaire global devrait passer de -6,8 % du PIB en 2024 à -3,5 % en 2025, puis se stabiliser autour de -3 % entre 2026 et 2028. C’est selon les estimations données dans le rapport Africa Economic Update 2026 de la Banque mondiale. Le solde budgétaire représente la différence entre les recettes de l’État et ses dépenses, quand il est négatif, l’État dépense plus qu’il ne perçoit. La tendance observée traduirait donc un effort de maîtrise des dépenses et d’amélioration des recettes.
Un solde primaire en amélioration
L’amélioration est plus marquée sur le solde primaire, qui exclut les paiements d’intérêts sur la dette. Cet indicateur permet d’évaluer la gestion budgétaire « hors dette ».
Dans plusieurs pays, dont le Togo, ce solde s’oriente vers l’équilibre, selon les experts de l'institution de Bretton Woods. Cela signifie que les recettes publiques couvrent de plus en plus les dépenses courantes, sans tenir compte du service de la dette.
Ainsi, indique la Banque mondiale, « les améliorations les plus importantes […] sont attendues au Ghana, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, au Sénégal et au Togo ».

Une dette encore élevée et des intérêts contraignants
En dépit de ces progrès, le niveau d’endettement reste élevé, bien qu’il reste en dessous du seuil des 70% de ratio dette-PIB fixé par le pays de l’UEMOA. La dette publique du Togo est estimée à 66,2 % du PIB en 2024, avant un repli attendu à 63 % en 2025, puis est projetée autour de 61,8 % en 2028, selon les prévisions actuelles.
Le principal défi réside dans les paiements d’intérêts, des charges qui restent élevées et limitent la baisse du déficit global.
Dans la région, ces paiements représentent entre 2,9 % et 3,2 % du PIB. Ils absorbent une part importante des ressources publiques, parfois supérieure aux dépenses de santé ou d’éducation.
Un équilibre encore fragile
À court terme, l’amélioration des finances publiques reposerait pour le pays sur une hausse des recettes plus rapide que celle des dépenses. Cependant, la soutenabilité budgétaire dépendra aussi de la capacité du pays à contenir le coût de la dette, ce qui passe notamment par une consolidation de l’assainissement budgétaire, tout en préservant les investissements nécessaires à la croissance économique.
Ceci pourrait aggraver le contexte international et de plus en plus volatil, et les différentes pressions inflationnistes qui pèsent sur les économies.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, les autorités sanitaires ont engagé un processus de préparation d’une demande de financement unique pour la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme sur la période 2027-2029.
Le dialogue national, qui a démarré cette semaine, plus précisément le mardi 7 avril 2026 à Lomé, rassemble administrations publiques, partenaires techniques, société civile et acteurs du système de santé.
L’objectif est de définir des priorités communes et d’aligner les interventions sur les besoins du pays. Cette approche intégrée doit permettre d’optimiser l’utilisation des ressources, dans un contexte de contraintes budgétaires et de baisse des financements des partenaires extérieurs.
Une enveloppe de 84 millions d’euros
Le Togo entend mobiliser environ 84 millions d’euros, soit près de 50 milliards FCFA, auprès du Fonds mondial. Cette enveloppe devra couvrir simultanément les trois maladies et contribuer au renforcement du système de santé.
« Ces 84 millions doivent servir le sida, la tuberculose et le paludisme », a indiqué Binyandi Akou, coordonnateur général de l’Instance de coordination nationale (CCM-Togo). Dans ce cadre, les acteurs insistent sur la nécessité de mieux cibler les interventions. « Face à la rareté des ressources, il faut cibler les interventions », a-t-il souligné.
Des acquis à consolider, des défis persistants
Au cours des dernières années, le Togo a enregistré des progrès dans la lutte contre ces maladies. La prévalence du VIH est désormais estimée à 1,4 %, selon les autorités sanitaires.
Cependant, les défis restent importants. Les données de l’OMS rappellent la persistance d’un fardeau élevé à l’échelle mondiale, avec plus de 40 millions de personnes vivant avec le VIH et près de 3 millions de nouvelles infections chaque année.
En ce sens, les autorités togolaises mettent en avant la nécessité de renforcer le dépistage, l’accès aux traitements et le suivi des patients, tout en consolidant les dispositifs existants.
Vers une approche intégrée et durable
Le processus en cours doit aboutir à une feuille de route partagée avant la soumission officielle prévue en juin 2026. L’enjeu est également de garantir une meilleure articulation entre les programmes, d’améliorer la gouvernance et d’assurer la durabilité des interventions.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le projet de Promotion des Filières Horticoles au Togo (PROFIT) veut mobiliser des intrants agricoles au profit des chaînes de valeur agricoles locales. L’initiative, portée par Lutheran World Relief avec l’appui du Département de l’Agriculture des États-Unis, vient de lancer à cette effet un appel d’offres ouvert notamment aux acteurs locaux.
Les fournisseurs qualifiés sont invités à soumettre leurs offres au plus tard le 23 avril 2026. Le marché porte notamment sur l’acquisition d’engrais NPK 15-15-15 et de semences de gombo, selon les spécifications techniques définies dans le dossier d’appel d’offres.
Soutenir les filières horticoles
Lancé en 2023 pour une durée de cinq ans, le projet PROFIT mobilise un financement de 29,8 millions $. Il cible les filières du manioc, du piment et du gombo, avec l’objectif d’améliorer la productivité agricole, renforcer la transformation et faciliter l’accès aux marchés.
Le programme prévoit de toucher 25 000 producteurs et de structurer 1000 coopératives. Il s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation de l’agriculture, avec des actions combinant distribution d’intrants, formations techniques et appui à la commercialisation.
Ayi Renaud Dossavi
Le gouvernement togolais a lancé mercredi 08 avril 2026 le processus de formulation de sa feuille de route 2026-2031, à l'issue d'un séminaire de deux jours, présidé par le président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé. Un exercice de planification qui intervient dans un contexte de consolidation budgétaire encore fragile : si la dette publique est revenue sous le seuil de 70 % du PIB fixé par l'UEMOA mi-2025, le déficit budgétaire reste à surveiller, le FMI ayant repoussé à la fin de cette année, l'objectif de le ramener à 3 % du PIB.
Le nouveau cadre stratégique s'articule autour de trois axes : “Protéger, Rassembler et Transformer”, que Faure Gnassingbé avait déjà énoncés devant le Parlement réuni en Congrès le 2 décembre 2025, lors de son discours sur l'état de la Nation, premier exercice du genre sous la Ve République togolaise. Le chef de l'État les avait ensuite réaffirmés dans son adresse à la Nation du 30 décembre 2025, faisant de ce triptyque la colonne vertébrale de son projet de gouvernement.
Le séminaire des 7 et 8 avril marque le passage à la phase opérationnelle : le gouvernement entend notamment « rompre avec la logique de silos sectoriels » et privilégier des synergies entre ministères, selon le communiqué officiel, en concentrant les ressources publiques sur des priorités à « fort impact » et en adoptant des indicateurs « directement perceptibles dans la vie quotidienne des populations ».
La feuille de route précédente, structurée autour de 42 projets et réformes, a affiché un taux d'exécution de 68,79%, selon les chiffres présentés lors du séminaire. Un résultat que Lomé impute en partie aux chocs externes — pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, instabilité sécuritaire dans la sous-région — mais que des observateurs extérieurs mettent aussi en relation avec des lacunes de coordination et de suivi. Un défi que Lomé a partiellement anticipé dès la formation du premier gouvernement de la Ve République en octobre 2025, avec la création notamment d’un portefeuille élargi centré sur l'efficacité du service public et la transformation numérique.
Des marges budgétaires encore étroites
Le lancement de cette nouvelle feuille de route intervient dans un contexte de consolidation budgétaire en cours, après plusieurs années de finances publiques sous tension. Après un déficit public élevé de 7,4 % du PIB en 2024, celui-ci aurait été ramené à environ 3,5 % en 2025, selon une récente analyse de Moody's, qui y voit l'effet conjugué d'un effort de mobilisation des recettes et de la disparition de dépenses exceptionnelles. La dette publique, qui avait culminé à 72 % du PIB en 2024, est redescendue sous la barre des 70 % en 2025 à 65 % du PIB à fin juin 2025, selon les données officielles présentées par le ministre des Finances Essowè Georges Barcola. Le FMI a confirmé dans la foulée le reclassement du Togo parmi les pays à « forte capacité d'endettement ». Moody's anticipe une poursuite de cette décrue, avec une dette autour de 66 % du PIB d'ici à 2027, à condition que la discipline budgétaire soit maintenue, et que la pression sécuritaire dans le nord du pays n'entraîne pas une nouvelle flambée des dépenses militaires.
Sur le front de la croissance, Lomé table sur une croissance de 6,2 % en 2025 et 6,5 % en 2026, des projections inscrites dans la loi de finances adoptée en décembre 2025, et qui se situent au-dessus des perspectives de l'UEMOA (5,7 %) et de la CEDEAO (4,1 %) pour 2026. Le FMI reste plus prudent : ses services prévoient une stabilisation à 5,3 % en 2025, puis une accélération à 5,5 % en 2026. La Banque mondiale conditionne quant à elle cette trajectoire à l'apaisement des incertitudes mondiales et à l'atteinte des objectifs de consolidation budgétaire
Les conclusions du séminaire ont été partagées avec les secrétaires généraux et directeurs de cabinet des ministères pour en assurer « la traduction opérationnelle ».
Fiacre E. Kakpo
Au deuxième trimestre 2026, le Trésor public togolais prévoit de mobiliser 185 milliards FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). Cette projection est issue du calendrier trimestriel publié par Umoa-Titres et consulté par Togo First.
Dans le détail, Lomé compte lever 95 milliards FCFA via les Bons assimilables du Trésor (BAT), et 90 milliards FCFA au moyen des Obligations assimilables du Trésor (OAT).
Cette enveloppe attendue entre avril et juin représente environ 40 % de la prévision annuelle du pays, fixée à 463 milliards FCFA.
Une part modeste dans l’Umoa
Sur la même période, les huit États membres de l’Umoa ambitionnent de collecter globalement 2907 milliards FCFA. La part du Togo représente environ 6 % des recettes attendues. Le pays a déjà entamé ce programme avec une première opération réalisée le 3 avril 2026, au cours de laquelle 33 milliards FCFA ont été levés.
À l’échelle régionale, la Côte d’Ivoire affiche la plus forte ambition, avec 930 milliards FCFA dans le viseur sur le trimestre.
49,5 milliards FCFA mobilisés au 1er trimestre
Au premier trimestre 2026, le Togo a mobilisé un total de 49,5 milliards FCFA à l’issue de deux opérations sur le marché, dépassant ainsi sa cible initiale de 45 milliards FCFA.
Dans le détail, 44,5 milliards FCFA ont été levés via les OAT, et 5 milliards FCFA seulement grâce aux BAT. Cette performance représente environ 10 % de l’objectif annuel de mobilisation.
208 milliards FCFA de remboursements attendus
En parallèle de ces levées de fonds, le Togo poursuivra le remboursement de sa dette sur le marché régional. Pour le deuxième trimestre 2026, les échéances sont estimées à 208 milliards FCFA.
Au cours du premier trimestre, le pays avait déjà honoré des remboursements à hauteur de 195 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
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Au Togo, les entrepreneurs financent très majoritairement le lancement de leurs activités sur fonds propres. Ainsi, 94 % des entrepreneurs du pays d’Afrique de l’Ouest financent leur démarrage par des ressources personnelles ou leur réseau proche, selon des données issues du rapport Africa Economic Update 2026 de la Banque mondiale.
Dans le détail, 73 % des entrepreneurs recourent à l’auto-financement pour démarrer, contre 21 % qui mobilisent l’appui de la famille ou des proches.
Un financement centré sur les ressources personnelles
En comparaison, les sources de financement formelles restent marginales. Seulement 5 % des entrepreneurs togolais accèdent à un financement officiel, banques commerciales, institutions de microfinance formelles, établissements de crédit, programmes publics de financement ou lignes de crédit structurées, tandis que les sources informelles représentent 1 %. Les autres formes de financement restent résiduelles.
Cette structure reflète des contraintes persistantes sur l’accès au crédit. Comme le souligne la Banque mondiale, « la majorité des travailleurs indépendants […] s’appuient principalement sur leur épargne personnelle ou sur le soutien de leur famille et de leurs amis pour financer leur capital de démarrage ».
Ce modèle s’explique notamment par des coûts d’accès élevés aux services financiers et par des exigences de garantie peu adaptées aux petites unités économiques.
Des tendances similaires dans la sous-région

Le Togo n’est pas un cas isolé, comparé à ses voisins de la sous-région. Au Sénégal, 74 % des entrepreneurs s’appuient sur leurs ressources propres, contre 76 % en Guinée-Bissau et 79 % au Nigeria. Le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent également des niveaux élevés d’auto-financement, respectivement 79 % et 81 %, selon la même source. Au Mali, ce taux culmine à 85 %, sur fond de dépendance encore plus forte aux ressources personnelles.
Dans ces pays, le recours au financement familial reste également la seconde source dominante, tandis que les circuits formels demeurent peu mobilisés.
Une faible intégration aux circuits formels
Ces données traduisent une structure économique dominée par des entreprises informelles. Par exemple, « l’emploi non agricole est dominé par des entreprises familiales informelles » qui fournissent principalement à « des consommateurs à proximité », indique le rapport.
Cette configuration limite l’intégration des entrepreneurs aux chaînes de valeur formelles et freine leur accès aux financements structurés.
Efforts récents
Il faut cependant noter que ces données de la Banque mondiale datent de 2021 et ne tiennent pas forcément compte des évolutions enregistrées dans le pays ces cinq dernières années, marquées par des efforts en matière d’accès au crédit et de promotion de l’inclusion financière.
Au Togo, le taux d’inclusion financière a atteint 89,04 % en 2024, contre 87,7 % un an plus tôt, plaçant le pays parmi les plus avancés de l’UEMOA.
Cette dynamique repose en grande partie sur le Fonds national de la finance inclusive, créé pour cibler les populations exclues du système bancaire. À fin 2025, le FNFI revendiquait avoir octroyé plus de 1,9 million de crédits pour un montant cumulé d’environ 116 à 117 milliards FCFA.
En parallèle, les autorités s’appuient sur la microfinance, le mobile money et la digitalisation pour élargir l’accès aux services financiers, notamment en zones rurales. D’autres dispositifs comme l’ANPGF ou le MIFA (axé sur le rural et la production agricole), visent à réduire le risque pour les banques et faciliter le financement des PME.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo renforce l’encadrement des activités liées à la métrologie et à la qualité. Le ministère en charge de la Promotion des investissements rappelle ainsi aux opérateurs du secteur, l’obligation d’obtenir l’agrément intervenant dans les activités de mesure, de réparation ou de maintenance des instruments. L’annonce a été faite à travers un communiqué officiel daté du 25 mars 2026.
Cette exigence légale concerne notamment les entreprises opérant sur des instruments de mesure utilisés dans les transactions commerciales ou les services techniques.
Jusqu'au 30 juin 2026
En effet, selon les autorités publiques, l’exercice de ces activités est strictement conditionné à l’obtention préalable d’un agrément délivré par la Haute autorité de la qualité et de l’environnement, à travers le Comité togolais d’agrément. Les opérateurs en situation irrégulière sont invités à se mettre en conformité.
La métrologie ou science de la mesure, consiste à s’assurer que les instruments utilisés pour mesurer donnent des résultats justes et fiables (comme vérifier qu’une pompe à essence délivre bien la quantité affichée, ou qu’une balance donne le bon poids). Dans la vie économique, cette discipline est essentielle, car elle garantit l’équité dans les échanges. Si les mesures sont fausses, les consommateurs peuvent être lésés et les entreprises peuvent perdre en crédibilité.
L’échéance pour se mettre aux normes est fixée au 30 juin 2026. Les opérateurs disposent donc de quelques semaines pour régulariser leur situation avant l’entrée en vigueur des sanctions prévues par la réglementation.
Le gouvernement appelle explicitement les acteurs concernés à accélérer leurs démarches. « J’invite les opérateurs économiques […] à se conformer aux dispositions légales et réglementaires en vigueur au plus tard le 30 juin 2026 », a-t-il précisé, ajoutant que « passé ce délai, tout opérateur […] s’expose aux sanctions légales et réglementaires en vigueur ».
Ayi Renaud Dossavi