Togo First

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L’Université de Lomé (UL) et l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), en France, sont désormais liées par un accord de coopération axé sur la mobilité académique. La convention a été officialisée en fin de semaine dernière à Lomé, à travers la signature des documents par les responsables des deux institutions.

Cet accord vise à structurer et à intensifier les échanges d’étudiants, de stagiaires, de personnels et de doctorants entre les deux universités. Du côté de l’Université de Lomé, la mobilité concerne principalement les étudiants de l’École polytechnique de Lomé (EPL), du Centre d’excellence régional pour la maîtrise de l’électricité (CERME), ainsi que du Pôle universitaire d’innovation et de technologie, UniPod Togo (PUIT).

D’une durée de cinq ans, renouvelable, la convention permettra aux étudiants inscrits en licence, master ou cycle ingénieur dans les établissements concernés d’effectuer un semestre d’études dans l’université partenaire, avec un transfert et une reconnaissance garantie des crédits académiques. Les filières couvertes incluent notamment le génie civil, le génie électrique, l’informatique, la mécanique, les énergies renouvelables et les matériaux avancés.

L’accord prévoit également la réalisation de stages académiques ou de fin d’études au sein des laboratoires et services des deux universités. Les porteurs de projets entrepreneuriaux pourront, quant à eux, bénéficier d’un accompagnement spécifique au sein du PUIT, notamment dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, l’agroalimentaire ou encore l’audiovisuel.

Au-delà des étudiants, la convention élargit la mobilité aux personnels académiques et techniques. Enseignants, chercheurs, doctorants et techniciens auront ainsi la possibilité de séjourner dans les laboratoires de l’institution partenaire, dans le cadre de projets de recherche conjoints, de travaux de thèse ou de programmes de renforcement de capacités. Une attention particulière sera accordée au perfectionnement des compétences des techniciens du PUIT.

Pour Ghislain Montavon, directeur de l’UTBM, et Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé, cet accord constitue un levier important pour l’amélioration de la qualité de la formation et le renforcement de l’ouverture internationale des deux établissements. Pour l’Université de Lomé en particulier, cette coopération s’inscrit dans une stratégie de partenariats universitaires internationaux, visant à offrir davantage d’opportunités de mobilité et de brassage académique à ses étudiants. Plusieurs accords similaires ont déjà été conclus avec des universités d’autres régions du monde.

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Semoa Group, spécialisé dans les offres de solutions digitales, vient de franchir un important palier de son évolution au sein de l’écosystème entrepreneurial togolais avec l’obtention de son accréditation de niveau 3, délivrée par la BCEAO. Une première au Togo, alors que la startup évolue dans sa 10ème année d’activités. L’information a été portée aux médias, par le Top management de la startup constitué de son CEO, Edem Adjamagbo et de son administrateur Eudes Gbessi, à la faveur d’une rencontre à son siège à Lomé, vendredi 30 janvier 2026.

 

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10 ans : des faits et des chiffres

Née en 2016 et portée par l’ingénieur togolais Edem Adjamagbo, la startup Semoa innove dans un contexte de boom entrepreneurial au Togo, en s’alignant sur le segment Fintech, avec en toile de fond, le paiement digital ou la digitalisation du cash. Deux ans plus tard, celui qui se distinguait à Lomé parmi les nombreux entrepreneurs de l’écosystème de la Fintech conquérait l’Afrique, s’adjugeant à Casablanca, deux prestigieux prix à Casablanca (Maroc) dont celui de « Startup of the year 2018 ».

Si au Togo, Semoa a élargi le spectre de ses activités, et conclu des partenariats avec des institutions étatiques ainsi que des institutions privées (plus de 330), élargissant son portefeuille clients et avec plus de 20 institutions financières, dont Ecobank, Orabank et Cofina, Edem Adjamagbo travaille à l’expansion de ses activités hors pays.

En effet, ce sont 4 nouvelles filiales de Semoa (Bénin, Guinée, Côte d’Ivoire et Sénégal qui ont progressivement vu le jour en Afrique, portant dans une certaine mesure, l’ambition africaine du jeune entrepreneur togolais .

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Essentiellement, l’entreprise propose des produits comme le Whatsapp Banking, Semoa Pro (Payment Switch) permettant de faciliter l'interopérabilité des systèmes pour les paiements uniques et en masse, le Cashpay (Une plateforme multimodale pour centraliser les moyens de paiement (cartes de crédit, mobile money et portefeuilles) et traiter les paiements en ligne ou en points de vente, le Voucher Management System (Une plateforme pour générer de façon standardisée des tickets, timbres fiscaux et code infalsifiables et entièrement sécurisés.

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Ce sont en tout depuis 2016, plus de 4 millions de transactions traitées, plus de 552 000 bénéficiaires réels et plus de 161 millions d’euros de flux traités.

A l’actif de Semoa, plusieurs solutions, en commençant par des cartes digitales, puis le paiement électronique, avant d’introduire le WhatsApp banking, énumère le CEO.

Au Togo, plus exactement, le Whatsapp banking aura permis à date à environ 300 000 personnes d’effectuer leurs opérations bancaires, sans se présenter en agence. L’impact des innovations sur les populations, c’est le cœur du bilan des 10 ans de Semoa Group, de l’avis d’Edem Adjamagbo, son CEO.

En prime, un agrément BCEAO d’établissement de paiement « full service ».

La société aux ambitions africaines se consolide sur le terrain réglementaire et des compliances en décrochant le 27 janvier 2026, son agrément BCEAO d’établissement de paiement. Fruit d’une quête inlassable et acharnée, cet agrément, ce précieux sésame de niveau 3, une première au Togo, couronnant des années d’efforts, permettra à Semoa d’offrir tous les services d’un établissement de paiement, y compris le transfert d’argent.

« Il s’agit d’un accord full PSP (Payment Service Provider), le plus complet pour un établissement de paiement. Il nous permet au Togo de faire dix fois, voire cent fois plus que ce que nous faisions jusqu’ici », détaille le jeune CEO. De fait, évoque Edem Adjamagbo, Semoa s’était volontairement limitée, pour des raisons de compliances, à certaines activités. Mais désormais, la jeune entreprise peut à volonté, exploiter légalement le segment des transferts transfrontaliers, par exemple ainsi que tous les autres segments de la finance digitale. Avec pour ambition, in fine, de devenir un leader africain du paiement et des services de paiement.

S.A

A Lomé, le dialogue entre chefs d’entreprise et acteurs bancaires reste souvent marqué par des incompréhensions. D’un côté, des entrepreneurs en quête de financements rapides et adaptés à leurs réalités ; de l’autre, des banquiers contraints par des exigences de risque, de conformité et de rentabilité. C’est autour de cette tension structurelle que se tiendra, le 5 février, une rencontre réunissant ces deux univers.

L’initiative, portée par Edem d’Almeida, entrepreneur dans la cleantech et animateur de rencontres économiques à Lomé, entend créer un espace d’échanges directs entre acteurs du secteur privé et financiers, en dehors des cadres institutionnels habituels. Le débat mettra face à face deux profils aux trajectoires différentes : Eric Atayi, directeur général d’EKEA SARL, une société (EKEA) active dans les services et équipements techniques, confronté aux réalités opérationnelles du financement des PME, et François Aleke, professionnel du secteur bancaire (Orabank), familier des exigences de gestion du risque, de conformité et de rentabilité. Deux regards différents sur un même enjeu central : l’accès au financement.

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Ces échanges s’inscrivent dans un paysage économique où la majorité des entreprises reste hors du radar bancaire. Une étude du Groupe de la Banque mondiale indique ainsi que 55 % des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) enquêtées au Togo n’ont pas accès au financement bancaire. Le Diagnostic du secteur privé du Togo souligne, lui, que plus de 85 % des entreprises évoluent dans l’informel, une configuration qui complique l’évaluation du risque et l’accès au crédit.

Le même document note que le crédit bancaire au secteur privé est passé de 40 % du PIB en 2015 à 26 % en 2020, tandis que le financement demeure concentré sur un nombre limité d’entreprises et de secteurs, principalement les services, laissant davantage en marge l’agriculture et une large part des PME. Dans ce contexte, l’accès au crédit reste l’un des principaux points de friction entre entrepreneurs et établissements financiers.

La discussion se tiendra à Hôtel ONOMO Lomé, dans un format afterwork, pour favoriser les échanges informels. Un cadre choisi pour aborder sans détour une question centrale : comment mieux aligner les logiques de création de richesse et celles de son financement, dans une économie togolaise en quête d’accélération.

Le Togo entend poursuivre en 2026 la mise en œuvre des projets et programmes visant la couverture universelle en eau potable à l’horizon 2030. À cet effet, un budget prévisionnel de 21 milliards FCFA est alloué au secteur, selon la loi de finances exercice 2026 consultée par Togo First. Cette enveloppe est inscrite dans la dotation du ministère délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement.

Ce montant est en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente, où les crédits s’élevaient à 19 milliards FCFA. Il représente par ailleurs près de 84 % des ressources totales affectées à ce département ministériel, qui dispose globalement d’un budget de 25 milliards FCFA en 2026. 

Les ressources mobilisées serviront au financement de plusieurs actions inscrites dans le cadre du Plan national de dotation en eau potable. Lancé en février 2021, ce programme regroupe une série de projets structurants destinés à améliorer durablement l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national, aussi bien en milieu urbain que rural.

Une partie de l’enveloppe sera consacrée à l’amélioration de la desserte en eau potable à Lomé et dans sa périphérie, ainsi que dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. Cette priorité intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur l’approvisionnement en eau, qui ont conduit le gouvernement à activer, en décembre 2025, un plan d’urgence national afin de répondre aux difficultés observées dans plusieurs localités.

Le Projet de sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PaSH-MUT), lancé en octobre 2023, devrait également bénéficier de ces ressources. Ce programme vise l’installation de six systèmes autonomes d’approvisionnement en eau potable dans les zones périphériques de Lomé, afin de répondre à la demande croissante liée à l’urbanisation rapide de la capitale et de ses environs.

À travers ces différentes initiatives, les autorités togolaises ambitionnent d’atteindre une couverture nationale de 100 % en eau potable d’ici à fin 2030. Selon les statistiques publiées par le ministère de l’Eau en juillet 2024, le taux de desserte en eau potable est passé de 47,66 % en 2014 à 69 % en 2023, avec un objectif intermédiaire fixé à 85 % à l’horizon 2025.

Esaïe Edoh 

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Au Togo, l’Union nationale des transporteurs du Togo (UNATROT) a mis en service, jeudi 29 janvier 2026, deux camions-grues destinés aux opérations de manutention et de dépannage sur les principaux corridors routiers du pays.

Les engins, stationnés à Notsè et à Kara, doivent permettre d’améliorer le dégagement rapide des véhicules en panne ou accidentés, afin de limiter les interruptions de trafic et les risques d’accidents secondaires.

Cet appui logistique vise à accompagner la forte sollicitation du réseau routier togolais, utilisé à la fois pour le transport intérieur et le transit régional. À travers cette initiative, l’UNATROT entend répondre aux contraintes croissantes de fluidité et de sécurité le long des axes stratégiques.

Selon le président de l’UNATROT, Fombo Séna, l’acquisition de ces équipements a été rendue possible grâce à l’appui de partenaires financiers, dont Bank of Africa, ainsi que de partenaires techniques. Les camions-grues doivent permettre de réduire les délais d’intervention et de sécuriser les opérations de remorquage, au bénéfice de l’ensemble des usagers de la route.

Les autorités publiques ont, pour leur part, salué cette démarche. Pour le directeur des transports routiers et ferroviaires, l’initiative contribue à renforcer la sécurité routière et la performance globale du secteur des transports, dans un esprit de complémentarité avec l’action de l’État.

L’UNATROT a également profité de la cérémonie de mise en service des équipements pour appeler les transporteurs à adopter des comportements responsables sur la route, en insistant sur le respect du code de la route et la prévention des accidents.

R.E.D

À l’occasion de la Journée mondiale des maladies tropicales négligées, célébrée chaque 30 janvier, le Togo a présenté, jeudi 29 janvier 2026 à Lomé, sa stratégie de lutte et ses objectifs à l’horizon 2030.

Le ministère de la Santé entend éliminer plusieurs maladies, notamment l’onchocercose, la schistosomiase, la lèpre et le pian. Pour les autorités sanitaires togolaises, ces pathologies affectent durablement la productivité, la scolarisation et les revenus des ménages, en particulier dans les zones rurales.

Représentant l’Organisation mondiale de la santé au Togo, le Dr Mamadou Nouhou a salué l’engagement du pays. « Le gouvernement du Togo a montré le chemin par son leadership dans cette lutte, en affirmant que personne ne doit être laissé de côté et en se mobilisant pour éliminer quatre maladies tropicales négligées », a-t-il déclaré.

Rappelons que ce pays d’Afrique de l’Ouest est devenu l’un des pionniers en la matière, notamment en étant le premier à avoir éliminé quatre maladies tropicales négligées en tant que problèmes de santé publique : la filariose lymphatique (éléphantiasis), la trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil), le trachome et la dracunculose (ver de Guinée).

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L’OMS a par ailleurs réaffirmé le soutien des partenaires techniques et financiers. « Nous continuerons à accompagner le Togo afin de relever les défis restants et d’éliminer les autres maladies tropicales négligées », a précisé son représentant.

Au niveau national, l’accent est mis sur l’implication des communautés. Pour le Dr Niosike Piham, coordonnateur du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées, « le plus grand défi reste la mobilisation communautaire. La lutte doit être portée par les maires, les chefs traditionnels et les leaders d’opinion, car c’est au niveau local que tout se joue ».

Le thème retenu cette année est « Unir, agir pour éliminer les maladies tropicales négligées ». Le lancement officiel des activités a été assuré par le secrétaire général du ministère de la Santé, Kokou Wotobe. Des caravanes, des campagnes de sensibilisation et des actions de prise en charge sont prévues sur l’ensemble du territoire, avec l’objectif de réduire durablement le poids sanitaire et économique de ces maladies d’ici 2030.

Ayi Renaud Dossavi

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Le Port Autonome de Lomé explore cette semaine les pistes d’une décarbonation et d’une transformation écologique de sa plateforme. C’est à la faveur d’un atelier de cadrage de deux jours, ouvert à Lomé le jeudi 29 janvier, et réunissant l’ensemble des acteurs de la chaîne portuaire.

Destinés à définir les bases opérationnelles de cette transition, les travaux reposent sur un diagnostic environnemental réalisé en amont sur la plateforme portuaire, cinquième port à conteneurs d’Afrique et premier dans la sous-région. Sur 53 opérations portuaires analysées, 24 génèrent des déchets solides ou liquides, 16 contribuent aux émissions de gaz à effet de serre, 7 sont sources de fumées ou de poussières et 6 exercent une pression notable sur les ressources en eau.

Ces constats ont conduit les autorités portuaires à engager une évolution du modèle de fonctionnement du port.

L’atelier a d’ores et déjà permis de présenter le programme triennal de décarbonation et de transformation écologique du port, ainsi que plusieurs outils et références internationales, notamment les normes de prévention de la pollution maritime, les procédures en matière d'escales des navires et les solutions numériques de facilitation portuaire.

Des exemples d’initiatives, comme l’alimentation électrique à quai et l’intégration de l’énergie solaire, ont également été examinés.

À l’issue des échanges, une feuille de route pour 2026 est attendue. Elle précisera les actions prioritaires, les responsabilités institutionnelles et les besoins en ressources, avec pour objectif de passer à une mise en œuvre concrète.

Ayi Renaud Dossavi

L’Assemblée nationale togolaise et le Congrès des États-Unis pourraient prochainement se doter d’un cadre de dialogue destiné à aborder des questions liées au développement social du Togo. Cette perspective a été évoquée lors d’une rencontre tenue le mercredi 28 janvier 2026 à Lomé entre le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, et une délégation du Congrès américain conduite par Young Kim, membre du Congrès et représentante de la Californie.

Au cours des échanges, la cheffe de la délégation américaine a souligné l’intérêt particulier des parlementaires américains pour les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire et de la sécurité, considérés comme des leviers essentiels pour soutenir le développement et renforcer la stabilité du pays. Ces thématiques pourraient faire l’objet de discussions plus approfondies dans le cadre du dialogue institutionnel envisagé entre les deux parlements.

« Nous avons eu une rencontre assez intéressante avec le président de l’Assemblée nationale. Cet échange nous a permis d’aborder de nombreux sujets, notamment la mise en place d’un cadre de dialogue entre le Congrès américain et l’Assemblée nationale », a déclaré Young Kim à l’issue de la rencontre.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une mission de terrain menée par des membres de la Commission des affaires étrangères du Congrès des États-Unis, en collaboration avec le système des Nations unies. La mission vise à évaluer les programmes mis en œuvre par les agences onusiennes ainsi que leur impact dans les pays partenaires, dont le Togo.

À terme, cette démarche pourrait favoriser une implication accrue des parlementaires dans le suivi et la mise en œuvre des programmes et projets soutenus par Washington au Togo.

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La chute brutale des prix du café et du cacao sur le marché international pèse lourdement sur l’économie togolaise, ces deux spéculations constituant des produits majeurs d’exportation du pays. Cette situation défavorable a entraîné l’accumulation d’environ 1500 tonnes de stocks invendus, selon le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC).

Face à cette situation préoccupante, le CCFCC a organisé, mercredi 28 janvier 2026 à Lomé, une rencontre réunissant producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs, afin d’identifier les causes profondes de la crise et de dégager des pistes de solutions. Selon les acteurs présents, l’accumulation des stocks non écoulés s’explique principalement par l’effondrement soudain des prix, qui a paralysé les transactions commerciales. 

En effet, en l’espace de quelques mois, les prix ont fortement reculé, passant de 5525 FCFA le kg du cacao à 2240 FCFA aujourd’hui. Une baisse brutale qui laisse de nombreux opérateurs avec d’importants volumes de café et de cacao invendus.

Pour Enselme Gouthon, secrétaire général du Comité de coordination pour les filières café et cacao, cette volatilité des prix trouve son origine dans la flambée observée l’année précédente. « Les prix avaient fortement augmenté en raison de la baisse de la production dans les principaux pays producteurs, notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana », a-t-il expliqué. Cette contre-performance était liée, selon lui, aux effets du changement climatique, mais aussi au vieillissement des plantations et des producteurs. « Aujourd’hui, les prix sont passés de 600 FCFA le kilogramme à 200 FCFA, voire moins sur le marché », a-t-il ajouté.

Selon les statistiques du CCFCC, au 28 janvier 2025, plus de 10 000 tonnes de fèves de cacao avaient déjà été exportées par le Togo. À la même date en 2026, les exportations plafonnent à environ 5000 tonnes. Ce qui illustre l’ampleur du ralentissement des exportations.

Pour sortir de l’impasse, le Comité appelle l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur à consentir des efforts à court terme. « Producteurs, acheteurs et exportateurs doivent accepter de perdre un peu afin de libérer les stocks existants et de redonner de la fluidité au marché », préconise le CCFCC. Cette approche concertée devrait permettre une reprise progressive des échanges et une stabilisation du secteur.

Esaïe Edoh

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Les relations économiques entre le Togo et l’Inde représentent un volume total de 3,48 milliards de dollars en 2025, en termes d’échanges commerciaux, selon les données communiquées par l’ambassade indienne à Lomé. Ce niveau place le Togo au 32e rang des partenaires commerciaux de l’Inde.

Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte de hausse des échanges entre les deux partenaires, avec l’Inde qui représente aujourd’hui la première destination des exportations togolaises hors Afrique de l’Ouest. Sur certains trimestres, elle a même représenté le premier marché mondial pour les produits togolais.

Ces flux entre les deux partenaires couvrent plusieurs secteurs, notamment les matières premières, l’industrie et les services. En parallèle du commerce, la présence économique indienne se renforce sur le terrain. Plusieurs entreprises indiennes ont implanté des unités de production ou étendu leurs capacités existantes au Togo, en cohérence avec la stratégie nationale de transformation locale.

À titre d’illustration, en 2023, du point de vue togolais, les exportations vers l’Inde sont concentrées en valeur et en nature. Elles s’élevaient à environ 619 millions de dollars, selon les données disponibles sur l’Atlas de la complexité économique de l’Université Harvard, sur fond d’asymétrie entre les deux pays. Pour cette période, les exportations togolaises étaient concentrées sur les phosphates naturels de calcium (308 millions de dollars), suivis des produits pétroliers réexportés (81 millions de dollars), puis des produits agricoles et forestiers comme le soja et l’huile de soja, le bois scié, ainsi que des volumes plus modestes de déchets métalliques et de coton brut.

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A l’import, le Togo a acquis de l’Inde pour environ 3,6 milliards de dollars de biens, dominés par les produits pétroliers raffinés (près de 3 milliards de dollars), complétés par des volumes significatifs de riz (327 millions de dollars) et par des biens manufacturés, textiles, machines et produits chimiques.

Si ces échanges montrent un déséquilibre commercial marqué en faveur de l’Inde, les investissements du pays asiatique ont généré des emplois et soutiennent l’objectif des autorités togolaises de développer une base industrielle plus intégrée, notamment au sein de la Plateforme industrielle d’Adétikopé.

À moyen terme, les deux pays misent sur des coopérations ciblées dans les énergies renouvelables et l’action climatique et affichent l’objectif de renforcer leur partenariat économique.

Ayi Renaud Dossavi

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