Au Togo, les autorités ont validé, en milieu de semaine dernière, le guide simplifié des procédures d’exportation des produits agricoles vers les marchés de l’UEMOA et de la CEDEAO. Le document vise à améliorer l’information des acteurs sur les règles et formalités applicables au commerce transfrontalier des produits agricoles.
Élaboré avec l’appui du Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA), le guide est destiné aux acteurs du commerce transfrontalier des produits agrosylvopastoraux et halieutiques. Il s’adresse aussi bien aux producteurs et exportateurs qu’aux administrations publiques en charge de l’agriculture et du commerce, ainsi qu’aux opérateurs du secteur privé.
Concrètement, le guide clarifie les différentes étapes des procédures d’exportation, les documents requis, les normes à respecter, ainsi que les règles de libre circulation et les régimes préférentiels en vigueur dans l’espace communautaire. Cette harmonisation de l’information vise à réduire les coûts, les délais et les risques d’erreurs, à fluidifier les échanges et à limiter les pertes post-récolte.
En facilitant l’accès des produits togolais aux marchés intracommunautaires, le dispositif doit permettre aux acteurs de mieux tirer parti d’un marché régional de plus de 400 millions de consommateurs. Il s’inscrit dans la stratégie nationale de promotion des exportations agricoles et de valorisation des filières locales.
Selon le ministère délégué chargé du Commerce, cette initiative vise à encourager et structurer davantage les exportations, en particulier celles des produits agro-industriels. Le secteur agricole représentant plus de 40 % du produit intérieur brut et employant environ 65 % de la population active au Togo.
Esaïe Edoh
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La décision est passée relativement inaperçue, mais elle dit beaucoup des recompositions en cours dans le secteur des télécommunications en Afrique. Réuni en Conseil des ministres le 31 décembre 2025, le gouvernement togolais a autorisé le transfert de la licence d’exploitation de GVA Togo, opérateur de fibre optique connu sous la marque Canalbox. Une décision administrative qui acte, en réalité, un changement de contrôle indirect, conséquence directe de la profonde restructuration du groupe Vivendi.
Selon le communiqué officiel, l’autorisation accordée par l’exécutif togolais vise à permettre l’adaptation de la licence de GVA Togo à une nouvelle architecture de gouvernance au niveau du groupe. Contrairement à une cession d’actifs ou à une prise de contrôle opérationnelle locale, l’opération s’inscrit dans le cadre de la scission stratégique du groupe Vivendi, décidée en décembre 2024 et approuvée par 97 % des actionnaires.
Cette scission a conduit à la création de quatre groupes autonomes, dont Canal+, devenu la maison-mère de GVA au niveau panafricain. Ce nouveau schéma entraîne des ajustements juridiques locaux, comme au Togo, sans rachat ni prise de contrôle opérationnelle directe.
Dans cette nouvelle configuration, Vivendi a éclaté son périmètre historique pour faire émerger des pôles spécialisés. Canal+ constitue désormais un ensemble élargi, regroupant les activités de télévision payante, de contenus et certaines activités jugées stratégiques pour la distribution numérique en Afrique. Cette recomposition s’est accompagnée de cotations distinctes, avec Canal+ à Londres, Havas à Amsterdam, et Louis Hachette Group à Paris sur Euronext Growth.
C’est dans ce cadre que GVA (Groupe Vivendi Africa), présent dans neuf pays africains sur le segment de la fibre optique, a été rattaché au périmètre Canal+. Le mécanisme retenu n’est ni une vente ni un rachat, mais un apport partiel d’actifs, par lequel Vivendi a transféré à Canal+ la détention et la gouvernance de certaines filiales et participations, dont celles de GVA. Ce choix suit une logique industrielle : en Afrique, la distribution de contenus audiovisuels, les services numériques et la connectivité haut débit sont de plus en plus imbriqués. Canal+, déjà très implanté sur le continent via la télévision payante, renforce ainsi sa position de tête de groupe panafricaine.
Aucun changement opérationnel local, mais une chaîne de contrôle modifiée
Pour les autorités togolaises, l’enjeu était avant tout réglementaire. Le changement de gouvernance au sommet du groupe entraînant une modification de la chaîne de contrôle, la licence d’exploitation devait être formellement adaptée. D’où l’autorisation accordée en Conseil des ministres, qualifiée de changement de contrôle indirect.
Sur le plan opérationnel, en revanche, rien ne change à court terme. GVA Togo conserve son actionnariat direct, ses équipes, ses offres commerciales et opère toujours sous la marque Canalbox. Les abonnés ne verront ni modification des services ni évolution tarifaire liée à cette décision, selon les autorités. Un arrêté ministériel est attendu pour finaliser juridiquement le processus.
Avec 79 409 abonnés FTTH, soit près de 60 % de parts de marché, GVA Togo (Canalbox) est le principal acteur du haut débit fixe à domicile au Togo. Son principal concurrent, YAS Togo (ex-Togocom), totalisait au 2e trimestre, 52 605 abonnés FTTH, correspondant à environ 40 % du marché, dans un secteur encore étroit mais en croissance rapide. Le marché de la fibre à domicile, malgré que son taux de pénétration reste modeste (7,04 % des ménages au 2e trimestre 2025) a engagé depuis l’arrivée de l’opérateur contrôlé par Bolloré, une dynamique positive (en hausse de 18 % sur un an). Alors même que le FTTH est devenu le support privilégié des usages lourds : streaming, télétravail, cloud, contenus vidéo.
Esaïe Edoh
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Au Togo, l’intégration de l’approche genre progresse, avec des implications économiques mesurables, mais encore inégales selon les secteurs. Dans la sphère décisionnelle, les femmes occupent 13,33 % des postes ministériels, 21,24 % des sièges à l’Assemblée nationale et 26,22 % au Sénat. La proportion atteint 20 % parmi les gouverneurs régionaux et reste inférieure à 15 % dans les conseils municipaux et régionaux. Ces chiffres, partagés dans le Document budgétaire sensible au genre 2026, laissent entrevoir un plafond persistant dans l’accès des femmes aux fonctions de responsabilité, malgré des avancées symboliques.
Sur le plan budgétaire, les dépenses sensibles au genre ont atteint 32,02 milliards de francs CFA en 2024, soit 1,4 % du budget national, avec un taux d’exécution proche de 90 %, selon la même source. Pour 2026, les projections s’élèvent à 61,4 milliards, soit 5,22 % du budget, mais avec de fortes disparités entre ministères. Par exemple, certains secteurs économiques clés consacrent moins de 0,05 % de leurs crédits à ces actions.
Sur le plan institutionnel, plusieurs dispositifs visent à renforcer l’accès des femmes au droit et à la protection. C’est le cas des maisons de justice, des maisons de la femme et des centres intégrés de prise en charge des violences basées sur le genre. À ces mécanismes s’ajoutent la division dédiée à la promotion féminine au sein de la Commission des droits de l’homme et l’action de l’Agence de transformation agricole, engagée dans la promotion du genre en milieu rural.
Plus largement, l’autonomisation économique reste contrainte, notamment par l’accès limité au financement. Selon Entrepreneurs du Monde, les femmes entrepreneures rencontrent davantage d’obstacles bancaires, dans un pays où seule une personne sur quatre dispose d’un compte bancaire. Le Fonds national de la finance inclusive (FNFI), dont 65 % des bénéficiaires sont des femmes, vient atténuer partiellement ce déséquilibre.
Il faut du reste rappeler que, pour le Togo, les réformes menées ces dernières années lui ont valu un score de 97,5 % dans le rapport Femmes, Entreprise et Droit 2024 de la Banque mondiale. Le défi reste désormais l’effectivité des mesures, notamment à travers un cadre légal formel.
Ayi Renaud Dossavi
A Lomé, le Comité de concertation État-secteur privé (CCESP) a réuni en fin d’année dernière (le 30 décembre 2025) les secrétaires généraux et directeurs de cabinet des ministères afin de renforcer l’architecture du dialogue public-privé. Il s'agissait notamment d’aligner les administrations sur une plateforme commune d’information, pensée pour répondre aux besoins du secteur privé en matière d’accès aux services publics, aux réformes et aux indicateurs du climat des affaires.
Au cœur du dispositif, la désignation de points focaux au sein de chaque ministère. Ces responsables devront assurer le relais opérationnel du CCESP, appuyer la mise en œuvre des plaidoyers du secteur privé et garantir la circulation régulière d’informations sur les réformes en cours.
L’ambition affichée est de créer une “chaîne administrative cohérente”, capable de parler d’une seule voix face aux opérateurs économiques.
Selon le secrétaire exécutif du CCESP, Baniab Moyeme, la démarche vise à bâtir un dialogue structuré et efficace entre l’État et le secteur privé, suivant les aspirations du gouvernement.
Les échanges ont également porté sur des dossiers comme la fiscalité, la TETTIC(Taxe sur les entreprises de télécommunications et des TIC) et la place du secteur informel.
Pour les mois à venir, le CCESP entend maintenir un rythme soutenu de concertation afin de faciliter des décisions consensuelles, en particulier sur les mesures législatives et réglementaires à impact économique.
R.E.D.
Au Togo, le budget primitif, exercice 2026, de la commune Zio 1, dans la région Maritime, est projeté à 1.231.197.637 FCFA, en légère baisse de 1,2 % par rapport au 1,24 milliard FCFA de 2025. Cette enveloppe prévisionnelle a été adoptée le mardi 30 décembre 2025 à Tsévié, à l’issue des travaux de la quatrième session ordinaire de l’année 2025 du conseil municipal.
Le budget se répartit entre les charges de fonctionnement, qui représentent 66,79 % du total, et la section des investissements qui mobilise 33,21 % des ressources.
Au volet des investissements, les actions programmées concernent notamment l’amélioration de l’accès à l’eau potable, l’assainissement de la voirie urbaine, ainsi que la construction d’infrastructures socio-économiques. Ces interventions s’inscrivent dans les priorités exprimées par les populations et dans les orientations du Plan de développement communal (PDC).
Selon le premier adjoint au maire de la commune, Kokou Toulassi, ce budget vise à assurer une mobilisation optimale des ressources locales afin de les mettre au service du bien-être des populations. Ce membre de l’exécutif communal a, dans ce cadre, souligné l’importance d’une synergie d’actions entre les élus locaux, l’administration, les partenaires techniques et financiers ainsi que les populations, afin de garantir une mise en œuvre efficace des projets inscrits au budget.
Esaïe Edoh
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Dans son adresse à la Nation, mardi 30 décembre 2025, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a de nouveau fixé les orientations économiques et institutionnelles de la Ve République. Selon lui, ce nouveau passage vise à « refonder durablement notre gouvernance politique et institutionnelle » et à renforcer la responsabilité de l’action publique. Suivant le triptyque “Protéger, Rassembler, Transformer”.
Sur le plan économique, l’Exécutif entend articuler sécurité, développement et inclusion sociale. « Il ne peut y avoir de développement sans sécurité, ni de sécurité durable sans justice sociale », a souligné le Président du Conseil, pour qui la stabilité est intimement liée aux politiques sociales.
La décentralisation occupe une place centrale dans la trajectoire amorcée. Le chef de l’exécutif a insisté sur la nécessité de « rapprocher la décision publique des citoyens ». Pour cela, indique-t-on, il faut confier aux communes et aux régions un rôle accru dans le développement local. Une position qui trouve un écho particulier, quelques mois après les élections municipales et l’installation des gouverneurs de région.
Enfin, le discours de Faure Gnassingbé projette le Togo vers une transformation fondée sur le capital humain et l’intégration régionale, avec l’ambition de « positionner notre économie dans les chaînes de valeur africaines et internationales ».
Discours complet :
Vœux de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise à la nation.
Lomé, 30 décembre 2025
Togolaises, Togolais.
Chers Compatriotes.
En ce moment où une année s’achève et une autre s’ouvre devant nous, je veux d’abord souhaiter à chacune et chacun d’entre vous, à vos familles, à vos proches, mes vœux les plus sincères de santé, de sérénité et d’espérance. 2025 a été une année charnière pour notre pays. Nous avons connu des épreuves, des moments de doute. Mais nous avons aussi franchi une étape importante de notre vie démocratique.
Avec l’adoption de la Ve République, notre pays est devenu une démocratie parlementaire. Cette réforme marque l’évolution la plus profonde de notre Constitution depuis plus de trente ans.
Il y a quelques semaines, je me suis adressé à vos élus. Ce soir, en cette fin d’année, c’est à vous que je m’adresse, pour parler de notre chemin commun et de la direction que nous allons prendre ensemble.
Mes chers compatriotes.
Je veux vous parler de cette nouvelle République, et de ce qu’elle change concrètement dans votre vie. Ce changement n’est pas un jeu d’écriture. Ce n’est pas une affaire réservée aux juristes ou aux responsables politiques.
Il concerne directement votre vie de tous les jours et la manière dont les décisions sont prises en votre nom. Je veux saluer le travail de vos élus, les élus du peuple. Le Parlement et le Sénat ont conduit cette réforme dans la paix, la dignité, et le respect du cadre républicain. Ce choix n’a pas été imposé. Il a été voté, assumé, porté par vos représentants.
Je suis conscient que certains auraient souhaité un débat public plus large. Je comprends ces attentes. Mais ce que je retiens, c’est que cette réforme a été menée dans un climat institutionnel apaisé, avec pour seule boussole l’intérêt national.
C’est une réussite en soi d’avoir conduit ce changement sans rupture. Dans une République, il y a des choses qui doivent rester stables. La continuité de l’État et des institutions est essentielle pour la paix, pour la confiance. C’est pour cela que je suis resté à la tête de l’exécutif, mais ma fonction a changé.
Le centre de gravité de notre vie politique a changé. Désormais, la politique de la Nation se décide d’abord au Parlement. Le Gouvernement est responsable devant vos élus. Quant au Sénat, il porte la voix des territoires. Les régions et les communes jouent ainsi un rôle plus important.
Certains d’entre vous se demandent si cette réforme changera vraiment quelque chose dans leur vie, si elle peut ouvrir une dynamique nouvelle pour notre pays. Je veux vous répondre clairement : la réponse est oui.
Nous allons changer de méthode, faire vivre autrement notre démocratie, ouvrir un nouveau chapitre, sans casser ce que nous avons construit.
Pour cela, j’ai fixé au Gouvernement trois priorités simples : Protéger, Rassembler, Transformer.
Elles donnent un sens concret à ce changement de régime. Et elles résument, au fond, ce que je vous dois comme Président du Conseil : la sécurité, l’unité, et l’avenir.
Mes chers compatriotes.
Protéger, c’est la première responsabilité d’un État. Et c’est la première mission que je me donne, et que je donne à mon Gouvernement pour 2026.
Protéger, c’est bien sûr d’abord garantir la sécurité, celle de nos familles, de nos villages et de notre territoire. Dans une région instable, nos forces de défense et de sécurité agissent avec courage et bravoure : elles protègent nos populations et tiennent nos frontières.
Je veux ce soir leur rendre hommage, ainsi qu’à tous ceux qui, chaque jour, veillent sur notre stabilité. Mais je veux aussi vous dire ceci : On ne protège pas un pays seulement avec des armes. On le protège en donnant à chacun une vie digne, en donnant une place à sa jeunesse, en évitant que la pauvreté, l’exclusion ou la colère ne deviennent des terreaux de la violence.
La sécurité vient aussi du développement. Elle vient de l’emploi. Elle vient de l’accès aux services essentiels. Elle vient d’un pays où personne ne se sent oublié. Quand un enfant peut aller à l’école en paix, nous renforçons la sécurité. Quand une famille a accès aux soins, nous renforçons la sécurité. Quand un agriculteur peut vivre de son travail, nous renforçons la sécurité. Et quand un village a accès à l’eau, à la route, à l’électricité, nous renforçons également la sécurité. C’est pourquoi nous poursuivrons notre stratégie globale qui associe sécurité, développement local et cohésion sociale.
Mes chers compatriotes.
Togolaises, Togolais.
Rassembler, c’est la deuxième grande priorité que j’ai fixée à notre action en 2026.
Rassembler, c’est renforcer notre unité nationale. Et elle ne peut s’épanouir que dans l’équité territoriale.
La décentralisation n’est pas un slogan. C’est une manière de gouverner autrement, de reconnaître la diversité de nos territoires, d’aller vers ceux qui sont loin du centre ou de la capitale.
Vos élus locaux seront désormais davantage associés à l’action publique, parce qu’en 2025 nous avons renforcé les moyens d’action des collectivités et amélioré la coordination entre l’Exécutif, l’Assemblée, le Sénat et les territoires.
Rassembler c’est aussi reconnaître la place de chacun et créer les conditions d’un dialogue durable entre majorité et opposition. La critique constructive et apaisée fait partie du fonctionnement normal de la démocratie. Je veux le dire clairement ce soir : l’opposition est une composante essentielle de la République. Elle a la responsabilité de questionner, d’alerter, et de proposer.
En 2026, je souhaite qu’une culture politique nouvelle s’impose : une culture politique de respect, où l’on critique les idées, mais jamais les personnes, où l’on s’oppose sans se déchirer, où l’on débat sans se détruire.
Franchissons ensemble cette étape supplémentaire vers un climat politique plus apaisé, où les désaccords s’expriment de manière constructive, sans violence ni dégradations.
Pour rassembler ainsi la Nation, il faut commencer par tendre la main, reconnaître que la paix civile ne se maintient pas seulement par la loi, mais aussi par le geste juste et par la compréhension.
C’est dans cet esprit d’apaisement que j’ai demandé au Ministre de la Justice d’exécuter les décisions de grâce et de clémence que nous avons prises lors du dernier conseil des ministres.
Il ne s’agit ni d’impunité, ni de faiblesse sur des crimes graves. Il s’agit plutôt d’éviter que des erreurs ou des moments d’égarement deviennent des destins brisés. Il s’agit, surtout, de permettre à notre pays de regarder de l’avant. Notre avenir, c’est de cela que je souhaite maintenant vous parler.
Mes chers compatriotes.
Transformer, c’est notre troisième grande priorité. Et c’est sans doute la plus exigeante. Depuis plusieurs années, notre pays progresse. Il progresse en matière d’infrastructures, de stabilité économique, d’intégration régionale, de digitalisation.
Ces efforts sont réels, et ils doivent être reconnus. Nous devons maintenant franchir un cap supplémentaire.
Transformer le Togo, aujourd’hui, c’est d’abord investir dans notre première richesse. Cette richesse c’est vous, les Togolaises et les Togolais : votre éducation, votre formation professionnelle, votre santé, votre jeunesse.
Un pays ne se développe pas uniquement avec des routes, des ports et des usines, on nous le dit souvent. Il se développe avec des femmes et des hommes capables de créer, d’innover, de construire, de rêver grand.
Transformer le Togo, c’est aussi transformer nos territoires, faire en sorte que l’avenir du pays ne se joue pas seulement à Lomé, mais dans chaque préfecture, dans chaque commune, dans chaque village.
Je veux que cette transformation en cours devienne visible partout. Et je veux qu’elle soit juste. Je veux qu’elle bénéficie à toutes les catégories sociales : aux femmes, qui portent l’économie informelle ; aux jeunes, qui portent l’innovation ; aux agriculteurs, qui nourrissent la Nation ; aux entrepreneurs, qui créent de l’emploi ; aux travailleurs, qui bâtissent le pays ; aux personnes vulnérables, qui ne doivent jamais être oubliées. Pour réussir tout cela, nous avons besoin de regarder au-delà de nos frontières.
Transformer notre pays demande d’ouvrir des portes, de nouer des partenariats, de défendre nos intérêts dans les enceintes africaines et internationales. Pour un pays comme le nôtre, la diplomatie est une force. Car l’avenir du Togo dépend de notre capacité : à nous insérer dans les chaînes de valeur africaines, à attirer des investisseurs, à participer aux marchés régionaux de notre continent. Ce travail extérieur n’est jamais détaché de vos réalités. Il sert un seul objectif : améliorer votre quotidien ici. Quand je cherche des financements plus justes, c’est pour construire des routes, des écoles, des centres de santé, des hôpitaux. Quand je mobilise des investisseurs, c’est pour créer de l’emploi ici, dans notre pays. Quand je fais entendre la voix du Togo, c’est pour obtenir des règles plus équitables, alléger le poids de la dette, et renforcer notre sécurité.
Je vous sers ici, à travers mon gouvernement et les priorités que nous nous sommes fixées. Je vous sers aussi à l’extérieur, avec la même énergie, pour répondre à vos besoins quotidiens : la sécurité, l’emploi, le coût de la vie, les services essentiels.
Togolaises, Togolais.
Mes chers compatriotes.
Protéger, rassembler, transformer : voilà notre chemin pour l’année qui vient. C’est le socle de notre action. Il guidera chaque décision, chaque programme, chaque effort de votre Gouvernement.
Je veux une République qui vous protège mieux, qui nous rassemble davantage, qui transforme plus vite notre pays. Je forme donc le vœu que 2026 soit une année de paix et d’équilibre, une année de progrès et d’espérance, une année de solidarité et de confiance.
Je vais donc dire à nouveau : à chaque famille togolaise mes vœux de santé, de sérénité et de réussite ; à nos jeunes, je leur dis d’avoir confiance en leur avenir ; à nos aînés, je souhaite la reconnaissance et le respect auxquels ils ont droit ; à tous ceux qui traversent une épreuve de trouver soutien et réconfort.
Je souhaite enfin que chacun soit fier de dire : je suis Togolais, je suis Togolaise.
Que Dieu bénisse donc chacune et chacun d’entre vous.
Que Dieu bénisse notre cher Togo.
Bonne et heureuse année à chacune et à chacun d’entre vous.
Après le lancement officiel à Lomé mi-décembre, le programme national de transferts monétaires entre désormais dans sa phase de déploiement régional.
Récemment, les opérations ont démarré dans les Savanes, la Kara, la Centrale et la Maritime, alors que le programme s’étale à toute l’échelle nationale.
Dans la région des Savanes, plus de 150 000 bénéficiaires directs sont concernés. Comme prévu, chaque ménage ciblé reçoit un transfert inconditionnel de 25 000 FCFA, versé par mobile money via les opérateurs Yas et Moov Togo.
Selon le rappel de l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), les bénéficiaires ont été identifiés à partir des données du recensement national mené par l’INSEED, puis vérifiés sur le terrain dans plus de 1700 villages.
La même dynamique est observée dans les autres régions. Notamment, dans la la Kara, 19 480 ménages vulnérables bénéficient du programme pour un montant global de 3,5 milliards FCFA.
Dans la région Centrale, 13 615 ménages sont ciblés lors d’une première phase, tandis que dans la Maritime, plus de 21 000 personnes ont déjà été identifiées pour recevoir les transferts via leur téléphone portable.
Selon le gouvernement, ce nouveau dispositif s’inscrit dans la composante 1 du Programme national de protection sociale, aligné sur la feuille de route gouvernementale 2020-2025. Son objectif est à deux niveaux : d’une part, atténuer les effets de la hausse du coût de la vie et des chocs économiques ; et d’autre part, renforcer la résilience des ménages vulnérables et soutenir l’activité économique locale, à travers le développement d’activités génératrices de revenus.
Pour rappel, à terme, près de 700 000 personnes sur l’ensemble du territoire devraient bénéficier de ces transferts, financés à hauteur de 3,5 milliards FCFA. L'initiative est appuyée par des partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale, le système des Nations unies, l’AFD et la BAD.
R.E.D.
Au Togo, le projet de loi de finances, exercice 2026, a été définitivement adopté le lundi 29 décembre 2025 par l’Assemblée nationale, à l’issue d’une deuxième lecture et après validation par le Sénat. Le budget s’équilibre en ressources et en charges à 2751,5 milliards FCFA.
Ce montant est identique à celui adopté en première lecture par les députés et en deuxième lecture par les sénateurs. Par rapport au projet initial présenté par l’exécutif, qui s’établissait à 2740,5 milliards FCFA, la loi de finances enregistre une hausse d’environ 11 milliards FCFA.
Comparé au collectif budgétaire 2025, évalué à 2436 milliards FCFA et également adopté définitivement en séance plénière, le budget 2026 affiche une progression de 12,93 %.
Selon le ministère des Finances et du Budget, la loi de finances 2026 introduit plusieurs innovations. Il s’agit notamment de l’exonération de la TVA applicable à certains produits locaux de l’élevage et de la pêche, la facilitation de l’enregistrement des marchés publics pour les jeunes et les femmes entrepreneurs, l’instauration d’un crédit d’impôt destiné à encourager le recrutement des personnes en situation de handicap, ainsi que la reconduction des allègements fiscaux pour le dédouanement des véhicules neufs.
Pour Komi Sélom Klassou, qui a présidé la séance plénière d’adoption définitive du texte, ce budget donne au gouvernement les moyens de poursuivre la mise en œuvre de sa politique de
développement économique et social.
« Par cette adoption définitive, le gouvernement est désormais outillé pour continuer à propulser le Togo vers un développement partagé », a déclaré pour sa part, le président de l'Assemblée national, Sélom Klassou.
Esaïe Edoh
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Le Togo consolide son dispositif en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. L’Assemblée nationale togolaise a récemment adopté en session budgétaire, une nouvelle loi en ce sens ( relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP)).
Ce texte vise entre autres, à aligner le cadre juridique national sur les récentes évolutions des standards internationaux et communautaires. Le nouveau dispositif remplace en effet la loi de 2018 pour intégrer les recommandations révisées du Groupe d’action financière (GAFI) et une directive de l’Uemoa de 2023.
Ceci devrait permettre à terme de renforcer la transparence nationale, dans un contexte de menaces sécuritaires régionales.
Le cadre juridique introduit notamment une approche basée sur les risques, élargissant les obligations de vigilance aux prestataires de services d’actifs virtuels et renforçant l’identification des bénéficiaires effectifs des transactions.
Selon le ministre en charge des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, cette réforme s'inscrit dans la stratégie nationale devant permettre de protéger l’intégrité du système financier. L'adoption de ce cadre harmonisé qui prévoit des sanctions, doit permettre de limiter l'opacité des flux financiers, souvent corrélée au crime organisé.
Notons que cette étape législative intervient alors que le Parlement s'apprête à clore sa session budgétaire, après avoir voté le collectif budgétaire pour l’exercice 2025 et adopté la loi de Finances gestion 2026.
R.E.D
Le Togo ajuste le régime fiscal du gazoduc ouest-africain, l’une des structures qui fournit du gaz au pays. Les modifications portent sur trois aspects majeurs. Dans un premier temps, la période d’exemption fiscale accordée à West African Gas Pipeline Company (WAPCo), gestionnaire du réseau, est prolongée de 60 mois, ce qui porte la durée totale d’exonération à 120 mois. Ensuite, le taux d’imposition de la société passe de 35 % à 30 %, s’alignant ainsi sur celui appliqué dans les autres États parties au projet régional. Enfin, avec cette flexibilité, l'Etat peut appliquer un taux plus élevé quand les conditions l'exigent, sans toutefois dépasser le taux d’imposition plafond de 35%.
Les modifications ont été entérinées par l’Assemblée nationale togolaise, qui a adopté, le 24 décembre 2025, une loi modifiant le cadre juridique et fiscal du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. Le vote est intervenu lors d’une séance plénière présidée par Komi Selom Klassou, en présence du ministre délégué à l’Énergie, Messan Eklo, qui a défendu le projet devant les députés.
Long d’environ 678 kilomètres, dont une large partie offshore dans le golfe de Guinée, le gazoduc est une infrastructure régionale de transport de gaz naturel reliant le Nigeria au Bénin, au Togo et au Ghana.
Notons que l’amendement confie également à l’Autorité du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (AGAO) la supervision des activités des chargeurs, en conformité avec le code du réseau.
Pour le ministre, ces ajustements répondent aux difficultés financières de WAPCo, qui ont limité sa capacité d’investissement, ainsi qu’à l’évolution du contexte opérationnel, marqué par l’ouverture d’une seconde entrée de gaz à Takoradi, au Ghana, et la multiplication des opérateurs dans le secteur.
Mis en service à la suite du traité signé en janvier 2003 par le Bénin, le Ghana, le Nigeria et le Togo, le gazoduc transporte le gaz nigérian vers les trois autres pays. Le cadre juridique initial datait de décembre 2004, soit de plus de vingt ans.
Ayi Renaud Dossavi