Togo First

Togo First

Près de 30 milliards FCFA ont été mobilisés par l’État togolais en dix ans pour financer les indemnisations et réparations liées au processus de justice transitionnelle. Selon les données présentées à Lomé la semaine dernière, le fonds spécial d’indemnisation géré par le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) a en effet mobilisé quelque 29,6 milliards FCFA, sur huit étapes, dont 24,8 milliards consacrés directement aux indemnisations.

Dans le détail, 23,6 milliards FCFA ont été versés sous forme d’indemnisations financières, auxquels s’ajoutent 832 millions FCFA pour les réparations communautaires, 203 millions FCFA pour les réparations mémorielles et 144 millions FCFA pour les bourses d’études accordées aux orphelins. Les dépenses de fonctionnement représentent pour leur part 4,8 milliards FCFA sur la période.

868542hcrrun

Au total, 33 331 victimes des violences sociopolitiques survenues entre 1958 et 2015 ont été indemnisées depuis le démarrage effectif du programme en 2017.

Pour la seule 8e étape, qui concerne les années 2024 et 2025, près de trois mille victimes (2 838 victimes) ont été indemnisées. Ceci, à travers quatorze sessions organisées à Guérin-Kouka, Lomé et Sotouboua.

En parallèle, 209 enfants orphelins ont été enrôlés comme boursiers, dont 183 en 2024 et 26 en 2025.

Issu des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), le programme de réparations ne se limite plus aux indemnisations individuelles. Le HCRRUN mène également des actions de restitution de biens, de prise en charge psycho-médicale et de réparations collectives et mémorielles.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, opérateurs économiques et administration fiscale ont échangé en fin de semaine dernière à Lomé. Objectif : jeter les bases d’un partenariat constructif, fondé sur le dialogue.

L’initiative, portée par le ministre des Finances et du Budget, Georges Barcola, a enregistré la participation de la commissaire générale de l’Office togolais des recettes (OTR), Yawa Tségan, des présidents du Conseil national du Patronat (CNP)et de l’Association des grandes entreprises (AGET), respectivement Laurent Tamégnon et Jonas Daou.

Les échanges ont porté notamment sur la législation fiscale en vigueur, les procédures de redressement, la pression fiscale ainsi que les nouvelles dispositions adoptées pour accroître l’efficacité de l’administration fiscale et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Selon le ministère des finances, l’objectif est de permettre aux deux parties de mieux se comprendre sur un certain nombre de dispositions.

« L’objectif principal, c’est de pouvoir échanger avec le secteur privé. Échanger pour ne serait-ce qu’essayer de lever les malentendus et avancer. Trouver le moyen d’établir un partenariat entre le secteur privé et l’administration fiscale », a indiqué Georges Barcola.

Cette rencontre est l’une des recommandations formulées dans la 5è édition du Livre blanc de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), qui souligne une incompréhension persistante autour de l’interprétation des textes fiscaux, ainsi que l’élaboration de certaines réformes sans concertation préalable avec les acteurs économiques. La démarche engagée se veut ainsi un premier pas vers l’instauration d’un dialogue permanent entre l’administration fiscale et le secteur privé.

Reconnaissant l’existence de points de désaccord entre les deux parties depuis plusieurs années, le ministre des Finances et du Budget a exprimé le souhait d’ouvrir, à partir de 2026, une nouvelle ère de coopération. Il a rappelé que le secteur privé constituait un moteur essentiel de la croissance économique et contribuait de manière significative à la création de richesses nationales.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Togo : le gouvernement et le secteur privé dressent le bilan des réformes de 2025

Au Togo, le projet de construction d’une cité ministérielle a franchi une étape décisive, ouvrant prochainement la voie à la phase opérationnelle. Un accord a été signé le mercredi 17 décembre 2025 dans la capitale togolaise entre le gouvernement togolais et le Groupe PFO (Pierre Fakhoury Operator).

“La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui marque une étape importante dans la réalisation du projet du parc immobilier administratif de Lomé, dénommé Cité ministérielle, et destiné à accompagner la modernisation de l’administration publique face à l’urbanisation croissante de notre capitale.”, a déclaré Georges Essowè Barcola, ministre togolais des Finances et du Budget, lors la cérémonie de signature des documents actant l’accord.

À rebours des procédures classiques d’attribution de marchés publics, le mécanisme adopté, mutuellement bénéfique pour les parties (L’Etat togolais, le groupe libano-ivoirien PFO et sa filiale Société de construction de la cité ministérielle (SOCOCIM), relève d’un Partenariat Public Privé (PPP) dénommé le bail à construction. « Le projet sera réalisé dans le cadre d’un bail à construction, un montage juridique par lequel l’État met à disposition le foncier tandis que le partenaire privé finance, construit et exploite les infrastructures avant leur rétrocession à la puissance publique à l’échéance du contrat. », confie une source.

Concrètement, l’Etat, suivant ce montage, met à disposition le terrain nu (espace mis à disposition à Bè-Klévé, dans la commune de Golfe 3), qui devra accueillir le parc immobilier administratif, mais en reste propriétaire. Néanmoins, il accorde au groupe PFO, le droit de l’utiliser aux fins convenues et sans perturbations, sur toute la durée du bail, qu’il s’engage à respecter.

Si en théorie, ce type d’accord peut être stipulé sur une période de 18 à 99 ans, il est pratique de ficeler sa durée sur 25 à 40 ans, ou 30 à 50 ans, apprend-on. Rien n’a néanmoins filtré précisément sur la durée du bail, convenue entre l’Etat togolais et le groupe PFO.

Partie à cet accord, le groupe PFO, avec sa filiale Société de construction de la cité ministérielle (SOCOCIM), finance le projet ou à tout le moins, mobilise le financement nécessaire pour la réalisation du projet, auprès notamment d’acteurs bancaires : la Société Générale, Ecobank, Banque Atlantique, Coris, NSIA et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), qui a déjà annoncé l’approbation d’une enveloppe de 20 milliards FCFA.

Avec le financement mobilisé, PFO-SOCOCIM procédera à l’implantation d’un pôle exécutif conçu comme un ensemble administratif intégré à Lomé. Le complexe comprendra 18 bâtiments regroupés au sein d’une enceinte unifiée.

L’architecture repose sur une alternance équilibrée entre huit tours de hauteur variable et dix bâtiments bas. Les tours, de conception carrée et dotées d’un revêtement de façade homogène, sont déclinées par paire selon leur hauteur, le traitement des ouvertures et le couronnement architectural. La future cité ministérielle sera développée sur une superficie d’environ 90 000 m² de bureaux, mise à disposition par l’Etat. Le site sera complété par plus de 900 places de stationnement. À terme, l’infrastructure est appelée à accueillir plusieurs départements ministériels ainsi que plus de 4500 ants publics.

IMAGES1

Les ouvrages ainsi conçus, devront être réalisés dans le respect du délai (36 mois) et selon les normes sur lesquelles les 2 parties se sont accordées, à partir de la pose de la première pierre, qui sera de toute évidence, une autre étape décisive. PFO–SOCOCIM devrait dans la même veine, assumer les risques techniques et financiers liés au projet.

Le bail à construction règle également un volet important, indissociable de l’accord : l’exploitation des ouvrages, une fois réalisés, conformément à leur destination contractuelle. PFO-SOCOCIM assurera l’exploitation de l’infrastructure sur la durée du bail, à charge pour lui d’en réaliser le transfert à l’Etat, en bon état, à la fin du bail.

Et, si en l’absence des stipulations exactes du contrat conclu par les deux parties, le groupe PFO-SOCOCIM est libre de choisir l’exploitation qu’il compte faire de l’ouvrage réalisé, la présomption que l’Etat soit le locataire de la cité ministérielle et de ses accessoires sur la durée considérée du bail, reste extrêmement forte.

IMAGES2

Ce montage, au-delà de tout ce qu’il impose au groupe PFO-SOCOCIM en termes d’obligations, devrait être bénéfique pour ce dernier, aussi. Le témoignage le plus éloquent de cette assertion émane de la déclaration de Clyde Fakhoury, administrateur de la société, à l’issue de la cérémonie de signature présidée par le ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola : « Ce projet symbolise la capacité de l’État togolais, de ses partenaires financiers et du secteur privé à concevoir, structurer et concrétiser ensemble des projets d’envergure, utiles et durables », a-t-il indiqué. Par ailleurs, le projet devrait créer plus de 1000 emplois directs et indirects.

Les avantages du recours au bail à construction pour l’Etat togolais

Le recours au bail à construction devrait permettre à l’État de réaliser des infrastructures stratégiques sans mobiliser immédiatement de ressources budgétaires, tout en conservant la propriété du foncier et en récupérant les ouvrages à l’issue du contrat.

Sur le terrain budgétaire, ce mécanisme allège les efforts de l’Etat, dans un contexte de tensions sur les finances publiques, car à l’opposé des procédures classiques de la commande publique, l’Etat ici n’avance pas le coût de la construction ni d’avance de démarrage. L’investissement est supporté par PFO-SOCOCIM tandis que la dépense publique est étalée dans le temps (loyers ou paiements contractuels).

Il permettra du reste, d’accélérer la réalisation des infrastructures; le privé ayant intérêt à livrer rapidement l’ouvrage pour en commencer l’exploitation. Il en résultera en général, une contraction des délais liés aux procédures budgétaires classiques et donc, une meilleure maîtrise du calendrier d’exécution.

S.A et Esaïe Edoh

Lire aussi:

Togo : une cité ministérielle moderne de 18 immeubles dont 8 tours, bientôt à Lomé

La commune du Golfe 4, dans le Grand Lomé, a adopté le jeudi 18 décembre 2025 son budget primitif pour l’exercice 2026, arrêté à 3,6 milliards FCFA. Ce budget prévisionnel est en baisse d’environ 22 % par rapport aux 4,6 milliards FCFA prévus en 2025.

Selon les estimations des autorités communales dirigées par Jean-Pierre Fabre, près de 79 % du budget, soit environ 2,8 milliards FCFA, seront consacrés aux dépenses de fonctionnement, notamment pour assurer la continuité des services publics et le bon fonctionnement de l’administration communale. Les 21 % restants, correspondant à environ 765 millions FCFA, seront alloués à l’investissement, en particulier au financement des projets de développement et des infrastructures locales.

Si les raisons de cette contraction budgétaire n’ont pas été précisées, le maire Jean-Pierre Fabre a indiqué que « ce budget constitue un outil de développement qui permettra de consolider les acquis et d’initier de nouveaux chantiers au bénéfice des concitoyens ».

Adopté par le conseil municipal, le budget sera soumis à l’approbation du ministère en charge de l’Administration territoriale, conformément aux dispositions en vigueur en matière de décentralisation au Togo.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Togo : un budget prévisionnel de 4,6 milliards FCFA pour le Golfe 4 en 2025

Au Togo, les projets PRIMA et ProMIFA, soutenus par le Fonds international de développement agricole (FIDA), entrent dans une phase opérationnelle centrée sur le renforcement de la gouvernance locale et la sécurisation de leur mise en œuvre.

En prélude à cette nouvelle phase, les deux programmes affinent leur mécanisme de gestion des plaintes. Des sessions de renforcement des capacités des comités de gestion des plaintes se tiennent à cet effet jusqu’au 20 décembre, dans plusieurs préfectures du pays, dont la Kozah et Tchamba. Il s’agit notamment de prévenir et de traiter les différends liés à l’exécution des projets.

Mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, les deux programmes mobilisent une large diversité d’acteurs publics, communautaires et privés. Cette configuration accroît les risques de tensions sociales, foncières ou opérationnelles. C’est en réponse à ce défi qu’un mécanisme conjoint de gestion des plaintes, structuré du niveau cantonal au niveau central, a été instauré conformément aux exigences du FIDA.

Défis en ressources humaines

En amont de ces sessions, une mission conjointe PRIMA-ProMIFA, conduite fin novembre 2024, a évalué le fonctionnement de ces organes à tous les échelons. Le diagnostic a révélé des insuffisances en compétences, en outils de travail et en circuits de remontée de l’information. Ces constats ont servi de base à l’élaboration des modules de formation actuellement déployés.

Sur le plan financier, le ProMIFA est entré, depuis juin 2023, dans sa phase d’investissements, appuyée par un financement additionnel de 15,6 millions de dollars approuvé par le FIDA en décembre 2022. Le projet vise à améliorer l’accès au crédit agricole à l’échelle nationale, avec un objectif de 50 000 ménages bénéficiaires, soit environ 300 000 personnes, grâce à un mécanisme de partage de risques.

Pour sa part, le PRIMA, de dimension régionale, se concentre sur l’intégration des marchés agricoles le long des corridors transfrontaliers entre le Togo et le Bénin, avec une perspective d’extension régionale.

Au total, près de 450 acteurs issus des administrations, des collectivités locales et des organisations communautaires, sont concernés par ce dispositif. Les autorités et les partenaires attendent une amélioration de la transparence, une réduction des conflits et un environnement plus prévisible pour les investissements agricoles, dans un secteur clé pour l’emploi et la sécurité alimentaire.

Ayi Renaud Dossavi 

Lire aussi:

Togo-Bénin : la deuxième rencontre PRIMA à Kara cible une hausse de 30% des échanges agricoles

Au Togo, le gouvernement a officiellement lancé, jeudi 18 décembre 2025 à Lomé, un nouveau programme national de transferts monétaires destiné à plus de 700 000 personnes vulnérables sur l’ensemble du territoire.
Ce nouveau mécanisme d’appui s’inscrit dans la politique de protection sociale de l’exécutif et vise notamment à répondre aux effets persistants de la hausse du coût de la vie et de la précarité économique.

Le lancement officiel a été fait au complexe sportif de Kotokoli-Zongo, dans la commune d’Agoè-Nyivé 4, en présence d’autorités politiques, administratives, traditionnelles et militaires.
Dotée d’une enveloppe de 3,5 milliards de FCFA, l’initiative a été officiellement ouverte par Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, représentant pour l’occasion Faure Gnassingbé.

Financement et mécanisme de transfert

Dans le détail, l’opération prévoit le versement d’un transfert monétaire inconditionnel de 25 000 FCFA par ménage.
Selon les autorités, ces ressources devraient contribuer à couvrir des besoins essentiels à court terme, tout en soutenant l’activité économique locale. Les paiements sont effectués par des canaux numériques sécurisés, notamment le mobile money via Mixx by Yas et Flooz, afin de garantir la traçabilité et l’accès effectif aux fonds.

mone 1

Le programme social repose sur trois composantes. La première concerne les transferts monétaires directs aux ménages vulnérables. La deuxième porte sur la création d’emplois, en particulier en faveur des jeunes en situation de vulnérabilité. La troisième cible l’autonomisation économique des ménages vulnérables, avec un accent spécifique sur les femmes.
« Ce programme vise à améliorer la situation socio-économique des ménages vulnérables et leur résilience aux chocs, tout en soutenant l’emploi et l’autonomisation », a indiqué Sandra Ablamba Johnson.

Ciblage des bénéficiaires et partenaires

Le ciblage des bénéficiaires s’appuie sur une méthodologie rigoureuse, l’approche Proxy Means Test, reconnue au niveau international. Selon les sources officielles, les opérations d’identification ont été menées par l’INSEED (Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques), et l’ANADEB (Agence nationale d’appui au développement à la base), sur la base de critères de pauvreté monétaire et non monétaire. « Cette approche garantit un ciblage transparent et équitable », a souligné la ministre.

mone 2

Selon Katanga Mazalo, directrice générale de l’ANADEB, le dispositif permettra d’accompagner objectivement les ménages répondant aux critères de vulnérabilité, tout en intégrant des actions spécifiques en faveur de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation des femmes.

Pour rappel, le programme bénéficie du soutien de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, le système des Nations unies, l’AFD et la BAD. Il prolonge des mécanismes similaires déployés ces dernières années, qui avaient permis de soutenir plus de 142 000 personnes entre 2024 et 2025. Notamment Novissi.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, une politique nationale de protection sociale (PNPS) a été examinée et adoptée en Conseil des ministres le mercredi 17 décembre 2025. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre la pauvreté et à réduire la vulnérabilité des populations, indique le relevé du Conseil.

Dans un contexte marqué par une forte exposition des ménages aux risques économiques et sociaux, notamment en milieu rural, cette politique entend apporter une réponse structurée. Elle prévoit en effet de soutenir les populations les plus exposées aux chocs (maladie, chômage, vieillesse ou catastrophes naturelles) en leur garantissant un minimum de sécurité de revenus ainsi qu’un meilleur accès aux services sociaux de base.

Selon le Conseil des ministres, « l’approbation de cette politique et sa mise en œuvre permettront de consolider les mécanismes de protection sociale existants, de renforcer la coordination des interventions de l’État et de soutenir un développement économique inclusif et durable ».

Dans cette dynamique, la PNPS devrait contribuer à mieux structurer les interventions publiques dans des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, la nutrition et la protection de l’enfance. Elle vise également à favoriser l’inclusion des populations traditionnellement exclues des systèmes formels de sécurité sociale, en particulier les travailleurs du secteur informel, les femmes et les jeunes.

L’exécutif togolais rappelle que le pays s’est engagé depuis plusieurs années dans le renforcement de son système de protection sociale à travers des investissements significatifs, ayant permis des avancées notables dans la lutte contre la pauvreté et la réduction des vulnérabilités. Toutefois, la persistance de défis structurels a rendu nécessaire l’élaboration d’un cadre stratégique plus cohérent, la PNPS.

Ainsi, adoptée par le gouvernement, cette politique est appelée à devenir un levier central de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et de promotion de la cohésion sociale.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Au Togo, l’UNICEF, le PAM et la KOICA soutiennent les enfants des régions de la Kara et des Savanes

En Afrique, les ports concentrent l’essentiel des échanges commerciaux, mais restent pénalisés par un déficit structurel : des données fragmentées, hétérogènes et difficilement comparables. Une faiblesse qui pèse sur les coûts logistiques, freine l’investissement et complique l’intégration régionale. Pour y répondre, la Banque africaine de développement (BAD) a lancé l’African Ports Connectivity Project (APC-PP), une initiative multilatérale destinée à harmoniser les standards de données portuaires. Un chantier stratégique, selon le jeune Togolais Manuel Ntumba, récemment nommé Project Coordinator et Regional Data Lead du programme.

« Depuis plus de vingt ans, un déficit de gouvernance des données affecte la capacité des ports africains à réduire leurs coûts et à soutenir des modèles de financement plus compétitifs », explique-t-il. Le projet, financé par le Multilateral Cooperation Center for Development Finance (MCDF) hébergé par la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), est mis en œuvre par la BAD en partenariat avec S&P Global Market Intelligence et le cabinet CPCS.

L’objectif est de construire une architecture de données interopérable et auditable couvrant plus de soixante ports africains. « La fragmentation informationnelle, l’absence de référentiels communs et le manque d’auditabilité ont longtemps faussé l’évaluation de la performance portuaire et augmenté les primes de risque appliquées aux actifs africains », souligne Manuel Ntumba.

Concrètement, le programme prévoit la création d’un Port Data Book continental, d’un portail numérique sécurisé et d’un Africa Port Index, fondé sur les méthodologies utilisées par S&P Global, notamment celles du Container Port Performance Index développé avec la Banque mondiale. L’enjeu, insiste-t-il, n’est pas seulement technique. « Il s’agit de rendre les données comparables, documentées et exploitables, afin qu’elles puissent soutenir des analyses de risques crédibles et des décisions d’investissement rationnelles. »

À court terme, la BAD ambitionne de livrer une première version auditable du Port Data Book, un portail conforme aux normes internationales de cybersécurité et un index permettant de comparer objectivement la performance des ports. Ces outils doivent réduire les asymétries d’information qui compliquent aujourd’hui les due diligences des bailleurs et des investisseurs institutionnels.

L’impact attendu dépasse le périmètre portuaire. Sur un continent où 80 à 90 % des échanges passent par les ports, une donnée unifiée peut transformer les chaînes logistiques. « Une infrastructure de données harmonisée permet d’anticiper les congestions, d’optimiser les flux et de renforcer la compétitivité des corridors régionaux », affirme Manuel Ntumba. Selon lui, des gains de coûts logistiques de 20 à 30 % sont possibles sur certains axes.

Au-delà des chiffres, le projet entend installer un changement de paradigme : faire de la donnée un actif stratégique. « Harmoniser les données, c’est réduire l’incertitude, restaurer la confiance et améliorer l’attractivité des infrastructures africaines », résume-t-il.

Fiacre Enagnon Kakpo

Au Togo, Sanlam (ex Saham) change d’identité pour devenir « SanlamAllianz », un changement de dénomination qui marque l’aboutissement local d’un mouvement global, à l’échelle de l’ensemble du continent.
Ce rebranding s’inscrit en effet dans le sillage direct de la création, en septembre 2023, de la joint-venture entre le sud-africain Sanlam et l’allemand Allianz, deux géants majeurs de l’assurance et des services financiers non bancaires.

À l’échelle africaine, la fusion des activités de Sanlam et d’Allianz a donné naissance à un groupe, SanlamAllianz, présent dans plus de 25 pays, avec près de 30 millions de clients et plusieurs centaines de milliers de collaborateurs.
L’entité, détenue initialement à 60 % par Sanlam et 40 % par Allianz, veut notamment consolider les positions des deux groupes sur des marchés africains à fort potentiel, tout en mutualisant expertise technique, capacités financières et standards de gouvernance.

Au Togo, de Saham à SanlamAllianz

Au Togo, la mutation semble plus simple. Contrairement à d’autres marchés où les deux marques coexistaient, le pays d’Afrique de l’Ouest ne comptait qu’une seule entité opérationnelle, issue historiquement de Saham puis passée sous contrôle de Sanlam. « Il ne s’est pas agi d’une fusion de filiales locales, mais d’un simple changement de dénomination, afin d’aligner la marque sur celle du groupe partout en Afrique », explique Bikiry Makanguilé, président du conseil d’administration de SanlamAllianz Togo.

C’était à la faveur d’une rencontre avec la presse à Lomé, ce jeudi 18 décembre 2025, que le top management a présenté les contours de cette nouvelle identité.
Simon Pierre Gouem, directeur général de SanlamAllianz Togo, a insisté sur la continuité opérationnelle. « L’identité change, mais les équipes, les engagements contractuels et la qualité de service demeurent. Le rebranding renforce surtout notre capacité financière et notre accès aux meilleures pratiques du groupe », a-t-il déclaré en substance.

IMG1

« Leader et premier »

Sur le marché togolais, SanlamAllianz revendique une position dominante. La compagnie représente environ 36 % de l’activité assurantielle nationale et se présente comme le premier acteur du secteur depuis 2017.
« Avec un chiffre d’affaires d’environ 16 milliards de FCFA, nous avons réglé plus de 7 milliards de FCFA de sinistres en 2024 », a précisé le directeur général devant les hommes de médias. Pour le manager, ces chiffres traduisent « notre solidité et notre capacité à honorer nos engagements ».

IMG2

Le directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Abdellatif Mouad, a pour sa part replacé le rebranding dans une perspective plus large.
Selon ce dernier, « SanlamAllianz est aujourd’hui le principal fournisseur de services financiers non bancaires sur le continent. Cette taille critique permet d’accompagner plus efficacement les entreprises et les particuliers, y compris au Togo, dans un environnement de risques de plus en plus complexes ».

Un marché encore limité

Si elles sont non négligeables, les perspectives de croissance restent toutefois conditionnées à l’élargissement du marché national. Or, au Togo, le taux de pénétration de l’assurance est estimé à environ 1,7 %, selon le Comité des Assureurs du Togo, bien en deçà des moyennes africaine et mondiale.
« Le succès du rebranding se mesurera aussi à notre capacité à élargir la base de clients, à améliorer la satisfaction et à intégrer davantage d’outils digitaux », a résumé le PCA Bikiry Makanguilé, évoquant dans la foulée un objectif de progression à deux chiffres et des enquêtes de satisfaction régulières.

Notons que si, au Togo, le secteur reste encore relativement faible en termes de pénétration, il connaît une progression indéniable. Selon des données de 2023, le secteur de l’assurance a en effet enregistré une hausse régulière de son chiffre d’affaires ces dernières années. En 2022, par exemple, l’ensemble des acteurs représentait un chiffre d’affaires de 87 milliards de FCFA, contre 60 milliards FCFA en 2019.

Ayi Renaud Dossavi

Lire aussi:

Togo : le secteur des assurances a réalisé un chiffre d’affaires de 87 milliards FCFA en 2022 

60 milliards de chiffre d’affaires pour les compagnies d'assurance en 2019

Après le ministère de l’Énergie, celui du Tourisme, de la Culture et des Arts s’apprête à devenir le deuxième département ministériel du Togo à digitaliser entièrement ses démarches administratives. Le processus a été officiellement lancé le mardi 16 décembre 2025 à Lomé, en présence de la ministre de l’Économie numérique et de la Transformation digitale, Cina Lawson, et du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé.

Inscrite dans le cadre du Programme de digitalisation des administrations publiques (PDAAP), cette initiative vise le déploiement d’outils de travail collaboratif, l’adoption de solutions open source pour la gestion électronique des documents et des courriers, ainsi que la dématérialisation du traitement des dossiers relatifs aux différentes autorisations administratives.

Selon le ministère de l’Économie numérique, chargé d’accompagner la mise en œuvre du projet, le processus s’étendra sur une période de quatre semaines. À terme, cette digitalisation devrait permettre d’améliorer la productivité des équipes du ministère du Tourisme, de réduire les délais de traitement des dossiers, de limiter les coûts opérationnels et de renforcer la qualité du service rendu aux usagers.

Après le ministère du Tourisme, d’autres départements ministériels sont appelés à engager, à leur tour, leur transformation numérique. L’objectif affiché par le gouvernement est d’aboutir à la digitalisation progressive des services de l’ensemble des ministères.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Digitalisation des services publics : le ministère de l’énergie met 29 démarches en ligne

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.