Au Togo, une campagne de distribution de 3900 kits solaires domestiques a démarré le jeudi 11 décembre 2025 dans le village de Komsadè, dans la préfecture de Sotouboua. Les équipements ont été mis à disposition du pays par la Chine, dans le cadre du projet Africa Solar Belt (Ceinture solaire Afrique), une initiative visant à soutenir la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique.
Grâce à ces kits photovoltaïques, les foyers ruraux pourront bénéficier de solutions d’alimentation électrique autonomes et fiables. Les dispositifs permettent d’éclairer les habitations et d’alimenter de petits appareils électroniques tels que téléphones, radios, téléviseurs ou encore réfrigérateurs.
Togo-Énergie ☀️
— Ministère des Mines et des Ressources Énergétiques (@mineenergie_tg) December 12, 2025
Lancement des travaux de distribution de 3 900 kits solaires domestiques au Togo, ce jeudi, 11 décembre 2025, dans la région centrale, plus précisément à Komsadè (Adjengré).
Ce projet est issu du partenariat et de la coopération entre la République populaire de… pic.twitter.com/G8sg7sFgXY
Selon les autorités, cette opération contribuera à fournir de l’électricité à plus de 20 000 Togolais vivant dans des localités encore non raccordées au réseau national. Elle s’inscrit également dans la stratégie de diversification du bouquet énergétique et dans la promotion d’un développement bas carbone.
Avant le lancement de cette campagne de distribution, une équipe d’experts chinois a formé des techniciens togolais aux techniques d’installation des kits. Cette démarche, selon le ministère délégué chargé de l’Énergie, vise à garantir un accompagnement efficace des bénéficiaires, notamment en matière de maintenance.
Cette initiative devrait renforcer l’électrification décentralisée au Togo, en particulier dans les localités isolées. Et rapprocher le pays de son ambition de couverture universelle en électricité d’ici à 2030.
Esaïe Edoh
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Au Togo, la commune Tône 1 (région des Savanes), sera bientôt dotée d’une politique locale de gestion des déchets et d’assainissement. L’élaboration de cet outil a démarré le mercredi 10 décembre 2025 à Dapaong, à 600 km au nord de Lomé.
Prévue pour la période 2026-2036, cette politique ambitionne d’assurer la collecte de 70 % des déchets produits sur le territoire communal, de valoriser plus de 60 % des déchets plastiques et organiques, et de construire 12 000 latrines vidangeables, permettant ainsi de couvrir 81 % de la population. La démarche va reposer sur une chaîne complète d’assainissement, allant de la gestion des déchets ménagers à leur traitement final.
L’élaboration de cette politique s’inscrit dans le cadre du Projet Gestion des déchets et décentralisation (GEDEC), financé par l’Union Européenne (UE). À terme, elle doit contribuer à consolider et pérenniser les investissements réalisés dans le cadre des Projets eau et assainissement au Togo (PEAT) et à améliorer durablement les services d’assainissement au profit des populations.
Pour les autorités locales, l’initiative arrive à point nommé, la gestion des déchets constituant un enjeu sanitaire, environnemental et économique majeur nécessitant des solutions adaptées et durables. Le lancement des travaux à Tône 1 intervient quelques semaines après celui effectué dans la commune Tchaoudjo 1.
Le projet GEDEC, financé par l’UE à hauteur de 4,2 millions d’euros, soit un peu plus de 2,7 milliards FCFA, sera mis en œuvre dans cinq communes du pays, avec l’appui technique d’Expertise France. Il cible une population totale estimée à plus de 750 000 habitants répartis entre les communes bénéficiaires : Kozah 1, Zio 1, Ogou 1, Tchaoudjo 1 et Tône 1.
Esaïe Edoh
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Présente sur le site de la Foire Togo 2000, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), très engagée dans la promotion de l’Assurance Maladie Universelle, a organisé jeudi 11 décembre, une session d’information centrée sur le dispositif de protection sociale, avec en toile d’orgue, l’AMU TNS, dédiée à la prise en charge des Travailleurs Non-Salariés.
Inscrite comme projet social d’envergure dans la Feuille de route gouvernementale, l’Assurance Maladie Universelle a été instituée en 2021, sur le fondement d’une loi qui insère la protection sociale dans les attributs régaliens de l’Etat.
Dans cette dynamique, deux organes gestionnaires du nouveau dispositif, à savoir l’Institut national d’assurance maladie (INAM) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) seront désignés deux ans plus tard et la phase opérationnelle de l’AMU lancée en janvier 2024. Faisant transiter de projet à réalité, le vœu exprimé par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé et son gouvernement, d’octroyer une couverture sanitaire à tous les Togolais. Et que tous les résidents puissent se soigner sans tomber dans la précarité, quelles que soient leurs activités professionnelles.
En accord avec l’objectif d’universalité de ce dispositif, la CNSS, en charge de la gestion de l’AMU pour le secteur privé, les travailleurs non-salariés, ceux de l’informel et les ministres de culte, lancera en octobre 2025, l’extension de l’AMU aux Travailleurs non-salariés (AMU TNS). « La TNS vient réparer l’injustice qui consistait dans l’inconscient collectif à penser que les travailleurs non-salariés sont mis de côté. Le projet, en gestation, a pris forme. Dans toutes les régions où nous sommes passés, le projet a été bien accueilli, le message est bien passé », a indiqué la représentante du Directeur Général de la CNSS.
AMU TNS : mode d’emploi
Le projet d’extension de l’assurance maladie à toute la population, parallèlement aux initiatives privées promues par les assureurs privés, trouve son support juridique dans l'Article 3 du Code de la Santé Publique du Togo qui dispose que « la protection et la promotion de la santé de toute la population, ainsi que les soins et services de santé, sont la responsabilité de l'État togolais », a indiqué Tchao Assiou, directeur du département de l’AMU à la CNSS. C’est une responsabilité régalienne que l’Etat assure progressivement, notamment avec l’intégration des travailleurs non-salariés dans le dispositif de couverture santé universelle, depuis octobre 2025.
Le projet, qui fait l’unanimité, en témoigne la massive adhésion qu’il suscite à la faveur de la campagne d’information et de promotion engagée sur le territoire, s’adresse aux travailleurs non-salariés, ceux qui n’ont pas de revenu fixe à la fin du mois.
Pour bénéficier des prestations servies au titre de l’AMU, ceux-ci sont, sur une base volontaire, appelés à verser les contributions forfaitaires décidées par le gouvernement. Ainsi, 10 000 F chaque mois, 28 500 F pour un paiement trimestriel, 54 000 F semestriel et 102 000 F annuel, soit par paiement mobile, par carte bancaire ou au siège de la CNSS.
Les ayants droit et les prestations servies
Après cotisation et enrôlement via le portail dédié, le travailleur indépendant ou exerçant son travail dans un cadre non formalisé, devenu souscripteur, sa conjointe, et 4 enfants âgés de moins de 21 ans soit six (6) personnes au total, bénéficieront de la prise en charge de l’AMU, selon le panier de soins, de la consultation aux soins ou à l’hospitalisation suivant les quotités suivantes : 80% pour la CNSS et 20% pour l’assuré et sa famille bénéficiaire. Ceci, à l’issue d’une période de carence de 03 mois, a précisé Claire Assima, médecin conseil à l’AMU à la CNSS.

Sont exclues de la couverture AMU, les prestations médicales au titre des actes à visée esthétique, des soins à l’étranger, des produits de confort ou non-inscrits sur la liste des produits de santé essentiels, des actes médicaux, chirurgicaux ou pharmaceutiques non prévues dans le panier de soins…ou encore des soins dans des structures non conventionnées, sauf dérogation prévue par les textes…
La session d’information a en outre permis, entre autres, de dresser l’historique de la CNSS, passée du statut d’un établissement public à celui d’une institution de droit privé gérant un service d’utilité publique et d’embrayer sur la transformation digitale de cette institution (objectif zéro papier), en alignement total avec la vision des autorités togolaises de digitaliser 75% des procédures administratives. A sa genèse en 1956, elle était connue comme la Caisse de compensation des prestations familiales, a souligné Lassimalaba Gnitou, directeur du recouvrement et de l’immatriculation. Les branches de la protection sociale couvertes par la CNSS sont : la maternité, famille, la vieillesse, l’invalidité, les décès, les risques professionnels (accidents du travail et maladie professionnelle), soit sept sur les neuf qu’exige l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Défis et perspectives
Bien qu’un important palier ait été franchi avec le lancement de la campagne promotionnelle de l’AMU TNS et que la prise en charge soit prévue pour être opérationnelle à partir de janvier 2026, l’objectif à terme, reste d’atteindre l’universalité, avec la prise en compte des personnes vulnérables. Un chantier qui reste entier et très capital dans ce cheminement vers l’AMU qui vise à « garantir à tous les résidents au Togo, l’accès aux soins de santé essentiels ».
D’ici-là, le défi consiste à préserver les acquis de l’AMU et à engager une lutte farouche, tant individuellement que collectivement contre la fraude afin de garantir la pérennité de l’existant et d’atteindre la cible finale du projet : les couches vulnérables.
S.A
La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a engagé un nouveau partenariat avec la République de Colombie, dans un contexte de renforcement des relations économiques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine.
L’accord de principe, sous forme de protocole d’entente (MoU), a été acté le mardi 9 décembre 2025, à l’occasion de la visite à Lomé de la Vice-Présidente colombienne, Francia Elena Márquez Mina, reçue au siège de la BIDC. Les discussions ont abouti à la décision d’élaborer un cadre de coopération opérationnel destiné à structurer les échanges entre les deux parties.
Ce dispositif vise le développement de projets conjoints, le partage de connaissances et la mobilisation de ressources financières autour de secteurs jugés prioritaires. Parmi eux figurent l’agroalimentaire à forte valeur ajoutée, avec un accent sur la résilience climatique, ainsi que les technologies de l’information et de la communication, considérées comme des leviers de croissance inclusive.
Ces échanges interviennent en marge de la présence de la Vice-Présidente colombienne à Lomé, au neuvième Congrès panafricain organisé cette semaine.
A noter que la Vice-Présidente colombienne avait également été reçue par le président togolais, Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové. Leurs échanges avaient porté sur la coopération Sud-Sud, le panafricanisme et les réformes du multilatéralisme.
Ayi Renaud Dossavi
Ecobank Togo figure parmi les six filiales du groupe Ecobank distinguées « Banque de l’année 2025 » par le magazine The Banker, lors de la cérémonie des Bank of the Year Awards tenue en début de ce mois (le 3 décembre) à Londres.
Cette reconnaissance place la filiale togolaise aux côtés d’Ecobank Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Gambie et Guinée.
Décernés par The Banker, publication du groupe Financial Times, ces prix comptent parmi les références du secteur bancaire mondial. Ils évaluent notamment la solidité financière, la performance opérationnelle, la qualité de service et la capacité d’innovation des établissements récompensés sur leurs marchés respectifs.

Pour la filiale dirigée par Estelle Komlan, cette reconnaissance s’inscrit dans un environnement bancaire national plus concurrentiel, marqué par le développement rapide des services digitaux, ainsi qu’un intérêt grandissant pour les solutions de financement destinées aux entreprises comme aux particuliers.
Au niveau du groupe, ces récompenses coïncident avec la célébration des 40 ans d’Ecobank.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, le taux d’inflation a poursuivi sa tendance baissière en novembre 2025. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques, l’inflation s’est établie à 0,5 %, contre 0,6 % en octobre. Le niveau reste nettement inférieur au plafond de 3 % fixé par l’UEMOA au titre des critères de convergence macroéconomique.
Depuis fin 2024, l’inflation togolaise évolue en dessous de ce seuil régional. Sur la période de décembre 2024 à novembre 2025, le taux est passé de 2,9 % à 0,5 %, traduisant un ralentissement continu de la hausse des prix à la consommation.
Ces données ont été présentées aux acteurs des médias le jeudi 11 novembre 2025 par le top manager de l’INSEED, Gently Akoly, à l’occasion d’un point de presse.

Rapelons que l’inflation correspond à l’augmentation générale des prix des biens et services. Lorsqu’elle progresse, le pouvoir d’achat des ménages se réduit, car une même somme permet d’acheter moins. À l’inverse, une inflation faible ou en baisse contribue à stabiliser le panier de consommation, tout en donnant aux autorités économiques des marges d’action pour soutenir l’activité et protéger les ménages.
En novembre, la dynamique des prix a toutefois été influencée par une baisse de l’offre de certains produits agricoles vivriers, observée aussi bien dans les zones agricoles du nord que du sud du pays. Cette contraction de l’offre a entraîné une légère hausse des prix de la division « produits alimentaires et boissons non alcoolisées », une catégorie de dépense importante pour les ménages, contribuant marginalement à l’évolution du niveau général des prix.
Parmi les produits ayant exercé une pression haussière figurent notamment l’igname, l’oignon frais, le piment vert, l’huile de palme traditionnelle, le charbon de bois ainsi que les transports urbains.
Dans le pays, l’INSEED attribue la maîtrise globale de l’inflation à une combinaison de mesures économiques, incluant le soutien à la production agricole, les politiques de stabilisation des prix des biens de grande consommation et les dispositifs d’appui aux ménages.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo et la France ont lancé un nouveau projet de coopération dans le domaine de la gouvernance territoriale pour la période 2025-2027. D’un montant de 620 millions de francs CFA, soit environ 945 000 euros, l’initiative vise à consolider la décentralisation et à structurer une gouvernance territoriale fondée sur la coordination entre acteurs nationaux et locaux.
Le projet s’inscrit dans un contexte institutionnel marqué par la tenue des élections régionales en 2024 et municipales en 2025. Il vise notamment à prolonger les acquis du Programme d’appui au processus de décentralisation au Togo, mis en œuvre entre 2022 et 2024.
Sur le plan opérationnel, le programme repose sur trois axes. Le premier porte sur le renforcement des capacités de l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales, chargée du pilotage du Plan national de formation. Le deuxième vise à soutenir la Faîtière des communes du Togo dans l’animation de la coopération décentralisée et des échanges entre collectivités. Le troisième accompagne la montée en puissance des régions et des gouvernorats dans le cadre du processus de régionalisation.
Le dispositif prévoit des échanges d’expertise avec des partenaires français et africains, ainsi que des voyages d’études. Trois volontaires, dont un binôme franco-togolais, viendront appuyer les structures nationales impliquées.
Enfin, un partenariat entre l'Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT) et le Centre national français de la fonction publique territoriale viendra renforcer la coopération institutionnelle entre Lomé et Paris sur ce projet.
R.E.D.
L’Agence de Promotion des Investissements et de la Zone Franche (API-ZF) était à l’honneur le jeudi 11 décembre 2025 à la 20ᵉ Foire internationale de Lomé (FIL). À cette occasion, les responsables de cette structure ont présenté aux exposants issus de divers secteurs le rôle de la structure dans le développement économique du pays et dans la mobilisation des investissements étrangers.
Au cours d’une conférence publique, l’accent a été mis sur les atouts du Togo pour accueillir les investisseurs et favoriser la croissance de leurs activités. Les présentations ont notamment porté sur le port autonome de Lomé, son terminal en eau profonde, ainsi que sur l’aéroport international Gnassingbé Eyadema, qui se positionne comme un hub aérien régional. La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), le cadre juridique et fiscal attractif, ainsi que le climat des affaires jugé favorable ont également été mis en avant.
Selon les responsables de l’API-ZF, la stabilité politique du pays et sa position géographique stratégique restent des leviers essentiels pour mener des activités économiques et assurer la connexion avec les pays de l’hinterland.
L’agence a aussi encouragé les investisseurs à s’intéresser aux différentes communes du pays, qui disposent d’importants atouts naturels et d’opportunités d’investissement. Une démarche qui s’inscrit dans la dynamique de la décentralisation engagée par l’État et qui vise à stimuler le développement local.
L’exercice n’a pas seulement permis d’informer les visiteurs de la FIL sur les ambitions du Togo et l’engagement des autorités à faire du pays une destination privilégiée pour les opérateurs économiques. Il a également servi à inviter les investisseurs togolais à profiter des facilités offertes par l’exécutif pour la création d’entreprises. « L’API-ZF n’est pas là uniquement pour les investisseurs étrangers », a rappelé Sikpa Yawo, directeur général par intérim de l’API-ZF, soulignant la disponibilité de la structure à accompagner tous les porteurs de projets.
Esaïe Edoh
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« La prise de la pierre sacrée », connue localement sous l’appellation Ekpésosso, rituel majeur du nouvel an en pays guin, au sud du Togo, est désormais inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La décision a été actée ce jeudi 11 décembre à New Delhi, lors de la 20ᵉ session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
La délégation togolaise, conduite par le directeur de cabinet du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Kpayé Bakayota, a salué l’aboutissement d’un processus entamé il y a près de deux ans. Le dossier, préparé par la direction du patrimoine culturel, avait été soumis en février 2024 au secrétariat de la Convention de 2003. Il a ensuite fait l’objet d’une évaluation sur une période d’environ dix mois.
Avec cette inscription, Ekpésosso devient le troisième élément togolais à rejoindre la Liste, aux côtés du genre oral “Gèlèdè” et de la “Maïeutique”, issus de candidatures multinationales. Pour les communautés guin, cette reconnaissance marque une étape importante. Le rituel, jusque-là préservé au niveau local, acquiert désormais « un statut de bien culturel commun à l’humanité », bénéficiant d’un cadre renforcé de sauvegarde et de transmission, indique-t-on.
Selon le ministère de la Culture, cette consécration offre également de nouvelles perspectives en matière de partenariats, de valorisation et de visibilité internationale, avec de potentielles retombées pour le tourisme culturel.
Ekpésosso constitue l’une des étapes majeures du cycle rituel d’entrée dans la nouvelle année guin, Epé Ekpé. Une richesse symbolique que le Togo entend préserver et valoriser, avec l’appui de l’UNESCO et de partenaires internationaux.
Esaïe Edoh
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Au deuxième jour du 9e Congrès panafricain de Lomé, l’économiste togolais Kako Nubukpo a défendu l’idée d’une monnaie commune africaine, un chantier qu’il juge crucial pour accélérer l’intégration économique du continent. Intervenant lors d’un panel consacré aux enjeux économiques africains, l’ancien ministre a insisté sur les limites du cadre monétaire actuel et les réformes nécessaires pour soutenir la croissance à long terme.
Selon lui, l’absence de monnaie africaine freine l’essor du commerce intra-africain. « La première raison, c’est pour amplifier nos échanges. Il nous faudrait une monnaie africaine pour amplifier ce que nous attendons de la mise en place de la Zone de libre-échange continentale », a-t-il déclaré. Il estime également qu’une union monétaire renforcerait la compétitivité des économies africaines. « Il nous faut une monnaie qui nous permet de damer le pion au reste du monde », a-t-il ajouté.

L’économiste relie cette réforme aux besoins futurs du marché du travail africain. « Nous avons besoin d’une monnaie pour financer l’arrivée sur le marché du travail africain de 600 millions de jeunes dans les 40 prochaines années », a-t-il expliqué, soulignant l’urgence de mécanismes monétaires adaptés à cet enjeu démographique.
Si les nombreux débats autour de la monnaie en Afrique de l’Ouest francophone avec le FCFA ont abouti à des réformes au sein de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), notamment en ce qui concerne les réserves de change, il faut dire que la réalisation d’une monnaie régionale ouest-africaine (ECO) semble encore loin de se concrétiser. Le projet, souvent évoqué, traîne, confronté à plusieurs défis structurels et politiques.
Pour l’économiste, la mobilisation des fonds dans une approche panafricaine constitue également un levier important pour les pays du continent. Dans cette logique, Kako Nubukpo plaide pour la création d’une banque centrale africaine dotée d’un mandat centré sur la création d’emplois et le financement du développement. « Nos États ont besoin de ressources. Il nous faut une banque centrale qui finance les États », a-t-il indiqué.
Créer un Fonds panafricain financé par les taxes
L’ancien ministre propose d’accompagner les réformes monétaires par un Fonds panafricain destiné à soutenir les budgets des États les plus vulnérables. « Si nous faisons l’effort d’augmenter notre pression fiscale à hauteur de 2 % du PIB africain, nous n’aurons plus besoin de l’aide », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation accrue des ressources internes.
Si la proposition porte des promesses, notamment celle de renforcer la marge budgétaire interne, aujourd’hui limitée par des recettes publiques faibles qui représentent en moyenne 16 % du PIB en Afrique subsaharienne selon la Banque mondiale, elle se heurterait à des défis majeurs. L’outil pourrait contribuer à une plus grande solidarité intra-africaine, à condition d’une gouvernance rigoureuse. Une telle réforme demanderait en effet un consensus entre plus de 50 États aux structures fiscales hétérogènes, dans un contexte où la convergence des politiques fiscales reste limitée malgré les efforts de blocs comme l’UEMOA ou la CEDEAO.
Ayi Renaud Dossavi