Le Togo et deux voisins de l’AES, le Burkina Faso et le Niger, veulent se doter d’un système de transport intelligent pour fluidifier les échanges de biens et de personnes sur le corridor Lomé – Ouagadougou - Niamey. Un atelier technique de deux jours (du mercredi 3 au jeudi 4 décembre 2025), qu’organise l’Unité de Coordination du Projet du Corridor Économique (PCE-LON), sur financement de la Banque mondiale, s’est ouvert à cet effet à Lomé. Il s’agit de valider les rapports de différentes études en amont de ce projet.
L’étude technique en particulier, conduite par un consultant international pour le compte des trois pays membres du projet, définit l’architecture technique, les bases de données, les coûts estimatifs et le dossier d’appel d’offres nécessaires au déploiement du futur STI. Selon les documents examinés, le dispositif reposera sur l’intégration de technologies de géolocalisation, de systèmes d’information interconnectés, de collecte de données en temps réel et de mécanismes numériques de gestion du trafic. Le projet devra notamment intégrer les enjeux sécuritaires qui persistent sur ces axes, afin de garantir une circulation plus sûre pour les biens et les personnes.

Pour le Secrétaire général du ministère des Transports, Dr Michel Komlan Tindano, ce « système de transport intelligent représente un levier essentiel pour favoriser la fluidité du transit, la transparence des opérations et la digitalisation des procédures ».
L’objectif à terme est de réduire les tracasseries routières sur cet axe d’échanges de premier plan pour les trois pays, de limiter les contrôles redondants, d’améliorer le partage d’informations entre administrations et de fluidifier la circulation du fret entre Lomé, Cinkassé, Ouagadougou et Niamey.
En effet, le corridor constitue l’un des principaux axes logistiques pour l’hinterland burkinabè et nigérien, alors que près de 90 % des marchandises destinées au continent transitent par voie maritime.

Le projet STI s’inscrit dans la stratégie nationale visant à consolider le rôle du Port autonome de Lomé comme hub logistique régional. Il doit également appuyer les réformes engagées pour une mobilité plus sûre et réduire les coûts logistiques, un enjeu central pour la compétitivité des opérateurs régionaux.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 470 millions de dollars pour l’ensemble du corridor, dont 120 millions pour le Togo, le PCE-LON ambitionne d’améliorer la connectivité régionale et les infrastructures socio-économiques le long des trois capitales.
À l’issue des deux jours de travaux, les acteurs du transport, les administrations techniques et les organisations professionnelles ont été invités à formuler des recommandations pour finaliser les rapports et préparer la phase de déploiement. Le passage à la mise en œuvre opérationnelle du STI sera la prochaine étape pour renforcer ce corridor.
Ayi Renaud Dossavi
Une trentaine d’entreprises chinoises souhaitent renforcer leur présence au Togo et explorer des opportunités de collaboration avec les opérateurs locaux dans plusieurs secteurs d’activité. À la 20ᵉ Foire internationale de Lomé (FIL), lors de la journée dédiée à la Chine le samedi 29 novembre 2025, elles ont présenté aux opérateurs togolais les possibilités d’investissement, de partenariats industriels et de développement des échanges commerciaux bilatéraux.
Les entreprises chinoises intervenant dans divers domaines ont mis l’accent sur plusieurs secteurs clés : agro-industrie, équipements industriels, énergie, technologies, transport et textile. Leur démarche, indique-t-on, vise à promouvoir des partenariats commerciaux, encourager le transfert de savoir-faire et identifier des projets d’investissement structurants en adéquation avec les priorités de développement du Togo.
« Ces entreprises sont venues de loin avec la volonté sincère de promouvoir une coopération gagnant-gagnant. Elles souhaitent non seulement explorer de nouveaux marchés, mais aussi transformer leurs investissements et leur expérience en force motrice pour l’économie togolaise », a indiqué Wang Min, ambassadrice de Chine au Togo, lors de la rencontre. Elle a ajouté : « Notre présence à la 20ᵉ FIL est avant tout une opportunité pour approfondir les liens de coopération entre le Togo et la Chine ».
Alors que la Chine appuie le Togo dans plusieurs domaines de coopération, sa participation à la foire s’inscrit dans la volonté de renforcer davantage les relations économiques entre les deux pays, conformément aux accords conclus lors du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a annoncé mardi 02 décembre 2025 devant le Parlement réuni en congrès, l’examen prochain de mesures de grâce destinées à des détenus vulnérables.
Il a instruit à cet effet le ministre en charge de la Justice, Pacôme Adjourouvi, de lui soumettre « des mesures de grâce, élaborées sur la base des principes d’équité et de justice, concernant les dossiers des détenus plus urgents, en longue détention, de ceux qui ont commis des délits mineurs ou des détenus âgés, en fin de peine ou gravement malades ».
Le Président du Conseil a insisté cependant sur le fait qu’il ne s’agissait pas de relâcher la rigueur judiciaire. « Il ne s’agit en aucun cas de laxisme », a-t-il rappelé, précisant que les réformes engagées ne concernent ni les crimes de sang ni les atteintes graves à l’intégrité physique ou à la vie.
Notons que la mesure n’est pas une première dans le pays. En décembre 2024, une grâce exceptionnelle avait permis la libération de 1064 détenus en fin de peine, dans une démarche de cohésion sociale.
Dans le pays, le nouveau gouvernement souhaite désormais associer modernisation judiciaire, humanité et réinsertion. Ceci, tout en renforçant la lutte contre la corruption et pour l’accès équitable aux droits sur l’ensemble du territoire.
R.E.D.
A Lomé s’amorce cette semaine une nouvelle phase du projet « SCOPE Africa », une initiative régionale pour renforcer la sûreté et la sécurité des ports stratégiques d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Le projet a été lancé à la faveur d’un séminaire de deux jours, qui s’est ouvert hier mardi 2 décembre à Lomé, sous la houlette du Haut conseil pour la mer (HCM).
Selon le chef de cabinet du HCM, Penn Laré, la sécurisation des espaces maritimes dépasse les capacités d’un pays isolé. Il souligne que le projet s’appuie sur plus de dix ans de programmes structurants qui ont amélioré la coopération régionale. SCOPE Africa prévoit, entre autres, le renforcement de la conformité aux normes internationales, l’amélioration de la gestion des risques, la formation des acteurs portuaires avec un accent sur l’inclusion, ainsi que la consolidation des mécanismes de coordination et d’intervention.
Sa mise en place intervient alors que près de 90 % du commerce destiné au continent transite par voie maritime. Avec une croissance annuelle estimée à 7 %, les ports de la région occupent une place déterminante dans l’acheminement des marchandises, notamment vers les pays enclavés. Cette dynamique expose néanmoins les infrastructures à plusieurs risques : accidents industriels, trafics illicites, pressions environnementales ou menaces liées à l’instabilité régionale.
Financé par l’Union européenne et mis en œuvre avec Expertise France et Enabel, le projet intervient dans un contexte de croissance du commerce maritime et de pressions sécuritaires croissantes.
Pour Bruxelles, représentée par l’ambassadeur Gwilym Ceri Jones, SCOPE Africa constitue un volet opérationnel de la stratégie « Global Gateway » de l’UE. Dix ports ont été sélectionnés, dont Lomé, Dakar, Abidjan, Lagos et Douala.
L’objectif à terme est de fluidifier les échanges, renforcer les corridors stratégiques et soutenir l’intégration économique régionale.
Les travaux engagés à Lomé doivent permettre de préciser les mécanismes opérationnels du projet et d’évaluer les besoins des ports ciblés. Une visite au port autonome de Lomé, plateforme majeure du Golfe de Guinée, est également inscrite à l’agenda.
L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) va accompagner le Togo à travers un Programme de Partenariat Pays (PCP) couvrant la période 2026-2030. Un accord fixant le cadre d’intervention a été signé entre le Togo et l’agence onusienne en marge de la 21ᵉ Conférence générale de l’Organisation, tenue du 23 au 27 novembre 2025 à Riyad (Arabie Saoudite), en présence de Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, et d’Arthur Lilas Trimua, ministre délégué chargé de la Promotion des investissements.
Ce programme vise à appuyer le Togo dans la mise en œuvre de ses priorités nationales en matière de développement industriel et en cohérence avec les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 9 consacré à l’industrialisation, à l’innovation et aux infrastructures. Le PCP se concentrera sur plusieurs axes : le renforcement de la gouvernance industrielle, le développement du capital humain et des compétences techniques, ainsi que le déploiement de solutions énergétiques et environnementales durables.
Le Togo a signé avec l’ONUDI le Programme de Partenariat Pays (PCP–Togo 2026–2030), un cadre stratégique pour soutenir l’industrialisation, la montée en compétences, les chaînes de valeur et la transition énergétique.#Industrialisation #Investissement #ONUDI pic.twitter.com/DqmGZQk9h6
— Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco. (@Promo_InvestTg) November 28, 2025
Le programme met également l’accent sur la promotion des chaînes de valeur agro-industrielles, un segment qui se révèle stratégique pour la transformation locale des produits agricoles, et sur l’aménagement du parc industriel d’Agbélouvé en prévision.
« Le PCP offre un appui sur mesure, fondé sur les priorités du Togo. Il s’inscrit dans une dynamique de transformation structurelle de l’économie nationale », avait indiqué récemment à Lomé Tidiane Boyé, représentant régional de l’ONUDI pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et le Togo.
Pour le gouvernement togolais, ce partenariat constitue un levier essentiel visant à accélérer la transformation industrielle du pays. Il devrait contribuer à stimuler l’investissement, moderniser les chaînes de production et renforcer la compétitivité du secteur manufacturier national.
Avec ce nouveau cadre, Lomé entend renforcer son attractivité pour les investisseurs, accélérer la mise en œuvre de projets industriels structurants et positionner le Togo comme une plateforme régionale de production et d’exportation.
Esaïe Edoh
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Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a pris la parole devant le Congrès (rassemblant le Sénat et l’Assemblée nationale), ce mardi 2 décembre 2025, pour son discours sur l’état de la nation.
Le propos, qui a permis de présenter les fondements politiques, institutionnels et économiques de la Ve République, marque un moment crucial dans la transition vers un régime parlementaire moderne et met l’accent sur une “gouvernance orientée vers les résultats”.
Plusieurs messages forts se dégagent de cette intervention. Pour Faure Gnassingbé, la réforme constitutionnelle installe un régime parlementaire, présenté comme un tournant historique pour la démocratie togolaise. Le Président du Conseil insiste sur un changement profond de culture politique, fondé sur la redevabilité, la proximité et la transparence.
Trois priorités structurent l’action du gouvernement, protéger, rassembler, transformer. L’exécutif promet une gouvernance de résultats, avec des ministres responsables, des objectifs mesurables et un pilotage plus rigoureux des politiques publiques.
Sur le plan économique, la priorité est donnée à l’infrastructure, à l’innovation, au capital humain et à l’équité territoriale. Le chef de l’État met en avant une diplomatie active, centrée sur la stabilité régionale, l’intégration africaine et la mobilisation de la diaspora.
L’intervention du Président du conseil se veut à la fois institutionnelle et programmatique. Il inscrit la Ve République dans une ambition de modernisation politique, de cohésion nationale et d’accélération économique.
Discours complet du Président du Conseil
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur le Président du Sénat, Mesdames et Messieurs les présidents des institutions de la République, Mesdames et Messieurs les membres du Congrès, Monsieur le ministre des Relations avec le Parlement et les institutions, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique, consulaires et des organisations internationales, Monsieur le chef d’état-major général des Forces armées togolaises, Messieurs les officiers, Mesdames et Messieurs les gouverneurs de région, Messieurs les préfets, Mesdames et Messieurs les maires, vénérés chefs traditionnels, garants de nos us et coutumes, Mesdames et Messieurs les professionnels des médias, distingués invités, Mesdames et Messieurs,

C’est avec une profonde fierté et un sens aigu des responsabilités que je me tiens aujourd’hui devant vous, à cette tribune. Par la confiance de la majorité parlementaire, j’ai l’honneur d’assumer les fonctions de Président du Conseil pour conduire, avec vous, l’action publique dans une nouvelle étape de l’histoire de notre pays. Nous construisons aujourd’hui, ensemble, une République nouvelle, une République d’équilibre, une République d’avenir.
Cette République est celle que nous avons voulue en adoptant une réforme constitutionnelle d’envergure qui fait de notre pays une démocratie parlementaire moderne. Je voudrais partager avec vous une vision pour le Togo de demain, évoquer les implications de ce nouveau régime parlementaire et définir le cadre d’action du nouveau gouvernement. Pour cela, je veux aborder cinq sujets.
Le premier, c’est qu’en renforçant la démocratie parlementaire, nous entrons dans une nouvelle ère politique et institutionnelle. L’adoption de la Ve République marque un tournant historique pour notre pays. La République togolaise entre dans une nouvelle ère institutionnelle, celle d’un régime parlementaire moderne, apaisé et équilibré.
Cette évolution, voulue et adoptée par le Parlement, incarne notre ambition collective de renforcer la démocratie, d’approfondir l’État de droit et d’ancrer toujours davantage nos institutions dans la volonté du peuple togolais. Ce changement consacre un principe simple : c’est désormais ici, dans cette Assemblée, que se détermine la politique de la Nation.
Et c’est ensemble, parlementaires et exécutif, que nous porterons la voix et les priorités de notre peuple. Je tiens, à ce propos, à saluer l’esprit de responsabilité et de consensus qui a prévalu lors de cette réforme. Elle s’est faite sans rupture, sans fracas, avec pour seule boussole l’intérêt supérieur de la Nation.
Elle a été rendue possible par une culture du dialogue que nous avons su cultiver depuis des années, dans un contexte régional qui, trop souvent, pousse à la division. J’insiste aussi sur le fait que ce nouveau régime parlementaire que nous avons institué n’est pas une réforme technique. C’est une révolution de l’esprit public.
Et ce n’est pas un changement abstrait. C’est une transformation de notre démocratie qui va avoir des conséquences concrètes pour nos concitoyens. Avec la Ve République, nous avons fait le choix d’un régime parlementaire moderne, efficace et représentatif.
C’est un changement dans la manière dont nous concevons l’exercice du pouvoir, plus proche, plus équitable, plus redevable. Et cela consacre une avancée majeure pour la décentralisation.
Le Sénat, désormais en place, porte la voix des territoires dans les décisions nationales. Les conseils régionaux, qui ont été élus pour la première fois, incarnent la volonté des citoyens dans leur diversité. C’est le socle d’un État plus proche, qui reconnaît la pluralité des réalités locales et valorise les initiatives issues du terrain.
Ce changement d’échelle impose aussi un nouveau regard sur les inégalités. Les disparités d’accès aux services de base, aux infrastructures, aux opportunités ne sont plus acceptables. La République que nous construisons doit garantir l’égalité des chances, quelle que soit la région, quel que soit le milieu.
Notre gouvernance devra aller vers ceux qui sont éloignés du centre, non l’inverse. Cette nouvelle ère est donc une victoire pour la démocratie togolaise, mais c’est surtout un appel à l’action. Et c’est mon deuxième point.
Une République parlementaire, c’est un appel à l’action collective, avec de nouveaux rôles et de nouvelles responsabilités pour chacun d’entre nous. Nous, parlementaires, en tant que Président du Conseil, je mesure pleinement les exigences de ce nouveau rôle.
J’ai reçu du Parlement la mission de conduire la politique de la Nation. Cela exige de la méthode, de la clarté et du courage. Mais cette responsabilité est également la vôtre, car désormais davantage de décisions majeures se prennent ici.
La majorité parlementaire porte, avec moi, la responsabilité de l’action ; l’opposition a celle de la vigilance et de la proposition. Tous, nous sommes les artisans du pacte démocratique qui doit nous unir dans la conduite du changement. Nous ne devons pas nous méprendre sur le sens de la réforme que nous venons d’adopter.
Elle ne consiste pas seulement à redistribuer les fonctions entre institutions. Elle implique un véritable et profond changement de culture politique, avec plus de débats, plus de redevabilité, plus de transparence, plus de proximité avec les citoyens. Dans cette nouvelle République, chaque parlementaire est plus que jamais comptable devant le peuple.
Chaque territoire doit se reconnaître dans les politiques publiques. Chaque citoyen doit sentir que sa voix compte et que son sort est pris en compte. Dans une République parlementaire, aucune transformation durable ne peut reposer sur un seul homme ou sur un seul pouvoir.
C’est une dynamique partagée, un contrat de confiance entre l’exécutif et les élus du peuple. C’est pourquoi le rôle du Parlement change. Il ne se limite plus à voter les lois et à contrôler l’action du gouvernement.
Il devient une instance de décision stratégique, un espace de convergence des idées, un moteur d’impulsion démocratique. C’est dans cette instance que se forgeront, se débattront et s’affirmeront l’intérêt général. À vous, parlementaires, revient la responsabilité historique de faire vivre cette démocratie parlementaire.
À vous revient le devoir de vigilance, de construction et d’écoute. Nous avons besoin d’un Parlement actif, respecté, respectueux. Un Parlement capable de contrôler, de proposer, mais aussi d’accompagner.
J’en arrive à mon troisième point. Trois priorités doivent guider notre action : protéger, rassembler, transformer.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur le Président du Sénat, Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Fidèle à l’esprit de la réforme, l’action de mon gouvernement s’organisera autour de trois axes majeurs. La protection des Togolais, la souveraineté du Togo et son rayonnement diplomatique, c’est la responsabilité de protéger. La consolidation républicaine, la cohésion nationale et la décentralisation, c’est la volonté de rassembler. Et le développement économique et social, c’est l’ambition de transformer.
Alors que nous arrivons au terme de la feuille de route gouvernementale 2025, ces trois axes s’inscrivent dans la continuité de notre action, mais aussi dans une ambition renouvelée : faire de la Ve République la République des résultats. Je commence par la sécurité, la stabilité et le rayonnement de notre pays.
Notre première priorité sera de protéger. Protéger notre pays, protéger les citoyens, protéger l’État, protéger la stabilité et l’équilibre de la sous-région. Dans un monde marqué par l’instabilité, par les menaces sécuritaires, par les chocs climatiques ou économiques, la mission première d’un gouvernement responsable est de garantir la sécurité, la stabilité et la résilience.
Sécurité des citoyens, stabilité des institutions et paix sociale. Tout commence là. Notre engagement restera total pour défendre l’intégrité du territoire, protéger les populations et renforcer la résilience des communautés.
La montée des périls régionaux, notamment au nord du pays, nous oblige à poursuivre et à intensifier notre stratégie globale de sécurité, fondée sur la prévention, la diplomatie et le respect des droits. Cette stratégie combine sécurité de proximité, résilience communautaire et développement intégré. Cela signifie renforcer nos capacités de défense, protéger les populations vulnérables et tendre les filets sociaux, garantir l’accès aux soins, à l’eau, à l’énergie et à l’éducation.
La République togolaise doit être un rempart contre la précarité, l’injustice et la violence, où qu’elle se manifeste. Le Togo poursuivra sa diplomatie de stabilité et d’influence. Cette diplomatie active est un levier de rayonnement, mais aussi de protection de nos intérêts.
Dans le nouveau monde qui émerge, la souveraineté de notre pays se renforce aussi par l’interdépendance choisie, par la capacité à parler d’une voix africaine forte sur les grands enjeux globaux. La voix du Togo portera pour la paix, l’intégration régionale, le panafricanisme moderne et les partenariats stratégiques en lien avec la diaspora et les acteurs économiques. Notre pays joue déjà un rôle reconnu de médiateur sur le continent africain, de partenaire fiable pour la paix, de voix constructive pour l’intégration régionale et dans les instances multilatérales.
Avec le soutien du Parlement, le gouvernement va maintenir le Togo dans cette posture choisie de stabilité, de dialogue et de coopération. Nous poursuivrons notre engagement pour la stabilité régionale, pour le dialogue entre les États africains, pour la mobilisation des diasporas et pour la construction d’un panafricanisme moderne et ouvert. Cette ambition internationale n’est pas déconnectée de notre projet national.
Elle vient soutenir nos objectifs de développement et valoriser notre jeunesse et notre diaspora. Nous ancrerons notre diplomatie économique dans cette ambition. Il s’agit de soutenir des investissements responsables, de diversifier nos partenariats et de faire du Togo un acteur de confiance, notamment dans les secteurs de la sécurité, du numérique, de la transition énergétique et de la logistique continentale.
Ensuite, pour protéger la Nation, il faut qu’elle soit unie. La deuxième priorité sera donc de rassembler. Le deuxième axe est donc politique.
La République parlementaire que nous avons fondée doit être une République d’équité. Et pour cela, elle doit s’enraciner dans une culture démocratique renforcée. Nous allons donc affirmer notre leadership républicain et la cohésion nationale à travers l’inclusion.
La décentralisation n’est pas un slogan, c’est une dynamique vivante à consolider. Dans une démocratie parlementaire, la cohésion nationale ne se décrète pas. Elle se construit chaque jour par le respect mutuel, le dialogue, l’écoute, la justice.
Rassembler, cela veut dire gouverner pour tous les Togolais, sans exclusion, sans privilège, sans complaisance. Cela veut dire encourager la participation citoyenne, renforcer la transparence, promouvoir l’équité territoriale. C’est dans l’unité, dans la loyauté institutionnelle et dans la confiance entre les citoyens et leurs représentants que nous pourrons bâtir une République solide, vivante et digne de ce nom.
Cela implique de donner plus de place aux débats publics, d’encourager la participation citoyenne et de corriger les inégalités territoriales en valorisant le rôle des collectivités territoriales. Pour consolider le leadership républicain, notre ambition doit être de construire une République d’équité et de proximité. Une République moderne n’est pas seulement une République de procédures.
C’est d’abord une République d’équité, où chaque citoyen, où qu’il vive, a un égal accès à des droits fondamentaux : l’éducation, la santé, l’eau, l’énergie, la sécurité. C’est aussi une République de proximité, où l’État est présent, attentif, à l’écoute des réalités locales.
C’est cet idéal que nous poursuivons avec la décentralisation, en renforçant les moyens d’action des collectivités, en soutenant l’investissement local et en rapprochant la décision publique du terrain. Pour cela, mon gouvernement accompagnera les collectivités régionales et communales pour qu’elles deviennent de véritables pôles de décision et de développement. Une République d’équité, c’est aussi une République qui sait reconnaître la diversité des territoires, mais refuse l’inégalité des chances.
C’est pourquoi le gouvernement veillera à ce que chaque projet national tienne compte des déséquilibres territoriaux pour les corriger. Qu’il s’agisse de routes, d’écoles, d’infrastructures ou d’accès aux services numériques, la géographie ne doit plus être un facteur de destin. L’État ne peut pas tout faire de lui-même.
Il doit faire confiance aux acteurs locaux, les soutenir, les accompagner. Les régions, les communes, les conseils territoriaux deviennent désormais les premiers partenaires de la politique nationale. Ce n’est plus seulement depuis l’exécutif que les politiques publiques seront définies.
Ce sont vos territoires, vos électeurs, vos propositions qui doivent nourrir l’action de l’État. C’est pourquoi nous devons, nous aussi, dans ce Parlement, donner l’exemple du rassemblement. Rassembler, cela veut dire aussi dépasser les clivages politiques.
Dans une République parlementaire, l’opposition est une voix nécessaire, une vigie utile, une force de proposition que nous devons entendre. La démocratie ne s’accommode pas du monologue, elle s’enrichit du débat. Mon gouvernement tendra donc la main à toutes les forces représentées dans cette Assemblée et au Sénat.
Car c’est dans la diversité des opinions que nous construirons des politiques plus justes, plus efficaces, plus légitimes. La République parlementaire que nous avons choisie appelle à l’échange, à la confrontation respectueuse des idées, à la recherche du consensus quand c’est possible et du compromis quand c’est nécessaire. J’invite donc chacun, dans la majorité comme dans l’opposition, à faire vivre cet esprit, à débattre sans se déchirer, à critiquer sans dénigrer, à proposer sans exclure.
C’est ainsi que nous pourrons bâtir une culture politique plus apaisée, plus féconde, à la hauteur des exigences de notre peuple et de notre temps. Tous ces objectifs sont essentiels parce que les implications de cette réforme ne sont pas seulement institutionnelles. Elle a vocation à changer la vie des Togolaises et des Togolais au jour le jour.
C’est pourquoi la troisième de nos priorités sera de transformer. Transformer notre économie, nos territoires, nos services publics, notre administration. Il ne s’agit plus de gérer l’existant, mais de changer d’échelle.
En termes de développement économique et social, l’ambition est claire : produire des résultats visibles et mesurables. Le développement du pays doit s’accélérer pour que chaque Togolaise et chaque Togolais vive mieux, partout sur le territoire. Nous avons notre feuille de route.
Notre responsabilité, en tant que parlementaires, est d’accélérer les résultats visibles pour les populations, grâce à une gouvernance efficace, responsable et orientée vers l’impact. Le contexte est difficile, je le reconnais : crises climatiques, insécurité régionale, tensions géopolitiques, baisse de l’aide internationale. Mais notre résilience est réelle.
Notre croissance, bien que ralentie, reste solide. Notre cadre macroéconomique est sain. Nous devons désormais franchir un cap, d’abord en renforçant nos infrastructures, ensuite en investissant dans les secteurs porteurs, agriculture, logistique, industrie verte, et enfin en misant sur l’innovation et le capital humain.
Nous devons rendre notre économie plus compétitive, plus inclusive et mieux préparée aux défis du XXIe siècle. Cela passe par la transition numérique, la transformation agricole, l’industrialisation durable, l’adaptation climatique et la réforme de l’éducation et de la santé. Pour ce faire, mon gouvernement concentrera ses efforts sur dix grands chantiers, avec un objectif central : améliorer concrètement la vie des populations.
Éducation, santé, accès à l’eau, électricité, emploi des jeunes, sécurité alimentaire, inclusion financière, justice territoriale, transition écologique, digitalisation. Chaque axe sera l’objet d’un pilotage resserré et d’une redevabilité renforcée.
Une République forte, c’est enfin une République qui n’abandonne personne. Il faut que l’équité territoriale aille de pair avec une équité sociale renforcée. Les femmes, les jeunes, les travailleurs informels, les personnes vivant avec un handicap, les familles rurales doivent toutes trouver leur place dans la République.
Nos politiques de protection sociale, d’appui à l’entreprenariat, de couverture maladie universelle et d’éducation inclusive iront dans ce sens. L’inclusion ne sera pas un mot, mais une méthode.
C’est là le cœur du contrat social que nous voulons rebâtir : un État plus proche, plus juste, plus protecteur. C’est pourquoi je tiens aussi à redire ma conviction qu’il n’y a pas de République forte sans justice.
Nous poursuivrons résolument la modernisation de notre système judiciaire. Car moderniser la justice, c’est garantir à chaque citoyen un accès plus simple, une réponse plus rapide, une institution plus fiable. Pour cela, nous renforcerons les capacités humaines et institutionnelles de nos juridictions afin qu’elles puissent exercer pleinement leurs missions.
Une justice qui fonctionne, c’est une justice qui inspire confiance aux justiciables, qui protège les droits, qui assure la prévisibilité des décisions. C’est aussi une justice qui crée les conditions d’une sécurité juridique solide. Elle est indispensable à l’investissement, à l’entreprenariat et au développement économique de notre pays.
Dans cette perspective, j’instruis d’ores et déjà le ministre de la Justice à me soumettre des mesures de grâce, élaborées sur la base des principes d’équité et de justice, concernant les dossiers des détenus en longue détention pour des délits mineurs, ou des détenus âgés en fin de peine ou gravement malades. Mais je veux être clair : il ne s’agit en aucun cas de laxisme.
Les réformes que nous conduisons ne concernent ni les crimes de sang, ni les atteintes graves à l’intégrité physique ou à la vie. Pour ces actes, la rigueur restera la règle. Les mesures que nous proposons relèvent plutôt d’une exigence d’humanité, mais aussi du respect de nos engagements internationaux.
Nos établissements pénitentiaires doivent préserver la dignité humaine afin de permettre la réinsertion sociale des personnes qui recouvreront leur liberté. Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance. Elle se construit dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité.
Cette modernisation s’accompagnera d’une lutte continue contre la corruption, d’une transparence accrue et d’un effort déterminé pour que chaque Togolais ait accès aux droits, quel que soit son lieu de résidence ou sa condition sociale.
Mais définir ces objectifs ne fait pas tout. Il faut aussi penser à la manière dont on va les atteindre. Et cela m’amène à mon quatrième point.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur le Président du Sénat, honorables parlementaires,
Si la République change, la méthode de gouvernance doit aussi changer. La gouvernance que je propose repose sur la clarté des engagements, la redevabilité et la responsabilité partagée. Il ne s’agit plus seulement d’annoncer, mais d’exécuter.
Je veux que ce mandat soit jugé non sur ses intentions, mais sur ses résultats. Le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger sera un gouvernement d’action. Notre priorité sera l’efficacité.
Chaque ministre sera engagé sur des objectifs clairs, suivis, mesurés. Chaque projet doit avoir un calendrier, un budget, un responsable et un suivi. Nous nous engageons sur des cibles vérifiables.
Et un tableau de bord du gouvernement permettra un pilotage rigoureux et une communication transparente avec vous, représentants du peuple. C’est ainsi que l’évaluation deviendra une culture et la performance un impératif.
Mais au-delà des outils, c’est l’exigence d’exemplarité qui guidera notre action à tous. En ce qui nous concerne, les membres du gouvernement viendront devant cette Assemblée autant que nécessaire pour rendre compte, ajuster, corriger. Car c’est ainsi que se construit une République parlementaire, dans l’humilité du dialogue et la fermeté des engagements.
Gouverner de façon moderne ne consiste pas à imposer, mais à convaincre. L’heure est donc à une gouvernance de résultats, à une administration responsable et à un pilotage rigoureux. Dans un contexte de ressources rares et de fortes attentes, nous devons cultiver une discipline de gestion, une éthique du service public et une capacité à rendre des comptes.
Je l’ai dit, cette nouvelle République est une République d’équilibre, une République d’avenir. C’est une République d’équilibre parce qu’elle repose désormais sur une répartition plus juste et plus fonctionnelle des pouvoirs entre l’Assemblée nationale, expression directe de la souveraineté populaire, le Sénat, chambre des collectivités territoriales, et le gouvernement, désormais responsable devant vous, les parlementaires. C’est un équilibre qui protège la démocratie, prévient l’abus de pouvoir et rend chacun d’entre nous responsable et comptable de ses actes devant le peuple.
C’est une République d’avenir parce qu’elle doit répondre aux défis de notre époque. La paix, l’inclusion, le développement durable, l’innovation, ces défis n’admettent plus les solutions du passé. Ils exigent de nouvelles institutions, une gouvernance rénovée et une capacité collective à agir.
Voilà, chers parlementaires, ma vision pour le Togo de demain que je voulais partager avec vous aujourd’hui. Voilà ma vision pour le rôle de ce Parlement. Notre horizon ne s’arrête pas à la législature.
Il embrasse le destin d’un pays qui veut avancer sans laisser personne derrière. La réforme de nos institutions ne prend sens que si elle débouche sur un mieux-vivre pour nos concitoyens. Ce que nous construisons ensemble, c’est une économie plus diversifiée, une agriculture modernisée, une industrie compétitive, un secteur numérique inclusif.
C’est une diplomatie qui rayonne, un Togo qui agit pour la paix, qui mobilise sa diaspora, qui s’intègre pleinement dans l’Afrique des solutions. C’est une administration qui se transforme, un État plus agile, plus accessible, plus proche. Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement une République plus forte, c’est une République plus juste.
Ce n’est pas seulement une République mieux organisée, c’est une République qui tient ses promesses.
Je vous appelle donc à la mobilisation. Je vous propose un pacte, un pacte de loyauté envers la République, de solidarité envers nos concitoyens, de rigueur dans l’action.
La République est entre nos mains. Le régime parlementaire que nous avons choisi est à la fois un engagement collectif, une exigence partagée et une responsabilité individuelle pour chacun d’entre nous. La suite, chers parlementaires, c’est ensemble que nous allons l’écrire.
C’est ainsi que nous bâtirons cette République d’équilibre, cette République d’avenir. C’est à cela que je vais consacrer toute mon énergie.
Vive la République, vive le Togo et que Dieu bénisse notre pays.
Je vous remercie.
Les onze pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo, bénéficiaires du programme de surveillance syndromique mis en œuvre dans le cadre du Réseau intégré de la surveillance et du laboratoire (RISLNET) sont en réunion à Lomé. Cette rencontre, ouverte lundi 1ᵉʳ décembre 2025, vise à examiner le bilan des activités de surveillance réalisées cette année 2025.
Jusqu’au mercredi 3 décembre, les délégations présentes partagent dans la capitale togolaise la situation épidémiologique des pathogènes suivis, notamment les virus respiratoires, les arbovirus et les fièvres hémorragiques virales. Elles évaluent également les performances du réseau de surveillance sentinelle ainsi que les capacités opérationnelles des laboratoires nationaux.
L’agenda prévoit en outre la présentation de la stratégie régionale de transport des échantillons biologiques, ainsi qu’une analyse des défis et perspectives du réseau. Ces échanges doivent permettre à terme à l’Institut Pasteur de Dakar et à ses partenaires d’améliorer la qualité des données sanitaires et de renforcer la capacité des États à détecter, surveiller et répondre efficacement à la résistance antimicrobienne en Afrique de l’Ouest.
Les travaux contribueront enfin à renforcer le plaidoyer régional en amont de la Conférence ministérielle internationale sur la résistance antimicrobienne (RAM), prévue en juin 2026 à Abuja. Par ailleurs, un plan d'action sous régional sera élaboré à l’issue des travaux.
Il convient de rappeler que c’est depuis 2023 que l'Institut Pasteur de Dakar a mis en place en Afrique de l'Ouest, ce programme de surveillance syndromique avec la collaboration des ministères de la santé des Etats membres sous la coordination technique de l'Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) et de Africa CDC (Centers for Disease Control and Prevention) et de l'appui de la fondation Bill and Melinda Gates (BMGF) et le Fond Mondial.
Esaïe Edoh
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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA célébrée lundi 1er décembre 2025, les autorités togolaises et leurs partenaires ont présenté de nouveaux résultats qui confirment l’amélioration continue des indicateurs de dépistage, de traitement et de suppression virale dans le pays.
Selon les données du Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS) et d’Onusida, près de 98% des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut en 2024, contre 90% un an plus tôt. La couverture thérapeutique reste stable à 92%, tandis que 85% des patients suivis affichent une charge virale indétectable. Ces performances s’inscrivent dans la stratégie dite des « trois 95 », adoptée pour structurer la riposte nationale.
Les progrès sont également notés dans la prévention de la transmission mère-enfant. En 2024, 87% des femmes enceintes séropositives ont reçu un traitement antirétroviral, selon Onusida. Les données rappellent toutefois que la couverture pédiatrique demeure plus faible et nécessite des interventions ciblées.
En comparaison, la situation de 2023 montrait des niveaux inférieurs, avec 84% de personnes sous traitement et 76% de charges virales supprimées. Le recul des décès liés au Sida, passés de 6600 en 2010 à 2300 en 2023, illustre aussi l’impact des efforts engagés.
Ceci étant, ces avancées interviennent dans un contexte de baisse des financements internationaux. Le coordonnateur du CNLS, Vincent Pitche, évoque une « période de turbulence » susceptible de fragiliser les acquis. Plusieurs partenaires extérieurs ont revu leurs engagements, ce qui pose la question de la soutenabilité financière des programmes nationaux.
La priorité, selon les acteurs impliqués, est désormais de renforcer les ressources locales et d’assurer la continuité des services pour maintenir les progrès enregistrés et réduire les nouvelles infections.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le dispositif de justice de proximité continue de s’étendre. Le pays a en effet inauguré en novembre dernier deux nouvelles maisons de justice dans les localités de Kabou (Bassar) et Pagala (Blitta).
Ces ouvertures s’inscrivent dans l’effort national visant à rapprocher la justice des citoyens, en particulier ceux vivant loin des tribunaux. Les nouvelles structures deviennent opérationnelles à la suite des cérémonies d’installation des médiateurs-conciliateurs tenues les 24 et 27 novembre derniers.
Présidées par le directeur de cabinet du ministère en charge de la Justice, Kadanga Tchalim, les cérémonies ont rappelé le rôle de ces structures dans la facilitation de l’accès au droit.
Créées en 2018 par décret présidentiel, les maisons de justice servent d’intermédiaire entre les juridictions classiques et les populations. Elles offrent des services gratuits de médiation, de conciliation et d’information juridique pour les petits litiges. Leur mission inclut le règlement des conflits de voisinage, les différends de loyer, les affaires familiales ou foncières, ainsi que l’orientation des usagers.
Les résultats montrent une adoption croissante. Le nombre de saisines est passé de 3857 en 2022 à 5518 en 2024 dans les 16 maisons opérationnelles. Le taux de réussite des médiations-conciliations a atteint plus de 90 % pour la même année, contre 85,8 % en 2023, tandis que les recouvrements de créances effectués via ces structures ont plus que doublé sur la période considérée.
Ces nouvelles maisons de justice sont financées dans le cadre d’un programme d’appui soutenu par l’État togolais et la Banque mondiale. Les autorités appellent les communautés à s’approprier ces structures et à en faire usage pour régler leurs conflits de façon pacifique et abordable.
Alors que le Togo compte aujourd’hui autour de vingt Maisons de Justice, l’objectif déclaré est de poursuivre le maillage national pour couvrir davantage de communes.
R.E.D
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Le Togo a réceptionné vendredi 28 novembre 2025, une nouvelle cargaison de riz offerte par le Japon dans le cadre du programme Kennedy Round (KR), un mécanisme d’aide alimentaire destiné à soutenir les populations vulnérables et à renforcer la sécurité alimentaire. Le pays a reçu un volume total de 1625 tonnes de riz.
Conformément aux pratiques habituelles, cette cargaison sera entreposée dans les magasins de l’Agence nationale de la sécurité alimentaire du Togo (ANSAT) avant d’être mise à la disposition des populations sur toute l’étendue du territoire, à un coût abordable, principalement au profit des ménages démunis. Les recettes issues de la vente serviront à financer des projets de développement, notamment dans le secteur agricole.
Grâce à ce mécanisme, plusieurs initiatives ont déjà été financées, telles que l’aménagement des Zones agricoles planifiées (ZAAP) ou encore l’acquisition de matériel agricole, dont des tracteurs. « C’est un modèle qui permet de transformer une aide alimentaire en investissement durable pour les filières agricoles », soulignent les autorités togolaises.
Programme d’aide alimentaire porté par le gouvernement japonais, le Kennedy Round s’inscrit dans les instruments de coopération mis en place par le Japon pour soutenir ses pays partenaires. Depuis 2008, le Togo a déjà réceptionné plus de 33 000 tonnes de riz blanc au titre de ce programme.
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