La capitale togolaise, Lomé, accueille depuis ce lundi 8 décembre 2025 le 9ᵉ Congrès panafricain, une rencontre coorganisée par le Togo et l’Union africaine (UA). Les travaux ont été lancés par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, en présence de nombreuses délégations africaines et afrodescendantes.
La rencontre réunit jusqu'au vendredi 12 décembre 2025, près d’un millier de participants, parmi lesquels des ministres, diplomates, universitaires, représentants de la société civile, leaders de la diaspora et experts venus des différentes régions du continent africain et de ses diasporas.
Les échanges tourneront autour du thème : « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales». Selon le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, ce cadre de réflexion permettra d’aborder les enjeux liés à la souveraineté africaine et à la place du continent dans la gouvernance mondiale.
[LIVE] Cérémonie d'Ouverture du 9e Congrès Panafricain https://t.co/WIYJ8rZfZ2
— Diplomatie Togolaise (@DiplomatieTogo) December 8, 2025
Dans son allocution, Faure Gnassingbé a appelé à un sursaut collectif. « Pendant des siècles, nos peuples ont été dispersés, réduits au silence, orphelins de leur propre voix dans le concert des nations », a-t-il rappelé. Pour lui, ce 9ᵉ Congrès panafricain ne doit pas être perçu comme un simple retour sur le passé : « Ce n’est pas une commémoration. C’est une réaffirmation. C’est une reconquête. C’est un tournant. »
Pour Lomé, l’organisation de ce rendez-vous continental s’inscrit dans une dynamique de reconstruction et de rapprochement entre les peuples africains et afrodescendants, dans la perspective d’un panafricanisme renouvelé et adapté aux défis contemporains.
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Depuis sa création en 2011, l’Agence Nationale du Volontariat au Togo a mobilisé 80 694 volontaires nationaux sur l’ensemble du territoire. À ces effectifs s’ajoutent plus de 2500 volontaires internationaux engagés dans des missions communautaires, selon les données présentées lors de la Journée internationale des volontaires (JIV) célébrée le vendredi 5 décembre 2025 à Lomé.
L’ANVT avait déjà annoncé en 2022 avoir dépassé les 65 000 volontaires mobilisés depuis le lancement du programme. Cette même année, près de 8000 volontaires avaient été recrutés au premier trimestre, illustrant la progression continue du dispositif.
Le volontariat couvre plusieurs formes : volontariat de compétences, volontariat d’engagement citoyen, volontariat sénior et volontariat international de réciprocité. Ces cadres permettent d’appuyer des secteurs variés comme l’éducation, la santé, l’agriculture, la planification locale et la collecte de données.
Lors de la JIV 2025 à Lomé, les autorités ont souligné que ces missions renforçaient l’accès aux services sociaux de base, soutenaient l’insertion des jeunes et contribuaient à la mise en œuvre des politiques publiques.
Les échanges à l’occasion de la JIV 2025 ont en outre porté sur les perspectives de l’Année Internationale des Volontaires 2026, qui doit renforcer la visibilité et la structuration du volontariat au Togo.
R.E.D
Au Togo, le Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP) a dressé, le vendredi 5 décembre 2025, le bilan de ses activités. C’était à l’occasion de la deuxième réunion du comité technique de concertation, présidée par le ministre des Finances, Georges Barcola, en présence de son collègue de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki.
Selon les responsables du comité, le CCESP continue de jouer un rôle clé dans la transformation structurelle de l’économie nationale et dans la mise en œuvre des politiques de promotion du secteur privé. Plusieurs acquis ont été enregistrés au cours de l’année. Il s’agit notamment du gel temporaire des droits de douane sur les importations de logiciels, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, et de la révision de l’assiette de la taxe sur les entreprises de télécommunications et des technologies de l’information et de la communication (TETTIC).
Parmi les autres avancées figurent la suppression de la TVA sur les intrants du secteur de la pêche, de l’aquaculture et de l’élevage, afin de soutenir ces filières stratégiques, ainsi que la mise en œuvre de réformes destinées à accélérer les remboursements de crédits de TVA pour alléger les charges financières des entreprises. Le comité relève également l’instauration d’un échelonnement des droits d’enregistrement des marchés publics, au profit des TPME.
Pour le ministre des Finances, ces résultats sont obtenus grâce à la culture de dialogue fiscal instaurée entre l’État et le secteur privé. « Cet acquis doit être préservé et consolidé », a souligné Georges Barcola.
De son côté, le président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), Jonas Daou, a insisté sur l’importance de l’action collective, dans un contexte marqué par l’entrée du pays dans une nouvelle république. Faisant référence au message du président du Conseil, Faure Gnassingbé devant le Congrès, le président de l’AGET a relevé que dans la nouvelle République, « l’action collective et la collaboration entre les secteurs public et privé sont indispensables pour relever les défis et propulser notre pays vers un modèle de développement à la fois économiquement dynamique et socialement équitable », a-t-il déclaré.
Au cours de la séance, le comité s’est également penché sur les actions à mener pour renforcer la transparence, lutter contre la corruption et améliorer l’environnement des affaires, en vue de stimuler l’investissement et la compétitivité des entreprises au Togo.
Rappelons que le CCESP est créé en 2017 et a pour vocation d’instaurer le dialogue et favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les acteurs publics et privés.
Esaïe Edoh
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La startup Gozem, basée à Lomé, annonce une nouvelle étape dans son développement avec l’entrée de Belife Insurance (ancien Prudential) à son capital, dans le cadre de sa Série B (une deuxième phase de financement qui intervient dans le développement d’une entreprise et sert à accélérer sa croissance).
L’assureur, présent au Togo, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, cherche à accroître son ancrage dans les services digitaux et à toucher un public plus large en Afrique francophone.
Belife Insurance, issu du rachat des activités de Prudential, veut proposer des produits d’assurance simples et accessibles. Son investissement vise à accélérer la distribution de solutions couvrant les besoins des chauffeurs, commerçants et travailleurs informels, apprend-on. La Super App de Gozem, utilisée au Togo, Bénin, Gabon et Cameroun, est considérée comme un relais naturel pour cette stratégie.
Depuis 2018, Gozem a élargi ses activités du transport vers une offre intégrée comprenant paiement, livraison, billetterie et financement de véhicules. Il est attendu que l’arrivée d’un investisseur du secteur de l’assurance lui permette d’ajouter un volet supplémentaire à cet écosystème. Les deux entreprises y voient une opportunité d’étendre l’accès à des services encore sous-représentés dans la région.
Selon la direction de Gozem, cette prise de participation est un “partenariat stratégique” plutôt qu’un simple apport financier. Elle doit renforcer la capacité de la plateforme à proposer des services essentiels adaptés aux réalités locales, dans une logique de montée en échelle.
Réunis à Abidjan dimanche 7 décembre 2025, les ministres en charge de l’Énergie de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Bénin ont acté la création d’un cadre tripartite destiné à sécuriser l’approvisionnement régional en gaz naturel. La rencontre, appuyée par le groupe de la Banque mondiale, vient répondre à un défi énergétique commun aux trois pays côtiers dont la production électrique dépend de plus en plus du gaz.
C’est notamment le cas du Togo, représenté à ces travaux par le ministre Robert Koffi Eklo. Le pays fait face à une pression croissante sur son approvisionnement énergétique, avec des coûts de production élevés liés à l’usage de combustibles liquides. Le ministre a rappelé l’importance d’une coopération élargie et évoqué la création, à terme, d’une institution régionale du gaz sur le modèle du WAPP pour l’électricité.
Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a souligné l’intérêt d’une coordination régionale pour renforcer la crédibilité de la demande et améliorer les conditions de négociation avec les fournisseurs internationaux. L’institution se dit prête à accompagner les trois États, notamment via l’IFC et la MIGA.
Trois mesures clés
La déclaration finale prévoit trois axes prioritaires, à savoir mutualiser l’importation de GNL, créer sous un mois un groupe de travail technique chargé d’étudier le modèle opérationnel, puis structurer un projet jugé bancable avec l’appui de la Banque mondiale. L’objectif est de réduire les coûts, améliorer la sécurité d’approvisionnement et soutenir la transition vers des sources moins polluantes.
La Côte d’Ivoire, potentiel pôle gazier régional
Notons que la nouvelle dynamique ainsi engagée s’inscrit dans un contexte où la Côte d’Ivoire renforce rapidement son potentiel gazier, avec d’importantes ressources avérées. Le gisement Baleine (qui contient environ 3,3 trillions de pieds cubes de gaz), entré en production en 2023, alimente déjà des centrales électriques nationales. Une nouvelle phase d’exploration a démarré il y a quelques mois avec le navire de forage Deepwater Skyros, chargé de forer trois puits supplémentaires dans les zones Civette, Calao et Caracal.
En parallèle, un projet de gazoduc bidirectionnel reliant la Côte d’Ivoire au Ghana reste à l’étude. Les deux pays ont réaffirmé leur volonté d’avancer vers une interconnexion gazière qui servirait la production électrique, les engrais et l’industrie. Ce projet s’inscrira en ligne avec l’intégration énergétique régionale et pourrait, à terme, alimenter davantage le West African Gas Pipeline reliant le Ghana, le Togo et le Bénin.
Ce second pôle gazier en Afrique de l’Ouest diminuerait notamment la dépendance structurelle au gaz nigérian et renforcerait la diversification des approvisionnements pour le Togo et le Bénin.
Ayi Renaud Dossavi
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Le commerce entre la Chine et le Togo a connu une croissance « sans précédent » en 2025, avec une hausse de 56,4 % du volume des échanges sur les neuf premiers mois de l’année, a annoncé vendredi 05 décembre 2025 l’ambassadrice de Chine au Togo, Wang Min, lors d’une conférence de presse de fin d’année.
Selon la diplomate, les échanges bilatéraux ont atteint 4 milliards de dollars entre janvier et septembre, un niveau jamais enregistré. « Cette progression exceptionnelle reflète la confiance accrue entre nos deux pays et l’approfondissement de notre partenariat stratégique global », a-t-elle déclaré.
Les exportations togolaises vers la Chine affichent une performance encore plus marquante, en étant multipliées par cinq sur un an, soit une augmentation de près de 400 %. L’ambassadrice y voit le signe d’un « repositionnement du Togo dans les chaînes de valeur régionales et internationales », facilité par l’ouverture progressive du marché chinois aux produits africains.
Cette dynamique est soutenue par l’entrée en vigueur de la politique chinoise de tarif douanier zéro sur 100 % des catégories de produits africains admissibles, annoncée lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024. « Le Togo figure parmi les pays qui en bénéficient pleinement », a précisé Mme Wang.
L’un des dossiers les plus attendus concerne désormais l’accès du soja togolais au marché chinois, un processus décrit comme étant « dans son compte à rebours ». Si l’agrément sanitaire et les derniers protocoles techniques sont finalisés, le Togo pourrait devenir l’un des nouveaux fournisseurs de la Chine, premier importateur mondial de soja.
Cette perspective ouvrirait « une opportunité majeure pour les producteurs togolais », a estimé l’ambassadrice, évoquant des débouchés susceptibles de transformer l’appareil exportateur agricole du pays.
Pour Pékin, ces résultats confirment la montée en puissance du Togo dans sa stratégie de coopération en Afrique de l’Ouest. « Nos relations ont franchi un cap historique en 2025 », a résumé Mme Wang, jugeant que les deux pays disposent d’un « potentiel encore largement inexploité » pour les prochaines années.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, la région de la Kara pourrait bientôt abriter un parc industriel financé par la Chine. La mise en œuvre du projet était au cœur d’une rencontre d’échanges organisée en fin de semaine dernière à Lomé entre les autorités togolaises et une délégation d’investisseurs chinois.
Ce futur parc industriel devrait accueillir des activités dans l’agro-industrie, les énergies renouvelables, l’assemblage de machines agricoles, ainsi que la production de matériaux et d’équipements électriques. Selon la Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Johnson, qui a présidé la rencontre, cette initiative contribuera à « l’industrialisation du pays, à la création d’emplois qualifiés et à la transformation locale des richesses produites sur le territoire ».
Au nom du Président du Conseil, j’ai présidé une séance de travail avec une délégation d’investisseurs et de chefs d’entreprises chinois, venue au Togo explorer les opportunités d’un partenariat industriel d’envergure.⤵️ pic.twitter.com/vtQM9Efe58
— Sandra ABLAMBA JOHNSON (@SandraA_JOHNSON) December 6, 2025
Au cours des échanges, la délégation chinoise a examiné les contours du projet, qui devrait être concrétisé à travers un accord de partenariat ultérieur entre Lomé et Pékin, conformément à la volonté des deux pays de hisser leur coopération au plus haut niveau, une orientation réaffirmée lors du dernier Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024.
Ce projet à venir s’ajoutera aux nombreux programmes déjà soutenus par la Chine au Togo dans divers secteurs socio-économiques.
Alors que le Togo dispose déjà d’un parc industriel à Adétikopé (PIA), celui envisagé à Kara devrait servir de nouveau levier pour accélérer l’industrialisation du pays. Son annonce intervient quelques jours seulement après la signature d’un accord entre le Togo et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), en vue de la mise en œuvre d’un Programme de Partenariat Pays (PCP) pour la période 2026-2030. Ce programme met notamment l’accent sur la promotion des chaînes de valeur agro-industrielles et sur l’aménagement du futur parc d’Agbélouvé.
Esaïe Edoh
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Lancée en 2015, l'application DokitaEyes revendique aujourd'hui 45 000 utilisateurs et plus de 230 structures de santé partenaires. Son co-fondateur, Koffivi Agbetiafa, revient sur une décennie de développement dans un secteur où l'adoption reste le principal défi.
De coursiers d'hôpital à la plateforme numérique
L'origine de DokitaEyes remonte à 2014, avec la création de l'association : « Coursier d'hôpital ». Le constat de départ : les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes en situation de handicap peinent à naviguer dans le système de santé togolais. « Vous voyez une personne âgée qui doit faire la queue à chaque étape, achat de bon de consultation, une queue interminable dans la salle d'attente du médecin », explique Koffivi Agbetiafa. En Afrique, le respect envers les aînés est profondément ancré dans la culture, mais cette considération ne se traduit pas toujours dans les formations sanitaires, observe-t-il.

L'association a d'abord déployé des « facilitateurs médicaux » dans les centres de santé pour accompagner physiquement ces populations vulnérables. Ces agents prenaient en charge l'ensemble du parcours administratif : formalités à la caisse, accompagnement au laboratoire, achat de médicaments en pharmacie. Le dispositif a démarré dans 4 structures publiques avant de s'étendre à 20 établissements, incluant des centres privés et confessionnels.
La digitalisation est venue répondre à une demande croissante, notamment de la diaspora souhaitant suivre la santé de leurs proches au Togo. « On a pensé mettre en place une application qui permettait aux patients de renvoyer eux-mêmes leur propre suivi », précise le co-fondateur. Les patients pouvaient désormais signaler directement au prescripteur les effets secondaires d'un traitement, sans attendre la visite d'un facilitateur.
Un carnet de santé numérique contre la fragmentation des données
DokitaEyes s'attaque à un problème structurel du système de santé togolais : l'absence de continuité dans le suivi médical. « Le patient achète un carnet à l'arrivée à l'hôpital. Il ne reviendra pas avec ce même carnet à la prochaine consultation. À chaque consultation, il achète un nouveau carnet », observe Koffivi Agbetiafa. Cette fragmentation empêche les professionnels de santé de construire un traitement sur la base d'un historique fiable.
« On ne peut pas construire la santé individuelle et arriver à faire la prise en charge correctement lorsque le professionnel de santé fait un traitement à vue parce qu'il n'a pas eu accès à l'historique », selon le co-fondateur. Un médicament inefficace peut être prescrit à nouveau, une analyse récente peut être redemandée, générant des coûts supplémentaires pour le patient.
La plateforme centralise l'historique médical accessible via un QR code. Chaque patient crée son dossier de façon sécurisée et présente sa carte lors des consultations. Seul le prescripteur autorisé peut accéder aux informations. « Les patients n'ont pas accès au dossier des autres patients », précise Koffivi Agbetiafa, soulignant les mesures de protection des données mises en place.
L'application intègre désormais plusieurs fonctionnalités : prise de rendez-vous avec les facilitateurs médicaux, envoi d'ordonnances aux pharmacies partenaires, transmission des prescriptions aux laboratoires, paiement en ligne via Mobile Money et réception des résultats d'analyses directement dans l'application. Les résultats sont également transmis automatiquement au médecin prescripteur, garantissant un suivi complet du parcours de soins.
Un volet assurance maladie permet des compléments santé des patients auprès de l’AMU et des assureurs privés. La startup espère ainsi se positionner sur le déploiement de l'Assurance maladie universelle (AMU) ou des assureurs privés, actuellement en cours dans le pays. L'application calcule automatiquement les parts respectives du tiers payant et du ticket modérateur, simplifiant les démarches administratives.
Déjà, une nouvelle fonctionnalité permet de rechercher médicaments et analyses dans les structures partenaires situées dans un rayon de 5 km autour de l'utilisateur, avec paiement intégré.

Des résultats probants en zone rurale
Entre 2018 et 2022, DokitaEyes a déployé un projet de suivi communautaire ciblant les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans dans les zones reculées. Le constat initial était simple : lorsqu'une femme enceinte vit à plus de 5 km d'une unité de soins périphériques (USP), elle ne se déplace pas pour les consultations prénatales. Les enfants ne sont pas vaccinés.
Les agents de santé communautaire utilisaient l'application pour créer des dossiers patients directement à domicile. Ils renseignaient l'état vaccinal, le statut des consultations prénatales, les signes de danger liés à la grossesse ou les symptômes pathologiques observés chez les enfants. Ces informations étaient transmises en temps réel aux USP, permettant aux sage-femmes d'organiser des interventions dans les communautés.

« Nous avons suivi près de 15 000 femmes enceintes et il y a eu zéro décès », indique Koffivi Agbetiafa, alors que le taux de mortalité maternelle au Togo avoisine 401 décès pour 100 000 naissances vivantes. Le projet a également couvert près de 70 000 enfants de moins de 5 ans sur la période. « La digitalisation permet de sauver des vies », résume le cofondateur.
Le programme a toutefois ralenti depuis la fin de l'accompagnement des bailleurs. L'activité se poursuit avec un engagement réduit sur le terrain.
Une application accessible en ligne et hors connexion
L'une des forces de DokitaEyes réside dans son accessibilité. « DokitaEyes est accessible online et offline », souligne Koffivi Agbetiafa. Les utilisateurs en milieu urbain utilisent la version en ligne, tandis que les zones rurales, souvent mal couvertes par les réseaux, bénéficient de la version hors connexion. Les agents de santé communautaire travaillent avec cette application offline pour le suivi des populations excentrées à faibles compétences numériques.
Un modèle économique mixte
La plateforme propose des services gratuits, comme la demande de livraison de résultats d'analyses dans les laboratoires partenaires. Le patient paie uniquement la course de livraison. D'autres services sont payants : la prise de rendez-vous avec un facilitateur est facturée pour filtrer les demandes non sérieuses.
La création d'un dossier patient numérique coûte 2500 FCFA pour une carte virtuelle et 4500 FCFA avec carte physique à QR code. Ces tarifs permettent d'accéder à l'ensemble des fonctionnalités de digitalisation des soins chez les partenaires.
En ce qui concerne les ressources humaines, l'équipe varie selon les projets : une dizaine de personnes en période d'activité normale, jusqu'à 50 collaborateurs en temps plein lors des phases de déploiement intensif, sans compter les volontaires mobilisés sur le terrain. Le co-fondateur n'a pas souhaité communiquer sur le chiffre d'affaires.
L'adoption, principal obstacle
Dans son parcours, DokitaEyes a été finaliste du prix RFI Challenge App Afrique en 2016 et lauréat de plusieurs distinctions internationales. Le ministère de la Santé a accompagné le développement de la solution. La reconnaissance des professionnels de santé ayant exercé à l'étranger est souvent plus immédiate. « Ceux qui captent tout de suite ce dont on parle, ce sont ceux qui ont fait un peu l'Europe, qui ont vu comment ça se passe », note Koffivi Agbetiafa. Certains lui confient que la plateforme dépasse même des solutions connues comme Doctolib en France.
L'enjeu reste la généralisation de l'usage. « C'est très difficile de convaincre les professionnels de santé de passer à la digitalisation », reconnaît-il, évoquant les questions de formation, d'équipement et de cadre réglementaire. Les modules de digitalisation sont peu présents dans les cursus des facultés de médecine.
La protection des données mobilise désormais l'essentiel des ressources de l'équipe technique. « Aujourd'hui, on n'est plus sur le développement. La plupart de notre temps est consacrée à suivre les choses, à faire de la protection, à sécuriser », explique le co-fondateur.
Expansion régionale en vue
DokitaEyes est déjà présent au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire, et amorce son entrée au Bénin. Une implantation au Ghana a été mise en suspens faute d'équipe locale suffisamment structurée. L'objectif affiché : atteindre 4 millions d'utilisateurs d'ici deux ans, en s'appuyant sur l'expansion sous-régionale.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la campagne 2025-2026 de commercialisation du coton-graine a été lancée officiellement le jeudi 4 décembre 2025 dans la région des Savanes, au nord du pays. L’information a été rendue publique par la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) en collaboration avec la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC). Selon les deux entités, la campagne démarrera le 15 décembre 2025 dans la région de la Kara, puis le 10 janvier 2026 dans les Plateaux.
Durant cette période, les cotonculteurs procéderont à la mise en vente de leur production en partenariat avec la NSCT, qui mobilisera l’ensemble de la logistique nécessaire pour assurer une collecte efficace et un paiement rapide aux producteurs. « Les premiers dispositifs sont déjà déployés sur le terrain et les équipes sont mobilisés pour assurer une collecte rapide », ont indiqué la NSCT et la FNGPC.
La quantité de coton-graine à commercialiser provient essentiellement de la production de la campagne 2024-2025, qui s’est établie à 60 403 tonnes, en recul de 8,4 % par rapport à une prévision initiale de 66.000 tonnes pour la période.
Pour rappel, depuis la prise de contrôle de la filière par le singapourien Olam en 2020, la production nationale est restée en deçà du seuil des 60 000 tonnes, jusqu’à la campagne 2023-2024, marquée par un rendement de 67 000 tonnes et la campagne 2024-2025 dont la production s’est établie à 60.403 tonnes de coton graine.
Esaïe Edoh
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Alors que le Programme Bonne Gouvernance et Décentralisation (ProDeG), financé par l’Allemagne et mis en œuvre par la GIZ, arrive à son terme, un nouveau projet est en préparation pour prendre la relève : le Programme « Développement territorial intégré et bonne gouvernance », dont le démarrage est prévu en février 2026.
L’information a été rendue publique le jeudi 4 décembre 2025 à Lomé, lors d’une rencontre marquant la clôture de la 4ᵉ phase du ProDeG. Selon les responsables du programme, cette nouvelle initiative est déjà en phase de formulation, avec des discussions avancées entre l’Allemagne et les autorités togolaises.
Ce futur programme s’appuiera sur les acquis et les enseignements tirés de la phase IV du ProDeG, qui prendra fin le 31 janvier 2026. Il vise à renforcer davantage le processus de décentralisation au Togo.
Dans ce sens, l’ambassadeur d’Allemagne au Togo, Claudius Fischbach, a réaffirmé l’engagement de son pays à consolider les résultats obtenus et à soutenir la poursuite des réformes ainsi que le développement local durable.
« L’Allemagne entend poursuivre son engagement au Togo. La clôture du ProDeG IV n’est pas un désengagement. Notre coopération se poursuivra dans la décentralisation comme dans d’autres secteurs prioritaires », a assuré le diplomate, indiquant qu’une nouvelle orientation sera pleinement déployée à travers le projet « Développement territorial intégré et bonne gouvernance ».
Pour rappel, l’Allemagne demeure l’un des principaux partenaires du Togo dans le domaine de la décentralisation, un soutien actif depuis 2013.
Esaïe Edoh
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