Le 9ᵉ Congrès panafricain, plusieurs fois reporté en 2024, devrait finalement se tenir du 8 au 12 décembre 2025 dans la capitale togolaise, Lomé. Organisé par l’État togolais en collaboration avec l’Union africaine (UA), l’événement a été officiellement annoncé le dimanche 30 novembre 2025 par le ministère togolais des Affaires étrangères, qui a également lancé les inscriptions à cette rencontre.
L’édition 2025, qui se déroulera au Palais des congrès de Lomé, sera articulée autour du thème : « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir ».
Participez au 9e congrès panafricain en s'inscrivant via le site officiel https://t.co/YIv8RVcreJ
— Ministère des Affaires Etrangères ?? (@Maeiacte_Togo) December 1, 2025
l'Afrique vous appelle, Lomé vous accueille ! https://t.co/R6uEtEWP2g
Elle réunira des participants venus du continent, de la diaspora et des communautés afrodescendantes autour de plusieurs panels et échanges. Les discussions porteront sur les enjeux liés à l’avenir du continent et permettront de réaffirmer les principes fondateurs du panafricanisme.
La question des réparations pour les injustices historiques subies par les Africains sera également abordée. Les participants reviendront enfin sur les conclusions des conférences régionales préparatoires tenues dans différentes zones du continent.
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Au Togo, le coût budgétaire des dépenses fiscales s’est établi à 164,1 milliards FCFA en 2024, contre 143,2 milliards FCFA l’année précédente. Cette progression de 14,6 % représente 18,6 % des recettes liquides de l’État et 2,7 % du produit intérieur brut, selon un récent rapport.
Ces dépenses fiscales, qui correspondent aux renonciations à recettes consenties par le Trésor public au profit de certains contribuables ou secteurs d’activité, ont été évaluées sur la base de 695 mesures dérogatoires contenues dans différents textes juridiques. Parmi celles-ci, 506 ont pu être chiffrées, soit 72,8 % du total.

La TVA concentre près de la moitié du manque à gagner
La répartition par type d’impôt révèle une concentration marquée sur les taxes indirectes.
Sans surprise, la TVA représente à elle seule 70,3 milliards FCFA, soit 42,9 % du coût total des exonérations. L’impôt sur les sociétés arrive en deuxième position avec 42,8 milliards FCFA (26,1 %).
Viennent ensuite la redevance statistique (21,5 milliards FCFA, 13,1 %), les droits de douane (20,7 milliards FCFA, 12,6 %), la patente (3,7 milliards FCFA, 2,2 %) et les autres droits d’accises (3,1 milliards FCFA, 1,9 %).
L’impôt sur le revenu des personnes physiques, catégories revenus d’affaires et d’emploi (IRPP-RA/RE), ne pèse pour sa part que 1,4 milliard FCFA (0,8 %). Le prélèvement national de solidarité et la taxe foncière ferment la marche avec respectivement 0,5 milliard et 0,2 milliard FCFA.
Les entreprises, principales bénéficiaires

Dans le détail, les entreprises sont les principaux bénéficiaires des assouplissements de l’État en matière fiscale. Ces acteurs captent plus de la moitié des avantages fiscaux accordés, avec 50,6 % du total.
Les mesures profitant conjointement aux entreprises et aux ménages représentent 42,7 %. Loin derrière, l’administration publique et les entités d’utilité publique ne bénéficient que de 5,1 % des dépenses fiscales.
Rappelons que ces dérogations fiscales prennent diverses formes : exonérations, abattements sur le revenu imposable, crédits d’impôt ou réductions de taux. Pour l’État, elles constituent des instruments de politique économique et sociale visant à stimuler l’investissement, favoriser l’emploi et renforcer la protection sociale.
Ceci étant, elles représentent tout de même un manque à gagner pour le budget de l’État, ce qui impose un arbitrage constant entre les incitations fiscales et la nécessité de mobiliser les recettes publiques. Dans le pays d’Afrique de l’Ouest, les objectifs de mobilisation fiscale sont en hausse soutenue ces dernières années, portés par l’Office togolais des recettes, pour atteindre cette année 2025 la cible des 1 208,4 milliards FCFA.
Ayi Renaud Dossavi
La commune de Tchaoudjo 1, dans la région Centrale, s’est dotée d’une politique locale de gestion des déchets et d’assainissement. Le document a été lancé fin novembre dernier à Sokodé dans le cadre du projet Gestion des déchets au Togo (GEDEC), financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par Expertise France.
La politique communale, couvrant la période 2025-2035, prévoit des actions pour assurer une gestion efficace et durable des déchets, en impliquant l’ensemble des acteurs locaux. Elle concerne aussi bien les déchets solides que liquides, avec une planification des opérations de pré-collecte et un suivi rigoureux du transfert des déchets jusqu’au Centre d’enfouissement technique (CET).
S’agissant des déchets liquides, la démarche repose sur une collecte auprès des ménages et services, suivie d’un transfert vers la Station de traitement des boues de vidange (STBV).
Le document, qui s’étend jusqu’en 2035, fixe des étapes intermédiaires d’extension du service à fin 2027 et fin 2030, afin d’ajuster progressivement les actions engagées. À cet horizon, la commune ambitionne de collecter 85 à 90 % des déchets produits et de valoriser plus de 60 % des déchets plastiques et organiques.
Sur le volet assainissement, l’objectif est de garantir l’accès à des latrines vidangeables pour 90 % de la population et d’assurer le traitement de l’ensemble des boues collectées à la STBV.
Selon le maire de Tchaoudjo 1, Ouro Sama Mohamed Saad, cette politique contribuera à améliorer durablement le cadre de vie à Sokodé. « Toute la population sera impliquée dans la mise en œuvre. Nous allons conscientiser nos concitoyens afin de rendre notre ville propre », a-t-il indiqué.
Esaïe Edoh
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Au Togo, les biens culturels et touristiques des communes seront désormais davantage mis en valeur, afin de promouvoir la culture et le tourisme, en renforçant l’économie locale. Dans cette optique, une session de renforcement des capacités des points focaux sur la valorisation des biens culturels et touristiques s’est tenue en fin de semaine dernière à Lomé.
L’initiative, inscrite dans la stratégie nationale de marketing territorial, vise notamment à développer des mécanismes de conservation du patrimoine musical togolais au sein des mairies, à encourager l’installation de centres sportifs dans chaque municipalité et à dynamiser l’industrie culturelle et touristique locale. Pour y parvenir, les communes sont appelées à intégrer plus systématiquement la dimension touristique dans leurs Plans de Développement Communaux (PDC).
En prélude à l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée à la valorisation des biens culturels et touristiques, le ministre de la Culture, Isaac Tchiakpé, a invité les communes à recenser l’ensemble de leurs biens patrimoniaux.
Cette démarche intervient alors que le Togo multiplie les initiatives pour dynamiser son secteur touristique. Le pays travaille notamment au développement du tourisme d’affaires, avec la mise en place d’une plateforme numérique de réservation hôtelière pour les grands événements. Des efforts sont également en cours pour restaurer plusieurs sites touristiques, parmi lesquels le site historique de Kamina (à une vingtaine de kilomètres d’Atakpamé) ou encore le site du patrimoine culturel de Koutammakou.
Selon les données officielles, le secteur du tourisme contribue à environ 8 % du PIB national.
Esaïe Edoh
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Pour réduire les inégalités fiscales de genre, il faudrait permettre à la femme fonctionnaire de déclarer son époux comme charge dans le calcul de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), au même titre que l'homme peut le faire pour son épouse. Ceci est l’une des propositions fiscales formulées dans une note d'analyse publiée en milieu de cette année par la Direction générale du budget et des finances (DGBF) du ministère chargé de l'économie et des finances au Togo ; ceci en vue de corriger les disparités fiscales entre hommes et femmes au Togo.
En effet, actuellement, seul l'époux bénéficie de cet avantage fiscal dans le pays d’Afrique de l’Ouest. Une asymétrie que le ministère juge en contradiction avec les textes sur la parité et la prise en compte du genre dans l'administration publique.
Rappelons que le barème de l’IRPP (une taxe qui touche les personnes physiques exerçant des activités à but lucratif), prévoit une imposition progressive allant de 0% pour les revenus annuels inférieurs à 900 000 FCFA, à 35% pour ceux dépassant 10 millions FCFA, annuels.
Une asymétrie fiscale encore présente
Globalement, la plupart des mesures fiscales actuelles sont neutres au genre et ne réduisent pas les inégalités économiques entre Togolaises et Togolais, selon la note d’analyse.
Au-delà de cette proposition sur l’IRPP, le document suggère une réduction des taux de prélèvements douaniers pour les femmes commerçantes. Le prélèvement de l'Union Africaine (0,2% de la valeur en douane) pourrait être ramené à 0,1% pour les opératrices économiques.
De même, le prélèvement national de solidarité (0,5%) pourrait passer à 0,2% en faveur des femmes. Ces ajustements cibleraient le secteur informel, où les femmes représentent 54% des actifs.
Le document propose aussi une réduction spécifique pour les femmes assujetties à certains prélèvements liés aux importations, comme l’ajustement du taux de solidarité de la CEDEAO, afin de tenir compte de leur forte présence dans le commerce informel. Ces pistes visent à mieux adapter les instruments fiscaux aux réalités économiques des femmes, majoritaires dans les secteurs informel et agricole.
Budgétisation sensible au genre, progrès limités
Côté budgétaire, les allocations dédiées au genre progressent, passant de 20 milliards FCFA en 2022 à 30,5 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 52%. Ceci étant, elles ne représentent qu’une hausse de 1,07% du budget de l’État en 2022 à 1,35% en 2024.
Le ministère recommande à cet égard d’étendre les stratégies genre dans tous les secteurs, d’améliorer la production statistique et de renforcer les capacités des administrations sur la budgétisation sensible au genre.
Disparités persistantes et nouveaux défis
L’un dans l’autre, l’état des lieux ainsi présenté montre des avancées dans l’éducation et l’accès aux soins, tout en relevant aussi des disparités importantes. Les femmes occupent seulement 21,73% des postes de responsabilité dans l’administration (à peu près un poste sur cinq). Leur accès au foncier et au financement demeure limité, malgré les initiatives menées dans les Zones d'aménagement agricole planifiées (ZAAP) et par les mécanismes de finance inclusive (Quelque 7964 femmes ont été installées sur les ZAAP, soit 41% des bénéficiaires).
Dans l’enseignement secondaire, les écarts de scolarisation restent également marqués malgré des avancées (le taux d'achèvement scolaire des filles au primaire atteint 95,7% en 2024) et l’initiative "Wezou" a bénéficié à plus de 400 000 femmes enceintes.
En revanche, à l'Assemblée nationale, la représentation des femmes plafonne à 18,5%. Dans la région des Savanes, l'accès féminin à la propriété foncière ne dépasse pas 2,6%.
Nouveaux chantiers
Le ministère estime que l’intégration du genre dans la fiscalité et le budget est indispensable pour combler les écarts notés. Les recommandations incluent : la révision de la loi organique sur les finances publiques, la mise en place de bases de données désagrégées par sexe, et la généralisation des plans stratégiques genre dans les ministères.
Ces mesures visent une allocation plus équitable des ressources et un soutien accru à la participation économique des femmes, qui représentent 51,3% de la population et plus de la moitié de la main-d’œuvre nationale.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo avance dans la préparation d’une stratégie nationale sur l’intelligence artificielle destinée à encadrer l’usage de cette technologie dans la gestion publique. Une rencontre de réflexion s’est tenue récemment à Lomé, à l’intention des représentants des ministères, des institutions publiques et de la société civile autour du thème : « La démocratie à l’épreuve de l’intelligence artificielle ».
L’objectif de la rencontre, organisée par le ministère en charge de la justice et des droits humains est de définir un cadre clair pour l’usage de l’IA dans l’administration. Les échanges ont porté sur les opportunités offertes par ces outils comme l’IA pour améliorer les services publics et sur les risques liés aux biais algorithmiques et à la protection des droits des citoyens. Pour Oubo M’bo, directeur du renforcement démocratique, l’enjeu est d’intégrer les technologies émergentes tout en préservant les principes démocratiques.
Le symposium intervient dans un contexte où plusieurs secteurs explorent l’implémentation de l’IA pour améliorer les performances. L’administration utilise déjà des outils d’analyse de données, d’automatisation et de gestion numérique des procédures. Le gouvernement souhaite désormais structurer cette évolution afin d’assurer la transparence des décisions, la qualité des données et le rôle de l’humain dans les processus.
Ces travaux s’inscrivent dans la lignée d’une série d’initiatives nationales : dans l’enseignement technique, une politique dédiée à l’intégration de l’IA est en préparation pour moderniser les apprentissages. En 2024, le Grand Atelier du Digital avait déjà posé les bases d’une stratégie nationale visant à encadrer l’innovation, protéger les données et renforcer l’écosystème numérique.
La stratégie en cours d’élaboration, devrait proposer des orientations pour les services publics, encourager la recherche locale et définir un cadre réglementaire adapté.
R.E.D.
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Internet Society Togo a inauguré samedi 29 novembre 2025 un réseau communautaire dans le village d’Atti-Akakpé, dans la commune Ave 1.
Le projet, financé par l’Internet Society Foundation, ambitionne d’améliorer l’accès local à Internet dans une zone jusque-là peu desservie. Le déploiement inclut une installation électrique solaire et une infrastructure réseau composée de points d’accès stratégiquement positionnés dans le village.
Selon Emmanuel Elolo Agbenonwossi, président d’Internet Society Togo, cette initiative illustre un modèle de connectivité durable. « Les communautés deviennent actrices de leur développement numérique lorsqu’elles disposent des outils et des compétences nécessaires », a-t-il déclaré. Il appelle aussi à accélérer l’inclusion numérique en donnant davantage de moyens aux villages.
La connectivité repose sur un raccordement radio fourni par l’opérateur Café Informatique, appuyé par un pylône de près de 20 mètres et un débit de 20 mégabits par seconde. Le système électrique autonome, basé sur six panneaux solaires et des batteries lithium, assure la continuité du service. L’accès au réseau est ouvert au public à un tarif forfaitaire journalier.

Les bénéficiaires évoquent un changement notable dans leur accès aux services essentiels. Avant l’installation, les habitants devaient parcourir plusieurs kilomètres pour acheter des forfaits Internet. Le réseau permet désormais des démarches éducatives en ligne, comme les inscriptions universitaires, et facilite l’accès à des avis médicaux grâce au partenariat avec la startup tech Dokita Eyes, qui apporte également un appui à la formation des jeunes et des femmes, y compris celles n’ayant pas été scolarisées.

Notons que la mise en place du réseau s’accompagne d’un volet de formation dédié à la gouvernance, à la maintenance et à l’usage responsable du numérique. Ce déploiement s’appuie du reste sur d’autres partenaires comme Compassion International ou encore l’ARCEP Togo.
Pour rappel, Internet Society Togo est le chapitre national de l’Internet Society, engagé pour un Internet ouvert et accessible. L’organisation déploie des projets d’inclusion numérique, de formation et de réseaux communautaires dans les zones rurales, avec pour ambition de réduire la fracture numérique et de rendre les communautés capables de gérer elles-mêmes leurs infrastructures.
À cet égard, le réseau d’Atti-Akakpé devrait servir de site pilote. Le chapitre envisage de solliciter de nouveaux financements pour étendre ce modèle à d’autres localités rurales.
Ayi Renaud Dossavi
Une étude togolaise lève le voile sur un acteur surprenant de l'antibiorésistance : les pigeons des villes. Selon les travaux de Siliadin Akuele, ingénieure biologiste, doctorante à l'Ecole Doctorale Sciences, Technologies, Ingénieries et Santé (ESTIS) de l'Université de Lomé, plus de la moitié des fientes de pigeons analysées sur des échantillons prélevés à Lomé contenaient des bactéries Escherichia coli résistantes aux céphalosporines à spectre étendu (BLSE), une classe d'antibiotiques largement utilisée en médecine humaine.
« Sur 96 prélèvements effectués dans des pigeonniers de la capitale, 54% hébergeaient des E. coli BLSE », détaille la chercheuse, rencontrée par Togo First. E. coli est une bactérie très fréquente, naturellement présente dans l’intestin de l’être humain et des animaux. Le taux de formes résistantes observé dans l'étude est élevé. En comparaison, des travaux similaires menés en France et au Bangladesh rapportent des taux de positivité compris entre 1 et 5%. Ceci suggère que les pigeons sont un réservoir non négligeable de bactéries multirésistantes en milieu urbain. « Ces bactéries, sélectionnées par l'usage intensif d'antibiotiques dans les élevages, peuvent ensuite se transmettre à l'Homme par simple contact avec les fientes », explique-t-elle.

Le rôle de la saison des pluies
L'étude montre aussi une nette augmentation du portage de BLSE chez les pigeons entre la saison sèche (30% de prélèvements positifs) et la saison des pluies (78%). « L'humidité favorise probablement la dissémination de ces bactéries », suppose Siliadin Akuele, qui appelle à approfondir les recherches. « Il faut étudier plus largement ce phénomène dans les villes du Togo et d'Afrique de l'Ouest, et investiguer les pratiques d'élevage qui favorisent l'émergence de l'antibiorésistance ».

Le rôle de l’élevage
« L'utilisation excessive des antibiotiques, notamment dans les élevages, conduit certains microbes à développer une résistance… cela entraîne des problèmes que nous n'aurions jamais imaginés », souligne la chercheuse.
En effet, « l'élevage urbain [des pigeons, ndlr]et l'usage d'antibiotiques pour les protéger des infections exposent les populations à des mutants résistants en constante émergence ; un vrai problème de santé publique », insiste-t-elle.
Le défi montant de la RAM

Prof. Mounerou Salou (à droite), point focal Résistance aux antimicrobiens (RAM) au Togo, lors de la semaine de sensibilisation contre les résistances antimicrobiennes au Togo - 22 novembre 2025
Car cette découverte n'est que la partie émergée d'un défi bien plus vaste, comme l'a rappelé la récente Semaine mondiale de sensibilisation à la RAM, organisée à Lomé du 18 au 22 novembre 2025.
« La RAM est une véritable pandémie silencieuse, car les bactéries résistantes se déplacent facilement d'un continent à l'autre », selon Pr Mounerou Salou, point focal RAM au Togo. L'OMS estime qu'en 2023, environ 1 infection bactérienne sur 6 était résistante aux antibiotiques de première intention dans le monde, selon les derniers rapports GLASS (Organisation Mondiale de la Santé, 2025).
Le "One Health" au cœur de la lutte
Les données nationales confirment l'ampleur du problème : selon une étude, en 2023, 6,3% des patients togolais nouvellement diagnostiqués avec le VIH présentaient déjà des mutations résistantes, et 17,8% des mutations conférant une résistance potentielle aux inhibiteurs de l'intégrase, une classe très populaire d'antirétroviraux. « Face à ce constat, il est urgent d'investir dans les laboratoires, la surveillance microbiologique et l'encadrement des prescriptions », plaide le Pr Salou.
Ceci est un combat dans lequel la recherche a un rôle central à jouer, selon la doctorante Siliadin Akuele. "Pour préserver durablement l'efficacité de nos antibiotiques, nous devons comprendre tous les maillons de l'antibiorésistance, de l'animal à l'Homme en passant par l'environnement". Une approche jugée indispensable, pour espérer relever ce défi sanitaire, économique et sociétal dans le pays d’Afrique de l’ouest.
Les experts rappellent l'importance de cette approche, qui considère ensemble la santé humaine, animale et environnementale pour mieux prévenir l'émergence et la circulation des bactéries résistantes.
Ainsi, la dimension économique est également soulignée : en créant des bactéries multi-résistantes, l'usage excessif d'antibiotiques en santé animale entraînera des pertes pour les éleveurs et un affaiblissement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.
Le Togo dispose d'un Plan d'action national contre la RAM, en cours de mise en œuvre avec un groupe multisectoriel (Organisation Mondiale de la Santé, 2022). Mais des progrès restent à faire, notamment pour renforcer la surveillance nationale, le lien avec le secteur animal et l'environnement, ainsi que la collecte de données sur la consommation d'antibiotiques.

Akuele Siliadin, doctorante à l'Université de Lomé, présentant ses travaux de la semaine de sensibilisation contre les résistances antimicrobiennes au Togo - 22 novembre 2025
Trouver une réponse collective
À l'issue de la semaine de sensibilisation dans le pays, les spécialistes appellent à une réponse collective afin de freiner l'impact futur de la RAM sur les coûts de santé, la productivité économique et la sécurité sanitaire des ménages. La question reste importante, alors que l'Afrique a la plus forte mortalité liée à la résistance, avec une estimation de 23,7 décès pour 100 000 habitants (gavi.org, 2023).
Les travaux de Siliadin Akuele sur les pigeons urbains, qui passent inaperçus et ont été choisis pour leur haut potentiel migratoire, soulignent l'urgence d'agir à tous les niveaux.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la 20ᵉ édition de la Foire internationale de Lomé (FIL) a officiellement ouvert ses portes ce vendredi 28 novembre 2025 au Centre togolais des expositions et foires (CETEF). Le rendez-vous économique, qui se déroule jusqu’au 14 décembre, a été lancé par le ministre délégué chargé du Commerce, Kossi Tenou.
Placée sous le thème : « 40 ans d’histoire, 20 éditions : un regard sur le passé, un cap sur l’avenir », cette édition anniversaire se veut à la fois rétrospective et tournée vers la projection économique du pays. Dans son discours d’ouverture, le ministre Kossi Tenou a rappelé que la FIL dépasse un simple cadre d’exposition et se positionne comme un catalyseur d’opportunités en faveur d’une économie togolaise plus connectée, innovante et inclusive.

Selon le directeur général du CETEF, Alexandre de Souza, l’édition 2025 introduit plusieurs innovations, notamment la digitalisation des services administratifs via la plateforme e-FIL, la mise en place d’un numéro vert, le doublement des rencontres B2B, ainsi que des événements spéciaux tels qu’un Black Friday et une « Blue Night ».
L’édition est également marquée par une forte présence de la Chine, pays invité d’honneur, représenté par plus de 30 entreprises intervenant dans des secteurs clés.
Cette 20ᵉ édition revêt un caractère particulier, puisqu’elle coïncide avec le 40ᵉ anniversaire du CETEF, l’institution organisatrice de la Foire. Plus de 1300 exposants et environ 700 000 visiteurs sont attendus sur les 90 000 m² du site.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le Centre hospitalier régional (CHR) Lomé-Commune s’est doté d’un nouveau scanner pour renforcer ses prestations d’imagerie médicale. L’équipement est déjà opérationnel, selon une note publiée par l’administration du centre hospitalier le jeudi 27 novembre 2025.
L’acquisition s’inscrit dans la dynamique annoncée par les autorités visant à renforcer les plateaux techniques du CHR Lomé-Commune et du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Kara avec de nouveaux scanners durant l’année. Elle est financée dans le cadre du Projet Covid-19 (C19RM), soutenu par le Fonds mondial à hauteur de 112,8 millions d’euros (environ 74 milliards FCFA) pour la période 2024-2026.
Avec ce scanner, le CHR Lomé-Commune devient le deuxième établissement public du pays à disposer de cet équipement, après le CHU Sylvanus-Olympio (CHU S.O.) de Lomé, doté d’un appareil de pointe depuis juillet 2023. Le dispositif installé est capable de réaliser jusqu’à 128 coupes, de détecter rapidement les lésions et de répondre aux besoins d’imagerie dans plusieurs spécialités : neurologie (AVC, urgences), thorax (embolie pulmonaire, infections), abdomen et pelvis (traumatologie, oncologie) ou encore cardiologie.
L’arrivée de ce scanner au CHR-LC devrait contribuer à décongestionner le flux de patients orientés jusqu’ici vers le CHU S.O. Le CHU Kara devra être le troisième centre de santé public du pays à en disposer.
Esaïe Edoh
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