Au nord du Togo, les premières mesures engagées pour renforcer l’approvisionnement en eau potable dans les régions de la Kara et des Savanes commencent à produire des résultats. À ce jour, neuf forages à gros débit ont été raccordés au réseau de la Société togolaise des eaux, permettant une amélioration progressive de la distribution dans plusieurs localités touchées par des pénuries. De nouveaux forages, en cours de réalisation, affichent des débits jugés satisfaisants par les équipes techniques déployées sur le terrain.
Ces avancées ont été rendues publiques à la faveur d’une mission ministérielle conduite la semaine dernière, du 7 au 10 janvier, par Sévon-Tépé Adedzé, ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, dans les régions septentrionales. La mission avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement des chantiers d’urgence et de vérifier l’effectivité des mesures décidées par le gouvernement face aux tensions sur les ressources hydriques. La délégation a mobilisé plusieurs départements ministériels, ainsi que la Société togolaise des eaux et la Société de patrimoine eau et assainissement.
Les autorités ont également mis en place des dispositifs complémentaires. Dans certains quartiers, la distribution d’eau est appuyée par des camions-citernes, avec le concours de l’armée pour desservir des sites jugés stratégiques. Selon les témoignages recueillis, ces actions ont permis d’améliorer le débit dans plusieurs zones.

Le contexte demeure toutefois contraignant. Le barrage de la Kozah, principal ouvrage alimentant la ville de Kara et ses environs, traverse une phase critique, indique-t-on. Son niveau est tombé à 8 mètres, contre 16 mètres un an auparavant, réduisant la production quotidienne d’eau potable de 11 000 à environ 3000 mètres cube. Cette baisse affecte directement la ville de Kara, ainsi que des localités voisines comme Niamtougou, Pagouda ou Pya.
Dans la région des Savanes, les inspections ont porté sur les installations de Mango et de Dapaong, incluant les stations de production et de traitement.
Pour rappel, le gouvernement togolais avait engagé, en fin d’année, une série de mesures d’urgence centrées sur le renforcement des forages et des capacités de distribution afin de répondre aux tensions d’approvisionnement en eau potable dans les régions septentrionales. Celles-ci portaient notamment sur le raccordement au réseau de cinquante forages présentant des débits satisfaisants et, en parallèle, sur la réalisation et le raccordement de nouveaux forages. L’ensemble du projet d’urgence devrait aboutir d’ici la fin du mois de janvier.
R.E.D
Au Togo, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a accueilli le lundi 12 janvier le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, dans le cadre d’une visite de travail à Lomé.
Au cours d’une séance de travail bilatérale, les deux chefs d’État ont examiné l’état de la coopération entre Lomé et Kinshasa, tout en abordant les enjeux de l’intégration interrégionale. Le président Tshisekedi a salué l’action diplomatique du dirigeant togolais, désigné médiateur par l’Union africaine depuis avril 2025. Cette médiation a notamment facilité la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, en novembre dernier.
Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Antoine Tshisekedi-Tshilombo, a effectué ce lundi 12 janvier 2026, une visite d’amitié et de travail à Lomé.
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) January 12, 2026
A son arrivée dans la capitale togolaise, le chef de l’Etat congolais a été accueilli par le Président du… pic.twitter.com/qX5vVmyGZB
La rencontre, à l’invitation du Président du Conseil, intervient dans un contexte de suivi des engagements pris pour la stabilisation de l’Est de la RDC. Les échanges précèdent, du reste, un sommet de coordination technique prévu dans la capitale togolaise le 17 janvier prochain.
Ces travaux réuniront les parties prenantes afin de définir les modalités de mise en œuvre de l’accord, avec un accent particulier sur la désescalade militaire et le soutien humanitaire. De leur côté, les autorités togolaises entendent transformer les acquis diplomatiques en stabilité opérationnelle sur le terrain.
En tant que médiateur désigné par l’Union africaine pour la résolution de cette crise, le Président du Conseil s’emploie sur ce dossier, en combinant médiation politique et plaidoyer pour une aide au développement restructurée. Elle s’inscrit dans la continuité des initiatives conduites en partenariat avec Paris en octobre 2025.
Au Togo, les acteurs du secteur des assurances, de la banque et plus largement de la gouvernance des risques se dotent d’un nouvel outil de structuration professionnelle. L’Association pour le Management des Risques et des Assurances au Togo (AMRAT) a officiellement vu le jour à la suite de l’obtention, le 16 décembre 2025, de son agrément délivré par le ministère de l’Administration territoriale, consacrant sa reconnaissance juridique et institutionnelle.
Portée par des professionnels du secteur, l’AMRAT veut contribuer à l’émergence et à la diffusion d’une culture structurée du management des risques au Togo, dans un contexte marqué par la montée des risques financiers, opérationnels, climatiques et technologiques auxquels sont confrontées les entreprises et les institutions publiques. Une dynamique qui concerne directement les établissements financiers, très exposés aux enjeux de conformité, de solvabilité, de cybersécurité ou encore de continuité d’activité.
L’association est présidée par Khalid Yacoubou-Boukhari, président fondateur, qui met en avant l’ambition de fédérer les praticiens du risk management et de renforcer les passerelles entre assurances, banques, entreprises et administrations. Selon ses promoteurs, l’AMRAT entend promouvoir les bonnes pratiques de gouvernance des risques et des assurances, renforcer la professionnalisation des acteurs et favoriser les échanges entre praticiens, décideurs publics, entreprises et partenaires internationaux. Elle prévoit notamment de proposer des actions de formation, de veille professionnelle et de réflexion stratégique autour des enjeux liés à la gestion des risques.
L’arrivée de l’AMRAT intervient à point nommé alors que, dans l’espace UEMOA, la gestion des risques progresse sur le plan réglementaire sans être encore pleinement intégrée aux stratégies des acteurs économiques : si les banques affichent un ratio moyen de solvabilité de 14,7 %, supérieur à la norme de 11,5 %, leur forte exposition aux obligations souveraines — près de 38 % des actifs — continue d’alimenter les risques systémiques, tandis que, malgré une amélioration du portefeuille de crédits (8,5 % de défauts), la capitalisation demeure un défi avec un ratio de fonds propres d’environ 13 %, « preuve que le défi n’est plus seulement réglementaire, mais aussi culturel, opérationnel et décisionnel », souligne Khalid Yacoubou-Boukhari.
L’AMRAT s’inscrit également dans une dynamique internationale. Elle est membre fondateur de la Federation of African Risk Management Associations (FARMA) et bénéficie de l’accompagnement du Club francophone du management des risques et des assurances, partenaire de référence dans l’espace francophone.
Dans le prolongement de sa reconnaissance officielle, l’association prépare désormais son lancement inaugural, prévu en mars prochain à Lomé. L’événement devrait réunir des acteurs publics et privés, nationaux et internationaux, engagés dans les domaines de l’assurance, de la finance, de la gouvernance et de la résilience des organisations, avec une attention particulière aux enjeux de risk management dans le secteur bancaire.
Pour les initiateurs du projet, ce lancement marquera le point de départ d’une coopération renforcée entre les parties prenantes, avec pour objectif de mieux intégrer le management des risques dans les stratégies des entreprises et des institutions togolaises, et d’accompagner les transformations économiques en cours.
À terme, l’AMRAT entend s’imposer comme un cadre de référence pour le débat, la formation et l’expertise en matière de gestion des risques au Togo, tout en contribuant au rayonnement du risk management en Afrique francophone.
Fiacre E. Kakpo
À Lomé, la 43e session du Conseil d’administration de l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) s’est ouverte ce lundi 12 janvier 2026. La rencontre, prévue sur trois jours, est essentiellement consacrée aux réformes engagées au sein de cette institution inter-Etats d’enseignement supérieur et de recherche.
Les administrateurs examinent notamment la réforme des textes statutaires, le développement de la recherche à travers la mise en place d’une école doctorale, ainsi que l’amélioration du cadre social et académique. Cette session intervient alors que l’EAMAU célèbre ses 50 ans d’existence. À ce titre, le Conseil d’administration dresse le bilan du demi-siècle d’activités de l’institution et se penche également sur ses nouvelles perspectives, notamment l’élaboration d’un plan stratégique pour les années à venir.
Dans ce contexte, le directeur général de l’EAMAU, Malam Boukar Awa Krou, estime que les travaux en cours permettront de consolider la dynamique de transformation de l’école. « L’EAMAU continuera de s’affirmer comme un outil stratégique au service du développement urbain, architectural et territorial de notre continent », a-t-il indiqué.
De son côté, le ministre délégué togolais chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gado Tchangbedji, a réaffirmé l’attachement du Togo à cette institution. « Nous sommes convaincus que l’Afrique a besoin de plus d’architectes, d’urbanistes et de planificateurs capables de concevoir des villes résilientes, durables, inclusives et adaptées aux réalités africaines ainsi qu’aux mutations actuelles du monde », a-t-il déclaré.
L’EAMAU a déjà formé près de 2000 cadres dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, depuis sa fondation en 1975.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le taux d'inflation annuel pour 2025 s'établit à 0,4%, contre 2,9% en 2024, soit une baisse de 2,5 points de pourcentage. C’est selon l’Institut national de la statistique et des sciences économiques et démographiques (INSEED) qui vient de publier les chiffres de l'inflation pour décembre 2025.
L'indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) qui traque l’évolution des prix dans le pays, a atteint 102,2 en décembre 2025, un niveau quasi identique à celui de décembre 2024. Cette stabilité résulte de mouvements contradictoires entre secteurs (Là où les coûts « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » enregistrent une hausse de 9,4% sur un an, les postes de dépenses « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées », qui occupent une place importante dans le panier de la ménagère, reculent de 2,0%).
Sur le plan mensuel, les prix ont augmenté légèrement, de 0,3% entre novembre et décembre 2025. Cette progression provient principalement des divisions « Restaurants et services d'hébergement » (+1,3%) et « Produits alimentaires » (+0,4%). Le renchérissement touche notamment les plats préparés et les produits de base comme le maïs (+5,2%) et l'huile de palme traditionnelle (+5,5%).
Dans le détail, il faut relever que les données montrent des disparités régionales significatives. À Lomé, la capitale, le riz importé s’est vendu en moyenne à 654 FCFA le kilogramme en décembre, contre 457 FCFA dans les Savanes.
A l’inverse, l’huile de palme varie de 1855 FCFA le litre à Lomé à 2197 FCFA dans la Kara.
Enfin, d’un trimestre à l’autre, le niveau général des prix en décembre 2025 a connu une hausse de 0,2% ((comparativement à la situation de septembre 2025). Cette augmentation est principalement due à la progression de l’indice de la division de consommation « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles », qui a progressé de 4,2%.
Ayi Renaud Dossavi
Le chapitre togolais de l’Internet Society (ISOC Togo) a procédé samedi 10 janvier 2026 à l’installation de son nouveau Conseil d’administration, à la faveur d’une Assemblée générale ordinaire. Emmanuel Elolo Agbenonwossi a été reconduit à la présidence pour le mandat 2025-2027, à la tête d’une organisation qui a vu son membership passer de 435 à 602 membres entre 2023 et 2025, sur fond de diversification des profils, avec une participation accrue de jeunes, de femmes et d’experts techniques.
Sur le plan opérationnel, Internet Society Togo a déployé en 2025 le premier réseau communautaire du pays à Atti Akakpé, dans le cadre du programme Beyond the Net, afin d’améliorer la connectivité locale et de renforcer les compétences techniques des populations bénéficiaires. Le réseau dessert actuellement cinq villages.
L’organisation a multiplié les cadres de formation et de concertation, notamment à travers l’École nationale sur la gouvernance de l’Internet et les 10e et 11e Forums sur la gouvernance de l’Internet, avec un accent marqué sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les politiques publiques.

« Le temps est désormais venu d’accélérer le développement et de positionner Internet Society Togo comme un partenaire technique et stratégique de référence », a déclaré Emmanuel Elolo Agbenonwossi lors de son installation, estimant que « Internet va mieux » au Togo.
Pour le nouveau mandat, les priorités incluent l’extension de la couverture réseau vers la région septentrionale, la production de données sur la qualité du service Internet et la multiplication des centres d’innovation destinés aux jeunes entrepreneurs.
Pour rappel, présente au Togo depuis 20 ans sur le territoire, l'ISOC Togo est le chapitre national de l’Internet Society, une organisation mondiale à but non lucratif qui défend un Internet ouvert, sûr, accessible et bénéfique pour tous.
R.E.D.
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Au Togo, la Haute Autorité de la Qualité et de l’Environnement (HAUQE), avec l’appui technique de l’Agence Togolaise pour la Promotion de la Qualité (ATOPROQ), a lancé les candidatures pour la 8ᵉ édition du Prix Togolais de la Qualité (PTQ). Cette compétition nationale s’adresse aux entreprises privées et aux organismes publics de tous les secteurs d’activités socioéconomiques, installés aussi bien dans le Grand Lomé que dans les cinq régions du pays.
Officiellement lancé le 28 novembre 2025, le concours vise à promouvoir la culture de la qualité, à encourager l’amélioration continue des pratiques de management et à valoriser les structures les plus performantes. Pour les autorités en charge du dispositif, il s’agit d’un levier important pour renforcer la compétitivité des entreprises togolaises dans un environnement économique régional de plus en plus concurrentiel.
Les candidats sont répartis en trois catégories, selon la taille des structures : les petites entreprises comptant de 1 à 20 salariés, les moyennes entreprises employant entre 21 et 100 personnes, et les grandes entreprises de plus de 100 salariés. Plusieurs niveaux de distinction sont prévus, allant du Prix d’Excellence au Prix d’engagement à la Qualité, en fonction du degré de maturité des systèmes de management évalués.
Au-delà de la reconnaissance nationale, le Prix Togolais de la Qualité se veut également une passerelle vers des compétitions régionales. Les entreprises primées peuvent ainsi accéder aux Prix Qualité de l’UEMOA et de la CEDEAO, ouvrant la voie à une meilleure visibilité sur les marchés africains et internationaux.
La période de dépôt des candidatures est ouverte jusqu’au 27 février 2026. Les frais de participation varient entre 150 000 et 400 000 francs CFA, selon la catégorie de l’entreprise. Les dossiers peuvent être retirés auprès de la HAUQE et de l’ATOPROQ.
Lomé va accueillir le 17 janvier prochain une nouvelle rencontre consacrée à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette réunion fait suite à la signature, en novembre 2025 à Washington, d’un accord de paix entre le Rwanda et la RDC, sous l’égide du président américain Donald Trump.
À Lomé, les discussions porteront notamment sur la coordination politique, la sécurité régionale, les mécanismes de désescalade, le soutien humanitaire et l’intégration économique. Selon plusieurs médias congolais, ces échanges devraient contribuer à relancer le processus de paix, alors que les tensions demeurent vives entre Kinshasa et Kigali, malgré la récente signature de l’accord.
La rencontre se déroulera sous la conduite de Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo et médiateur désigné de l’Union africaine pour cette crise dans la région des Grands Lacs. Pour Lomé, ce sommet constitue une nouvelle occasion de s’affirmer comme un acteur diplomatique crédible dans la recherche d’une sortie de crise régionale.
Le Togo s’était déjà illustré sur ce dossier en octobre 2025, en coorganisant avec la France à Paris une rencontre similaire consacrée aux réponses à apporter à la crise humanitaire persistante dans la région des Grands Lacs, ainsi qu’aux moyens d’instaurer une paix durable. À cette occasion, Faure Gnassingbé avait plaidé pour une approche africaine intégrée, fondée sur le développement et la refondation des mécanismes d’aide.
Esaïe Edoh
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Le dérèglement climatique comme point de départ entrepreneurial
En 2020, une sécheresse tardive détruit les cultures de tomates de la famille Ahama dans la commune de NOEPE. Face à cette perte, le Dr Ahama Kplolali, physiologiste et bio-technologiste végétale, est missionnée par son père de trouver une solution agricole indépendante des aléas climatiques.
"Il nous a demandé de nous pencher sur ce problème, de trouver une culture intéressante qui ne serait pas dépendante des saisons et de la pluie", explique la cofondatrice d'Aquaponie du Togo. C’est cette recherche, raconte-on, qui va l’orienter vers les technologies hors-sol, et plus spécifiquement vers l'aquaponie, un système combinant aquaculture et hydroponie.
Un binôme scientifique face à une technologie émergente

Ahama Kplolali sollicite alors Kokoevi Agbevenou, sa promotionnaire à la Faculté des Sciences de l'Université de Lomé, devenue experte en biosciences végétales après un master en France avec spécialisation en microbiologie et agrobioscience. "On a adhéré très vite au projet vu l'importance de cette technologie", relate Kokoevi. A l’époque, l'aquaponie était encore une innovation relativement peu documentée, même à l'échelle internationale.
Les deux chercheuses consacrent trois années à l'étude du concept avant sa concrétisation. "On a commencé de zéro en fait, il n'y avait pas beaucoup de choses dessus", souligne Kokoevi. Le principe technique repose sur un écosystème en circuit fermé où les déjections des poissons servent d’engrais naturel pour les végétaux, lesquels filtrent l'eau avant de la restituer aux bassins piscicoles.
Un prototype opérationnel financé sur fonds propres
En novembre 2023, Aquaponie du Togo installe son premier système fonctionnel sur une surface de 40 m² à Adidogomé-Yokoe, quartier de Lomé. Le financement provient de trois sources : les économies personnelles des fondatrices, un appui de l'ONG française KYNAROU, et un soutien de la société Apromafriq Pharma.
Le prototype démontre sa viabilité commerciale selon un modèle de circuit court.
"Les gens viennent acheter directement chez nous", indique Agbevenou. La demande précède même la production disponible, se réjouit-on, tant pour le poisson que pour les légumes cultivés. Cette validation de marché encourage les entrepreneures à envisager un passage à l'échelle industrielle.
Trois services sont offerts : produire et vendre du poisson et des légumes, concevoir et installer des Kits aquaponiques, et former à la technique.
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Une reconnaissance internationale au Forum Blue Invest

En Octobre 2025, Aquaponie du Togo présente son projet de ferme commerciale de 3000 m² lors du Forum Blue Invest Forum organisé à Lomé par l'Union européenne (UE). L'initiative togolaise se distingue dans la catégorie aquaculture et remporte le prix du meilleur pitch.
"J'ai été la seule sélectionnée au Togo", précise Ahama Kplolali qui représentait alors l’entreprise pour laquelle l’ensemble de l'initiative et le programme de formation qui précédait la rencontre, "ont ouvert des portes”. “ça nous a donné de la crédibilité. Les gens se sont rendu compte que ce n'était pas de l'amusement, c'était du sérieux, que ça apportait vraiment des solutions.", ajoute la chercheuse et entrepreneure.
Cette reconnaissance attire l'attention d'acteurs institutionnels notamment du ministère de tutelle…
Des obstacles structurels persistants
Malgré ces avancées, le passage du prototype à la ferme commerciale se heurte à plusieurs contraintes. Le financement reste le défi principal. "Nous continuons toujours à nous battre pour trouver des financements, des partenariats et l'accompagnement technique pour mettre en route ce projet de ferme aquaponique commerciale de 3000 m²", résume Ahama Kplolali.
L'accès au foncier urbain est un autre frein. À Lomé, la pression immobilière et le coût des terrains compliquent l'identification d'espaces adaptés à une installation aquaponique d'envergure. Les fondatrices recherchent un site capable d'accueillir leurs infrastructures tout en maintenant la logique de proximité avec les consommateurs urbains.

Le contexte réglementaire vient du reste ajouter une couche de complexité. L'aquaponie, technologie hybride entre agriculture et aquaculture, s'insère difficilement dans les cadres normatifs existants. "Il faut que les autorités comprennent cette technologie pour mieux l'encadrer", fait observer Kokoevi.
Enfin, un défi logistique est posé par l’approvisionnement en intrants spécialisés. Certains équipements et matériaux nécessaires à l'aquaponie ne sont pas disponibles localement, ce qui appelle naturellement à des importations qui alourdissent l’investissement initial.
Une stratégie d'expansion régionale
Au-delà du projet loméen, Aquaponie du Togo ambitionne un déploiement plus large. "On envisage non seulement d'aller dans les régions du Togo, mais aussi de s'installer dans la sous-région, on peut commencer par le Bénin ou le Burkina", l’une des co-fondatrices, avec en ligne de mire des territoires confrontés à des défis climatiques similaires.

Cette vision s'accompagne d'une dimension éducative. Les entrepreneures prévoient des sessions de sensibilisation dans les écoles togolaises. "Il faut que nos enfants au Togo soient au parfum de cette technologie innovante pour l'agriculture et qui répond vraiment aux défis climatiques auxquels nous faisons face", argumente Kokoevi.
Le modèle économique envisagé combine production commerciale et transfert de technologie. L'objectif est de rendre l'aquaponie accessible aux ménages urbains tout en développant une offre de produits frais et biologiques via les circuits courts.
Appel aux partenaires financiers et institutionnels
« Il ne faudrait pas que ça s'arrête là. On appelle vraiment toutes les structures, les institutions publiques, les ONG, même le gouvernement afin de nous soutenir pour que le projet puisse voir le jour", affirme Ahama Kplolali, alors que les deux cofondatrices formulent un appel direct à l’endroit des institutions publiques, ONG et investisseurs privés.
La dimension symbolique du projet ne leur échappe d’ailleurs pas. "Nous sommes deux femmes entrepreneures dans le secteur vert", rappelle Ahama Kplolali, dans un écosystème entrepreneurial où les initiatives féminines dans l'agritech demeurent minoritaires.
Les besoins financiers, non chiffrés publiquement, concernent l'infrastructure de base : serres, bassins piscicoles, systèmes de filtration, dispositifs de contrôle climatique et installations hydrauliques. L'investissement doit également couvrir le fonds de roulement initial nécessaire au cycle de production avant les premières ventes.
Perspectives et enjeux de développement
Le modèle aquaponique développé par l'entreprise togolaise s'inscrit dans une tendance globale de recherche d'alternatives agricoles face aux contraintes climatiques. En Afrique de l'Ouest, où la variabilité pluviométrique affecte la sécurité alimentaire, ces systèmes présentent un potentiel d'adaptation significatif, selon les promotrices.
L'avantage concurrentiel repose sur plusieurs facteurs : économie d'eau estimée à 90% par rapport à l'agriculture conventionnelle, production toute l'année indépendante des saisons, absence de pesticides chimiques, et optimisation de l'espace dans des contextes urbains denses.
Ceci étant, la réussite commerciale dépendra de la capacité d'Aquaponie du Togo à structurer sa chaîne d'approvisionnement, à standardiser ses processus de production, et à construire une marque reconnue sur le marché togolais. Il faudra également relever le défi de la formation d’un personnel qualifié pour opérer les installations techniques, à côté d’une constellation grandissante d’utilisateurs privés.
"Ce n'est pas un modèle impossible, c'est vraiment possible et nous savons où nous allons", conclut Dr Ahama Kplolali. Les prochains mois détermineront si cette conviction scientifique trouvera les relais financiers et institutionnels nécessaires à sa traduction industrielle dans la capitale togolaise.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, Kanka-Malik Natchaba vient d’être nommé directeur général de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT). Celui qui était encore ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans le précédent gouvernement succède au Général de brigade Dimini Allaharé, chef d’État-major général des Forces armées togolaises.
Pour le haut fonctionnaire, cette nomination marque un retour à la tête d’une institution qu’il a déjà dirigée entre 2016 et 2017. Après son premier passage à la SALT, M. Natchaba avait intégré la présidence de la République en tant que ministre délégué, coordonnateur de la Cellule présidentielle d’exécution et de suivi des projets prioritaires (CPES). Il a ensuite exercé les fonctions de ministre, secrétaire général du gouvernement entre octobre 2020 et septembre 2023, avant de prendre le portefeuille de l’Enseignement supérieur en août 2024 plus récemment.
Celui qui a déjà eu à gérer l’institution aéroportuaire, ainsi que des dossiers prioritaires à la présidence, devrait rapidement retrouver ses marques et poursuivre les ambitions de Lomé de renforcer sa position de hub logistique régional, en s’appuyant sur la plateforme aéroportuaire de la capitale.
Le nouveau directeur devra notamment superviser la modernisation des infrastructures de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE), un actif aujourd’hui central pour la connectivité de l’Afrique de l’Ouest, notamment via les activités d’Asky et d’Ethiopian Airlines.
R.E.D