Au Togo, la première édition de la Foire Internationale de Blitta (FIB), à 270 Km de Lomé, s’est ouverte dimanche dernier sur le terrain du CEG Blitta-gare 1. Cette foire, qui se poursuit jusqu’au 20 août prochain, se propose de mettre en relief les produits locaux togolais, surtout leur qualité, leur diversité et leur authenticité, rapporte l’Agence togolaise de Presse (ATOP).
Cet événement est organisé par la société Afrik Contact, et réunit près de 52 exposants venus de toutes les régions du Togo, ainsi que du Ghana, du Bénin et du Nigéria.
Sur une superficie de 10 800 m2, les participants ont notamment l'opportunité de présenter leurs produits locaux et de favoriser les échanges commerciaux.
La FIB propose du reste, une variété d'activités pour les visiteurs. Outre les expositions de différents produits agricoles, des fora d'affaires et des salons facilitant l'accès à des services financiers et non financiers, sont organisés. De plus, des présentations de produits finis à base de ressources locales viennent enrichir l'événement.
L'ouverture de la foire a été marquée par la présence du représentant du ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Consommation locale, Féou Bilakimwé; et d’Atcha-Dédji Affoh, ministre des Transports togolais.
Ayi Renaud Dossavi
Les transactions commerciales entre Lomé et Niamey sont suspendues depuis le 1er août 2023 par l’Office togolais des recettes (OTR). La décision, officialisée via un communiqué de l’administration fiscale, fait suite aux sanctions économiques prises contre ce pays, lors du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à Abuja, le 30 juillet 2023.
« Les transactions commerciales et de service de transit en provenance ou à destination du Niger sont suspendues jusqu’à nouvel ordre », souligne le communiqué signé de Philippe Kokou Tchodié, Commissaire Général de l’OTR, rendu public en fin de semaine dernière.

Cette décision devrait sans doute porter un coup aux flux commerciaux entre les deux pays. Selon les statistiques compilées par l’Organisation des Nations unies (ONU), en 2019, le Togo a exporté pour plus de 80 millions $ de marchandises vers le Niger qui était en cette période, le 4è marché d’exportation du Togo.
Pour rappel, les sanctions de la CEDEAO sont prises suite au renversement du Président Mohamed Bazoum qui avait officiellement pris les commandes du pays en avril 2021. La démarche vise à obliger les putschistes à rétablir le dirigeant déchu dans ses droits.
Esaïe Edoh
Au Togo, les consommateurs de services de téléphonie mobile sont de plus en plus insatisfaits, avec un taux global d'insatisfaction qui s'élève à 56%, en hausse par rapport aux 51% enregistrés en 2022. L'information émane de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) qui a récemment mené une enquête de satisfaction des consommateurs des services de communication électronique et des postes au Togo, du 19 juin au 14 juillet dernier.
Les près de 31 000 réponses complètes collectées via divers canaux de communication, par le gendarme des télécoms togolais, indiquent notamment qu'au niveau des abonnés, Moov Africa Togo (MAT) enregistre un taux d'insatisfaction de 43%, tandis que Togo Cellulaire (TGC) affiche un taux de 62%. Une amélioration marginale de deux points est observée pour MAT par rapport à l'année précédente, tandis que TGC subit une dégradation de neuf points.
Tarifs
Pour ce qui est de la tarification, même si l'on relève que les ajustements ont entraîné une réduction globale de 67% au cours des deux dernières années, 84% des clients de TGC considèrent toujours les tarifs comme "élevés", contre 65% pour MAT. Sur ce plan, la perception s'est renforcée, de 10% chez les abonnés de TGC, alors qu'elle est restée stable chez ceux de MAT.
Qualité de service (QoS)
Concernant la qualité de service (QoS), 69% des utilisateurs jugent la QoS fournie par les opérateurs comme médiocre, avec des chiffres spécifiques à 74% pour TGC et 59% pour MAT. Comparativement au premier semestre 2022, la perception positive de la QoS diminue : 26% pour TGC (contre 46% en 2022) et 41% pour MAT (contre 51% en 2022).
Qualité de l'internet, les perceptions s'améliorent
Pour ce qui est de la connectivité, les fournisseurs d'accès Internet fixe (FAI) ont vu leur perception globale s'améliorer sur la période, avec un taux d'insatisfaction global passant de 63% l'année précédente à 54% cette année. Dans le détail, les abonnés de GVA Togo (Groupe Vivendi Afrique, dit "Canalbox") enregistrent un taux d'insatisfaction de 46%, tandis que Togo Telecom (TGT) affiche 56%.
En ce qui concerne leurs tarifs, 75% des clients estiment que les tarifs demeurent élevés, bien que les FAI soient parmi les moins chers de la zone UEMOA, concède l'ARCEP, avec une offre pour la fibre à environ 15 000 Fcfa/mois pour les deux opérateurs.
À noter tout de même que 42% des clients des FAI jugent les services de "mauvaise qualité", mais Togocom est moins mal noté sur ce plan que Canalbox, avec 41% des clients de TGT et 52% des clients GVA.
Forte de ces chiffres, l'ARCEP "exhorte" les opérateurs mobiles et les fournisseurs d'accès Internet à "prendre la mesure de la situation", les appelant à investir davantage pour améliorer la qualité de leurs services et baisser leurs tarifs.
Ayi Renaud Dossavi
Lancé en 2021, en tant que composante vitale de la Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA), le Port sec d'Adétikopé représente une étape cruciale dans la modernisation de la chaîne logistique du Togo. À sa tête, Dominique Nyazozo, fort de plus de 15 ans d'expérience dans l'industrie portuaire et maritime et de 7 ans à Lomé Container Terminal. Son rôle en tant que directeur du terminal intermodal est d'orchestrer des opérations fluides dans un secteur essentiel au commerce et à l'économie togolaise et celles de l’hinterland, avec pour objectif de rendre le port de Lomé encore plus compétitif. Mais depuis février, un blocage a mis à mal ces opérations, réduisant considérablement la capacité du port et soulevant des défis logistiques complexes. Les dirigeants de la PIA espèrent une reprise rapide, alors que les négociations progressent. Dans cette interview exclusive à Togo First, Dominique Nyazozo dresse une perspective de première main sur la situation, les défis et les attentes pour cette infrastructure charnière pour le Togo.
Agence Ecofin : En quoi le port sec d’Adétikopé est-il essentiel pour la chaîne logistique du Togo ?
Dominique Nyazozo : Le port sec d'Adétikopé, situé sur la plateforme industrielle à 17 kilomètres du port maritime de Lomé, agit en réalité comme une extension stratégique de ce dernier. Son rôle central est de désengorger le port maritime en transférant de manière systématique et rapide, dans un délai de 48 heures, tous les conteneurs destinés aux pays de l'hinterland, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Ce mécanisme permet aux clients ou transitaires, désignés pour l'enlèvement des marchandises, de concentrer leurs démarches en un seul lieu. Pour soutenir cette dynamique, toutes les entités administratives clés du Port autonome de Lomé à Seguce, en passant par les services douaniers, phytosanitaires et d'entreposage, ont établi leur présence au port sec. Cette coordination optimale offre une multitude d'avantages pour la chaîne logistique.
En libérant de l'espace au port maritime, les terminaux peuvent optimiser leurs opérations. Les navires, quant à eux, limitent leur temps d'attente à quai, ce qui renforce leur productivité. Les importateurs bénéficient également de cette efficacité, préférant Lomé pour la réception rapide de leurs conteneurs. Pour les clients, cette transformation signifie un service plus rapide, leur permettant de récupérer leurs marchandises dans des délais records.
Auparavant, les camions pouvaient mettre entre une et deux heures pour atteindre le site du scanner. Aujourd'hui, grâce à cette amélioration, ils y parviennent en cinq minutes seulement.
Agence Ecofin : Qu'en est-il des coûts supplémentaires pour les clients qui détiennent ces conteneurs destinés à l'hinterland ? Y a-t-il des frais additionnels liés au déplacement des conteneurs du port de Lomé vers le port sec ?
Dominique Nyazozo : Le choix entre le port de Lomé et le port sec de la Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA) est un compromis entre le coût et le temps. Oui, il y a des frais additionnels associés au déplacement des conteneurs du port maritime au port sec, étant donné la distance de 27 kilomètres à couvrir et les activités de manutention nécessaires au port sec. Néanmoins, la valeur ajoutée du service au port sec devient apparente lorsque l'on compare les deux options.
Au port de Lomé, en raison du volume de trafic élevé et de la congestion sur les terminaux portuaires, les clients peuvent attendre plusieurs jours avant de pouvoir récupérer leurs conteneurs. Cependant, au port sec de la PIA, où toutes les infrastructures nécessaires sont en place, les formalités peuvent être accomplies en une journée, voire moins, ce qui permet aux clients de recevoir leurs conteneurs plus rapidement.
Si le client se présente immédiatement, par exemple à 8 heures du matin, il peut récupérer son conteneur ici dès 15 heures, voire 17 heures au plus tard. C'est donc un processus assez rapide si le client est proactif et se présente dès que possible.
Bien évidemment, comme dans tout terminal à conteneurs ou aire de stationnement, des frais de stationnement s'appliquent au-delà d'un certain délai.
Au Port sec d’Adétikopé, les clients disposent d'une période de franchise de 25 jours pour récupérer leurs conteneurs en transit. Si cette période est dépassée, des frais de stationnement commencent à s'appliquer. Il est donc important pour les clients de récupérer leurs conteneurs dans les délais pour éviter ces coûts additionnels. Si le conteneur est récupéré dans les 25 jours, aucun frais de stationnement n'est appliqué.
Agence Ecofin : Le Port sec a été lancé depuis 2021. Au début, vous avez rencontré quelques difficultés pour l'adhésion des acteurs du secteur. Que s’est-il réellement passé ?
Dominique Nyazozo : Tout projet d'envergure suscite naturellement interrogations et réserves de la part des acteurs concernés. Une partie de ces derniers pouvait se demander si les méthodes traditionnelles n'étaient pas préférables, s'ils parviendraient à s'adapter à cette nouvelle donne, ou si celle-ci se révélerait efficace. Pour répondre à ces préoccupations, nous avons instauré un dialogue régulier avec toutes les parties prenantes : Togo Terminal, les compagnies maritimes, SEGUCE, et les services douaniers. Ces réunions ont permis de clarifier les procédures et de dégager des solutions adaptées.
Nombre de ces réticences ont pu être levées grâce à ces échanges. A titre d'exemple, au début du transfert des conteneurs, nous avons été confrontés à des problèmes de congestion lors du passage des camions vers le scanner. Ces difficultés ont été soulevées lors des réunions, et le Port Autonome de Lomé a réagi promptement en affectant une voie dédiée pour le scanner pour les conteneurs en partance pour le port sec, réduisant ainsi de façon notable le temps de transfert.
Auparavant, les camions pouvaient mettre entre une et deux heures pour atteindre le site du scanner. Aujourd'hui, grâce à cette amélioration, ils y parviennent en cinq minutes seulement. Cette modification a permis de réduire drastiquement la durée de transfert, passant de trois à quatre heures à deux heures tout au plus.
C'est grâce à cet esprit de coopération que nous avons pu surmonter les défis initiaux et optimiser le fonctionnement du port sec.
Certaines lignes maritimes qui travaillent avec Togo Terminal ainsi que LCT, par où passe MSC, n'ont pas encore initié le transfert de leurs conteneurs vers le port sec.
Agence Ecofin : Comment le port sec s'intègre-t-il dans la plateforme industrielle où se font divers types de transformation industrielle ?
Dominique Nyazozo: La Plateforme Industrielle d'Adétikopé (PIA) abrite deux types d'industries. D'une part, les industries axées sur la valorisation des matières premières locales. Elles transforment ces dernières en produits finis, ajoutant ainsi une plus-value avant exportation. D'autre part, les industries qui aspirent à substituer les produits importés par une production locale. Certaines sociétés pharmaceutiques, ou des producteurs de boissons telles que Coca-Cola, ont choisi d'installer leur production sur place.
Le port sec se situe donc au cœur de cette dynamique. Son rôle est essentiel pour soutenir ces industries, notamment en facilitant le service de l'hinterland. Il offre un accès rapide à des conteneurs vides, un élément clé pour les opérations d'exportation des entreprises locales. Auparavant, celles-ci devaient envoyer leurs camions jusqu'au port maritime pour obtenir ces conteneurs. Désormais, ils sont à portée de main, à deux ou trois minutes à peine.
Les entreprises peuvent récupérer les conteneurs vides au port sec, les charger avec leurs produits, puis les acheminer directement vers le port maritime ou les maintenir au port sec selon les besoins. Le port sec assure également le transfert nocturne des conteneurs entre le port maritime et ses installations. Après que les industries ont chargé ces conteneurs avec leurs produits à exporter, ils sont acheminés vers le port sec pendant la nuit, pour des raisons de sécurité.
De cette façon, il devient donc un maillon essentiel dans la chaîne logistique de la PIA, améliorant considérablement l'efficacité des activités d'exportation des entreprises sur place.

Agence Ecofin : On apprend que certaines compagnies ne transfèrent pas encore leurs conteneurs sur Adétikopé. Quelles pourraient être les raisons et quelles sont les compagnies actuellement impliquées dans ce processus de transfert ? Lesquelles doivent encore rejoindre le mouvement ?
Dominique Nyazozo: Depuis le début du transfert des conteneurs vers le port sec d'Adétkopé en mai 2022, plusieurs grandes compagnies maritimes telles que Maersk, CMA CGM, PIL, Grimaldi, Cosco, OOCL et Marguisa se sont associées à Togo Terminal dans ce processus. Cependant, certaines lignes maritimes qui travaillent avec Togo Terminal ainsi que LCT, par où passe MSC, n'ont pas encore initié le transfert de leurs conteneurs vers le port sec.
Cette situation a pris une tournure particulière depuis février 2023. En effet, l'implication de certaines compagnies et pas d’autres dans le transfert des conteneurs a créé une dynamique de concurrence. Les coûts supplémentaires associés au transfert vers le port sec ont conduit certains clients à favoriser LCT, qui n'achemine pas encore ses conteneurs vers Adétikopé. Cette préférence pour LCT, motivée par des considérations économiques, a incité certaines des compagnies qui avaient initialement adhéré à la démarche de transfert à reconsidérer leur position, entraînant une forme de stagnation des activités depuis février.
Il est ainsi apparent que l'équilibre économique instauré par le transfert de conteneurs vers le port sec est délicat. Pour un client, une petite différence de coût peut influencer son choix de compagnie maritime. Par exemple, un client pourrait préférer travailler avec LCT plutôt que Maersk, car les conteneurs acheminés par Maersk arrivent au port sec, engendrant des coûts supplémentaires. Cette situation a créé une forme de concurrence qui peut être perçue comme déloyale, même si elle est le résultat d'un choix économique rationnel de la part des clients.
Cependant, je tiens à souligner que l'appréciation des coûts ne devrait pas uniquement être axée sur l'aspect financier. Il est crucial de prendre en compte le gain de temps et la qualité du service. Avec le port sec, nous avons mis en place un système qui réduit significativement le temps nécessaire pour l'acheminement des conteneurs, en plus d'offrir un service de qualité améliorée. C'est une valeur ajoutée qui, à mon avis, pourrait compenser les coûts financiers supplémentaires. Malheureusement, la prise en compte de ces facteurs non financiers dans l'évaluation des coûts n'a pas été généralisée par tous les acteurs.
Agence Ecofin : Quelles démarches ont été entreprises pour permettre une coopération plus concrète avec LCT et MSC ? De plus, étant donné que MSC vient de reprendre Togo Terminal, qui était initialement impliqué dans le mouvement, où en êtes-vous ?
Dominique Nyazozo: Les discussions avec LCT et MSC ont considérablement progressé. Récemment, nous avons effectué un test physique pour vérifier l'interopérabilité de nos systèmes informatiques. Les principaux obstacles à cette collaboration résidaient dans la détermination précise des paramètres de notre travail commun. Tant que ces paramètres ne sont pas clairement définis, des problèmes de collaboration pourraient être engendrés.
En parlant de LCT, il faut souligner que le volume traité par cette compagnie est indéniablement supérieur à celui de Togo Terminal. Leur activité englobe le transbordement, l'importation pour la consommation locale, ainsi que l'importation pour le transit. En termes de volume de marchandises en transit, MSC gère environ 50% du total par rapport aux autres compagnies maritimes. Ce qui en fait un acteur important. Mais les choses évoluent.
Agence Ecofin : Quelle est la raison pour laquelle, même après plus de 6 mois, les acteurs concernés ne respectent pas un décret pourtant en vigueur ?
Dominique Nyazozo : Il y a plusieurs enjeux et paramètres qui nécessitent l'implication de divers acteurs. L'orientation donnée par le chef de l'État est claire, mais il peut y avoir des ajustements nécessaires en fonction de la réalité et des contraintes rencontrées par les différents acteurs impliqués. La mise en œuvre effective peut être complexe et exiger des ajustements pour garantir le respect du décret tout en prenant en compte les contraintes opérationnelles et logistiques.
Sur les deux mois de janvier et février, nous avons observé une augmentation significative du flux par rapport aux mois de 2022. De mai à février, nous avons traité 15 000 EVP.
Agence Ecofin : Selon vos propos, la situation actuelle entraînerait une perte d’au moins 50% du volume que vous étiez censé exécuter. Si cette capacité était libérée, pourriez-vous gérer autant de conteneurs au port sec ?
Dominique Nyazozo : La zone logistique de la plateforme industrielle d'Adétikopé, englobant notre port sec, est dotée d'une capacité importante. Nous parlons ici de 12 500 équivalents à 20 pieds (EVP). Avec un séjour moyen des conteneurs estimé à sept jours, notre capacité annuelle se rapproche des 400 000 EVP. Lorsqu'on prend en compte le volume actuel provenant des différentes lignes maritimes, y compris MSC, nous sommes pleinement en mesure de gérer un flux additionnel.
Actuellement, des 10 hectares disponibles sur notre site, nous n’exploitons que 6 hectares, offrant une capacité d'opération de 7 000 EVP. En exploitant les 4 hectares restants, nous atteindrons notre capacité maximale de 12 500 EVP.
Pour offrir un aperçu plus détaillé de nos installations, la zone logistique comprend le site du Port sec, consacré à l'entreposage des conteneurs. Par ailleurs, un espace est spécifiquement aménagé pour le dépotage et l’empotage. Sur la même plateforme d'Adétikopé, nos entrepôts couvrent une superficie de 42 000 m², complétée par un espace extérieur de 25 000 m². Nous avons aussi pris les dispositions nécessaires pour le stationnement des camions, avec un parking pouvant accueillir jusqu’à 484 camions simultanément.
Agence Ecofin : Quels sont vos principaux défis ?
Dominique Nyazozo : Notre défi actuel réside dans la réelle reprise des activités de transfert, bloquées depuis février, ce que nous espérons dans le cadre des négociations en cours. Nous étions sur une bonne lancée. Par exemple, sur les deux mois de janvier et février, nous avons observé une augmentation significative du flux par rapport aux mois de 2022. De mai à février, nous avons traité 15 000 EVP.
Nous espérons que tout va reprendre très rapidement.
Notre objectif à la reprise est d'atteindre les 100 % de transfert des conteneurs en transit pour toutes les lignes maritimes, ce qui implique que toutes les lignes reprennent rapidement leurs activités de transfert, y compris les conteneurs sous réquisition de l’UMCC (Unité Mixte de Contrôle des Conteneurs) dans le cadre de nos opérations.
Cette section est chargée de gérer les conteneurs prohibés ainsi que les marchandises interdites. L'UMCC émet des suspicions sur certains conteneurs, basées sur divers critères tels que la marchandise ou la provenance. Ces conteneurs sont alors désignés sous réquisition et doivent être inspectés avant de recevoir une mainlevée, permettant leur transfert. Jusqu'à présent, lorsqu'un conteneur était sous réquisition UMCC, il restait au port jusqu'à l'obtention de la mainlevée par le client ou son représentant. Nous envisageons une amélioration en permettant le transfert des conteneurs sous réquisition vers le port sec, où l'inspection pour la mainlevée pourrait être effectuée.
Agence Ecofin : En ce qui concerne le volet social, combien de personnes sont actuellement employées ?
Dominique Nyazozo : Actuellement, nous comptons environ 120 employés permanents. Certains d'entre eux sont directement recrutés par PIA ou le Port sec, tandis que d'autres sont sous contrat via une entreprise de placement. Cette dernière se charge de fournir le personnel en fonction des besoins spécifiques qui nous sont communiqués.
Agence Ecofin : Avez-vous envisagé de réduire les effectifs suite aux fluctuations d'activité ?
Dominique Nyazozo : En effet, cela a été envisagé comme l'une des options après l'arrêt des activités en février. Cependant, nous avons choisi de ne pas procéder à une réduction d’effectif malgré les coûts opérationnels élevés que cela implique pour la société.
L’Etat du Togo a bouclé avec succès le vendredi 11 août 2023, sa nouvelle sortie sur le marché ouest-africain des titres publics. Son émission simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) de 35 milliards FCFA a été sursouscrite à plus de 48 milliards FCFA mais le pays a retenu 38, 4 milliards FCFA.
Selon le rapport de l’opération publié par Umoa-titres, Lomé a collecté 24 milliards FCFA auprès des investisseurs ouest-africains via les BAT émis sur la maturité de 364 jours et 14 milliards FCFA sur les OAT stipulées sur 3 et 5 ans et assorties de taux d’intérêt de 6% et 6,25%.
D’après le relevé de l'émission, 31 investisseurs ont participé à cette opération.
Désormais, le Togo cumule 504 milliards FCFA de recettes mobilisées sur le marché financier régional. Sa prévision annuelle 2023 est établie à 574 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
À Lomé, l'Hôtel Sarakawa est en pleine transition énergétique vers le solaire, avec la mise en place d'une centrale photovoltaïque de 500 kilowatt-crête (KWC).

D'un coût de 496 millions de francs CFA, cette centrale solaire se déploie sur une superficie de 4 000 mètres carrés, habillant le toit du bâtiment principal de l'hôtel de 1 224 panneaux photovoltaïques, chacun agissant comme un générateur d'énergie renouvelable. L'infrastructure a été inaugurée par le fleuron de l'hôtellerie togolaise, vendredi 11 août 2023, en présence de plusieurs représentants du gouvernement, notamment le ministre en charge de l'environnement, Foli Bazi Katari, et le ministre de l'enseignement supérieur, Ihou Wateba Majesté.
L'infrastructure est le fruit d'une collaboration avec la société allemande Cool Solar Energy et fonctionne en symbiose avec l'énergie traditionnelle de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), ainsi qu'avec deux groupes électrogènes.

La nouvelle structure devrait permettre des économies substantielles. "Actuellement estimés à plus d'un demi-milliard de FCFA, ces coûts pourraient être ramenés à 350 millions de FCFA par an malgré l'extension de notre hôtel", selon Nathalie Bitho, administratrice de l'hôtel.
Le ministre de l'Environnement et des Ressources Forestières, Foli-Bazi Katari, a saisi l'occasion pour saluer cette démarche exemplaire, la qualifiant de manifestation concrète de l'engagement du Togo à lutter contre les changements climatiques et à réussir la transition énergétique.
Alors que la révolution des véhicules électriques prend forme progressivement au Togo et au Bénin, la Société Générale, va allouer jusqu'à 37,8 milliards FCFA (environ 63 millions USD) à Spiro (ex-Mauto), pour soutenir la start-up du fonds ATIF, également principal actionnaire d’Arise IIP, dans l'expansion de sa flotte de motos électriques dans ces deux pays.
La jeune pousse, ambitieuse, envisage de mettre en circulation plus de 2 millions de motos électriques dans une dizaine de pays africains d'ici à 2030. Elle propose à la location-vente deux modèles de moto, coûtant respectivement 1 500 et 1 900 dollars, et alimentés par des batteries offrant entre 75 et 90 kilomètres d'autonomie, selon l'usage et le modèle. Depuis avril 2022, Spiro indique avoir ainsi effectué plus de 2,5 millions d'échanges de batteries dans ses stations de recharge.

Ce financement de la banque française, garanti partiellement à hauteur de 70% par GuarantCo, une institution de garantie affiliée au Private Infrastructure Development Group (PIDG) britannique, se déclinera en deux tranches. La première, s'élevant à XOF 21 milliards (soit environ 35 millions USD), sera décaissée immédiatement.
Ces fonds serviront à aider Spiro à déployer sa flotte de motos électriques, ainsi que les batteries associées et les stations d'échange dans les deux pays voisins, et également à explorer son développement au Rwanda, avec en ligne de mire deux marchés : l'Ouganda, où un accord d'installation a déjà été signé, et le Kenya. On évoque également le Nigeria ces derniers jours.
Et les perspectives pour le secteur sont, tout aussi, prometteuses et alléchantes. Dans un rapport intitulé « The Future of Mobility », le cabinet de conseil McKinsey estime que la mobilité est « sur le point de subir une transformation majeure » et que les ventes de motos électriques en Afrique devraient représenter entre 50 % et 70 % des parts de marché sur le continent d'ici à 2040.
A juste titre, Spiro cible particulièrement les chauffeurs de taxi-moto, dont on estime le nombre à 400 000 au Bénin et au Togo. La jeune entreprise prévoit le déploiement de 15 700 nouvelles motos électriques propres, 31 400 batteries électriques et plus de 1 000 stations d'échange supplémentaires, renforçant ainsi le parc opérationnel existant, constitué de 5 706 véhicules et environ 130 stations d'échange au Bénin et au Togo.
« Ces motos électriques propres promettent de stimuler la croissance économique au Togo et au Bénin, et de répondre aux besoins urgents de mobilité en Afrique, » a commenté Mohamed Fadel Kane, Directeur de Structured Finance du Groupe Société Générale.
La mise en œuvre du projet devrait permettre de réduire l'équivalent de 96 kt de CO2 des émissions de gaz à effet de serre, « de sorte que les communautés urbaines bénéficieront particulièrement d'une réduction de la pollution atmosphérique à mesure que les moteurs à combustion interne seront remplacés », estime-t-on.
« Ce projet de mobilité électrique contribuera à améliorer l'environnement au profit des populations du Bénin et du Togo », a déclaré Layth Al-Falaki, PDG de GuarantCo. Il s'agit d'un pas significatif vers l'adoption de véhicules propres et abordables dans ces pays.
Pour Jules Samain, le nouveau CEO de Spiro, « cela va au-delà des motos électriques ; il s'agit de concevoir un avenir durable pour l'Afrique et de stimuler la croissance socio-économique. »
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, les choses se précisent pour la Semaine Africaine de la Microfinance (SAM 2023), prévue du 16 au 20 octobre, avec l'ouverture des inscriptions pour cette rencontre internationale.
Événement biennal de 5 jours dédié au développement de l'inclusion financière en Afrique, ce salon se définit comme la plus grande conférence en finance inclusive d'Afrique. Il est organisé depuis 2013 par le Réseau des Institutions Africaines de Microfinance (MAIN) dont le siège se trouve à Lomé, et l'Appui au Développement Autonome (ADA), une ONG luxembourgeoise qui utilise la finance inclusive pour aider les populations vulnérables en Afrique, Amérique centrale et Asie du Sud-Est.
Après le lancement de la 1ère SAM en 2013 à Arusha en Tanzanie, suivi d'une 2ème édition en 2015 à Dakar au Sénégal, une 3ème en 2017 à Addis-Abeba en Éthiopie, une 4ème à Ouagadougou au Burkina Faso en 2019, et la dernière édition en 2021 à Kigali au Rwanda qui a rassemblé près de 700 participants, c'est Lomé, la capitale togolaise, qui accueille la 6e édition de cet événement.
Cette édition est soutenue par le gouvernement togolais à travers le ministère de l'Inclusion financière et de l'Organisation du secteur informel et le FNFI, bras armé de l’exécutif sur les questions d'inclusion financière.
« La SAM 2023 marquera, c'est l'espoir de tous les acteurs impliqués, une importante étape pour le développement et la stratégie du secteur de la finance inclusive dans toute la région de l'Afrique de l'Ouest, » espère Mazamesso Assih, la ministre de l'Inclusion financière et de l'Organisation du secteur informel.
Conférences, networking, formation, Foire aux investisseurs, village des innovateurs, « la SAM sera une belle occasion de réunir tous les acteurs importants pour une réflexion commune sur la stratégie régionale afin de faire avancer et faciliter le secteur, » promet-elle.
Selon les organisateurs, près de 1 000 professionnels du secteur de la finance inclusive sont attendus en octobre au Centre international des conférences de Lomé pour le SAM 2023, qui se positionne comme une plateforme d'échange et de partage des meilleures pratiques, ouvrant «des discussions approfondies sur les innovations, les technologies et les stratégies visant à renforcer l'accès aux services financiers pour les populations souvent exclues des systèmes traditionnels».
Les inscriptions, ouvertes à partir de ce jeudi 10 août 2023, permettront aux participants de réserver leur place à ce rendez-vous international, et de se connecter à des experts, des praticiens et des leaders d'opinion dans le domaine de la microfinance et de l'inclusion financière, invités pour l'occasion, apprend-on.
Pour rappel, au Togo, le taux d'inclusion financière est passé de 82,72 % à 85,72 % de 2021 à 2022, en hausse de 3 points de pourcentage. Au sein de l'espace UEMOA, le pays devance le Bénin (85,52 %), et la Côte d'Ivoire (82,2 %), le plaçant en première place. Une belle réussite que les autorités togolaises compte bien partager au cours de cette semaine charnière. « Au Togo, la thématique de l'inclusion financière est une priorité. Le taux de bancarisation est élevé par rapport aux pays voisins de la région. Nous partagerons d'ailleurs notre expérience avec les acteurs régionaux dans la mise en place de bonnes pratiques,» a déclaré la ministre de tutelle.
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Au Togo, les dépenses du budget général sont estimées à 451,53 milliards FCFA à fin mars 2023, selon les données de la Direction générale du budget et des finances (DGBF) dans son “Rapport d’exécution du budget de l’Etat à fin mars, exercice 2023”. Ces dépenses correspondent à 23,11% de la prévision annuelle de 1 953,48 milliards FCFA.

Dans le même temps, le taux de réalisation des recettes du budget général est ressorti à 18,53%, soit un montant de 362,05 milliards FCFA sur une prévision annuelle de 1.953,48 milliards FCFA.
On note que l’enveloppe des dépenses entre janvier et mars, est en hausse d’environ 17%, rapportée à celle de la même période en 2022, qui s’était établie à 383,49 milliards FCFA.
Cette progression est due à un accroissement des dépenses en atténuation de recettes (43,04 milliards FCFA contre 24,36 milliards FCFA en 2022), des dépenses de transfert (63,46 milliards FCFA contre 54,14 en 2022) et des projets d'investissement (75,12 milliards FCFA contre 57,28 milliards FCFA l’année précédente).
Les charges du personnel ont aussi augmenté de 18%, passant de 55 milliards FCFA au premier trimestre 2022 à 65,42 milliards FCFA cette année 2023.
Esaïe Edoh
Au Togo, le gouvernement et le Secteur privé unissent leurs efforts pour instaurer un cadre de veille sur les importations frauduleuses. Cette structure, dont la création vise à intensifier la lutte contre la concurrence déloyale et à assurer une compétition équitable sur le marché, a été annoncée à l'issue de la dernière réunion du Comité de Concertation entre l’Etat et le Secteur Privé. Tenue le lundi 07 août 2023, cette deuxième réunion de l'année a été présidée par Sani Yaya, ministre en charge de l’Economie et des Finances, et a réuni différents membres du gouvernement, ainsi que des représentants du Secteur privé, notamment la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo).

Le cadre de veille sur les importations frauduleuses sera coordonné par le Secrétaire exécutif du Comité de concertation, Moyeme Baniab, cadre supérieur de banque.
Outre ces avancées, cette réunion a permis aux participants de suivre la progression des recommandations précédentes et d'évaluer l'engagement du secteur privé dans la commande publique. Des progrès significatifs ont été enregistrés, notamment dans la résolution des problèmes liés aux tarifs domaniaux au Port de Lomé et aux organes de recours fiscaux.
Le Comité annonce également une prochaine enquête de satisfaction du secteur privé. Selon le ministre Sani Yaya, cette enquête sera réalisée par l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED), et permettra d'obtenir un retour d'expérience sur les réformes engagées, dans le but d'améliorer continuellement la qualité des services publics.
Ayi Renaud Dossavi