Au Togo, les communes du Kloto ( Kloto 1, 2 et 3), espèrent mobiliser près de 20 milliards FCFA sur 5 ans, pour l’accès à l’énergie durable, dans le cadre du Plan d'Action pour l'Accès à l'Énergie Durable et pour le Climat (PAAEDC) dans les communes du Kloto. Le budget total des actions est estimé à 19,86 milliards FCFA dont environ 15,05 milliards FCFA destinés à l'adaptation, 965 millions FCFA aux mesures d’atténuation, et 3,845 milliards FCFA à l’accès à l’énergie.
Le PAAEDC est un plan quinquennal (2023-2028). Il vise à orienter les actions des communautés en matière d'adaptation et d'atténuation au changement climatique ainsi que d'accès à l'énergie des populations.
Ce plan d’action a fait l’objet d’une signature d’accord de lancement, le vendredi 17 février 2023, dans la ville touristique de Kpalimé située au nord-ouest à 120,3 km de Lomé la capitale, comme l’indique l’ATOP.
C’était à la faveur d’une rencontre de deux jours, marquée par la présence du ministre en charge de l’environnement, Foli Bazi-Katari, de la faîtière des communes du Togo, Yawa Kouigan, des maires de Kloto 1,2,3 et leurs collègues des autres mairies, ainsi que de représentants de partenaires techniques et financiers, dont la BAD, la BOAD, la Banque Mondiale et la BIDC, l'EU et Expertise France (chargé notamment de la mise en œuvre du projet).
« Le monde est secoué aujourd'hui et il est question de créer des forêts urbaines au sein des populations pour atténuer la chaleur. La région de Kloto est une région agricole, l'introduction de nouvelles variétés pour créer l'agroécologie, des plantes qui peuvent résister aux changements climatiques et apporter une plus-value à la filière café et cacao est un impératif. », indique notamment le maire de Kloto 1, Winnie Dogbatsè, dévoilant l’esprit du projet.
Le projet comporte 36 initiatives, dont l'installation de systèmes photovoltaïques en autoconsommation avec stockage, adaptés aux besoins des institutions communales ou encore le développement des transports publics, et la construction de gares routières.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, un appui budgétaire de la Banque mondiale s'annonce pour la période 2023-2024, à hauteur de 200 millions $, soit plus de 120 milliards de FCFA. Cette opération devrait couvrir des secteurs tels que l’agriculture, l’énergie, l’inclusion financière, l’éducation, la protection sociale et le genre.
L’information est rendue publique dans le sillage d’une entrevue, hier lundi 20 février 2023 à Lomé, entre Sandra Ablamba Johnson, Ministre, Secrétaire générale de la Présidence de la République, incidemment Gouverneur de la Banque mondiale, et Coralie Gevers, Directrice des opérations de la Région Afrique de l’ouest et centrale.

Leurs échanges ont porté notamment sur les priorités de l’institution de Bretton Woods au Togo, et sur le renforcement de leur partenariat.
L’appui budgétaire de la Banque mondiale repose sur trois piliers, en cohérence avec les axes stratégiques de la Feuille de route gouvernementale Togo 2025. « Il s’agit de favoriser un développement durable et inclusif, renforcer le capital humain et la résilience aux chocs et de créer l’espace budgétaire pour les dépenses prioritaires provenant des ressources de l’État et des entreprises publiques. », souligne la présidence togolaise.
Pour rappel, le portefeuille de la Banque mondiale au Togo comporte à ce jour 18 projets, dont 9 nationaux (d’un montant de 420,10 millions de dollars soit plus de 252 milliards FCFA), et 9 projets régionaux (d’un montant de 535,53 millions de dollars, soit environ 322 milliards de FCFA).
Ayi Renaud Dossavi
Lire aussi:
Togo: la Banque mondiale va injecter 95 milliards FCFA dans les projets socio-économiques
Le Togo et les Comores vont désormais collaborer dans le secteur de la régulation des télécommunications. L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) et l’Autorité Nationale de Régulation des Technologies de l’Information et des Communications (ANRTIC) des Îles Comores ont conclu à cet effet le 11 février un accord de partenariat.
En vertu de la convention signée par Yaovi Galley, DG de l’Arcep et Saïd Mouini Ahamada, n°1 de l’ANRTIC, les deux entités vont développer un partenariat gagnant-gagnant visant à relever les défis de régulation des télécommunications dans leurs pays respectifs.
Dans cette dynamique de collaboration, l’ARCEP a partagé ses expériences avec une délégation de l’ANRTIC en visite de travail au Togo du 4 au 11 février derniers. Durant ce séjour, l’ARCEP a présenté au régulateur comorien, son approche méthodologique pour l'élaboration d'un plan stratégique et opérationnel.
L’équipe de Yaovi Galley et celle de Saïd Mouini Ahamada se sont également entretenues au cours de la visite, sur les enjeux de la régulation économique et la nécessité de privilégier l’intérêt et la défense des droits des consommateurs. De même, elles ont évoqué l’importance de la digitalisation avec la mise en place de plateformes digitales et solutions technologiques performantes.
Esaïe Edoh
Une délégation du Millenium Challenge Corporation (MCC) conduite par son directeur adjoint, Mahmoud Bah, a échangé avec la cheffe du gouvernement togolais, Victoire Tomégah-Dogbé, le vendredi 17 février 2023 dernier à Lomé.
A l'issue des discussions centrées sur le Compact auquel le Togo a été déclaré éligible en décembre 2022, le directeur adjoint du MCC a annoncé une mission de travail sur les projets à financer dans le cadre de ce programme. L’équipe de travail va principalement identifier les secteurs clés qui nécessitent un accompagnement et sélectionner les grands projets à réaliser. Elle va échanger avec les membres du gouvernement afin de créer un cadre de partenariat avec les autorités togolaises pour avoir une convergence de vues, apprend-on.
Fin janvier dernier, le ministère de l’économie et des finances, a entamé une consultation de différents acteurs pour identifier les principaux obstacles à la croissance de l’économie togolaise et baliser la voie au programme d’assistance.
En rappel, le Togo est éligible au Compact après avoir décroché, en 2018, le programme Treshold, le premier niveau de subventions du Millenium Challenge Corporation (MCC). A ce jour, deux principaux projets sont mis en œuvre. Il s’agit d’un projet sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), avec une enveloppe de 20 milliards FCFA et un autre sur la réforme foncière pour l’accroissement de la productivité agricole (LRAP), financé à hauteur de près de 5 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
Lire aussi:
MCC : le Togo veut définir ses priorités pour le Compact
MCC 2023 : en course vers le Compact, le Togo valide 14 indicateurs sur 20
Au Togo, l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED) lance une enquête sur les conditions de vie des ménages de 45 quartiers pauvres du Grand Lomé, du lundi 20 février au samedi 29 avril 2023, dans les préfectures d'Agoé-Nyivé et du Golfe. Cette étude s'inscrit dans le cadre du déploiement des activités du financement additionnel du Projet de Filets sociaux et services de base (FA-FSB) par l'Agence Nationale d'Appui au Développement à la Base (ANADAB).
A cet effet, les enquêteurs collecteront des données sociodémographiques et enquêteront sur le niveau d'éducation, la santé, les conditions alimentaires, les caractéristiques du logement, l'état d'usage des biens durables et l'accès aux services sociaux de base des ménages ciblés, indique un communiqué conjoint de Payadowa Boukpessi, ministre en charge de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, et Myriam Dossou-d'Almeida, en charge du Développement à la Base.
Il s’agira d’obtenir une approche plus précise de la situation des populations dans les quartiers pauvres et d’adapter les politiques publiques en conséquence. Les ménages des 45 quartiers pauvres présentant des caractéristiques de vulnérabilité pourront se faire enregistrer auprès des chefs de quartier ou dans l'un des points d'enregistrement des 10 quartiers pilotes. Les quartiers pilotes sont Atsanvé, Lom-nava, Bè Apeyeme, Kpatefi Adidodokpo, Dogbeavu, Gbadago, Aveyime, Wete, Kanyikope et Devego.
Pour rappel, initialement prévu pour arriver à terme en décembre 2021, le projet de FSB a bénéficié d'un financement additionnel d'une valeur de 18 milliards FCFA constituée de 10 milliards FCFA alloués par la Banque Mondiale (BM), 6,5 milliards FCFA par l'Agence française de développement (AFD) et 1,5 milliard FCFA par l'État togolais. Le mécanisme d'appui court désormais jusqu’en juin 2023.
Ayi Renaud Dossavi
Lire aussi:
Le Togo, après avoir mobilisé 80 milliards FCFA sur le marché financier régional cette année, lance une nouvelle émission simultanée d'Obligations Assimilables du Trésor (OAT) et de Bons assimilables du trésor (BAT), pour lever 35 milliards FCFA.
Pour le compte de cette nouvelle sortie, la 4è de l’année, les obligations sont d’un nominal de 10 000 FCFA. Elles sont émises sur les maturités 3 et 5 ans avec respectivement 5,5 et 5,7% de taux d’intérêt. S’agissant des BAT, ils sont assortis d’un nominal de 1 million FCFA et d’un taux d’intérêt multiple sur une maturité de 364 jours.
En rappel, le Trésor public togolais prévoit de lever 574 milliards FCFA auprès des investisseurs de la sous-région ouest-africaine pour financer le budget national qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 1957 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
Présent en Allemagne la semaine dernière à l'occasion de la Conférence de Munich sur la Sécurité (du 17 au 19 février 2023), le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, a également effectué plusieurs échanges bilatéraux avec ses homologues de différents pays européens.
En marge de la rencontre internationale, le diplomate togolais s’est ainsi entretenu avec des représentants d'Allemagne, de la Lettonie, de la Slovénie, des Pays-Bas, ainsi qu'avec d'autres responsables.
Avec la ministre fédérale allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, les discussions ont porté sur la coopération entre Lomé et Berlin, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme, indique-t-on.
Avec les autres responsables, il a été question de l'approfondissement des relations avec ces partenaires européens, en matière de développement, de sécurité et de préservation de la paix.
J’ai rencontré la ministre allemande des Affaires Etrangères Annalena Baerbock en marge du #MSC2023 a #Munich. la coopération bilatérale et la paix dans le Sahel étaient objet de nos échanges. @GermanyDiplo @MunSecConf @ABaerbock pic.twitter.com/9xUA8rlRAl
— Robert Dussey (@rdussey) February 17, 2023
Robert Dussey a également rencontré le Général Michael Langley, commandant en chef du commandement américain pour l'Afrique (Africom), avec qui il a évoqué les défis sécuritaires dans la région du Sahel.
J ai eu un entretien fructueux avec mon homologue, le Ministre des Affaires Étrangères des pays bas M. Wopke Hoekstra. Le Togo apprécie l engagement de son pays aux côtés de notre gouvernement et pour la paix dans la région. @DutchMFA @WBHoekstra @MunSecConf #MSC2023 #Munich pic.twitter.com/LIXCQW8zwe
— Robert Dussey (@rdussey) February 18, 2023
Pour la diplomatie togolaise, cette participation à la Conférence de Munich sur la Sécurité ainsi que ces rencontres bilatérales marquent la volonté du pays de renforcer ses liens avec ses partenaires, notamment en matière de sécurité et de développement, en particulier dans un contexte de défis croissants sur le terrain de la sécurité dans la sous-région ouest-africaine.
Ayi Renaud Dossavi
Lire aussi :
Au Togo, le ministre de l’économie maritime, de la pêche et de la protection côtière, M. Kokou Edem Tengue, a inauguré la branche togolaise de Women in Logistics and Transport (WILAT Togo) le vendredi 17 février 2023. Il s'agit d'une association visant à renforcer la représentativité des femmes dans ce secteur stratégique.

Le WILAT Togo "est une opportunité qui permet aux femmes d'unir leurs forces, de renforcer leurs compétences grâce au réseautage, à la formation, etc., afin de mieux se faire entendre et de trouver leur place dans l'industrie du transport et de la logistique", a déclaré le ministre. Il a également affirmé que la mise en place de l'association "répond à la volonté du gouvernement de renforcer la gouvernance des politiques d'égalité en créant les conditions d'un accès égal aux métiers et aux responsabilités professionnelles entre les hommes et les femmes".
Outre le ministre, plusieurs personnalités ont participé à la cérémonie de lancement, dont le directeur général du Port Autonome de Lomé, le contre-amiral Fogan Adegnon, le président international élu du Chartered Institute of Logistics and Transport (CILT), Chairman Chief Teete Owusu-Nortey, la fondatrice de l'association WILAT, Hadja Aisha Ali-Ibrahim, et la Vice-présidente mondiale WILAT, Doreen Owusu Fiankoe.
Lire aussi:
Togo : inauguration d'un navire bitumier au Port de Lomé
Togo : entre trafics cargo et passagers, les aéroports se rêvent en hub sous-régional
Le Fonds monétaire international (FMI) va soutenir le Togo dans ses efforts visant à relever les défis sécuritaires notamment les menaces terroristes au nord du pays. Une mission de l’institution financière a échangé le vendredi 17 février dernier à Lomé avec la cheffe du gouvernement Victoire Tomégah-Dogbé sur des orientations politiques et les possibilités d’intervention du FMI.
Lors de l’entrevue, les deux parties ont fait le tour d’horizon de la situation sécuritaire qui prévaut dans la partie septentrionale du Togo et les réponses prises par les autorités. Elles ont principalement passé en revue les actions telles que l'État d’urgence sécuritaire décrété dans la région des Savanes, les opérations militaires « Koundalgou », et « Koundjoaré », la loi de programmation militaire 2021-2025 et le Plan d’Urgence pour la Résilience de la Région des Savanes (PURS).

Des suites des échanges, le chef de la délégation du FMI, Hans Weisfeld, a fait part de l’engagement de l'institution de Breton Wood à soutenir le gouvernement dans ses efforts à travers des initiatives visant à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables.
Cet engagement de l’institution de Bretton Woods aux côtés du Togo dans la lutte contre le terrorisme intervient alors que le pays en discussions avec elle depuis 2020, espère de trouver un nouvel accord, d’ici à la fin du premier trimestre 2023. Selon le ministre de l’économie et des finances, Sani Yaya, dans une interview lors du Sommet sur l’Industrie financière africaine (AFIS) qui s’est tenu à Lomé les 28 et 29 novembre derniers.
Esaïe Edoh
Au Togo, les initiatives entrepreneuriales des jeunes foisonnent. Si certains parmi eux bénéficient de l’incubation, beaucoup manquent de repères après cette étape pour bien développer leurs entreprises. C’est le problème que Dagba, un accélérateur de startups veut résoudre, afin de fabriquer des champions. Son fondateur et Managing partner d’Optimum Partners a accordé une interview à Togo First (TF).
TF : l'accélérateur Dagba, qu'est ce que c'est ?
Brice Tchendo: Dagba a un double sens. En Yoruba, il signifie grandir et en ewé, échouer. La rencontre de ces deux mots est dans la vie d'un entrepreneur qui doit grandir. Mais avant de grandir, on voit beaucoup de gens qui échouent. Nous, on s'est dit qu’on va créer un espace qui permet aux entrepreneurs de grandir et d'éviter d'échouer. Ceci se matérialise par un accompagnement qui s'appelle l'accélération, qui nous permet de soutenir les entrepreneurs depuis leur structuration jusqu'à la levée de fonds. Avec nos partenaires, les fonds d'investissement étrangers et investisseurs locaux, les Business Angels, on essaie de présenter, de faire le lien entre les investisseurs et les entrepreneurs. On accompagne les entrepreneurs pour qu'ils répondent aux critères des fonds d'investissement ou d'autres investisseurs, pour qu'ils aient des fonds pour se structurer, afin de mieux se développer.
TF : comment vous est venue l’idée de créer Dagba ?
L'idée de cet accélérateur est née depuis 2021. Je ne fais que deux ans à Lomé et ça m'a permis d'observer un peu le marché, de voir ce qui s'y passe, de voir les maillons faibles dans l'écosystème entrepreneurial. Ce qui m'a permis de concevoir un plan d'accompagnement qui pourra répondre aux besoins exacts et compléter un peu l'accompagnement du gouvernement à travers les incubateurs et tous les programmes d'accompagnement à l'entrepreneuriat qui existent.
TF : Pourquoi, justement, ciblez-vous le monde entrepreneurial togolais ?
On a remarqué qu'il y avait un certain nombre de dispositifs d'accompagnement de l'État au profit des micro-entrepreneurs. Il y a la phase où on accompagne de l'idée à l'entreprise, la phase où on stabilise l'entreprise avec un financement ou un fonds d'amorçage. Mais après, il n'y a plus d'accompagnement. Donc, les entrepreneurs sont laissés pour compte. Ils essaient d'avancer tant bien que mal et ça ne leur permet pas de s'exporter. Quand je dis « s'exporter », c'est de pouvoir sortir du pays, voir autre chose, avoir des ambitions à l'extérieur. Et donc, nous, on s'est dit voilà le créneau sur lequel on veut se positionner. C'est de prendre ceux qui sont sortis des incubateurs, ceux qui ont suivi ou pas des programmes d'accompagnement à l'entrepreneuriat et qui sont à un niveau où ils doivent être accélérés. « Accélérés », c'est ce que les Anglais appellent « scale up » et ils doivent scale up. Avant de « scale up », il faut avoir un certain nombre de choses, de structuration, de système de gouvernance, un certain nombre d'outils de gestion en interne pour que les investisseurs aient confiance en vous.
Au-delà du produit et du marketing, c'est aussi la personnalité de l'entrepreneur, le système de gouvernance qu'il met en place et la capacité à manager et à diriger son business qui sont importants pour un investisseur. Donc, nous, on s'est dit qu’on va se positionner sur ce créneau là, on va les accompagner, parce que c'est un besoin qu'on a identifié auprès des investisseurs, des banques, des fonds d'investissement qui disent que les entrepreneurs ne sont pas structurés et n'ont pas une vision claire du driving de leur société.
TF : avec combien de partenaires travaillez-vous sur cette initiative ?
Aujourd'hui, on a une dizaine de partenaires techniques qui nous accompagnent, que ce soit des cabinets d'avocats, des cabinets d'expertise comptable, des associations... Nous avons par exemple la chance aujourd'hui d'avoir le cabinet de Me Aquereburu, comme partenaire juridique et qui a accepté d'accompagner les entrepreneurs sur le volet juridique. Sur les fonds d'investissement, nous sommes en discussion avec cinq fonds qui ne sont pas au Togo et on essaie de les faire venir. Ils sont plus basés en Côte d'Ivoire ou au Sénégal. Il y en a en Afrique de l'Est également.
TF : aujourd'hui, il y a certains incubateurs qui existent déjà au Togo, comment entendez-vous vous démarquer sur ce segment ?
Les incubateurs sont nos partenaires, parce que justement, nous prenons des produits qui sortent des incubateurs. Nous sommes le premier accélérateur, justement, à Lomé et pour nous, l'idée, c'est d'être partenaire des incubateurs. Quand ils finissent leur phase d'incubation et qu'ils ont déjà atteint un certain niveau, nous, on les prend et on les accélère. Donc, faire la différence, je ne dirais pas ça, mais c'est plutôt être en partenariat avec ceux qui existent déjà.
TF : concrètement, l'entrepreneur qui quitte un incubateur, à quoi doit-il s'attendre avec-vous ?
L'entrepreneur qui suit un programme d'accélération, à la fin de ce programme, sera doté d’outils de gestion interne et sera mieux structuré. Ça, c'est la première des choses très importantes pour nous. Notre programme d'accélération démarre par une phase de diagnostic. Après le diagnostic, on met à niveau l'entreprise. Mettre à niveau signifie doter l'entreprise de systèmes de gouvernance, d’outils de gestion qui vont lui permettre de piloter l'entreprise avec efficacité et efficience.
Après tout ce programme d'accompagnement, suivra une levée de fonds. On les présente aux investisseurs, aux groupes d'investisseurs qu'on a, et c'est à ces investisseurs de pouvoir s'intéresser à leurs projets. Mais avant de les présenter aux investisseurs, on les prépare à ce qu'on appelle le pitch. Donc, il y a le pitch auquel ils sont très préparés et ils vont présenter leurs projets de manière spécifique à des investisseurs. Comme ces investisseurs ne sont pas des nationaux, il va falloir aller au-delà de ce qu'ils ont l'habitude de faire, de ce qu'ils ont vu déjà au niveau des incubateurs, aller au-delà et présenter leurs projets de manière spécifique pour que les fonds d'investissement puissent s'intéresser à leurs initiatives.
In fine, l'entrepreneur qui est déjà installé, qui suit notre programme d'accélération est mieux structuré et il est présenté au fonds d'investissement et à d'autres partenaires, puisqu'il y aura un networking. Il y aura un voyage d'études au Sénégal où ils vont sortir de leur zone de confort et aller voir autre chose, ce que leurs compères ont déjà fait dans un autre pays. Et donc, ils sortent de notre programme d'accélération, très transformés et mieux aguerris.
TF : quels sont les défis que vous voulez relever à travers cette initiative ?
Un seul défi, fabriquer des champions locaux. C'est ça, notre devise. On le voit ailleurs pour ce que j'ai vu avec mes précédentes expériences dans d'autres pays. C'est le pays qui doit fabriquer et non les entrepreneurs eux-mêmes. Les entrepreneurs ont des idées, des entreprises et essaient de rouler, mais après c'est le pays qui doit les porter. Parce que justement, dans l'écosystème entrepreneurial international, quand on parle des champions, le Togo est peu cité.
On vient de terminer la Semaine de l'innovation où on avait de très bons projets. Et ces projets-là, il faut pouvoir les accompagner. Il faut accélérer ces entrepreneurs pour qu'ils deviennent des champions locaux.
TF : quels sont les secteurs de l'entrepreneuriat que vous lorgnez déjà ?
Plusieurs secteurs. D'abord le secteur de la technologie. Nous avons déjà fait une phase de sélection. Donc on a déjà sélectionné les startups qu'on va accompagner pour cette première cohorte. Dans cette cohorte, on a huit secteurs d'activités dont la technologie en général, les Fintech, le commerce, l'agroalimentaire, la santé et le tourisme. C'est une phase pilote.
TF : quelles sont les dix entreprises retenues pour cette première cohorte ?
Il y a Kari Kari qu'on connaît bien, Edolé Africa, Fruity Fresh qui est dans l'agroalimentaire, le cabinet Precyeux qui est dans l'e-santé, Destination Togo, une agence de tourisme qui veut concevoir des parcours touristiques au Togo, Ego qui est dans la fintech. C'est une application qui permet de faire de l'interopérabilité des comptes mobiles money. Donc on peut transférer de l'argent de Flooz à Tmoney.
Nous avons aussi DobbeePay, une plateforme qui permet de lever des fonds pour des projets sociaux; Solimi une carte bancaire prépayée rechargeable via mobile money; Cash Water, un dispositif qui favorise la gestion automatique et autonome d’eau de forage.

TF : qu'est ce qui sera fait au cours de cette première phase ?
Le programme d'accélération est subdivisé en quatre étapes. La première étape, c'est un diagnostic global. Le diagnostic se fera sur l'entrepreneur, son produit, son organisation. Après ce diagnostic 360, on va identifier des leviers de croissance, puis bâtir un plan d'accélération.
Ensuite, on met à niveau, avec la conception de tous les outils de gestion, tous les systèmes de gouvernance interne et contrôle interne. Et donc il y aura un coaching pour l'éducation financière des entrepreneurs, parce que c'est très important. On les prépare à lever des fonds, donc il faut un certain nombre de connaissances en éducation financière. La mise à niveau va déboucher sur un voyage d'études.
Après cette étape là, il y aura justement un événement de levée de fonds qui sera grand public, comme on le voit aux Etats-Unis, où les dix entrepreneurs vont pitcher devant des investisseurs. Ce sera à ces investisseurs de dire devant tout le monde… “ton projet m'intéresse, je veux investir là dedans”.
TF : combien de temps va durer cette phase pilote ?
En réalité, la phase pilote dure six mois. On boucle la phase d'accompagnement technique en juillet avec l'événement de levée de fonds. Après on va les suivre, même ceux qui n'ont pas levé les fonds, c'est-à-dire que tous les dix seront accompagnés et suivis. Le suivi se fera pendant six mois, donc globalement un an pour pouvoir suivre cette cohorte jusqu'au bout. En décembre, on fera un bilan pour préparer la cohorte suivante.