Au Togo, Guillaume Djondo, actuel « Chief Digital officer », chargé de la communication digitale, à la présidence de la République togolaise, se distingue également dans le domaine littéraire.
Le trentenaire vient en effet de remporter le Prix Littéraire Komla Messan Nubukpo Poésie 2022, pour son recueil de poèmes "Senteurs des fleurs fanées", publié en 2018 aux éditions Awoudy.
Le prix, qui en est à sa 3ème édition, est décerné dans le cadre du Festival International Littérature et Arts, organisé par l'Association Nimble Feathers, en partenariat avec l'Université de Lomé (U.L). La cérémonie de remise de cette distinction s’est déroulée jeudi 23 juin 2022 à la clôture de ce festival qui est à sa 5ème édition.
« C’est un immense honneur de gagner le prix littéraire Komla Messan Nubukpo Poésie 2022. C’est nous gratifier d’un immense honneur si nous portons le prix attribué à cet éminent professeur d’Université. Cela nous fait comprendre que nous ne nous sommes pas trompés d’avoir choisi la voie qui est celle de la littérature et particulièrement celle de la poésie », a indiqué le nouveau lauréat. « Je suis vraiment heureux et je tiens à attribuer ce prix à mon père parce que sans lui, je ne pense pas en arriver là. C’est lui qui pendant longtemps, nous a insufflé et donné cet amour pour la littérature. », a-t-il ajouté.

Les deuxième et troisième prix de la compétition ont été attribués à Jean Akiti, pour son recueil « Le moulin de Djacko », et à Didier Nagbe, pour « Vers de ma patrie ».
Juriste de formation, Guillaume Djondo est blogueur depuis plusieurs années (d’ailleurs l’un des plus connus au Togo, dans le domaine), et également promoteur des Togo Digital Awards, événement qui distingue et promeut les créateurs de contenus et les initiatives dans le domaine du digital au Togo.
Ayi Renaud Dossavi
Un peu plus d’un an après avoir perdu sa bataille judiciaire contre l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP) qui lui avait infligé une amende d’un milliard FCFA pour pratiques de différenciation tarifaire inter-réseaux, l’opérateur de téléphonie mobile Togocel est à nouveau sous la menace d’une sanction.
En effet, convoquée par le gendarme togolais des communications électroniques, c’est une forte délégation de Togocel, conduite par son DG Paulin Alazard qui s’est présentée ce jeudi 23 juin 2022 devant le Comité de direction de l’ARCEP, officiant comme juge, les directeurs et le DG de l’ARCEP Yaovi Galley, dans le rôle de procureur et Kadiri Ouro-Agoro, directeur juridique et de la protection des consommateurs, ès qualité rapporteur.

L’accusation
Principal chef d’accusation retenu contre l’opérateur passé dans l’escarcelle du groupe Axian : la récurrence des cas d’interruption, de perturbation ou de coupure de ses services, en violation de l’obligation inscrite dans son cahier des charges d’assurer une disponibilité permanente et continue de ses services. Ceci, en dépit d’un moratoire de 18 mois autrefois obtenu par l’acteur de téléphonie mobile pour se mettre aux normes.
Si dans son exposé des faits, le rapporteur a relevé chronologiquement les cas de perturbations incriminés, sonnant ainsi la charge contre Togocel et rappelant ses manquements à son obligation d’assurer une disponibilité permanente et continue de ses services, l’opérateur essaiera de les justifier par des causes extérieures.
La ligne de défense de Togocel
Togocel invoquera des faits comme la coupure de sa fibre optique du fait des travaux routiers, des actes de vols et de vandalisme sur son réseau, des difficultés logistiques et d’approvisionnement en raison de Covid-19 et du contexte international retardant la mise en œuvre du plan de mise en conformité présenté il y a 18 mois, des défauts de transmission pour coupure de l’alimentation électrique et autres.

Paulin Alazard et ses collaborateurs plaideront pour un nouveau moratoire de 6 mois, pour achever les grands chantiers en cours et réaliser d’autres investissements majeurs afin de remédier au problème. Ils en appelleront surtout à la clémence et à l’accompagnement de l’ARCEP dans la mise en œuvre de leur ambitieux projet.
Battue en brèche…
S’il est vrai que les arguments développés par Togocel avec une vue panoramique sur son plan d’investissements étaient pertinents, il n’en demeure pas moins qu’ils ont été balayés d'un revers de main par le DG de l’ARCEP. Celui-ci, sur la base des données récupérées sur le serveur de l’opérateur, a estimé qu’à la lumière de son cahier des charges, les facteurs explicatifs évoqués n’étaient pas des cas de force majeure qui, seuls, pouvaient le dédouaner...
A noter que la non disponibilité permanente des services de Togocel, surtout dans la partie septentrionale du pays, a suscité beaucoup de réactions alors que cette zone est depuis quelque temps, la cible d’attaques terroristes dont celle de Kpekpakandi, survenue dans la nuit du 10 au 11 mai 2022, qui a occasionné plusieurs blessés et coûté la vie à 8 soldats.
Au regard de tout ce qu’il qualifie de manquements graves et surtout répétés à son cahier des charges, Yaovi Galley a « requis » une sanction exemplaire contre l’opérateur de téléphonie mobile, au nom de la régulation et de la protection des consommateurs.
C’est ainsi que le sort de Togocel se retrouve à nouveau entre les mains du comité de direction qui devra délibérer. La décision est attendue très prochainement.
Séna Akoda
Au Togo, l’Université de Lomé (UL) a réceptionné du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ce jeudi 23 juin 2022, une infrastructure qui abrite le Laboratoire de Télédétection Appliquée et de Géoinformatique (LTAG) après environ une année de travaux. D’une valeur de plus de 170 millions FCFA, elle est mise à disposition de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS).
Ce laboratoire, selon l’U.L, servira de cadre pour les spécialistes et chercheurs en géomatique qui pourront, grâce au ressources matérielles et logicielles de pointe disponibles dans le centre, réaliser diverses recherches. Il servira également de lieu de formation à travers des enseignements magistraux de géographie humaine et de géographie physique sous forme de travaux dirigés. La formation sera offerte aux niveaux Licence, Master et Doctorat, apprend-on.

« Ce laboratoire permettra aussi de mettre à disposition de différentes structures selon leurs besoins, des données et informations spatiales dans plusieurs domaines de développement socioéconomique », a indiqué Kossiwa Zinsou-Klassou, Cheffe par intérim du département de la géographie de l’U.L.
A l’occasion de l’inauguration de l’infrastructure, le représentant-résident au Togo, Mamadou Aliou Dia, a rappelé, pour sa part, que l’appui à la FSHS, n’est pas le premier ni le dernier aux départements de l’U.L. « Le PNUD est disponible à soutenir d'autres initiatives du temple du savoir », a-t-il promis.
Esaïe Edoh
Annoncées en début de semaine par Togo First, les journées portes ouvertes de la Banque mondiale, organisées en partenariat avec le gouvernement, se sont ouvertes au siège de l'institution à Lomé, dans la Cité OUA, ce jeudi 23 juin 2022.
La rencontre, officiellement lancée en présence du Premier ministre, cheffe du gouvernement, Victoire Tomegah Dogbe, s’est tenue en présence de nombreux membres du gouvernement et d’acteurs du public et du privé, et du Top management de la Banque mondiale au Togo. Plus précisément de la Directrice des opérations, Coralie Gevers, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Guinée, de Hawa Cissé Wagué, représentante résidente de la Banque mondiale au Togo, et de Christopher Balliet Bleziri, représentant résident de la SFI (Société financière internationale).

Un portefeuille multiplié par quatre en quatre ans
Ces JPO, une première depuis le Covid, s'ouvrent dans un contexte de forte progression du portefeuille de la Banque mondiale au Togo, passant notamment de 236,8 millions $ en 2018 à 917,5 millions $ aujourd’hui.
« Le Togo a accompli des progrès économiques et sociaux importants ces dernières années grâce aux réformes et investissements consentis dans des secteurs importants. Le Groupe de la banque mondiale est satisfait de contribuer aux transformations en cours dans le pays et va continuer à accompagner les efforts du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté, la promotion de la prospérité partagée », a indiqué pour sa part Coralie Gevers, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Guinée.
« Les présentes portes ouvertes célèbrent l'excellent partenariat qui existe entre le Groupe de la Banque mondiale et notre pays. Elles visent à mettre en exergue les différentes réalisations de l'institution en appui aux efforts de lutte contre la pauvreté, de promotion de la prospérité partagée et de développement durable », a indiqué Sandra Ablamba Johnson, Ministre, Secrétaire générale de la Présidence togolaise, et Gouverneur de la banque mondiale pour le Togo au lancement de l’événement.

« Le groupe de la Banque mondiale est l'un des partenaires stratégiques du Togo, avec un apport de plus de 20% au capital total des partenaires techniques et financiers de notre pays. Son appui a permis de réaliser des investissements importants et de mener des réformes majeures qui ont produit de bons résultats. », a-t-elle ajouté.
Le portefeuille de la Banque mondiale couvre à ce jour 19 projets, répartis sur plusieurs secteurs : l'éducation, la santé, protection sociale, agriculture, environnement, énergie, infrastructure et transport. De son côté, la SFI (société financière internationale), branche du groupe de la Banque mondiale tournée vers le secteur privé, revendique des interventions à hauteur de 165 millions $.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la ministre chargée de la promotion des investissements, Rose Kayi Mivedor, a promu le Togo en tant que terre d'investissements mercredi 22 juin 2022, alors qu’elle prenait part au siège d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), à une rencontre virtuelle avec des Business Angels (personnes physiques qui décident d'investir une partie de leur patrimoine financier dans des sociétés innovantes à fort potentiel) du monde entier. Une rencontre à laquelle ont participé plusieurs autres acteurs de l’écosystème entrepreneurial et des investissements au Togo et au cours de laquelle la ministre a présenté le Togo comme « le secret le mieux gardé d'Afrique ».
« Pour promouvoir les investissements au Togo, un cadre institutionnel est mis en place avec l'Agence de Promotion des Investissements et de la Zone Franche (API-ZF) qui est disponible pour accompagner les investisseurs sur tout leur parcours, de la phase de prospection jusqu'à l'exploitation. », a-t-elle notamment indiqué.
Ces travaux se tiennent dans le cadre de la semaine du « World Business Angel Investors Week 2022 » (Semaine mondiale des investisseurs providentiels), du 20 au 26 juin, et regroupant les investisseurs du monde entier.

#PromoInvestTg #InvestInTogo #Denyigban
— Ministère de la Promotion de l’Investissement (@Promo_InvestTg) June 22, 2022
Du 20 au 26 juin se déroule la semaine du "World Business Angel Investors Week 2022" regroupant les investisseurs du monde entier. @CommunicationTg @GouvTg pic.twitter.com/cN7EmEHAhh
La ministre a ainsi mis en avant les avantages et facilités qu'offre le pays en termes d'investissements, notamment le cadre législatif et fiscal avantageux mis en place pour favoriser l'implantation de nouveaux champions. Mais il s’est agi aussi d’appeler les Business Angels et investisseurs à soutenir « l'opportunité de créer des champions nationaux qui partiront à l'assaut du marché régional, continental et international », et « la nécessité de développement d’une nouvelle initiative d'assistance technique, notamment le Conseil, la formation et la structuration, des financements permettant de changer d'échelle ».
« Et je voudrais pour finir, vous inviter à découvrir le Togo, comme on dit, le secret le mieux gardé d'Afrique, et la porte d'entrée sur l'Afrique de l'Ouest, un pays résolument tourné vers le futur, une grande opportunité et où il est facile de faire des affaires ».

La rencontre a connu la participation de plusieurs acteurs et experts dans leurs différents domaines, dont Sahouda Gbadamassi Mivedor, DG du FAIEJ, Paul-Harry Aithnard, DG d'Ecobank Côte d'Ivoire, et d'entrepreneurs comme Gado Bemah, Ismaël Tanko, et Urbain Amoussou.
“World Business Angel Investors Week 2022”
Cette semaine de rencontres en format hybride est promue au Togo par Ige Olatokunbo, représentante nationale du World Business Angels Forum (WBAF).
« J'espère vivement qu'à la suite de nos échanges, nous aurons de nouveaux partenariats qui faciliteront les investissements transfrontaliers, l'accès aux financements des entreprises créées par des femmes, des entreprises résilientes et des banques plus flexibles pour la croissance de nos startups. », a-t-elle indiqué dans son intervention liminaire.
Ayi Renaud Dossavi
A l’orée des prochaines Journées Portes Ouvertes (JPO) de la Banque mondiale qui se tiennent les 23 et 24 juin 2022 à Lomé, Togo First s’est entretenu avec Hawa Cissé Wagué, la représentante résidente de l'institution dans le pays, depuis quatre ans. L'occasion de revenir sur cette future rencontre avec le grand public, les projets couverts par la Banque, les activités menées ces dernières années, et ses perspectives au Togo. Interview exclusive.
TF : La Banque mondiale organise les 23 et 24 juin ses Journées Portes Ouvertes (JPO). Quelles seront leurs particularités ?
ACW : Nous organisons effectivement les 23 et 24 juin 2022, ici au Bureau de la Banque mondiale à Lomé, nos prochaines JPO. La dernière fois que nous avons organisé un tel événement, c’était il y a presque 4 ans, en 2018, et depuis, il y a eu une bonne évolution.
Tout d’abord, c’est la première édition depuis le début de la crise du Covid-19, et plus largement, de la combinaison de crises que nous vivons aujourd'hui. Cela vient donc à un moment très particulier où la Banque a pu s'ajuster et accompagner le gouvernement à faire face à ces crises. Nous avons presque bouclé la stratégie de partenariat, et travaillons à en élaborer une nouvelle. C’est donc une occasion de montrer les résultats qui ont pu être atteints de la stratégie précédente.
La deuxième particularité de ces JPO, c'est qu'on les tient pour tout le groupe de la banque mondiale, y compris la Société Financière internationale (IFC -International Finance Corporation-, ndlr), qui est la branche de la Banque mondiale qui finance et appuie le secteur privé et qui s’est implantée en 2019 au Togo. Donc, c'est une innovation par rapport à ce qu'on a fait en 2018.
“Des Journées Portes Ouvertes pour tout le Groupe de la Banque Mondiale, y compris la Société Financière Internationale (IFC)”
Durant ces rencontres, nous ferons des présentations et des discussions autour des études analytiques qu'on a réalisées dernièrement. Au moins trois études vont être présentées, notamment l'étude sur le mémorandum économique pays qui parle des sources de croissance, comment avoir une croissance inclusive au Togo et quels sont les secteurs porteurs. La deuxième étude est sur l'évaluation de la pauvreté et le genre, qui fait aussi un focus sur ce qui se passe en termes de réduction de la pauvreté, et ce qui peut être fait pour réduire davantage la pauvreté dans le pays. Enfin, la troisième étude, c'est la revue des dépenses publiques qui nous dit un peu comment les dépenses publiques se sont comportées au Togo sur ces dernières années et les recommandations.
#Togo
— Banque mondiale AFR (@BM_Afrique) June 22, 2022
✔️Vous habitez #Lomé ou ses environs ?
✔️Vous êtes libre les 23 et/ou 24/06 ?
Si vous avez répondu OUI à ces 2 questions, écoutez le message de Renaud - @Renaudoss notre lauréat #Blog4Dev 2019 ?
Plus d'infos : https://t.co/hsHTwetJfj#Immersion19 pic.twitter.com/D7WtjMBx60
La Banque mondiale a souvent la réputation de ne faire que du financement. Mais sa force, c'est qu'elle est présente dans presque tous les pays au monde, donc elle a une expérience au niveau mondial qui peut être partagée avec les pays dans lesquels on travaille. Faire des études analytiques nous permet d'avoir cette connaissance, et de faire des recommandations qui vont servir les gouvernements. C'est ce qu'on va présenter au cours de ces JPO.
T.F : Le portefeuille de la Banque mondiale au Togo s’est beaucoup diversifié ces dernières années. A combien est-il évalué aujourd’hui ? De quoi est-il composé ? Qu'est-ce qui explique une telle progression ?
ACW : Vous avez raison, le portefeuille de la Banque mondiale a beaucoup évolué ces 3 à 4 dernières années. Il est ainsi de plus de 917,5 millions $ aujourd’hui, comparativement à 2018, c'était autour de 236,8 millions $.
Cette augmentation rapide s'explique par deux choses : la première, c'est que le Togo a eu une bonne performance au niveau des réformes, qui sont capturées dans le score du CPIA. Ce score est un indicateur important dans l'allocation des ressources IDA aux pays. Le Togo a fait progresser son score à 3.5 aujourd’hui. Cette progression a permis d’augmenter les allocations des ressources IDA au Togo, qui ont connu une forte évolution positive ces dernières années.
Lire aussi : Le Togo maintient (toujours) ses progrès en matière de Politiques Publiques, selon la Banque mondiale
Deuxièmement, quand la crise du Covid est venue, la Banque a accéléré la mise à disposition des fonds à tous les pays du monde, en 2020 et 2021, les ressources de tous les pays ont ainsi augmenté.
Par exemple, pour “IDA 19”, les fonds mobilisés pour 3 ans ont été exécutés sur 2 ans seulement. Ce sont ces facteurs qui ont contribué à augmenter les ressources du pays.
TF : Qu’en est-il des domaines couverts ?
ACW : Notre portefeuille couvre différents secteurs, mais nous avons fait un focus sur le développement humain, la santé, l’éducation et la protection sociale. Parce que la crise du Covid a démontré l’importance pour nous de renforcer le capital humain dans les pays et de faire en sorte que les opportunités de chaque Togolais, surtout les plus jeunes, soient augmentées avec le temps, de même que leur productivité.
Lire aussi : Filets sociaux et services de base : 900 villages sélectionnés pour le financement additionnel - Togo First
On parle souvent de l’indice du capital humain. Quand on regarde celui du Togo, il est relativement bas (0.43), ce qui veut dire qu’un enfant qui naît aujourd’hui dans les conditions actuelles de santé, de l’éducation et de la protection sociale, sera seulement 43% productif quand il aura 18 ans.
Alors que si on investit dans le capital humain dans ces trois secteurs, on pourra changer cette donne et avoir des adultes beaucoup plus productifs que ceux qu’on aurait aujourd’hui, si rien ne changeait. C’est le développement humain.
Ceci étant, nous savons aussi que les autres secteurs doivent en même temps suivre, surtout les secteurs productifs, pour créer de la richesse et augmenter la distribution des revenus. Donc nous intervenons dans l’agriculture, l’énergie, le digital et tout ce qui concerne les réformes.
Parce que seul, on ne peut pas faire grand-chose, il faut que le gouvernement mette en œuvre les réformes qui permettent d’améliorer la gouvernance, d’avoir une soutenabilité dans la gestion des finances publiques pour que toutes les ressources publiques puissent être mieux gérées, et d’avoir des résultats.

Un dernier point, on a aussi beaucoup appuyé les réformes pour pouvoir mobiliser plus d’investissements privés, qui vont contribuer à la création de richesses et d’emplois dans le pays.
Lire aussi : Coronavirus : la Banque mondiale accorde 70 millions $ au Togo, pour redresser son économie
TF : Parlons justement des ressources IDA. On constate que le taux de consommation du Togo reste dans le sillage des 30%. Qu’est-ce qui freine une plus importante consommation ?
ACW : Rassurez-vous, cette question est récurrente et ne concerne pas seulement le Togo, mais l’ensemble des pays en développement, en général. Ceci étant, le Togo a un taux de décaissement autour de 30% et nous pensons que cela peut augmenter dans les jours qui viennent. La performance n’est pas si mauvaise, comparée à ce qu’on observe ailleurs.
Par exemple au niveau régional (Afrique de l’Ouest et du Centre), le Togo fait partie des pays qui performent le mieux en termes de taux de décaissement. L’année passée (en prenant en compte l’année fiscale, ndlr), le Togo avait fait 56%. Le Togo a été très performant, comparé à la moyenne, qui était autour de 20%. Le Togo est donc au-dessus des autres pays comparables, mais quand même en dessous des objectifs que le gouvernement s’est lui-même fixés, et peut faire beaucoup mieux. Il y a de la capacité au sein de l’administration publique pour le faire.
“ Au niveau régional (Afrique de l’Ouest et du Centre), le Togo fait partie des pays qui performent le mieux en termes de taux de décaissement.”
Quelles sont les contraintes qui font que le taux de décaissement n’a pas pu aller au niveau de l’année passée ? Je dirais qu’on a eu de nouveaux projets qui n’étaient pas suffisamment mûrs pour être mis en œuvre. Par conséquent, il y a eu assez de va-et-vient. C’est une leçon pour le futur sur lequel il faut travailler.
D’une façon générale, il faut noter que tout ce qui concerne la passation de marchés prend plus de temps que ce qui est normalement prévu dans les textes. Je pense que le Togo et tous les pays qui lui ressemblent devraient faire un effort dans ce sens. Ces pays doivent faire en sorte que la passation des marchés soit améliorée pour qu’on puisse parvenir à mettre en œuvre rapidement des activités.
Toujours sur ce volet, le dernier point concerne le recrutement. Les entreprises qui exécutent les infrastructures ne sont pas suffisamment préparées. On se retrouve ainsi avec des entreprises locales qui n’arrivent pas à exécuter les activités dans le temps imparti. Ce qui fait qu’à la fin, une activité qui devrait être achevée en quelques mois, se retrouve étendue à quelques années.
Il est donc important de renforcer les capacités des entreprises dans le pays parce que c’est important de pouvoir passer par elles pour créer des emplois et de la richesse dans le pays. Mais tout cela doit se faire tout en permettant à ces entreprises d’améliorer leurs performances.
T.F : Alors que le Togo, comme d’autres pays, commençait à se remettre de la crise du coronavirus, le conflit russo-ukrainien est venu en rajouter une couche, avec de nouveaux impacts. Cela demande aux gouvernements de savoir se réinventer et quelquefois, de changer d’orientation en matière de politique de développement. Pour la Banque Mondiale qui est un partenaire du gouvernement, est-ce qu’on se dirige vers un réajustement du dispositif de soutien financier, voire du nouveau cadre de partenariat, qui, rappelons-le, est en cours d’élaboration ?
ACW : La Banque Mondiale a montré au Togo et dans d’autres pays qu’elle est une institution de développement qui aide les pays à gérer des crises, comme lorsque la crise sanitaire du coronavirus a surgi.
Avec la guerre entre l’Ukraine et la Russie, la Banque est capable de travailler avec les pays pour atténuer les impacts tout en gardant à l’esprit, l’objectif de développement à moyen et à long terme. Cependant, il ne faut pas que l’urgence de la crise fasse oublier l’importance d’agir pour le développement. Si cette erreur est commise, cela risque de créer une situation sans résilience. La Banque a su s’ajuster en période de Covid-19 et est en train de le faire face à la crise en Ukraine. Nous disposons d’un certain nombre d’outils flexibles pour supporter le gouvernement togolais en cas de besoin, répondre à la crise, faire face à la crise alimentaire ou pour financer l’agriculture.
Ceci peut se faire en amont de la mise en place d’une nouvelle stratégie pays. Il y a des mécanismes qui peuvent être déclenchés pour utiliser les ressources des portefeuilles existants, mais il y a aussi la capacité d’initier de nouvelles opérations comme l’appui budgétaire que la Banque a accordé au début de la Covid-19. Pour le Togo, cet appui s’est élevé à 70 millions $. Quand le besoin est là, la Banque arrive à aider rapidement le pays. Et face à cette crise qui s’ajoute à d’autres, la Banque est aux côtés du gouvernement pour identifier les défis. Dans le cadre du Togo, la Banque vient de lancer le programme de sécurité alimentaire et de résilience. Ce programme peut être utilisé pour répondre à la crise.
TF : Parlant de résilience, plusieurs projets lancés par le Togo et financés par la Banque mondiale ont donné de bons résultats, selon le gouvernement. Au vu du nouveau contexte mondial, y-a-t-il un nouveau paradigme opéré au niveau de la banque, s’agissant des nouveaux projets ?
ACW : Oui. Ce changement de paradigme a déjà commencé depuis longtemps avant la crise, comme le montre par exemple le programme de sécurité alimentaire et de résilience régional, lancé récemment. L’idée, c’est de mettre en place les opportunités pour que non seulement l’agriculture pratiquée au niveau de nos pays dans la région de la CEDEAO puisse servir les agriculteurs et leurs familles, mais aussi que le surplus puisse être échangé dans les différents marchés. Donc, on essaie de travailler sur différents aspects et d’attirer l’investissement privé, parce que c’est très important.
S’adapter aux changements climatiques est un autre aspect très important. Donc nous créons des possibilités de résilience. Mais un aspect important, qu’on n’a peut-être pas pris en compte mais qui est du ressort des gouvernants plus que de la banque, c’est la mise à disposition des engrais locaux.
Le Togo est un pays qui a du phosphate. Ce serait bien s’il produisait de l’engrais à partir de cette ressource, et qui profite au reste de la sous-région. Parce que si on n’a pas d’engrais, ce n’est pas sûr que la productivité va augmenter, malgré la mécanisation ou l’irrigation. Il est donc aussi important de sécuriser ces aspects-là.
“Le Togo est un pays qui a du phosphate. Ce serait bien s’il produisait de l’engrais à partir de cette ressource, et qui profite au reste de la sous-région. Parce que si on n’a pas d’engrais, ce n’est pas sûr que la productivité va augmenter, malgré la mécanisation ou l’irrigation. Il est donc aussi important de sécuriser ces aspects-là”.
Un autre aspect qu’on regarde où la réforme est importante, souhaitée, et dépend du gouvernement, c’est au niveau de la recherche dans l’agriculture : l’innovation et la recherche sont importantes pour pouvoir avancer et je pense que cela dépend des gouvernements.
Faire des réformes pour attirer les investisseurs privés dans les domaines importants reste un pilier important. Peut-être un dernier aspect sur l’agriculture qui nous tient à cœur, c’est qu’on a remarqué sur la base des statistiques que dans le secteur, les agriculteurs les plus résilients sont aussi les plus pauvres en général parce qu’ils n’ont pas d’autres alternatives. Donc il faut vraiment trouver un moyen pour les supporter, de telle sorte qu’ils aient une activité plus productive qui leur bénéficie ainsi qu’au reste de la population autour d’eux.
“ (...) Les petites interventions que nous menons, qu’on pense parfois insignifiantes, ont un impact très important sur la vie d’une personne et parfois toute sa communauté.”
TF : Après toutes ces années à piloter et représenter les activités de la Banque au Togo, qu’est-ce qui fait votre plus grande fierté depuis que vous êtes arrivée ?
C’est difficile de choisir. Il y a eu beaucoup de réalisations qu’on peut montrer parmi les résultats atteints dans la mise en œuvre de la stratégie du pays depuis 2018 jusqu’à présent.
Mais je pense que quand je venais d’arriver au Togo, on m’a demandé ce que j’aimerais voir changer dans le pays, ce que j’aimerais apporter de plus. J’ai dit que ce serait bien de voir que les populations vulnérables puissent par elles-mêmes changer leur situation. Je pense que beaucoup de projets ont concouru à cela. Les projets qui ont le plus contribué sont ceux de protection sociale, à travers le transfert monétaire, l’emploi des jeunes vulnérables. Ils ont donné l’occasion à certaines femmes et jeunes, de se prendre en charge pendant un certain temps, d’avoir des activités génératrices de revenu et de complètement impacter l’économie locale.

Par mes tournées sur le terrain, à l’intérieur du pays, j’ai pu constater que les petites interventions que nous menons, qu’on pense parfois insignifiantes, ont un impact très important sur la vie d’une personne et parfois toute sa communauté.
Interview réalisée par Ayi Renaud Dossavi & Octave A. Bruce
Lire aussi :
Interview exclusive avec Ousmane Diagana, Vice-Président de la Banque mondiale - Togo First
Plusieurs projets visant la protection et la préservation de l’environnement dans la capitale togolaise, Lomé, seront financés par le District autonome du Grand Lomé (DAGL) à hauteur de 35 millions FCFA. Ce financement va être alloué dans le cadre de la 2ème édition de l’appel à projets destiné aux fédérations et associations sportives togolaises opérant sur le territoire du Grand Lomé, que vient de lancer l’autorité sur la période du 21 juin au 22 juillet 2022.
Le DAGL va sélectionner des projets de promotion des activités sportives dans le Grand Lomé en particulier, ceux des femmes et des filles qui s’exécutent à travers la sensibilisation de la population sur la gestion des déchets en particulier, et la protection de l’environnement, en général.
Les associations ou fédérations sportives dont les projets seront retenus recevront chacune, un financement d’une valeur de 2,5 millions F CFA à 5 millions F CFA, chacune, selon l’impact de l’initiative proposée.
En rappel, cet appel à projets s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la 3ème phase du Projet Environnement Urbain de Lomé (PEUL 3) précisément sa composante 4. « Sport et Développement ». Un projet financé par l’Agence Française de Développement (AFD).
Esaïe Edoh
Intervenant dans le cadre de la 2è édition du Forum économique annuel du Qatar, au cours de la séquence consacrée au futur du continent, intitulée « In conversation with President Gnassingbé » le mardi 21 juin 2022, le président togolais Faure Gnassingbé a mis l’accent sur les différentes opportunités offertes par le pays aux investisseurs.
Le dirigeant togolais a principalement mis les projecteurs sur les initiatives attractives du pays, visant le développement des chaînes de valeur particulièrement au profit de la compétitivité du Port autonome de Lomé (PAL) qui constitue un maillon important de l'économie togolaise.

L’inclusion socioéconomique du Togo, dans le cadre du contexte de crise sanitaire, l’inflation et l’insécurité au plan régional, ont été également évoquées par le Président togolais Faure Gnassingbé.
S’agissant de la crise sanitaire, le N°1 togolais a rappelé que « le Togo a su la gérer en essayant d’apporter des solutions aux populations défavorisées dès le début de la pandémie ».
Faure Gnassingbé a présenté les solutions proposées contre la menace djihadiste à laquelle le Togo et plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine sont confrontés, et le Programme d’urgence pour la région des Savanes. Un programme financé à hauteur de 16 milliards FCFA, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.
Au cours du panel, le président togolais a par ailleurs dévoilé aux investisseurs, les grands axes de la feuille de route 2025 qui visent à renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales, la création d’emplois et la modernisation du pays.
Pour rappel, le Chef de l’Etat togolais est intervenu devant un parterre de représentants d’institutions financières internationales, d’entreprises et de diplomates.
Esaïe Edoh
Lire aussi :
Au Togo, les autorités, considérant les établissements hôteliers comme de probables lieux de cachette des terroristes, associent désormais les responsables de ces structures d’accueil à la lutte contre le terrorisme. Elles ont, au cours d’une rencontre d’échanges avec ces acteurs le lundi 20 juin 2022 à Lomé, mis à leur disposition, les outils nécessaires pour participer à la réduction des moyens d’actions djihadistes.
Il s’agit concrètement du rappel à ces opérateurs des conduites à tenir à l’arrivée des passagers et de la gestion du cahier de police, qui permet à l’hôtel de recueillir des informations essentielles et importantes sur les passagers et des copies de leurs documents d’identité.
Selon le ministre de la sécurité et de la protection civile, Yark Damehane, ces informations sont capitales dans la détection des « individus malintentionnés qui se dissimulent dans les hôtels ». L’officiel souligne en effet que « des négligences ou imprudences des établissements hôteliers peuvent créer des situations regrettables pour le pays ».
En sollicitant la contribution des établissements hôteliers, l’exécutif togolais entend éviter les scénarii qui se sont produits au Mali et au Burkina-Faso où les terroristes se sont servis respectivement de l’hôtel Radisson de Bamako et Splendide de Ouagadougou pour perpétrer leurs attaques en novembre 2015 et janvier 2016.
En rappel, plusieurs localités de la région des Savanes, dans le nord du pays, sont depuis novembre 2022, la cible d’attaques terroristes souvent repoussées par les forces de l’ordre et de sécurité. Toutefois, faut-il le souligner, celle de la nuit du 10 au 11 mai 2022 à Kpékpakandi a occasionné 8 morts et 15 blessés dans le rang des Togolais. 15 assaillants ont aussi trouvé la mort, selon les autorités sécuritaires togolaises.
Esaïe Edoh
Au Togo, la Banque mondiale ouvre ses portes au grand public, les jeudi et vendredi prochains (23 et 24 juin 2022). C’est dans le cadre de journées portes ouvertes, qui visent à démocratiser et faire découvrir ses interventions sur le territoire.
L'événement, placé sous le haut patronage du Premier ministre togolais, Victoire Tomegah- Dogbe, s’organise en collaboration avec le ministère de la Planification du Développement et de la Coopération.
« Cet événement vise à célébrer les fruits du partenariat entre le Togo et le Groupe de la Banque mondiale et à donner plus de visibilité aux opérations en cours de mise en œuvre », indique l’institution de Bretton Woods.
Le public est invité à ces Journées Portes Ouvertes pour découvrir les différents projets et programmes financés par la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) au Togo – IFC est une institution du Groupe de la Banque mondiale qui appuie le développement du secteur privé.

A la découverte des 19 projets de la Banque au Togo
Il s’agira notamment de découvrir les 19 projets sous gestion de la Banque au Togo, notamment le Projet de Développement et de Gouvernance Minière (PDGM), le Projet Filets Sociaux et Services de Base (PFSB), le Projet d'Appui à la Gouvernance Économique (PAGE), le Projet d'Investissement pour la Résilience des Zones côtières de l'Afrique de l'Ouest -WACA, le Projet d'Identification Unique de l'Afrique de l'Ouest pour l'Intégration et l'Inclusion Régionales - Phase II - WURI.
Selon les données les plus récentes, les opérations de la Banque mondiale au Togo représentent un portefeuille de 917,5 millions $, incluant 11 projets nationaux (442 millions $) et 8 projets régionaux (475,5 millions $).
Outre la visite sur site, au siège de la Banque mondiale, sis dans la cité OUA, le grand public peut suivre la rencontre sur ses différentes plateformes en ligne, notamment Facebook, Instagram, et Twitter, apprend-on
Ayi Renaud Dossavi