Le système international d’unités (SI) de mesures dans la vente des produits et services devra entrer en vigueur dans un futur proche au Togo. C’est dans cette dynamique que le ministère chargé du commerce a entamé en fin de semaine dernière une campagne de sensibilisation des acteurs contre l’utilisation des instruments de mesure non conventionnels.
D’après le ministère dirigé par Kodjo Adedze, l’entrée en vigueur d’unités internationales de mesure, nécessite la sensibilisation des populations, l’incitation à l’importation par les opérateurs économiques d’instruments de pesage adaptés aux conditions d’utilisation et la vulgarisation de ces instruments.
Spécifiquement, il s’agit de mettre fin à l’utilisation des bols mesures, instruments de mesure non conventionnels usuels dans la vente des produits agricoles, de pêche, de chasse et de leurs dérivés ou encore des céréales dans le pays.
Selon le ministère, ces mesures favorisent des pratiques déloyales qui pénalisent très souvent les producteurs et les consommateurs. Elles diminuent le pouvoir d’achat du producteur et du consommateur et ont également une influence négative sur la productivité.
« L’utilisation des bols mesures au Togo, instruments de mesure non conventionnels, devra nécessairement disparaître. De même, la vente en tas doit être délaissée en faveur de la vente au poids par l’utilisation des instruments de mesure conventionnels tels que les balances et les bascules. Ce qui permettra de réduire entre autres les conflits nés des procédures de mesurage ou des quantités mesurées, d’assurer la garantie publique dans les transactions qui se font au poids, de protéger les producteurs et les consommateurs afin d’établir la confiance entre le vendeur et l’acheteur », a déclaré Abé Talime, Secrétaire général du commerce.
Pour rappel, le Togo a validé l’instauration du système international d’unités par la mise en œuvre du document « d’étude de faisabilité pour l’instauration du système international d’unités au Togo » depuis 2019 afin de se conformer aux règlements de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (Uemoa), qui a institué ce système de métrologie dans ses états membres.
Esaïe Edoh
L'ambassade des Etats-Unis au Togo, met à disposition du Ministère de la santé, à compter de ce lundi et ce jusqu’au 17 décembre, son parking pour servir de centre de vaccination anti Covid-19. L’annonce est faite ce jour à travers un posting twitter de la représentation du pays de l’oncle Sam.

L’opération va se dérouler en deux phases. La première consistera à administrer la première dose du vaccin anti-Covid sur la période du 8 au 26 novembre. A l'étape suivante qui se déroulera sur la période du 29 novembre au 17 décembre 2021, la population est invitée à recevoir la deuxième dose du vaccin.
Les vaccins à administrer sont offerts par les USA. Pour bénéficier de cette campagne, une inscription est préalablement requise.
Pour rappel, les Etat-Unis, sur promesse de leur président Joe Biden, ont offert récemment 607 230 doses de vaccins Pfizer au Togo, en vue de la poursuite de sa campagne de vaccination.
Esaïe Edoh
Le ministère togolais de la sécurité et de la protection civile a lancé la semaine écoulée, la construction du poste de contrôle inter-États de Kémérida (au nord du pays, dans la préfecture de la Binah), pour le passage entre le Togo et le Bénin.
La pose de la première pierre a été faite par le ministre de tutelle, Yark Damehane, en présence de représentants de l’ambassade d'Allemagne au Togo, et de l’Office international des migrations (OIM), qui ont financé le projet.
Pour le ministre, la construction de cet édifice s'inscrit dans le cadre du renforcement de la sécurité des frontières et de la résilience des communauté frontalières dans le Golfe de Guinée.
Il s’agira via ce poste frontalier, notamment d’améliorer le travail des forces de sécurité aux frontières, de rendre plus fluide le contrôle des flux migratoires, et de renforcer les activités de prévention du terrorisme et de l'extrémisme violent, a-t-il ajouté.
Le projet s'inscrit également dans les priorités retenues dans la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et se rattache à l'axe stratégique 1 qui vise à renforcer l’inclusion, l'harmonie sociale et la consolidation de la Paix, indique-t-on.
Les travaux de construction devraient durer 6 mois.
Délimitation des frontières maritimes Togo-Bénin : les négociations proprement dites démarrent
Transit : le Poste de contrôle Terminal du Sahel délocalisé à Atakpamé
Au Togo, le gouvernement vient d’étendre l'assurance maladie aux conseillers municipaux. Ces élus locaux pourront donc désormais être pris en charge par l’Etat dans des structures de santé spécifiques, contre une contribution financière adaptée à leurs capacités, comme l’indique le Portail officiel de la Présidence togolaise.
Selon la même source, c’est le Groupe NSIA (Nouvelle société interafricaine d’assurance), qui a été retenu pour la mise en œuvre de cette couverture d’assurance maladie, suite à des appels d’offres. L'initiative a été lancée officiellemenent le vendredi 05 novembre dernier, par le ministre en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Payadowa Boukpessi. Ce lancement a été marqué notamment par une remise de passeport santé aux bénéficiaires.
« Nous tenons sincèrement à dire merci au Chef de l’Etat pour cet acte de solidarité avec tous les élus locaux. A travers ce geste, le Président de la République vient de nous garantir la sécurité sociale en matière de santé », a déclaré Monsieur Koamy Gomado, Maire du Golfe 1 et Vice-président de la Faîtière des communes du Togo (FCT), dans le cadre de cette extension.
Dans le détail, cette couverture sociale offre deux polices d’assurance à tous les élus locaux des 117 communes à savoir l’assurance santé et l’assurance individuelle accident, apprend-on.
La première est destinée à 750 conseillers municipaux qui ne disposent pas encore d’assurance santé, et la seconde garantit le remboursement des frais médicaux en cas de dommages corporels subis lors d’accident et dans le pire des situations, le paiement à l’assuré ou à ses ayants droit d’un capital en cas d’invalidité ou de décès.
De plus, l’assurance individuelle accident groupe couvre l’ensemble des 1527 conseillers municipaux qui sont assurés pour un capital de 5 millions FCFA en cas de décès et d’invalidité suite à un accident et 500 000 F CFA pour les frais médicaux.
Pour rappel, cette extension s’inscrit dans le cadre du processus d’assurance maladie universelle, amorcé au Togo depuis quelques mois.
Ayi Renaud Dossavi
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Le décès d’un travailleur qu’il soit toujours en activité ou à la retraite est un événement douloureux pour sa famille. Celle-ci peut se retrouver privée de soutien financier. Pour accompagner le conjoint survivant ou les enfants, les systèmes de protection sociale prévoient généralement une pension à leur profit. Il s’agit de la pension de survivant.
Pour bénéficier de cette pension au Togo, la veuve, le veuf ou les enfants de l’assuré social décédé doivent introduire une demande auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). La procédure est gratuite et est complétée dans un délai de 90 à 180 jours. La pension de survivant est calculée en fonction de la pension de vieillesse. Pour le conjoint survivant, elle représente 50 % du montant de la pension perçue par le défunt. Les enfants mineurs ont de leur côté droit à 25 %.
Les articles 41 à 47 du code de la sécurité sociale du 21 février 2011 sont consacrés à la pension de survivants.
Description
Identification des personnes susceptibles / Légitimes à faire la demande
Le conjoint survivant ou les enfants à charge de l’assuré social.
Coût de la procédure
La demande est gratuite.
Délais d'exécution
La demande est exécutée dans un délai compris entre 90 et 180 jours.
Pièces à fournir
Document détaillant l’état des condamnations et des peines encourues par l’individu, le casier judiciaire est nécessaire à différent niveau notamment dans la constitution de différents dossiers. Dans le but de rendre l’accès à ce document facile, le gouvernement togolais à initier une série de réformes pour digitaliser toute la procédure de demande et d’obtention.
Ainsi, en se rendant sur le https://casierjudiciaire.gouv.tg/, les Togolais ainsi que les étrangers vivant au Togo peuvent effectuer leur demande de casier judiciaire. La procédure rendue très simple se déroule en 5 étapes et ne coûte que 500 FCFA. 48 h après avoir introduit la demande, l’intéressé se verra délivrer son casier judiciaire.
Les Togolais nés au Togo peuvent introduire leur demande à travers ce lien https://casierjudiciaire.gouv.tg/demandes/b3
Les Togolais nés à l’étranger et les étrangers vivant au Togo peuvent introduire leur demande à travers ce lien https://casierjudiciaire.gouv.tg/demandes/anc
Description
C’est un document qui détaille les condamnations pénales de l’individu
Identification des personnes susceptibles / Légitimes à faire la demande
L’intéressé lui-même
Coût de la procédure
Nom du guichet
La déclaration à l’état civil est une formalité administrative qui permet aux parents d’obtenir un certificat de naissance pour leurs enfants. Ce certificat constitue en quelque sorte le premier document d’identité dont bénéficie l’individu. Il lui permettra de se faire établir plus tard la nationalité et des pièces comme une carte d’identité ou un passeport.
Toutefois, il arrive souvent que les parents ne respectent pas le délai légal de déclaration à la naissance. Dans ce cas, un jugement civil sur requête peut être demandé.
Au Togo, la requête doit être introduite auprès du tribunal de première instance. Le coût de la procédure est de 2250 FCFA et la décision est délivrée dans un délai raisonnable. Le jugement civil une fois obtenu remplace valablement l’acte de naissance.
Notons qu’en cas d’erreur sur l’acte de naissance, les parents peuvent également introduire une demande de rectification auprès du tribunal. Le jugement rendu tient alors lieu d’acte de naissance.
Description
C’est un acte délivré par un tribunal visant à suppléer l’absence d’un acte de naissance.
Identification des personnes susceptibles / Légitimes à faire la demande
L’intéressé lui-même, ses parents ou proches s’il est mineur.
Coût de la procédure
Nom du guichet
Tribunal de première instance.
Adresse : Tribunal de Lomé, Quartier administratif, en face du ministère de l’administration territoriale, B.P. 342. Pour les tribunaux à l’intérieur du pays, appeler :
Téléphone : 22 21 41 91
Pièces à fournir
Les documents suivants sont déposés au greffe du tribunal compétent :
Compléments d'informations
Le Togo a reçu samedi 06 juin, un nouveau lot de 199 800 doses de vaccins d’Astrazeneca, offert par la France. Cette nouvelle livraison porte à 3,5 millions, le total de doses de vaccins réceptionnés par ce pays ouest africain dans le cadre de sa campagne de vaccination contre la Covid-19 lancée en mars dernier. C’est ce qu’ont indiqué les autorités sanitaires du pays.
Ces nouvelles doses portent également à 800.000 le nombre de doses d’Astrazeneca obtenues par le Togo depuis mars 2021. Elles sont octroyées au pays à travers l’initiative Covax par la France. Son président, Emmanuel Macron, avait promis il y a quelques semaines, d’appuyer les pays en voie de développement avec 60 millions de doses de vaccins contre la Covid-19 d’ici la fin de cette année.
Le Togo, disposant désormais de quantités suffisantes de doses soit plus d’un million en stock d’après les autorités sanitaires, envisage de nouvelles stratégies, notamment celle de rapprocher les équipes de vaccination des citoyens.
Notons que, selon les données de Financial Times, le Togo est le pays plus vacciné de l’espace Uemoa.
Esaïe Edoh
De passage à Lomé du 27 au 31 octobre dans le cadre d’une visite officielle, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l'Ouest et Centrale, Ousmane Diagana s’est confié à Togo First/Agence Ecofin dans une interview exclusive. Des infrastructures, au Doing Business, en passant par l’éducation, le numérique et les vaccins, l’économiste mauritanien donne sa vision du partenariat avec le Togo, et les enjeux et perspectives de l’Afrique post-covid.
TogoFirst : Vous venez de passer une semaine marathon au Togo, avec un passage en revue des actions de la Banque sur le territoire. Votre passage est-il annonciateur de nouveaux développements dans la coopération entre votre Institution et le Togo ? Dans quels domaines pouvons-nous vous attendre ?
Ousmane Diagana. : Je me réjouis de cette première visite depuis ma prise de fonction en tant que vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. Par le passé j’ai été directeur des opérations de la Banque Mondiale pour un certain nombre de pays dont le Togo, avec résidence à Abidjan.
Cette visite s'inscrit dans le contexte de la solidarité que nous exprimons aux pays face à la crise pandémique, une crise sanitaire extrêmement violente qu’ils ont connue. Elle intervient aussi au moment où nous commençons les discussions avec le Togo, pour la préparation de notre prochaine stratégie de partenariats qui va couvrir la période 2022-2026.
Le Togo, avant la pandémie de covid-19, connaissait un taux de croissance élevé, plus de 5% en moyenne par an, et enregistrait aussi des résultats probants en matière de recul de la pauvreté. Évidemment ces progrès ont été affectés avec cette crise sanitaire. Nous avons donc, dans nos échanges avec le gouvernement, discuté des voies et moyens de l’accompagner pour que la reprise qui s’amorce déjà au Togo puisse être forte, durable et inclusive.
Réunion productive avec la Premier ministre @DogbeVictoire sur nos actions communes pour libérer le potentiel économique du #Togo et favoriser une reprise post-Covid résiliente. pic.twitter.com/XRwUn3Fk0p
— Ousmane Diagana (@ousmane_diagana) October 29, 2021
TF : Votre institution a également signé un certain nombre d’accords durant ces trois jours. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le premier, le programme santé, c’est 70 millions $, et le second, c’est 120 millions $; ce qui représente en tout 190 millions $.
O.D. : En effet, nous avons procédé au lancement d’un projet pour l’amélioration de la qualité de la santé et offrir une assurance maladie universelle à 60% de la population togolaise. Nous avons aussi signé un accord de financement pour le corridor Lomé-Ouagadougou-Niamey, un programme de transport et de développement des infrastructures. Le premier, le programme santé, c’est 70 millions $, et le second, c’est 120 millions $; ce qui représente en tout 190 millions $.

Signature de l’accord de financement du corridor, Lomé 29 Octobre 2021
Mais, à part ces accords de financement, et depuis la survenue de la covid-19, la Banque mondiale a accéléré et diversifié ses interventions au Togo. La Banque a notamment apporté un appui budgétaire au Togo, face aux pressions causées par la crise sur ses liquidités, et nous l'avons accompagnée par un programme de renforcement du système sanitaire et d’acquisition des vaccins.
Notre appui au Togo pour faire face à la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19 fait environ 120 millions $, ce qui fait que nous avons en cours au Togo un portefeuille de projets, très large, qui dépasse 700 millions $. Le Togo est d’ailleurs l’un des principaux bénéficiaires des financements de BM dans la sous-région ouest-africaine. Si ces augmentations ont pu avoir lieu, c’est certainement pour aider le pays dans cette période difficile, mais également en reconnaissance de la qualité et de la performance des programmes que nous avons ici.
“Nous avons en cours au Togo un portefeuille de projets, très large, qui dépasse 700 millions $”
Et là-dessus, je tiens à féliciter les autorités togolaises et l’ensemble des départements ministériels qui sont responsables de l’exécution et du suivi des projets financés par la banque mondiale au Togo.
TF : Le Togo a expérimenté durant la crise, un programme de revenu universel de solidarité, appelé Novissi, en associant l’IA pour mieux cibler les couches les plus concernées. Pensez-vous que c’est le chemin à suivre en Afrique ?
O.D. : Tout d’abord, je tenais de nouveau à féliciter le gouvernement togolais pour les mesures urgentes et idoines qu’ils ont prises depuis la survenue de la pandémie. L’exemple de Novissi est effectivement parlant, parce que c’est un programme de filets sociaux, via des transferts monétaires, très novateur. En ceci qu’il s'appuie sur le numérique pour mettre en place un mécanisme de ciblages fiable des meilleurs bénéficiaires. Ceci donne à tout l’instrument beaucoup de crédibilité, et tout le monde salue cette approche du Togo.
“Il faut faire profiter les autres pays africains de cette expérience qui est en cours au Togo.”
Notre objectif aujourd'hui est de toucher encore plus de personnes, surtout celles dans les zones reculées du pays. Pour cela, il faut donc élargir le programme pour que, dans un premier temps, le maximum de personnes qui ont des besoins d'appui puissent être identifiées et soutenues, et, dans un deuxième temps, faire profiter les autres pays africains de cette expérience qui est en cours au Togo.

Programme Novissi
TF : Toujours au Togo, l’agriculture joue un rôle prépondérant dans l’économie. Mais malgré le rôle structurant que joue l’agriculture, l’accès aux ressources financières reste encore faible. La banque est déjà intervenue sur des projets comme le PASA qui voulait booster justement le secteur agricole. Mais ces initiatives concernent surtout la production et moins les mécanismes qui pourraient servir de pont aux crédits bancaires, dans ce cas d’espace le Togo a par exemple lancé ce qu’on appelle le Mifa ?
O.D. : C’est une très bonne initiative, nous la saluons. Vous savez, l’agriculture dans tous les pays du monde joue un triple rôle : celui d’alimentation des populations, de création d’emplois, et de génération de revenus pour les populations du milieu rural.
Chaque fois qu’il est des dispositifs prometteurs, mis en place soit par l’État, soit par le secteur privé ou les deux ensembles, nous les regardons et si nous avons la possibilité de les soutenir pour les faire passer à l’échelle, nous le faisons, avec la conviction que la croissance durable, la croissance inclusive, viendra de secteurs comme l’agriculture pour un pays comme le Togo.
TF : Est-ce que la Banque réfléchirait aussi à des mécanismes du genre ?
La Banque mondiale est un groupe comme vous le savez, il y a notamment l’IDA, guichet pour lequel le Togo est éligible et puis il y a l’IFC. Ces mécanismes en particulier, on peut les soutenir à travers ces deux guichets en fonction de comment ils sont structurés et présentés. Il faut aussi tenir compte de ce que les autres partenaires aussi font. C’est aussi à travers le dialogue avec le gouvernement qu’on va identifier quels sont les domaines dans lesquels on peut avoir une influence plus forte avec des résultats plus rapides, et quels sont les autres domaines où d’autres acteurs y compris le secteur privé interne ou international peuvent contribuer. En résumé, et pour répondre de manière précise à votre question, oui la banque pourrait évaluer des possibilités d’appui de ce type dans le secteur agricole.
“Je pense qu’il n'y a pas de mesure plus forte que celle de dire “on arrête la production de ce rapport jusqu’à nouvel ordre””.
TF : Le groupe de la Banque mondiale a été récemment secoué par des cas de malversations dans son rapport phare le Doing business, ce qui a conduit à sa suspension. Selon certains observateurs, le scandale pourrait saper la confiance que l'on a dans les institutions de Bretton-Woods et entamer le regard des investisseurs sur les pays ayant beaucoup progressé ces dernières années. C’est le cas du Togo par exemple qui a fait un bond de 59 places sur les deux dernières années du rapport. Ces mêmes observateurs pensent que pour rétablir la confiance, il faudra des mesures fortes et décisives.
Comment votre institution compte-t-elle rétablir cette crédibilité aussi bien pour elle que pour les pays, victimes collatérales de cette affaire ?
O.D. : Pour ce qui concerne les réformes qu’évalue notamment le Doing Business, le Togo est l’un des pays qui a très bien fait et je crois qu’ayant tiré les bénéfices de ces réformes, avec ou sans Doing Business, ils doivent continuer dans cette voie, c’est manifestement utile pour le pays.
Un système de classement est toujours difficile parce que d’abord il y a une dimension de relativités. Mais pour revenir à ce que vous avez appelé “scandale”, ce qui est important à noter c’est que lorsque le problème a été porté à l’attention du management de la Banque et des départements qui sont en charges de la déontologie professionnelle dans l'institution et de la sauvegarde de ses valeurs, un travail d’investigation très approfondi a été fait. Et lorsque les résultats des études ont été rendus publics, des mesures urgentes ont été prises. Je pense qu’il n'y a pas de mesure plus forte que celle de dire “on arrête la production de ce rapport jusqu’à nouvel ordre”.

Le DB 2019
Je pense qu’à chaque fois qu’il y a une crise, à chaque fois qu’il y a un problème, le plus important c’est de faire une pause, en tirer des leçons, et essayer de rebondir en mettant en place de nouveaux mécanismes et outils, et puis renforcer véritablement tous les principes d’intégrité et de transparence pour qu’une institution comme la Banque mondiale, qui a bâti sa réputation sur ses valeurs, puissent continuer à être respectée.
Lire aussi : Sandra Johnson : « La suppression du rapport Doing Business n’aura aucun effet sur la dynamique des réformes »
TF : Vous avez été nommé en 2020 Vice-Président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’ouest et centrale. Ainsi, l’institution de Bretton Woods a deux vice-présidents pour l'Afrique alors qu’avant il y en avait qu'un. Qu'est-ce que cela implique en termes d’engagements de la banque sur le continent ? En particulier, que peuvent espérer les 22 pays dont vous gérez désormais les portefeuilles ?
O.D. : Il faut dire que la décision du président du groupe de la Banque mondiale d’avoir deux vice-présidents pour la zone de l’Afrique subsaharienne, résulte de l’intérêt que la Banque mondiale accorde à l’Afrique. Au fil des années, l’Afrique est devenue la région qui bénéficie du maximum des ressources IDA de la Banque mondiale. Deux tiers des ressources de la Banque mondiale en faveur des pays en voie de développement sont alloués à l’Afrique subsaharienne. En plus, c’est la région qui emploie le plus de professionnels de la Banque mondiale, et de très loin, avec à peu près 3 mille staffs aujourd’hui. Pour s'assurer que ces importantes ressources puissent avoir une attention particulière, il a été nécessaire de confier à deux vice-présidents un volume de portefeuille et un nombre de staff qui peuvent être gérés de manière efficace.
En termes d’impact, on peut accorder plus d’attention aux pays et au dialogue avec eux. Malgré ce doublement en termes de vice-présidents pour l’Afrique, chacun des vice-présidents a plus d’argent à gérer, plus de projets et de programmes à superviser et à plus de ressources pour préparer de nouveaux projets que la plupart des autres départements. C’est donc un travail gigantesque que chacun d’entre-nous abat, mais heureusement nous avons un personnel très compétent, dévoué et disponible.
TF : Même si sur le plan sanitaire, l’Afrique a été relativement peu touchée par la pandémie, les conséquences économiques semblent importantes pour le continent.
Au-delà des appuis d’urgence qui ont été débloqués en faveur du continent, pensez-vous que la covid-19 va changer la façon dont la Banque intervient dans les pays africains, notamment avec un accent particulier sur les couches les plus jeunes qui non seulement sont les plus nombreuses sur le continent mais également les plus vulnérables ?
O.D. : Vous avez parfaitement raison quant aux répercussions économiques de la crise sur l’Afrique. Une des choses que nous, au niveau de la Banque mondiale, regardons de très près, et sur lesquelles on va s’accentuer dans les années à venir, c’est le renforcement du capital humain, y compris des systèmes de santé.
Aujourd’hui, on est donc en train de financer beaucoup de programmes dans ce secteur, en plus des ressources accordées aux pays pour se procurer des vaccins. J’ai parlé tout à l’heure du projet de 70 millions $ pour le Togo, nous travaillons à faire de l'Institut Pasteur de Dakar un hub pour la production de vaccins, entre autres.
En second, en matière de développement du capital humain, nous voulons mettre un accent particulier sur l'éducation, une éducation de qualité, sur toute la chaîne éducative. Il y aura donc beaucoup de programmes de renforcement du système éducatif et des compétences.
L’avenir de l’Afrique est entre de bonnes mains ! J’ai eu des conversations inspirantes avec les étudiants de @the_ACEProject au #Togo. Les contributions des jeunes, en particulier dans les secteurs des #STEM, s’avèrent capitales pour la transformation économique des pays. pic.twitter.com/QJeqFRBOdg
— Ousmane Diagana (@ousmane_diagana) October 30, 2021
Un autre domaine, ce sont les programmes structurants qui participent à la transformation économique pour la création de plus d'emplois : l’énergie, l'économie numérique, les routes, l’agriculture.
Dans les mois à venir, nous ferons surement beaucoup d'autres annonces, et en ce qui concerne un pays comme le Togo. La stratégie nouvelle de partenariat que nous allons préparer va être très volontariste, qui va notamment accompagner la mise œuvre de la feuille de route gouvernementale. Parce que j’en suis convaincu, il y a au Togo la vision, le potentiel et la volonté, en faire un pays émergent. On va donc multiplier les programmes en matière d’éducation et d'accès à la santé, en plus grands et plus structurants, pour aider le Togo.

“J’en suis convaincu, il y a au Togo la vision, le potentiel et la volonté”
Lire aussi : Ousmane Diagana: “le Togo se prépare à être, dans cette ère de l'économie numérique, un des géants de l'Afrique”
TF : Selon le rapport Africa’s pulse, la reprise en Afrique subsaharienne sera au rendez-vous mais incertaine. Elle dépendra notamment de l'accès au vaccin.
A ce jour, le continent dans son ensemble atteint à peine 10 % de couverture vaccinale. Comment la Banque entend-t-elle aider les pays africains à avoir accès au vaccin dans la logique d’accélérer la reprise économique ?
O.D. : L'incertitude est effectivement le maître mot dans cette crise, c’est aussi bien vrai pour l’Afrique que pour le reste du monde. Pour ce qui concerne la Banque mondiale, nous avons deux casquettes comme vous le savez. D’une part d’institution financière, nous avons mobilisé le maximum de ressources pour le monde et l’Afrique, plus de 120 milliards $ pour aider les pays à faire face à la crise, dans ce lot, 50 milliards $ ont été dédiés à l’Afrique, à travers des projets spécifiques dans la santé mais également dans les programmes économiques pour aider à atténuer les problèmes économiques engendrés par la crise.
La deuxième casquette, c’est celle de conseiller techniques des pays, et d'institution qui porte la voix de ses différents clients sur la scène international, pour qu’ils bénéficient du maximum de soutien de solidarité, et c’est pour cela que nous avons dans tous les pays des équipes qui dialoguent à la fois avec le secteur public et le secteur privé pour partager avec eux les résultats de nos propres analyses sur comment on réussit une reprise économique au terme d’une période de crise, de même que les expériences à l’international qui ont le plus marché. C’est en même temps la raison pour laquelle dans tous les fora mondiale, la Banque mondiale dit que l’Afrique ne doit pas être à la traîne sur le plan de la disponibilité et de 'l'accès aux vaccins, mais également, sur le plan du transfert du maximum de ressource financières pour l’aider à se développement.
“On a atteint un engagement du Groupe de la Banque mondiale pour les pays africains, de plus de 100 milliards $ sur les trois ans.”
Advancing #VaccinesEquity in Africa! Yesterday, #Togo?? received 475,200 doses of the J&J COVID-19 vaccines through the @_AfricanUnion's #AVAT initiative, supported by the @WorldBank. Our collaboration with other partners to increase vaccination rates in the continent continues. pic.twitter.com/PxgNsMWQxT
— Ousmane Diagana (@ousmane_diagana) November 2, 2021
TF : La Banque mondiale a participé à la déclaration d’Abidjan pour la reconstitution des ressources de l’IDA en juillet. Aujourd’hui l’Afrique est la principale région bénéficiaire de cette institution, loin devant l’Asie du Sud.
Pensez-vous qu’il est possible de parvenir, comme l’a plaidé le président de la commission de l’UA, à une IDA dont les ressources seront consacrées à 100% au continent ?
O.D. : Disons qu’il y a une formule qui concerne l’allocation des ressources de l’IDA. L’Afrique en est déjà le principal bénéficiaire… Va-t-on donner 100% de ces ressources au continent, certainement non, mais je pense qu’il y a d’autres guichets au sein de la Banque, auxquels des pays sont éligibles, notamment l’IFC, la MIGA, qui aident également les pays.
A mon avis, quand on fait le bilan, on a certainement atteint un engagement du Groupe de la Banque mondiale pour les pays africains, de plus de 100 milliards $ sur trois ans.
TF : Les besoins de financement pour les infrastructures en Afrique sont estimés à plus de 170 milliards $ par an jusqu’en 2025, selon la BAD. Il est quasi impossible aujourd’hui de combler ce gap avec l’argent public.
Dans ce contexte, sur quel type d’infrastructures la Banque mondiale voit-elle des niches d’investissements en Afrique ?
O.D. : Le champ des infrastructures est très vaste et varié. En Afrique, par exemple, sur le portefeuille de 42 milliards $ disponibles pour les 22 pays que je couvre, 14 milliards sont uniquement dans le secteur de l’énergie ; sans compter le secteur des routes, écoles et centres de santé.
Les infrastructures sont un secteur prioritaire qui va faire toujours l’objet d’une attention très forte de la Banque mondiale. Nous allons continuer à travailler sur ce terrain, parce que les investissements dans ces secteurs ont un effet multiplicateur sur l'économie.
“Nous avons fait nos écoles en Afrique, nous sommes les fruits de l’école publique africaine et on sait aujourd'hui les défis auxquels le système éducatif africain est confronté.”
TF : Dernière question : On voit de plus en plus d’africains être positionnés sur la scène internationale. Entre 2020 et 2021, on a eu par exemple Ngozi Okonjo-Iweala à l’OMC, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus à l’OMS, Makhtar Diop à l’IFC, vous-même représentez la Banque mondiale en Afrique…
Qu’est-ce que cela vous inspire de voir des figures comme vous, être à très haut niveau dans les instances dirigeantes sur la scène internationale. Et qu’est-ce que ça fait d'inspirer la jeune génération ?
O.D. : C’est d’abord une conséquence logique du fait que les Africains, sur le plan intellectuel, n’ont rien à envier aux autres citoyens du monde. Nous allons dans les mêmes écoles, accordons la même importance au travail bien fait, et bien entendu, croyons beaucoup à la performance comme moteur du progrès dans n'importe quel système.
Deuxièmement, il est clair que les pays qui ont encore un chemin important à parcourir pour être des pays émergents ou développés, sont essentiellement africains. Et donc nous avons cet avantage comparatif pour pouvoir bien expliquer dans les fora, ce dont l’Afrique a besoin, parce que nous venons de ces pays africains. Nous avons fait nos écoles en Afrique, nous sommes les fruits de l’école publique africaine et nous connaissons aujourd'hui les défis auxquels le système éducatif africain est confronté. Ceux de la jeune génération aujourd’hui n’ont pas exactement les mêmes conditions et bénéfices que nous à notre époque, pourtant ils ont les mêmes aspirations légitimes. Il s’agit donc de : comment les aider à atteindre leurs objectifs, et réaliser leurs rêves ?
Les réponses à cette question font partie des objectifs des institutions que vous avez mentionnées ; et tout le monde peut y contribuer, sur le plan de la réflexion, mais les africains sont encore mieux positionnés.
Sur le terrain de l'inspiration, nos positions à ces niveaux sont peut-être la récompense d’une certaine carrière, mais en même temps, cela nous interpelle tous.
Nous devons réussir pour inspirer nos jeunes frères et nos jeunes sœurs. Pour cela, nous devons d’abord montrer qu’on est des femmes et hommes de valeur, qui croient à l'importance du travail bien fait, l'intégrité et l'humilité.

Lors de l’interview à Lomé
Nous devons aussi continuer à démontrer aux pays africains que nous sommes à leur écoute, que s’il y a personnes qui peuvent les accompagner dans leur marche de développement, nous en faisons partie. Parce que demain nous serons tous d’anciens fonctionnaires de la Banque mondiale, de l’IFC ou autres, mais nous ne serons jamais d’anciens africains. Nous ne voulons pas être dans un continent qui régresse, mais qui progresse.
Interview réalisée par Ayi Renaud Dossavi, transcrite par Klétus Situ
Si les intérêts de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) dans l’immobilier et d’autres projets structurants sont connus, la société de protection sociale investit également ses importants excédents dans le secteur bancaire. Orabank et même Oragroup, Ecobank, BIA, ou encore African Lease (Groupe comme Filiale) … Togo First passe en revue la présence de l’institution dirigée par Ingrid Awadé dans l’écosystème bancaire.
Au Togo, la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) n’est pas seulement l’entité qui s’occupe des cotisations sociales, c'est aussi un important investisseur, non seulement dans l'immobilier, mais aussi dans le secteur bancaire togolais.
La structure de gestion des cotisations sociales a en effet des participations chez deux des plus importantes banques du Togo en termes de parts de marché : Orabank Togo et Ecobank Togo.

Selon les dernières données disponibles (en date de décembre 2020) obtenues par Togo First, la CNSS est présente à 8,37 % dans Orabank Togo, et à 5,25% dans Ecobank Togo, le deuxième acteur bancaire du pays, filiale du Groupe Ecobank, basé à Lomé.

Chez BIA, filiale du marocain Attijariwafa, la Caisse possède 8,20 % des parts.
Outre les acteurs strictement bancaires, la société privée d’utilité publique sous contrôle de l’État a aussi diversifié ses placements chez de nouveaux acteurs financiers. Elle est ainsi présente à 32,50 % dans l’actionnaire African Lease Group (ALG) à fin décembre de l’an dernier. La société de protection sociale est également propriétaire à hauteur de 8% d’African Lease Togo, filiale d’African Lease Group, spécialisée dans le crédit-bail, l’affacturage et le cautionnement.

Rappelons que la Caisse est déjà présente et active sur le terrain de l'immobilier, dans le projet des Résidences Renaissance, l'institution est également active dans le financement du l'hopital Saint Pérégrin, toujours en construction, ainsi que dans l'actionnariat la Société nouvelle de boissons (SNB), nouvel acteur du secteur brassicole au Togo. On peut noter également qu’elle prend une part active à l’actionnariat de la Centrale Kekeli Efficient Power via le véhicule d’investissement piloté par Togo Invest, Kifema Capital. Les travaux de l’hôpital de référence Saint-Pérégrin en construction depuis près de 3 ans sont également financés par la caisse, à hauteur de 17 milliards FCFA.

Cette tendance à diversifier ses investissements n’est d’ailleurs pas exclusive à la seule Caisse Togolaise, des institutions sœurs au Niger, Burkina Faso et Bénin, se positionnent également aussi diversement, dans l’actionnariat de plusieurs institutions financières de leur écosystème respectif.
Ayi Renaud Dossavi