Un vent de changement souffle à la tête de l’Office Togolais des Recettes (OTR). Ce vendredi 24 octobre 2025, Yawa Chantal Tségan a succédé à Philippe Kokou Tchodié à la tête de l’institution chargée de la mobilisation des recettes fiscales, douanières et locales au Togo.
Ancienne présidente de l’Assemblée nationale et titulaire d’un diplôme d’inspecteur des impôts de l’École nationale des impôts de Clermont-Ferrand, Yawa Tségan arrive avec un profil alliant technocratie et ancrage politique. Elle a travaillé au sein de la Direction des Grandes Entreprises puis comme chef de cabinet au ministère des Transports avant de faire son entrée au Parlement en 2013.
Pleinement entrée dans ses nouvelles fonctions à l’issue d’une cérémonie de passation de charges tenue au siège de l’OTR, en présence du ministre des Finances et du Budget, Essowè Barcola, Yawa Tségan devra dorénavant conduire l’OTR dans un contexte exigeant, marqué par des objectifs tels que l’amélioration de la collecte, la lutte contre la fraude et l’optimisation de la qualité du service aux usagers.

Philippe Tchodié, quant à lui, avait été nommé commissaire général de l’OTR en février 2019 après avoir dirigé les services généraux. Sous sa direction, l’Office a engrangé des résultats solides. Les recettes budgétaires collectées par l’OTR se sont ainsi élevées à 779,6 milliards FCFA en 2021, puis à environ 865,3 milliards en 2022. Pour l’exercice 2023, elles ont atteint 990,1 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 108,6 % de l’objectif et une hausse de 14,5 % (source : OTR). Plus récemment, à fin août 2025, l'Office Togolais des Recettes (OTR) collectait plus de 737,2 milliards FCFA, soit 61 % de l'objectif annuel fixé à plus de 1200 milliards FCFA.
Au Togo, ce changement de direction intervient à un moment charnière, alors que le pays entre de plain-pied dans une nouvelle République, avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution. Après les défis posés par la pandémie de Covid-19, le pays mise sur une dynamique de croissance et de consolidation des finances publiques, avec l’OTR comme cheville ouvrière de cette ambition de mobilisation des ressources internes.
Les défis fiscaux sont nombreux et illustrent l’ampleur de la tâche : élargissement de l’assiette fiscale, contrôle renforcé des droits de douane, digitalisation des services, et développement du recouvrement local.
Tségan hérite ainsi d’une institution modernisée mais confrontée à d’importants enjeux. Il s’agit notamment de maintenir la trajectoire de croissance des recettes et d’accroître la part des impôts directs, qui restent relativement modestes (environ 25 % des recettes budgétaires en 2023), selon le rapport de performance de l’OTR.
Ayi Renaud Dossavi
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En 18 mois de mise en œuvre, le Fonds régional pour la stabilisation et le développement (FRSD), un programme régional lancé par la CEDEAO en mai 2024 a permis à plus de 130 jeunes togolais, hommes et femmes, d’acquérir des compétences pratiques dans la transformation et la commercialisation des produits agropastoraux. Parmi eux, 65 ont obtenu un financement direct pour renforcer leurs activités dans les filières laitière, maraîchère, piscicole et avicole.
Le FRSD est actif dans les zones les plus vulnérables et rurales du pays (les régions de la Kara, des Savanes et de la Centrale). Ses résultats ont ainsi fait l’objet de discussions lors d’un atelier de capitalisation tenu le mercredi 22 octobre 2025 à Kara, où les bénéficiaires, autorités locales et partenaires techniques ont dressé le bilan du projet. Les acteurs impliqués ont salué l’impact du FRSD sur la création d’emplois, la formation technique, la cohésion sociale et la réduction de la vulnérabilité économique dans les zones rurales.
Selon Francis Nadjombé, chef d’antenne GIZ pour la Kara et les Savanes, ces résultats « démontrent que la stabilisation économique et la formation professionnelle peuvent devenir des instruments durables de paix et de développement dans la sous-région ».
Pour rappel, le Programme est financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par la GIZ, en partenariat avec VSF-Suisse et GEVAPAF. Il s’agit d’une initiative couvrant également le Bénin et la Guinée-Bissau, après une phase pilote en Gambie, dotée d’un financement global de 25,2 millions d’euros.
R.E.D
Le Togo est devenu, depuis le jeudi 23 octobre 2025, le premier pays africain à lancer l’assurance maladie destinée aux travailleurs non-salariés (TNS). L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme d’Assurance Maladie Universelle (AMU) déployé en janvier 2024.
L’enrôlement officiel de cette catégorie personne a été lancé à la suite de la mise en service d’une plateforme numérique conçue par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Cet outil offre aux artisans, commerçants, agriculteurs et autres acteurs du secteur informel la possibilité d’intégrer la base des assurés de la CNSS-AMU en fournissant leurs informations personnelles et en choisissant leur mode de cotisation.
Les travailleurs peuvent ainsi contribuer selon différentes formules : 10 000 FCFA par mois, 28 500 FCFA par trimestre, 54 000 FCFA par semestre ou 102 000 FCFA par an.
Une fois enrôlés, les assurés recevront leur carte, qui leur donnera accès aux prestations prévues dans le cadre de l’AMU, sur toute l’étendue du territoire national.
« Cette initiative permettra à chaque travailleur non salarié, quel que soit son revenu ou son secteur d’activité, de bénéficier de soins de base sans craindre la ruine financière », a déclaré le ministre de la Santé, Jean-Marie Tessi.
Selon le directeur général de la CNSS, Ingrid Awadé, l’extension de l’AMU aux TNS « marque l’accomplissement de la promesse d’une sécurité sociale solidaire, équitable et durable ». Elle a également assuré que sa structure veillerait à ce qu’aucun travailleur indépendant ne soit laissé de côté.
Cette étape vient s’ajouter à l’élargissement récent de l’AMU aux veuves, veufs et orphelins. La CNSS prévoit d’étendre progressivement le dispositif à d’autres catégories socioprofessionnelles dans les prochains mois.
Esaïe Edoh
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Un nouveau pas vient d’être franchi sur le projet de renforcement de la formation technique et professionnelle au Togo. Le mercredi 22 octobre 2025, la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) et Planet One Education Togo ont officiellement signé un accord de financement de 50 millions d’euros (32,79 milliards FCFA), confirmant un engagement déjà annoncé en juillet dernier.
Cette ligne de crédit servira à la construction et à l’équipement de six centres de formation technique et professionnelle répartis entre Tandjouaré, Danyi Akpéyémé, Kougnohou, Guérin-Kouka, Agoé-Nyivé et Tsévié.
Dans le détail, ces infrastructures, destinées à stimuler le développement du capital humain, offriront 3481 places de formation par an, avec des laboratoires, ateliers et résidences étudiantes pour favoriser un apprentissage complet, selon les prévisions initiales.
Pour Dr George Agyekum Donkor, président de la BIDC, cette signature marque « une avancée concrète dans la stratégie régionale d’investissement dans le capital humain », essentielle pour améliorer la compétitivité industrielle de la CEDEAO. De son côté, Deepak Balaji, directeur de Planet One, a salué « un partenariat décisif pour former une main-d’œuvre qualifiée, moteur de la croissance togolaise ».
Avec cette signature, les engagements cumulés de la BIDC au Togo atteignent désormais près de 362 millions de dollars.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, les rideaux sont tombés sur la 5ème édition de 'Heal by Hair' ("Soigner par les cheveux"), un projet de la Bluemind Foundation, portant sur la santé mentale à travers les soins capillaires. C’était à la faveur d’une cérémonie de clôture organisée le mercredi 22 octobre à l’Université de Lomé, partenaire de l'événement.
Pendant quatre jours, 400 coiffeuses du Grand Lomé ont été formées pour devenir des ambassadrices de la santé mentale, capables d’écouter, de soutenir et d’orienter leurs clientes vers des structures de soins adaptées. Les sessions ont porté sur la détection précoce des troubles psychologiques, la communication bienveillante et les techniques d’accompagnement en situation de détresse.

Pour Marie-Alix de Putter, fondatrice de la Bluemind Foundation, « chaque salon formé devient un havre de dignité et de soutien. Nos coiffeuses sont désormais des relais communautaires essentiels pour promouvoir la santé mentale et briser la stigmatisation autour de ces troubles ».
Le programme, né à Lomé en 2022, a déjà permis de former plus de d’accompagner plus de 100.000 femmes dans plusieurs pays africains (Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire). Dès juillet prochain, la fondation prévoit l'extension du programme à Kara, avec pour objectif d’atteindre un million de femmes togolaises soutenues d’ici à fin 2026, dont 230.000 bénéficiaires directes dans les régions de la Kara, Centrale et des Savanes.

L’initiative intervient dans un contexte préoccupant. Selon une étude menée par la fondation, au Togo comme dans le reste de l’Afrique, près de 10 % de la population souffre de troubles mentaux. Le pays ne dispose que de 7 psychiatres pour 8 millions d’habitants, et moins de 20 % de la population africaine peut accéder à des services adaptés, en raison d’obstacles financiers. Les salons de coiffure, lieux de confiance et de sociabilité, deviennent ainsi des espaces stratégiques où des centaines de femmes peuvent être accompagnées chaque jour.
Le Togo continue de moderniser sa politique environnementale, avec plus récemment la création de l’Inspection générale de l’Environnement, des Ressources forestières et du Littoral. L’arrêté, signé le lundi 20 octobre 2025 par le ministre de l’Environnement, Dodzi Kokoroko, consacre une structure placée directement sous son autorité.
L’Inspection sera chargée de contrôler, évaluer et suivre la conformité des activités économiques et sociales aux normes environnementales en vigueur. Elle interviendra notamment dans la gestion durable des forêts, la protection du littoral et la préservation des ressources naturelles.
Il s’agit ainsi, pour la nouvelle entité, de renforcer la résilience nationale face aux menaces climatiques et d’assurer un suivi rigoureux des politiques environnementales. Elle interviendra également dans la mise en œuvre des engagements internationaux du Togo, en organisant sa participation aux conférences mondiales sur le climat.
Ceci devrait passer par la production de rapports périodiques de veille et d’alerte climatique, pour alimenter les décisions publiques et la planification nationale.
Au Togo, cette réforme dans le secteur s’inscrit dans un contexte déjà marqué par la création récente d’une Cellule nationale de veille climatique et le lancement d’une opération visant à actualiser les données forestières. Ceci, en vue de doter le pays d’un cadre de gouvernance environnementale intégré, capable de concilier développement économique, transition verte et transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Le Togo s’apprête à accueillir, du 28 novembre au 14 décembre 2025, la 20e édition de la Foire internationale de Lomé. Ce rendez-vous des acteurs économiques de la sous-région et d’ailleurs, sera placé sous le signe de la coopération sino-togolaise, avec la Chine comme pays invité d’honneur.
Une délégation d’entreprises chinoises est à ce titre attendue pour présenter le savoir-faire industriel et technologique de l’Empire du milieu, dans le cadre d’une journée nationale de la Chine prévue le 29 novembre. L’événement comprendra des expositions, des animations culturelles et des rencontres d’affaires destinées à renforcer les échanges commerciaux entre Pékin et Lomé.

Cette édition 2025 revêt un caractère particulier puisqu’elle coïncide avec le 40e anniversaire du CETEF, l’institution organisatrice de la Foire. Plus de 1300 exposants et environ 700 000 visiteurs sont attendus sur les 90 000 m² du site, avec plusieurs innovations à la clé : réorganisation des pavillons, digitalisation des services et amélioration des infrastructures d’accueil.

Des formations sont également organisées à l’intention des exposants pour optimiser la présentation des stands et la communication commerciale.
Notons que le chanteur King Mensah, figure emblématique de la culture togolaise, a été choisi comme égérie de cette édition.
Ayi Renaud Dossavi
La question de la délimitation des frontières et de la gestion concertée des espaces maritimes en Afrique de l’Ouest est au cœur d’un atelier régional qui s’est ouvert le mardi 21 octobre 2025 à Lomé. Organisée par le Haut Conseil togolais pour la mer, en partenariat avec la coopération allemande (GIZ) et l’Union africaine à travers le Programme frontière de l’Union africaine (PFUA), la rencontre réunit plusieurs experts et représentants des pays côtiers de la région.
L’objectif est de mettre en place une plateforme d’échange et de partage d’expériences autour des défis liés à la délimitation des frontières maritimes et à la gestion durable des espaces maritimes partagés. Ainsi, les participants entendent contribuer à l’élaboration d’un guide complet sur la délimitation des frontières maritimes et la gouvernance des espaces maritimes. Ce document, actuellement en cours de préparation, vise à transformer ces zones sensibles en espaces de coopération, d’intégration et de développement partagé, plutôt qu’en sources de tensions.
Durant quatre jours, les discussions porteront notamment sur le régime juridique applicable aux espaces maritimes, les procédures de délimitation des frontières, ainsi que sur les aspects techniques qui y sont liés.
Pour Stanislas Baba, ministre conseiller à la Présidence du Conseil chargé des affaires maritimes, l’initiative répond à une urgence continentale. « L’Afrique compte 39 pays côtiers, mais très peu ont délimité leurs espaces maritimes. Si nous n’y prenons garde, les mers risquent de devenir des sources majeures de conflits », a-t-il prévenu, avant de souligner la nécessité de « parler, négocier et coopérer pour éviter les tensions ».
Esaïe Edoh
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Après près de trois mois d’absence, le Togo fait son retour sur le marché des titres publics de l’UMOA avec pour ambition de lever 25 milliards FCFA. L’opération est prévue via une émission simultanée de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT) et sera bouclée le vendredi 24 octobre 2025.
Selon les informations consultées par Togo First, le Trésor public togolais ambitionne de mobiliser 8 milliards FCFA via les BAT, émis sur une maturité de 364 jours, avec un nominal de 1 million FCFA et des taux d’intérêt multiples. Les 17 milliards FCFA restants seront recherchés à travers des OAT d’une durée de 3 ans et 5 ans, au nominal de 10 000 FCFA, assorties de taux d’intérêt respectifs de 6,25 % et 6,50 %.
Les ressources mobilisées contribueront au financement du budget national 2025, arrêté à 2397 milliards FCFA.
Depuis le début de l’année, le Togo a déjà levé 264,5 milliards FCFA sur le marché régional, soit environ 79 % de son objectif annuel fixé à 332 milliards FCFA. Pour le dernier trimestre de 2025, le pays prévoit de mobiliser 100 milliards FCFA supplémentaires.
Esaïe Edoh
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Spiro, la société de mobilité électrique deux-roues présente au Togo depuis 2022 et anciennement M-Auto, vient de boucler une levée record de 100 millions de dollars (56,5 milliards FCFA environ), la plus importante jamais réalisée sur le continent dans le secteur de l’e-mobilité.
L’opération, menée par le Fund for Export Development in Africa (FEDA), filiale d’investissement à impact d’Afreximbank, vise à renforcer la position de Spiro sur le secteur, en lui permettant d’étendre ses activités, notamment à travers un réseau élargi de stations d’échange de batteries.
Créée en 2022, Spiro exploite aujourd’hui plus de 60 000 motos électriques et 1200 stations d’échange de batteries dans six pays africains : le Togo, le Bénin, le Rwanda, le Nigeria, le Kenya et l’Ouganda.
Pour Kaushik Burman, PDG de Spiro, cette levée « marque un tournant dans la mobilité africaine, en offrant aux conducteurs une alternative plus performante, moins coûteuse et plus rentable que les véhicules thermiques ».
L’entreprise entend désormais accélérer l’installation de nouvelles stations d’échange dans ses marchés phares, dont le Togo, et contribuer à la création d’emplois qualifiés liés à la production, à la maintenance et à la gestion des véhicules électriques fabriqués en Afrique.
Plus encore, Spiro prévoit de dépasser la barre des 100 000 véhicules déployés d’ici à fin 2025, tout en développant une infrastructure énergétique propre et décentralisée sur le continent, forte de ces nouvelles ressources.
Au Togo, Spiro s’arrime à la politique nationale de transition énergétique et de mobilité durable, soutenue par des mesures fiscales incitatives inscrites dans la loi de finances 2024, notamment l’exonération à l’importation des batteries électriques.
R.E.D.
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