Nommée par décret daté du 8 octobre 2025, Martine Moni Sankaredja est l’actuelle ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance.
Précédemment sénatrice, Mme Sankaredja est membre du parti l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI).
Né à Korbongou, dans la préfecture de Tône, Mama Omorou est le nouveau ministre de l’Éducation nationale.
Ingénieur civil de formation, Mama Omorou totalise près de vingt-cinq ans d’expérience dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. À la tête du Groupe ILO, actif dans le BTP, l’immobilier, la manufacture et les services financiers, il a su imposer sa marque en tant qu’entrepreneur rigoureux.
Fondateur du Groupe scientifique SIGMA (dédié à la promotion de l’excellence scientifique chez les jeunes Africains), M. Omorou a été également enseignant au Centre régional de formation pour l’entretien routier (CERFER).
Né le 15 avril 1966 à Lomé, Robert Koffi Messan Eklo conserve au sein du 1er gouvernement de la 5ème république, le portefeuille de l’Énergie et des Ressources minières de la Ve République. Il est désormais ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, chargé de l’Energie et des Mines.
Diplômé de plusieurs institutions internationales de renom, il a poursuivi ses études en France et aux États-Unis dans les domaines de la finance, de la banque et du numérique, se forgeant un profil polyvalent à la croisée des technologies et de la gestion stratégique.
De retour au Togo, il débute sa carrière chez le géant pétrolier Mobil, où il occupe les fonctions d’attaché commercial et d’ingénieur en lubrifiants. Par la suite, il fonde et dirige un cabinet d’affaires qui accompagne de grandes entreprises et institutions financières nationales et internationales. Son expertise en gestion de projets et en transformation numérique lui vaut une reconnaissance dans le milieu économique.
Avant son entrée au gouvernement, Robert Eklo a été conseiller à la présidence de la République.
Maire de la commune du Golfe 1 depuis 2019, Joseph Koamy Gbloekpo Gomado conserve le portefeuille de l’Aménagement et du Développement des Territoires à la faveur du remaniement ministériel d’octobre 2025, devenant toutefois ministre délégué.
En fonction depuis août 2024, il poursuit sa mission dans un domaine clé pour la planification et l’équilibre territorial du pays. Issu du parti Alliance Nationale pour le Changement (ANC), cet environnementaliste et planificateur de formation possède plus de dix ans d’expérience dans l’industrie du ciment, où il a notamment occupé le poste de directeur exécutif de la Fondation Heidelberg Materials.
À la tête de la commune du Golfe 1, l’une des plus stratégiques de la capitale, il s’est illustré par des projets de développement urbain et social salués par des acteurs de divers horizons politiques. Désormais en charge d’un portefeuille dédié au développement local, Joseph Gomado devra poursuivre la modernisation de la planification urbaine et renforcer la cohérence des politiques d’aménagement au service d’un développement territorial harmonieux.
Manuella Santos, nommée en septembre 2023 ministre de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, devient à la faveur de la formation du tout 1er gouvernement de la 5ème république, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, chargée de la Promotion des Investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté économique.
Titulaire d’un MBA en finance internationale à la Long Island University et d’un Bachelor en finance à l’Université du Massachusetts, elle cumule plus de quinze ans d’expérience en ingénierie financière et gestion des risques. Avant son retour au pays, elle a travaillé au sein de grandes institutions financières de Wall Street, notamment Barclays Capital et Lehman Brothers, où elle a développé une expertise reconnue en structuration de produits et en stratégie d’investissement.
En 2016, elle fonde à Lomé le cabinet Markets Solutions Global Consulting (MSGC), spécialisé dans l’accompagnement des investisseurs et la recherche de solutions innovantes de financement.
Nommé ministre de la Sécurité et de la Protection civile en septembre 2023, le colonel Calixte Batossie Madjoulba a été reconduit pour la deuxième fois à ce poste en octobre 2025, après une première reconduction en août 2024.
Âgé de 58 ans, cet officier supérieur au parcours riche allie expertise militaire et expérience diplomatique. Ancien élève du Collège militaire de Tchitchao à Kara, il a poursuivi des études de droit à l’Université de Lomé avant d’intégrer l’École des Forces armées de Bouaké, en Côte d’Ivoire. Il y entame une carrière d’officier d’active, qu’il complète par plusieurs formations en France : à l’École d’État-major de Compiègne, au Centre d’instruction logistique de Tours et à l’École supérieure et d’application du matériel de Bourges.
Ces parcours lui valent le titre d’expert en logistique et de chef des services techniques. Au sein des Forces armées togolaises, il a occupé divers postes de commandement, notamment à la direction de l’Établissement général des services. En 2004, il ouvre une parenthèse diplomatique a été nommé ambassadeur en France en 2010, puis représentant du Togo dans plusieurs pays européens et en Israël.
Mazamesso Assih a été reconduite en octobre 2025 au poste de ministre du Développement à la Base, désormais élargi à l’économie sociale et solidaire. En fonction depuis août 2024, elle devrait continuer à mettre au profit du pays, son expérience en matière de promotion de l’inclusion économique.
Titulaire d’un MBA en audit et gestion des risques en assurances de l’École Supérieure des Assurances de Paris, elle a débuté sa carrière chez Generali avant de rejoindre le Fonds de Garantie des Victimes des Actes de Terrorisme (FGTI/FGAO). De retour au pays, elle s’est imposée par sa technocratie au Fonds national de la finance inclusive (FNFI), puis au Secrétariat chargé de l’inclusion financière et du secteur informel.
Sous sa direction, le Togo s’est distingué au sein de l’UEMOA par ses avancées en matière d’inclusion financière. Nommée ministre en 2020, elle a piloté la stratégie nationale d’inclusion financière, axée sur l’éducation financière et l’accès équitable aux services financiers. Son nouveau portefeuille lui confère désormais un rôle central dans la promotion du développement local, de l’économie solidaire et de l’emploi des jeunes, piliers de la transformation économique togolaise.
Fondateur et directeur général de KYA Energy Group, Ketowoglo Yao Azoumah revient sur son parcours atypique d'enseignant-chercheur devenu entrepreneur solaire. Dans cet entretien, il évoque pour Togo First les défis de l'entrepreneuriat énergétique au Togo alors que son entreprise fête ses 10 ans ; les innovations développées localement et sa vision pour l'indépendance énergétique du continent. Interview.
Togofirst : Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Ketowoglo Yao Azoumah (K. Y. A.): Je suis actuellement le directeur général de KYA Energy Group. Mon parcours peut se situer à deux niveaux, pour faire simple. D'abord, en tant qu'individu à la quête de la connaissance. J'ai commencé à l'Université de Lomé où j'ai obtenu ma maîtrise en physique, option énergétique. Puis j'ai continué en France avec un master en énergie, suivi d'un doctorat en sciences pour ingénieur, spécialisé en énergie solaire et efficacité énergétique. J'ai ensuite fait deux ans de post-doctorat au Canada, toujours dans la technologie de l'énergie.
À partir de là, le virus africain m'a repiqué. Je suis revenu sur le continent pour partager mon expertise à travers l'Institut international d'ingénierie 2iE basé à Ouagadougou, où j'ai fait ma carrière d'enseignant-chercheur et de directeur de laboratoire de recherche pendant près d'une dizaine d'années. J'ai ensuite poursuivi à PAUWES, l'Institut panafricain pour l'eau et l'énergie basé à Tlemcen en Algérie, pendant environ un an et demi, avant de décider de me mettre à mon propre compte en créant KYA Energy Group.

TF : Qu'est-ce qui vous a poussé à quitter le monde académique pour l'entrepreneuriat ?
K.Y.A. : Tout simplement parce que j'ai voulu impacter le continent africain, le Togo en particulier, autrement et en mieux. Pendant longtemps, j'ai fait de l'enseignement et de la recherche sur les voies et moyens, ou bien les procédés énergétiques, qui pourraient permettre l'accès aux services énergétiques. Ça restait essentiellement des approches académiques.
Il est arrivé un moment où j'ai voulu passer de l'académie à l'ingénierie de terrain. En faisant ce saut de façon complètement fortuite, j'ai découvert qu'il y avait beaucoup à faire et à refaire, tant sur le terrain que sur le plan académique. Il y avait des pratiques de terrain que nous ignorions au niveau académique, et il y avait aussi le renforcement du terrain à faire via les aspects académiques. Ce saut m'a beaucoup permis de revoir les choses et d'impacter autrement nos populations.
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TF : Quelle est la mission de KYA Energy Group ?
K.Y.A. : Rendre l'accès aux services énergétiques durables à moindre coût à nos populations, toutes couches confondues. C'est quand même malheureux qu'au XXIème siècle, en 2025, il y ait encore des zones dans notre pays ou en Afrique qui n'ont pas accès aux services énergétiques.
Quand on est spécialiste du solaire, quand on a passé quasiment 20 ans depuis son doctorat en embrassant le solaire, on se pose la question : est-ce que j'ai été suffisamment utile ? Pourquoi sommes-nous encore dans le processus de fournir l'accès aux services énergétiques, et ça ne marche pas ? Notre seule et unique volonté, c'est de nous battre sur tous les plans (scientifiques, technologiques, économiques, financiers, politiques) pour que demain, chaque Togolais ait accès aux services énergétiques. Et quand je parle de services énergétiques durables, c'est par exemple faire usage du soleil qui est là, et qui ne va jamais s'éteindre, en tout cas, pas à notre échelle.
TF : Quels ont été les principaux défis rencontrés depuis la création de l'entreprise ?
K.Y.A. : Les défis sont nombreux. Le premier, c'est de convaincre, non seulement les pouvoirs publics, mais aussi les privés, que le solaire est utile et durable. Parce que, figurez-vous, il y a eu d'autres expériences plutôt pas reluisantes avec le solaire. Certains ont essayé, sans succès, pour plusieurs raisons. Le solaire, c'est de l'ingénierie. Si on ne possède pas cette ingénierie, on peut faire des installations qui ne soient pas durables, ou qui ne soient pas fiables, ou trop coûteuses. Donc le premier défi, c'est de convaincre les gens de notre savoir-faire.
Le deuxième défi, ce sont les ressources humaines qualifiées. Nous n'avions quasiment pas d'écoles qui forment dans l'ingénierie solaire. Il a fallu mettre en place un outil de remise à niveau de tout ce qu'on prend comme ressources humaines, de les mettre à niveau et de pouvoir les maintenir. Vous pouvez prendre un jeune technicien ou ingénieur qui travaille avec vous, qui apprend avec vous, et après deux ou trois ans, il trouve d'autres opportunités et s’en va. Le maintien des ressources humaines est donc un gros défi.
Enfin, le défi qui peut immédiatement tuer l'entreprise, c'est le volet financier. Pas forcément pour soutenir notre structure, mais pour soutenir nos potentiels clients dans l’acquisition de nos produits et services.

TF : Pouvez-vous préciser ce défi financier ?
K.Y.A. : Aujourd'hui, nous sommes arrivés à un stade où le solaire est compétitif. Si je prends le kWh qu'on produit sur la durée de vie du système solaire (nous donnons par exemple un minimum de 5 ans de garantie), le coût de ce kWh est compétitif avec plusieurs coûts de kWh dans la sous-région. Mais il n'est pas accessible.
La quantité d'énergie à produire sur ces 5 ans, plus la puissance qui va avec, nous demandons aux clients de payer tout l’investissement, tout de suite. Alors que les systèmes classiques de distribution d'énergie permettent de payer de façon mensuelle, voire trimestrielle. Donc il faut trouver des mécanismes pour flexibiliser l'acquisition des systèmes, de manière à ce que les gens ne sentent pas ce poids au départ.
Or, nous ne sommes pas une institution financière, nous n'avons pas de trésorerie à immobiliser. Il nous faut des accompagnements avec des mécanismes financiers qui ne soient pas trop chers pour permettre aux gens d'acquérir les systèmes solaires et de payer sur des périodes relativement longues, minimum 5 ans, 8 ans, 10 ans, voire plus. Heureusement, aujourd'hui, nous avons quelques partenariats qui se créent, notamment avec Ecobank, mais il y a d'autres acteurs financiers dans le pays qui s'intéressent à ce mécanisme pour faciliter l’acquisition des systèmes solaires à nos futurs clients.
TF : D’autres défis ?
K.Y.A. : Il y aussi l’enjeu politique. Le politique peut changer beaucoup de choses. Aujourd'hui, il y a des directives de la CEDEAO et de l’UEMOA qui encouragent à enlever les taxes, douanières ou la TVA, de tout ce qui est fourniture d'électricité à base des énergies renouvelables. Il y a des pays qui l'ont complètement appliquée, d'autres partiellement.
Au Togo, par exemple, les panneaux solaires sont détaxés. Mais les batteries, les onduleurs, tout le reste ne l’est pas. Et c'est la plus grosse partie en termes d'investissement. Nous saluons le fait que le pouvoir public a mis en place une loi qui clarifie la filière solaire. Nous continuons à demander d'aller plus loin et d'enlever les taxes sur les autres composants, notamment les batteries et les onduleurs, de manière à tirer davantage les coûts d'investissement vers le bas pour le grand bonheur de nos populations des villes et des campagnes.
TF : Comment contribuez-vous à l'objectif gouvernemental d'accès universel à l'énergie à l'horizon 2030 ?
K.Y.A. : Nous sommes de plain-pied là-dedans, sous plusieurs angles. La première chose que nous avons décidé de faire, c'est de diminuer notre dépendance vis-à-vis de l'extérieur en termes d'acquisition des composants solaires. C'est la raison pour laquelle nous avons commencé à développer des produits maison.
Aujourd'hui, nous assemblons ce que nous appelons les groupes électro-solaires sur place. Nous assemblons des batteries, des lampadaires solaires. Mais en dehors de ces assemblages, nous fabriquons nos propres gestionnaires d'énergie, qui sont des outils hyper importants dans le management des systèmes solaires pour qu'il y ait une meilleure adéquation avec la consommation énergétique. Nous fabriquons également des analyseurs de réseau qui permettent d'évaluer avec précision les besoins énergétiques des clients pour un meilleur dimensionnement.
“Nous avons mis au point notre propre logiciel de dimensionnement des systèmes solaires…”
Nous avons mis au point notre propre logiciel de dimensionnement des systèmes solaires pour une meilleure adéquation avec notre réalité terrain. Depuis 2020, ce logiciel, KYA-SolDesign, est commercialisé. C'est pour dire que nous avons un premier volet scientifique et technologique pour essayer de dompter la technologie solaire et diminuer notre dépendance vis-à-vis de l'extérieur et mieux contribuer ainsi à l’atteinte de l’ambitieux chantier du Gouvernement togolais
TF : Quelle est votre stratégie de production locale ? Qu'assemblez-vous et qu'importez-vous ?
K.Y.A. : La plupart des entreprises solaires font de la commercialisation de produits importés, donc 100% de dépendance extérieure. Nous nous sommes donné comme objectif de briser cela et de réduire cette dépendance au fur et à mesure que nous grandissons.
Le fait de commencer à importer des intrants et à assembler ces composants de systèmes solaires sur place nous permet déjà de réduire notre dépendance de 10-15%. Il y a des composants qui ne sont pas dans les systèmes solaires classiques, tels que les gestionnaires que nous avons développés nous-mêmes. Les analyseurs, nous les développons nous-mêmes. Le logiciel, nous l'avons spécifié pour mieux prendre en considération ce que nous appelons la fiabilité technique et l'accessibilité économique.
Je dis souvent qu'on peut avoir un système fiable, mais que personne ne peut acheter ou disposer d’un système accessible qui ne soit pas du tout fiable techniquement. Comment peut-on avoir un système accessible à tout le monde, mais qui soit en même temps fiable ? Nous avons travaillé à trouver des compromis entre les deux. Notre logiciel adresse bien ce compromis. Cela nous a permis de réduire complètement notre dépendance à 100% vis-à-vis des logiciels existants.
“L'assemblage que nous faisons aujourd'hui nous donne un avantage concurrentiel.”
TF : Quelles sont les prochaines étapes de votre stratégie industrielle ?
K.Y.A. : L'assemblage que nous faisons aujourd'hui nous donne un avantage concurrentiel : si quelqu'un veut commander des batteries, il va mettre 3 à 4 mois avec l’extérieur. Avec nous, c’est un mois. Nous n'avons pas encore la capacité de fabriquer sur place des cellules au lithium, pourtant le lithium se trouve sur notre continent. Et donc, nous ambitionnons de les fabriquer d’ici à la fin de cette décennie.
Notre rêve, c'est de pouvoir avoir des marchés pour que l'assemblage prenne de l'ampleur. À l'horizon 2035, nous nous fixons comme objectif d'attaquer les composants clés, notamment la fabrication des cellules au lithium.
L’assemblage des onduleurs, est encore plus simple. Nous avons déjà nos prototypes. À partir de 2027, nous aurons la ligne d'assemblage des onduleurs chez nous.
“À l'horizon 2035, nous nous fixons comme objectif d'attaquer les composants clés, notamment la fabrication des cellules au lithium.”
Nous nous donnons des horizons à moyen et long terme pour participer au développement industriel des produits solaires. Pour moi, c'est la seule et unique façon de pérenniser ces systèmes. Autrement, nous allons créer des marchés pour les autres qui vont venir nous donner leurs équipements, et nous serons toujours derrière eux pour les innovations qu'ils vont faire.
TF : Pourquoi ne vous attaquez-vous pas aux panneaux solaires ?
K.Y.A. : En ce qui concerne les panneaux solaires, la Chine est très loin devant. Même les occidentaux ne peuvent pas la suivre en la matière. Tous les pays qui essayent de développer et d'assembler les panneaux solaires en Afrique ferment. Le dernier en date qui souffre aujourd'hui, c'est le Burkina Faso avec une entreprise qui fait dans l'assemblage des panneaux solaires, mais qui ne marche pas réellement.
Mais il y a les autres composants qui sont des niches que nous [les Africains] pouvons attaquer plus facilement. Je me base sur le modèle de téléphonie mobile. Ce ne sont pas les Asiatiques qui ont inventé la téléphonie mobile, mais ils l'ont adoptée, quasiment métamorphosée. On est passé des mobiles à une puce aux multiples puces. Ce sont les Asiatiques qui ont fait ça. Nous devons aussi dompter le soleil et l'adapter à nos besoins à travers les innovations technologiques dans des niches pertinentes.
TF : Vous avez également développé un volet formation. Pouvez-vous nous en parler ?
K.Y.A. : Un second volet que nous avons en effet beaucoup développé, c'est la formation. J'ai parlé des compétences dans l'ingénierie solaire. Nous avons pris sur nous de faire des renforcements des capacités. En témoigne le fait que l'ECREEE, le Centre d'efficacité énergétique des énergies renouvelables de la CEDEAO, nous a pris comme le seul centre, au Togo, pour former les techniciens pour la certification de la CEDEAO en matière de solaire hors réseau.
Nous avons développé des modules pédagogiques très adaptés aux professionnels du solaire pour avoir des compétences disponibles localement sur tout le territoire national et pour permettre la pérennisation de ces systèmes solaires. Parce qu'il ne suffit pas de les installer, il faut aussi rester, maintenir, faire des réparations si nécessaires, pour que les gens ne rejettent pas les systèmes solaires.
“Notre premier segment clientèle, ce sont les institutions publiques.”
TF : Qui sont vos principaux clients ?
K.Y.A. : Notre premier segment clientèle, ce sont les institutions publiques. C'est avec les institutions publiques que nous faisons notre meilleur chiffre d'affaires. Mais depuis quelques années maintenant, environ trois ans, nous avons commencé à travailler sérieusement avec le secteur privé. Les ménages constituent le segment le plus faible. Pourquoi ? Parce que justement, on n'arrive pas à trouver les mécanismes financiers adéquats pour permettre aux ménages d'acquérir de façon flexible ces systèmes.
Le jour où nous allons atteindre ce point ; et Dieu sait que nous en sommes presque proche ; d'avoir des accompagnements sur 8 ans, sur 10 ans, avec des taux d'intérêt relativement bas et avec des coûts compétitifs en kWh pour les ménages, je pense que ça sera notre plus grande frange du segment clientèle. Mais aujourd'hui, très clairement, c'est le secteur public, après le secteur privé, les PME-PMI et les ménages en dernière position. Nous renverserons la tendance dans un avenir proche.
TF : Comment vous êtes-vous fait connaître sur les marchés publics ?
K.Y.A. : Nous nous sommes révélés à travers plusieurs choses. Nous, à KYA, nous aimons la compétition. Nous participons à beaucoup de concours, et ça nous donne de la visibilité. Notre premier grand concours que nous avons gagné, c'est le prix de la BOAD. Nous avons eu le premier prix d'innovation de la BOAD en 2018, qui nous a donné un beau chèque de 30 millions. Ça nous a permis de convaincre un peu plus les pouvoirs publics que nous avons une offre intéressante.
Mais nous n'avons pas l'exclusivité des marchés publics ni au Togo ni ailleurs. Nous participons à des appels d'offres comme tout le monde. Nous avons construit un environnement d'esprit très compétitif, qui fait que nous n'allons jamais sur un marché avec doute ou complaisance. Nous travaillons les dossiers de façon disciplinée et très professionnelle. Nous gagnons des marchés publics ici au Togo et ailleurs : au Niger, au Mali, au Bénin, au Ghana, etc.
“..en moyenne, nous tournons autour du milliard de francs CFA de chiffre d'affaires annuel.”
TF : Pouvez-vous nous donner une idée de vos chiffres d'affaires ?
K.Y.A. : Aujourd'hui, en moyenne sur les dix ans, nous tournons autour du milliard de francs CFA de chiffre d'affaires annuel. En moyenne, on est légèrement autour de ça. Nous nous battons parce que nous pouvons multiplier ce chiffre d'affaires par 3, par 4, voire bien plus. Nous avons beaucoup de clients dans le secteur privé, les PME-PMI, mais le frein, c'est le coût d'acquisition de départ.
Si nous sautons ce verrou, si on saute pour le Togo spécifiquement la question liée aux taxes douanières et à la TVA, je pense que nous pourrons faire encore plus grand. Il faut dire que nos premières années ont été très difficiles. On ne peut pas commencer tout de suite et faire un milliard. Mais à partir de nos 10 ans, nous pensons que nous allons améliorer davantage nos revenus, pas seulement en nous concentrant sur le Togo, mais beaucoup plus dans la sous-région et sur tout le continent.
TF : Comment l'innovation impacte-t-elle votre compétitivité ?
K.Y.A. : Mon background d'enseignant-chercheur impacte beaucoup ce volet d'innovation. Dans ma vie professionnelle précédente, j'ai été directeur de laboratoire de recherche, fondateur de laboratoire de recherche. Animer des équipes de recherche, gagner des projets de recherche auprès de l'Union africaine, de la Banque mondiale, de l'Union européenne... Cette quête de l'innovation est ancrée en ma personne que je communique à mes collègues.
Nous avons ainsi créé un environnement pour stimuler la recherche et l'innovation à travers des séances dédiées de façon hebdomadaire au brainstorming. Ça fait que nous arrivons non seulement à questionner nos pratiques actuelles pour les améliorer, mais nous questionnons également le futur pour apporter des solutions plus innovantes aujourd'hui qui peut-être n'existent pas encore.
Cela impacte beaucoup notre compétitivité, notre participation aux appels d'offres. Nous n'y allons pas de façon complaisante. Nous savons qu'en face de nous, il y a des compétiteurs organisés et sérieux. Il faut se préparer, préparer les dossiers minutieusement. Si nous échouons, ça doit être vraiment à quelque chose près. Il y a toujours quelqu'un qui est plus fort que soi. S'il est plus fort, tu fais profil bas, tu reviens en arrière pour voir comment renforcer tel aspect ou tel autre pour que demain tu puisses gagner. Et c’est un processus continue.
TF : Quels sont les grands succès qui ont marqué ces dix années ?
K.Y.A. : Je peux d'abord dire que notre entrée sur le marché avec notre groupe électro-solaire a été un élément majeur. Très peu de gens à l'époque pensaient à optimiser les systèmes solaires sous l'angle à partir duquel nous les voyions , et nous avons été récompensés par la BOAD là-dessus.
L'autre élément majeur, c'est d'avoir catégoriquement changé l'approche de dimensionnement des systèmes solaires hors réseau et d'avoir développé le premier logiciel africain de dimensionnement des systèmes solaires hors réseau, qui est enseigné aujourd'hui un peu partout.
Nous avons gagné quelques marchés phares. D'abord, la mise en place de l'Académie solaire dans le cadre du programme CIZO, une compétition internationale. Nous avons été la seule entreprise togolaise shortlistée parmi six autres, et nous avons gagné ce marché pour former 3000 techniciens. Ça a été fabuleux.
Il y avait aussi le contrôle et la supervision de la plus grande centrale solaire du Togo, la centrale de Blitta, qui est passée de 30 MW à 50 MW, puis de 50 MW à 70 MW aujourd'hui. Nous avons fait l'ingénieur conseil et jusqu'à date, il n'y a jamais eu d’incident particulier. C'était un challenge, et nous avons réussi ce pari.
Je finirai par la ligne d'assemblage que nous avons aujourd'hui. Pour moi, c'est un succès majeur d'avoir pu aller, en 10 ans, au bout de ce premier rêve : avoir acquis des lignes pour assembler les batteries, les lampadaires solaires, et surtout pour fabriquer les gestionnaires d'énergie et les analyseurs. Ces premiers succès nous donnent encore plus de confiance.

TF : Quels sont les principaux risques pour les acteurs du solaire dans la sous-région ?
K.Y.A. : Pour moi, les premiers risques sont essentiellement politiques. Nous sommes dans un environnement politique très changeant dans la sous-région. Nous vivons du terrorisme, des coups d'État, des changements de régime. Ça peut remettre en cause la priorité qu'un pouvoir public a donnée aux énergies renouvelables. C'est un risque majeur.
Le second risque, c'est l'accompagnement financier. Il y a aujourd'hui le mouvement mondial de transition énergétique qui crée des fonds verts, des financements carbone. Demain, avec les envolées internationales qu’on connaît aujourd’hui ici et là, on peut avoir des arrêts de ces financements. Comment financer l'acquisition des systèmes solaires ?
Il y a aussi le risque technologique. Le lithium aujourd'hui n'est pas utilisé uniquement dans le domaine du solaire. On l'utilise de plus en plus dans le génie militaire. Si on a plus de guerre que de paix, les batteries au lithium peuvent se raréfier et le coût peut augmenter.
TF : Comment vous préparez-vous à ces risques ?
K.Y.A. : D'abord, sur le plan politique, nous essayons d'être extraterritoriaux. Nous ne voulons plus mettre tous nos œufs dans un seul panier. Ça va nous permettre de minimiser les risques. Ce n'est pas dans tous les pays qu'on peut avoir des changements drastiques de politique énergétique. Si au Togo on a un changement, peut-être qu'au Bénin on n'en a pas. C'est à nous de construire notre modèle de business en tenant compte de ces multi-risques et de proposer des offres attrayantes au-delà de nos frontières.
Par rapport au volet financier, nous nous efforçons à travailler à avoir des solutions purement bancaires pour avoir un accompagnement, sur le long terme des banquiers. Il y a toute une ingénierie financière à travailler et à développer avec les banquiers pour accompagner des solutions innovantes solaires qui s'adressent à une population avec un faible pouvoir d'achat.
“Notre ambition est de faire du Togo un hub des énergies renouvelables en Afrique de l'Ouest.”
TF : Quelle est votre vision dans 5 à 10 ans ?
K.Y.A. : Dans 5 à 10 ans, nous voulons être parmi les meilleurs en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale. C'est clairement notre terrain de jeu. Pourquoi ne pas être parmi le top 10 de ceux qui offrent le solaire compétitif, le solaire durable et le solaire moins cher en Afrique ?
En dehors des produits solaires, nous voulons accompagner dans la standardisation de nos pratiques à travers des franchises, exporter notre savoir-faire en termes de conception, d'installation, de maintenance, de supervision, etc. et commercialiser nos produits qui permettent d'optimiser le fonctionnement des systèmes solaires.
Nous avons une politique que nous allons enclencher l'année prochaine pour mettre à disposition du grand public nos logiciels quasiment de façon gratuite pendant un bon bout de temps, pour que les gens voient ce qu'ils peuvent gagner avec notre logiciel comparé aux autres existants.
Notre ambition est claire, c’est de faire du Togo un hub des énergies renouvelables en Afrique de l'Ouest. Nous voulons, à partir d’ici, être l'un des leaders dans le domaine du solaire et, pourquoi pas, utiliser le solaire comme un réel outil de diplomatie énergétique dans la sous-région.
“...le seul outil d'indépendance que nous avons, c'est l'énergie, mais produite à base de ressources endogènes.”
TF : Pour conclure, comment l'énergie peut-elle rendre l'Afrique véritablement indépendante ?
K.Y.A. : Pour être honnête, le seul outil d'indépendance que nous avons, c'est l'énergie, mais produite à base de ressources endogènes. La première ressource énergétique endogène la plus distribuée sur notre continent, c'est le soleil. Après, on a l'éolien, la bioénergie, etc. Si nous voulons réellement que nos pays soient souverains, que nos pays acquièrent leur vraie indépendance, nous ne devons plus manquer d'énergie.
Je donne souvent l'exemple du soleil dans quelques domaines clés. L'agriculture : personne ne peut rien faire s'il a faim. Nous ne pouvons plus faire l'agriculture comme au Moyen-Âge. Nous ne pouvons plus attendre que ce soit la nature qui nous donne de l'eau alors que nous avons des moyens pour aller chercher de l'eau. L'énergie solaire peut contribuer à irriguer nos cultures. Même dans le désert, on peut irriguer. Les Israéliens font l'agriculture en plein désert en irriguant au solaire. Nous pouvons le faire partout.
La question de mobilité, du transport : aujourd'hui, ça coûte cher de transporter les biens et les personnes parce que dès que le coût du pétrole augmente, le coût du transport augmente en conséquence. Nous pouvons changer de paradigme. Il y a de plus en plus de motos électriques, de voitures électriques. Il suffit que nous ayons des stations de recharge de véhicules électriques au solaire, nous nous passerons royalement des hydrocarbures. Nous ne serons plus tributaires des coûts du pétrole. C’est un rêve aujourd’hui, nous nous battons pour qu’il devienne réalité demain.
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Il y a aujourd'hui des centres de santé, des écoles, qui sont vulnérables vis-à-vis du manque d'accès aux services énergétiques. Nous ne pouvons plus parler au 21ème siècle d'accouchements difficiles ou de pertes de bébés parce qu'on n'a pas eu l'électricité pour mieux faire cet accouchement. Le soleil peut répondre à ce problème partout. On n'a pas besoin de tirer les câbles partout pour que chacun ait son système solaire. Ce sont des systèmes bien décentralisés dont chacun peut disposer en complète autonomie.
C'est un appel que je lance tant aux pouvoirs publics qu'au secteur privé : mobilisons-nous, donnons-nous tous les moyens possibles d'engagement et de facilitation, pour que d'ici 5 à 10 ans, le soleil soit vulgarisé partout au Togo et en Afrique. Je rêve que sous peu, lorsqu'on descend de l’avion sur notre pays le Togo ou sur d’autres pays de la sous-région, qu’on voit des panneaux solaires sur tous les toits, ce sera une vraie révolution pour nos populations des villes et des campagnes.
Propos recueillis par Ayi Renaud Dossavi
Le Togo traverse une transition démographique silencieuse qui reflète aussi ses mutations économiques. En trente-quatre ans, le taux de fécondité est passé de 6,4 à 4,3 enfants par femme. Cette évolution, abordée lors de la Journée mondiale de la population le mardi 14 octobre 2025 avec pour thème :‘Donner aux jeunes les capacités de fonder les familles qu’ils souhaitent dans un monde juste et porteur d’espoir’, a été placée au cœur des enjeux de développement durable par le gouvernement et l’UNFPA.
Selon Essohanam Edjeou, directeur de cabinet au ministère de la Planification du Développement, le thème de cette édition « met en lumière la volonté des jeunes de fonder une famille, tout en rappelant les obstacles persistants comme l’instabilité économique, le manque d’accès à la santé reproductive et les effets du changement climatique ». Il souligne que les mutations technologiques et sociétales redéfinissent les modes de vie et les priorités.

Pour la représentante de l’UNFPA au Togo, Élise Kakam, « la stabilité de l’emploi et des revenus suffisants » sont aujourd’hui une condition essentielle pour permettre aux jeunes de fonder les familles qu’ils désirent. Le rapport mondial 2025 de l’UNFPA invite donc à capitaliser sur les dynamiques actuelles (notamment des sociétés avec plus d’égalité de genre ; plus d’éducation pour la femme, de plus en plus active dans le système économique) pour transformer la baisse de la natalité en dividende démographique.
Ceci d’autant qu’au Togo, si la fécondité a baissé, la population continue de croître. Le dernier recensement général (RGPH-5) révèle une population de 8,1 millions d’habitants en 2022, contre 6,1 millions en 2010, avec une croissance annuelle de 2,3 %.
Près de 60 % des Togolais ont moins de 25 ans. Leur intégration rapide au marché du travail et l’amélioration des conditions sanitaires sont des priorités.
Pour le gouvernement, ceci se traduit par des programmes comme Wezou pour la santé maternelle, SWEDD+ pour l’autonomisation des femmes et la promotion de la planification familiale, afin de convertir cette transition démographique en une véritable opportunité économique.
Ayi Renaud Dossavi
A Rome, lors du sommet du Processus d’Aqaba tenu le mercredi 15 octobre, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a présenté plusieurs pistes de réflexion pour faire face aux crises sécuritaires qui affectent le continent africain, notamment son côté ouest. Il a notamment insisté sur la responsabilité partagée, la solution africaine intégrée et la prise en compte du volet informationnel dans la lutte contre le terrorisme.
Selon le Président du Conseil togolais, la crise sécuritaire marquée par l’expansion du terrorisme depuis les foyers sahéliens vers les pays côtiers, ainsi que la reconfiguration des réseaux criminels jusqu’aux routes maritimes du golfe de Guinée, menace désormais la stabilité régionale et, à terme, la sécurité internationale. « La sécurité de l’Afrique de l’Ouest n’est plus un dossier strictement régional : elle croise nos souverainetés, nos économies et nos sociétés. Ce combat, nous devons le mener ensemble, car les groupes armés ne s’arrêtent pas aux frontières et les trafics alimentent des réseaux globaux », a-t-il déclaré.
Faure Gnassingbé a par ailleurs souligné le manque de moyens humains, technologiques et logistiques dans la sous-région, estimant que la sécurité doit être considérée comme un bien public mondial. « Il est temps d’en tirer les conséquences, y compris dans les règles d’accès aux financements. Aujourd’hui, nous ne pouvons financer notre sécurité qu’en creusant notre dette », a-t-il regretté.
Le Président du Conseil, @FEGnassingbe, a activement pris part ce 15 octobre 2025 à Rome, au sommet du Processus d’Aqaba, axé sur la crise sécuritaire en Afrique de l’Ouest.
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) October 15, 2025
L’événement marquant le 10ᵉ anniversaire de l’initiative, était coprésidé par le Roi Abdallah II de… pic.twitter.com/RhW9I0osjb
Pour le dirigeant togolais, il est urgent de reconnaître les dépenses sécuritaires comme de véritables investissements, au même titre qu’un barrage ou une école, afin d’éviter de « pénaliser la paix au nom d’une orthodoxie court-termiste ».
Insistant sur la nécessité d’une approche globale, Faure Gnassingbé a rappelé que la lutte contre l’extrémisme ne saurait être uniquement militaire. Elle doit également intégrer les volets éducatif, social et informationnel. « On ne gagne pas une guerre des esprits uniquement avec des fusils. La bataille se joue d’abord sur le terrain de l’information. Les groupes terroristes exploitent les failles de nos systèmes physiques comme numériques. Nos réponses doivent donc être collectives et coordonnées », a-t-il précisé.
Le Président du Conseil a enfin appelé à une anticipation stratégique plutôt qu’à une gestion de crises successives. « Notre action doit passer de la réaction à l’anticipation, avec des ressources prévisibles, et non de simples appuis ponctuels. La réponse doit être aussi culturelle, sociale et éducative, car sécurité et développement sont les deux faces d’un même défi », a-t-il conclu.
En rappel, le Processus d’Aqaba est lancé en 2015 à l’initiative conjointe de la Jordanie et de l’Italie, avec pour objectif de renforcer la coopération internationale en matière de sécurité.
Esaïe Edoh
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