Togo First

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Dans son adresse à la Nation, mardi 30 décembre 2025, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a de nouveau fixé les orientations économiques et institutionnelles de la Ve République. Selon lui, ce nouveau passage vise à « refonder durablement notre gouvernance politique et institutionnelle » et à renforcer la responsabilité de l’action publique. Suivant le triptyque “Protéger, Rassembler, Transformer”.

Sur le plan économique, l’Exécutif entend articuler sécurité, développement et inclusion sociale. « Il ne peut y avoir de développement sans sécurité, ni de sécurité durable sans justice sociale », a souligné le Président du Conseil, pour qui la stabilité est intimement liée aux politiques sociales.

La décentralisation occupe une place centrale dans la trajectoire amorcée. Le chef de l’exécutif a insisté sur la nécessité de « rapprocher la décision publique des citoyens ». Pour cela, indique-t-on, il faut confier aux communes et aux régions un rôle accru dans le développement local. Une position qui trouve un écho particulier, quelques mois après les élections municipales et l’installation des gouverneurs de région.

Enfin, le discours de Faure Gnassingbé projette le Togo vers une transformation fondée sur le capital humain et l’intégration régionale, avec l’ambition de « positionner notre économie dans les chaînes de valeur africaines et internationales ».

 

Discours complet :

 

Vœux de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil de la République Togolaise à la nation.

Lomé, 30 décembre 2025

 

Togolaises, Togolais.

Chers Compatriotes.

En ce moment où une année s’achève et une autre s’ouvre devant nous, je veux d’abord souhaiter à chacune et chacun d’entre vous, à vos familles, à vos proches, mes vœux les plus sincères de santé, de sérénité et d’espérance. 2025 a été une année charnière pour notre pays. Nous avons connu des épreuves, des moments de doute. Mais nous avons aussi franchi une étape importante de notre vie démocratique. 

Avec l’adoption de la Ve République, notre pays est devenu une démocratie parlementaire. Cette réforme marque l’évolution la plus profonde de notre Constitution depuis plus de trente ans.

Il y a quelques semaines, je me suis adressé à vos élus. Ce soir, en cette fin d’année, c’est à vous que je m’adresse, pour parler de notre chemin commun et de la direction que nous allons prendre ensemble.

 

Mes chers compatriotes.

 

Je veux vous parler de cette nouvelle République, et de ce qu’elle change concrètement dans votre vie. Ce changement n’est pas un jeu d’écriture. Ce n’est pas une affaire réservée aux juristes ou aux responsables politiques.

Il concerne directement votre vie de tous les jours et la manière dont les décisions sont prises en votre nom. Je veux saluer le travail de vos élus, les élus du peuple. Le Parlement et le Sénat ont conduit cette réforme dans la paix, la dignité, et le respect du cadre républicain. Ce choix n’a pas été imposé. Il a été voté, assumé, porté par vos représentants. 

Je suis conscient que certains auraient souhaité un débat public plus large. Je comprends ces attentes. Mais ce que je retiens, c’est que cette réforme a été menée dans un climat institutionnel apaisé, avec pour seule boussole l’intérêt national.

C’est une réussite en soi d’avoir conduit ce changement sans rupture. Dans une République, il y a des choses qui doivent rester stables. La continuité de l’État et des institutions est essentielle pour la paix, pour la confiance. C’est pour cela que je suis resté à la tête de l’exécutif, mais ma fonction a changé.

Le centre de gravité de notre vie politique a changé.  Désormais, la politique de la Nation se décide d’abord au Parlement. Le Gouvernement est responsable devant vos élus. Quant au Sénat, il porte la voix des territoires. Les régions et les communes jouent ainsi un rôle plus important.

Certains d’entre vous se demandent si cette réforme changera vraiment quelque chose dans leur vie, si elle peut ouvrir une dynamique nouvelle pour notre pays. Je veux vous répondre clairement : la réponse est oui. 

Nous allons changer de méthode, faire vivre autrement notre démocratie, ouvrir un nouveau chapitre, sans casser ce que nous avons construit. 

Pour cela, j’ai fixé au Gouvernement trois priorités simples : Protéger, Rassembler, Transformer.

Elles donnent un sens concret à ce changement de régime. Et elles résument, au fond, ce que je vous dois comme Président du Conseil : la sécurité, l’unité, et l’avenir.

 

Mes chers compatriotes. 

Protéger, c’est la première responsabilité d’un État. Et c’est la première mission que je me donne, et que je donne à mon Gouvernement pour 2026.

Protéger, c’est bien sûr d’abord garantir la sécurité, celle de nos familles, de nos villages et de notre territoire. Dans une région instable, nos forces de défense et de sécurité agissent avec courage et bravoure : elles protègent nos populations et tiennent nos frontières.

Je veux ce soir leur rendre hommage, ainsi qu’à tous ceux qui, chaque jour, veillent sur notre stabilité. Mais je veux aussi vous dire ceci : On ne protège pas un pays seulement avec des armes. On le protège en donnant à chacun une vie digne, en donnant une place à sa jeunesse, en évitant que la pauvreté, l’exclusion ou la colère ne deviennent des terreaux de la violence.

La sécurité vient aussi du développement. Elle vient de l’emploi. Elle vient de l’accès aux services essentiels. Elle vient d’un pays où personne ne se sent oublié. Quand un enfant peut aller à l’école en paix, nous renforçons la sécurité. Quand une famille a accès aux soins, nous renforçons la sécurité. Quand un agriculteur peut vivre de son travail, nous renforçons la sécurité. Et quand un village a accès à l’eau, à la route, à l’électricité, nous renforçons également la sécurité. C’est pourquoi nous poursuivrons notre stratégie globale qui associe sécurité, développement local et cohésion sociale.

 

Mes chers compatriotes.

Togolaises, Togolais.

Rassembler, c’est la deuxième grande priorité que j’ai fixée à notre action en 2026.

Rassembler, c’est renforcer notre unité nationale. Et elle ne peut s’épanouir que dans l’équité territoriale.

La décentralisation n’est pas un slogan. C’est une manière de gouverner autrement, de reconnaître la diversité de nos territoires, d’aller vers ceux qui sont loin du centre ou de la capitale.

Vos élus locaux seront désormais davantage associés à l’action publique, parce qu’en 2025 nous avons renforcé les moyens d’action des collectivités et amélioré la coordination entre l’Exécutif, l’Assemblée, le Sénat et les territoires.

Rassembler c’est aussi reconnaître la place de chacun et créer les conditions d’un dialogue durable entre majorité et opposition. La critique constructive et apaisée fait partie du fonctionnement normal de la démocratie. Je veux le dire clairement ce soir : l’opposition est une composante essentielle de la République. Elle a la responsabilité de questionner, d’alerter, et de proposer.

En 2026, je souhaite qu’une culture politique nouvelle s’impose : une culture politique de respect, où l’on critique les idées, mais jamais les personnes, où l’on s’oppose sans se déchirer, où l’on débat sans se détruire.

Franchissons ensemble cette étape supplémentaire vers un climat politique plus apaisé, où les désaccords s’expriment de manière constructive, sans violence ni dégradations.

Pour rassembler ainsi la Nation, il faut commencer par tendre la main, reconnaître que la paix civile ne se maintient pas seulement par la loi, mais aussi par le geste juste et par la compréhension.

C’est dans cet esprit d’apaisement que j’ai demandé au Ministre de la Justice d’exécuter les décisions de grâce et de clémence que nous avons prises lors du dernier conseil des ministres.

Il ne s’agit ni d’impunité, ni de faiblesse sur des crimes graves. Il s’agit plutôt d’éviter que des erreurs ou des moments d’égarement deviennent des destins brisés. Il s’agit, surtout, de permettre à notre pays de regarder de l’avant. Notre avenir, c’est de cela que je souhaite maintenant vous parler.

Mes chers compatriotes.

Transformer, c’est notre troisième grande priorité. Et c’est sans doute la plus exigeante. Depuis plusieurs années, notre pays progresse. Il progresse en matière d’infrastructures, de stabilité économique, d’intégration régionale, de digitalisation.

Ces efforts sont réels, et ils doivent être reconnus. Nous devons maintenant franchir un cap supplémentaire. 

Transformer le Togo, aujourd’hui, c’est d’abord investir dans notre première richesse. Cette richesse c’est vous, les Togolaises et les Togolais : votre éducation, votre formation professionnelle, votre santé, votre jeunesse.

Un pays ne se développe pas uniquement avec des routes, des ports et des usines, on nous le dit souvent. Il se développe avec des femmes et des hommes capables de créer, d’innover, de construire, de rêver grand.

Transformer le Togo, c’est aussi transformer nos territoires, faire en sorte que l’avenir du pays ne se joue pas seulement à Lomé, mais dans chaque préfecture, dans chaque commune, dans chaque village.

Je veux que cette transformation en cours devienne visible partout. Et je veux qu’elle soit juste. Je veux qu’elle bénéficie à toutes les catégories sociales : aux femmes, qui portent l’économie informelle ; aux jeunes, qui portent l’innovation ; aux agriculteurs, qui nourrissent la Nation ; aux entrepreneurs, qui créent de l’emploi ; aux travailleurs, qui bâtissent le pays ; aux personnes vulnérables, qui ne doivent jamais être oubliées. Pour réussir tout cela, nous avons besoin de regarder au-delà de nos frontières.

Transformer notre pays demande d’ouvrir des portes, de nouer des partenariats, de défendre nos intérêts dans les enceintes africaines et internationales. Pour un pays comme le nôtre, la diplomatie est une force. Car l’avenir du Togo dépend de notre capacité : à nous insérer dans les chaînes de valeur africaines, à attirer des investisseurs, à participer aux marchés régionaux de notre continent. Ce travail extérieur n’est jamais détaché de vos réalités. Il sert un seul objectif : améliorer votre quotidien ici. Quand je cherche des financements plus justes, c’est pour construire des routes, des écoles, des centres de santé, des hôpitaux. Quand je mobilise des investisseurs, c’est pour créer de l’emploi ici, dans notre pays. Quand je fais entendre la voix du Togo, c’est pour obtenir des règles plus équitables, alléger le poids de la dette, et renforcer notre sécurité. 

Je vous sers ici, à travers mon gouvernement et les priorités que nous nous sommes fixées. Je vous sers aussi à l’extérieur, avec la même énergie, pour répondre à vos besoins quotidiens : la sécurité, l’emploi, le coût de la vie, les services essentiels.

Togolaises, Togolais.

 

Mes chers compatriotes. 

Protéger, rassembler, transformer : voilà notre chemin pour l’année qui vient. C’est le socle de notre action. Il guidera chaque décision, chaque programme, chaque effort de votre Gouvernement. 

Je veux une République qui vous protège mieux, qui nous rassemble davantage, qui transforme plus vite notre pays. Je forme donc le vœu que 2026 soit une année de paix et d’équilibre, une année de progrès et d’espérance, une année de solidarité et de confiance.

Je vais donc dire à nouveau : à chaque famille togolaise mes vœux de santé, de sérénité et de réussite ; à nos jeunes, je leur dis d’avoir confiance en leur avenir ; à nos aînés, je souhaite la reconnaissance et le respect auxquels ils ont droit ; à tous ceux qui traversent une épreuve de trouver soutien et réconfort. 

Je souhaite enfin que chacun soit fier de dire : je suis Togolais, je suis Togolaise.

 

Que Dieu bénisse donc chacune et chacun d’entre vous.

Que Dieu bénisse notre cher Togo.

Bonne et heureuse année à chacune et à chacun d’entre vous.

Après le lancement officiel à Lomé mi-décembre, le programme national de transferts monétaires entre désormais dans sa phase de déploiement régional. 

Récemment, les opérations ont démarré dans les Savanes, la Kara, la Centrale et la Maritime, alors que le programme s’étale à toute l’échelle nationale.

Dans la région des Savanes, plus de 150 000 bénéficiaires directs sont concernés. Comme prévu, chaque ménage ciblé reçoit un transfert inconditionnel de 25 000 FCFA, versé par mobile money via les opérateurs Yas et Moov Togo. 

Selon le rappel de l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), les bénéficiaires ont été identifiés à partir des données du recensement national mené par l’INSEED, puis vérifiés sur le terrain dans plus de 1700 villages.

La même dynamique est observée dans les autres régions. Notamment, dans la la Kara, 19 480 ménages vulnérables bénéficient du programme pour un montant global de 3,5 milliards FCFA. 

Dans la région Centrale, 13 615 ménages sont ciblés lors d’une première phase, tandis que dans la Maritime, plus de 21 000 personnes ont déjà été identifiées pour recevoir les transferts via leur téléphone portable.

Selon le gouvernement, ce nouveau dispositif s’inscrit dans la composante 1 du Programme national de protection sociale, aligné sur la feuille de route gouvernementale 2020-2025. Son objectif est à deux niveaux : d’une part, atténuer les effets de la hausse du coût de la vie et des chocs économiques ; et d’autre part, renforcer la résilience des ménages vulnérables et soutenir l’activité économique locale, à travers le développement d’activités génératrices de revenus.

Pour rappel,  à terme, près de 700 000 personnes sur l’ensemble du territoire devraient bénéficier de ces transferts, financés à hauteur de 3,5 milliards FCFA. L'initiative est appuyée par des partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale, le système des Nations unies, l’AFD et la BAD.

R.E.D.

Au Togo, le projet de loi de finances, exercice 2026, a été définitivement adopté le lundi 29 décembre 2025 par l’Assemblée nationale, à l’issue d’une deuxième lecture et après validation par le Sénat. Le budget s’équilibre en ressources et en charges à 2751,5 milliards FCFA.

Ce montant est identique à celui adopté en première lecture par les députés et en deuxième lecture par les sénateurs. Par rapport au projet initial présenté par l’exécutif, qui s’établissait à 2740,5 milliards FCFA, la loi de finances enregistre une hausse d’environ 11 milliards FCFA.

Comparé au collectif budgétaire 2025, évalué à 2436 milliards FCFA et également adopté définitivement en séance plénière, le budget 2026 affiche une progression de 12,93 %.

Selon le ministère des Finances et du Budget, la loi de finances 2026 introduit plusieurs innovations. Il s’agit notamment de l’exonération de la TVA applicable à certains produits locaux de l’élevage et de la pêche, la facilitation de l’enregistrement des marchés publics pour les jeunes et les femmes entrepreneurs, l’instauration d’un crédit d’impôt destiné à encourager le recrutement des personnes en situation de handicap, ainsi que la reconduction des allègements fiscaux pour le dédouanement des véhicules neufs.

Pour Komi Sélom Klassou, qui a présidé la séance plénière d’adoption définitive du texte, ce budget donne au gouvernement les moyens de poursuivre la mise en œuvre de sa politique de
développement économique et social.

« Par cette adoption définitive, le gouvernement est désormais outillé pour continuer à propulser le Togo vers un développement partagé », a déclaré pour sa part, le président de l'Assemblée national, Sélom Klassou.

Esaïe Edoh

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Le Togo consolide son dispositif en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. L’Assemblée nationale togolaise a récemment adopté en session budgétaire, une nouvelle loi en ce sens ( relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP)). 

Ce texte vise entre autres, à aligner le cadre juridique national sur les récentes évolutions des standards internationaux et communautaires. Le nouveau dispositif remplace en effet la loi de 2018 pour intégrer les recommandations révisées du Groupe d’action financière (GAFI) et une directive de l’Uemoa de 2023. 

Ceci devrait permettre à terme de renforcer la transparence nationale, dans un contexte de menaces sécuritaires régionales. 

Le cadre juridique introduit notamment une approche basée sur les risques, élargissant les obligations de vigilance aux prestataires de services d’actifs virtuels et renforçant l’identification des bénéficiaires effectifs des transactions.

Selon le ministre en charge des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, cette réforme s'inscrit dans la stratégie nationale devant permettre de protéger l’intégrité du système financier. L'adoption de ce cadre harmonisé qui prévoit des sanctions, doit permettre de limiter l'opacité des flux financiers, souvent corrélée au crime organisé.

Notons que cette étape législative intervient alors que le Parlement s'apprête à clore sa session budgétaire, après avoir voté le collectif budgétaire pour  l’exercice 2025 et adopté la loi de Finances gestion 2026.

R.E.D

Le Togo ajuste le régime fiscal du gazoduc ouest-africain, l’une des structures qui fournit du gaz au pays. Les modifications portent sur trois aspects majeurs. Dans un premier temps, la période d’exemption fiscale accordée à West African Gas Pipeline Company (WAPCo), gestionnaire du réseau, est prolongée de 60 mois, ce qui porte la durée totale d’exonération à 120 mois. Ensuite, le taux d’imposition de la société passe de 35 % à 30 %, s’alignant ainsi sur celui appliqué dans les autres États parties au projet régional. Enfin, avec cette flexibilité, l'Etat peut appliquer un taux plus élevé quand les conditions l'exigent, sans toutefois dépasser le taux d’imposition plafond de 35%.

Les modifications ont été entérinées par l’Assemblée nationale togolaise, qui a adopté, le 24 décembre 2025, une loi modifiant le cadre juridique et fiscal du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. Le vote est intervenu lors d’une séance plénière présidée par Komi Selom Klassou, en présence du ministre délégué à l’Énergie, Messan Eklo, qui a défendu le projet devant les députés.

Long d’environ 678 kilomètres, dont une large partie offshore dans le golfe de Guinée, le gazoduc est une infrastructure régionale de transport de gaz naturel reliant le Nigeria au Bénin, au Togo et au Ghana.

Notons que l’amendement confie également à l’Autorité du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (AGAO) la supervision des activités des chargeurs, en conformité avec le code du réseau.

Pour le ministre, ces ajustements répondent aux difficultés financières de WAPCo, qui ont limité sa capacité d’investissement, ainsi qu’à l’évolution du contexte opérationnel, marqué par l’ouverture d’une seconde entrée de gaz à Takoradi, au Ghana, et la multiplication des opérateurs dans le secteur.

Mis en service à la suite du traité signé en janvier 2003 par le Bénin, le Ghana, le Nigeria et le Togo, le gazoduc transporte le gaz nigérian vers les trois autres pays. Le cadre juridique initial datait de décembre 2004, soit de plus de vingt ans.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, le conseil régional des Plateaux a adopté son budget primitif, exercice 2026, arrêté à 841 710 619 FCFA. Cette adoption est intervenue à Atakpamé, à l’issue des travaux de la quatrième session ordinaire de l’année 2025 du conseil, tenue en milieu de semaine dernière.

Dans la répartition, la priorité est accordée aux investissements, qui représentent 615 282 964 FCFA, soit 73,21 % de l’enveloppe globale. Ces ressources sont destinées au financement de projets, notamment dans les domaines des infrastructures, des services sociaux de base et du développement local.

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Les dépenses de fonctionnement s’élèvent pour leur part à 225 427 655 FCFA, correspondant à 26,79 % du budget. Elles couvriront les charges liées au fonctionnement courant de la région, en particulier les dépenses administratives, les acquisitions de biens et services, ainsi que certaines charges exceptionnelles.

Selon le président du Conseil régional des Plateaux, Gnatcho Komla, ce budget « traduit la volonté du Conseil régional de doter la région d’un outil de planification réaliste et orienté vers le développement ». Les actions programmées visent notamment la valorisation des potentialités locales, le renforcement des infrastructures économiques et sociales, de même que l’amélioration de la gouvernance territoriale et de la planification régionale.

Parmi les projets identifiés figurent la construction de bâtiments scolaires, l’entretien des pistes rurales afin de désenclaver les zones de production, ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les communautés rurales.

Ce budget devrait être complété par les appuis de l’État, notamment à travers le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT). Il permettra ainsi aux élus régionaux de mettre en œuvre leurs missions de développement dans un contexte de renforcement progressif de la gouvernance locale.

Esaïe Edoh

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Décentralisation : le gouvernement adopte une nouvelle feuille de route 2025-2034

Au Togo, le gouvernement engage une réforme du cadre juridique régissant la société civile et les associations. Celle-ci se matérialise par l’adoption, en Conseil des ministres, d’un projet de loi relatif à la liberté d’association. L’annonce a été faite à l’issue de la séance du 24 décembre 2025.

Selon le communiqué officiel, le texte vise à « actualiser le cadre juridique en vigueur, à renforcer la sécurité juridique des associations et à concilier l’exercice effectif de la liberté d’association avec les exigences d’ordre public, de sécurité, de transparence et de responsabilité » (Conseil des ministres). Un cadre résultant de la loi du 1er juillet 1901, héritée du droit français, et dont « l’obsolescence des dispositions impose de procéder à une refonte », selon le gouvernement.

S’il est difficile de mesurer pour l’heure l’ampleur du projet de modification enclenché par l’exécutif, et qui devrait être ensuite transmis au Parlement, cette réforme intervient dans un contexte de croissance du tissu associatif togolais, notamment dans les domaines du développement local, de l’action humanitaire, de la gouvernance et de l’entrepreneuriat social.

Pour les autorités, il s’agit d’adapter la législation aux réalités institutionnelles actuelles, tout en améliorant la traçabilité financière et la responsabilité des organisations.

Sur le plan économique, les associations au Togo jouent un rôle non négligeable et croissant dans la mise en œuvre de projets financés par des partenaires techniques et financiers. Ces initiatives viennent en complément de l’action publique dans différentes localités du pays.

Le communiqué précise ainsi qu’« après son vote par la représentation nationale, la loi sur la liberté d’association pourra voir ses dispositions précisées et complétées par des textes réglementaires », ouvrant la voie à une meilleure articulation entre société civile, État et bailleurs.

R.E.D

Le Togo se dote d’une nouvelle feuille de route en matière de décentralisation, couvrant la période de 2025 à 2034. Ce nouvel outil, destiné à consolider la gouvernance territoriale, a été approuvé en Conseil des ministres sous la forme d’une Politique nationale de la décentralisation, le mercredi 24 décembre 2025.

Selon le communiqué officiel, cette politique constitue « un cadre stratégique de référence visant à consolider la gouvernance locale, à renforcer les capacités des collectivités territoriales et à approfondir le processus de décentralisation au service du développement local et de la participation citoyenne ». Elle s’inscrit dans la continuité de la feuille de route gouvernementale et répond aux recommandations formulées lors de la cinquième réunion du Conseil national de la décentralisation tenue en novembre 2022.

Engagée depuis 2019 avec l’élection des conseillers municipaux et la mise en place de nouvelles communes, la décentralisation « s’est imposée comme une réponse efficiente aux défis de développement et de démocratisation », selon le Conseil des ministres. L’actualisation du cadre stratégique vise notamment à corriger les insuffisances observées dans le transfert effectif des compétences et des ressources aux collectivités territoriales.

D’un point de vue économique, cette nouvelle feuille de route devrait renforcer la capacité des communes à porter des projets structurants, en lien avec l’accès aux services publics locaux, l’aménagement du territoire et la mobilisation des ressources locales.

Pour rappel, le Togo compte à ce jour 117 communes, réparties sur l’ensemble du territoire national et regroupées au sein de 39 préfectures, elles-mêmes intégrées dans cinq régions administratives.
Au-delà de l’exécutif et des autorités locales, plusieurs partenaires techniques et financiers suivent de près ce chantier, considéré comme un élément clé de la soutenabilité des politiques publiques et de l’inclusion territoriale.

R.E.D.

Au Togo, les missions du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) sont désormais transférées à l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME). Ce transfert a été acté par l’exécutif à travers l’examen et l’adoption d’un projet de loi en conseil des ministres le mercredi 24 décembre 2025. La réforme ainsi initiée devrait suivre le processus normatif, notamment la phase parlementaire, avant son opérationnalisation.

Cette réorganisation s’accompagne également du transfert du personnel et du patrimoine du FAIEJ vers l’ADTPME. Le gouvernement justifie cette démarche par sa volonté d’assurer « une dynamique de rationalisation et d’adaptation des mécanismes d’accompagnement de l’entrepreneuriat des jeunes, afin de les aligner sur les nouveaux outils et politiques publiques de promotion de l’emploi et de l’initiative privée ».

Selon l’exécutif, cette réforme vise à réduire les chevauchements institutionnels et à limiter le gaspillage des ressources financières, matérielles et humaines, en concentrant les interventions publiques sur les dispositifs jugés les plus efficaces. Elle s’inscrit également dans la logique ayant présidé à la création de l’ADTPME en 2022, notamment la structuration et la professionnalisation de l’écosystème entrepreneurial.

La fusion fonctionnelle du FAIEJ avec l’ADTPME, dans une perspective d’accompagnement intégré des entreprises, devrait en outre encourager l’innovation chez les jeunes porteurs de projets et le développement de solutions adaptées aux défis locaux, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’agriculture. Elle devrait par ailleurs favoriser une meilleure articulation entre les entreprises, les universités, les institutions publiques et les incubateurs, contribuant ainsi à la mise en place de réseaux de soutien plus structurés en faveur des jeunes entrepreneurs.

Créé comme un dispositif public de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes, le FAIEJ intervient à travers des appuis techniques et financiers (prêts et garanties) en faveur de micro-projets. Depuis son opérationnalisation en 2012 jusqu’à fin mars 2024, il revendique la création de 26 309 emplois durables pour un volume cumulé de 8,63 milliards FCFA de crédits octroyés.

Esaïe Edoh

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Accompagnement des TPME : l’ADTPME lance une tournée nationale

La 40e édition de la Grande Quinzaine Commerciale de Lomé, organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), est officiellement ouverte jusqu’au 4 janvier 2026.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue mardi 23 décembre 2025, sous la présidence du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, alors que l’animation des stands avait débuté dès le 18 décembre.

En aval de la Foire internationale de Lomé, la Quinzaine commerciale est centrée sur les très petites, petites et moyennes entreprises. C’est souvent l’occasion pour ces opérateurs économiques d’écouler leurs stocks, en marge des fêtes de fin d’année, et de stimuler la demande intérieure. C’est également une opportunité de mise en relation directe entre producteurs, commerçants et consommateurs.

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Pour cette édition anniversaire, l’organisation a enregistré plusieurs ajustements. Le nombre d’exposants dépasse désormais 200, contre environ 150 les années précédentes. Un espace dédié aux produits « Made in Togo » a été renforcé, aux côtés d’une aire de jeux pour enfants et d’une nouvelle configuration des stands visant à améliorer la circulation et la visibilité commerciale. L’introduction d’une entrée payante et la remise de distinctions aux partenaires traduisent également une volonté de structuration accrue de l’événement.

Dans son intervention, le ministre a souligné le rôle du secteur privé dans la dynamique de croissance, estimant que la Quinzaine commerciale reflète la capacité d’adaptation des opérateurs économiques togolais.

Du côté de la CCI-Togo, l’accent est mis sur la transformation locale et la promotion de la consommation nationale, alors que les foires commerciales sont perçues comme des outils ponctuels de soutien à l’activité économique et aux revenus des entreprises locales.

La manifestation se poursuivra jusqu’au 4 janvier 2026.

R.E.D.

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