Au Togo, la 6e édition du mois du “Consommer local” a été officiellement lancée le jeudi 9 octobre 2025 à Lomé. La cérémonie d’ouverture, présidée par le directeur de cabinet du ministère chargé de la Consommation locale, Mensah Koffi Vinyo, marque le coup d’envoi d’un mois d’activités dédiées à la promotion des produits et services “Made in Togo”, dans le cadre de la célébration commune des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Placée sous le thème : « Compétences et innovations au service de la compétitivité des produits locaux », cette édition met l’accent sur le développement du savoir-faire et de la créativité des entrepreneurs togolais. Au programme : des ateliers de formation à l’intention des Très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), des conférences, des visites d’entreprises, des expositions-ventes et des campagnes médiatiques à travers tout le pays.
Ces activités, selon les autorités togolaises, visent à encourager la population à renforcer la consommation de produits fabriqués localement et à impliquer les acteurs de toute la chaîne de valeur (de la production à la commercialisation) dans le développement économique du pays. « Il s’agit pour nous de valoriser davantage nos potentiels productifs agroalimentaires, artistiques, artisanaux, textiles, cosmétiques ainsi que ceux dans le domaine des services d’innovation », a déclaré Mensah Koffi Vinyo.
Devenu un rendez-vous annuel de réflexion et de promotion économique dans l’espace communautaire, le mois du “Consommer local” s’inscrit dans la dynamique de transformation structurelle des économies de l’UEMOA. Pour Abdoulaye Diop, représentant résident de l’Union au Togo, « il ne s’agit plus seulement de promouvoir nos produits, mais de comprendre comment la compétence et l’innovation transforment nos économies ».
Tout au long de ce mois d’octobre, les autorités et les partenaires entendent dresser le bilan des précédentes éditions et définir de nouvelles stratégies pour renforcer la compétitivité des entreprises togolaises sur les marchés national et régional.
Lancé en 2019 à l’initiative de la Commission de l’UEMOA, le mois du “Consommer local” est célébré simultanément dans les huit États membres.
Esaïe Edoh
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Le Togo accueille trois nouveaux ambassadeurs représentant le Royaume-Uni, les Philippines et l’Italie.
Ces derniers ont été reçus le mercredi 8 octobre 2025 par le Président de la République, Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, qui a reçu leurs lettres de créance.
Le Britannique Robert John Marshall a annoncé vouloir intensifier la coopération économique et commerciale entre Lomé et Londres. Il a notamment évoqué un appui ciblé sur les investissements privés et la création d’emplois, dans un contexte où le Togo multiplie les partenariats pour diversifier ses sources d’investissement. Le Royaume-Uni, déjà présent dans les domaines de la finance et de la logistique maritime, pourrait ainsi accroître sa participation dans les infrastructures et les services.
Du côté asiatique, Mersole Jala Mellejor, nouvel ambassadeur des Philippines, souhaite renforcer la coopération dans les transports aériens et maritimes, ainsi que dans la logistique, des secteurs où les deux pays disposent d’avantages comparatifs. Manille, acteur majeur dans les services portuaires en Asie du Sud-Est, pourrait accompagner Lomé dans sa stratégie de consolidation du hub logistique régional.
Enfin, l’Italienne Laura Ranali a mis en avant la volonté de Rome de consolider ses liens avec Lomé, notamment dans les secteurs de la sécurité, du développement économique et de la culture.
Pour Lomé, la poursuite de ces relations constitue une opportunité pour poursuivre sa politique de diversification des partenariats économiques et diplomatiques.
R.E.D
L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) s’apprête à accompagner le Togo à travers un Programme de Partenariat Pays (PCP) couvrant la période 2025-2029. Le document, qui fixe le cadre d’intervention, a été présenté et validé le jeudi 9 octobre 2025 à Lomé, lors d’un atelier d’échanges organisé par le ministère délégué chargé de la Promotion des investissements et de l’Industrie.
Ce programme s’inscrit dans la continuité des actions menées ces dernières années pour renforcer la compétitivité du tissu productif togolais et diversifier l’économie. Il a pour ambition d’appuyer les priorités nationales de développement industriel, en phase avec la Feuille de route gouvernementale 2025 et les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 9 relatif à l’industrialisation, à l’innovation et aux infrastructures.
Le PCP repose sur plusieurs axes d’intervention : le renforcement de la gouvernance industrielle, le développement du capital humain et des compétences techniques, ainsi que le déploiement de solutions énergétiques et environnementales durables. Le programme met également l’accent sur la promotion des chaînes de valeur agro-industrielles, un segment jugé stratégique pour la transformation locale des produits agricoles, et sur l’aménagement du parc industriel d’Agbélouvé, l’un des pôles majeurs d’accueil d’investissements manufacturiers dans le pays.
Avec ces initiatives, l’ONUDI entend contribuer à la création d’emplois de qualité, au transfert de savoir-faire, à la stimulation des exportations industrielles et à la consolidation de la résilience économique. « Le PCP offre un appui sur mesure, fondé sur les priorités du Togo. Il s’inscrit dans une dynamique de transformation structurelle de l’économie nationale », a indiqué Tidiane Boyé, représentant régional de l’ONUDI pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et le Togo.
De son côté, Atsouvi Yawo Sikpa, représentant la ministre déléguée à la Promotion des investissements et de l’Industrie, a salué une démarche alignée sur les ambitions nationales. « Ce programme est essentiel pour dynamiser les exportations et protéger nos industries locales. Il va permettre la concrétisation des projets industriels d’envergure et faire du Togo une économie plus compétitive et mieux préparée face aux défis mondiaux », a-t-il souligné.
Le PCP constitue un instrument clé de coopération entre l’ONUDI, le gouvernement et les partenaires techniques et financiers. Il permettra de mobiliser des ressources et des investissements responsables, tout en renforçant les partenariats stratégiques entre acteurs publics et privés.
Avec ce nouveau cadre, Lomé espère accélérer la transformation industrielle du pays, renforcer l’attractivité du territoire pour les investisseurs et positionner le Togo comme une plateforme régionale de production et d’exportation, indique-t-on.
Esaïe Edoh
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Le Togo vient d’obtenir un nouveau financement de 20 milliards FCFA de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), destiné à la phase 1 du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation.
L’annonce a été faite à l’issue de la 148e session ordinaire du Conseil d’administration de l’institution, tenue le 9 octobre 2025 à Lomé.
Le programme ainsi financé vise à doter les Centres Régionaux de Mécanisation Agricole (CRMA) d’équipements modernes pour améliorer la productivité, renforcer la sécurité alimentaire et accroître les revenus des producteurs.
Ces centres, déjà implantés à Kara et à Kpalimé, ont été lancés en 2023 dans le cadre d’une stratégie nationale de modernisation du secteur agricole, appuyée par le gouvernement togolais et ses partenaires.
Le financement de la BOAD permettra également d’étendre le déploiement des CRMA dans d’autres régions du pays, avec des effets attendus sur la productivité agricole et l’employabilité rurale. L’objectif, selon l’institution de développement sous-régionale, est d’offrir aux exploitants, des services intégrés de formation, de maintenance et de conseil, favorisant une meilleure utilisation des technologies agricoles.
Pour la Banque, cette opération s’inscrit plus largement dans le cadre de son Plan stratégique Djoliba, qui vise à renforcer le financement des infrastructures productives et à soutenir la transformation économique des États membres.
Notons qu’à l’issue de ce Conseil d’administration, la Banque, qui a récemment levé 1 milliard d'euros via une émission obligataire, a rappelé son résultat net de 22 milliards FCFA au premier semestre 2025, sur fond de renforcement de son appui aux économies de l’UEMOA.
R.E.D
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Figure montante du paysage politique togolais, Yawa Ahofa Kouigan a été reconduite à la tête du ministère de la Communication, selon le décret officialisant le nouveau gouvernement le 08 octobre dernier. Une reconduction qui consacre la continuité dans un portefeuille stratégique, à la croisée de la gouvernance, du numérique et de la culture.
Juriste et communicante de formation, diplômée de l’Université de Lomé et de l’École nationale d’administration, Yawa Kouigan a d’abord fait carrière dans le secteur bancaire avant d’intégrer la haute administration. Élue maire d’Atakpamé en 2019, puis présidente de la Faîtière des Communes du Togo, elle s’est imposée comme une voix de la décentralisation et de la communication publique.
Depuis sa nomination au gouvernement en 2023, elle a conduit plusieurs réformes : modernisation des médias publics, appui à la transition numérique, et renforcement de la régulation du secteur audiovisuel. Sous son impulsion, le ministère a aussi initié une meilleure coordination entre communication gouvernementale et gouvernance locale.
Reconduite dans ses fonctions, Kouigan devra désormais aller plus loin : soutenir la professionnalisation des médias, accélérer la digitalisation de la communication publique et promouvoir la culture togolaise comme levier de cohésion et d’influence régionale.
Actrice influente du parti présidentiel UNIR, dont elle est une figure respectée, Yawa Kouigan est devenue l’un des visages les plus solides de la nouvelle équipe gouvernementale.
Dans un pays où la communication publique devient un outil de gouvernance à part entière, elle devra orchestrer la mise en récit d’un Togo moderne et inclusif, tout en préservant un équilibre entre communication institutionnelle, transparence et écoute des aspirations sociales — dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient chaque débat.
Comme ailleurs dans le monde, mais plus encore au Togo ces derniers mois, les attentes sociales sont fortes, les tensions numériques vives, et les plateformes en ligne, devenues de véritables arènes d’expression citoyenne, mettent à l’épreuve la capacité du gouvernement à dialoguer autrement avec sa population.
Fiacre E. Kakpo
Un an après son passage à la tête de l’Assemblée nationale, Kodjo Sévon-Tépé Adedze fait son retour au gouvernement avec un portefeuille élargi, qui en fait l’une des figures centrales du nouvel exécutif de la Ve République.
Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, l’a nommé le 8 octobre ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat – un “super-ministère” placé au cœur du nouveau dispositif gouvernemental.
Sous sa tutelle directe, trois ministres délégués : Sani Yaya, ancien ministre de l’Économie et des Finances pendant près de sept ans, prend en charge les Travaux publics et Infrastructures ; Koamy Gomado, ex-figure de l’ANC de l’opposant Jean-Pierre Fabre, hérite du Développement local ; et Séna Alipui, issu de l’UFC, formation se réclamant également de l’opposition, s’occupe du portefeuille de l’Eau et de l’Assainissement.
Cette nouvelle architecture confère à Adedze une compétence transversale sur les grands chantiers structurants du pays – routes, eau, logement, urbanisation – autant de leviers essentiels à la mise en œuvre des programmes prioritaires du nouvel exécutif.
Âgé de 63 ans, Kodjo Sévon-Tépé Adedze n’est pas un novice dans la haute administration togolaise. Inspecteur des douanes de formation, diplômé de l’École nationale d’administration (ENA) et de l’École nationale des douanes de Neuilly-sur-Seine, il intègre la fonction publique en 1988.
Au fil des ans, il gravit les échelons au sein de la Direction générale des douanes, dont il devient le directeur général, avant d’être nommé commissaire des douanes et droits indirects, puis commissaire général de l’Office togolais des recettes (OTR), à la suite du départ du Rwandais Gaperi.
Entré au gouvernement en 2019, il a occupé les portefeuilles du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation locale, puis celui de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Réforme foncière. En juin 2024, il a été élu président de l’Assemblée nationale, poste stratégique de la Ve République.
Les grands défis qui l’attendent
Selon les rapports du FMI et de la Banque mondiale, Kodjo Adedze hérite de chantiers d’envergure. En tête : rendre plus efficaces les investissements publics dans les infrastructures, combler un déficit de plus de 500 000 logements — soit près de 15 000 unités à construire chaque année — et améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement.
Aujourd’hui, la couverture atteint environ 70 % en ville contre 40 % en milieu rural.
Le nouveau “super-ministre” devra aussi piloter la planification urbaine et foncière, tout en soutenant la décentralisation et les projets de développement local, surtout dans les communes à forte croissance démographique.
Parmi ses dossiers prioritaires : le projet des 20 000 logements à coût abordable, appuyé par la Banque africaine de développement, qui devrait bénéficier à 100 000 personnes. Le site pilote de Kpomé-Dalavé, sur plus de 1 100 hectares, incarne cette stratégie d’urbanisation planifiée et de croissance inclusive.
Les institutions financières appellent à mieux cibler les dépenses d’équipement, accélérer la maintenance routière et moderniser la gouvernance foncière. Objectif : faire du territoire un moteur de développement, soutenu par le secteur privé et les partenariats public-privé.
Fiacre E. Kakpo
Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reconduit Abdul-Fahd Fofana au poste de ministre délégué auprès du ministre du Développement à la Base et de l’Économie sociale et solidaire, avec un portefeuille désormais élargi à la Jeunesse et aux Sports, selon le décret officialisant le nouveau gouvernement, le 8 octobre.
Sous la tutelle de Mazamesso Assih, Fofana aura pour mission de coordonner les politiques d’insertion des jeunes, de promotion du sport et de renforcement de la cohésion sociale, dans un contexte marqué par de fortes attentes générationnelles.
Économiste de formation, docteur en économie internationale, il a travaillé au Tony Blair Institute for Global Change et au Centre de développement de l’OCDE avant de rejoindre le gouvernement. Figure montante de la nouvelle technocratie togolaise, il est également le fondateur de Youth for Youth (Y4Y), une organisation dédiée à la formation et à l’autonomisation des jeunes à travers l’Afrique de l’Ouest. À travers ce réseau, il a contribué à la montée en compétences de centaines de jeunes entrepreneurs et cadres togolais.

À la tête du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Économie sociale et solidaire, Fofana hérite d’un portefeuille clé dans un pays où plus de 60 % des habitants ont moins de 25 ans. Avec une croissance située entre 5 et 6 %, le Togo veut désormais transformer ce dynamisme en opportunités concrètes pour sa jeunesse, dont une part importante évolue encore dans le secteur informel. Selon la Banque mondiale, la productivité du travail, évaluée à 22 % de son potentiel, illustre l’ampleur du défi.
Les chantiers sont immenses, mais surtout transversaux : formation technique et professionnelle, réforme des filières universitaires, développement de l’entrepreneuriat social et rural et accès au financement pour les MPME. L’objectif : passer d’une croissance tirée par la dépense publique à une croissance inclusive, soutenue par le secteur privé et les initiatives communautaires.
Sur le volet sportif, au-delà des performances des Éperviers, toujours scrutées et souvent considérées comme le baromètre du mandat, l’enjeu sera de renforcer la formation à la base et de doter les régions d’infrastructures modernes. Objectif : faire du sport non seulement un facteur d’unité nationale, mais aussi un levier économique et d’emploi durable, au service de la jeunesse.
Fiacre E. Kakpo
La nomination à la tête du puissant ministère de l’Économie et de la Veille stratégique consacre le retour des technocrates au premier plan d’un gouvernement remanié, en pleine recomposition économique et sociale. Le premier de la Ve République au Togo, attendu depuis cinq mois après l’investiture du président du Conseil.
Au Togo, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a nommé, le mercredi 8 octobre 2025, Badanam Patoki (photo), désormais ancien président de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA), ministre de l’Économie et de la Veille stratégique. Une nomination saluée dans les milieux financiers, qui traduit la volonté du président de s’appuyer sur des profils technocratiques pour consolider la trajectoire économique du pays.
Une réorganisation des portefeuilles économiques
Badanam Patoki succède à Essowè Georges Barcola, jusque-là ministre de l’Économie et des Finances. Le portefeuille a été scindé en deux : d’un côté, les Finances et le Budget, toujours confiés à M. Barcola, et de l’autre, l’Économie et la Veille stratégique, désormais sous la responsabilité de M. Patoki.
Cette réorganisation intervient alors que le gouvernement cherche à mieux anticiper les chocs macroéconomiques et à renforcer la planification. Le nouveau ministère sera chargé de coordonner la stratégie économique nationale, d’anticiper les risques macroéconomiques, et d’assurer la cohérence entre croissance, endettement et planification du développement.
Mais le portefeuille va bien au-delà. Véritable “méga-ministère” économique, il regroupe sous son autorité trois ministres délégués : Manuela Modukpe Santos, chargée de la Promotion des investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté économique, Robert Kofi Mensah Eklo, en charge de l’Énergie et des Ressources minières et Kossi Tenou, ancien directeur pays de la BCEAO, désormais responsable du portefeuille du Commerce et du Contrôle de la qualité.
Autant de domaines stratégiques qui placent Badanam Patoki au cœur de la politique économique nationale, entre attractivité industrielle, transition énergétique et régulation du marché intérieur.
Un parcours au service de la rigueur financière
Âgé de 61 ans, M. Patoki est l’une des figures les plus respectées du secteur financier ouest-africain. « C’est un homme d’une rigueur exemplaire, exigeant mais juste. Quand il estime qu’une décision manque de sérieux, il n’hésite pas à taper du poing sur la table », témoigne un gestionnaire d’actifs basé à Lomé.
Diplômé de l’Université de Poitiers et du COFEB à Dakar, il a débuté sa carrière au sein de l’administration togolaise avant d’intégrer, en 1996, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il y gravit les échelons, occupant plusieurs fonctions de direction, avant d’être nommé directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique du Togo entre 2005 et 2010. « Son passage à ce poste clé a été marqué par un effort constant de stabilisation des finances publiques et de modernisation du Trésor, dans un contexte budgétaire exigeant », rappelle un cadre du ministère de l’Économie et des Finances.
Après un retour à la BCEAO en 2011, il occupe successivement les fonctions d’adjoint au directeur des relations internationales, puis au directeur du COFEB, avant de devenir en 2016 directeur adjoint de l’UMOA-Titres, où il renforce la gestion des marchés obligataires régionaux.
Deux ans plus tard, il revient à Lomé comme secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, avant de prendre, en 2021, la tête de l’AMF-UEMOA, l’autorité de régulation du marché financier régional.
Un profil de consensus et d’efficacité
À la présidence de l’AMF-UEMOA, Badanam Patoki s’est imposé comme un dirigeant pragmatique. Sous sa direction, l’institution a renforcé la surveillance des acteurs du marché, promu la transparence et soutenu le développement d’instruments financiers innovants, tels que les obligations vertes et les titrisations.
Dans les milieux économiques, on salue un homme discret, méthodique et respecté, capable de naviguer entre les exigences des institutions régionales et les priorités nationales.
Un contexte de fortes attentes sociales
À la tête du nouveau ministère, Badanam Patoki hérite d’une mission de fond : penser la croissance de demain sans négliger les urgences du présent.
Le Togo affiche une croissance soutenue autour de 6% ces dernières années mais encore trop dépendante de la dépense publique, selon la Banque mondiale. Son défi sera d’accélérer la transformation structurelle, de stimuler l’investissement privé et de mieux articuler la planification économique avec la politique industrielle.
La conjoncture, elle, reste tendue. L’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat, les attentes sociales s’intensifient et le chômage des jeunes demeure préoccupant. Dans les zones rurales, la pauvreté touche encore une grande partie de la population. Badanam Patoki devra conjuguer planification et action concrète, en soutenant les chaînes locales de valeur, la création d’emplois productifs et la résilience de l’économie face aux chocs externes.
Homme de méthode et de mesure, le nouveau “méga-ministre” de l’Économie apparaît comme l’un des piliers du nouveau gouvernement, chargé de donner corps à la promesse d’un Togo plus compétitif, plus souverain et mieux préparé aux incertitudes du monde à venir, alors même que les revendications sociales ont explosé depuis quelques mois.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, l’élection des maires et de leurs adjoints débutera le 15 octobre 2025 et s’achèvera le 17 octobre. L’annonce a été faite par le ministère de l’Administration territoriale, après plusieurs reports du scrutin. Ces élections se tiendront dans l’ensemble des 117 communes du pays.
Conformément aux dispositions en vigueur, les conseillers municipaux seront appelés à élire en leur sein, les maires et leurs adjoints. Les nouveaux responsables auront pour mission de renforcer la gouvernance locale et de poursuivre les efforts en matière de développement communal.
L’organisation de ces élections s’inscrit dans le cadre de la politique de décentralisation engagée depuis 2019 par les autorités togolaises, afin de doter les communes des moyens nécessaires pour répondre plus efficacement aux besoins des populations à la base.
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Le Parlement russe (la Douma d’État) a approuvé, mardi 7 octobre 2025, la ratification d’un accord de coopération militaire entre la Fédération de Russie et la République togolaise. Ce texte, désormais doté d’un cadre juridique formel, renforce la coopération bilatérale entre Moscou et Lomé dans les domaines de la défense, de la formation militaire et de l’échange d’informations sécuritaires.
Selon les précisions du Parlement russe, l’accord fixe les modalités de financement, les conditions d’exercice des missions conjointes, ainsi que les mesures de protection des informations confidentielles. Il prévoit aussi la participation à des exercices conjoints, la formation du personnel militaire togolais et la fourniture d’une assistance médicale gratuite en cas d’urgence.
Pour Lomé, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie de diversification des partenariats, notamment dans le domaine de la défense, dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques armées dans le nord du pays, la pression jihadiste dans le Sahel et la recomposition des alliances sécuritaires en Afrique de l’Ouest, notamment avec les pays de l’AES.
Si de son côté, la Russie poursuit le renforcement de sa présence sur le continent à travers des accords similaires conclus avec le Cameroun, São Tomé-et-Príncipe ou la Centrafrique ; Lomé entend tirer parti de cette coopération pour renforcer ses capacités opérationnelles et son autonomie stratégique.
R.E.D