Le Sénégal a un nouvel ambassadeur au Togo, en la personne de Mamadou Moustapha Loum. Ce dernier a été reçu hier jeudi 2 octobre 2025 à Lomé par le président de la République, Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, à qui il a présenté ses lettres de créance.
Le diplomate, juriste et administrateur civil de formation, a affiché sa volonté d'inscrire son mandat dans la continuité d'une coopération bilatérale jugée exemplaire depuis 1964. Il a indiqué que ses priorités concerneront le renforcement des échanges dans les secteurs agricole, commercial et culturel, avec un accent particulier sur les opportunités économiques. « Mon action va s'inscrire dans cette optique et l'accent sera principalement mis sur les aspects économiques », a-t-il précisé.
Ce positionnement intervient dans un contexte où le Togo et le Sénégal cherchent à intensifier leur intégration au sein de la CEDEAO, alors que l'organisation doit se dessiner un nouveau destin avec la sortie des pays de l'AES. Il s'agira également pour les deux pays côtiers de capitaliser sur leurs atouts respectifs : le rôle logistique et financier croissant de Lomé, et l'importance stratégique de Dakar dans la bande sahélienne.
Mamadou Moustapha Loum a aussi mis en avant la nécessité d'accroître les contacts de haut niveau pour dynamiser l'axe Dakar-Lomé et renforcer la coopération sous-régionale.
Fort de près de trente ans d'expérience diplomatique, acquise notamment à Madrid, New York, Kingston et Washington, le nouvel ambassadeur sénégalais est attendu sur le terrain de la relance des investissements croisés et de la facilitation des échanges commerciaux entre les deux pays.
Le Togo accélère le processus de création de sa première aire marine protégée (AMP), un projet en préparation depuis dix ans. Deux rencontres de sensibilisation organisées les 30 septembre et 1er octobre 2025 à Agbodrafo et Aného par le ministère de tutelle et réunissant pêcheurs, mareyeuses, ONG, autorités locales et partenaires techniques, ont marqué l’entrée dans une phase active du processus.
Dans le détail, l’AMP couvrira environ 950 km² sur les préfectures des Lacs, de Vo et de Zio. Située entre l’océan Atlantique et le lac Togo, cette zone abrite une biodiversité riche mais vulnérable, menacée par la surexploitation, la pollution et le changement climatique. L’objectif est de protéger les mangroves, préserver les ressources halieutiques et renforcer la résilience des communautés locales, tout en ouvrant des perspectives pour le tourisme et la recherche scientifique.

Retombées économiques
Au-delà de la dimension de préservation, l’AMP devrait constituer un réservoir de ressources maritimes, contribuant à soutenir la pêche artisanale et industrielle, secteur clé pour l’emploi et les revenus dans les zones côtières. « La création de l’AMP n’est pas une privation, mais une régulation pour garantir la durabilité des ressources », a-t-on rappelé.
Pour le gouvernement, le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de biodiversité révisée et traduit son engagement à respecter les objectifs internationaux de conservation. L’initiative est appuyée par plusieurs partenaires, notamment la Banque mondiale (via le programme de résilience côtière WACA), le FEM, l’UEMOA, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et la FAO.
Ayi Renaud Dossavi
À Kara (120 km au nord de Lomé), l’incubateur Tilitu Lab a organisé le mardi 30 septembre 2025 une session de formation destinée aux jeunes entrepreneurs de la région afin de renforcer leurs connaissances sur les régimes fiscaux et les obligations légales des entreprises au Togo, comme le rapporte l’ATOP.
Animée par Attila Kowami, inspecteur des impôts à l’Office togolais des recettes (OTR), la formation a détaillé les régimes fiscaux en vigueur. Les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de 0 à 3 millions FCFA relèvent du régime forfaitaire, celles dont le chiffre d’affaires est compris entre 3 et 6 millions FCFA, du régime déclaratif, avec un taux de 8 % contre 2 % pour les forfaitaires. Les très petites entreprises bénéficient d’une exonération durant leurs deux premiers exercices. Le formateur a insisté sur la nécessité de l’immatriculation fiscale et du respect des échéances de paiement.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme d’incubation 2025 de Tilitu Lab, un incubateur public qui accompagne chaque année de jeunes porteurs de projets innovants. Selon ses responsables, la maîtrise des mécanismes fiscaux est indispensable pour bâtir des entreprises viables et éviter les sanctions liées au non-respect des procédures.
« La collaboration avec l’OTR est une condition de croissance pour les startups », a déclaré Georges Egbaré, coordonnateur de Tilitu Lab Kara.
Sous la tutelle du ministère du Développement à la base et du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ), Tilitu Lab est l’un des cinq incubateurs publics mis en place par le gouvernement pour appuyer l’entrepreneuriat au Togo.
Au Togo, une enquête nationale sur la qualité de l’enseignement dans les établissements primaires se déroulera du 13 octobre au 7 novembre 2025. En prélude, les enquêteurs suivent depuis le 29 septembre une formation de 9 jours à Lomé.
L’opération, coordonnée par le Centre national d’évaluation des apprentissages (CNEA) du ministère des Enseignements primaire et secondaire, se tiendra en deux phases : du 13 au 24 octobre et du 3 au 7 novembre, sur l’ensemble du territoire.
Elle portera sur 39 indicateurs permettant d’avoir une vision d’ensemble du fonctionnement du système éducatif. Les données recueillies serviront à évaluer les acquis scolaires et à améliorer la qualité de l’enseignement, en cohérence avec le Plan sectoriel de l’éducation 2020-2030 et la feuille de route gouvernementale 2020-2025.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Amélioration de la Qualité et de l’Équité de l’Éducation de Base (PAQEEB). Elle illustre, selon le secrétaire général du ministère, Barakpété Ahia, la volonté du gouvernement de renforcer la qualité du système éducatif national.
Esaïe Edoh
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La semaine dernière, les ministres en charge de l’Enseignement supérieur du Togo et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont réunis là la faveur d’un forum consacré à la recherche scientifique et à l’innovation à Niamey, au Niger.
Le Togo était représenté par Kanka-Malik Natchaba, ministre de l’Enseignement supérieur. Les échanges ont porté sur la transformation de la recherche en levier de résilience face aux défis climatiques, sécuritaires et économiques.
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— Kanka-Malik Natchaba (@kmnatchaba) September 25, 2025
Merci à SEM le Général d'Armée Abdourahmane TCHIANI, Président de la République, Chef de l'État pour l'audience qu'il a bien voulu accorder aux ministres chargés de l'enseignement supérieur du #BurkinaFaso , du #Mali et du #Togo
Nous repartons armés de ses… pic.twitter.com/OKzuTd0C1R
Parmi les thématiques abordées figurent l’agro-technologie adaptée aux conditions du Sahel, l’intelligence artificielle appliquée à la sécurité et à la surveillance des frontières, ainsi que les énergies renouvelables et solutions locales pour réduire la dépendance aux importations.
Au-delà des discussions, les quatre pays à savoir le Togo, le Mali, le Burkina Faso et le Niger envisagent de développer une coopération scientifique concrète, incluant des programmes de bourses croisées pour étudiants et chercheurs, la mise en place de laboratoires communs entre universités et centres de recherche, ainsi que le développement de prototypes technologiques locaux pour soutenir une agriculture durable.
Pour l’AES et le Togo, l’objectif reste de bâtir un avenir fondé sur la créativité et l’innovation, en plaçant les enseignants, chercheurs et étudiants au cœur de ce projet.
Esaïe Edoh
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Au Togo, la dette publique représentait 65 % du PIB à fin juin 2025, contre 69 % à fin décembre 2024, selon les données présentées lors de la troisième session du Conseil National du Crédit, dirigée par le ministre de l’économie et des finances, Essowè Georges Barcola. Le ratio se situe donc en deçà du plafond de 70 % fixé par l’UEMOA.

Maintien de la résilience
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, les indicateurs économiques demeurent solides. Outre la croissance, le secteur financier a enregistré une hausse de 22 % des crédits bancaires au premier semestre. Le coût du crédit continue de se réduire, tandis que l’assainissement du portefeuille bancaire se poursuit.
Le CNC a également relevé la poursuite de l’assainissement des portefeuilles bancaires et mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la qualité des services à la clientèle, tout en traitant avec diligence les réclamations. Les institutions de microfinance restent un maillon fragile, nécessitant des efforts pour inverser la dégradation continue de leurs portefeuilles.

Dans l’ensemble, la croissance économique est attendue autour de 6,3 % sur l’année, soutenue par l’ensemble des secteurs, avec une contribution notable du tertiaire.
La trajectoire de la dette
Notons du reste qu’en valeur, l’encours de la dette atteignait 4288 milliards FCFA à fin mars 2025, en légère progression par rapport aux 4217 milliards de décembre 2024 (avant de retomber au second trimestre de l’année). Cette hausse nominale s’explique par le financement de projets d’infrastructures et de programmes sociaux, mais le dynamisme économique aura permis d’alléger le poids de la dette dans le PIB, selon les données présentées par l’autorité de tutelle.
Le FMI a par ailleurs confirmé le reclassement du Togo parmi les pays à « forte capacité d’endettement », un signal soutenu par une inflation contenue et une amélioration du score CPIA de la Banque mondiale.
Pour les autorités, la trajectoire actuelle doit se consolider par une meilleure gestion de la dette, une priorisation des investissements et une vigilance accrue sur la qualité du portefeuille des institutions de microfinance.
R.E.D
La troisième édition du Forum Biashara Africa, initialement prévue du 20 au 22 octobre 2025, se tiendra finalement du 3 au 5 novembre à Lomé. L’annonce du report a été faite par le secrétariat général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
L’événement réunira décideurs publics et opérateurs privés autour du commerce intra-africain et de la mise en œuvre de la ZLECAf. Précisément, cette édition mettra l’accent sur l’identification des opportunités d’investissement et les solutions aux défis liés à l’accès aux marchés du continent.
SAVE THE DATE
— AfCFTA Secretariat Official (@AfCFTA) October 1, 2025
BIASHARA AFRIKA 2025
? Lomé, Togo
? 3 – 5 November 2025
Join us in shaping the future of trade and integration under the AfCFTA at the continent’s leading platform for public-private sector engagement.
Stay tuned for more details.#BA2025… pic.twitter.com/FjxyF2WVzy
Également au cours des échanges, des renseignements commerciaux, des données sur l’accès aux marchés et des orientations réglementaires seront fournies aux entreprises. Elles leur permettront de prendre des décisions stratégiques en matière d’entrée sur de nouveaux marchés et de disposer d’une expérience commerciale fluide et conforme aux règles de l’intégration continentale.
Le choix de Lomé pour accueillir l’édition 2025 se justifie, selon le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, par l’implication du Togo dans la mise en œuvre du programme de libre-échange continental.
Esaïe Edoh
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À Lomé, depuis le mercredi 1er octobre 2025, des experts nationaux participent à une formation consacrée à la collecte et à la gestion des données liées au changement climatique. L’atelier, à l’initiative du ministère en charge de l’Environnement, vise à doter le pays d’un système national capable de produire des informations fiables pour orienter les politiques publiques.
« La plupart de nos secteurs dépendent du climat, surtout l’agriculture. Pour planifier les cultures ou prévoir les saisons de pluie, il faut des scénarios précis et des données de qualité », a expliqué Ayité-Lô Ajavon, expert national.
Cet exercice répond à une exigence internationale : la mise en œuvre de l’Accord de Paris, avec l’appui de la Commission de la CEDEAO. Selon Raoul Kouamé, représentant l’institution sous-régionale, le projet s’inscrit dans une perspective de « transparence renforcée », qui est une obligation pour tous les signataires de l’Accord de Paris. « Sans données, on ne peut pas développer les rapports nationaux d’inventaire sur les émissions de gaz à effet de serre », a-t-il rappelé.
Pour le Togo, qui veut atténuer les effets du changement climatique sur l’agriculture, les infrastructures et la sécurité alimentaire, la consolidation d’un tel système de collecte de données est autant un enjeu environnemental qu’économique. Un dispositif national robuste permettra non seulement de respecter ses engagements internationaux, mais aussi d’anticiper les risques et de mieux orienter les investissements dans les secteurs vulnérables.
La session de formation s’achève demain, vendredi 3 octobre 2025.
L’Agence française de développement (AFD) a confié, depuis août 2025, la direction de son bureau de Lomé à Benjamin Neumann. Économiste et journaliste de formation, il succède à Zolika Bouabdallah à un poste stratégique, au moment où le Togo cherche à accélérer la mise en œuvre de ses priorités de développement et à diversifier ses partenariats financiers.
Fort de plus de quinze années d’expérience dans le développement international, Benjamin Neumann a exercé au sein de Proparco, à la communication du groupe AFD, puis à la division Crises et conflits, où il a participé au déploiement de l’approche dite « 3D » (Défense, Diplomatie, Développement) au Sahel et dans le Golfe de Guinée. Ces dernières années, il dirigeait la Cellule Grand Sahel, en charge d’un portefeuille regroupant des pays fragiles mais stratégiques pour la coopération française.
Un acteur clé dans le financement du développement togolais
Au Togo, l’AFD est un partenaire de premier plan du développement, avec un portefeuille d’une dizaine de projets représentant plus de 300 millions d’euros. Ses interventions couvrent des secteurs stratégiques tels que l’éducation, l’agriculture, les infrastructures urbaines, la santé et la transition énergétique, avec de nouveaux engagements estimés chaque année entre 40 et 50 millions d’euros. L’agence participe également à des programmes régionaux de lutte contre le changement climatique et de renforcement de la résilience dans le Golfe de Guinée.
Les projets du groupe AFD se déploient sur plusieurs fronts et dans différentes régions. À Sokodé, Proparco cofinance avec la Banque africaine de développement un parc solaire de 62 MW, destiné à renforcer la production d’électricité verte. Dans les Savanes et la Kara, l’AFD soutient par exemple des programmes d’aménagement et de réhabilitation de retenues collinaires pour l’agriculture et l’élevage. À Lomé, l’action se concentre sur les infrastructures stratégiques, avec notamment la participation de Proparco au financement du terminal à conteneurs du port.
La nomination de Benjamin Neumann intervient alors que Lomé intensifie ses relations avec ses bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, dans un contexte de besoins croissants en financement. Les enjeux concernent en particulier la feuille de route gouvernementale, avec des priorités telles que l’inclusion économique, le développement des infrastructures, la gestion de la dette publique et la mobilisation de ressources pour accompagner la croissance démographique.
Consolider les partenariats locaux
Selon l’AFD, le rôle du nouveau directeur consistera à « mettre son expertise au service des priorités du Togo et à renforcer les partenariats avec les autorités et les acteurs locaux ». Une mission qui s’inscrit dans la volonté de l’institution française de consolider sa présence dans un contexte africain marqué par la montée d’un sentiment antifrançais et la remise en cause de l’influence de Paris. Dans ce paysage en recomposition, de nouveaux acteurs – Turquie, Chine, Russie ou encore des pays du Golfe – renforcent leurs positions et concurrencent désormais les partenaires traditionnels comme la France.
Fiacre E. Kakpo
Près d’un tiers des fruits et légumes vendus au Togo présentent des résidus de pesticides dépassant les normes internationales, selon une étude récente. Certains contiennent même des substances interdites. Cette situation soulève des inquiétudes non seulement pour la santé publique, mais aussi pour la compétitivité agricole du pays et son accès aux marchés extérieurs.
Les données ont été présentées à Lomé cette semaine lors d’un atelier de validation organisé par la FAO et le ministère en charge de l’Environnement, réunissant experts et représentants d’institutions nationales.
L’étude, menée sur des échantillons issus des cinq régions du pays, confirme une utilisation inappropriée des intrants. « Nous ne sommes pas les plus gros utilisateurs de pesticides [en Afrique, ndlr], mais nous les utilisons très mal. Plusieurs produits interdits se retrouvent dans les résidus », a souligné le professeur Abdullatif Diallo, consultant du projet.
Pour les exportations nationales, ceci peut constituer un défi. Le non-respect des normes pourrait entraîner des restrictions commerciales, fragilisant des filières stratégiques comme le café, le cacao, le coton ou les cultures maraîchères. Si les produits ne répondent pas aux standards, ils pourraient ainsi être pénalisés sur les marchés internationaux.
Djiwa Oyétounde, représentant-pays de la FAO au Togo, appelle à renforcer la traçabilité, les capacités des producteurs et les moyens des laboratoires nationaux.
Les organisations paysannes plaident, elles, pour la rotation des cultures afin de réduire la dépendance aux pesticides. La maîtrise de ces pratiques permettra de mieux préserver la santé des consommateurs et la crédibilité économique du “Made in Togo”.
Ayi Renaud Dossavi