À environ 50 km au sud-est de la capitale togolaise se situe Aného, cité tricentenaire, elle-même deux fois capitale du pays ouest-africain. Au-delà de son littoral, la ville historique, chef-lieu de la Commune des Lacs 1, abrite une installation particulière qui suscite attraction, à bien des égards : une station météorologique marine : l’un des équipements offerts à l’Agence nationale de météorologie (ANAMET) par le projet WACA, dans sa volonté de contribuer au renforcement du système d’alerte précoce au Togo.

C’est ici, dans la salle Patrice Ayayi Ayivi, que l’unité de gestion du projet WACA et des professionnels des médias ont pris leurs quartiers le 29 août 2025, dans le cadre de l’animation de la 31ᵉ émission de la Radio du Littoral, autour du thème : « Contribution du projet WACA dans le renforcement du système d’alerte précoce au Togo ».
De fait, WACA Togo, fidèle à sa mission, avait offert avant cette émission des équipements modernes évalués à plus de 500 millions FCFA à l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) et à l’ANAMET, afin de renforcer le système d’alerte précoce et les capacités opérationnelles de ces deux agences clés, à raison de 196 millions FCFA et 315 millions FCFA respectivement. Tout ceci dans un contexte de montée préoccupante des eaux dans les Savanes, à travers le bassin de la rivière de Sansargou, où les stations météorologiques indiquent un dépassement du seuil d’alerte ; des débordements qui touchent des centaines d’habitations riveraines et augmentent les risques d’inondations.
WACA Togo : de la lutte contre l’érosion côtière au renforcement du système d’alerte précoce
Programme de gestion du littoral ouest-africain dont bénéficient tous les pays victimes de l’érosion côtière afin de les appuyer dans leurs efforts pour contrer ce phénomène, WACA ResIP embrasse bien d’autres thématiques : la lutte contre les inondations, la pollution, la gestion de la biodiversité, le renforcement du système d’alerte précoce, entre autres, a détaillé d’entrée Komi Yawo, coordonnateur adjoint de WACA Togo, plantant le décor et le contexte de ce numéro de l’émission « La Radio du Littoral », centré sur la contribution du projet dans le renforcement du système d’alerte précoce. « C’est ce volet du projet qui nous regroupe aujourd’hui », a-t-il ajouté.
L’alerte précoce, indique le coordonnateur adjoint devant l’auditoire, est un mécanisme mis en place par le gouvernement pour la surveillance, la détection et la communication rapide sur les catastrophes naturelles, comme une marée haute, une inondation, une sécheresse, une vague de chaleur ou un incendie.
Le don d’équipements modernes à l’ANPC vise à outiller cette agence spécialisée dans la gestion des catastrophes naturelles, afin de faire la prévision (ensemble des mesures prises pour prédire les catastrophes, leur période et leur lieu de survenance) et la prévention.
Des propos qui seront entérinés avec force détails par le lieutenant-colonel Yoma Baka, directeur général de l’ANPC (créée en 2017 pour coordonner et mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de protection civile. Sur toute l’étendue du territoire, elle dispose de deux directions régionales et de huit antennes dans les préfectures, compte tenu de la vulnérabilité de ces zones).

Au nombre de ces équipements d’alerte précoce et d’intervention acquis grâce au projet Waca: des sirènes, des drones pour surveiller l’intensité des catastrophes survenues, des zodiaques pour sauver les sinistrés, des gilets de sauvetage, des talkies-walkies pour communiquer en situation d’urgence, des tablettes et autres outils, pour moderniser le système d’alerte précoce.
L’appui de WACA Togo en faveur de l’ANPC va, de fait, au-delà d’un soutien en équipements : l’organisation de la gestion des catastrophes au triple niveau communautaire, préfectoral et national mérite attention. À cet égard, l’élaboration de plans locaux de gestion des catastrophes (ou plans locaux de réduction des risques de catastrophes) au profit de cinq communes, à savoir Golfe 4, Golfe 2, Golfe 1, Lacs 1 et Lacs 3, permet de mieux organiser la gouvernance de la gestion des catastrophes au niveau local. Plus exactement, de déterminer et de cartographier les zones vulnérables en cas de pluies ainsi que les circuits d’évacuation.
Il est à noter également, souligne le DG de l’ANPC, la pose et l’installation de 31 balises communautaires et repères de crues, dispositifs de surveillance des inondations grâce au projet WACA. Ces dispositifs, avec des codes couleurs rouge, jaune et vert en fonction des cas, permettent de communiquer des messages aux populations suivant le niveau d’alerte.
En perspective, dévoile le coordonnateur adjoint de WACA, il s’agit de mettre en place un protocole d’alerte commun ; de permettre à l’agence d’émettre des messages d’urgence par radio, télévision, SMS et réseaux sociaux pour alerter en temps réel les populations des risques de catastrophes, ou en cas de survenance de danger.
Embrayant sur l’appui du projet à l’ANAMET, Komi Yawo révèle la mise en place d’un centre de contrôle et d’une station météorologique marine juste à côté de la mairie, afin de collecter les données sur les paramètres océanographiques, de les traiter et de les diffuser sous forme d’alerte à l’endroit des populations.
Au total, c’est plus précisément 511 millions FCFA qui ont été mobilisés par WACA Togo dans ses efforts visant à renforcer les dispositifs d’alerte précoce au Togo.
Quant à Palanga Matonatcho, chef de division Instruments et Méthodes d’observation à l’ANAMET, appuyant à son tour les propos du coordonnateur adjoint de WACA Togo, il salue la mise en place, grâce au projet WACA, d’un système de collecte de données météorologiques marines à Aného.

La mise en place de ce système revêt, estime-t-il devant l’auditoire, une importance stratégique, car les données recueillies « alimentent les prévisions météorologiques, renforcent les systèmes d’alerte précoce et facilitent la gestion durable du littoral » dans un pays côtier disposant de 50 km de façade maritime et donc exposé aux aléas océanographiques et météorologiques tels que les tempêtes, la houle dangereuse, l’érosion côtière et les inondations.
Ce système se veut être un ensemble d’équipements, de moyens de communication et de structures organisationnelles qui permettent de mesurer, transmettre, traiter et diffuser les informations océanographiques et météorologiques. Il se compose, indique le cadre de l’ANAMET, d’instruments et capteurs de mesure, de supports d’observation (la station côtière ou la station météo marine d’Aného) installés sur le littoral, de systèmes de transmission des données (réseau GSM/GPRS, transmission satellite — bouées au large, navires —, réseaux radio VHF/HF pour zones maritimes locales, internet pour la centralisation et l’archivage) et enfin, de systèmes de traitement et de stockage.

Ces derniers comportent d’une part des serveurs et bases de données météorologiques et océanographiques, tels que des logiciels de modélisation et de prévision marine, des outils SIG (systèmes d’information géographique) pour la cartographie des phénomènes ; et d’autre part des mécanismes de diffusion (bulletins météo marins — quotidiens ou horaires —, systèmes d’alerte précoce — SMS, radios communautaires, plateformes Web —, partage de données avec les organisations régionales et internationales : Organisation météorologique mondiale (OMM), CEDEAO, UEMOA).

Ces matériels acquis grâce au projet WACA ont considérablement renforcé la capacité opérationnelle et technique de l’ANAMET. Notamment, ils ont permis dans un premier temps l’amélioration de l’observation et de la couverture géographique, à travers l’extension du réseau aux côtes alors qu’il se résumait au réseau terrestre, et à travers la collecte en temps réel des données, souligne-t-on.
En outre, ils participent au renforcement des systèmes de prévision et d’alerte précoce. « Avec ce système, nous avons une meilleure anticipation des alertes climatiques et une bonne transmission des alertes aux autorités », assure Palanga Matonatcho.
De fait, avec la mobilisation de ces outils techniques et informatiques, le traitement et le stockage des données sont beaucoup plus efficaces, renforçant la sécurité des populations et donc leur résilience. Tout ceci, avec des incidences positives sur la production agricole et la pêche, représentant un appui indéniable au secteur socio-économique.
S.A
Le Togo et le Maroc, déjà liés par une coopération multiforme, élargissent leurs partenariats au secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP). Cette nouvelle étape a été concrétisée le mardi 23 septembre 2025 à Rabat, par la signature d’une convention-cadre de partenariat entre le Groupement national des entrepreneurs de bâtiment et travaux publics du Togo (GNEBTP) et la Fédération nationale du BTP du Maroc (FNBTP).
L’accord, signé par Yawo Tsogbo pour le GNEBTP et Mohammed Mahboub pour la FNBTP, ambitionne de faire du BTP, un levier de croissance inclusive pour les deux pays. Il prévoit notamment le renforcement des échanges à travers l’organisation de forums, de missions économiques, de visites techniques et de rencontres professionnelles, afin de favoriser les collaborations et la découverte de nouvelles opportunités d’affaires pour les entreprises togolaises et marocaines.
? Signature d’une convention de partenariat GNEBTP?? et la FNBTP?? ss la prés. de Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau.
— LE TOGO?? AU MAROC?? (@ambatogorabat) September 23, 2025
M. Yawo TSOGBE, Prés. national du GNEBTP, Chef de délégation & @AmakoeEugene Chef de Mission de @ambatogorabat ont pris part. pic.twitter.com/RpPlE3WMYy
Avec ce partenariat, une place particulière sera aussi accordée à la recherche, à l’innovation, ainsi qu’à la promotion des matériaux locaux, au moment où l’ingénierie durable et l’intégration des nouvelles technologies dans le secteur seront encouragées. L’Institut de formation aux métiers du BTP de Fès s’engage également à apporter un appui technique et pédagogique au Togo. L’accord comprend en outre un volet de soutien à la recherche scientifique et à l’innovation, ainsi qu’une intensification des échanges d’expériences entre acteurs du BTP des deux pays.
Pour Nizar Baraka, ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, « cet accord constitue une étape marquante dans le processus de coopération entre les deux parties », en ce sens qu’il ouvre la voie à la réalisation de projets à dimension internationale grâce à la mutualisation des expertises et des savoir-faire.
Cette convention dans le secteur du BTP vient s’ajouter à d’autres partenariats bilatéraux récents, comme l’accord conclu en mai 2023 pour l’implantation d’une usine locale de production d’engrais au Togo avec l’Office chérifien des phosphates (OCP), ou encore le partenariat signé en novembre 2023 entre la Chambre africaine de commerce et de services (CACS) de Dakhla et la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo), destiné à stimuler l’investissement dans la santé, l’agriculture, les énergies renouvelables, le tourisme et l’éducation.
Esaïe Edoh
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Le Togo vient de se voir décerner le certificat de reconnaissance du Conseil de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), l’une des plus hautes distinctions dans le domaine de l’aviation civile mondiale. Le Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC-Togo), Idrissou Abdou Ahabou, a reçu cette distinction le mardi 23 septembre 2025 à Montréal, au Canada, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 42ᵉ Assemblée de l’OACI.
Cette distinction récompense les efforts du Togo en matière de sûreté aérienne et dans la mise en œuvre des Normes et Pratiques Recommandées (SARP) de l’OACI. En effet, selon un audit de sûreté mené par l’organisation entre février et mars 2025, le Togo a enregistré un taux de conformité aux normes de sûreté supérieur à 90 %, le plaçant au premier rang en Afrique de l’Ouest et du Centre, au deuxième sur le continent africain et au troisième au niveau mondial, derrière le Kenya (91 %) et Israël (99 %).
Pour Idrissou Abdou Ahabou, cette récompense reflète la volonté du Togo de renforcer la crédibilité de son aviation civile en élevant ses standards aux plus hauts niveaux internationaux, tout en consolidant la position de Lomé comme hub aérien majeur en Afrique de l’Ouest.
« Cette distinction de l’OACI est avant tout une victoire collective pour le Togo. Si ce prix nous honore, il nous engage également à maintenir et à renforcer ce niveau d’excellence, afin de consolider la place de Lomé comme hub aéronautique de référence en Afrique et dans le monde », a déclaré Idrissou Abdou Ahabou, Directeur général de l’ANAC-Togo. Et d’ajouter que « cette reconnaissance internationale nous motive à aller encore plus loin, à innover et à garantir aux compagnies aériennes, aux passagers et à nos partenaires un environnement aéronautique sûr et fiable ».
Esaïe Edoh
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Le Togo va se doter d’une Stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat féminin (SNEF). Le document final est à l’étude à Kpalimé, jusqu’au vendredi 26 septembre 2025.
S’inscrivant dans la dynamique de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, relative au renforcement des mécanismes d’appui aux très petites et moyennes entreprises (TPME), la SNEF prévoit des actions visant à améliorer le climat des affaires, renforcer l’autonomisation économique des femmes et promouvoir leur leadership entrepreneurial.
La stratégie entend fédérer les initiatives existantes en faveur des femmes entrepreneures et créer un écosystème plus cohérent et inclusif. Le processus bénéficie du soutien de la coopération allemande, à travers la GIZ et son projet ProEmploi+.
« La SNEF permettra de stimuler la création d’emplois décents, d’accroître la compétitivité des femmes entrepreneures et de contribuer à une croissance plus durable et équitable », a souligné Tyliolieb Lamboni, représentant la GIZ. Celui-ci a précisé que cette stratégie constituait « un nouvel élan pour l’entrepreneuriat féminin ».
Esaïe Edoh
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Le Togo veut intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans sa politique de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP). Un processus d’élaboration d’une politique dédiée a été lancé le mardi 23 septembre à Lomé.
L’objectif est de définir une stratégie d’intégration de l’IA afin d’en faire un levier de transformation du système éducatif. « L’IA est plus qu’opportune et revêt un intérêt certain : elle permettra au système de l’ETFP de prendre toute sa part dans une économie forte, inclusive, compétitive et génératrice d’emplois décents et durables, capables de réduire la pauvreté et la vulnérabilité », a indiqué le ministre de l’Enseignement technique, Isaac Tchiakpé.
Selon le ministère, l’IA dispose du potentiel nécessaire pour relever certains des grands défis éducatifs du 21e siècle, en particulier l’innovation dans les pratiques pédagogiques et l’accélération des progrès vers la réalisation de l’Objectif de développement durable n°4 (ODD 4).
Le processus est conduit par un comité d’acteurs locaux de l’ETFP, dans le cadre d’une démarche participative et inclusive. Le document final est attendu entre janvier et février 2026, avec l’appui financier de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Esaïe Edoh
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Au Togo, le transport et l’activité maritime sont de loin l’un des principaux leviers de l’économie nationale. Près de 90 % des échanges commerciaux du pays transitent par voie maritime, générant environ 75 % des recettes fiscales, comme le rappelle la CNUCED dans une récente note. Cette centralité repose en particulier sur le Port autonome de Lomé (PAL), principal point d’entrée et de sortie des marchandises, notamment vers les pays de l’hinterland et du Sahel, ainsi que point de transbordement et de réexportation le long du golfe de Guinée.
Si l’infrastructure portuaire est au cœur des ambitions de développement du pays, que ce soit dans le Plan national de développement ou la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, des défis persistent. On relève notamment la baisse de la flotte nationale en 2023 (-11,6 %), liée à la chute du transport de vraquiers, malgré la progression d’autres segments comme les porte-conteneurs et les pétroliers.
Au-delà du transport, la façade maritime de 56 km ouvre de nouvelles perspectives dans l’économie bleue. La pêche, qui représente déjà 4,5 % du PIB agricole et emploie plus de 20 000 personnes, ainsi que l’aquaculture, le tourisme balnéaire et les énergies marines renouvelables, sont identifiés comme des relais de croissance. À terme, le développement de ces filières pourrait contribuer à diversifier les recettes et renforcer la résilience économique du pays.
Le pays, avec des acteurs portuaires comme l’armateur italo-suisse MSC, investit pour maintenir sa position de leader sous-régional en matière d’activités portuaires. L’enjeu est de transformer son avantage maritime en moteur durable de compétitivité et d’intégration africaine, dans un contexte où d’autres acteurs de la sous-région, comme Tema (Ghana) et Lekki (Nigeria), cherchent à renforcer leur position et à accroître la concurrence.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo dispose d’un potentiel inexploité significatif pour renforcer sa présence sur les marchés africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon une analyse du Centre du commerce international (ITC), relayée par la CNUCED dans une note intitulée : « Renforcer l’intégration et la compétitivité des petites et moyennes entreprises togolaises sur les marchés régionaux », plusieurs produits d’exportation déjà établis offrent des marges de croissance importantes.

« La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) représente une opportunité majeure pour le développement des chaînes de valeur prioritaires au Togo, en facilitant l’intégration du pays dans les marchés régionaux et continentaux. Avec la création d’un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs, la ZLECAf vise à réduire les barrières tarifaires et à stimuler le commerce intra-africain, permettant aux économies comme celle du Togo de tirer profit de leurs atouts sectoriels », souligne le document.
Pour identifier ces produits, la CNUCED a évalué les exportations togolaises en utilisant l’avantage comparatif révélé (ACR) adapté au commerce intra-africain. Cet indice mesure la compétitivité d’un produit en comparant sa part dans les exportations du Togo vers l’Afrique (hors réexportations) avec sa part dans le commerce intra-africain total.

Les résultats mettent en avant trois groupes porteurs : les textiles (tissus, cordages, articles synthétiques), les produits agro-transformés (huiles végétales, produits laitiers, confiseries) et les matériaux d’emballage. Ces filières répondent à une demande croissante sur le continent. Le document repère aussi des opportunités de niche, comme le poisson congelé ou certaines racines comestibles, où peu de pays africains sont compétitifs. Le Togo pourrait ainsi gagner des parts de marché grâce à la ZLECAf.
En Afrique de l’Ouest, région prioritaire pour Lomé, l’huile de palme et ses dérivés représentent près de 48 millions $ de potentiel inexploité, suivis de l’énergie électrique et les ciments (31 millions chacun). Les articles de friperie (24 millions) confirment l’intérêt du marché sous-régional pour des produits de consommation courante.

Vers l’Afrique centrale, le Togo pourrait exploiter un potentiel de plus de 2 millions $ pour les ciments non pulvérisés, auxquels s’ajoutent les articles de friperie et certains biens manufacturés comme les barbes et sourcils synthétiques. L’Afrique du Nord offre, pour sa part, des opportunités pour les graines de sésame (4,9 millions $), les tourteaux de soja et les fèves de soja. Ces produits agricoles, déjà présents dans les flux commerciaux, pourraient profiter d’une meilleure organisation logistique et d’investissements ciblés.
En Afrique australe, le soja reste le produit phare, avec un potentiel de 230 000 $, suivi des phosphates et de l’huile de palme. En Afrique de l’Est, l’or non monétaire (292 000 $), l’huile de palme et les produits oléagineux figurent parmi les créneaux les plus porteurs.
Au-delà des produits traditionnels, l’ITC recommande au Togo de diversifier davantage son offre. Le pays pourrait miser sur son agriculture et son économie bleue, à travers les fruits tropicaux (goyave, ananas) et les produits de la pêche. Cette diversification, appuyée par la proximité des marchés et la montée en puissance de la ZLECAf, représente un potentiel non négligeable pour l’économie togolaise.
Pour se positionner efficacement, le Togo devra investir dans la transformation locale, réduire les coûts logistiques et renforcer ses infrastructures frontalières. Sur un marché continental estimé à plus d’un milliard de consommateurs, l’enjeu sera de transformer le potentiel inexploité en croissance réelle, en consolidant la compétitivité des PME et en faisant des corridors commerciaux un moteur d’intégration régionale.
Il s’agira en outre pour le Togo et ses entreprises de faire face à la concurrence qui viendra d’acteurs africains et extérieurs, eux aussi déterminés à profiter de cette zone de libre-échange encore en construction.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) s’apprête à lancer une nouvelle édition du Guide pratique des affaires au Togo.
Le document, édité en partenariat avec l’agence Focus Yakou, sera lancé demain 25 septembre 2025. Il comprend notamment des informations sur l’environnement des affaires : fiscalité, réglementation, financement et pratiques commerciales. L’objectif est d’offrir aux investisseurs et opérateurs économiques un outil fiable pour orienter leurs choix et faciliter leurs démarches.
Rappelons que la dernière édition du Guide pratique des affaires remontait à décembre 2020. À l’époque, il avait été marqué par une table ronde sur les « Opportunités et défis d’une transformation structurelle et stratégique en cours au Togo », avec un accent particulier sur des projets structurants tels que la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA).
Cinq ans plus tard, la nouvelle édition 2025 s’inscrit dans un contexte relativement différent, où les priorités économiques portent désormais sur la consolidation des acquis, l’attractivité pour les capitaux étrangers et l’adaptation aux mutations numériques.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo a été récompensé lors du 28e congrès de l’Union postale universelle (UPU) tenu à Dubaï. La Société des Postes du Togo a décroché le prix du meilleur service client 2024, grâce à son Express Mail Service (EMS).

Ce service, qui assure l’expédition et la réception rapide de courriers à l’international, a été notamment salué pour sa fiabilité et son efficacité. « Cette distinction traduit la confiance des usagers et l’engagement de nos équipes », a commenté le directeur général de la Poste, Kwasi Kwadzo Dzodzro.

Cette reconnaissance place le Togo dans le cercle restreint des opérateurs postaux africains distingués par l’UPU qui regroupe 192 pays membres. Elle intervient dans un contexte où les services postaux cherchent à se réinventer face aux mutations numériques et aux nouvelles attentes des consommateurs. L’agence publique veut devenir un acteur clé dans l’accès aux services financiers au Togo, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.
Depuis Lomé, cela apparaît comme un signal positif en matière d’image et d’attractivité des services publics.
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Au Togo, le projet « Incubation pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes en agrobusiness », porté par la Fondation Sheyi Emmanuel Adebayor (Fondation SEA), a franchi une nouvelle étape la semaine dernière. À son siège de Lavié, situé à 140 km au nord-ouest de Lomé, la Fondation a remis cinq véhicules à trois roues à de jeunes acteurs du secteur agricole.
Ces équipements vont aider à faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les marchés. La Fondation souligne en effet que de nombreux jeunes producteurs rencontrent des difficultés de transport après les récoltes, ce qui freine l’écoulement de leurs marchandises.
Pour Essognim Louka, agripreneur de la deuxième cohorte du projet, « ce tricycle va réduire considérablement mes charges en transport et donc augmenter mes capacités financières ».
Cette nouvelle dotation intervient après des appuis multiformes accordés aux jeunes par la Fondation SEA, notamment les formations en agriculture, accompagnement dans la structuration des projets, initiation à la gestion d’entreprise et soutien au développement d’activités génératrices de revenus le long des chaînes de valeur agricoles. Si cette remise de tricycles marque l’aboutissement d’une étape du programme, le suivi des bénéficiaires se poursuivra.
L’initiative s’inscrit dans la vision de la Fondation SEA, soutenue par des partenaires comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de faire de l’entrepreneuriat agricole un moteur de création d’emplois pour les jeunes au Togo. Dans ce cadre, la Fondation forme régulièrement des jeunes aux métiers de l’agriculture dans la région des Plateaux.
Esaïe Edoh
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