L’Organisation africaine de normalisation (ARSO) a lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt destiné aux producteurs, transformateurs et fabricants africains, dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les entreprises togolaises de production et de transformation sont particulièrement invitées à déposer leur candidature avant le 20 septembre 2025, comme l’indique la Haute Autorité de la Qualité et de l'Environnement (HAUQE) du Togo.
ARSO lance un Appel à Manifestation d’Intérêt pour la certification des produits africains dans le cadre de la #ZLECAf . Les entreprises togolaises de production, fabrication et transformation sont invitées à postuler.
— HAUQE TOGO (@HauqeTogo) September 13, 2025
Date limite : 20/09/2025
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Dans le détail, l’initiative vise à promouvoir la certification des produits africains sur la base des Normes Africaines Harmonisées (ARS). Pour l’ARSO, il s’agit d’éliminer progressivement les barrières techniques au commerce et de faciliter la libre circulation des produits sur les marchés régionaux et internationaux.

La certification devrait présenter trois avantages. Premièrement, elle réduira les obstacles réglementaires en harmonisant les standards de qualité, permettant aux biens de franchir plus facilement les frontières. Deuxièmement, elle renforcera la confiance des consommateurs grâce à une traçabilité et une fiabilité des produits. Enfin, elle donnera aux entreprises certifiées, une reconnaissance mondiale, les standards de l’ARSO étant alignés sur ceux de l’ISO et de l’IEC.
Les candidatures doivent être soumises via le formulaire mis en ligne par l’ARSO.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo a pris part samedi à la célébration de la 26ᵉ Journée africaine de la technologie et de la propriété intellectuelle, organisée par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dont le pays est membre.
Dans un message officiel, la ministre togolaise de l’Industrie et de la Promotion des investissements, administrateur de l’OAPI pour le compte du Togo, a souligné l’importance de la propriété intellectuelle comme levier de croissance économique et de transformation industrielle.
Placée cette année sous le thème « Ressources humaines en propriété intellectuelle et développement technologique de l’Afrique », la célébration a coïncidé avec le 63ᵉ anniversaire de l’OAPI, qui regroupe 17 pays africains. Actuellement, une seule demande de brevet, marque ou modèle déposée via l’OAPI couvre automatiquement ces 17 États, ce qui réduit considérablement les coûts pour les inventeurs et entreprises africaines.
« Nos pays doivent compter sur leurs savoirs et leurs talents pour bâtir un secteur industriel dynamique », a déclaré la ministre, insistant sur la nécessité de transformer chaque idée en opportunité et chaque invention en richesse partagée.
Le Togo s’est doté en 2020 d’un Centre de documentation en propriété intellectuelle, financé par l’OAPI à hauteur de 500 millions de francs CFA, afin de mettre à disposition chercheurs et entrepreneurs des ressources techniques et juridiques. La ministre a souligné que cette initiative s’inscrit dans la volonté de renforcer les capacités nationales en matière d’innovation et de protection des savoirs. Elle a également rappelé le rôle de l’Académie africaine de la propriété intellectuelle, qui depuis vingt ans forme de nouvelles générations de spécialistes, et salué l’engagement des Togolais diplômés de cette institution.
Pour la ministre, le développement technologique durable passe par une intégration effective de la propriété intellectuelle dans les politiques nationales. Elle a mis en avant les efforts du Togo, sous l’impulsion du Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, pour inscrire la propriété intellectuelle au cœur de ses stratégies d’éducation, de recherche, d’industrialisation et de promotion des investissements. Un choix stratégique qui vise à transformer les idées en opportunités économiques et à renforcer la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et internationaux.
La ministre a enfin appelé à renforcer la coopération internationale pour bâtir « une économie créative et prospère » et faire du continent « une terre d’innovation qui rayonne dans le monde ».
Au Togo, le Programme de Résilience du Système Alimentaire (FSRP) appuie les producteurs de manioc pour améliorer les rendements de ce tubercule. Le mois dernier, à Atakpamé, plus précisément du 26 au 29 août 2025, soixante-quinze producteurs de manioc, dont vingt-cinq femmes, réunis au sein de la Plateforme d’Innovation Manioc Frais (PIMF), ont participé à une formation technique. Ces acteurs ont été initiés aux bonnes pratiques de culture, de la sélection des variétés à la lutte contre les bioagresseurs.
Organisé en deux vagues pour optimiser l’interaction, l’atelier a été conduit par Dr Elikem Segbefia, responsable du programme manioc à l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), aux côtés des responsables de la plateforme locale. Au-delà de la technique, l’événement a été perçu comme un acte de solidarité et de responsabilité collective, dans un contexte où la production de manioc reste stratégique pour la sécurité alimentaire et les revenus ruraux.
« Dans les jours à venir, nous suivrons les producteurs pour nous assurer d’une mise en pratique effective », a déclaré Koffi Dodji Ognankitan, président de la PIMF. Pour les participants, même les plus expérimentés, la formation a permis de corriger certaines habitudes qui limitaient leurs rendements.

Notons que cette formation intervient dans un contexte plus large marqué par une hausse de la production de tubercules au Togo ces dernières années. Ainsi, la production de tubercules a atteint 2,5 millions de tonnes en 2024, en hausse de 5,5 % par rapport à 2023, prolongeant une tendance déjà amorcée en 2022 où elle avait progressé de 7,5 %. Globalement, les régions des Plateaux et de la Maritime concentraient en 2024 plus de la moitié du volume, avec respectivement 768 864 et 519 708 tonnes.
Ayi Renaud Dossavi
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À Lomé, le Fonds de Solidarité Africain (FSA) et le Fonds Danois pour l’Exportation et l’Investissement (EIFO) ont conclu lundi 15 septembre 2025 un accord-cadre, présenté comme une étape majeure pour le financement du développement durable en Afrique.
Le protocole, signé par Abdourahmane Diallo, directeur général du FSA dont l’organisation réunit 23 pays membres, dont le Togo ; et Werner Grub, directeur général de l’EIFO, a pour but d’identifier et cofinancer des projets dans des secteurs structurants : énergies renouvelables, infrastructures durables, agriculture résiliente, gestion de l’eau, santé et entreprises sociales.
Pour le Togo, hôte de la cérémonie, cet accord illustre la volonté de s’appuyer sur des partenariats innovants afin de soutenir sa transformation structurelle. Le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Stéphane Akaya Tchasso Kpowbie, représentant son ministre, a salué une « opportunité formidable pour les États membres » qui bénéficient déjà de la solidité financière du FSA.
Concrètement, l’alliance prévoit la mise en avant d’entreprises danoises pour la réalisation de projets, l’identification conjointe de priorités et la mobilisation de financements directs, avec garanties du FSA et contre-garanties de l’EIFO. L’objectif est de structurer rapidement des opérations pilotes capables de démontrer l’impact du dispositif.
Pour Abdourahmane Diallo, cet accord est « un tournant important » dans la diversification des instruments financiers offerts aux États membres du FSA. De son côté, Werner Grub a insisté sur l’importance d’un partenariat « gagnant-gagnant », où le savoir-faire danois rencontre les besoins africains, dans une logique de transition verte et d’innovation durable.
Les équipes techniques entameront dès les prochaines semaines l’évaluation des premiers projets, dans un contexte où la mobilisation des capitaux internationaux est cruciale pour répondre aux défis climatiques et économiques du continent.
Pour rappel, le FSA est une institution financière multilatérale créée en 1976. Sa mission est de garantir et faciliter l’accès au financement pour soutenir le développement économique durable en Afrique.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le port autonome de Lomé (PAL) entame une nouvelle phase de modernisation avec le lancement des travaux de dragage au Lomé Container Terminal (LCT), selon une récente annonce. Menées par DEME et Eiffage Génie Civil Marine, ces opérations visent à approfondir le bassin, le cercle d’évitage et le chenal d’accès, afin de permettre l’accueil de navires géants de plus de 19 000 EVP et 400 mètres de long.
Les travaux s’annoncent dans un contexte de montée de la compétitivité sous-régionale. En effet, les ports d’Abidjan, Tema et Lagos multiplient les investissements pour capter une part croissante des flux maritimes. L’avantage comparatif de Lomé repose sur son accès en eaux profondes, ses procédures douanières fluides et sa productivité élevée, avec 32,5 mouvements de grue par heure, un niveau supérieur aux standards africains.
Lomé est déjà positionné comme centre de transbordement régional du premier armateur mondial, Mediterranean Shipping Company (MSC). Le port a enregistré en 2024 un trafic global de 30,64 millions de tonnes (+1,85 % sur un an) et 2 millions d’EVP traités (+5,19 %). Près de 20,2 millions de tonnes étaient liées aux flux de transbordement, consolidant le rôle du Togo comme porte d’entrée pour les pays enclavés tels que le Burkina Faso, le Niger et le Mali (une tendance renforcée par l’émergence de l’AES), mais aussi comme relais stratégique vers le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire.
À travers un programme d’investissements de plus de 500 millions d’euros, financé conjointement par MSC via Terminal Investment Limited (TIL) et China Merchants Ports Holding, le LCT ambitionne de porter sa capacité annuelle à 2,7 millions d’EVP. À terme, ces efforts devraient permettre de consolider durablement la place du port de Lomé dans la cartographie maritime sous-régionale et continentale.
Ayi Renaud Dossavi
Après le choc du Covid, le Togo s’est relevé à un rythme soutenu. En 2020, l’économie avait ralenti à +2,2 %, sous l’effet de la fermeture des frontières et du coup porté au commerce international. Mais la reprise a été immédiate : +5,1 % en 2021, +6,3 % en 2022, +6,2 % en 2023 et +6,5 % en 2024.

Un cap historique a été franchi l’an dernier : le PIB nominal a dépassé les 6 000 milliards de FCFA pour atteindre 6 458 milliards, contre 5 954 milliards en 2023. Une trajectoire qui hisse Lomé parmi les économies les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. « Le pays a réussi à maintenir le cap malgré les chocs exogènes», commente-t-on à Lomé.

Cette résilience s’explique d’abord par la vigueur de la demande intérieure. Les ménages ont continué de consommer, les entreprises de produire, et l’État d’investir. Le rapport d’exécution budgétaire à fin mars 2025 confirme que les infrastructures ont été maintenues comme priorités. Le gouvernement a assumé ce choix : soutenir la croissance et consolider l’appareil productif, quitte à creuser temporairement le déficit, d’autant qu’à cela s’ajoutent désormais les défis sécuritaires.
La feuille de route 2020-2025 a fourni le cadre de cette politique. La Plateforme industrielle d’Adétikopé s’est imposée comme un outil d’industrialisation et de logistique. Les zones agricoles planifiées ont renforcé la productivité rurale, sécurisant les filières vivrières. Le port de Lomé, déjà premier hub conteneur d’Afrique de l’Ouest, a poursuivi sa modernisation. Enfin, la digitalisation des services publics et financiers a progressé rapidement, dynamisant le secteur tertiaire. Autant de projets conçus pour élargir la base productive et rassurer les investisseurs.
Et ce n’est pas la comparaison régionale qui le dément. Dans l’UEMOA, la croissance moyenne a plafonné à 5,5 % en 2024. Le Nigeria et le Ghana, deux poids lourds voisins, ont vu leur reprise freinée par des tensions monétaires et une inflation galopante. Le Togo, lui, a réussi à contenir la hausse des prix : 2,9 % en 2023 et 2,3 % en 2024. Cette maîtrise a permis de préserver le pouvoir d’achat et de soutenir la consommation, moteur central de la reprise.

Mais la dynamique n’est pas sans fragilité. Le FMI alerte sur le poids croissant des dépenses sécuritaires liées aux attaques au nord du pays et sur la trajectoire de la dette publique. Les besoins de financement se creusent et obligent Lomé à recourir davantage aux marchés financiers régionaux, où la concurrence entre États s’intensifie. « Le défi n’est pas tant de croître que de financer cette croissance sans compromettre la soutenabilité », estime un banquier de la place.
Pour l’heure, les investisseurs continuent de répondre présents. Le climat des affaires reste jugé attractif, et le pays capitalise sur son positionnement logistique pour attirer capitaux et sièges régionaux.
Fiacre E. Kakpo
Le Togo a franchi un cap symbolique en 2024 : pour la première fois de son histoire, son produit intérieur brut (PIB) nominal a dépassé les 6 000 milliards de francs CFA. Selon les estimations du Comité national de la statistique, il s’est établi à 6 458,3 milliards FCFA, contre 5 954,2 milliards un an plus tôt, confirmant la trajectoire de croissance engagée depuis la pandémie de COVID-19.
En volume, le PIB réel a progressé de 6,5 %, légèrement au-dessus des 6,2 % enregistrés en 2023. Une performance qui place Lomé au-dessus de la moyenne de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), estimée à 5,5 %. Cette dynamique a toutefois été contrastée, marquée par un premier trimestre en recul (-5,8 %) compensé par un bond spectaculaire de +17,7 % au quatrième trimestre, qui a dopé la moyenne annuelle.
La croissance repose sur trois moteurs. D’abord, le tertiaire, qui a généré 3 174,9 milliards FCFA de valeur ajoutée en 2024, en hausse de 5,4 % et contribuant pour 2,7 points à la croissance. Le commerce progresse de 16 % (482,5 milliards FCFA), les télécommunications de 11,4 % (407,9 milliards FCFA) et les services aux entreprises de 18,5 % (262,3 milliards FCFA).
Ensuite, le secondaire, en nette reprise avec +7,1 %, atteint 1 319,4 milliards FCFA. Cette dynamique est portée par la construction, qui bondit de 44,7 % pour atteindre 314,8 milliards FCFA, mais aussi par la métallurgie (+23,1 %, 125,1 milliards FCFA) et l’agroalimentaire (+5,2 %, 312,6 milliards FCFA).
Enfin, le primaire enregistre une croissance de 5,9 %, soit une valeur ajoutée de 1 377,5 milliards FCFA, légèrement en retrait par rapport à 2023, mais toujours soutenu par de bonnes récoltes agricoles et par les zones agricoles planifiées.

Les grands chantiers structurants ont joué un rôle clé. La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) est entrée en phase de croisière, avec l’installation d’unités textiles et agroalimentaires. Le port de Lomé a dépassé 30 millions de tonnes de trafic en 2024, confortant son rang de hub régional. La digitalisation des services, des douanes aux paiements, a fluidifié l’activité.
Fiacre E. Kakpo
L’économie togolaise a maintenu son rythme soutenu en 2024, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel estimée à 6,5 %, selon les chiffres publiés par le Comité national de la statistique.
Après une hausse de 6,2 % en 2023, le pays franchit un nouveau seuil symbolique : son PIB nominal a dépassé pour la première fois les 6 000 milliards de francs CFA, atteignant 6 458 milliards, contre 5 954 milliards un an plus tôt. Une performance qui place Lomé dans le peloton de tête de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, où la croissance moyenne s’est limitée à 5,5 % l’an dernier.
Cette progression annuelle a été largement portée par la fin de l’année. Au quatrième trimestre 2024, la croissance a bondi de 17,7 % par rapport à la même période de 2023. Ce rebond spectaculaire a permis de compenser un premier trimestre en recul (-5,8 %) et d’ancrer une trajectoire solide sur l’ensemble de l’année .
Ce dynamisme repose largement sur la demande intérieure et les politiques publiques menées dans le cadre de la feuille de route 2020-2025. Les grands chantiers d’infrastructures y occupent une place centrale, au premier rang desquels la Plateforme industrielle d’Adétikopé. Devenue pleinement opérationnelle en 2024, elle est entrée en phase de croisière avec l’installation d’unités de transformation du soja, de confection textile et d’usines de montage. Le site abrite déjà plus d’une quinzaine d’unités industrielles, a généré près de 2 000 emplois directs et vise 7 000 d’ici fin 2025. Autour de ce projet phare, les zones agricoles planifiées (ZAAP) ont permis d’améliorer les rendements vivriers, et ont ainsi contribué à une croissance de 5,9 % du secteur primaire, tandis que le port de Lomé a franchi la barre des 30,6 millions de tonnes de trafic en 2024, dont plus de 2 millions d’EVP conteneurisés, consolidant son rôle de hub logistique régional. La digitalisation des services, qu’il s’agisse des formalités douanières, des paiements électroniques ou des démarches administratives en ligne, a également contribué à fluidifier les échanges et à accroître la productivité du tertiaire. Dans ce contexte, la construction s’est particulièrement distinguée : sa progression spectaculaire de 44,7 % a porté la branche au rang de véritable locomotive, ajoutant à elle seule 1,5 point de croissance au PIB.
Mais toutes les branches n’ont pas suivi ce rythme. Si certaines ont accusé de lourds reculs – textile (-9,1 % en 2023 avant une reprise timide en 2024), bois (-22 % en 2024) et production électrique (-42,1 % en 2024) – d’autres ont affiché des performances remarquables. L’industrie alimentaire a progressé de 5,2 %, la métallurgie de 23,1 % et le secteur extractif de 25,5 %.
L’inflation est restée contenue à 2,3 % en moyenne, après 2,9 % en 2023, ce qui a permis de préserver le pouvoir d’achat et de soutenir la consommation. À l’inverse, certaines branches industrielles ont connu de fortes contractions, notamment la production de matériaux de construction (-60 %) et l’électricité et gaz (-42 %), révélant des fragilités structurelles.
Le Fonds monétaire international alerte néanmoins sur les pressions budgétaires liées aux dépenses sécuritaires dans le nord du pays. Pour les autorités, le défi est désormais de consolider ces acquis et de transformer l’élan de croissance en développement durable.
Fiacre E. Kakpo
A Lomé, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné, ce lundi 15 septembre, le coup d’envoi d’un séminaire de sensibilisation destiné aux membres de son Comité de l’Administration et des Finances (CAF). L’événement, organisé par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), doit durer deux jours. Objectif : renforcer la compréhension stratégique des décideurs budgétaires de la Communauté face aux défis de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT/FP).
Une cérémonie d’ouverture solennelle
La séance inaugurale s’est tenue en présence de plusieurs personnalités : Tchaa Bignossi Aquiteme, président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Togo), le directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., Anakpa Essokiza, directeur général du Budget du Togo, ainsi que des représentants de la Commission de la CEDEAO et du bureau régional de l’organisation à Lomé. Dans son allocution, M. Aquiteme a insisté sur « l’importance de la conformité aux normes internationales », une condition, selon lui, pour préserver l’intégrité des systèmes financiers ouest-africains et maintenir la confiance des investisseurs.
Des moyens limités pour le GIABA
Derrière ces discours, un enjeu budgétaire majeur. Depuis 2023, les crises économiques et politiques dans la région ont provoqué une baisse des ressources communautaires, des retards dans le paiement des contributions des États membres et, par conséquent, une réduction du budget du GIABA. Ces contraintes ont affecté la mise en œuvre de ses programmes, notamment l’assistance technique et les évaluations mutuelles. Le séminaire de Lomé vise donc à obtenir un engagement clair du CAF en faveur d’une hausse des allocations budgétaires dès 2026, alors même que le GIABA qui vient de boucler son second cycle d’évaluations, ne dispose plus de moyens nécessaires pour préparer le troisième, prévu dès 2026.
Pour Edwin W. Harris Jr., directeur général du GIABA, l’enjeu est existentiel : « Il s’agit de garantir un financement pérenne pour permettre au GIABA de poursuivre ses missions : soutenir les réformes nationales, renforcer les capacités des États et conduire les évaluations mutuelles ». À Lomé, le message est sans équivoque : sans un engagement budgétaire ferme, la CEDEAO risque d’affaiblir son principal instrument de lutte contre les crimes financiers.
Des menaces en mutation
Le dernier rapport annuel de l’institution, publié en mai, met en lumière la complexité des menaces qui pèsent sur la région : infiltration des économies par les flux financiers illicites, exploitation des circuits commerciaux et bancaires pour financer le terrorisme, émergence des actifs virtuels difficiles à réguler, vulnérabilité persistante des professions non financières comme l’immobilier ou le change.
À ces risques s’ajoute l’instabilité politique. Le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO pourrait priver ces pays d’un cadre régional de supervision anti-blanchiment. Le GIABA indique avoir entamé un dialogue avec ces États pour explorer la possibilité d’une adhésion autonome, mais l’incertitude demeure.
Le cas togolais
Pays hôte de la rencontre, le Togo a mis en avant ses propres efforts. Ces dernières années, Lomé a renforcé son cadre juridique et institutionnel, réalisé une évaluation nationale des risques, adopté une stratégie nationale de LBC/FT assortie d’un plan d’action pluriannuel et soumis son dispositif à l’évaluation de ses pairs. Les recommandations issues de cet exercice sont en cours de mise en œuvre, notamment le renforcement des capacités de la CENTIF et la conduite d’évaluations sectorielles spécifiques.
Pour M. Aquiteme, ces avancées traduisent la volonté politique des autorités togolaises, mais elles soulignent aussi le besoin d’une coopération régionale renforcée : « La lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme exige, au-delà des lois, un engagement fort et visible des plus hautes autorités », a-t-il affirmé.
Un séminaire attendu
Au-delà des déclarations, les participants du CAF devront se prononcer sur des engagements concrets. Il est attendu qu’ils reconnaissent le rôle central du GIABA dans la sécurité financière régionale et qu’ils soutiennent durablement ses allocations budgétaires. Les thèmes de travail porteront aussi sur la compréhension de l’environnement des menaces, l’adaptation aux nouvelles technologies financières et la mobilisation collective pour améliorer la conformité.
Une dynamique collective
L’ouverture de ce séminaire marque une étape importante pour la CEDEAO. Face à des menaces transnationales toujours plus sophistiquées, la lutte contre la criminalité financière ne peut se limiter aux frontières nationales. Elle exige une approche collective, des moyens renforcés et une volonté politique partagée. À Lomé, les regards se tournent désormais vers les conclusions attendues le 16 septembre, qui diront si la Communauté est prête à accorder au GIABA les moyens financiers de son ambition.
Fiacre E. Kakpo
Le programme panafricain FEMMPACT lance sa deuxième édition au Togo, au Bénin et en Mauritanie, avec l’ambition de transformer les idées de femmes entrepreneures en projets viables et compétitifs. Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité d’une première phase réussie en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Au Togo, l’initiative repose sur un réseau d’incubateurs locaux comprenant KREACITY-LBS, INNOV’UP et NUNYA LAB. Porté par le Royaume du Maroc et le gouvernement fédéral allemand, à travers la GIZ et l’AMCI, le programme cible les femmes de 18 à 45 ans, actives dans l’agro-industrie, la tech ou l’artisanat.
Les participantes bénéficieront d’un accompagnement sur mesure : coaching personnalisé, ateliers spécialisés, accès à des réseaux panafricains et mise en relation avec des investisseurs. L’objectif est de combler les écarts persistants en matière d’accès au financement et aux marchés, obstacles récurrents pour les entrepreneures ouest-africaines.
En intégrant formation, mentorat et réseautage international, FEMMPACT veut accélérer l’autonomisation économique des femmes et stimuler l’innovation dans des secteurs stratégiques.
Pour le Togo, où les femmes représentent une part importante du tissu entrepreneurial mais restent limitées par des contraintes structurelles, ce programme se veut une nouvelle opportunité de renforcer la compétitivité nationale, et de soutenir une croissance plus inclusive.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 25 septembre 2025.
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Ayi Renaud Dossavi