Le Togo et le Bénin s’unissent pour la gestion coordonnée du site culturel transnational Koutammakou. Les deux pays ont tenu, récemment à Défalé, la deuxième session de l’organe transnational chargé du suivi du site.
Cette rencontre fait suite à la décision de l’UNESCO approuvant l’extension des limites du Koutammakou afin d’inclure sa partie béninoise, désormais inscrite au patrimoine mondial. Dans ce cadre, l’organisation onusienne recommande aux deux États de mettre en place un mécanisme commun de gestion placé sous la supervision des Directions du patrimoine culturel du Togo et du Bénin, et d’en préciser les missions.
L’UNESCO demande également aux deux pays de soumettre, d’ici au 1er décembre 2026, un rapport conjoint sur l’état de conservation du site ainsi que sur les avancées réalisées dans la mise en œuvre des recommandations émises.
Après une première session conjointe tenue en août 2023 à Boukoumbé, au Bénin, cette deuxième réunion a permis d’échanger sur les modalités d’élaboration du rapport actualisé, de préparer les activités prévues dans la phase 2 du projet : « Amélioration de l’état de conservation du Koutammakou » prévue en 2026, et de discuter des éléments à intégrer dans le futur plan de gestion unifié du site. Les participants ont également abordé diverses questions liées à la conservation, à la valorisation et à la promotion du Koutammakou.
Au Togo, le site bénéficie d’un plan de gestion couvrant la période 2025-2027. Ce document s’appuie sur les recommandations formulées par le Centre du patrimoine mondial, le Conseil international des monuments et sites (ICOMOS) et le Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), à l’issue d’une mission d’évaluation réalisée en juin 2024. Parmi les priorités identifiées figure notamment une plus grande implication des communautés locales dans les actions de préservation.
Esaïe Edoh
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À Lomé, le CERSA, à l’Université de Lomé, a accueilli samedi 22 novembre 2025 la phase interuniversitaire du programme “Student Tech Pulse”. L’événement marque une nouvelle étape dans cette initiative portée par Dagba, avec l’appui d’IYBA-Seed Togo, un programme financé par l’Union européenne pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes en Afrique subsaharienne.
La compétition a réuni des équipes venues de plusieurs établissements universitaires, sélectionnées après une première série de pitchs intra-campus. Les projets présentés couvrent l’agroalimentaire, l’agritech, l’éducation numérique, le voyage ou encore la robotique.
« On a voulu identifier les projets dans les universités, les accompagner pour avoir un très bon pipeline de projets à présenter à nos partenaires qui sont des investisseurs et qui veulent investir dans les petites entreprises du Togo », selon Brice Tchendo, fondateur et patron de l’accélérateur Dagba.
Ces équipes de jeunes pitcheurs ont été évaluées par un jury composé d’acteurs de l’écosystème entrepreneurial, qui a évalué la pertinence de chaque initiative ainsi que son potentiel de déploiement dans un marché en structuration.
« Nous pensons qu’il faut renforcer toutes les initiatives qui poussent les jeunes à entreprendre, notamment les jeunes intellectuels qui représentent le levier de développement du pays », indique pour sa part Massémé Gagnon, chef de projet à IYBA-Seed Togo.

10 équipes sélectionnées
Dix équipes ont été retenues pour la phase suivante. Elles participeront en janvier à un bootcamp national à Kpalimé. Ce stage doit consolider leur modèle économique, renforcer leur prototypage et préparer les porteurs à des discussions futures avec des investisseurs et des business angels. Selon Brice Tchendo, l’objectif est de développer un pipeline de projets capables d’intéresser les fonds actifs au Togo, tout en renforçant la culture entrepreneuriale dans les universités du pays.
La démarche s’inscrit dans une stratégie plus large. IYBA-Seed Togo, mis en œuvre dans cinq pays pilotes, soutient les structures qui encouragent la création d’entreprise chez les jeunes. Le diagnostic mené au lancement du programme a identifié le milieu universitaire comme une priorité, compte tenu du potentiel d’innovation et du niveau de formation des étudiants.

Les dix projets sélectionnés sont : “Pain de banane” (Institut Supérieur Monseigneur BAKPESSI de Kara), “Irrigation et apport nutritif automatisés” (Université de Kara), “World Atlas Travel” (DEFITECH), “AGNIGBAN GNA” (ESCEN), “Afro Explorer AI” (IAEC), “SmartFarm Energy AI” (Université de Lomé), “SMARTEDUC” (ESCEN), “AGRILA” (ESAG NDE), “MYLOOPS” (ESGIS) et “Bras robotique” (ESIG Global Success).
Selon les initiateurs, les finalistes seront accompagnés sur plusieurs mois avant une séance de présentation finale prévue l’an prochain devant des investisseurs.
Ayi Renaud Dossavi
La huitième édition de “Togo Top Impact”, l'événement qui célèbre les personnalités et initiatives remarquables, se distingue par un engagement renforcé en faveur de la société. Ce nouveau rendez-vous, lancé le samedi 22 novembre par l’Organisation nationale pour l’excellence et le développement intégral (ONEDI), promoteur du projet, mettra l’accent sur des actions concrètes à impact social.
Concrètement, l’événement prévoit une activité communautaire le 27 janvier 2026, offrant aux participants l’occasion de soutenir directement des populations locales à travers des actions solidaires et participatives. Une journée sportive avec éco-jogging se tiendra également le 23 janvier, combinant engagement citoyen, bien-être et sensibilisation à la protection de l’environnement.
« Togo Top Impact n’est pas seulement une plateforme pour reconnaître les talents, c’est aussi une occasion de mobiliser nos forces pour le bien des communautés. Notre ambition est que chacun reparte avec l’envie de faire la différence », a indiqué Ali Tossa, manager général de Togo Top Impact.

Outre le volet social, cette édition axée sur le thème : « Par la diversité, célébrer les talents et les cultures qui éclairent l’Afrique aujourd’hui », introduit plusieurs nouveautés visant à valoriser davantage l’entrepreneuriat et la créativité. Une nouvelle catégorie récompensant le meilleur chef d’entreprise dans la section jeunesse sera mise en avant. Le programme met également l’accent sur les initiatives culturelles et créatives, notamment à travers le forum de haut niveau prévu le 30 janvier 2026 autour du : « Tourisme et Intelligence Artificielle : une opportunité pour l’économie créative africaine ».
Les distinctions seront attribuées dans une quinzaine de catégories, regroupées en trois groupes : fondamentales, populaires et continentales. Les catégories fondamentales récompenseront des personnalités comme le Meilleur jeune leader de l’année. Les populaires mettront en lumière les initiatives féminines et les créateurs de contenus, tandis que celles dites continentales honoreront les acteurs œuvrant pour l’intégration africaine.
Le processus de sélection prévoit la publication de la liste des nominés le 15 décembre 2025. Le vote du public se déroulera du 17 décembre au 13 janvier, tandis que le jury délibérera du 16 au 25 janvier. Les catégories populaires resteront ouvertes au vote jusqu’au 30 janvier.
La grande soirée de gala viendra clôturer l’événement le 31 janvier 2026 à l’Hôtel Sarakawa, où 400 invités sont attendus.
Gautier Agbekodovi
Au Togo, les organismes de gestion de l’Assurance maladie universelle (AMU), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Institut national d’assurance maladie (INAM) ont signé ce vendredi 21 novembre à Lomé, une convention sectorielle de partenariat avec l’Association des professionnels et praticiens de l’optique lunetterie (APPOL).
L’entente ouvre la voie à une meilleure prise en charge des soins visuels pour les assurés, en fixant des standards communs pour la qualité, l’accès et le suivi des prestations en optique. Concrètement, les assurés pourront désormais bénéficier de lunettes et de lentilles adaptées à leurs besoins, avec des procédures uniformisées et un accompagnement plus structuré chez tous les opticiens partenaires de l’AMU.

« La signature de cette convention va permettre d’harmoniser les pratiques, d’améliorer la qualité des prestations en optique et de garantir aux assurés un parcours de soins plus clair et mieux encadré. À travers cet accord conclu avec l’APPOL, nous ne faisons pas que formaliser un partenariat, nous ouvrons une porte vers une meilleure prise en charge de la santé visuelle », a expliqué Ingrid Awadé, directeur général de la CNSS.
Le ministre délégué auprès du ministre en charge de la Santé, Tchin Darré, a pour sa part réaffirmé l’engagement du gouvernement à « garantir un accès équitable aux soins, à consolider la régulation du secteur et à accompagner les partenaires dans la mise en œuvre des conventions signées ».

Lancé en 2024, l’AMU vise à garantir l’accès aux services de santé à l’ensemble de la population togolaise, quel que soit le secteur d’activité. L’intégration des travailleurs non-salariés dans le dispositif illustre la portée inclusive de l’AMU, faisant du Togo le premier pays africain à offrir une couverture universelle à toutes les catégories socioprofessionnelles.
Le Togo va bénéficier d’un appui financier de 62 millions d’euros, soit environ 40 milliards FCFA du Royaume-Uni. Un accord de financement a été signé à cet effet en fin de semaine dernière à Lomé, en marge de la quatrième édition du Forum Royaume-Uni - Afrique francophone de l’Ouest et du Centre (UK-WCAF IV).
Ce soutien permettra l’électrification de 312 localités rurales et touchera directement près de 250 000 personnes, dont les conditions de vie devraient s’améliorer grâce à l’accès à l’électricité pour leurs activités économiques et sociales. Le projet prévoit la construction de 1300 km de réseau moyenne tension, 882 km de réseau basse tension, ainsi que 312 postes de transformation.
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— Ministère des Mines et des Ressources Énergétiques (@mineenergie_tg) November 15, 2025
Les 12 et 13 novembre 2025, Lomé a… pic.twitter.com/kHJEMMWcq6
La signature de cet accord, l’une des premières retombées concrètes du UK-WCAF IV, intervient alors que le pays multiplie les initiatives pour atteindre l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030. Les programmes déjà mis en œuvre avec l’appui de partenaires ont permis au Togo d’atteindre un taux d’accès de 70 % à fin 2024.
Dans la même dynamique d’amélioration de l’accès à l’énergie, notamment en milieu rural, Lomé et Pékin ont conclu début novembre un accord pour la fourniture de kits solaires dans le cadre du projet Africa Solar Belt (Ceinture solaire Afrique), une initiative destinée à soutenir la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Le don, composé de 3900 kits photovoltaïques, répondra aux besoins énergétiques de plus de 20 000 Togolais vivant dans des localités encore non desservies par le réseau national.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le gouvernement a adopté en fin de semaine dernière le projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Le projet de budget, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 2740 milliards FCFA, affiche une hausse de 14,4 % par rapport à celui de l’année en cours. Les ressources budgétaires escomptées, devraient être financées à plus de 50 % par les recettes fiscales.
Selon le document de projet de loi de finances consulté par Togo First, les ressources du budget de l’État pour 2026 se composent de 1615 milliards FCFA de recettes budgétaires, 1097 milliards FCFA de ressources de trésorerie, ainsi que de 27 milliards FCFA provenant des comptes spéciaux du Trésor.
Dans le détail, les recettes budgétaires regroupent 1338 milliards FCFA de recettes fiscales, en progression d’environ 10 % par rapport aux 1208 milliards FCFA prévus en 2025 ; 109 milliards FCFA de recettes non fiscales, soit une hausse de 32 % par rapport aux 72 milliards FCFA projetés pour 2025 ; et 166 milliards FCFA de dons-projets, en recul de 12 % par rapport aux 190 milliards FCFA inscrits au budget 2025.
S’agissant des ressources de trésorerie, elles comprennent 473 milliards FCFA d’émissions de titres publics, contre 332 milliards FCFA en 2025 ; 220 milliards FCFA d’emprunts projets ; et 403 milliards FCFA d’autres emprunts, contre respectivement 142 milliards FCFA et 420 milliards FCFA l’année précédente.
Le projet de loi devrait être soumis pour examen aux deux chambres du Parlement, majoritairement dominées par l’Union pour la République (UNIR).
Esaïe Edoh
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La ville de Kara accueille jusqu’à ce vendredi 21 novembre 2025 la deuxième rencontre régionale entre les chambres de commerce et d’industrie du Togo et du Bénin consacrée aux échanges commerciaux des produits agricoles. L’événement s’inscrit dans le cadre du Programme Régional d’Intégration des Marchés Agricoles (PRIMA), financé par le Fonds international de développement agricole pour une durée de six ans.
Le PRIMA veut notamment augmenter de 30% les transactions agricoles entre les deux pays sur les corridors transfrontaliers ciblés. Le programme vise une intégration plus fluide des marchés, une amélioration des échanges et un renforcement de la compétitivité des entreprises agricoles. La coordination régionale est assurée par l’AARA sous l’égide de la CEDEAO.

Décliné en quatre composantes, le PRIMA intervient notamment sur le commerce agricole et l’entrepreneuriat rural. Selon Mawadè Dogo, coordonnateur opérationnel délégué du PRIMA-Togo, les travaux portent sur l’intégration des marchés, la facilitation des échanges et la structuration des initiatives entrepreneuriales rurales. Les activités prévoient également l’aménagement d’ouvrages agricoles, le développement des zones d’aménagement agricole planifiées et la réhabilitation des pistes pour fluidifier le transport des produits.
Cette deuxième rencontre fait suite à une première édition tenue en décembre 2024 au Bénin. Elle réunit des décideurs publics, des agro-entrepreneurs, des organisations paysannes et des institutions de recherche des deux pays. Les échanges portent sur le bilan de la mise en œuvre des recommandations précédentes, les avancées opérationnelles, la coopération transfrontalière et la valorisation des produits locaux.

Parallèlement, une foire-exposition des produits agricoles se tient jusqu'au samedi 22 novembre 2025 sur l’esplanade du Palais des congrès de Kara. Elle permet aux agro-entrepreneurs des deux pays de présenter leurs produits et de renforcer leurs opportunités commerciales.
Notons que l’ouverture officielle de l’événement a été présidée par Alex Kpanté Bouab, représentant le ministre togolais chargé de l’Agriculture. L’autorité a rappelé la contribution des échanges agricoles au PIB national et la nécessité de renforcer la croissance par une meilleure intégration commerciale.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, le Président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, a reçu jeudi 20 novembre 2025 trois représentations diplomatiques et institutionnelles. Les échanges ont porté sur la coopération économique, les partenariats et les appuis techniques liés aux priorités nationales.
La première audience a réuni le Président du Parlement et Mme Wang Min, Ambassadrice de la République populaire de Chine au Togo. Celle-ci lui a transmis les félicitations du Président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire de Chine, et salué son élection.

La diplomate a rappelé les orientations du quinzième plan quinquennal adopté lors du quatrième plénum. Selon elle, « la Chine est prête à partager avec le Togo ses opportunités de développement et à continuer d’approfondir sa coopération pratique dans tous les domaines ». Elle ajoute que cette étape marque « un nouveau point de départ pour renforcer la coopération législative et apporter plus de bénéfices aux deux peuples ».
La deuxième audience a été accordée à S.E.M. Gwilym Jones, Ambassadeur de l’Union européenne au Togo.

Les échanges ont porté sur les volets économique, sécuritaire et militaire, à quelques jours du sommet UA-UE. L’ambassadeur a indiqué que « nous avons un partenariat en place sur les questions économique, militaire et de sécurité », rappelant que l’UE demeure un partenaire important du Togo et de l’Union africaine sur ces sujets.
La troisième audience a porté sur les enjeux sociaux. Dr Corinne Erinna Dia, représentante résidente de l’UNICEF au Togo, a échangé avec le Président du Parlement sur le renforcement du cadre de collaboration.

Elle affirme : « nous avons discuté du partenariat très stratégique entre l’Assemblée nationale et l’UNICEF », notamment en matière d’accompagnement du gouvernement pour « promouvoir une budgétisation sensible aux besoins de l’enfant ». Elle ajoute que le renforcement des unités parlementaires spécialisées permettra d’« assurer une allocation accrue des ressources pour mieux répondre aux besoins des enfants et des populations vulnérables ».
Ces échanges font partie des premières activités publiques du nouveau patron de l'Assemblée nationale togolaise, qui a été porté à cette fonction le par ses pairs, le mardi 28 octobre 2025.
R.E.D
En marge du Forum B2B organisé à Lomé le jeudi 20 novembre 2025, Togo First a échangé avec Aziz El Khyari, directeur du développement des affaires et de la coopération africaine à Casablanca Finance City (CFC). Il revient sur les priorités de l’Africa Tour, l’intérêt croissant des investisseurs marocains pour le Togo et les perspectives ouvertes par ce rapprochement économique, dans l’expansion des entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest.
TF : Quel est l’objectif de l’Africa Tour et pourquoi était-il important pour CFC d’organiser une étape à Lomé ?
AEK : L’Africa Tour répond à un besoin d’ancrage territorial. Depuis plusieurs années, nous présentons aux investisseurs internationaux les atouts de l’Afrique depuis Casablanca. Mais pour identifier les opportunités réelles, il est essentiel d’aller sur le terrain, de rencontrer les autorités, les agences de promotion des investissements et les acteurs privés. Cette deuxième édition de l’Africa Tour a été conçue pour renforcer les liens entre CFC et plusieurs économies de la région. Le Togo s’est imposé comme une étape stratégique.

Lomé réunit plusieurs éléments déterminants pour les investisseurs. Le pays a construit un cadre des affaires considéré comme l’un des plus performants de la zone, soutenu par une administration attentive aux besoins des opérateurs économiques. Son port en eau profonde, classé parmi les plus efficaces de la sous-région, joue un rôle important dans la connectivité maritime de la zone CEDEAO. L’aéroport international facilite également l’accès aux marchés régionaux.

L’objectif du forum était d’exposer aux entreprises marocaines les opportunités économiques togolaises et d’expliquer comment elles peuvent s’y projeter. Pour les autorités togolaises, il s’agissait aussi d’ouvrir leurs projets structurants à des partenaires capables d’apporter expertise technique, financement ou accompagnement stratégique. Cette rencontre devait permettre d’engager des discussions concrètes et de dépasser le cadre des échanges institutionnels classiques. L’Africa Tour crée, au final, un dialogue direct entre investisseurs, opérateurs publics et secteur privé.
TF : Comment Casablanca Finance City est-elle devenue une plateforme d’investissement continentale et quels sont les domaines d’action clés de ses membres ?
AEK : Casablanca Finance City est née en 2010 avec la volonté du Maroc de créer un positionnement financier africain fort. Depuis, CFC est devenue la première place financière du continent selon le Global Financial Centres Index. Ce résultat est le fruit d’un écosystème structuré autour de cinq dimensions majeures.
La première dimension est la diversité des entreprises membres. Plus de 250 entités opèrent aujourd’hui à partir de Casablanca, dans des secteurs variés, allant de la finance et des assurances au conseil juridique, à la stratégie, au numérique, à la logistique et aux infrastructures. Cette diversité crée une place résiliente, capable d’accompagner plusieurs types de projets. Les membres interviennent dans 115 pays, dont 50 en Afrique, ce qui leur donne une profondeur opérationnelle unique sur le continent.
La deuxième dimension est l’attractivité du statut CFC. Les entreprises bénéficient d’un cadre réglementaire aligné sur les standards internationaux, d’une fiscalité compétitive, d’une liberté totale de transfert des devises et d’un accompagnement administratif dédié. Les facilités offertes pour les visas, l’installation et la mise en conformité renforcent cette attractivité. Cette architecture a permis d’attirer des entreprises européennes, asiatiques et américaines, renforçant la vocation multipolaire de la place.
La troisième dimension est l’intégration africaine. Le Maroc a intensifié ses relations politiques, économiques et diplomatiques avec l’ensemble du continent, notamment après sa réintégration à l’Union africaine. CFC bénéficie directement de cet environnement, qui renforce son rôle de plateforme de coopération régionale.
La quatrième dimension est la stratégie de partenariats. CFC a noué des accords avec 24 agences africaines de promotion des investissements. Ces partenariats permettent de faciliter l’accès aux opportunités nationales, d’accélérer les démarches d’investissement et d’assurer une présence coordonnée dans plusieurs pays.
Enfin, la cinquième dimension est l’innovation. CFC investit dans la finance durable, la gouvernance et la transformation digitale. Il co-préside le réseau Financial Centres for Sustainability et prendra la présidence de la World Alliance of International Financial Centers en 2025. Cela renforce sa légitimité internationale et permet d’accompagner les entreprises sur les enjeux climatiques, ESG et de finance responsable.
TF : Quels atouts spécifiques du Togo attirent les investisseurs marocains et comment percevez-vous le potentiel du Togo en Afrique de l’Ouest ?
AEK : Le Togo cumule plusieurs leviers qui en font une plateforme attractive pour les investissements régionaux. Son économie est de taille intermédiaire mais stable, soutenue par une série de réformes orientées vers la compétitivité, la transparence et la modernisation administrative. Cela donne au pays un profil favorable pour les investisseurs cherchant un marché dynamique, structuré et ouvert à la coopération internationale.
Les infrastructures logistiques constituent un argument de poids. Le port de Lomé permet une desserte rapide des pays enclavés du Sahel. Le corridor togolais vers le Burkina Faso, le Niger et le Mali renforce cette position. Le pays dispose également de zones industrielles, dont le Parc industriel d’Adétikopé, qui crée des opportunités dans l’agro-industrie, le textile, la logistique et la fabrication.

Pour les investisseurs marocains, le Togo représente un marché où l’on peut déployer des solutions techniques, financières ou industrielles tout en gardant un accès direct à l’ensemble de la région. Les entreprises de CFC disposent de compétences solides en structuration de financements internationaux, en gestion de projets et en appui à la transformation digitale ou infrastructurelle. Une partie du financement de projets togolais peut être portée par ces acteurs.
L’Africa Tour a permis de constater que le Togo offrait un environnement réactif, avec une administration accessible et des besoins définis. Cela répond au besoin des entreprises marocaines d’interagir avec des partenaires capables de porter des projets à court ou moyen terme.
TF : Quels résultats attendez-vous après le forum B2B de Lomé et comment cette dynamique peut-elle évoluer ?
AEK : L’objectif d’un forum n’est pas de conclure des accords immédiats, mais de créer la base d’une relation de travail. La suite passe par des échanges bilatéraux plus précis. Les entreprises présentes devront revenir pour des visites ciblées, des réunions techniques ou des missions sectorielles. Ce sont ces étapes qui permettent de finaliser des partenariats.

Nous attendons que les discussions initiées à Lomé se traduisent par l’identification de projets bancables. Cela peut concerner des secteurs comme l’agro-industrie, l’énergie, les services financiers, le numérique ou les infrastructures sociales. L’important est d’accompagner la maturation des projets et de permettre aux investisseurs de mesurer les besoins, les contraintes et les possibilités de structuration.
Ce forum est un début. Il ouvre la voie à une relation qui peut s’étendre sur plusieurs années.
TF : De quelle manière Casablanca Finance City peut-il accompagner les entreprises togolaises souhaitant se développer à l’international ?
AEK : L’accompagnement fonctionne dans les deux sens. Casablanca Finance City peut servir de base stratégique pour les entreprises togolaises qui souhaitent s’internationaliser. Elles bénéficient d’un guichet unique, d’avantages fiscaux, d’un environnement réglementaire clair et d’un accès facilité aux marchés européens et moyen-orientaux.
Les entreprises togolaises peuvent également tirer parti du réseau CFC, qui regroupe des acteurs financiers, des entreprises de conseil, des institutions multilatérales et des opérateurs sectoriels. Cela leur donne accès à des opportunités de co-investissement, à des partenaires techniques et à des plateformes de financement.
L’objectif, pour nous, est de construire une relation durable où le Togo devient un point d’appui pour les entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest, et où Casablanca devient un point d’accès pour les entreprises togolaises vers des marchés extérieurs.
Interview de Ayi Renaud Dossavi
La capacité du Togo en matière de suivi et de rapportage de la mise en œuvre de l’Accord sur la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), ainsi que d’autres initiatives de commerce intra-africain, a été évaluée par la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (ACBF). Les résultats de cette évaluation ont été partagés le jeudi 20 novembre 2025 à Lomé avec les différents acteurs impliqués dans le commerce au Togo.
L’étude a principalement examiné dans quelle mesure le Togo respecte ses engagements dans le cadre de l’accord ZLECAf, notamment en matière de réduction des droits de douane, de facilitation des échanges et de libéralisation des services. Cette initiative vise à rappeler aux autorités togolaises l’importance d’évaluer la mise en œuvre de leurs engagements commerciaux.

« L’absence de suivi et de rapportage empêche le pays de mesurer son niveau de mise en œuvre des accords. Ainsi, sur la base de l’étude réalisée, des recommandations ont été formulées pour permettre au Togo de s’assurer de son niveau de mise en œuvre de la ZLECAf conformément au calendrier établi », a souligné Edem Messa-Gavo, responsable principal de la mesure d’impact à l’ACBF.
Selon l’étude, le Togo a enregistré des progrès significatifs, notamment l’élaboration d’une stratégie nationale pour la ZLECAf, la création d’un Comité Technique Multi-Acteurs et le lancement de plusieurs initiatives de sensibilisation et de renforcement des capacités. « Ces jalons démontrent un engagement national fort pour s’assurer que le Togo tire pleinement profit des opportunités offertes par la ZLECAf », souligne l’ACBF, qui précise toutefois que « la mise en place d’un système de suivi et de reporting pleinement fonctionnel reste un travail en cours nécessitant des efforts coordonnés et soutenus ».
L’évaluation a appliqué une méthodologie harmonisée, utilisée simultanément en Éthiopie, au Rwanda, en Ouganda et au Zimbabwe, permettant de comparer les expériences dans divers contextes nationaux.
Notons que créée en 1991, l’ACBF est l’agence spécialisée de l’Union africaine pour le renforcement des capacités. Elle accompagne les gouvernements, la société civile et le secteur privé dans la conception et la mise en œuvre de politiques de développement fondées sur des données probantes, en favorisant des interventions de renforcement des capacités et des partenariats stratégiques visant un développement inclusif et durable.
Esaïe Edoh
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