Lancés il y a quelques semaines, les travaux de dragage du terminal à conteneurs de Lomé Container Terminal (LCT), pour un coût de 7,5 millions d’euros (près de 4,9 milliards FCFA), sont désormais achevés. Une cérémonie officielle s’est tenue à cet effet le vendredi 19 septembre 2025 au siège de la LCT, réunissant le top management de la société de manutention, en présence de plusieurs acteurs portuaires, dont le contre-amiral Adegnon, à la tête Port autonome de Lomé, des acteurs des douanes et des représentants de ministères.

Rappelons que ces travaux, conduits du 31 juillet au 16 septembre 2025, ont permis d’approfondir le chenal d’accès à 18,6 mètres et d’élargir le cercle d’évitage à 550 mètres. Le port est désormais en mesure d’accueillir à pleine charge les navires géants de 19 000 à 24 000 EVP.
L’opérateur, joint-venture entre China Merchants Port Holdings et Terminal Investment Limited (filiale de MSC), a précisé que ce dragage s’inscrivait dans un vaste programme d’investissements de 120 millions d’euros (près de 80 milliards FCFA) en infrastructures et équipements, étalé jusqu’en 2027.

“Ces travaux s'inscrivent dans un programme d'investissement de 80 milliards de francs CFA, en infrastructures et équipements destinés à assurer la manutention de ces navires et en même temps à accroître notre capacité annuelle de 2 millions équivalent d'un pied à 2,5 millions.”, a confié Tim Vancampen, directeur général de LCT, lors de la cérémonie.
Le plan prévoit notamment le renforcement des quais, un système de défenses adapté aux navires de nouvelle génération et l’installation de deux nouvelles grues STS. À terme, la capacité annuelle passera de 2 millions à 2,5 millions d’EVP/
Il en est attendu la création d’environ 150 emplois directs, en plus d'un accroissement des volumes régionaux.
Ces investissements interviennent dans un contexte de concurrence accrue dans le golfe de Guinée, face aux ports de Tema, Abidjan, Lagos ou encore Lekki. La compétition régionale repose sur trois leviers : la profondeur des eaux, la productivité et l’efficacité douanière des corridors.
Si Lomé conserve un net avantage en matière de transbordement et de profondeur, ses concurrents montent en puissance. Selon les observateurs, la différenciation de cette grande course au trafic maritime passera par des escales plus rapides, des liaisons feeders fiables et une meilleure interopérabilité douanière avec l’hinterland sahélien.
Ayi Renaud Dossavi
C’est une nouvelle page qui se tourne à la tête des universités publiques du Togo. Par décret, le Professeur Kossivi Hounakey est nommé Président de l’Université de Lomé (UL), en remplacement du Professeur Adama Mawulé Kpodar, dont le mandat aura duré deux ans.
Agrégé de droit public et ancien ministre délégué auprès du ministère du Commerce, il prend la tête du premier établissement supérieur du pays, fort de plus de 60 000 étudiants.

Pour lui, il s’agira notamment de renforcer la gouvernance universitaire, d’améliorer la qualité de l’enseignement et de consolider les partenariats entre l’UL, le secteur privé et les institutions internationales.
La première femme à la tête d’une université publique au Togo
À l’Université de Kara, le changement est historique, avec la nomination de sa toute première présidente, qui devient par la même occasion la première femme à diriger une université publique au Togo. Il s’agit de la Professeure Houzou Mouzou Grâce Prénam, médecin lieutenant-colonel et rhumatologue, qui dirige depuis 2012, le service de rhumatologie du CHU de Kara.

Son arrivée à ce nouveau poste constitue un signal fort en matière de représentation féminine dans le leadership académique. Elle entend développer la recherche scientifique, stimuler les coopérations internationales et améliorer l’attractivité de l’Université de Kara, deuxième institution publique d’enseignement supérieur du pays, pour les étudiants de la sous-région.
Pour les universités togolaises, ces nominations interviennent sur fond d’efforts de modernisation visant à mieux positionner l’enseignement supérieur et à l’aligner sur les priorités nationales : compétitivité économique, innovation et intégration régionale, dans un contexte où l’éducation absorbe plus de 10 % du budget de l’État.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo occupera un siège au Conseil des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), de 2025 à 2027. Le pays a été élu à cette position aux côtés de dix autres États, dont le Niger, le Portugal et l’Arabie Saoudite, le vendredi 19 septembre 2025, à la faveur de la 69ᵉ session de la Conférence générale qui s’est tenue à Vienne, en République d’Autriche. Il rejoint ainsi un organe de gouvernance décisif pour la politique nucléaire civile mondiale.
Le Conseil examine et approuve le budget, les programmes de travail et les demandes d’adhésion des nouveaux États membres. Parmi ses autres missions, il valide également les accords de garanties nucléaires et autorise la publication des normes de sûreté de l’Agence.
Pour le Togo, cette élection intervient dans un contexte marqué par plusieurs initiatives nationales en faveur d’une meilleure appropriation du nucléaire civil. En janvier 2025, le gouvernement a créé le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEAT), chargé de piloter les programmes de recherche, de formation et d’application des technologies nucléaires dans la santé, l’agriculture et l’énergie. En parallèle, un accord conclu avec la société américaine Nano Nuclear Energy prévoit l’utilisation de micro-réacteurs pour la production électrique.
Le pays doit toutefois relever de multiples défis, au-delà du manque de ressources techniques et technologiques : cadre légal et réglementaire encore perfectible, sécurité nucléaire et protection radiologique, ainsi que mobilisation budgétaire suffisante pour soutenir ses ambitions.
Cette nouvelle position au sein de l’instance de gouvernance de l’AIEA pourrait offrir au Togo une tribune pour influencer les normes internationales, attirer des investissements extérieurs et sécuriser davantage ses projets nucléaires.
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Le Togo a lancé le jeudi 18 septembre à Sokodé, une nouvelle étape de la mise en œuvre de son projet de Restauration des paysages forestiers (RPF), avec l’installation d’un Groupe national de travail (GNT). Cet organe, qui fait office de comité de pilotage, a tenu une première réunion consacrée à l’examen des défis rencontrés et à l’identification de solutions pour accélérer les actions en cours.
La rencontre, prévue sur deux jours, est organisée par le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ, dans le cadre du projet de gouvernance forestière Forest4Future (F4F). Les participants ont évalué l’état d’avancement du projet et ses premiers résultats, avant d’élaborer une feuille de route consensuelle pour l’opérationnalisation du GNT.
Les travaux visent à renforcer la cohérence des interventions et à capitaliser sur les initiatives existantes, en vue d’atteindre l’objectif national de restauration de 1,4 million d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030 dans la préfecture de Tchaoudjo. Cette ambition s’inscrit dans le cadre de l’initiative panafricaine AFR100, qui prévoit également le reboisement d’un milliard d’arbres.
Fruit de la coopération entre le Togo, l’Allemagne et le Luxembourg, le projet F4F entend contribuer à la restauration des paysages africains, tout en intégrant les actions de RPF dans les politiques et stratégies nationales de développement.
Esaïe Edoh
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A Aného, cité tricentenaire, située à environ 50 km au sud-est de Lomé la capitale togolaise, un projet de Musée, « le Musée des Trônes et des Divinités Noires » est dans les pipes. L’initiative, portée par l’association des Trois Royaumes (Guin, Nlessi, Lolan), avec l’appui de de la Commune des Lacs 1, de la France dont l’ambassadeur au Togo, Augustin Favereau était présent, l’Union européenne (UE) et d’autres parties prenantes, vise à redonner vie à un patrimoine immatériel riche.
Alors que le peuple guin était dans une liesse populaire, une effervescence culturelle et cultuelle marquée à son paroxysme par « Kpessosso » ou la cérémonie de prise de la pierre sacrée le même jour, la journée de jeudi 18 septembre a également été marquée à Aného, par la présentation d’un projet de musée à la presse nationale : le « Musée des Trônes et des Divinités Noires ».

De l’avis de l’association porteuse de cette initiative, ce musée, c’est une « bâtisse afro-brésilienne chargée d’histoire qui s’apprête à renaître », tout en opérant sa mue pour devenir : « le Musée des Trônes et des Divinités noires, un lieu unique qui rassemblera mémoire, création et transmission » du patrimoine vivant des Trônes, des Divinités et des savoirs immatériels d'Aného et Glidji.

Selon les informations, dans la cité tricentenaire, berceau des peuples Guin et Mina, cohabitent pacifiquement trois trônes : Glidji, installé depuis 1663, Nlessi depuis 1666 et Lolan, depuis 1821. La ville qui, à deux reprises, a été la capitale du Togo, se transforme par ailleurs, plus précisément lors de « Kpessosso », en un centre spirituel et en un haut lieu de pèlerinage du peuple Guin. Le territoire accueille également 41 divinités vaudou, apprend-on.
« Le musée des Trônes et des Divinités Noires vient donner voie à ce patrimoine immatériel vivant à travers un lieu pédagogique, créatif et résolument tourné vers le patrimoine culturel et le développement économique », souligne l’association des trois Royaumes.
Le musée vise une cible hétéroclite constituée de la jeunesse, de moins en moins intéressée par la richesse matérielle et immatérielle, qui devra s’intéresser à nouveau à l’histoire des trônes et à la culture ; des artistes et artisans dont l’innovation et la créativité ainsi que les créations nourriront le musée ; enfin des visiteurs et touristes qui contribueront à faire vivre l’économie locale et à porter le rayonnement d’Aného au-delà des frontières nationales.
De fait, ce ne sera pas un simple espace d’exposition. Ce sera un lieu du quotidien, où l’on se rencontre, où la vie s’anime, autour de trois missions principales :
Préserver et valoriser le patrimoine vivant des Trônes, des Divinités et des savoirs immatériels d’Aného et Glidji ; transmettre à la jeunesse grâce à des ateliers pédagogiques, des activités de médiation et des espaces d’apprentissage ; soutenir la création en accueillant artistes et artisans en résidence pour faire dialogier traditions et modernité.
Selon Me Edouard-Robert Aqueruburu, Président de l'Association des Trois Royaumes, « le caractère vivant du musée se traduira par la captation sonore et visuelle à travers la reproduction des scènes du quotidien, de sorte à mettre les gens en situation pour qu'ils puissent vivre le musée », a précisé Me Edouard-Robert Aquereburu.
« Nous sommes extrêmement heureux de pouvoir contribuer à ce projet pour trois raisons. Primo, c'est que c'est un projet qui va contribuer à la structuration des industries créatives culturelles au Togo. Secondo, c'est parce qu'Aného est détentrice d'un patrimoine culturel matériel, immatériel et spirituel vivant. Et tertio, c'est parce que notre coopération est très humaine, et cela nous amène à travailler sur ce projet à Aného avec beaucoup d'énergie et d'initiatives, reflet du dynamisme de la coopération entre le Togo et la France », a poursuivi le diplomate français.
S’agissant de la France, sa contribution à ce projet s’apprécie tant sur le plan financier que technique.

Notons qu’en marge de la présentation du projet : « Le Musée des Trônes et des Divinités Noires », il a été procédé à l'inauguration de la Maison du Tourisme de la ville d'Aného.
S. A
Le Togo veut renforcer le développement local à l’échelle des régions. Depuis jeudi 18 septembre 2025, autorités locales, experts et partenaires techniques sont réunis à Kpalimé pour valider le rapport diagnostic du guide national d’élaboration des plans de développement régionaux (PDR).
Initiée par le ministère de l’Aménagement et du Développement des territoires, avec l’appui du comité technique (COTEC), cette rencontre constitue l’une des étapes récentes dans la planification économique et sociale du pays. L’objectif est de doter chaque région d’un outil standardisé et durable pour concevoir son propre plan de développement, en intégrant des variables transversales telles que les changements climatiques, la gestion des risques, la cohésion sociale et le genre.
Pour Dr Wahari Yaoubi, chargé de l’élaboration du guide, ce document « servira de boussole aux conseils régionaux », en détaillant toutes les étapes du processus, de la préparation au suivi de l’exécution. Emmanuel Amouzouvi, consultant en gouvernance locale, a pour sa part, souligné l’intérêt de l’approche participative adoptée, qui renforce la légitimité des futurs PDR.
Au-delà des aspects techniques, le guide vise à améliorer la mobilisation des ressources, la communication et la capitalisation des résultats. La démarche s’inscrit dans le prolongement de la politique de décentralisation et ambitionne de garantir une meilleure allocation des investissements publics dans les infrastructures, l’agriculture et l’énergie, tout en préservant les générations futures.
La Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) a dévoilé des résultats à mi-parcours (30 juin 2025) positifs, au sortir de son 147ᵉ conseil d’administration. La valeur globale de ses actifs grimpe à 4256,5 milliards FCFA, soit une hausse de 9,32 % par rapport à fin 2024. Le résultat net (le bénéfice) pour sa part, atteint 22,1 milliards FCFA, tandis que les fonds propres effectifs progressent de 23,34 %, portés notamment par une émission hybride réalisée en février 2025 et représentant désormais 40,30 % du bilan.
Ces chiffres confirment la solide assise financière de l’institution sous-régionale basée à Lomé, renforcée par une notation révisée de « négative » à « stable ».
Ceci étant, des observateurs ne manqueront pas de relever que le résultat net, bien qu’en progression, reste modeste au regard de la taille du bilan. En même temps, peu d’informations sont disponibles pour l’instant sur le niveau des prêts non performants ou sur l’exposition de la banque à des secteurs fragiles, tels que le climat ou la sécurité, sur la période sous revue.
Quoi qu’il en soit, les chiffres ainsi rendus publics restent encourageants pour cet acteur multilatéral, qui se positionne comme un partenaire de premier plan en matière de développement, pour les pays de l’UEMOA.
Au Togo, par exemple, la BOAD a engagé environ 308 milliards FCFA sur la période 2021-2025 dans des secteurs tels que les infrastructures rurales, l’énergie solaire, l’agro-industrie et l’accès à l’eau potable. Plus récemment, une enveloppe de 40 milliards FCFA avait été mobilisée pour répondre aux urgences énergétiques, notamment auprès de la CEET.
Ayi Renaud Dossavi
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L’Office Togolais des Recettes (OTR) accueille depuis cette semaine (du 15 au 30 septembre 2025) à Lomé, une mission internationale d’évaluation des performances de l’administration fiscale, selon la méthodologie TADAT (Tax Administration Diagnostic Assessment Tool).
Selon les informations du fisc togolais, la mission réunit des experts du FMI, de la Banque mondiale, de l’African Tax Administration Forum (ATAF) et de la Direction Générale des Finances Publiques de France, sous la conduite de Hasina Rakotondrainibe, conseiller résident en administration fiscale auprès de l’AFRITAC (African Regional Technical Assistance Centre), centre régional d’assistance technique et de renforcement des capacités créé par le FMI et des pays africains.
L’objectif est d’analyser l’efficacité des réformes engagées par l’OTR, notamment en matière de gestion des risques, de transparence, de civisme fiscal et de fiabilité des déclarations. Un rapport préliminaire est attendu à l’issue des deux semaines de travaux, pour servir de socle à de nouvelles réformes.

À l’ouverture, Philippe Kokou Tchodié, Commissaire général de l’OTR, a salué cette deuxième évaluation après celle de 2019 et réaffirmé la disponibilité de ses équipes à accompagner le processus. Pour Lomé, l’enjeu est de consolider la modernisation de son administration fiscale et de garantir la mobilisation durable des ressources.
Pour rappel, la première évaluation TADAT avait déjà mis en avant des avancées notables, comme l’essor des téléprocédures et les efforts contre la corruption. Mais elle soulignait aussi des faiblesses persistantes : système d’information obsolète, gestion limitée des risques et manque de stratégie pluriannuelle. Autant de chantiers encore ouverts, qui donnent toute leur importance à la mission de 2025.
Ayi Renaud Dossavi
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À Lomé, le GIABA a entretenu un échange avec les parlementaires de la CEDEAO sur l’urgence de garantir un financement pérenne pour contrer blanchiment et flux illicites, alors que ses ressources sont fragilisées par les retards de contributions étatiques.
Après avoir échangé en début de semaine avec le Comité de l’Administration et des Finances (CAF), le GIABA a poursuivi son plaidoyer. Ce jeudi, place aux parlementaires de la CEDEAO, réunis à Lomé pour un séminaire de deux jours. L’objectif : réfléchir ensemble à la manière de mieux prévenir la criminalité financière et de renforcer la gestion des finances publiques dans la sous-région. Mais il s’agissait aussi de discuter de la mobilisation des ressources budgétaires du GIABA, fragilisées par les retards de contributions des États membres et la baisse des financements disponibles.
La cérémonie d’ouverture, organisée à l’hôtel 2 Février, a donné le ton. Présidée par la directrice de cabinet du ministre togolais de l’Économie et des Finances, Akou Mawussé A. Adetou Afidenyigba, représentant Georges Essowè Barcola, elle a réaffirmé la volonté de Lomé de faire de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme « une priorité nationale et régionale », inscrite dans la vision du président Faure Gnassingbé. « Les commissions parlementaires sont au cœur du dispositif de lutte », a-t-elle souligné, rappelant que leur rôle de contrôle et d’évaluation des budgets constitue « un puissant rempart contre les abus et les pratiques illicites ».

Le directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a, lui, dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’Afrique perd chaque année plus de 88,6 milliards de dollars, soit 3,7 % de son PIB, du fait de la corruption et des flux financiers illicites. « Ces chiffres ne sont pas abstraits : ils représentent des hôpitaux sans équipement, des écoles inachevées, des infrastructures jamais réalisées », a-t-il martelé. Pour M. Harris, la supervision parlementaire est « un impératif de sécurité nationale » et non une simple formalité : « Lorsque vous exigez des explications sur les dépenses publiques, vous désorganisez la machine de corruption et vous protégez l’intégrité démocratique », a-t-il insisté.
Le séminaire vise ainsi à renforcer les capacités des commissions des finances et du contrôle budgétaire, afin qu’elles puissent mieux analyser les rapports d’audit, détecter les signaux d’alerte de fraude et assurer le suivi des recommandations. Plusieurs thématiques ont été mises à l’agenda : doter les institutions parlementaires d’outils efficaces pour prévenir la criminalité financière, adopter des réformes en faveur de la transparence budgétaire, et bâtir une synergie durable entre parlements, gouvernements, organes de contrôle et société civile.
Derrière ces débats se profile une urgence budgétaire. Le GIABA, qui vient de conclure son deuxième cycle d’évaluations mutuelles, se prépare à lancer un troisième cycle plus rigoureux dès 2026. Mais ses moyens financiers sont limités par la baisse des contributions des États et des retards de paiement. « Il faut garantir un financement pérenne », a averti M. Harris, faute de quoi l’institution verrait ses programmes d’assistance et de suivi des réformes fortement réduits.
Le contexte régional accentue l’inquiétude. Alors que le Sénégal a quitté en 2024 la liste grise du GAFI, preuve de progrès réels, la Côte d’Ivoire y a été inscrite, signe de la fragilité persistante de certains dispositifs. Par ailleurs, le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO soulève la question de leur avenir dans le mécanisme régional anti-blanchiment. Le GIABA indique avoir entamé un dialogue pour maintenir un cadre de coopération, mais l’incertitude demeure.
Le rapport annuel 2024 de l’organisation souligne la montée de menaces de plus en plus sophistiquées : infiltration des économies par les flux illicites issus du secteur extractif, financement du terrorisme dans le Sahel, cyberfraudes liées aux actifs virtuels, et exploitation du secteur informel et des professions non financières (immobilier, change, avocats).
Pour le Togo, pays hôte, l’événement est aussi l’occasion de mettre en avant ses propres efforts : évaluation nationale des risques, adoption d’une stratégie nationale LBC/FT assortie d’un plan d’action pluriannuel, renforcement de la CENTIF et conduite d’évaluations sectorielles. « La lutte contre la criminalité financière exige, au-delà des lois, un engagement fort et visible des plus hautes autorités », a rappelé M. Tchaa Bignossi Aquiteme, président de la CENTIF-Togo.
Au terme de deux jours de travaux, les participants doivent adopter un communiqué conjoint, assorti de recommandations prioritaires et d’engagements de suivi aux niveaux national et régional. Mais le message central reste inchangé : sans volonté politique partagée et sans financement durable, la CEDEAO risque d’affaiblir son principal instrument de lutte contre les crimes économiques et financiers.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, l’Institut de recherche agronomique (ITRA) a signé, mercredi 17 septembre à Lomé, un mémorandum d’entente avec l’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales (CATAS). L’accord vise à mutualiser les efforts pour renforcer la recherche agronomique et booster la productivité rizicole nationale.
Le partenariat prévoit notamment des échanges de chercheurs et de matériel animal et végétal, ainsi que des programmes de renforcement de compétences, en particulier dans le domaine de la création variétale. « Cela va permettre au Togo d’améliorer sa production de riz et de combler le déficit que nous observons. Nous voulons tirer parti de l’expérience de certaines nations comme la Chine, l’Inde ou le Japon », a indiqué le directeur général de l’ITRA, Lardja Douti.
Pour le Togo, cet accord constitue un appui stratégique dans sa volonté de réduire sa dépendance extérieure en riz. En 2023, le pays a en effet importé pour plus de 43 milliards FCFA de riz, selon les données de l’INSEED. Grâce à ce partenariat, il pourra miser sur l’introduction de nouvelles variétés à haut rendement, domaine dans lequel le CATAS dispose déjà d’une expertise reconnue, notamment en Afrique.
L’académie chinoise, qui établit régulièrement des centres de démonstration agricole sur le continent, va apporter également un savoir-faire en matière de diffusion de technologies modernes adaptées aux conditions tropicales.
Cet accompagnement devrait contribuer à l’atteinte de l’ambition nationale : franchir le cap du million de tonnes de riz produit à l’horizon 2030.
Esaïe Edoh
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