Au Togo, les institutions de microfinance ont enregistré une hausse de 11,9 milliards FCFA de dépôts, soit une progression de 2,7 %. Cette performance reste inférieure à celle du Burkina Faso ou du Sénégal, mais elle dépasse celles observées au Bénin et au Niger sur la même période, selon les données consolidées de la BCEAO.
À l’inverse, l’activité de crédit a marqué le pas sur la même période. L’encours des crédits a reculé de 7 milliards FCFA, soit une baisse de 1,9 % sur le trimestre, sur fond de resserrement de l’offre de financement ou de frilosité accrue des acteurs financiers. À cet égard, le pays fait figure d’exception négative dans l’Union, avec le Mali, alors que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin affichent des hausses comprises entre 1,6 et 3,4 %.
Cette prudence est renforcée par la dégradation de la qualité du portefeuille au niveau régional. Le taux brut de créances en souffrance atteint 10,9 % à fin juin 2025, bien au-delà de la norme communautaire de 3 %. Le Togo compte par ailleurs une institution sous administration provisoire, sur un total de dix dans l’Union.

Au total, la microfinance togolaise conserve un rôle central dans l’inclusion financière, avec une épargne en hausse et une base de clientèle en progression. La dynamique du crédit et la maîtrise du risque demeurent les principaux points de vigilance pour la seconde moitié de l’année.
Plus globalement, cette situation prolonge une trajectoire observée dès le premier trimestre 2025. Pour rappel, les acteurs de la microfinance avaient déjà enregistré une hausse soutenue des dépôts, à 436 milliards FCFA, tandis que l’encours des crédits avait fortement reculé. Entre mars et juin, la contraction du crédit s’est ainsi poursuivie, mais à un rythme plus modéré, passant de -5,2 % à -1,9 % sur le trimestre, alors que l’épargne a continué de croître plus vite que l’offre de financement.
Au Togo, le secteur des microfinances compte près de 70 établissements, indispensables au financement des ménages et des petites activités. Dans l’ensemble de l’UMOA, il compte 527 institutions de microfinance pour près de 19,9 millions de clients.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo est désormais doté d’un Centre national de semences forestières (CNSF). Cette nouvelle structure qui devrait jouer un important rôle dans le développement forestier et la lutte contre les changements climatiques dans le pays, a été officiellement lancée en fin de semaine dernière par le Ministère de l’environnement, des ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique.
Concrètement, le CNSF se chargera de la diffusion du matériel végétal de qualité physiologique, génétique et sanitaire, adapté aux différentes zones agroécologiques du pays. Placée sous la tutelle technique de l’Office de Développement et d’Exploitations des Forêts (ODEF), l’entité devrait aussi intervenir dans la politique de reboisement, ainsi que dans la conservation des espèces forestières.
Le CNSF va également porter un appui à la recherche sur les espèces menacées et à la certification des semences destinées à la commercialisation ou aux programmes nationaux de reboisement. Dans cette dynamique, il va assurer la prospection des aires naturelles de répartition des espèces forestières et la réalisation des études phénologiques pour optimiser les récoltes.
Grâce à son rôle de fourniture de semences, le CNSF va participer à la restauration des forêts et à l’amélioration du couvert végétal national. Ce rôle devrait lui permettre également de contribuer à la création d’emplois spécialisés tels que ceux des techniciens en foresterie ou des conservateurs de semences.
Avec la création de ce centre, le Togo rejoint d’autres pays de la sous-région ouest-africaine qui en disposent déjà, notamment le Burkina-Faso et le Sénégal. Le pays renforce ainsi sa politique de protection de l’environnement.
Esaïe Edoh
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La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) et l’Université de Kara (UK) pourraient prochainement formaliser une coopération. Le projet était au centre d’une rencontre tenue le lundi 12 janvier 2026 à Lomé entre la présidente de l’institution universitaire, Pr Prénam Houzou-Mouzou, et le commissaire en charge du secteur Services à la CCI-Togo, Péyébinesso Limazié.
Cette future collaboration devrait porter principalement sur les questions de formation et d’employabilité des jeunes. L’objectif est de mieux aligner les offres de formation universitaire sur les besoins du secteur privé, en développant des programmes adaptés aux réalités du marché du travail.
Dans cette perspective, l’Université de Kara a fait part de la création et du renforcement d’instituts polytechniques et d’innovation, dotés de ressources humaines qualifiées, destinés à proposer des formations en adéquation avec les exigences actuelles du monde professionnel.
De son côté, la CCI-Togo entend jouer un rôle de passerelle entre l’université et les entreprises. Il s’agira notamment de faciliter l’immersion professionnelle des étudiants, de promouvoir des partenariats durables avec le secteur privé et de contribuer à l’actualisation des curricula en fonction de l’évolution des métiers et des compétences recherchées.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique que la CCI-Togo a déjà engagée avec l’Université de Lomé. Il s’agit notamment de la mise en place d’un centre de formation linguistique destiné à aider les opérateurs économiques à surmonter la barrière de la langue dans leurs échanges et partenariats internationaux.
Esaïe Edoh
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À l’occasion de sa première visite officielle au Togo depuis sa nomination, Nathalie Kouassi Akon, directrice régionale Golfe de Guinée de la Société financière internationale (IFC/SFI), était à Lomé pour échanger avec les autorités et les acteurs du secteur privé. Cette visite intervient alors que Lomé cherche à faire monter en puissance des investissements privés, malgré des défis persistants liés à la structuration du tissu productif, à l’accès au financement des PME et à la mobilisation de capitaux à long terme.
Dans cet entretien accordé à Togo First, la responsable régionale de l’IFC revient sur l’évolution du portefeuille de l’institution au Togo, ses priorités sectorielles — énergie, agriculture, infrastructures, numérique — et la stratégie de mobilisation des capitaux privés dans un environnement international plus contraignant. Elle détaille également la place accordée aux champions locaux, aux PME et aux instruments de garantie, tout en esquissant les perspectives de coopération à l’horizon 2030 entre le Togo et l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale.
Togo First : Comment se porte aujourd’hui le portefeuille de l’IFC au Togo, en termes de volume, de secteurs couverts et de performance globale ?
Nathalie Kouassi Akon : Sur les cinq dernières années, entre 2020 et 2025, la Société financière internationale (SFI) a investi et mobilisé un montant record d’environ 320 millions de dollars au Togo. C’est un volume significatif, qui témoigne de l’importance stratégique du pays pour l’institution.
Ces investissements couvrent plusieurs secteurs clés, notamment l’énergie, l’industrie et les télécommunications. Cette diversification sectorielle répond à une priorité aujourd’hui clairement affirmée, tant au niveau du Groupe de la Banque mondiale que des autorités togolaises : la création d’emplois par le développement du secteur privé. À ce titre, le Togo occupe une place importante dans la région que je supervise, notamment en matière de potentiel d’emplois.
Historiquement, l’intervention de la SFI au Togo a débuté par les infrastructures portuaires et énergétiques. Nous avons notamment financé les terminaux à conteneurs du port de Lomé, puis accompagné le premier producteur indépendant d’électricité (IPP) du pays, pour la construction d’une centrale thermique de 100MW de capacité à Lomé. Ce sont des projets structurants, essentiels pour la compétitivité et la croissance de l’économie togolaise.
Sur les cinq dernières années, je citerais trois investissements à fort impact en matière de développement.
Le premier concerne TogoCom, où notre intervention vise à accélérer l’accès à la connectivité et à l’Internet très haut débit. Le numérique constitue un levier majeur de transformation économique, et cet investissement s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Le deuxième est Star Garments, dans l’industrie textile. Ce projet devrait permettre la création d’environ 4500 emplois directs et indirects, principalement au bénéfice des femmes, ce qui représente un impact social particulièrement important dans l’économie du Togo.
Enfin, plus récemment, nous avons accompagné Zener, afin de renforcer l’accès à une énergie plus propre, notamment à travers l’extension de ses capacités de stockage de gaz propane et butane.
Le financement des PME demeure par ailleurs au cœur de notre stratégie. Nous intervenons principalement via des intermédiaires financiers, en accompagnant des institutions comme Ecobank, le groupe NSIA, ou encore BOA, notamment à travers des mécanismes de garanties. Ces dispositifs permettent à ces partenaires de financer, en retour, les PME togolaises.
Togo First : Quels enseignements tirez-vous de l’évolution de ce portefeuille dans un contexte marqué par le resserrement des conditions financières et les défis sécuritaires et géopolitiques ?
Nathalie Kouassi Akon : Vous soulignez en effet deux tendances majeures — financières et géopolitiques — qui affectent profondément nos économies et notre action. Dans ce contexte, la stratégie IFC Vision 2030 s’est révélée en partie prémonitoire.
L’un de ses axes centraux est la mobilisation des capitaux privés. Depuis l’arrivée du président Ajay Banga et sous le leadership de Makhtar Diop, il est apparu clairement que l’aide publique au développement, à elle seule, ne suffirait plus à financer la croissance. Il est donc devenu essentiel de mobiliser davantage de capitaux privés.
Notre performance n’est désormais plus évaluée uniquement à l’aune des volumes investis, mais surtout en fonction de notre capacité à catalyser l’investissement privé. En interne, nous parlons d’une approche dite “originate to distribute” : la SFI intervient comme investisseur catalytique, avec pour objectif d’attirer d’autres investisseurs.
Nous le faisons à travers nos instruments traditionnels, comme les prêts syndiqués, mais aussi via des outils plus sophistiqués, notamment les émissions obligataires, ainsi que des partenariats public-privé.
Au Togo, cette stratégie est pleinement mise en œuvre. Sur environ chaque dollar investi au cours des cinq dernières années, la SFI a permis de mobiliser près de 3 dollars supplémentaires auprès d’investisseurs privés, en majorité étrangers. Cela illustre le caractère catalytique de nos interventions.
Cette mobilisation passe non seulement par nos financements, mais aussi par notre rôle de conseil auprès de l’État, notamment dans la structuration de projets en Partenariats Public-Privés (PPP).
Togo First : Quels sont aujourd’hui les secteurs que vous identifiez comme les plus prometteurs et qui font l’objet d’une attention particulière de l’IFC ?
Nathalie Kouassi Akon : Les secteurs que nous considérons aujourd’hui comme les plus prometteurs sont ceux qui ont été identifiés, au niveau du Groupe de la Banque mondiale, et en concertation avec les autorités togolaises, comme étant les plus porteurs en matière de création d’emplois, en particulier pour les jeunes.
À l’échelle du Groupe, cinq secteurs prioritaires ont été définis : les infrastructures, la santé, l’agriculture, le tourisme et l’industrie manufacturière à valeur ajoutée. Ce sont des secteurs à fort potentiel d’emplois dans les années à venir.
Au Togo, plus spécifiquement, notre cadre de partenariat avec le gouvernement — le Country Partnership Framework — s’articule autour de trois axes majeurs.
Le premier concerne l’énergie. Le Togo a été l’un des premiers pays signataires de l’initiative Mission 300 du Groupe de la Banque mondiale, qui vise à connecter 300 millions de personnes à l’électricité d’ici à 2030. Le pays s’est fixé un objectif ambitieux : passer d’environ 70 % de taux d’accès aujourd’hui à 90 % à l’horizon 2030. Cette ambition repose notamment sur le solaire et sur plusieurs projets énergétiques que la SFI a soutenus et continue d’accompagner.
Le deuxième axe est l’agriculture, à travers notamment l’initiative AgriConnect. Au Togo, notre action se décline autour de trois leviers.
Le premier est le financement de l’agribusiness, via des mécanismes de partage de risques mis en place en partenariat avec les banques commerciales.
Le deuxième levier concerne le renforcement des capacités, à travers des programmes comme Africa Agricultural Leadership, qui visent à former et accompagner les petits producteurs.
Enfin, un axe appelé à se développer davantage est celui de l’agri-tech, avec pour objectif de soutenir des plateformes technologiques capables de structurer les filières, faciliter l’accès au financement, aux marchés et à l’information agricole.
Le troisième secteur prioritaire, en accord avec le gouvernement, reste celui de la logistique et des transports, qui constitue un pilier essentiel du développement économique du pays.
Togo First : Quelle place occupent aujourd'hui les champions locaux dans votre stratégie au Togo ?
Nathalie Kouassi Akon : Effectivement, un axe devenu central de notre stratégie au Togo est le soutien à l’émergence de champions locaux, c’est-à-dire des entreprises togolaises à fort potentiel de croissance et d’impact.
Dans ce cadre, la SFI a lancé une initiative dédiée aux champions locaux togolais. Nous avons procédé à un screening d’environ 300 PME, à l’issue duquel huit entreprises ont été sélectionnées comme éligibles au programme. À ce stade, deux d’entre elles se sont engagées formellement dans le dispositif.
Ces entreprises bénéficient d’un accompagnement structuré, portant notamment sur la gestion financière et le respect des normes environnementales et sociales, dans la perspective d’un financement direct de la SFI. L’objectif est de les amener à un niveau de maturité compatible avec des investissements de long terme.
Un exemple concret est Zener, acteur de la distribution de gaz pétrole liquéfié, qui a bénéficié d’un financement de 16 millions de dollars. Ses activités couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur du GPL. Un autre exemple est Yatt & Co, également active dans la distribution de gaz, qui a récemment signé un accord d’assistance technique avec la SFI. Des discussions sont en cours concernant des opportunités de financement, qui devraient se concrétiser prochainement.
Togo First : Le dernier rapport de l’IFC sur le Togo met en évidence une forte concentration du tissu productif. Seulement 0,4 % des entreprises réalise 77 % du chiffre d’affaires, tandis que près de 90 % sont des micro ou petites entreprises, souvent sous-capitalisées. Qu’est-ce que ce constat change concrètement dans votre stratégie au Togo ?
Nathalie Kouassi Akon : Ce constat est au cœur de notre réflexion. Dans le cadre de la stratégie IFC Vision 2030, nous avons pris la décision de doubler notre portefeuille dédié au financement des PME.
Cela étant dit, il faut être précis sur les termes. L’expression « PME » recouvre des réalités très différentes, allant de la micro-entreprise à l’entreprise de taille intermédiaire.
Les micro-entreprises constituent l’écrasante majorité du tissu économique, au Togo comme dans beaucoup de pays africains. C’est à la fois une fragilité et un potentiel. Pour y répondre efficacement, la SFI a compris qu’elle ne pouvait pas agir seule et qu’il fallait nouer davantage de partenariats.
Nous travaillons par exemple avec des écosystèmes d’innovation et des incubateurs, comme ceux soutenus par le PNUD, afin de créer un pipeline d’entreprises susceptibles, à terme, d’accéder à des financements. Aujourd’hui, certaines start-up ou très petites entreprises ne sont pas directement finançables par la SFI, mais cela ne signifie pas qu’elles doivent être exclues de notre action. L’objectif est de les accompagner progressivement, directement ou indirectement, tout au long de leur chaîne de valeur.
Togo First : Concrètement, comment cette approche se traduit-elle dans vos instruments de financement ?
Nathalie Kouassi Akon : Historiquement, notre action en faveur des PME s’est principalement faite à travers les institutions financières. Pendant longtemps, nous avons travaillé avec les grandes banques internationales, via des lignes de crédit et des garanties. Puis, progressivement, nous avons élargi notre intervention à des banques de taille intermédiaire.
Aujourd’hui, notre stratégie évolue encore. Dans le cadre de l’accroissement de nos financements aux PME, nous mettons un accent particulier sur les institutions de microfinance et les fintechs. Les garanties et lignes de financement que nous leur accordons leur permettent d’élargir leur portefeuille de prêts, tout en respectant des conditionnalités précises.
Nous les appuyons également avec de l’assistance technique, afin d’aider ces institutions à mieux structurer leurs produits, à cibler les PME et à mieux appréhender l’attractivité — mais aussi les risques — de ce segment de marché. C’est un marché exigeant, mais indispensable si l’on veut répondre à la réalité du tissu économique togolais.
Par ailleurs, nous avons créé un département spécifique, Upstream, dont la mission est de préparer des entreprises en amont, avant qu’elles ne soient finançables. C’est dans ce cadre que nous accompagnons, par exemple, Gozem, une start-up que nous finançons aujourd’hui au Togo.
Togo First : Malgré la mise en place de garanties, y compris celles de l’IFC, certaines PME estiment que le coût du crédit demeure inchangé, comme si la réduction du risque n’était pas répercutée sur les conditions de financement. Comment expliquez-vous ce décalage et comment l’IFC s’assure-t-elle que ses garanties produisent un impact réel pour les entreprises ?
Nathalie Kouassi Akon : C’est une question légitime, et c’est un travail de suivi permanent. Le coût d’un prêt repose sur deux éléments : le risque de crédit, mais aussi le coût de la liquidité, qui reste élevé et souvent avec une maturité à court terme dans nos économies.
Cela ne signifie pas que tout est justifié. Nous travaillons activement avec nos partenaires financiers pour nous assurer que nos instruments produisent un impact réel. Nos partenariats avec les banques sont aujourd’hui définis sur des critères d’impact précis : le nombre de PME financées, l’attention portée aux entreprises dirigées par des femmes, et le respect des principes de protection des consommateurs.
Concrètement, nous exigeons une transparence sur la formation des taux, ainsi que des mécanismes visant à éviter toute facturation abusive. Ces éléments font partie intégrante des reportings réguliers que nos partenaires bancaires doivent nous fournir. C’est un processus exigeant, mais indispensable pour garantir la crédibilité et l’efficacité de notre action.
Togo First : Au cours de la dernière décennie, le Togo a attiré des investissements directs, notamment dans la banque, la logistique et certaines industries. Peut-on parler d’une véritable montée en gamme de l’économie, ou subsiste-t-il encore des freins structurels qui empêchent les entreprises togolaises de changer d’échelle et de capter davantage d’investissements ?
Nathalie Kouassi Akon : Il est important, avant tout, de reconnaître les progrès accomplis. En tant qu’Africains, nous avons souvent des attentes élevées — et c’est légitime — mais il faut aussi savoir prendre le temps de mesurer les évolutions positives.
Sur ce plan, le Togo affiche des résultats notables. Dans le dernier classement Business Ready (B-READY), le pays s’est classé troisième meilleur réformateur en Afrique subsaharienne. Il fait également partie des rares pays à revenu faible ou intermédiaire à figurer parmi les premiers groupes de tête dans la majorité des domaines évalués : création d’entreprises, localisation, services financiers, commerce international, fiscalité, règlement des différends et concurrence.
À l’échelle africaine, seuls quelques pays, comme le Rwanda, présentent une trajectoire de réforme comparable. C’est un signal très positif, qu’il convient de consolider.
Ces avancées ont déjà permis de mobiliser des volumes significatifs de capitaux privés. Comme je l’indiquais, la SFI a investi et mobilisé environ 320 millions de dollars au Togo. Cette dynamique est le fruit d’un travail étroit avec le gouvernement, dans le cadre d’initiatives sectorielles ciblées.
Dans le secteur de l’énergie, par exemple, l’objectif est d’atteindre un taux d’accès de 90 % d’ici à 2030, ce qui nécessitera de mobiliser environ 1,4 milliard de dollars de capitaux privés. Au niveau de l’agriculture, les besoins sont également de l’ordre de 1 milliard de dollars. Atteindre ces objectifs impliquera davantage de réformes, menées en concertation avec le secteur privé, afin d’identifier précisément les freins et d’accélérer leur levée.
Le fait de travailler par secteur prioritaire nous permet justement de cibler les réformes de manière plus fine, en partenariat avec nos collègues de la Banque mondiale. Cela nous aide aussi à mieux distinguer les besoins des grandes entreprises de ceux des petites et micro-entreprises, qui sont très différents.
Dans ce contexte, des initiatives comme la Local Champions Initiative sont essentielles. Elles ne visent pas uniquement à financer des volumes, mais aussi à mieux comprendre les besoins des entreprises locales en matière d’écosystème, de structuration et de réformes, afin qu’elles puissent participer plus activement et plus formellement à l’économie.
Togo First : Quels sont, à plus long terme, les objectifs de financement de l’IFC au Togo à l’horizon 2030, et à quelles conditions le pays peut-il changer d’échelle dans sa relation avec l’IFC et le Groupe de la Banque mondiale, y compris MIGA ?
Nathalie Kouassi Akon : En collaboration étroite avec la Banque mondiale et MIGA, nous avons défini les secteurs sur lesquels nous allons nous concentrer dans les années à venir. Il s’agit principalement de l’agriculture, du transport et de la logistique, du développement numérique et de l’énergie, qui resteront au cœur de nos priorités.
Un élément important de cette nouvelle phase est le renforcement de la coordination au sein du Groupe de la Banque mondiale. Depuis environ deux ans, nous mettons en place dans plusieurs pays un système de représentation conjointe, avec un représentant unique couvrant à la fois la Banque mondiale, la SFI et MIGA. L’objectif est qu’à l’horizon 2026, tous les pays disposent d’un représentant Groupe, afin d’assurer une approche plus cohérente et intégrée.
Au Togo, cette représentation conjointe entrera en vigueur à partir de février, ce qui renforcera encore la coordination entre les interventions publiques et privées.
Au Togo plus spécifiquement, nous avons contribué au financement des PME à travers, notamment, une titrisation de 25 millions de dollars menée par NSIA, en partenariat avec la BOAD. Nous avons également ciblé le secteur agricole, via des mécanismes de partage de risques, mais aussi par le financement d’une institution de crédit-bail leader sur son marché, qui facilite l’accès à la machinerie agricole pour les petites exploitations.
Notre approche consiste à intervenir sur l’ensemble de la chaîne, en soutenant à la fois les PME, majoritairement de manière indirecte, et les grands investisseurs internationaux capables de porter des partenariats public-privé et des projets structurants pour l’État.
Togo First : Votre mot de fin ?
Nathalie Kouassi Akon : Le Togo demeure un partenaire important de la SFI. Nous y sommes présents depuis longtemps et nous observons une évolution progressive et encourageante du pays, qui attire de plus en plus d’investisseurs, y compris dans un contexte régional et mondial plus difficile. Nous sommes engagés au Togo sur le long terme, et nous continuerons à accompagner cette trajectoire de transformation dans les années à venir.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
La commune Kozah 2 vient de boucler sa première session ordinaire de 2026, avec la présentation de son budget primitif arrêté à 176,7 millions FCFA. Les travaux, tenus à Pya la semaine dernière, ont permis aux élus locaux de fixer les priorités financières de l’année dans un contexte de consolidation de la gouvernance locale.
Dans le détail, le budget s’équilibre en recettes et en dépenses à un peu plus de 176 millions FCFA. Les charges de fonctionnement absorbent 123,2 millions FCFA, soit près de 70 % de l’enveloppe globale, tandis que 53,5 millions FCFA, représentant 30,3 %, sont dédiés à l’investissement.
Au-delà de l’exercice budgétaire, les conseillers municipaux ont examiné plusieurs dossiers liés à la gestion quotidienne de la commune. Les échanges ont notamment porté sur l’enlèvement des ordures, la situation des dotations du Fonds d’appui aux collectivités territoriales pour la période 2021-2023, l’harmonisation de certains coûts administratifs et la mobilisation de ressources financières complémentaires.
Les élus ont également autorisé la commune à soumettre sa candidature à des projets d’appui pour la construction d’infrastructures scolaires.
Pour l’exécutif communal, 2026 doit être une année de “consolidation des acquis” et de poursuite des efforts de développement. Pour la municipalité, les priorités affichées concernent notamment les infrastructures, l’éducation, la santé, l’eau, l’assainissement et la sécurité.
Située dans la région de la Kara, au Nord du pays, la commune Kozah 2 couvre une superficie d’environ 295 km² et est l’une des quatre communes de la préfecture de la Kozah. La municipalité compte sept cantons (Bohou, Yadè, Tchitchao, Pya, Tcharè, Kouméa et Sarakawa), et partage ses limites avec plusieurs communes voisines, dont Kozah 1 et Kozah 4.
Au nord du Togo, les premières mesures engagées pour renforcer l’approvisionnement en eau potable dans les régions de la Kara et des Savanes commencent à produire des résultats. À ce jour, neuf forages à gros débit ont été raccordés au réseau de la Société togolaise des eaux, permettant une amélioration progressive de la distribution dans plusieurs localités touchées par des pénuries. De nouveaux forages, en cours de réalisation, affichent des débits jugés satisfaisants par les équipes techniques déployées sur le terrain.
Ces avancées ont été rendues publiques à la faveur d’une mission ministérielle conduite la semaine dernière, du 7 au 10 janvier, par Sévon-Tépé Adedzé, ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, dans les régions septentrionales. La mission avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement des chantiers d’urgence et de vérifier l’effectivité des mesures décidées par le gouvernement face aux tensions sur les ressources hydriques. La délégation a mobilisé plusieurs départements ministériels, ainsi que la Société togolaise des eaux et la Société de patrimoine eau et assainissement.
Les autorités ont également mis en place des dispositifs complémentaires. Dans certains quartiers, la distribution d’eau est appuyée par des camions-citernes, avec le concours de l’armée pour desservir des sites jugés stratégiques. Selon les témoignages recueillis, ces actions ont permis d’améliorer le débit dans plusieurs zones.

Le contexte demeure toutefois contraignant. Le barrage de la Kozah, principal ouvrage alimentant la ville de Kara et ses environs, traverse une phase critique, indique-t-on. Son niveau est tombé à 8 mètres, contre 16 mètres un an auparavant, réduisant la production quotidienne d’eau potable de 11 000 à environ 3000 mètres cube. Cette baisse affecte directement la ville de Kara, ainsi que des localités voisines comme Niamtougou, Pagouda ou Pya.
Dans la région des Savanes, les inspections ont porté sur les installations de Mango et de Dapaong, incluant les stations de production et de traitement.
Pour rappel, le gouvernement togolais avait engagé, en fin d’année, une série de mesures d’urgence centrées sur le renforcement des forages et des capacités de distribution afin de répondre aux tensions d’approvisionnement en eau potable dans les régions septentrionales. Celles-ci portaient notamment sur le raccordement au réseau de cinquante forages présentant des débits satisfaisants et, en parallèle, sur la réalisation et le raccordement de nouveaux forages. L’ensemble du projet d’urgence devrait aboutir d’ici la fin du mois de janvier.
R.E.D
Au Togo, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a accueilli le lundi 12 janvier le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, dans le cadre d’une visite de travail à Lomé.
Au cours d’une séance de travail bilatérale, les deux chefs d’État ont examiné l’état de la coopération entre Lomé et Kinshasa, tout en abordant les enjeux de l’intégration interrégionale. Le président Tshisekedi a salué l’action diplomatique du dirigeant togolais, désigné médiateur par l’Union africaine depuis avril 2025. Cette médiation a notamment facilité la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, en novembre dernier.
Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Antoine Tshisekedi-Tshilombo, a effectué ce lundi 12 janvier 2026, une visite d’amitié et de travail à Lomé.
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) January 12, 2026
A son arrivée dans la capitale togolaise, le chef de l’Etat congolais a été accueilli par le Président du… pic.twitter.com/qX5vVmyGZB
La rencontre, à l’invitation du Président du Conseil, intervient dans un contexte de suivi des engagements pris pour la stabilisation de l’Est de la RDC. Les échanges précèdent, du reste, un sommet de coordination technique prévu dans la capitale togolaise le 17 janvier prochain.
Ces travaux réuniront les parties prenantes afin de définir les modalités de mise en œuvre de l’accord, avec un accent particulier sur la désescalade militaire et le soutien humanitaire. De leur côté, les autorités togolaises entendent transformer les acquis diplomatiques en stabilité opérationnelle sur le terrain.
En tant que médiateur désigné par l’Union africaine pour la résolution de cette crise, le Président du Conseil s’emploie sur ce dossier, en combinant médiation politique et plaidoyer pour une aide au développement restructurée. Elle s’inscrit dans la continuité des initiatives conduites en partenariat avec Paris en octobre 2025.
Au Togo, les acteurs du secteur des assurances, de la banque et plus largement de la gouvernance des risques se dotent d’un nouvel outil de structuration professionnelle. L’Association pour le Management des Risques et des Assurances au Togo (AMRAT) a officiellement vu le jour à la suite de l’obtention, le 16 décembre 2025, de son agrément délivré par le ministère de l’Administration territoriale, consacrant sa reconnaissance juridique et institutionnelle.
Portée par des professionnels du secteur, l’AMRAT veut contribuer à l’émergence et à la diffusion d’une culture structurée du management des risques au Togo, dans un contexte marqué par la montée des risques financiers, opérationnels, climatiques et technologiques auxquels sont confrontées les entreprises et les institutions publiques. Une dynamique qui concerne directement les établissements financiers, très exposés aux enjeux de conformité, de solvabilité, de cybersécurité ou encore de continuité d’activité.
L’association est présidée par Khalid Yacoubou-Boukhari, président fondateur, qui met en avant l’ambition de fédérer les praticiens du risk management et de renforcer les passerelles entre assurances, banques, entreprises et administrations. Selon ses promoteurs, l’AMRAT entend promouvoir les bonnes pratiques de gouvernance des risques et des assurances, renforcer la professionnalisation des acteurs et favoriser les échanges entre praticiens, décideurs publics, entreprises et partenaires internationaux. Elle prévoit notamment de proposer des actions de formation, de veille professionnelle et de réflexion stratégique autour des enjeux liés à la gestion des risques.
L’arrivée de l’AMRAT intervient à point nommé alors que, dans l’espace UEMOA, la gestion des risques progresse sur le plan réglementaire sans être encore pleinement intégrée aux stratégies des acteurs économiques : si les banques affichent un ratio moyen de solvabilité de 14,7 %, supérieur à la norme de 11,5 %, leur forte exposition aux obligations souveraines — près de 38 % des actifs — continue d’alimenter les risques systémiques, tandis que, malgré une amélioration du portefeuille de crédits (8,5 % de défauts), la capitalisation demeure un défi avec un ratio de fonds propres d’environ 13 %, « preuve que le défi n’est plus seulement réglementaire, mais aussi culturel, opérationnel et décisionnel », souligne Khalid Yacoubou-Boukhari.
L’AMRAT s’inscrit également dans une dynamique internationale. Elle est membre fondateur de la Federation of African Risk Management Associations (FARMA) et bénéficie de l’accompagnement du Club francophone du management des risques et des assurances, partenaire de référence dans l’espace francophone.
Dans le prolongement de sa reconnaissance officielle, l’association prépare désormais son lancement inaugural, prévu en mars prochain à Lomé. L’événement devrait réunir des acteurs publics et privés, nationaux et internationaux, engagés dans les domaines de l’assurance, de la finance, de la gouvernance et de la résilience des organisations, avec une attention particulière aux enjeux de risk management dans le secteur bancaire.
Pour les initiateurs du projet, ce lancement marquera le point de départ d’une coopération renforcée entre les parties prenantes, avec pour objectif de mieux intégrer le management des risques dans les stratégies des entreprises et des institutions togolaises, et d’accompagner les transformations économiques en cours.
À terme, l’AMRAT entend s’imposer comme un cadre de référence pour le débat, la formation et l’expertise en matière de gestion des risques au Togo, tout en contribuant au rayonnement du risk management en Afrique francophone.
Fiacre E. Kakpo
À Lomé, la 43e session du Conseil d’administration de l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) s’est ouverte ce lundi 12 janvier 2026. La rencontre, prévue sur trois jours, est essentiellement consacrée aux réformes engagées au sein de cette institution inter-Etats d’enseignement supérieur et de recherche.
Les administrateurs examinent notamment la réforme des textes statutaires, le développement de la recherche à travers la mise en place d’une école doctorale, ainsi que l’amélioration du cadre social et académique. Cette session intervient alors que l’EAMAU célèbre ses 50 ans d’existence. À ce titre, le Conseil d’administration dresse le bilan du demi-siècle d’activités de l’institution et se penche également sur ses nouvelles perspectives, notamment l’élaboration d’un plan stratégique pour les années à venir.
Dans ce contexte, le directeur général de l’EAMAU, Malam Boukar Awa Krou, estime que les travaux en cours permettront de consolider la dynamique de transformation de l’école. « L’EAMAU continuera de s’affirmer comme un outil stratégique au service du développement urbain, architectural et territorial de notre continent », a-t-il indiqué.
De son côté, le ministre délégué togolais chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gado Tchangbedji, a réaffirmé l’attachement du Togo à cette institution. « Nous sommes convaincus que l’Afrique a besoin de plus d’architectes, d’urbanistes et de planificateurs capables de concevoir des villes résilientes, durables, inclusives et adaptées aux réalités africaines ainsi qu’aux mutations actuelles du monde », a-t-il déclaré.
L’EAMAU a déjà formé près de 2000 cadres dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, depuis sa fondation en 1975.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le taux d'inflation annuel pour 2025 s'établit à 0,4%, contre 2,9% en 2024, soit une baisse de 2,5 points de pourcentage. C’est selon l’Institut national de la statistique et des sciences économiques et démographiques (INSEED) qui vient de publier les chiffres de l'inflation pour décembre 2025.
L'indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) qui traque l’évolution des prix dans le pays, a atteint 102,2 en décembre 2025, un niveau quasi identique à celui de décembre 2024. Cette stabilité résulte de mouvements contradictoires entre secteurs (Là où les coûts « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » enregistrent une hausse de 9,4% sur un an, les postes de dépenses « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées », qui occupent une place importante dans le panier de la ménagère, reculent de 2,0%).
Sur le plan mensuel, les prix ont augmenté légèrement, de 0,3% entre novembre et décembre 2025. Cette progression provient principalement des divisions « Restaurants et services d'hébergement » (+1,3%) et « Produits alimentaires » (+0,4%). Le renchérissement touche notamment les plats préparés et les produits de base comme le maïs (+5,2%) et l'huile de palme traditionnelle (+5,5%).
Dans le détail, il faut relever que les données montrent des disparités régionales significatives. À Lomé, la capitale, le riz importé s’est vendu en moyenne à 654 FCFA le kilogramme en décembre, contre 457 FCFA dans les Savanes.
A l’inverse, l’huile de palme varie de 1855 FCFA le litre à Lomé à 2197 FCFA dans la Kara.
Enfin, d’un trimestre à l’autre, le niveau général des prix en décembre 2025 a connu une hausse de 0,2% ((comparativement à la situation de septembre 2025). Cette augmentation est principalement due à la progression de l’indice de la division de consommation « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles », qui a progressé de 4,2%.
Ayi Renaud Dossavi