Togo First

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Au Togo, une campagne de sensibilisation des jeunes à la protection des données personnelles a été organisée en fin de semaine dernière à Lomé. L’initiative, portée conjointement par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) et l’Agence nationale de la Cybersécurité (ANCy), a permis de former et outiller environ 3000 jeunes sur les bonnes pratiques de sécurité numérique.

Cette campagne, qui s’inscrit dans le cadre des efforts de l'exécutif togolais pour renforcer la culture de la cybersécurité, met l’accent sur la prévention et la responsabilité individuelle dans l’usage des outils numériques. Ainsi, les échanges ont porté sur plusieurs thématiques, notamment « Protéger ses informations personnelles sur le téléphone et sur Internet ».

Selon les organisateurs, la démarche vise à fournir aux jeunes les outils essentiels pour éviter les arnaques, le vol d’identité ou encore la fuite de données. « Sauvegardez régulièrement vos données, vérifiez les messages avant d’y répondre et évitez de partager trop d’informations sur les réseaux. Ces gestes simples peuvent épargner bien des problèmes », a rappelé Malik Arnold Geraldo, directeur de la formation et du renforcement des capacités à l’ANCy.

Pour l’IPDCP et l’ANCy, cette campagne s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la souveraineté numérique du Togo. En effet, les autorités multiplient depuis quelques années les initiatives en matière de cybersécurité et de protection des données, à l’image de la création du Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité (CERT.tg) et de la stratégie nationale de cybersécurité 2024-2028.

Dans un contexte de digitalisation accélérée des services publics et privés, les menaces en ligne se multiplient et touchent un public de plus en plus jeune. Et d’après les autorités, l’éducation à la cybersécurité devient une priorité nationale, tant pour protéger les citoyens que pour soutenir la confiance dans l’économie numérique.

Selon l’ANCy, la sensibilisation préventive demeure l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques liés à la cybercriminalité. « En donnant aux jeunes les clés pour comprendre et maîtriser leur environnement numérique, les autorités espèrent bâtir une génération d’utilisateurs responsables et conscients de la valeur de leurs données personnelles », indique-t-on.

Esaïe Edoh

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Dans un atelier d’Agoè, Patient Pouwereou Bodjona façonne une pirogue en acier recyclé destinée à un nouveau client. La trentaine révolue, cet entrepreneur a fondé Bo-Bateaux, une entreprise spécialisée dans la fabrication d'engins flottants en acier, un matériau inhabituel dans un secteur traditionnellement dominé par le bois au Togo. Depuis 2016, il tente de développer une filière locale dans l'économie bleue, confronté aux défis du financement et de la réglementation.

Un parcours atypique né d'une tragédie

L'origine de Bo-Bateaux remonte à 2011. Alors qu'il se trouve à Sokodé, Bodjona apprend le décès de 36 personnes lors d'un naufrage sur le Lac Togo. Une pirogue en bois a chaviré durant une traversée par temps venteux. « J'ai vu ça à la télé et je me suis dit, pourquoi ne pas réfléchir à des embarcations beaucoup plus sécurisées », confie-t-il.

Titulaire d'une licence en allemand, Patient ne possède aucune formation initiale en ingénierie navale. Son parcours professionnel repose sur l'auto-formation, la pratique, et le bricolage. « Tout jeune, je fabriquais des petites voitures, des jeux, des petits robots », précise-t-il. Cette passion pour le bricolage le conduit à s'intéresser à la construction d'embarcations après avoir observé le bassin d'eau de Bodjona, créé dans sa commune de résidence. « Ce sont des bassins qui doivent nous donner de l'argent et non nous coûter de l'argent », selon le jeune entrepreneur, qui envisage déjà des activités de plaisance.

En 2014, son projet est retenu lors du Forum des Jeunes Entrepreneurs Togolais (FJETS). Ce prix, décaissé quelques mois plus tard, va lui permettre de fabriquer un premier prototype en bois. « Ça nous a fait dépenser beaucoup d'argent. Ça a marché, mais ça n'a pas duré », confie-t-il. Cette expérience le convainc de se tourner vers l'acier recyclé dès 2016.

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Une formation technique sur le terrain

Pour maîtriser son nouveau matériau, Bodjona suit une formation de 41 jours en soudure à l'arc. « C'est la seule formation que j'ai eue », précise-t-il. Il obtient une carte professionnelle d'artisan en soudure. Le reste de ses compétences, il les acquiert par observation et pratique. « J'ai appris la tôlerie en regardant des tutoriels YouTube. Aujourd'hui, je soude mes propres équipements », affirme-t-il, désignant deux postes à souder qu'il a lui-même fabriqués.

Cette approche autodidacte a un coût en temps et en ressources. « Tourner ça, faire la soudure, aller plier le tout, c'est dur. Hier encore, j'étais ici à travailler », témoigne Patient, devant trois pirogues en cours de fabrication. Le travail en solo ralentit la cadence de production.

Une production limitée mais diversifiée

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Depuis 2018, Bo-Bateaux a fabriqué 12 embarcations : dix pirogues et deux maquettes. Les pirogues, dimensionnées pour trois à cinq personnes, utilisent de l'acier recyclé ou neuf selon les commandes. Les deux maquettes représentent des embarcations insubmersibles. « Vous pouvez renverser ça dans tous les états, ça va toujours flotter », explique Bodjona, qui a testé le concept en piscine et en bassin.

L'acier présente des avantages par rapport au bois traditionnel. « Quand la pirogue en bois a une brèche, elle doit sortir de l'eau au moins une semaine pour sécher avant qu'on ne la répare. Avec l'acier, on envoie un soudeur sur la mer », détaille l'entrepreneur. La durabilité supérieure du métal constitue un argument commercial, même si le coût initial reste plus élevé.

Un modèle économique en construction

En 2024, Bo-Bateaux a réalisé un chiffre d'affaires de 5 millions de francs CFA. « C'est un petit chiffre d'affaires », reconnaît Bodjona. L'entreprise n'est pas encore rentable. Son activité principale reste la prestation de services pour des acteurs comme l'Agence Nationale d'Assainissement et de Salubrité Publique (ANASAP), où il appuie avec ses équipements dans le nettoyage des bassins et retenues d’eau. « En août 2024, j'ai travaillé sur le bassin “Kabara” pour l'ANASAP. Ce sont mes embarcations que j'ai utilisées ».

Ces contrats portent sur l'entretien des bassins d'eau : évacuation des herbes aquatiques, curage des caniveaux, abattage d'arbres. « C'est une source de revenus conséquente…quand il y a des contrats », note l'entrepreneur, qui cherche à développer d'autres débouchés, notamment dans le tourisme et la pêche durable.

La commercialisation des pirogues se heurte à la réticence des acheteurs potentiels. « L'acheteur veut voir. C'est comme une voiture. Vous n'allez pas donner l'argent sans essayer si ça marche », analyse Bodjona. Le problème : fabriquer des produits de démonstration nécessite des capitaux qu'il ne possède pas. « Si on n'a pas l'argent pour fabriquer, pour qu'il vienne acheter, ça ne va pas », résume-t-il.

Défis administratifs pour un “petit poucet”

Pour la petite entreprise dans un secteur fortement dominé par l’importation des embarcations par des coopératives ou groupements, les coûts d'immatriculation constituent un frein majeur. « Ça coûte environ 830 000 francs CFA pour immatriculer une pirogue », chiffre l'entrepreneur. Cette somme représente une barrière pour une jeune entreprise dont le chiffre d'affaires annuel s'élève à 5 millions. « Les démarches administratives sont coûteuses. Nous venons avec une innovation, mais on ne sait pas vraiment comment traiter ça », déplore-t-il.

Le financement initial repose sur les fonds propres. Les subventions obtenues lors de concours ont permis de démarrer, mais ne suffisent pas à développer l'activité. « Les subventions ne sont pas de la productivité. Nous devons être capable de nous faire payer pour des services et produits que nous livrons. », souligne-t-il.

Un échec formateur en 2018

En 2018, Bo-Bateaux subit une perte significative. Après un contrat d'entretien dans le bassin dit “Deux Lions” (à Agoè), Bodjona laisse deux pirogues dans les caniveaux au lieu de les ramener à l'atelier. Une forte pluie emporte les embarcations, qui se retrouvent ensevelies sous le sable. « Je n'ai pas pu les récupérer depuis 2018. C'était un échec puissant », se remémore-t-il.

Cet incident le conduit notamment à développer le concept d'embarcation insubmersible. « Je me suis dit que je ne pouvais plus perdre de pirogue dans ces conditions », explique l'entrepreneur. Il suivra notamment une formation en plongée sous-marine pour pouvoir, le cas échéant, récupérer des équipements perdus. « Je ne parlerai pas d'échec, mais d'apprentissage ».

Des perspectives dans l'économie bleue

Bodjona identifie plusieurs débouchés pour ses produits. Au-delà de l'entretien des bassins, il vise le tourisme aquatique et la pêche artisanale. « Il y a des gens qui font de la plongée dans nos eaux marines. Il y a le tourisme. Ce sont beaucoup de domaines qu'on peut développer », énumère-t-il.

La pêche représente un marché potentiel important, notamment du côté des pêcheurs professionnels. Il constate que ce secteur reste dominé par des acteurs étrangers.

Pour l'entrepreneur, une partie de l'économie bleue souffre d'un déficit de visibilité et d’un manque d’intérêt de la part de la jeunesse togolaise. « Je pense que ce secteur pèse plusieurs de milliards…mais je ne sais pas comment on s'est arrangé pour ne pas nous ouvrir les yeux là-dessus », regrette-t-il. Il plaide pour une sensibilisation accrue. « C'est le rôle de l'éducation, qu'on éduque les gens à ouvrir les yeux vers les secteurs porteurs comme l'économie bleue ».

Des attentes vis-à-vis des pouvoirs publics

Bodjona formule plusieurs demandes aux autorités. En premier lieu, il souhaite des facilités administratives. « De façon exceptionnelle, on peut prendre des entreprises jeunes comme nous, essayer sur un mois, deux mois, six mois, un an, avoir des facilités pour qu'on puisse faire grandir cette jeunesse », propose-t-il.

Il appelle également à réserver certains créneaux aux entrepreneurs locaux. « L'État a ouvert ce domaine aux étrangers. C'est vrai, ils ont raison. Mais au moins, certains petits secteurs, gardez-les pour la jeunesse », suggère-t-il. L'objectif : permettre aux jeunes entreprises togolaises de se développer avant d'affronter la concurrence internationale.

L'entrepreneur insiste sur la nécessité de garder le savoir-faire au Togo. « La pêche au Togo a encore une grande marge de progression. Vous avez vu le nombre de pays anglophones qui sont devant », fait-il remarquer, évoquant sa participation au forum Blue Invest qui s’est tenu au Togo.

« Bo-Bateaux, ce ne sont pas seulement les pirogues. Il y a le tourisme. On peut créer vraiment de la richesse avec », conclut-il.

Pour l'heure, Patient Pouwereou Bodjona poursuit son travail dans son atelier, soudant et assemblant ses embarcations en acier recyclé. Il prépare une commande et cherche les autorisations nécessaires pour organiser des démonstrations publiques.

Le parcours de ce pionnier illustre les défis de l'innovation industrielle au Togo : un savoir-faire technique développé par auto-formation, un marché potentiel important mais difficile d'accès, et des contraintes financières et réglementaires qui freinent la croissance. Dans un secteur où les acteurs locaux restent minoritaires, Bo-Bateaux tente de tracer une voie, un nouveau sillon, vers une économie bleue togolaise.

Propos recueillis par Ayi Renaud Dossavi

Lomé abritera, les 3 et 4 novembre prochains, un atelier régional de partage d’expériences et de bonnes pratiques en gestion budgétaire des collectivités territoriales, en vue d’un meilleur accès des populations aux services de base. L’initiative est portée par la Faîtière des communes du Togo (FCT) et le Conseil des collectivités territoriales de l’UEMOA (CCT-UEMOA), avec l’appui financier de la Coopération allemande (GIZ).

Cette rencontre régionale sera axée sur le partage de solutions innovantes en matière de gestion budgétaire au service des collectivités territoriales. Les échanges viseront à encourager la mutualisation des expériences locales et régionales autour de mécanismes efficaces de gouvernance financière, capables d’améliorer la qualité des services de base et de renforcer la gestion locale.

Les participants, issus de plusieurs pays de la sous-région, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo, représentent des institutions locales reconnues pour leurs bonnes pratiques. Ainsi, les travaux s’articuleront autour d’une communication sur les fondamentaux de la gestion budgétaire des collectivités territoriales et des panels consacrés aux pratiques sans impact direct sur l’accès aux services de base, et aux pratiques ayant un impact direct sur cet accès.

Selon les organisateurs, le budget local est un outil central de planification et de pilotage du développement territorial. Sa bonne maîtrise permet aux collectivités de prévoir, gérer et exécuter leurs recettes et dépenses.

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Paris a accueilli, le jeudi 30 octobre dernier, une conférence internationale coorganisée par la France et le Togo, consacrée au retour de la paix dans la région des Grands Lacs. L’événement a réuni de nombreux dirigeants ainsi que des représentants d’organisations internationales, dont les Nations unies.

La rencontre, coprésidée par le président du Conseil togolais Faure Gnassingbé et le chef d’Etat français Emmanuel Macron, s’est tenue en présence du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et du président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi. En tout, près de 70 hauts émissaires représentant des pays tels que les États-Unis, le Qatar, le Rwanda, l’Angola, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie, ainsi que plusieurs nations européennes et asiatiques, ont pris part aux échanges.

Les discussions ont abordé les réponses à apporter à la crise humanitaire persistante dans la région des Grands Lacs, ainsi que sur les moyens d’instaurer une paix durable. Le Chef du gouvernement togolais, par ailleurs médiateur désigné de l’Union africaine dans la crise congolaise, a plaidé pour une approche africaine intégrée, axée sur le développement et la refondation du modèle d’aide.

« L’urgence humanitaire appelle désormais une réponse durable et intégrée. Et cette réponse doit être africaine. L’aide humanitaire doit évoluer vers un fonds de développement. L’Afrique doit participer à son propre effort humanitaire, non seulement par devoir moral, mais aussi par dignité et efficacité. Nos États doivent cofinancer le programme », a déclaré Faure Gnassingbé.

Le dirigeant togolais a également appelé au renforcement du rôle des structures régionales dans la gestion de la crise, citant notamment l’Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

« La gouvernance de cette réponse humanitaire doit aussi être africaine. Au-delà du financement, l’Afrique doit être au cœur de la gouvernance humanitaire, dans la coordination, la planification et le suivi des réponses », a-t-il ajouté.

Faure Gnassingbé a enfin souligné que la paix durable dans les Grands Lacs passait aussi par la justice économique et la réhabilitation des territoires touchés par les conflits et l’exploitation illégale des ressources naturelles.

« C’est en rétablissant une économie transparente et légitime que nous couperons les flux qui financent la violence », a-t-il conclu.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a salué la pertinence de l’approche africaine prônée par le Togo et a appelé à un renforcement du leadership continental dans la gestion des crises et des processus de paix.

« Je veux ici souligner combien le contrôle africain doit être renforcé, combien ce qu’a dit le président (du conseil, NDLR) Faure, au titre de la médiation de l’Union africaine, est important. Nous croyons en cette approche, aussi exigeante soit-elle », a déclaré le chef de l’État français.

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Le groupe Ecobank a annoncé le lancement au Togo d’un nouveau service de transferts transfrontaliers instantanés, en partenariat avec la fintech singapourienne Thunes. Cette innovation marque le démarrage d’un déploiement panafricain qui concernera à terme les 35 marchés du groupe bancaire.

Le dispositif permettra aux clients d’Ecobank, particuliers et entreprises, d’envoyer et de recevoir de l’argent en temps réel depuis ou vers plus de 130 pays, grâce à l’intégration avec le réseau mondial Direct de Thunes, qui relie plus de sept milliards de portefeuilles mobiles et de comptes bancaires.

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« Cette collaboration s’inscrit dans la mission d’Ecobank de fournir des services bancaires sans frontières et de soutenir l’inclusion financière en Afrique », a déclaré Jeremy Awori, directeur général du groupe bancaire panafricain basé à Lomé.

Pour Thunes, l’objectif est de fluidifier les paiements sur le continent. « Ensemble, nous offrons un accès plus rapide et plus fiable aux liquidités et créons de nouvelles voies de croissance », a commenté Peter De Caluwe, CEO de la société.

Cette solution devrait faciliter les transactions des ménages et des entreprises, notamment les transferts familiaux et les règlements commerciaux transfrontaliers. Elle ouvre également de nouvelles perspectives pour les opérateurs économiques togolais, dans un contexte où les paiements numériques continuent de progresser dans le paysage économique, soutenus par des institutions sous-régionales comme la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Le marché togolais sera le premier à expérimenter le nouveau système, permettant aux clients locaux d’Ecobank de bénéficier de paiements instantanés de la part d’acteurs mondiaux de l’envoi de fonds.

Rappelons qu’Ecobank fait également partie des trois banques au Togo qui expérimentent le système de paiement instantané de la BCEAO, baptisé PI.

À Accra, lors de la Triennale 2025 de l’Association pour le Développement de l’Éducation en Afrique (ADEA 2025), qui s'est ouverte le mercredi 29 octobre 2025, le Togo a présenté ses avancées en matière d’exploitation des données pour améliorer la gouvernance du secteur éducatif. 

Intervenant au panel consacré au financement durable de l’éducation, Alex Gbeteglo, chef de la division des statistiques au ministère des Enseignements primaire et secondaire, a expliqué que « le Togo place aujourd’hui la donnée au cœur de la planification éducative ». Selon lui, l’objectif est de « mieux comprendre les besoins, orienter les décisions publiques et optimiser les ressources ».

Le pays a mis en place un système intégré d’information qui facilite la collecte, la fiabilité et l’analyse des données scolaires. « Nous travaillons à relier les écoles, les inspections et les directions régionales dans un réseau d’information cohérent, qui permet d’agir rapidement et d’ajuster les politiques », a précisé le représentant du ministère.

L’application CGRH, développée par le ministère de l’Éducation du Togo, centralise la gestion des enseignants à l’échelle nationale. Elle permet de suivre leur déploiement, leur performance et leurs besoins sur le terrain. « Nous pouvons désormais savoir où affecter les enseignants et mesurer leur efficacité pédagogique », a expliqué M. Gbeteglo.

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« Ayant travaillé directement avec ce système, j’ai constaté comment toutes les inspections peuvent maintenant facilement exploiter les données de notre recensement annuel et accéder à des renseignements en temps réel sur la surveillance pédagogique. De mon point de vue au ministère, cette transformation améliore déjà l’utilisation des données et rehausse considérablement la qualité des données dans l’ensemble de notre système d’éducation. », ajoute l’expert togolais. 

Ces initiatives s’appuient sur le soutien du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et du programme KIX, qui accompagnent le Togo dans le développement d’outils numériques et la formation des agents régionaux à la gestion de l’information.

Le panel, qui réunissait plusieurs experts africains de l’Éducation, a rappelé l’importance de données fiables pour une allocation équitable des ressources et un suivi rigoureux des performances.

Notons que la triennale réunit ministres, experts et partenaires techniques, autour du financement de l'éducaiton en Afrique. Cette édition intervient dans un contexte marqué par de nombreux défis, en particulier la contraction du financement international au profit de l'éducation sur le continent.

R.E.D

 

Au Togo, le projet « Sécurité alimentaire inclusive et résilience » (SAIRT 1), mis en œuvre depuis 2022 par INADES-Formation Togo, a touché plus de 25 000 bénéficiaires directs et indirects dans les régions de la Kara et des Savanes. L’évaluation finale du programme, restituée hier mardi 28 octobre à Kara, met en lumière des résultats jugés “encourageants” pour la résilience agricole locale.

Financé par les partenaires allemands (CBM et BMZ) dans le cadre du Programme d’appui au développement de l’agriculture familiale (PADAF), le projet visait à améliorer la sécurité alimentaire des producteurs en situation de handicap, notamment. 

Sur près de 4000 bénéficiaires directs recensés, un peu plus de 1700 étaient des personnes handicapées. En y ajoutant les bénéficiaires indirects, le projet aurait couvert près de 10 % de la population des communes concernées.

L’évaluation a également permis d’identifier les acquis, les limites et les pistes d’amélioration pour renforcer la durabilité des actions sur le terrain. 

Dans le cadre de ces échanges, les communes bénéficiaires, dont Kozah 1 et 2, Assoli 1, Oti Sud 1, Oti 2 et Tandjouaré 1, ont salué l’impact du projet sur la diversification agricole et la promotion d’une production inclusive, selon l’ATOP.

Les autorités locales appellent désormais à la consolidation des acquis à travers un accompagnement technique renforcé et un meilleur ancrage institutionnel des initiatives communautaires.

L’Afrique dispose déjà de ressources financières considérables, mais elles sont souvent investies hors du continent. C’est le constat dressé par Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo, lors du 3ᵉ Sommet de Luanda sur le financement des infrastructures en Afrique, tenu le 28 octobre dernier en Angola.

Pour corriger cette situation, le dirigeant togolais a appelé à la mise en place de mécanismes capables de canaliser ces ressources africaines vers les infrastructures régionales, industrielles et énergétiques. « Notre continent dispose de ressources financières considérables. Elles se trouvent dans nos fonds de pension, nos fonds souverains, nos compagnies d’assurance et dans notre épargne domestique. Mais une grande partie de ce capital reste peu investie ou placée hors d’Afrique, souvent dans des actifs à faible impact productif. Nous devons inverser cette logique. Il est temps de créer des mécanismes capables de canaliser ces ressources africaines vers nos infrastructures régionales, industrielles et énergétiques », a déclaré Faure Gnassingbé.

Pour le Togo, cette canalisation des ressources passe par une ingénierie financière plus audacieuse, à travers notamment des plateformes de co-investissement public-privé, des véhicules régionaux d’investissement et des garanties africaines de crédit destinées à renforcer la confiance des investisseurs institutionnels.

Dans cette optique, les banques et institutions financières du continent sont appelées à jouer un rôle déterminant dans la valorisation de ces ressources afin de consolider la souveraineté économique africaine. « Les institutions africaines ont ici un rôle clé : mutualiser les risques, agréger les financements et instaurer la confiance. Car le financement de nos infrastructures ne viendra pas uniquement de l’aide extérieure ; il repose aussi sur notre capacité à valoriser nos propres ressources pour bâtir l’Afrique que nous voulons », a souligné le dirigeant togolais.

Faure Gnassingbé a également insisté sur l’importance stratégique des infrastructures, notamment routières, pour stimuler la compétitivité du continent. « Lorsqu’un corridor fonctionne, les coûts logistiques s’effondrent, les délais de transit diminuent. C’est ainsi que des pays enclavés deviennent de véritables plateformes d’échanges », a-t-il ajouté.

Lors de cette rencontre, les dirigeants africains ont par ailleurs examiné les opportunités d’investissement stratégiques alignées sur le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) et sur le Plan directeur de l’Union africaine pour la connectivité régionale et continentale.

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Au Togo, les acteurs de la filière coton multiplient les initiatives pour redynamiser la culture dont la production reste en berne depuis plusieurs années. Ils travaillent actuellement à l’élaboration d’une feuille de route couvrant la période 2025-2030, avec pour objectif de relancer durablement la production nationale.

Depuis le mardi 28 octobre 2025, producteurs, experts et représentants des institutions du secteur sont réunis à Kara pour un atelier de réflexion initié par la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) en collaboration avec la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC). Les travaux visent à définir de nouvelles stratégies pour susciter un regain d’intérêt du monde paysan pour cette culture longtemps considérée comme « l’or blanc » du pays.

Les échanges, auxquels prennent part également des experts internationaux, devraient permettre d’identifier les principaux goulots d’étranglement, d’établir un diagnostic précis de la filière et de proposer des solutions concrètes pour relancer la production. L’accent est mis sur la coordination entre les acteurs institutionnels, privés et associatifs, afin de renforcer la gouvernance de la chaîne de valeur.

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La future feuille de route servira de cadre stratégique pour la période quinquennale 2025-2030. Elle définira les actions prioritaires à mener, précisera les responsabilités de chaque acteur et mettra en place un mécanisme de suivi-évaluation. Dans cette perspective, les participants travaillent en sous-groupes sur plusieurs thématiques clés : la remobilisation des cotonculteurs, la productivité face au changement climatique, la logistique et l’égrenage, ainsi que la commercialisation et le financement du secteur.

Selon les projections avancées au cours des discussions, la mise en œuvre effective du plan devrait permettre d’atteindre, d’ici à 2030, une production annuelle comprise entre 150 000 et 200 000 tonnes de coton graine.

Cette initiative intervient dans un contexte difficile pour la filière, marquée par des performances modestes depuis la prise de contrôle de cette dernière en 2020, par le groupe singapourien Olam. Depuis lors, la production nationale peine à franchir la barre des 60 000 tonnes, à l’exception de la campagne 2023-2024 où un rebond à 67 000 tonnes a été enregistré. Pour la campagne 2024-2025, la production s’est établie à 60 403 tonnes, en baisse de 8,4 % par rapport aux prévisions initiales.

Pour la prochaine campagne 2025-2026, les cotonculteurs se fixent un objectif ambitieux de 92 500 tonnes, soit une hausse de plus de 50 % par rapport à la récolte précédente. Un défi de taille que la nouvelle feuille de route entend rendre réalisable à travers une mobilisation de tous les acteurs et un meilleur encadrement des producteurs.

Esaïe Edoh

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À Lomé, le Togo partage son expérience sur le marquage fiscal avec le Sénégal. Depuis lundi 27 octobre 2025, une délégation des régies financières du Pays de la Teranga, composée de cadres des Impôts et des Douanes, est en effet en visite d’étude au Togo, consacrée au système automatisé de marquage (SAM) des produits de consommation.

Cette mission vise à s’inspirer du modèle togolais, mis en œuvre depuis 2020 par l’Office togolais des recettes (OTR) en partenariat avec la société suisse SICPA, afin de renforcer la transparence, la traçabilité et la mobilisation des recettes au Sénégal. Les échanges portent sur les mécanismes techniques du marquage, les procédures contractuelles et les résultats obtenus depuis le lancement du dispositif.

Rappelons que depuis son implémentation, le système togolais, qui couvre notamment les boissons, tabacs et produits alimentaires, a permis de générer près de 35,8 milliards FCFA de recettes en cinq ans, selon les données officielles. Il a également facilité le suivi de plus de 2 milliards FCFA de produits et l’intégration de plus de 600 opérateurs économiques.

L’initiative sénégalaise intervient alors que plusieurs pays de la sous-région explorent des solutions numériques pour lutter contre la fraude et les pertes fiscales. Au Togo, la prochaine étape devrait consister, apprend-on, à élargir le marquage à d’autres segments comme le ciment, les huiles ou les produits cosmétiques, tout en renforçant les contrôles sur le terrain pour combler les angles morts du dispositif.

R.E.D

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