Togo First

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Au Togo, plusieurs préfectures de la région Maritime, dans le sud du pays, affinent leurs dispositifs de prévention face aux risques d’inondation. En fin de semaine dernière, des exercices de simulation d’actions précoces ont été organisés dans une vingtaine de localités réparties entre les préfectures du Bas-Mono, des Lacs et de Yoto.

Pilotée conjointement par l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) et la Croix-Rouge togolaise (CRT), cette opération visait à tester l’efficacité des systèmes d’alerte précoce et la réactivité des comités locaux en cas de crise. Elle a également permis d’identifier les points d’amélioration en matière de coordination entre les différents acteurs impliqués dans la gestion des urgences climatiques.

« Ces exercices nous ont permis d’évaluer l’appropriation des rôles par les comités de gestion d’urgence et d’améliorer la sensibilisation des populations aux mesures de prévention et de réponse », a indiqué Jean Kékéli Komivi Akrosu, coordinateur régional Maritime de la Croix-Rouge togolaise.

Selon l’ANPC, ces exercices s’inscrivent dans le cadre du renforcement de la préparation des communautés aux phénomènes climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents au Togo. En effet, face à la recrudescence des épisodes pluvieux intenses et aux risques d’inondation, l’exécutif togolais multiplie les initiatives pour mieux protéger les zones vulnérables. 

Parmi les projets phares figure le Réseau d’assainissement par intercepteurs pour la non-inondation de nos espaces (RAINE), qui ambitionne de désengorger durablement les quartiers les plus exposés de Lomé et de ses environs. Dans le même élan, à travers le Projet WACA Togo, des équipements modernes d’une valeur de plus de 500 millions FCFA ont été remis en août dernier à l’ANPC et à l’Agence nationale de météorologie (ANAMET). Ces outils devraient les aider à renforcer le système d’alerte précoce.

Le pays dispose également d’un dispositif national de prévention: Plan de Préparation et de Réponse (PPR) aux inondations. En 2024, ce plan a mobilisé 50 millions FCFA de ressources publiques, complétés par 1,69 milliard FCFA d’appuis extérieurs, destinés notamment à la logistique, à la formation des équipes locales et à la sensibilisation communautaire.

Esaïe Edoh

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La fintech togolaise Ollo Africa, spécialisée dans la gestion des tontines, vient de conclure un partenariat avec l’Union des Chambres Régionales de Métiers (UCRM) du Togo, en vue de moderniser les pratiques d’épargne collective et d’intégrer progressivement les artisans dans le système financier formel.

Le projet, soutenu par Ecobank (déjà partenaire d’Ohana Africa), devrait toucher plus d’un million d’artisans d’ici à 2027, selon les prévisions initiales.

Il s’appuie sur la plateforme mobile Ohana Africa, développée par Ollo Africa, récemment agréée par la BCEAO. Déjà testée lors d’une phase pilote, l’application permettra de gérer l’épargne, les retraits et les prêts de manière sécurisée et transparente, tout en facilitant la conformité légale des groupements d’artisans.

Cette entente intervient dans un contexte où le secteur artisanal représente près de 18 % du PIB national et emploie plus d’un million de personnes. Cependant, la majorité reste en dehors du système bancaire, dépendant encore des tontines informelles pour financer leurs activités.

Le déploiement se fera dans les six Chambres Régionales de Métiers, précédé de formations pour faciliter l’adoption de la plateforme. De son côté, Ecobank assurera la conservation des fonds collectés et la mise à disposition de l’infrastructure bancaire.

R.E.D

À Lomé, la Direction générale des assurances a réuni la semaine dernière les experts médicaux et automobiles pour un séminaire de deux jours, consacré à l’amélioration du processus d’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation. 

La rencontre, placée sous le thème : « La contribution des experts dans le processus d’indemnisation », visait à harmoniser les pratiques d’expertise, et à réduire les retards observés dans le règlement des sinistres.

Selon Assignon Koffi, directeur des Assurances, les lenteurs s’expliquent souvent par des divergences d’appréciation entre compagnies, experts et victimes.

Pour Hounou Dovene, chef du département des prestations à GTA Assurance, les retards s’expliquent aussi par des difficultés administratives et financières. Les primes d’assurance, fixées depuis les années 1980, n’ont jamais été révisées malgré les changements économiques, entraînant un manque à gagner structurel pour les compagnies.

Le séminaire aura ainsi permis d’identifier ces obstacles et de proposer des solutions concertées pour garantir une indemnisation plus rapide et équitable, en conformité avec le Code CIMA.

Le Togo va lancer le 6 novembre prochain, une campagne nationale de collecte de données auprès des ménages et des entreprises. L’objectif : actualiser la base d’informations sur l’inclusion financière dans le pays. 

Prévue pour durer un mois, jusqu’au 6 décembre 2025, cette opération est initiée par le gouvernement togolais, en partenariat avec la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Selon les autorités, cette initiative vise à renforcer la planification des politiques publiques destinées à améliorer l’accès des populations, en particulier les plus vulnérables, aux services financiers. De fait, l’enquête permettra de disposer d’indicateurs actualisés sur la demande et l’offre de produits financiers, qu’ils soient formels ou informels.

« L’enquête de référence sur la demande et l’offre de services financiers permettra entre autres de mesurer les niveaux d’accès et d’utilisation de produits financiers, d’identifier les besoins, les obstacles ainsi que les opportunités liées à l’accès et à l’utilisation des services financiers pour chaque catégorie d’utilisateurs », indique un communiqué conjoint signé par la ministre de la Planification du développement et de la coopération, Sandra Johnson, le ministre des finances et du budget, Georges Barcola, le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, et le ministre de l’Économie et de la veille stratégique, Badanam Patoki.

La collecte des données sera conduite par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), qui assurera la coordination technique de l’opération sur l’ensemble du territoire. Les agents enquêteurs seront déployés dans les ménages, les entreprises et les institutions financières afin de recueillir des informations représentant les réalités économiques locales.

Ces nouvelles données devraient permettre aux pouvoirs publics d’évaluer les progrès réalisés en matière d’inclusion financière et de mieux orienter les politiques destinées à renforcer la participation des citoyens au système financier. Elles contribueront également à identifier les zones ou les segments de la population encore sous-desservis par les institutions financières, afin de concevoir des stratégies adaptées pour améliorer leur accès aux produits et services bancaires, numériques et de microfinance.

Selon les chiffres du ministère de l’Économie et des finances, le taux d’utilisation des services financiers atteignait 87,1 % en 2023. Cette performance s’explique en partie par le déploiement de plusieurs programmes gouvernementaux, dont le Fonds national de la finance inclusive (FNFI), lancé en 2014, qui a permis à des centaines de milliers de Togolais d’accéder à des crédits adaptés à leurs activités.

Esaïe Edoh

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Au Togo, le projet d’hydraulique villageoise financé par la Chine progresse dans la région des Plateaux. Sur les 300 forages prévus, 230 ont déjà été réalisés, soit environ 76,7 % du total, dont 113 remis aux communautés locales, selon les données communiquées par le directeur du projet, Huang Xianzhou.

Des visites de terrain menées fin octobre dans les préfectures de l’Ogou et du Haho ont permis de constater l’état d’avancement des ouvrages. Les travaux, considérés comme légèrement en avance sur le calendrier, s’étendent sur deux ans et visent à améliorer durablement l’accès à l’eau potable dans 300 villages.

Le gouverneur des Plateaux, Dadja Maganawé, salue un partenariat qui soutient les politiques sociales de l’État togolais, notamment dans les zones rurales. Les responsables chinois estiment, eux, que l’accès à l’eau contribuera aussi à renforcer les activités agricoles et économiques locales.

À Donvé, Fodjouayé et Kokoudavé, les populations disposent désormais de pompes à motricité humaine. Les bénéficiaires soulignent un changement concret dans leur quotidien, marqué par la fin des longues distances pour s’approvisionner en eau.

Les travaux, qui s’inscrivent dans le cadre de la coopération économique sino-togolaise, sont menés sur le terrain par Zhongmei Engineering Group, China Railway Eryuan Engineering Group et CREEC Consulting.

R.E.D

Au Togo, une campagne de sensibilisation des jeunes à la protection des données personnelles a été organisée en fin de semaine dernière à Lomé. L’initiative, portée conjointement par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) et l’Agence nationale de la Cybersécurité (ANCy), a permis de former et outiller environ 3000 jeunes sur les bonnes pratiques de sécurité numérique.

Cette campagne, qui s’inscrit dans le cadre des efforts de l'exécutif togolais pour renforcer la culture de la cybersécurité, met l’accent sur la prévention et la responsabilité individuelle dans l’usage des outils numériques. Ainsi, les échanges ont porté sur plusieurs thématiques, notamment « Protéger ses informations personnelles sur le téléphone et sur Internet ».

Selon les organisateurs, la démarche vise à fournir aux jeunes les outils essentiels pour éviter les arnaques, le vol d’identité ou encore la fuite de données. « Sauvegardez régulièrement vos données, vérifiez les messages avant d’y répondre et évitez de partager trop d’informations sur les réseaux. Ces gestes simples peuvent épargner bien des problèmes », a rappelé Malik Arnold Geraldo, directeur de la formation et du renforcement des capacités à l’ANCy.

Pour l’IPDCP et l’ANCy, cette campagne s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la souveraineté numérique du Togo. En effet, les autorités multiplient depuis quelques années les initiatives en matière de cybersécurité et de protection des données, à l’image de la création du Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité (CERT.tg) et de la stratégie nationale de cybersécurité 2024-2028.

Dans un contexte de digitalisation accélérée des services publics et privés, les menaces en ligne se multiplient et touchent un public de plus en plus jeune. Et d’après les autorités, l’éducation à la cybersécurité devient une priorité nationale, tant pour protéger les citoyens que pour soutenir la confiance dans l’économie numérique.

Selon l’ANCy, la sensibilisation préventive demeure l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques liés à la cybercriminalité. « En donnant aux jeunes les clés pour comprendre et maîtriser leur environnement numérique, les autorités espèrent bâtir une génération d’utilisateurs responsables et conscients de la valeur de leurs données personnelles », indique-t-on.

Esaïe Edoh

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Dans un atelier d’Agoè, Patient Pouwereou Bodjona façonne une pirogue en acier recyclé destinée à un nouveau client. La trentaine révolue, cet entrepreneur a fondé Bo-Bateaux, une entreprise spécialisée dans la fabrication d'engins flottants en acier, un matériau inhabituel dans un secteur traditionnellement dominé par le bois au Togo. Depuis 2016, il tente de développer une filière locale dans l'économie bleue, confronté aux défis du financement et de la réglementation.

Un parcours atypique né d'une tragédie

L'origine de Bo-Bateaux remonte à 2011. Alors qu'il se trouve à Sokodé, Bodjona apprend le décès de 36 personnes lors d'un naufrage sur le Lac Togo. Une pirogue en bois a chaviré durant une traversée par temps venteux. « J'ai vu ça à la télé et je me suis dit, pourquoi ne pas réfléchir à des embarcations beaucoup plus sécurisées », confie-t-il.

Titulaire d'une licence en allemand, Patient ne possède aucune formation initiale en ingénierie navale. Son parcours professionnel repose sur l'auto-formation, la pratique, et le bricolage. « Tout jeune, je fabriquais des petites voitures, des jeux, des petits robots », précise-t-il. Cette passion pour le bricolage le conduit à s'intéresser à la construction d'embarcations après avoir observé le bassin d'eau de Bodjona, créé dans sa commune de résidence. « Ce sont des bassins qui doivent nous donner de l'argent et non nous coûter de l'argent », selon le jeune entrepreneur, qui envisage déjà des activités de plaisance.

En 2014, son projet est retenu lors du Forum des Jeunes Entrepreneurs Togolais (FJETS). Ce prix, décaissé quelques mois plus tard, va lui permettre de fabriquer un premier prototype en bois. « Ça nous a fait dépenser beaucoup d'argent. Ça a marché, mais ça n'a pas duré », confie-t-il. Cette expérience le convainc de se tourner vers l'acier recyclé dès 2016.

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Une formation technique sur le terrain

Pour maîtriser son nouveau matériau, Bodjona suit une formation de 41 jours en soudure à l'arc. « C'est la seule formation que j'ai eue », précise-t-il. Il obtient une carte professionnelle d'artisan en soudure. Le reste de ses compétences, il les acquiert par observation et pratique. « J'ai appris la tôlerie en regardant des tutoriels YouTube. Aujourd'hui, je soude mes propres équipements », affirme-t-il, désignant deux postes à souder qu'il a lui-même fabriqués.

Cette approche autodidacte a un coût en temps et en ressources. « Tourner ça, faire la soudure, aller plier le tout, c'est dur. Hier encore, j'étais ici à travailler », témoigne Patient, devant trois pirogues en cours de fabrication. Le travail en solo ralentit la cadence de production.

Une production limitée mais diversifiée

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Depuis 2018, Bo-Bateaux a fabriqué 12 embarcations : dix pirogues et deux maquettes. Les pirogues, dimensionnées pour trois à cinq personnes, utilisent de l'acier recyclé ou neuf selon les commandes. Les deux maquettes représentent des embarcations insubmersibles. « Vous pouvez renverser ça dans tous les états, ça va toujours flotter », explique Bodjona, qui a testé le concept en piscine et en bassin.

L'acier présente des avantages par rapport au bois traditionnel. « Quand la pirogue en bois a une brèche, elle doit sortir de l'eau au moins une semaine pour sécher avant qu'on ne la répare. Avec l'acier, on envoie un soudeur sur la mer », détaille l'entrepreneur. La durabilité supérieure du métal constitue un argument commercial, même si le coût initial reste plus élevé.

Un modèle économique en construction

En 2024, Bo-Bateaux a réalisé un chiffre d'affaires de 5 millions de francs CFA. « C'est un petit chiffre d'affaires », reconnaît Bodjona. L'entreprise n'est pas encore rentable. Son activité principale reste la prestation de services pour des acteurs comme l'Agence Nationale d'Assainissement et de Salubrité Publique (ANASAP), où il appuie avec ses équipements dans le nettoyage des bassins et retenues d’eau. « En août 2024, j'ai travaillé sur le bassin “Kabara” pour l'ANASAP. Ce sont mes embarcations que j'ai utilisées ».

Ces contrats portent sur l'entretien des bassins d'eau : évacuation des herbes aquatiques, curage des caniveaux, abattage d'arbres. « C'est une source de revenus conséquente…quand il y a des contrats », note l'entrepreneur, qui cherche à développer d'autres débouchés, notamment dans le tourisme et la pêche durable.

La commercialisation des pirogues se heurte à la réticence des acheteurs potentiels. « L'acheteur veut voir. C'est comme une voiture. Vous n'allez pas donner l'argent sans essayer si ça marche », analyse Bodjona. Le problème : fabriquer des produits de démonstration nécessite des capitaux qu'il ne possède pas. « Si on n'a pas l'argent pour fabriquer, pour qu'il vienne acheter, ça ne va pas », résume-t-il.

Défis administratifs pour un “petit poucet”

Pour la petite entreprise dans un secteur fortement dominé par l’importation des embarcations par des coopératives ou groupements, les coûts d'immatriculation constituent un frein majeur. « Ça coûte environ 830 000 francs CFA pour immatriculer une pirogue », chiffre l'entrepreneur. Cette somme représente une barrière pour une jeune entreprise dont le chiffre d'affaires annuel s'élève à 5 millions. « Les démarches administratives sont coûteuses. Nous venons avec une innovation, mais on ne sait pas vraiment comment traiter ça », déplore-t-il.

Le financement initial repose sur les fonds propres. Les subventions obtenues lors de concours ont permis de démarrer, mais ne suffisent pas à développer l'activité. « Les subventions ne sont pas de la productivité. Nous devons être capable de nous faire payer pour des services et produits que nous livrons. », souligne-t-il.

Un échec formateur en 2018

En 2018, Bo-Bateaux subit une perte significative. Après un contrat d'entretien dans le bassin dit “Deux Lions” (à Agoè), Bodjona laisse deux pirogues dans les caniveaux au lieu de les ramener à l'atelier. Une forte pluie emporte les embarcations, qui se retrouvent ensevelies sous le sable. « Je n'ai pas pu les récupérer depuis 2018. C'était un échec puissant », se remémore-t-il.

Cet incident le conduit notamment à développer le concept d'embarcation insubmersible. « Je me suis dit que je ne pouvais plus perdre de pirogue dans ces conditions », explique l'entrepreneur. Il suivra notamment une formation en plongée sous-marine pour pouvoir, le cas échéant, récupérer des équipements perdus. « Je ne parlerai pas d'échec, mais d'apprentissage ».

Des perspectives dans l'économie bleue

Bodjona identifie plusieurs débouchés pour ses produits. Au-delà de l'entretien des bassins, il vise le tourisme aquatique et la pêche artisanale. « Il y a des gens qui font de la plongée dans nos eaux marines. Il y a le tourisme. Ce sont beaucoup de domaines qu'on peut développer », énumère-t-il.

La pêche représente un marché potentiel important, notamment du côté des pêcheurs professionnels. Il constate que ce secteur reste dominé par des acteurs étrangers.

Pour l'entrepreneur, une partie de l'économie bleue souffre d'un déficit de visibilité et d’un manque d’intérêt de la part de la jeunesse togolaise. « Je pense que ce secteur pèse plusieurs de milliards…mais je ne sais pas comment on s'est arrangé pour ne pas nous ouvrir les yeux là-dessus », regrette-t-il. Il plaide pour une sensibilisation accrue. « C'est le rôle de l'éducation, qu'on éduque les gens à ouvrir les yeux vers les secteurs porteurs comme l'économie bleue ».

Des attentes vis-à-vis des pouvoirs publics

Bodjona formule plusieurs demandes aux autorités. En premier lieu, il souhaite des facilités administratives. « De façon exceptionnelle, on peut prendre des entreprises jeunes comme nous, essayer sur un mois, deux mois, six mois, un an, avoir des facilités pour qu'on puisse faire grandir cette jeunesse », propose-t-il.

Il appelle également à réserver certains créneaux aux entrepreneurs locaux. « L'État a ouvert ce domaine aux étrangers. C'est vrai, ils ont raison. Mais au moins, certains petits secteurs, gardez-les pour la jeunesse », suggère-t-il. L'objectif : permettre aux jeunes entreprises togolaises de se développer avant d'affronter la concurrence internationale.

L'entrepreneur insiste sur la nécessité de garder le savoir-faire au Togo. « La pêche au Togo a encore une grande marge de progression. Vous avez vu le nombre de pays anglophones qui sont devant », fait-il remarquer, évoquant sa participation au forum Blue Invest qui s’est tenu au Togo.

« Bo-Bateaux, ce ne sont pas seulement les pirogues. Il y a le tourisme. On peut créer vraiment de la richesse avec », conclut-il.

Pour l'heure, Patient Pouwereou Bodjona poursuit son travail dans son atelier, soudant et assemblant ses embarcations en acier recyclé. Il prépare une commande et cherche les autorisations nécessaires pour organiser des démonstrations publiques.

Le parcours de ce pionnier illustre les défis de l'innovation industrielle au Togo : un savoir-faire technique développé par auto-formation, un marché potentiel important mais difficile d'accès, et des contraintes financières et réglementaires qui freinent la croissance. Dans un secteur où les acteurs locaux restent minoritaires, Bo-Bateaux tente de tracer une voie, un nouveau sillon, vers une économie bleue togolaise.

Propos recueillis par Ayi Renaud Dossavi

Lomé abritera, les 3 et 4 novembre prochains, un atelier régional de partage d’expériences et de bonnes pratiques en gestion budgétaire des collectivités territoriales, en vue d’un meilleur accès des populations aux services de base. L’initiative est portée par la Faîtière des communes du Togo (FCT) et le Conseil des collectivités territoriales de l’UEMOA (CCT-UEMOA), avec l’appui financier de la Coopération allemande (GIZ).

Cette rencontre régionale sera axée sur le partage de solutions innovantes en matière de gestion budgétaire au service des collectivités territoriales. Les échanges viseront à encourager la mutualisation des expériences locales et régionales autour de mécanismes efficaces de gouvernance financière, capables d’améliorer la qualité des services de base et de renforcer la gestion locale.

Les participants, issus de plusieurs pays de la sous-région, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo, représentent des institutions locales reconnues pour leurs bonnes pratiques. Ainsi, les travaux s’articuleront autour d’une communication sur les fondamentaux de la gestion budgétaire des collectivités territoriales et des panels consacrés aux pratiques sans impact direct sur l’accès aux services de base, et aux pratiques ayant un impact direct sur cet accès.

Selon les organisateurs, le budget local est un outil central de planification et de pilotage du développement territorial. Sa bonne maîtrise permet aux collectivités de prévoir, gérer et exécuter leurs recettes et dépenses.

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Paris a accueilli, le jeudi 30 octobre dernier, une conférence internationale coorganisée par la France et le Togo, consacrée au retour de la paix dans la région des Grands Lacs. L’événement a réuni de nombreux dirigeants ainsi que des représentants d’organisations internationales, dont les Nations unies.

La rencontre, coprésidée par le président du Conseil togolais Faure Gnassingbé et le chef d’Etat français Emmanuel Macron, s’est tenue en présence du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et du président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi. En tout, près de 70 hauts émissaires représentant des pays tels que les États-Unis, le Qatar, le Rwanda, l’Angola, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie, ainsi que plusieurs nations européennes et asiatiques, ont pris part aux échanges.

Les discussions ont abordé les réponses à apporter à la crise humanitaire persistante dans la région des Grands Lacs, ainsi que sur les moyens d’instaurer une paix durable. Le Chef du gouvernement togolais, par ailleurs médiateur désigné de l’Union africaine dans la crise congolaise, a plaidé pour une approche africaine intégrée, axée sur le développement et la refondation du modèle d’aide.

« L’urgence humanitaire appelle désormais une réponse durable et intégrée. Et cette réponse doit être africaine. L’aide humanitaire doit évoluer vers un fonds de développement. L’Afrique doit participer à son propre effort humanitaire, non seulement par devoir moral, mais aussi par dignité et efficacité. Nos États doivent cofinancer le programme », a déclaré Faure Gnassingbé.

Le dirigeant togolais a également appelé au renforcement du rôle des structures régionales dans la gestion de la crise, citant notamment l’Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

« La gouvernance de cette réponse humanitaire doit aussi être africaine. Au-delà du financement, l’Afrique doit être au cœur de la gouvernance humanitaire, dans la coordination, la planification et le suivi des réponses », a-t-il ajouté.

Faure Gnassingbé a enfin souligné que la paix durable dans les Grands Lacs passait aussi par la justice économique et la réhabilitation des territoires touchés par les conflits et l’exploitation illégale des ressources naturelles.

« C’est en rétablissant une économie transparente et légitime que nous couperons les flux qui financent la violence », a-t-il conclu.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a salué la pertinence de l’approche africaine prônée par le Togo et a appelé à un renforcement du leadership continental dans la gestion des crises et des processus de paix.

« Je veux ici souligner combien le contrôle africain doit être renforcé, combien ce qu’a dit le président (du conseil, NDLR) Faure, au titre de la médiation de l’Union africaine, est important. Nous croyons en cette approche, aussi exigeante soit-elle », a déclaré le chef de l’État français.

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Le groupe Ecobank a annoncé le lancement au Togo d’un nouveau service de transferts transfrontaliers instantanés, en partenariat avec la fintech singapourienne Thunes. Cette innovation marque le démarrage d’un déploiement panafricain qui concernera à terme les 35 marchés du groupe bancaire.

Le dispositif permettra aux clients d’Ecobank, particuliers et entreprises, d’envoyer et de recevoir de l’argent en temps réel depuis ou vers plus de 130 pays, grâce à l’intégration avec le réseau mondial Direct de Thunes, qui relie plus de sept milliards de portefeuilles mobiles et de comptes bancaires.

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« Cette collaboration s’inscrit dans la mission d’Ecobank de fournir des services bancaires sans frontières et de soutenir l’inclusion financière en Afrique », a déclaré Jeremy Awori, directeur général du groupe bancaire panafricain basé à Lomé.

Pour Thunes, l’objectif est de fluidifier les paiements sur le continent. « Ensemble, nous offrons un accès plus rapide et plus fiable aux liquidités et créons de nouvelles voies de croissance », a commenté Peter De Caluwe, CEO de la société.

Cette solution devrait faciliter les transactions des ménages et des entreprises, notamment les transferts familiaux et les règlements commerciaux transfrontaliers. Elle ouvre également de nouvelles perspectives pour les opérateurs économiques togolais, dans un contexte où les paiements numériques continuent de progresser dans le paysage économique, soutenus par des institutions sous-régionales comme la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Le marché togolais sera le premier à expérimenter le nouveau système, permettant aux clients locaux d’Ecobank de bénéficier de paiements instantanés de la part d’acteurs mondiaux de l’envoi de fonds.

Rappelons qu’Ecobank fait également partie des trois banques au Togo qui expérimentent le système de paiement instantané de la BCEAO, baptisé PI.

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