Togo First

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Au Togo, le gouvernement projette de réhabiliter et bitumer près de 600 km de routes d’ici 2022, en vue de fluidifier le trafic routier, faciliter l'accès aux zones enclavées et désengorger certains axes, pièces maitresses du réseau routier.

Par ce vaste programme de construction, les autorités togolaises veulent se doter d’un réseau routier moderne pour favoriser le transport des personnes et des biens, l'écoulement des produits agricoles vers les grands centres urbains et assurer la sécurité routière. En ligne avec le PND dont l’ambition est de faire du Togo, un corridor ainsi que renforcer les chaînes de valeur agricoles.

Le coût des travaux dont une partie du financement a été déjà mobilisée, est estimé à plus de 350 milliards FCFA. Ils concernent, dans le Sud, les axes Tsévié-Kévé-Zolo frontière avec le Ghana (65 km), Agou-Notsè (50 km), le Grand contournement de Lomé (de Baguida à Adétikopé - 42 km).

Dans le Centre et le Nord du pays, ce sont le contournement de Kara à partir du canton d'Awandjélo long de 21 km, et le Grand contournement d'Atakpamé (15 km), qui seront renforcés.

Outre ces principaux axes qui, vraisemblablement, bénéficieront en partie du PIDU (Projet d'infrastructures et de développement urbain), financé par la Banque mondiale pour améliorer les infrastructures des villes secondaires au Togo, les travaux concerneront également d'autres voies nationales longues de 322 kilomètres qui sont en mauvais état.

Mitsubishi Corporation, plus connue sur le segment de la construction automobile, se positionne sur le secteur de l'énergie au Togo. Le Japonais va distribuer des services électriques, notamment des solutions off grid (hors-réseau) aux populations togolaises, surtout celles qui vivent dans les milieux ruraux. Yas Doida (photo), responsable Afrique de la multinationale nipponne, a porté cette information au public, au sortir d'une entrevue qu'il a eue hier avec Komi Sélom Klassou, Premier ministre togolais.

« On a surtout discuté de l'énergie.», a révélé l'homme d'affaires japonais qui déclare vouloir contribuer à atteindre l'objectif 2030 d'accès de toute la population togolaise à cette ressource vitale. Et d'enchaîner: « il y a plusieurs projets de l'Off Grid; on peut avoir de l'énergie efficace avec des trucs un peu plus petits » (ndlr: peu de moyens).

Le Japonais estime que c'est la voie idéale pour pouvoir illuminer le pays. Il se félicite de l'adhésion des autorités togolaises à sa proposition de partenariat et annonce la matérialisation très prochaine de ce projet : « ça va commencer cette année déjà et je pense que ça s'inscrira dans le long terme », a-t-il déclaré.

Avec le déploiement des solutions solaires « Mitsubishi », le Togo devrait franchir un nouveau palier dans la réussite de sa transition énergétique vers le renouvelable. 

En rappel, le pays est pleinement dans la promotion des solutions hors-réseau avec entre autres, l'initiative CI-ZO sur laquelle on note des opérateurs comme le britannique BBOXX et l'entreprise SOLEVA.

Séna Akoda

Ainsi qu’annoncée en mars dernier, la 3ème édition de la Foire « Made in Togo » ouvrira ses portes, le vendredi 26 juillet prochain, sur le site du Centre togolais des expositions et foires de Lomé (Cetef).

L’évènement, organisé annuellement courant juillet-août, sous l’égide du ministère du Commerce, de l’Industrie, du Développement du secteur privé et de la Promotion de la consommation locale, se veut la deuxième plus grande manifestation foraine du Togo, après la Foire internationale de Lomé.

Cette année encore, l’accent sera mis sur la promotion de la consommation locale, comme l’indique le thème retenu : « Valorisons et consommons les produis locaux ».

L’objectif selon les organisateurs est de promouvoir, d’une part, les produits d’origine togolaise afin de favoriser et d’encourager leur consommation et, d’autre part, la culture togolaise.

300 exposants et près de 150 000 visiteurs sont attendus à cette foire qui s’étalera jusqu’au 05 août.

Octave A. Bruce

La Banque Mondiale va appuyer la mise en œuvre du Plan national de développement (PND 2018-2022). Au cours de sa visite au Togo, Coralie Gevers (photo), nouvelle directrice des opérations de l'institution de Bretton Woods pour le Togo, a réitéré cet engagement.

« Le Togo peut compter sur l'appui continu du groupe de la Banque mondiale. En particulier, nous continuerons à soutenir le Plan national de développement du pays pour notamment favoriser une croissance inclusive, résultante de l'amélioration du climat des affaires et de la promotion de l'entrepreneuriat », a-t-elle déclaré. 

L'institution dont le portefeuille comporte 17 projets pour 385 millions $ avait promis, lors de la récente revue du portefeuille, d'aligner son cadre de partenariat pays (CPP) sur le PND.

Au cours de sa visite, la remplaçante de Pierre Laporte s'est rendue au siège de Africa Global Recycling (AGR) et à Lomé Container Terminal (LCT). LCT a été financée par la SFI, branche du groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. S'agissant d’AGR, c'est une PME togolaise qui a été intégrée au Programme Local Champions de la SFI lors de la tournée au Togo de Sérgio Pimenta, son vice-président Afrique et Moyen-Orient.

Séna Akoda

Après avoir longtemps financé les grandes firmes basées au Togo (Ecobank, Contour Global, LCT ...), la SFI, Société financière internationale, annonce qu’elle jettera désormais son dévolu sur une autre cible. Les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) sont désormais dans le viseur de la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé.

L’acte fondateur de cette alliance a été entériné le 8 juillet dernier, avec l’entrée de la PME togolaise spécialisée dans le recyclage de déchets, Africa Global Recycling, au Programme local Champion de l’institution de Bretton Woods.

« Notre stratégie est désormais de travailler avec les PME. Dans cette lignée, j’ai signé lundi 8 juillet, un accord d’assistance technique avec AGR (Africa Global Recycling), une entreprise de petite taille qui fait dans du recyclage. Notre objectif est de la soutenir, de manière à l’aider à grandir et à atteindre ses objectifs de développement. C’est le genre d’interventions que nous ferons à l’avenir.», a déclaré Sérgio Pimenta (photo), vice-président de la SFI, en visite de 3 jours à Lomé, la capitale togolaise.

« Nous voulons faire plus d’investissement de manière à créer de nouveaux emplois et à offrir de nouvelles opportunités aux Togolais et Togolaises.», a-t-il poursuivi.

Alors qu’elles sont en déclin, les Nana Benz, qui, grâce à leur sens aigu des affaires ont fait la fierté de la femme togolaise et continuent d’impacter la vie économique, pourraient bénéficier du soutien de la SFI.

« J’ai discuté avec ces célèbres femmes d’affaires de la façon dont on peut soutenir les femmes entrepreneures du Togo... J'ai été fasciné par l'histoire de ces générations de femmes commerçantes qui ont été parmi les premières à acheter une Mercedes Benz grâce à leur travail.», a déclaré le responsable à l’issue de son passage au Grand Marché de Lomé.

Avec ces femmes, la SFI compte ouvrir d’autres horizons au financement du secteur privé. Ce financement est longtemps demeuré l’apanage des grandes multinationales ou les grandes banques (un portefeuille global de 325 millions $ accordés). Une nouvelle stratégie qui se dessine à l’aune du Plan national de développement (PND) dont le secteur privé est la figure de proue et qui prône une croissance inclusive.

 « Nous voudrions pouvoir faire plus à l’avenir.», a promis Sérgio Pimenta.

Dans la vie de Gervais Koffi Djondo, il n’y a pas que les affaires. Fondateur d’Ecobank et d’Asky, le Togolais n’a jamais cessé de parler de l’Afrique et de sa vision de l’entrepreneuriat africain. D’ailleurs, c’est l’Afrique qui vient de faire sortir l’entrepreneur togolais de sa retraite.

La semaine dernière, Gervais Koffi Djondo, le célèbre fondateur d’Ecobank et de la compagnie aérienne Asky est sorti de sa retraite. Après avoir décidé, il y a quelques années, de prendre du recul par rapport au monde des affaires, le Togolais viens de publier « L’Afrique d’abord ». Plus que de simples mémoires, le livre donne des détails sur la vision de l’homme d’affaires pour un entrepreneuriat qu’il rêve toujours au service du continent. La publication de l’ouvrage a suscité de nombreuses réactions, majoritairement dithyrambiques. Rien d’étonnant, quand on connait le parcours de Gervais  Koffi Djondo.

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« J'aime notre continent et je souhaite qu'il se réveille.»

Véritable monument africain, l’octogénaire togolais a réussi partout où il est passé, grâce à une rigueur quasiment génétique.

Amoureux du continent

« J'aime notre continent et je souhaite qu'il se réveille. Je désire que l'Afrique entre dans un réel concert du développement ». Pour lui, malgré les nombreux problèmes du continent, les Africains sont plus que jamais capables de changer les choses et de rayonner. Pour cela, la première condition est de travailler ensemble. « Il nous appartient de faire avancer les choses. Je pense en premier lieu à l'intégration africaine. C'est pour cela qu'Ecobank est une banque panafricaine et qu'Asky est une compagnie aérienne panafricaine. Tant que l'Afrique ne comprendra pas l'importance de son union, elle ne fera que reproduire le schéma colonial des Etats dont les économies sont peu développées et qui se contentent de faibles échanges commerciaux entre eux », assure Gervais Djondo.

Présent pendant plusieurs décennies aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, le Togolais a pu observer dans leurs moindres détails les différents obstacles au développement africain, notamment dans la gestion d’Asky, la compagnie aérienne qu’il a créée.

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« Je pense en premier lieu à l'intégration africaine.»

«Le panafricanisme pour moi, ce sont des actions concrètes. Les grosses compagnies aériennes dans le monde se regroupent. Mais les pays africains continuent de créer de petites compagnies par égoïsme national. »  En dehors de l’intégration, l’un des principaux problèmes du continent est, selon le Togolais, le manque de rigueur.

Un rigoriste nommé Koffi Djondo

Tous ses proches sont unanimes. Le trait de caractère qui caractérise Koffi Djondo est sa rigueur, envers lui-même, puis envers les autres. L’un des épisodes les plus caractéristiques de ce trait de caractère est intervenu en 1964. Le Togolais est alors directeur général de la caisse d’allocations familiales, actuelle caisse nationale de sécurité sociale.  « J’avais installé une pointeuse (horloge permettant de marquer l’arrivée des salariés ; ndlr), la première du pays dans le secteur parapublic. Dans mes services, j’avais l’épouse du vice-président et des femmes de ministres. Pointer leur posait problème. On m’a interpellé à ce sujet. J’ai répondu que, même moi, je pointais tous les jours. À l’époque, les militaires s’amusaient dans les entreprises, ils obligeaient les gens à recruter leurs maîtresses. Chez moi, non. Ces pratiques ne passaient pas et je l’ai clairement signifié en déclarant à ces messieurs : venez m’arrêter si vous voulez ».

Cette rigueur, le fondateur d’Ecobank l’a héritée de son père. En effet, durant son enfance, l’entrepreneur togolais a reçu une éducation tellement stricte qu’il l’évoque parfois en la qualifiant de prussienne. « J’ai grandi au Togo, dans la région d’Aného. Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde », confie le fondateur d’Asky.

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« Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde »

« Je suis fils unique et c’est mon père qui m’a élevé. Grand commerçant, il appartenait à la génération des Allemands qui ont colonisé le Togo. Il était très dur. Quand il prenait ses repas, je devais rester les bras croisés en face de la table, pour ramasser les miettes qui tombaient, ou apporter ce dont il avait besoin. Quand je me mettais à somnoler, j’avais chaud ! Très chaud ! Une fois alors que je somnolais, il m’a mis à genou sur des coques de palmiste. J’avais les genoux en sang »

Et ce n’était pas tout. « Sortir m’était interdit. Je ne quittais la maison que pour aller à l’école, où mon père m’accompagnait. Et le dimanche, j’allais à la messe avec lui. Il me tenait par la main et ne tolérait pas que je m’éloigne », se souvient Gervais Kofi Djondo. Malgré tout, l’entrepreneur ne regrette rien. D’ailleurs, il ne semble pas vraiment en vouloir à son père qui lui a enseigné la rigueur qu’il cultive depuis cette période. « Sans vouloir entrer dans les discussions actuelles en Europe ou aux États-Unis sur les punitions et les fessées qu’il ne faudrait plus donner aux enfants, je pense que c’est une grave erreur de ne pas réprimander. Un enfant ne peut pas ne pas être puni : il doit savoir que s’il fait telle ou telle bêtise, il sera sanctionné », explique Gervais Koffi Djondo.

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Né au Togo, près de la frontière béninoise.

Le fait que ces épisodes aient forgé son caractère a sans aucun doute permis au Togolais de réaliser le parcours qu’on lui connait, et qui vaudra à la bourgade où il nait le 04 juin 1934, d’être rebaptisée, en son honneur, Djondo Condji (Terre de Djondo).

Les années syndicales

Après un parcours scolaire passé au Bénin voisin, Gervais Koffi Djndo se rend au Niger, au début des années 1950. Il y est engagé comme expert-comptable à la Régie générale des chemins de fer et travaux publics du Niger. Son efficacité impressionnent tellement les cadres de l’administration coloniale qu’il est nommé directeur administratif et financier de la société française de transport Sotra. « J’ai découvert la situation déplorable des travailleurs nigériens. Bien que cadre, je me suis inscrit dans un syndicat (la confédération française des travailleurs chrétiens ; ndlr), avec pour objectif d’aider mes frères africains maltraités au sein de l’entreprise ».

Koffi Djondo affiche alors son soutien aux syndicalistes nigériens, ce qui finira par le faire renvoyer de la société française Sotra. Cet épisode sèmera en lui les graines d’un panafricanisme qui ne le quittera plus jamais. Il décide de rentrer au Togo. Mais au moment de son départ, l’administrateur de la ville de Niamey, un socialiste français, lui propose de s’inscrire à l’Ecole nationale de la France d’outre- mer, à Paris. Pendant ce temps, Sylvanus Olympio dirige le Togo indépendant. Son admistration subit alors l’opposition farouche de son beau-frère Nicolas Grunitzky. Parmi les membres du parti de ce dernier, se trouve Nicolas Djondo, l’oncle du futur fondateur de Ecobank. « Je suis informé du fait que le président Olympio demande avec insistance que je sois exclu de l’Ecole. Ce qui embarrasse les autorités françaises. Je suis reçu par le président de Gaulle qui me rassure et je me vois offrir une bourse. Mais je vais plutôt m’inscrire à l’Institut des sciences sociales du travail. J’y passe un an de 1962 à 1963. Après le coup d’Etat qui entraîne la mort d’Olympio, Nicolas Grunitzky est installé au pouvoir et il obtient mon retour à l’Ecole nationale de la France d’outre-mer. Ce qui me permet d’obtenir mon diplôme. »

Après l’obtention de son diplôme, Gervais Koffi Djondo obtient un
poste au service du personnel de la compagnie aérienne UTA. « Je n’y reste pas longtemps, car au cours d’un séjour à Paris, le président Grunitzky décide de me ramener avec lui au Togo, où je suis nommé directeur général de la caisse d’allocations familiales», se rappelle-t-il.  A la tête de la future caisse nationale de sécurité sociale, il crée le régime des accidents de travail, la retraite obligatoire, la pension vieillesse. Grâce à sa rigueur, Koffi Djondo réussit à imposer de nombreux changements à l’intérieur du service qu’il dirige. A tel point que Yassingbé Eyadema, une fois arrivé au pouvoir, décide de lui donner davantage de responsabilités. « Ce militaire, que je ne connaissais pas, me convoque un jour pour m’annoncer qu’il souhaite que je mette de l’ordre dans les services de la préfecture de Lomé. Il me nomme préfet de la capitale, fonction que je cumule avec celle de directeur de la CNSS », raconte Koffi Djondo.

Encore une fois, son travail est impressionnant. En 1973, il est nommé président du conseil économique et social. Il quittera rapidement cette fonction pour diriger la filiale togolaise du groupe français Scoa. En 1975, il est élu président de la chambre de commerce et d’industrie du Togo. En 1985, il est nommé ministre de l’Industrie et des Sociétés d’Etat. En 1978, en rejoignant un regroupement de chambres de commerce de certains pays anglophones d’Afrique, il crée la fédération des chambres de commerce d’Afrique de l’Ouest. « Je regardais du côté des pays anglophones. Ils avaient une fédération qui regroupait le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Gambie, etc. Avec les présidents des chambres de commerce de Côte d’Ivoire et du Sénégal, nous avons alors adhéré à cette fédération », explique-t-il. C’est d’ailleurs au sein de cette institution que nait l’idée de créer Ecobank.

Ecobank et Asky, les joyaux d’une carrière

Après la création de la fédération des chambres de commerce d’Afrique de l’Ouest, Gervais Koffi Djondo rencontre Adeyemi Lawson, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nigeria. Le Togolais ne le sait pas encore, mais cette rencontre sera déterminante pour son avenir. Les deux hommes se lient d’amitié, peut-être parce qu’ils ont en commun leur panafricanisme et le désir d’accompagner les entrepreneurs africains.

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De la rencontre entre Gervais Koffi Djondo et le Nigérian Adeyemi Lawson va naître Ecobank.

D’après les deux amis, le financement est l’une des principales pierres d’achoppement des entreprises du continent. Ils décident alors de créer une banque panafricaine. « C’est au sein de la fédération qu’est née l’idée de fonder une banque panafricaine. Lawson et moi avons pris en main le dossier d’Ecobank. Nous nous sommes fait le devoir d’aller rencontrer tous les chefs d’Etat de la sous-région, même si nous voulions que le projet soit entièrement privé. Nous ne voulions pas l’argent des Etats. Lorsque nous avons rencontré le président ivoirien Houphouët-Boigny, il était tellement enthousiaste qu’il nous a accompagnés sur le perron du palais et a déclaré, devant la presse, que c’était la première fois qu’il voyait des Africains lui présenter un projet sans lui demander d’argent ».

Les membres de la fédération des chambres de commerce créent alors Ecopromotion, une société de dotée d’un capital de 500 000 dollars, dont l’objectif est de réaliser les études de faisabilité du projet. Gervais Koffi Djondo et Adeyemi Lawson définissent ensuite les bases de la structure du capital de la future banque. A la recherche d’un équilibre entre régions anglophones et francophones, ils s’arrangent pour que le Nigeria et la Côte d’Ivoire, les têtes d’affiche de la CEDEAO, aient la même part dans le projet. Mais bientôt les écueils vont commencer à se dresser sur la route du projet. Le premier est politique. « Alors que je suis au Sénégal avec Adeyemi Lawson pour rencontrer le président Abdou Diouf, je reçois à 2 heures du matin un appel du président ivoirien qui insiste pour que je vienne le voir quelques heures plus tard. Il me dit qu’il envoie son avion me chercher et que nous prendrons le petit déjeuner ensemble. Il insiste aussi pour que je vienne seul, sans mon ami. A notre rencontre, il me dit qu’il faut que le projet soit seulement pour la zone franc. Je lui explique que le projet est censé couvrir toute la CEDEAO. C’est seulement quelques jours plus tard que j’ai compris qu’un banquier français était venu de Paris à Abidjan, pour rencontrer le président.» Comme l’expliquera, bien des années plus tard, Koffi Djondo dans une interview « les intérêts financiers français représentent 99 % du marché en Côte d’Ivoire », ce qui explique l’approche proposée au président ivoirien.

Le second obstacle sera la levée des fonds nécessaires à la création de la banque. Gervais Koffi Djondo et Adeyemi Lawson doivent lever 50 millions de dollars. Grâce à 1200 actionnaires issus de 14 pays, ils atteignent 36 millions de dollars. Mais par la suite, ils se heurtent au refus de collaborer de nombreuses banques françaises et même à celui de Tewolde Gebremariam, le PDG d’Ethiopian Airlines. « Nous nous sommes alors tournés vers Citibank, qui nous a proposé une équipe et en moins d’un an, nous avons monté la banque », explique Gervais Koffi Djondo. Ecobank voit le jour en 1985. Grâce à une croissance rapide, en un peu plus de 25 ans, la banque s’est établie dans 33 pays africains et a employé 18 000 personnes de 40 nationalités différentes. De 2007 à 2012, son chiffre d’affaires est passé de 544 millions à 1,75 milliard de dollars.

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«  La disparition d’Air Afrique a été une catastrophe pour l’économie régionale ».

Fidèle à ses ambitions panafricanistes, Ecobank recrute « de jeunes Africains venant de tous les pays ». Comme l’expliquent des experts de la finance, « dès le début, Ecobank s’est donné pour mission de bâtir une nouvelle Afrique. Cela a donné à ses employés le sentiment que leur but était bien plus que de faire de l’argent. La banque recherchait des personnes qui correspondaient à cette culture et avaient la passion de faire la différence en Afrique... On les appelait Ecobankers, pour souligner que travailler à Ecobank, c’était spécial ».

Le succès d’Ecobank va pousser des politiques africains, à la recherche d’un homme pour piloter le projet d’une compagnie aérienne panafricaine, à se tourner vers le Togolais. «  La disparition d’Air Afrique a été une catastrophe pour l’économie régionale. Pour aller de Lomé à Niamey, il faut prendre la route et vous arrêter à Ouagadougou… Le besoin d’un service aérien existait ». Charles Konan Banny, alors gouverneur de la BCEAO et Thomas Yayi Boni, qui était encore directeur général de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), exposent à Gervais Koffi Djondo l’idée de créer une compagnie aérienne panafricaine.

« C’était après la rencontre des présidents Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade avec le PDG d’Air France au siège de la compagnie. Charles Konan Banny avait été chargé de suivre le dossier de la compagnie par les deux présidents », se souvient le Togolais. Mais malgré les nombreuses sollicitations, ce dernier reste d’abord ferme. Après plusieurs rejets, il finit par accepter et se met à étudier le dossier de création de la compagnie. « Je me suis plongé dans les détails et j’ai vu qu’ils voulaient refaire Air Afrique, c’est-à-dire une compagnie francophone. J’ai décidé de tout revoir et d’élargir le projet aux anglophones », explique le fondateur d’Ecobank.

Servan Ahougnon

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Le Togo était représenté, hier 18 juillet, à la table ronde des bailleurs de fonds pour le financement des projets du Plan directeur de l’aménagement des Corridors pour l’Anneau de Croissance en Afrique de l’Ouest (CACAO).

A cette rencontre, à l’issue de laquelle sont attendues des intentions de financements, voire des promesses fermes de financements en faveur des projets hautement prioritaires de l’UEMOA, le Togo a entre autres mis l’accent sur le projet de dédoublement de la Nationale N°1. Ce projet, qui devrait consister à aménager en 2x2 la route nationale n°1, permettra d’en faire une voie express de qualité, « qui facilite les transactions économiques en termes de flux de circulation des marchandises », indique Etsri Homevor, Secrétaire général au ministère togolais de la Planification du Développement.

En dehors de ce projet du secteur des infrastructures et transports, deux autres projets du même secteur ont été soumis à l’appréciation des bailleurs de fonds. Ceux-ci devraient permettre de réhabiliter ou construire des routes nationales transversales et des pistes pour le désenclavement des zones à fort potentiel agricole telles que les agropoles. A terme, l’objectif est de favoriser le maillage Nord-Sud, Est-Ouest du pays, indique le représentant togolais. Au total, le Togo a présenté, à cette rencontre, 15 projets en lien avec le Plan National de Développement (PND 2018-2022).

Le Plan directeur du CACAO/UEMOA définit un schéma équilibré de développement économique entre les régions des pays concernés par le projet afin de promouvoir la croissance économique en Afrique de l’Ouest, sur la base des potentialités des secteurs économiques identifiés et des ressources disponibles.

Elaboré sur la base de 04 pays de la sous-région, en l’occurrence le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Ghana, ce plan a été ensuite étendu au Bénin. Sa bonne exécution est estimée à 23 milliards $  et planifiée sur 20 ans, selon la Commission de l’UEMOA.

Séna Akoda

Une mutation est survenue à la tête de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton du Togo (FNGPC-TOGO). A Avedje (ou Avètè), dans la préfecture de l’Ogou, à quelque 160 km de la capitale togolaise, Yodo Hodabalo, président sortant du CA de la FNGPC-TOGO, a transmis hier 18 juillet, le flambeau de cette structure à Kouroufei Koussouwè, nouveau président élu.

Ce transfert de pouvoir a été acté par un échange de parapheurs entre les deux hommes. Selon celui qui a présidé aux destinées de la FNGPC-TOGO, d’octobre 2012 à juin 2019, « sans les producteurs de coton, la filière cotonnière n’aurait pas droit de cité ». Il exhorte donc la nouvelle équipe à maintenir l’union au sein de la FNGPC et à travailler, en toutes circonstances, afin que « tous les producteurs de coton au Togo récoltent le fruit de leur labeur ». Ceci, dans la suite des efforts déjà engagés.

En effet, Yodo Hodabalo revendique un bilan satisfaisant, notamment avec l’instauration de la bonne gouvernance et la gestion efficace au sein de la FNGPC, l’élection démocratique du nouveau bureau. Il rappelle également l’embellie de la production cotonnière qui passe de 80 000 T à 137 000 T de cotons-graines, la hausse du prix de vente du coton-graine et un parc automobile de la faîtière « bien garni », entre autres.

Le nouveau président du CA de la FNGPC-TOGO s’engage à marcher sur les pas de son prédécesseur, tout en évitant les mêmes expériences qui ont, par moments, posé de grandes difficultés à l’ancienne équipe.

Séna Akoda

« La plateforme B2B, mise en place avec l’appui de l’UE, est opérationnelle pour deux ans, en vue de permettre aux promoteurs de poursuivre les échanges avec leurs partenaires. »

C’est l’information que via une interview à Togo First, Sandra Ablamba Johnson (photo), ministre-conseillère en charge du Climat des affaires et coordonnatrice du 1er Forum économique Togo UE (FETUE), portait aux promoteurs des 141 projets bancables retenus.

L’idée, développe-t-elle, est d’assurer un « suivi pointu et rapproché, afin de concrétiser les partenariats initiés ». Via cette plateforme, les porteurs de projets pourraient donc poursuivre leurs échanges avec leurs partenaires européens, dans l’espoir de concrétiser les promesses faites à Lomé.

A propos de certaines préoccupations de certains promoteurs des projets bancables sur la suite, la ministre-conseillère rassure : « avec la rigueur instaurée par les autorités au plus haut niveau, nous sommes bien obligés de ne pas faire les choses à la hâte, s’agissant du suivi du Forum. Un cadre institutionnel relatif au mécanisme de suivi ainsi qu’une stratégie viennent d’être validés et sont en cours de mise en œuvre ».

Une réunion est d’ailleurs annoncée très prochainement « pour leur expliquer le dispositif mis en place en collaboration avec le secteur privé et ce qu’ils doivent faire », ajoute la coordonnatrice du FETUE.

Séna Akoda

De 2016 à 2019, le nombre de tech hubs (centres technologiques) s’est considérablement accru au Togo, passant de 2 à 5 en 2018 et à 13 en 2019. C'est ce que révèle le récent sondage lancé par le britannique Briter Bridges pour répertorier les écosystèmes technologiques au Togo et en Afrique.

Cette avancée enregistrée en 3 ans semble traduire le dynamisme du secteur numérique et des innovations technologiques au Togo.

Néanmoins, le pays est devancé dans le classement par ses voisins ouest-africains, notamment le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Mali.

Avec cette marge de progression, le Togo s’inscrit dans la tendance générale observée sur le continent africain, sur cette même période. De 314 en 2016 et 442 en 2018, le nombre de tech hubs y est estimé à 618 en 2019.

Le Top 3 du classement africain se compose du géant Nigeria qui totalise 85 tech hubs en 2019, de l’Afrique du Sud (80) et de l’Egypte qui en enregistre 56.

Séna Akoda

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