Togo First

Togo First

Un important coup de pouce a été donné, samedi 13 avril dernier, au secteur agricole. Une convention a été signée entre le MIFA SA, la société KFB Group (Knowledge-Fusion Builders) et la Banque togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI).

Selon Aristide Agbossoumonde, directeur général du MIFA, elle devrait « permettre l’acquisition de 300 mini-tracteurs pour la création des sociétés de service de mécanisation ». Concrètement, cette convention permettra la mise en place d’un fonds de garantie de 6 milliards FCFA placé sous la supervision du MIFA.

Avec cette signature et l’acquisition prévue des mini-tracteurs, le maillon « mécanisation agricole », pas ou peu pourvu parmi les chaînes de valeur agricole, devrait trouver une place de  choix dans le dispositif.

Les agriculteurs pourraient recourir à des contrats de location de ces matériels, pour mécaniser leur activité qu’ils exercent pour la plupart, selon leurs capacités et rendements humains. Et, à terme, augmenter les superficies qu'ils exploitent, leurs revenus et créer des emplois ainsi que de la richesse.

Séna Akoda

Après le 02 mai, date butoir fixée pour les opérateurs économiques qui ne sont pas en règle vis-à-vis de leurs obligations fiscales, un prélèvement de 15% sera opéré sur la valeur en douane des marchandises que ceux-ci importeront. L’annonce de cette mesure a été faite ce vendredi 12 avril 2019 par Adoyi Esso-Wavana, Commissaire des Impôts à l'Office Togolais des Recettes (OTR), au cours d’une rencontre à Lomé avec les gens de médias.

Selon un constat que déplore ce responsable de l'institution en charge de la mobilisation des ressources fiscales et douanières, certains opérateurs économiques, tout en se pliant à leurs obligations douanières, manquent au paiement de leurs impôts et deviennent inactifs sur ce segment.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure, « chaque mois, sera publiée la liste des reliquataires au niveau des impôts. Lorsqu’un contribuable figure sur la liste des reliquataires et qu'il importe, c’est à l’enlèvement de la marchandise, dernière étape du processus de dédouanement qu’on lui demandera de venir régulariser sa situation au niveau des impôts avant », a averti Adoyi Esso-Wavana.

Notons que cette disposition fait partie des réformes auxquelles s’est engagé le Togo auprès du FMI au terme de la 5è revue, aux fins d’optimiser la mobilisation des ressources financières internes.

Séna Akoda

Le Togo vient de bénéficier d’un don de 4,5 millions $ de l’Union européenne (UE).  La cérémonie de signature de l’accord de don a eu lieu ce vendredi 12 avril à Washington, en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, entre une délégation togolaise et la Banque mondiale.

La partie togolaise était représentée par Sani Yaya, ministre togolais de l’économie et des finances, et Tignokpa Ayawovi Demba, ministre de la planification du développement. Pour l’institution basée à Washington, Hawa Cissé Wagué, Répresentante-Résidente, et Pierre Laporte, désormais ex-Directeur des opérations pour le Togo, étaient présents.

L’accord de don signé est une subvention de l’UE gérée par la Banque mondiale pour la mise en œuvre du Programme d’appui à la gouvernance économique (PAGE).

« L’objectif de ce projet est d’améliorer la gestion des investissements, la mobilisation des ressources intérieures, et le renforcement des mécanismes de redevabilité et de suivi de la délivrance des biens et services dans les secteurs prioritaires », a souligné Sani Yaya, le patron de l’échiquier national.

« C’est un exemple réussi de la synergie d’actions entre la BM et l’Ue afin de soutenir les efforts du Togo dans sa lutte contre la pauvreté et l’amélioration de la gouvernance », a-t-il conclu.

Pour rappel, le PAGE lancé officiellement en octobre dernier pour 5 ans de mise en œuvre, est financé par la Banque mondiale et l’UE à hauteur de 20 millions de dollars.

Ayi Renaud Dossavi, envoyé spécial à Washington

Hier jeudi 11 avril 2019, la Banque Mondiale a annoncé depuis son siège à Washington un nouveau plan d’investissement de 15 milliards $ dans le capital humain en Afrique entre 2021 et 2023.

 C’était lors d’un panel autour du thème : « Le développement du capital humain en Afrique : façonner l’avenir d’une génération » au cours duquel sont intervenus Hafez Ghanem (photo), Vice-président de la Banque Mondiale pour la région Afrique, Letsie III, roi du Lesotho, Paula Ingabire, Ministre des TICs du Rwanda, etc.

« L’atout maître d’un continent, quel qu’il soit, ce sont les individus qui y vivent », pose Hafez Ghanem. Or « l'Afrique subsaharienne est la région du monde où l'indice du capital humain de la Banque mondiale est le plus faible », en liaison avec « les taux élevés de mortalité et de retard de croissance dans la région, ainsi que par les résultats d'apprentissage inadéquats des élèves, qui ont tous un effet direct sur la productivité économique », constate-t-il.

Pour inverser la tendance, le continent doit « impérativement donner à sa jeunesse et aux travailleurs de demain les moyens d’exploiter pleinement leur capital humain. C’est la clé pour permettre aux Africains d’accéder à un monde riche en opportunités et en promesses, et pour obtenir le meilleur des « retours sur investissement », souligne le cadre de la Banque Mondiale. Sur les 1,2 milliard d’habitants qui le composent, 43% ont aujourd’hui moins de 15 ans.

Avec son Plan pour le capital humain en Afrique, la Banque mondiale se mobilise pour aider le continent africain à mieux investir dans sa population et à relever les indicateurs de survie, de santé, d’éducation, de protection sociale et d’émancipation des femmes à l’horizon 2023.

Plus précisément, l’institution vise, à travers ses dons et financements concessionnels pour des projets de capital humain d’un montant de 15 milliards $, à réduire de manière drastique la mortalité infantile pour sauver 4 millions de vies, à éviter les retards de croissance chez 11 millions d'enfants et à améliorer de 20 % les résultats scolaires des filles et des garçons à l'école.

Séna Akoda

Alors que le Togo s’attèle à mobiliser sa diaspora pour la réussite de son nouveau plan de développement, la Banque mondiale vient de publier une mise à jour des envois de fonds des Togolais vivant à l’étranger. Comme dans un récent rapport de la même institution sur la question, rendu public fin 2018, la diaspora togolaise continue d’être l’une des plus dynamiques du continent. Le pays d’Afrique de l’Ouest ferme un top 10 dominé de loin par le Nigeria. Concrètement, les Togolais de l’extérieur ont envoyé plus de 500 millions $ à la maison en 2018, selon la mise à jour parue ce mois d’avril.

Ce montant représenterait, selon la Banque, 8,5% du PIB, faisant également du Togo, l’un des pays ayant le plus fort ratio en Afrique subsaharienne, devant des pays comme le Nigeria ou le Ghana.

Les envois de fonds plus importants que l’APD et les IDE

Au Togo, les transferts de fonds de la diaspora, désormais plus importants que l’Aide publique au développement (APD) et les Investissements directs étrangers (IDE), sont devenus la principale source extérieure de financement, selon des statistiques officielles de 2017. S’ils sont  encore « en réalité » sous-estimés, en raison des flux informels, ils constituent une précieuse manne financière sans contrepartie, coup de pouce à une économie dominée surtout par la consommation. Et leur orientation, en est un exemple palpable.

Dans une cartographie  de 2017, et publiée mi-2018 par Lomé appuyé par le PNUD,  le constat ne se dément pas : 53 % des transferts globaux, sont orientés vers l’assistance  des familles restées au pays.  L’importance des transferts concentrés sur les secteurs « alimentaires », de la santé et de l'éducation est révélatrice de leur contribution au développement humain du pays. Mais, toujours au regard des études de l’institution de Washington, ils pourraient mieux contribuer à la croissance inclusive. Injecter une partie de ces fonds dans des projets communautaires ou porteurs, pourrait ainsi créer un cercle vertueux, générant des milliers d’emplois.

Une feuille de route pour la diaspora

A  l’heure où le Plan national de développement (PND) fait appel à la diaspora, Lomé saisit la balle au rebond. Une feuille de route pour les Togolais de l’extérieur vient d’être officiellement dévoilée par le ministère de tutelle. Elle vise, « à assurer une meilleure organisation de la diaspora togolaise en vue de sa plus adéquate implication dans le efforts de développement du pays », a expliqué Robert Dussey.

Sa mise en œuvre devrait permettre « de mobiliser les investissements, les compétences et le savoir-faire des Togolais de l’extérieur, de mettre en œuvre un programme de coréalisation des projets de développement local dans les régions d’origine des migrants, tout en développant, parallèlement, un projet de volontariat solidaire pour le développement ».  Une réponse à l’une des problématiques des transferts de fonds. Mais l’autre principal défi reste entier : le coût parfois prohibitif de certains corridors, surtout africains, est encore un goulot d’étranglement. Sans doute, entre défis et opportunités pour la Fintech en Afrique au regard des perspectives.

Le Nigeria, le géant, pas que de l’Est

Pour rappel, en Afrique subsaharienne, les fonds envoyés par la diaspora en direction de la sous-région ont atteint 46 milliards de dollars en 2018, un record et une hausse de 9,6% par rapport à 2017 où le montant des transferts a été de 42 milliards de dollars.

Le Nigeria à lui seul, reçoit plus de la moitié de cette manne financière, soit 24,3 milliards $. Ses dauphins Ghanéens et kenyans, respectivement 3,8 milliards et 2,7 milliards, sont encore « bien très » loin de rivaliser. Dans l’Uemoa, Sénégalais, Maliens et Togolais partagent le podium.

Fiacre E. Kakpo

L’information a été rendue publique par Noël Bataka, ministre togolais en charge de l’agriculture hier, lors de l’ouverture officielle de la 11è édition du Forum National du Paysan Togolais (FNPT) qui se tient à Kara.

Cette opération devrait entrer dans la droite ligne de la décision d’optimiser la valorisation du foncier. Une mesure actée par un décret pris en Conseil des ministres le 27 février 2019 qui « contraint tout propriétaire d'un fonds de terres rurales à le mettre en valeur sous peine de voir attribuer son exploitation à toute personnes qui en fait la demande ». A charge pour le demandeur « d'engager la mise en valeur selon les conditions du bail. ».

En effet, des baux en vue de l’exploitation des terres agricoles seront signés entre les propriétaires et les entrepreneurs agricoles sur l’ensemble du territoire togolais, afin de garantir des revenus, sous la supervision de l’Etat, annonce le ministre.

L’idée, développe-t-il, est de mettre un terme au phénomène consistant à immobiliser et à thésauriser le foncier. Sur 3,4 millions d’hectares de terres agricoles disponibles, seulement 45%, soit 1,53 millions d’hectares sont valorisés.

Séna Akoda

De 2013 à 2017, le trafic conteneurisé au Port Autonome de Lomé est passé du simple au triple, affichant une hausse de plus de 283%. Sur la période sous revue, le volume de conteneurs vingt pieds (EVP) manutentionnés au Port de Lomé a en effet bondi de 311 470 en 2013, à 1 193 841.

Dominique Chantrel, chargé de la gestion de programme portuaire de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) n’a pas pu rester de marbre face à cette performance. A la faveur d’une réunion de coordination du réseau francophone du programme « TrainForTrade » de la Cnuced, il a déclaré: « Le développement économique du Port de Lomé est tellement important… ». Selon lui, ce développement réalisé « de façon exponentielle » sur la période, propulse ce port sur «  la carte internationale » qui fait du coup, « partie des grands ports mondiaux ».

Ce constat rappelle l’opinion d’Ammar Kanaan, nouveau patron de Lomé Container Terminal sur le port de Lomé: « Le port fonctionne très bien, notre productivité sur les quais progresse chaque année pour faire aujourd’hui de Lomé l’un de nos terminaux les plus performants », a-t-il déclamé tout récemment. Conforté par le caractère stratégique de Lomé dans ses affaires, il annonce un nouveau plan d’investissements de 500 millions d’euros (328 milliards FCFA) pour, entre autres, porter à 4 millions par an le trafic conteneurisé qu'enregistre ce port.

Séna Akoda

Comme annoncé, la 11è édition du Forum National du Paysan Togolais (FNPT) a été ouverte ce matin au Palais des Congrès de Kara par Noël Bataka, ministre togolais de l’Agriculture, de la Production animale et halieutique. « Au moment où s’ouvrent les travaux, opportunités et plateforme d’échanges sont les 2 maîtres mots à garder », a-t-il indiqué.

Il développe: « Opportunités parce qu’il s’agit, dans le cadre, de présenter ce que représente le secteur agricole dans sa plénitude et dans toute sa diversité. Mais au-delà de la grand-messe de présentation, il s’agit d’une plateforme d’échanges entre acteurs coopérant aux chaînes de valeur à travers les dispositifs mis en place dans le cadre de ce forum ». Il souhaite qu'au cours de cette rencontre, des contrats soient signés, et des engagements pris pour la transformation profonde de l’agriculture togolaise.

Diverses personnalités dont le ministre du commerce, de l'industrie, du développement du secteur privé et de la promotion de la consommation locale, Kodjo Adédzé ont pris part à la cérémonie d’ouverture de l’événement.

Rappelons que l’édition de cette année a pour thème : « Les pôles de transformation agricole pour valoriser les potentialités du Togo : une nouvelle vision traduite par le Plan National de Développement (PND 2018-2022) ».

 Séna Akoda

L’officialisation a été faite à Washington, dans le cadre des Réunions de Printemps de la Banque Mondiale et du FMI, actuellement en cours.

Coralie Gevers, ancienne directrice des opérations de la Banque Mondiale en Mongolie et en poste depuis 2014 à Madagascar et aux Comores, prend désormais en charge le Togo. Elle succède ainsi à Pierre Laporte, qui officiait à Lomé, en plus de la Côte d'Ivoire, du Bénin, du Burkina Faso, et de la Guinée.

L’économiste de nationalité belge, a rejoint la Banque mondiale en 1996, et a occupé divers postes au sein des bureaux du président et de l'économiste en chef, ainsi que dans la région Asie du Sud-Est et du Pacifique. 

Une première rencontre s’est tenue en début de semaine avec le ministre de l’économie et des finances, Sani Yaya, qui conduit avec Demba Tignokpa, ministre de la planification du développement, la délégation togolaise à ces assemblées printanières.

Porté au pinacle en mars dernier, lors du gala des 100 entreprises les plus dynamiques au Togo en 2018, dans la catégorie Assurance, le courtier d’assurances Protectrice Assurances revient de loin. Deux ans après sa relance, dont José Kwassi Syménouh, passé notamment auparavant par NSIA Assurances et C2A, GTA-C2A-IARDT, est le principal artisan, le courtier togolais a définitivement viré au vert, se faisant même une place dans la cour des grandes entreprises du Togo.

Togo First est allé à la rencontre de l’ex-président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), passé de l’assurance au courtage, une nouvelle vie qui lui réussit à merveille. Interview !

Togo First : La Protectrice a été récemment désignée entreprise la plus dynamique du secteur des assurances au Togo, seulement deux ans après sa relance dont vous êtes le principal artisan. Quelle a été la recette et que symbolise ce sacre pour la société de conseil et d’ingénierie d’assurances ?

José Kwassi Syménouh (JK) : La recette est simple, c’est l’abnégation au travail avec une équipe constituée de collaborateurs experts et compétents, toujours prêts à gagner. L’art de la réussite comme l’écrivait un auteur, est « de savoir s’entourer des meilleurs collaborateurs ».

La distinction que nous avons donc reçue symbolise pour nous le succès de toute une équipe. Nous nous sommes fixés très tôt des objectifs pour les atteindre. Aussi, la leçon que l’on peut tirer de tout ceci, est que, de loin, tous les actes qui sont posés sont suivis et observés par l’extérieur. Nous ne savions pas qu’Ecofinances nous observait et nous pressentirait parmi les 100 entreprises dynamiques du Togo avant de faire sa sélection pour arriver à 10 lauréats. Nous sommes donc très flattés et heureux de notre position.

Togo First : Parlons de vos visées africaines.  Vous envisagez d’étoffer votre réseau à travers les marchés de la CIMA d’ici 2025. Où en êtes-vous?

JK : La Protectrice Assurances, comme nous l’avions annoncé il y a 2 ans, dès que nous en avions pris le contrôle, a une ambition panafricaine. Au Togo, Protectrice Assurances est le 2ème grand courtier du marché des assurances, et surtout le premier courtier africain et panafricain, se positionnant dernière une multinationale étrangère présente en Afrique depuis plusieurs décennies. Elle est aujourd’hui la mère de Protectrice Bénin qui a démarré ses activités en 2018 et Protectrice Burkina qui vient juste d’être agréée et qui démarrera ses activités début juin. L’objectif, il faut le rappeler, est de couvrir à l’horizon 2025, 14 pays de la zone CIMA.

Comme vous le constatez, à la date d’aujourd’hui, nous sommes déjà à 3 pays ; nous avons mis en place une stratégie de développement. L’année 2019 est l’année de la consolidation. Pas de création de structures nouvelles, mais nous apprêtons des dossiers pour réouvrir le chantier en 2020 avec les demandes d’agrément dans 3 pays dont nous taisons les noms pour l’instant.

Aussi, nous ne manquerons pas de saisir, dès que nous en aurions l’occasion, des opportunités de rachat de structures déjà existantes, ou d’éventuels rapprochements avec d’autres cabinets, avec le maintien de notre identité « La Protectrice Assurances » à laquelle nous tenons.

Togo First : Passé notamment par C2A Assurances, GTA-C2A-IARDT et NSIA Assurances, rien que des assureurs de premiers plans au Togo, vous êtes un fin connaisseur du secteur. Du haut de cette expérience sur le marché local, le niveau de vie des Togolais joue-t-il en faveur ou en défaveur de l’émergence d’un secteur des assurances fort ?

JK : Merci d’abord de la perception favorable que vous avez de moi sur le plan professionnel. Ensuite, pour répondre à votre question, le niveau de vie des Togolais ne devrait pas jouer en défaveur du développement du secteur des assurances.

La pauvreté devrait être plutôt une bonne raison pour s’acheter une sécurité, ou se protéger. Comme nous le répétons souvent, le pauvre a plus besoin d’assurance que le riche car ce dernier peut à tout moment se prendre en charge ou réparer le dommage causé aux tiers tandis que le pauvre sera davantage pauvre, s’il venait à subir un mauvais sort. En notre sens, l’émergence et le développement d’un secteur fort dépend essentiellement des Assureurs eux-mêmes.

Les assureurs doivent créer des produits adaptés aux besoins de cette population pauvre, il s’agira de la micro assurance par la vente des micro-produits simples, et à moindre coût, destinés aux particuliers tant du secteur formel, qu’informel. La loi du grand nombre jouant, les ressources collectées seront à un niveau tel que le secteur ne pourrait qu’être renforcé. Par ce biais, l’assureur jouera pleinement le rôle socio-économique qui est le sien. 

Togo First : Justement, en partenariat avec la société d’assurances GTA C2A-IARDT, vous avez d’ailleurs lancé en décembre 2018 le produit « Protect Assur » au coût de 5000 FCFA par personne. Un produit qui consiste à voler au secours des victimes d’accidents de circulation abandonnées faute de moyens pour se soigner. Un pas important dans la couverture au Togo. Des mois après, comment se comporte le marché vis-à-vis de ce produit?

JK : Le marché réagit très bien après le lancement de ce produit. Il s’agissait en réalité d’un besoin ressenti par la population. L’ayant identifié, nous avons pris l’initiative donc de faire cette opération avec GTAC2A IARDT. Les résultats à ce jour, montrent à suffisance que nous ne nous sommes pas trompés. Il y a un engouement pour la souscription de ce produit. Pour des raisons stratégiques, nous préférons nous abstenir pour l’instant de vous communiquer des chiffres.

Togo First : Au Togo, la culture des assurances est encore loin des mœurs des populations. A La Protectrice, existe-t-il des actions concrètes menées pour éduquer les populations ?

JK : Bien sûr ! La Protectrice a pris sur elle, depuis que nous en avons repris le contrôle, de faire de l’éducation et de la formation pour inciter les consommateurs à avoir le réflexe de l’assurance, et ce, par la communication qui passe par plusieurs canaux à savoir les médias, (radio, télé, presse) pour expliquer à la population l’importance de l’assurance. C’est ce que nous avons fait au cours du lancement du produit PROTECT’ASSUR.

Aussi, nous avons créé aujourd’hui un magazine qui est un trimestriel d’information, pour former et éduquer la population sur la nécessité de l’assurance, et leur donner une explication claire sur les différents produits d’assurances. Le premier numéro est déjà paru avec un article (jugé provocateur par certains) intitulé « Comment éviter les pièges des Assureurs ? »

Nous avons également à très court terme, un projet de formation avec les experts en communication et médias. Pour plus d’audience et d’efficacité, nous comptons le faire dans le cadre plus large de notre Fédération Togolaise des Assureurs Conseil (FETAC) anciennement APAC – TOGO que j’ai le privilège de présider depuis septembre 2017. 

Togo First : Quels sont aujourd’hui les obstacles au développement du secteur ?

JK : Les freins au développement du secteur sont de plusieurs ordres et tiennent aux assurés eux-mêmes, aux assureurs, et à l’Etat.

Les freins concernant les assurés eux-mêmes sont notamment l’absence de réflexe d’assurance, et parfois un refus même de s’assurer pour des raisons religieuses ou sociologiques (s’assurer, c’est appeler le malheur soi-même).

Les freins du côté de l’assureur sont le manque et l’insuffisance de communication à l’endroit des consommateurs d’assurances, le manque d’innovation et de création de produits adaptés au besoin de la clientèle, et enfin la lenteur et la résistance dans le règlement du sinistre, décourageant ainsi les assurés.

Les freins du côté de l’Etat quant à eux, sont, entre autres, l’absence ou l’insuffisance du contrôle de l’effectivité des assurances obligatoires, une fiscalité parfois pesante sur certains produits d’assurances, enfin une insuffisance de création de mesures incitatives pour l’investissement (plus il y a des investissements, plus il y a un besoin de les sécuriser).

En définitive, le secteur ne se développera davantage que lorsque chaque partie aura joué sa partition.

Nous, en tant que conseil, jouons déjà la nôtre en essayant de communiquer suffisamment avec les assurés, que nous représentons et que nous assistons gratuitement depuis la souscription de leurs polices d’assurances jusqu’au règlement de leurs sinistres. Et tout cela, quoiqu’on dise, nous ne le faisons pas seulement pour nous, mais également pour redorer l’image de l’Assureur toujours considéré à ce jour comme « un voleur ». En mon sens, le développement significatif du marché des assurances au Togo est donc à ce prix.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.