Pour la CNUCED, un divorce brutal entre Londres et l’UE « affecterait de manière significative les conditions d’accès au marché britannique des pays en voie de développement ». Cependant, une sortie brusque devrait avoir peu d’effets sur l’économie togolaise, selon une étude publiée ce mois-ci par l’organisme onusien sur l’impact économique que pourrait avoir le Brexit sur les économies des pays en développement.
Le rapport montre, en effet, que l’Uemoa est l’une des zones les moins exposées. Le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali ou le Niger, dont les exportations vers la Grande-Bretagne en valeur sont encore insignifiantes, seront peu touchés par l’impasse au Parlement britannique. Quant au Sénégal, le manque à gagner est estimé à 1,5 million $. La Côte d’Ivoire, la grande victime de l’Union devrait voir 8% de ses exportations affectées. Ses recettes à l’export pourraient chuter de 29,7 millions $.
Si, parmi les voisins limitrophes du Togo, le Bénin et le Burkina Faso sont presque à l’abri, la facture pourrait être salée pour le Ghana. 39% des exportations du pays anglophone pourraient être affectés, sur fond de choc. En valeur, la CNUCED estime ses pertes potentielles de recettes à l’export à 91 millions $. C’est la première victime du Brexit dur en Afrique subsaharienne, le deuxième sur tout le continent après le Maroc (-97 millions).
Au total, une vingtaine de pays africains devraient essuyer des pertes de revenus d'exportation dont le montant global est estimé à 420 millions $.
En dépit de la profitabilité pour l’Afrique d’un « no deal », ce gain ne concernerait que seulement 5 pays africains. C’est l’Afrique du Sud, avec un gain de 3,04 milliards $, qui bénéficierait le plus d’un Brexit sans accord sur l’avenir des relations économiques entre la perfide Albion et ses cousins d’Europe. Les autres pays gagnants sont l'Île Maurice (220 millions $), le Botswana (190 millions $), les Seychelles (105 millions $) et la Namibie (85 millions $). Soit un total de 3,24 milliards de gains pour l’Afrique.
Les grands gagnants au niveau mondial sont la Chine, les Etats-Unis, le Japon, la Thaïlande.
Les candidats qui ambitionnent de décrocher du financement pour leurs projets, lors du forum économique Togo-UE, ont encore 7 jours pour soumettre leurs candidatures. L’appel à projets lancé afin de répertorier des initiatives en lien avec le Plan national de développement (PND) expire le 30 avril prochain.
En rappel, les projets sont ceux concernés par les 3 axes prioritaires du PND à savoir : l’agriculture et l’agroalimentaire ; les banques et assurances ; les BTP et matériaux de construction ; le commerce, le négoce et la distribution ; l’édition, la communication/ multimédia.
Il y a, en outre, des secteurs comme l’électronique et l’électricité, l’énergie ; l’informatique, l’Internet, les télécommunications ; les Transports/ Logistique, les services aux entreprises, études et conseils, etc.
Les dépôts de candidature se font en ligne via https://100projets.forumtogo-ue.com/ ; à noter que les inscriptions au forum sont payantes.
A terme, 100 projets devraient être retenus pour être présentés lors des sessions interactives B2B au cours du forum prévu les 13 et 14 juin prochains.
A cette 1re rencontre économique Togo-UE sont attendus 400 participants, dont 150 opérateurs économiques européens.
Séna Akoda
L’Institut de Conseil d’Appui Technique de Kara (ICAT-Kara) sert de cadre ce mardi 23 avril à une session de formation en lien avec le projet d’agropole de la Kara.
Selon les informations, une session méthodologique est en cours pour former les cadres à déployer sur le terrain, à l’identification des sites des Centres Techniques et de Coopération Agricole (CTA) et des blocs de production de l’agropole de Kara.
Avec cette étape, le chemin semble de plus en plus balisé vers la mise en place de cette technopole agroalimentaire. La suite devrait consister à identifier les CTA et les blocs de production.
La session méthodologique intervient, notons-le, après une vaste tournée de la coordination du projet et de Noël Bataka, ministre en charge de l’agriculture, dans plusieurs localités de la réghion de la Kara. Objectif: sensibiliser les populations de la région aux opportunités d’emplois et de développement que devrait générer ce projet.
Séna Akoda
Avec une progression de +24,8%, le Togo a enregistré la plus importante hausse des montants de dépôts dans les établissements de microfinance, ou Systèmes financiers décentralisés (SFD), dans l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) en 2018. Un tel pourcentage place le pays notamment devant le Mali (+23,4%), le Bénin (+6,0%), ou la Cote d’Ivoire (5,9%).
L’information ressort de la dernière note de la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) sur la situation de la microfinance dans l’Union monétaire ouest-africaine, parue en ce mois d’avril, et qui couvre la période de décembre 2017 à décembre 2018.
De même, l’encours des crédits des SFD a connu une progression de +24,8% au Togo, le pays enregistrant à ce titre, la deuxième plus importante hausse dans l’Union, juste derrière le Bénin (+34,1%), et se positionnant devant le Burkina Faso (+21,1%), le Mali (+20,2%), la Côte d'Ivoire (+17,0%) et le Sénégal (+11,6%).
De manière globale dans l’Union, ce montant a connu une croissance moyenne de 18,2%, par rapport à son niveau à fin décembre 2017, pour ressortir à 1 414,7 milliards FCFA.
Notons que ces pourcentages s’expriment sur fond d’une « évolution relativement opportune à l'inclusion financière », constate la Banque centrale.
Ayi Renaud Dossavi
Après avoir fait l’option de soutenir le Plan national de développement (PND), le bureau Togo du PNUD envisage un partenariat « solide » avec la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT).
Lors d’une séance d’échanges ce jeudi 18 avril avec Germain Mèba, président de cette institution, Aliou Dia, nouveau représentant-résident du PNUD au Togo, a évoqué cette piste pour servir de catalyseur à la mise en œuvre du PND (2018-2022).
Pour atteindre ce cap, le n°1 du PNUD au Togo a mis un accent sur l’émergence d’un secteur privé togolais fort et la promotion d’investissements innovants.
Plus spécifiquement, le PNUD semble très sensible à la question des emplois prévus à l’horizon 2022, en droite ligne avec les objectifs de développement durable. L’institution onusienne devrait travailler avec la CCIT à la création des 500 000 emplois projetés.
Selon Aliou Dia, « l’engagement du secteur privé est primordial pour l’atteinte des ODD et la réalisation du PND 2018-2022 ».
En rappel, la part contributive du secteur privé à la mise en œuvre du PND est attendue à 65 % de 4 622 milliards FCFA, soit près de 3000 milliards.
Séna Akoda
Clap de fin pour les journées portes ouvertes sur les métiers de la mer, qui se sont tenues du 16 au 18 avril 2019, sur le campus de l’Université de Lomé. Entre visites de stands et présentations diverses, ces trois jours d’activités ont eu pour but de susciter l’intérêt des visiteurs, surtout étudiants, sur les métiers de la mer.
Au bilan, « Il y a eu plus de 12 000 visites de stands, plus de 500 CV collectés.», souligne avec satisfaction, Hubert Bakaï, directeur des Affaires maritimes.
La rencontre a comptabilisé plus de 700 étudiants, qui se sont notamment familiarisés avec les installations portuaires, et les différentes dispositions prises en matière de sécurité et de sûreté portuaire ; en plus d’avoir été entretenus par une vingtaine d’experts sur différentes thématiques liées aux métiers maritimes.
Pour rappel, le Port autonome de Lomé est aujourd’hui le plus important en Afrique de l’Ouest, en termes de traffic de conteneurs. C’est un atout important pour le pays qui compte devenir, d’ici 2022, un hub logistique de référence dans la sous-région.
Ayi Renaud Dossavi
Confiance retrouvée sur le marché financier régional. Le Togo vient de crever à nouveau le plafond. A la recherche de 20 milliards FCFA, le Trésor public a réussi ce vendredi, à mobiliser près de 4 fois ses besoins.
Une sursouscription de 385%, le deuxième exploit de rang en l’espace de deux semaines, soit 77 milliards FCFA servis par les investisseurs de l’ensemble de l’espace UEMOA, excepté la Guinée-Bissau et le Niger.
Avec ce résultat, le pays confirme ses récentes performances du premier trimestre et son début tonitruant au deuxième trimestre.
Pour ses besoins, le Trésor public ne retient que 22 milliards FCFA de bons.
Le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational a réussi à mobiliser 450 millions $ pour sa dernière émission obligataire sur le marché international.
Selon ses arrangeurs, l'opération aurait attisé l’appétit d’un éventail d’investisseurs, dont des banques internationales et des institutions de financement du développement.
« Le succès de cette euro-obligation reflète l’appétit des investisseurs institutionnels de premier ordre sur ressources propres à l’échelle mondiale et la confiance dont bénéficient toujours notre groupe et les marchés auxquels nous avons choisi de prendre part », s’est réjoui Greg Davis, directeur financier du Groupe.
Cependant, la banque panafricaine basée à Lomé, et présente dans une trentaine de pays africains, devra payer sur cinq ans un taux d'intérêt semestriel de 9,75% sur son emprunt non garanti, un coût plus élevé que les 8,5% obtenus par sa filiale nigériane, lors de son émission.
Selon le top management d’Ecobank, les fonds mobilisés devraient servir surtout au refinancement de sa dette à court terme qui, pour l'exercice 2019, est annoncée à 471,2 millions $. Le groupe prévoit aussi d'affecter une partie des ressources mobilisées aux dépenses générales.
Ecobank qui a annoncé un résultat net financier en forte hausse doit encore apporter du répondant à son activité bancaire qui continue de battre de l’aile. Le produit net bancaire (PNB), l’indicateur le plus important pour une banque qui prend en compte sa marge d’intermédiation et ses commissions, a continuellement baissé pour chuter à 1,8 milliard $ fin 2018, le plus bas niveau depuis cinq ans.
« Cette émission témoigne des mesures que nous prenons pour renforcer notre groupe et créer de la valeur pour tous les actionnaires », a voulu rassurer Ade Ayeyemi, le DG d’Ecobank. Mais, pas assez : comme en 2017, les actionnaires ne recevront pas de dividendes au titre de l’exercice 2018. De grosses tensions en perspectives lors des assemblées générales ordinaires du 25 avril prochain, à Lomé.
Hier jeudi 18 avril 2019, le ministère en charge de l’Alphabétisation a signé une contractualisation avec les acteurs du domaine. De sorte à s’appuyer sur eux pour la lutte sur ce terrain au Togo.
Ce partenariat « public-privé » part notamment du constat de l’incapacité de l’Etat à supporter toute la charge opérationnelle liée à la promotion de l’alphabétisation sur le territoire.
« Le Togo s'est engagé dans la lutte contre l'analphabétisme des adultes depuis bientôt cinq décennies, mais nous nous sommes rendus compte que l'institutionnel seul ne pouvait pas venir à bout de ce phénomène.», explique Tchabinandi Kolani Yentcharé (photo), ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la femme et de l’Alphabétisation. Ainsi, « nous avons donc opté pour le « Faire-Faire ».
Plus concrètement, « L'Etat se charge de l'élaboration des politiques, des programmes, et des projets ; de l'orientation des actions, du suivi et de l'évaluation des actions sur le terrain.»
Et les opérateurs avec lesquels s’effectue la contractualisation se chargent pour leur part de la mise en œuvre opérationnelle de ces programmes sur le terrain. En rappel, selon l’Atlas des populations et pays du monde, le taux d’alphabétisation au Togo, est passé de 65% en 2008 à 84 % en 2017.
Ayi Renaud Dossavi
Kako Nubukpo (photo), une des têtes d’affiche de la lutte contre le franc CFA, est désormais le doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’université de Lomé.
Le nouveau visage anti-CFA succède à Akoete Ega Agbodji. L’ancien ministre la Prospective ayant accédé au grade de professeur du CAMES (seulement) l’année dernière prend la tête d’une faculté qu’il entend redynamiser.
Kako Nubukpo voit le jour en 1968 à Lomé, capitale du Togo. Celui qui était, il y a encore quelques mois, directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF, est une référence continentale en matière d’économie. Formé en France, il est titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’université Lumière Lyon 2.
De 1997 à 1999, il enseigne à la Lyon Business School avant de rejoindre en 2000, la BCEAO. C’est à cette époque que le macroéconomiste se familiarise avec le fonctionnement du franc CFA, monnaie pour laquelle il développe une aversion particulière.
Il est d’ailleurs l’un des Africains « crédibles » à la critiquer en arborant des arguments économiques, mais aussi souverainistes.
En 2003, Kako Nubukpo rejoint le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, à Montpellier et Bamako. L’économiste togolais y fait valoir son expertise en coton, acquise durant ses années universitaires.
Il occupe de nombreux postes importants dans des institutions économiques avant de se faire remarquer par Faure Gnassingbé qui le nomme ministre de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques en 2013.
Il sera d’ailleurs l’un des principaux artisans de la vision 2030 avant de tomber en disgrâce pour des propos anti-CFA.
Suite à ses multiples positions sur la question monétaire, il est limogé en juin 2015, un débarquement dont le président ivoirien, connu pour son attachement à l’ancienne monnaie coloniale, serait l’instigateur, a toujours dénoncé le nouveau patron de l’entité en charge des sciences économiques du haut lieu du savoir.
En mars 2016, il rejoint pourtant l’OIF, en tant que directeur de la Francophonie économique et numérique et sera à nouveau limogé pour les mêmes raisons.
Kako Nubukpo, chantre de la libération de l’Afrique francophone du franc CFA, qui a toujours attribué ses licenciements à son militantisme, assume.
Nubukpo est co-auteur de Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : A qui profite le franc CFA ?, un livre qui deviendra une sorte de bible pour tout le mouvement anti-CFA.