Clap de fin pour les journées portes ouvertes sur les métiers de la mer, qui se sont tenues du 16 au 18 avril 2019, sur le campus de l’Université de Lomé. Entre visites de stands et présentations diverses, ces trois jours d’activités ont eu pour but de susciter l’intérêt des visiteurs, surtout étudiants, sur les métiers de la mer.
Au bilan, « Il y a eu plus de 12 000 visites de stands, plus de 500 CV collectés.», souligne avec satisfaction, Hubert Bakaï, directeur des Affaires maritimes.
La rencontre a comptabilisé plus de 700 étudiants, qui se sont notamment familiarisés avec les installations portuaires, et les différentes dispositions prises en matière de sécurité et de sûreté portuaire ; en plus d’avoir été entretenus par une vingtaine d’experts sur différentes thématiques liées aux métiers maritimes.
Pour rappel, le Port autonome de Lomé est aujourd’hui le plus important en Afrique de l’Ouest, en termes de traffic de conteneurs. C’est un atout important pour le pays qui compte devenir, d’ici 2022, un hub logistique de référence dans la sous-région.
Ayi Renaud Dossavi
Confiance retrouvée sur le marché financier régional. Le Togo vient de crever à nouveau le plafond. A la recherche de 20 milliards FCFA, le Trésor public a réussi ce vendredi, à mobiliser près de 4 fois ses besoins.
Une sursouscription de 385%, le deuxième exploit de rang en l’espace de deux semaines, soit 77 milliards FCFA servis par les investisseurs de l’ensemble de l’espace UEMOA, excepté la Guinée-Bissau et le Niger.
Avec ce résultat, le pays confirme ses récentes performances du premier trimestre et son début tonitruant au deuxième trimestre.
Pour ses besoins, le Trésor public ne retient que 22 milliards FCFA de bons.
Le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational a réussi à mobiliser 450 millions $ pour sa dernière émission obligataire sur le marché international.
Selon ses arrangeurs, l'opération aurait attisé l’appétit d’un éventail d’investisseurs, dont des banques internationales et des institutions de financement du développement.
« Le succès de cette euro-obligation reflète l’appétit des investisseurs institutionnels de premier ordre sur ressources propres à l’échelle mondiale et la confiance dont bénéficient toujours notre groupe et les marchés auxquels nous avons choisi de prendre part », s’est réjoui Greg Davis, directeur financier du Groupe.
Cependant, la banque panafricaine basée à Lomé, et présente dans une trentaine de pays africains, devra payer sur cinq ans un taux d'intérêt semestriel de 9,75% sur son emprunt non garanti, un coût plus élevé que les 8,5% obtenus par sa filiale nigériane, lors de son émission.
Selon le top management d’Ecobank, les fonds mobilisés devraient servir surtout au refinancement de sa dette à court terme qui, pour l'exercice 2019, est annoncée à 471,2 millions $. Le groupe prévoit aussi d'affecter une partie des ressources mobilisées aux dépenses générales.
Ecobank qui a annoncé un résultat net financier en forte hausse doit encore apporter du répondant à son activité bancaire qui continue de battre de l’aile. Le produit net bancaire (PNB), l’indicateur le plus important pour une banque qui prend en compte sa marge d’intermédiation et ses commissions, a continuellement baissé pour chuter à 1,8 milliard $ fin 2018, le plus bas niveau depuis cinq ans.
« Cette émission témoigne des mesures que nous prenons pour renforcer notre groupe et créer de la valeur pour tous les actionnaires », a voulu rassurer Ade Ayeyemi, le DG d’Ecobank. Mais, pas assez : comme en 2017, les actionnaires ne recevront pas de dividendes au titre de l’exercice 2018. De grosses tensions en perspectives lors des assemblées générales ordinaires du 25 avril prochain, à Lomé.
Hier jeudi 18 avril 2019, le ministère en charge de l’Alphabétisation a signé une contractualisation avec les acteurs du domaine. De sorte à s’appuyer sur eux pour la lutte sur ce terrain au Togo.
Ce partenariat « public-privé » part notamment du constat de l’incapacité de l’Etat à supporter toute la charge opérationnelle liée à la promotion de l’alphabétisation sur le territoire.
« Le Togo s'est engagé dans la lutte contre l'analphabétisme des adultes depuis bientôt cinq décennies, mais nous nous sommes rendus compte que l'institutionnel seul ne pouvait pas venir à bout de ce phénomène.», explique Tchabinandi Kolani Yentcharé (photo), ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la femme et de l’Alphabétisation. Ainsi, « nous avons donc opté pour le « Faire-Faire ».
Plus concrètement, « L'Etat se charge de l'élaboration des politiques, des programmes, et des projets ; de l'orientation des actions, du suivi et de l'évaluation des actions sur le terrain.»
Et les opérateurs avec lesquels s’effectue la contractualisation se chargent pour leur part de la mise en œuvre opérationnelle de ces programmes sur le terrain. En rappel, selon l’Atlas des populations et pays du monde, le taux d’alphabétisation au Togo, est passé de 65% en 2008 à 84 % en 2017.
Ayi Renaud Dossavi
Kako Nubukpo (photo), une des têtes d’affiche de la lutte contre le franc CFA, est désormais le doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’université de Lomé.
Le nouveau visage anti-CFA succède à Akoete Ega Agbodji. L’ancien ministre la Prospective ayant accédé au grade de professeur du CAMES (seulement) l’année dernière prend la tête d’une faculté qu’il entend redynamiser.
Kako Nubukpo voit le jour en 1968 à Lomé, capitale du Togo. Celui qui était, il y a encore quelques mois, directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF, est une référence continentale en matière d’économie. Formé en France, il est titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’université Lumière Lyon 2.
De 1997 à 1999, il enseigne à la Lyon Business School avant de rejoindre en 2000, la BCEAO. C’est à cette époque que le macroéconomiste se familiarise avec le fonctionnement du franc CFA, monnaie pour laquelle il développe une aversion particulière.
Il est d’ailleurs l’un des Africains « crédibles » à la critiquer en arborant des arguments économiques, mais aussi souverainistes.
En 2003, Kako Nubukpo rejoint le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, à Montpellier et Bamako. L’économiste togolais y fait valoir son expertise en coton, acquise durant ses années universitaires.
Il occupe de nombreux postes importants dans des institutions économiques avant de se faire remarquer par Faure Gnassingbé qui le nomme ministre de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques en 2013.
Il sera d’ailleurs l’un des principaux artisans de la vision 2030 avant de tomber en disgrâce pour des propos anti-CFA.
Suite à ses multiples positions sur la question monétaire, il est limogé en juin 2015, un débarquement dont le président ivoirien, connu pour son attachement à l’ancienne monnaie coloniale, serait l’instigateur, a toujours dénoncé le nouveau patron de l’entité en charge des sciences économiques du haut lieu du savoir.
En mars 2016, il rejoint pourtant l’OIF, en tant que directeur de la Francophonie économique et numérique et sera à nouveau limogé pour les mêmes raisons.
Kako Nubukpo, chantre de la libération de l’Afrique francophone du franc CFA, qui a toujours attribué ses licenciements à son militantisme, assume.
Nubukpo est co-auteur de Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : A qui profite le franc CFA ?, un livre qui deviendra une sorte de bible pour tout le mouvement anti-CFA.
Financé à hauteur de 15 millions $ par la Banque mondiale, le Projet de développement et de gouvernance minière (PDGM) a apporté tout récemment son concours à une formation de qualité des ressources humaines à l’université de Lomé.
Selon les informations, l’enveloppe financière décaissée à cet effet s’établit à 700 millions FCFA.
Elle a servi essentiellement, apprend-on, à améliorer la logistique des formateurs et des apprenants, notamment à travers des travaux de réhabilitation des locaux des cours et des travaux pratiques. Deux véhicules, un bus et un pick-up double cabine ont également été achetés et offerts.
Notons que c’était le mardi 16 avril dernier, à l’occasion du lancement de deux licences professionnelles à la Faculté des sciences de l’université de Lomé : la licence professionnelle en Géologie minière et la licence en Chimie analytique mines et environnement.
L’ouverture de ces parcours de formation était prévue au titre des actions à réaliser dans le cadre du PDGM à l’effet d’améliorer la gestion et d’assurer la transparence dans le secteur minier.
Séna Akoda
Sur 180 pays, le Togo occupe la 76e place au Classement mondial de la Liberté de la presse 2019, rendu public hier. Un record depuis 2014. Le pays a amélioré son score de 0,54 points, suffisant pour un bond de 10 places.
« La dépénalisation des délits de presse est acquise depuis 2004 et les organisations professionnelles de journalistes disposent d’une importante capacité de mobilisation pour défendre la presse lorsque cette dernière est attaquée. », se satisfait Reporter Sans Frontière (RSF).
Rappelant les épisodes à la mi-2017 marqués par de grandes manifestations socio-politiques et les réponses des autorités qui s’en sont suivis (black-out d’internet), l’ONG affirme que « la situation s’est quelque peu apaisée et le nombre d’exactions contre les journalistes est en forte baisse ».
En 2019, le Togo n’a enregistré ni de journalistes tués, ni de journalistes emprisonnés, selon le baromètre de RSF.
Toutefois, l’étude met en surbrillance la forte exposition de l’environnement médiatique au contexte politique alors que les élections locales (2019) et présidentielle (2020) s’annoncent avec éventuellement des remous.
Est également pointé du doigt, l’inefficacité des médias d’Etat « à fournir une véritable information de service public » dans « un paysage médiatique foisonnant » qui regroupe officiellement 171 titres, 74 radios et 10 chaînes de télévision.
Le salut par la professionnalisation.
« La professionnalisation du secteur, la protection des sources et des journalistes - notamment lors des manifestations - et l’accès à des ressources financières plus importantes pour assurer la viabilité économique des médias constituent les principaux enjeux du futur Code de la presse actuellement à l’étude. ». Une lueur d’espoir et perçue comme telle par RSF.
Globalement, remarque l'ONG, la liberté de la presse a continué à se dégrader dans de nombreux pays et les zones "sûres" pour les journalistes se raréfient. Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation "bonne" ou "plutôt bonne" pour la liberté de la presse, contre 26% en 2018.
En Afrique, aucun pays et territoire n’affiche une situation "bonne" et seulement 4 une situation "plutôt bonne". Le Togo se maintient dans le lot des pays à problèmes sensibles, un cran en dessous des pays où la situation est ‘’plutôt bonne’’.
Au Togo, moins d’un quart de la population (20%) est abonné à l’internet mobile, montrent les dernières données de l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA). Une tendance sous-régionale qui met en perspective les efforts à fournir pour parvenir à l’inclusion numérique.
Le Togo ne serait pas sorti de l’auberge, font constater les données de l’association qui représente les intérêts de plus de 750 opérateurs et de près de 400 entreprises de l’écosystème mobile (fabricants de téléphones et appareils mobiles, éditeurs de logiciels, fournisseurs d’équipements, prestataires Internet et organismes issus de secteurs liés).
Alors que les perspectives semblent assez prometteuses pour la sous-région (les connexions par smartphone devraient plus que doubler d’ici 2025), la GSMA indique que le pays d’Afrique de l’Ouest a encore à couvrir 61% de sa population par un réseau haut débit mobile.
Si le nombre de connexions par smartphone a encore des marges de progression – puisque 19% des Togolais couverts par un réseau haut débit mobile, ne s’en servent pas, majoritairement des adultes – c’est en partie en raison de plusieurs facteurs. En effet, le Togo doit encore fournir des efforts en matière d’infrastructures, d’accessibilité, et surtout de préparation des consommateurs et du contenu, selon l’indice de connectivité mobile GSMA, un outil qui compare les performances de 163 pays à travers le monde.
L’un des défis à relever « dans la poursuite de l’inclusion numérique » est que « l’extension de la couverture reste un défi économique compte tenu des coûts élevés de cette extension et des problèmes liés à la demande des consommateurs », signale la GSMA.
En Afrique de l’Ouest, l’écosystème du mobile employait officiellement 200 000 personnes et 800 000 de manière informelle, fin 2018. Il contribuait à hauteur de 52 milliards de dollars à l’économie de la sous-région. Sa contribution devrait augmenter pour atteindre près de 70 milliards de dollars en 2023, principalement grâce aux gains de productivité, révèle la GSMA.
Selon la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface), le Programme national de développement devrait apporter un certain boost à la croissance togolaise, en stimulant les investissements.
En effet, dans son rapport 2019 sur les risques et prévisions sectoriels, concernant 161 pays dans le monde, la Coface souligne que « la contribution de l’investissement total à la croissance devrait être conséquente en 2019, en raison des lancements des projets liés au PND, dont deux tiers seront privés et un tiers public».
Par ailleurs, les efforts internes, notamment dans les secteurs minier et agricole, ainsi que l'impact positif de certains partenaires du pays, devraient également tirer vers le haut les exportations, notamment vis-à-vis des importations.
Ainsi, « les efforts consentis dans les secteurs agricole et extractif, ainsi que la reprise prévue chez certains partenaires commerciaux, notamment le Nigeria, devraient permettre à la croissance des exportations d’outrepasser celle des importations, qui demeurera plus contenue, engendrant une contribution nette positive de la balance commerciale à la croissance»
Par ailleurs, la compagnie d’assurance-crédit française relève la situation politique, comme facteur pouvant un peu infléchir ces tendances économiques. Ainsi en est-il de la consommation publique, qui représente environ 14% du PIB national, et qui, dans cette perspective, pourrait « légèrement décroître », note le rapport.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo s’achemine vers une adhésion à l’Africa Finance Corporation (AFC), société financière internationale spécialisée dans le financement des infrastructures et de l’industrie ; l’information ressort du dernier conseil des ministres, en date du 17 avril 2019.
En effet, au sortir des travaux, le communiqué émis a annoncé l’adoption par le gouvernement d’un projet de loi pour que le pays adhère à l’AFC, dont la charte a été adoptée le 28 mai 2007 à Lagos, et qui vise à stimuler la croissance économique et le développement sur le continent.
Pour le Conseil, il s’agit entre autres d’augmenter les options du pays en matière d’investissement, notamment dans la perspective du Programme national de développement (PND).
En effet, l’adhésion permettra au pays « d’élargir son groupe de partenaires financiers » et « donnera l’opportunité aux institutions financières nationales de bénéficier des facilités de prêts de la société en vue de contribuer au financement des projets prioritaires du Plan national de développement (PND) ».
Notons également que, dans la même veine, un projet de loi a été adopté, pour que le pays adhère à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), organisation financière multilatérale chinoise, créée en 2015.
Pour rappel, en décembre 2018, le Conseil d’administration de l’AIIB a approuvé l’adhésion du Togo, en même temps que d’autres pays d’Afrique, notamment le Ghana, l’Algérie et le Maroc.
Ayi Renaud Dossavi