Le Togo a désormais son Agence nationale de la cyber-sécurité (Ancy). Le conseil des ministres, réuni hier mercredi 13 février, a défini et précisé les contours du fonctionnement et du champ d’action de cette structure.
L’Ancy sera donc l'autorité en matière de sécurité et de défense des systèmes d’information au Togo. Avec pour rôle de lutter contre les menaces et risques inhérents à l’expansion du numérique, dont la pénétration de plus en plus grande dans les divers aspects de la vie courante.
Cette création vise à accompagner « la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement des TIC », a expliqué le communiqué du Conseil.
L’Agence s’inscrit ainsi dans une logique de « réforme du cadre juridique et surtout institutionnel en vue d’assurer un renforcement de la sécurité et de la confiance dans le domaine du numérique. »
Pour rappel, la loi sur la cyber-sécurité et la lutte contre la cybercriminalité a été adoptée au Togo en décembre 2018.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le taux de l'intérêt légal applicable en 2019 a été maintenu à 4,5%, a annoncé hier le gouvernement à l’issue du Conseil des ministres délocalisé à Tabligbo, préfecture de Yoto, à environ 90 km de Lomé.
De 3,5437% en 2017, ce taux avait été réévalué à 4,5% l’an dernier, avant d’être maintenu pour le compte de l’année civile 2019.
Mis en place au sein de l’Uemoa pour servir à calculer, en l’absence de stipulations particulières, les dommages et intérêts de retard dus par un débiteur défaillant après mise en demeure, au Togo, le taux de l'intérêt légal est fixé par le gouvernement pour une année civile.
Fiacre E. Kakpo
Les opérateurs économiques togolais ont pris connaissance, ce mardi 12 février 2019, des mises à jour apportées au logiciel « FORSETI », la plateforme de télé-procédures pour le traitement des contentieux commerciaux au Togo. Une rencontre qui s’est tenue dans le cadre du projet d’amélioration des chambres commerciales du tribunal de première instance et de la cour d’appel de Lomé.
« Pendant longtemps, seuls les juges et les greffiers utilisaient la plateforme », rappelle Kouami Gaméli Lodonou, chef de mission du projet. A présent, les avocats peuvent « saisir les juridictions commerciales, payer en ligne, et suivre leurs dossiers », via l’application. Ce qui représente « un gain de temps », pour les auxiliaires de justices, ainsi que leurs clients.
Notons que cet atelier vise aussi à augmenter la visibilité des réformes réalisées au Togo en matière de climat des affaires, en faisant en sorte qu'elles soient connues par les contribuables.
Pour rappel, les innovations de la plateforme « FORESTI » ont été auparavant présentées, en début de janvier dernier, aux auxiliaires de justice. Une rencontre à l’initiative du Programme national de modernisation de la justice (PNMJ) et de la Cellule Climat des affaires.
Ayi Renaud Dossavi
En vue d’améliorer le fonctionnement de l’Etat civil au Togo, un comité technique a été mis en place ce mardi 12 février. Le but est de faire l’état des lieux et de proposer des solutions, afin notamment de fournir des services plus fluides et efficaces.
En effet, il s’agit de pallier aux problèmes de fonctionnement que rencontre cet organe administratif au Togo, notamment « en termes de personnel, d’efficacité, et d’équipements », explique Douti Lardja, président du comité technique. Un état des lieux permettra donc, dans un premier temps, de « savoir ce qu’il faut apporter comme contribution afin d’améliorer et rendre l’état civil efficace et efficient. »
Des solutions en termes d’augmentation des effectifs et de renforcement de capacité sont ainsi envisagées.
Pour sa part, le ministre en charge l’administration territoriale, Payadowa Boukpessi, a appelé les membres du comité à relever les défis de cette mission, en précisant que l’état civil était « l’une des préoccupations majeures du gouvernement », en tant qu’outil de planification et aussi de fiabilisation du fichier électoral. D’où la nécessité de ce comité technique.
Ayi Renaud Dossavi
La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) vient d’adopter son plan stratégique quinquennal 2019-2023. Et ce, quelques jours après la publication du rapport 2018 de l’ONG allemande Transparency International sur l’Indice de Perception de la Corruption où le Togo ne fait pas bonne figure. Comment cette régression peut-elle s’expliquer? Que compte faire l’institution pour redorer le blason du Togo en matière de prévention et de lutte contre la corruption et infractions assimilées, dans un contexte où les priorités des pouvoirs publics sont essentiellement tournées vers l’amélioration de l’environnement des affaires et la mobilisation des ressources pour le financement du Plan National de Développement 2018-2022 ? Togo First est allé à la rencontre de son président, le juge Wiyao Essohana. Interview exclusive !
Togo First : Dites-nous, quel est l’état de la corruption au Togo ?
Wiyao Essohana (W.E) : Je m’en vais vous préciser que la HAPLUCIA que je préside est à sa phase d’installation. Très bientôt, nous allons commanditer une étude sur l’état des lieux de la corruption au Togo.
Néanmoins, nous pouvons utiliser quelques données existantes pour répondre à cette question. La 1ère donnée, c’est un sondage effectué par la Ligue des Indépendants pour la Transparence en 2008. Selon les résultats de ce sondage, la corruption est réelle au Togo. Le classement montre qu’au peloton de tête, nous avons la police, la douane, les impôts. Ensuite, la gendarmerie, le pouvoir exécutif, la justice, l’administration publique et les collectivités locales.
La deuxième référence, c’est le projet ATENS (Avançons Tous Ensemble). C’est un projet initié par l’Etat togolais dans le but de moderniser l’administration publique. En 2001, un groupe a travaillé sur la thématique pour décourager la corruption dans la fonction publique togolaise. Ce groupe a fait aussi une étude. Il en ressort que 97,44% des enquêtés estiment qu’il y a la corruption au Togo et que l’administration publique togolaise est corrompue. De même, d’après cette étude, la sécurité, la douane, la justice, les impôts occupent le peloton de tête des institutions les plus corrompues au Togo.
Je m’en voudrais de ne pas citer le classement Transparency International. Sur ces dix dernières années, nous voyons qu’en 2012, nous occupions la 128è place pour un score de 30 points. Nous avons ensuite régressé en 2013 : 123è place pour 29 points ; en 2014, nous avions 29 points et occupions le 126è rang. En 2015, nous enregistrions 32 points sur 100 et avions amélioré notre classement en nous positionnant à la 107è place. En 2016, nous avions toujours 32 points et étions 116è. Il en est de même pour 2017, où nous avons rétrogradé d’une place pour le 117ème rang. En 2018, nous avons régressé en perdant 2 points et occupons désormais la 129è place. Tous ces indices nous montrent que la corruption est réelle au Togo.
Togo First : Comment cette régression peut-elle s’expliquer ?
W.E : Ce classement n’est effectivement pas flatteur ; il est plutôt désolant parce que nous avons perdu 2 points et régressé de plusieurs places. Le fait est que depuis 2009, le Togo s’est engagé dans de multiples efforts de réformes ; et les chantiers prioritaires, ce sont les finances publiques et les marchés publics qui ont fait l’objet d’une abondante réglementation. En 2015, dans le cadre de la réforme de la justice, la HAPLUCIA a été créée ; on a eu plus tard un nouveau code pénal qui domestique toutes les dispositions pertinentes contenues dans les conventions internationales que nous avons ratifiées. Donc tous ces efforts ont été comptabilisés pour nous permettre de monter à 32 points sur 100 et pour occuper un rang quand même acceptable de 107è.
Mais il se fait que depuis, la HAPLUCIA n’a pas été opérationnalisée. Trois ans sont passés et elle n’était pas opérationnelle. Cette régression en 2018 peut s’expliquer par ce vide. Il y a un autre grief qu’on nous porte, c’est que les actes de corruption sont restés impunis. Je pense que nous devons travailler sur ce côté pour améliorer notre image et rebondir dans le classement.
Togo First : Très active sur le terrain de la sensibilisation, la HAPLUCIA ne semble pas très présente sur le terrain de la répression…
W.E : Oui, il faut comprendre, comme je l’ai dit tantôt, que la HAPLUCIA est en train de s’installer. Le 1er crédit de fonctionnement a été alloué seulement avec la Loi de Finances 2018. Donc économiquement et financièrement, nous n’avons commencé d’exister qu’à partir de l’année dernière.
Ce crédit nous a permis de nous installer, de nous équiper et de renforcer nos capacités. Donc au titre de 2018, c’est la campagne de sensibilisation que nous avons préparée, qui a été lancée officiellement par le Premier ministre, représentant le Chef de l’Etat. Et c’est ce programme que nous exécutons. Le processus est en cours ; et cette année, nous allons mettre un accent particulier sur la répression. On va nous sentir aussi sur le terrain de la répression.
Togo First : Et dans le viseur, quelles affaires avez-vous déjà identifiées ?
W.E : Déjà, je peux vous dire que toutes les grosses affaires qui intéressent les Togolais nous préoccupent aussi. Je peux citer les affaires tristement célèbres comme les CAN 2013 et 2017 et l’affaire du tronçon Lomé-Vogan-Anfoin qui passe devant le siège de la HAPLUCIA. Nous sommes en train de collecter les dossiers, les rapports sur ces dossiers. Très bientôt nous allons les étudier et, s’il y a des cas avérés de corruption, nous allons les transmettre à la justice. Ainsi vous, les journalistes et la population, vous en serez informés.
Togo First : Sur le plan technique, après transmission au Procureur de la République d’un dossier déjà instruit par la HAPLUCIA, que se passe-t-il ? Le Procureur de la République enclenche-t-il directement la procédure de mise en examen ou il ordonne une nouvelle instruction du dossier ?
W.E : En réalité, la HAPLUCIA a compétence pour investiguer, mais pas pour juger. Comme la police et la gendarmerie. Elles investiguent, rassemblent les preuves et transmettent les dossiers à la justice. C’est ce que nous allons faire aussi. Donc nous allons étudier les dossiers, transmettre les rapports, avec les recommandations de poursuite au Procureur de la République.
Quand le Procureur de la République reçoit les dossiers, il a plusieurs options qui s’offrent à lui. Et puis la nature de l’infraction indique la procédure à suivre. Si c’est une infraction appelée crime, c’est-à-dire une infraction passible de 5 ans et plus, lorsque le Procureur de la République reçoit le dossier, il doit l’envoyer obligatoirement à l’instruction. Il ne peut pas passer directement au jugement.
Mais si c’est une infraction qui a le caractère de délit, passible d’une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans, si le Procureur de la République estime que le travail effectué par la police et la gendarmerie est suffisamment clair, il peut envoyer le dossier directement en jugement. Si le Procureur de la République estime que nos rapports sont suffisamment étoffés, dans les cas de délits, il les enverra directement en jugement. En revanche s’il estime qu’il faut un complément d’enquête, il enverra le dossier à l’instruction. C’est comme cela que se décline la procédure. En conclusion, quand nous transmettons, ça ne s’arrête pas là. Nous sommes partie prenante de toute la procédure jusqu’au jugement. Nous sommes présents à toutes les phases. On doit nous informer. Si nous le voulons, nous participons à l’instruction ; nous participons également au jugement.
Togo First : Pourrions-nous espérer atteindre dans les années à venir, l’objectif zéro corruption au Togo ?
W.E : Zéro corruption, c’est un idéal et il faut toujours avoir des idéaux ; il faut les fixer très haut et sauter pour les atteindre. Pour le moment, il n’y a pas zéro corruption sur la planète. Les pays les plus intègres, les pays scandinaves occupent le top des classements en la matière mais aucun de ces pays n’a eu 10/10 ; aucun pays n’a eu 100%. Parfois 9/10 voire 9,5/10. Ça veut dire que la corruption zéro n’existe pas. Mais il faut contenir ce fléau, travailler à le réduire à son minimum. C’est ce que nous allons faire.
Interview réalisée par Séna Akoda
En vue d’amorcer la phase opérationnelle du Projet de transofrmation agricole au Togo (PTA-TOGO), l'Agence de promotion et de développement des agropoles au Togo (APRODAT) va lancer plusieurs appels d’offres, couvrant l’achat de biens, la réalisation de travaux, et des services de consultant. Un avis général de passation de marchés a été émis à cet effet.
Dans le détail, les achats de biens couvrent notamment : des équipements agricoles et de laboratoire pour les instituts et centres de formation, de recherche agricole et de certification ; des mobiliers de bureau ; de l’équipement informatique et logiciel de gestion ; un système de gestion financière et comptable.
Au titre des travaux à entreprendre, on compte : l’aménagement de l'agro-parc (VRD, lotissement, bâtiments divers), la construction de deux stations de traitement de l’alimentation en eau potable et d’épuration ; la construction de dix centres de transformation agricole ; et la construction d'un barrage (B4/Agroparc).
Pour ce qui est des services de consultants recherchés, ils couvrent une large palette de prestations, dont l'assistance technique à l'APRODAT y compris la passation des marchés, la gestion financière, juridique et d’ingénierie, l’élaboration d'une stratégie, et l'étude de faisabilité des deux zones de transformation agricole dans les régions de Oti et Haut-Mono.
Les soumissionnaires intéressés peuvent consulter l’avis général de passation de marchés publics sur le site de la Banque africaine de développement (BAD), partenaire du projet des agropoles. Les dossiers d’appel d’offres devraient être disponibles à partir de ce mois de février 2019.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, le gouvernement envisage de construire, en partenariat public-privé, un port sec à Cinkassé, ville frontalière du Burkina Faso, située à 657 km de Lomé, la capitale.
L’infrastructure qui s’étalera sur une superficie 100 hectares permettra de conteneuriser et de renforcer le corridor de transport entre le Port de Lomé et la ville de l’extrême-nord du Togo.
Alors que la plateforme portuaire togolaise est devenue la principale de la sous-région, selon l’analyste maritime néerlandais Dynamar, le projet du port sec porté par Togo Invest dans le cadre du corridor Lomé-Cinkassé, est devenu nécessaire.
Selon les premières informations, l’ouvrage sera doté d’installations douanières pour les marchandises du Burkina Faso, du Ghana et du Niger, d’entrepôts pour la déconteneurisation et distribution de fret, ainsi que d’un guichet unique et de bureaux pour l’aménagement des procédures et organisations logistiques. Aussi est-il prévu la mise en place d’installations et d’équipements modernes pour le transfert de cargo entre camions.
Selon les études, les flux de marchandises vers l’hinterland devraient se situer à 10 230 000 tonnes par an d’ici 2040, contre 3 786 000 tonnes en 2015.
Fiacre E. Kakpo
Gozem, la start-up basée à Lomé, spécialisée dans le transport de passagers, prévoit d’étendre ses services en Afrique de l’ouest et centrale cette année, a annoncé hier la compagnie d’Emeka Ajene. Après avoir testé Lomé, la pousse qui s’est lancée il y a un peu plus de deux mois dans la capitale togolaise, s’annonce sur les marchés béninois, maliens, burkinabè, et camerounais.
« Gozem proposera bientôt son application dans toute l’Afrique sur différents types de véhicules. La société ouvrira en 2019 au Bénin, au Cameroun ainsi qu’au Burkina Faso et au Mali. », a fait savoir son top management.
Plateforme technologique de transport lancée en novembre dernier, Gozem revendique plus de 50 000 téléchargements en moins de 3 mois d’activités exclusives à Lomé. Fort de ce succès, il vient d’ajouter une nouvelle fonctionnalité de réservation de taxis (voiture) à son offre.
Fiacre E. Kakpo
Le Ministère en charge du commerce et de l’industrie travaille à la production d’un document de politique et de stratégie industrielle pour le Togo. C’est à la faveur d’un atelier de six jours, qui se tient depuis ce lundi 11 février, dans la ville de Notsè (94,3 km au nord de Lomé), et qui réunit des experts de différents secteurs économiques, industriels et de la société civile.
Pour ces travaux, il s’agit de reprendre un document préalablement élaboré en 2013, de le mettre à jour et de l’améliorer, afin qu’il s’ajuste aux objectifs actuels du Togo, surtout dans le cadre du Plan National de Développement (PND).
Selon Luciano Fewou, coordonnateur du Projet d’appui à la mobilisation des ressources et au renforcement des capacités institutionnelles (PAMOCI), ce document devrait notamment permettre à l'Etat d’avoir une vision claire sur les actions à engager, ainsi que les axes prioritaires.
Par ailleurs, le texte vise également à fournir un état des lieux de l’industrie au Togo, ce qui renseignera les investisseurs, ainsi que les partenaires techniques et financiers, sur les actions et projets qui peuvent être financés.
Ayi Renaud Dossavi
Les Loméens peuvent désormais commander un taxi (voiture) grâce à l’application Gozem. Après son début avec les zemidjans (taxi-motos), la start-up arrivée au Togo il y a deux mois, vient de dévoiler sa nouvelle offre.
« Gozem est heureux d’ajouter cette nouvelle corde à son arc pour son expansion à Lomé tout en offrant un service innovant, de qualité et avec un prix juste fixé au kilomètre pour ses utilisateurs et chauffeurs. », a déclaré le Nigerian Emeka Ajene, son Ceo.
Lire ici : L’interview d’Emeka Ajene, réalisée par Togo First
« Cette nouvelle fonctionnalité de l’application permettra d’élargir l’offre de Gozem au bénéfice de ses utilisateurs. Elle leur permet depuis aujourd’hui de réserver une voiture taxi privée allant jusqu’à 4 personnes en quelques clics seulement. », a expliqué la pousse togolaise dans un communiqué dont Togo First a eu copie.
Répondant à la problématique de la sécurité, Gozem assure qu’ « avant le début de leur partenariat avec Gozem, tous les chauffeurs sont formés sur la maîtrise du code de la route et à offrir un service de qualité aux clients de l’application. » Et de poursuivre : « Ces véhicules et leurs chauffeurs sont assurés par Ogar Assurances et le service d’urgence Togo Assistance. »
En deux mois d’activités sur le marché togolais, la start-up revendique plus de 50 000 téléchargements sur Play store et App store. Cette année, elle prévoit d’étendre ses activités au Bénin, au Cameroun, au Burkina Faso et au Mali.
Fiacre E. Kakpo