(Togo First) - En marge de la première réunion du Comité de Supervision Économique du Transport Aérien de la CEDEAO (ECATEOC), les 2 et 3 juillet 2026 à Lomé, le directeur général de l'Agence Nationale de l'Aviation Civile (ANAC) du Togo, le lieutenant-colonel Idrissou Ahabou Abdou, a annoncé une réduction drastique des frais d'entrée sur le marché pour les compagnies aériennes souhaitant s'installer au Togo.
De 200 millions à 3,5 millions de FCFA
Selon le DG de l'ANAC, une compagnie aérienne désireuse de s'établir au Togo devait jusqu'ici mobiliser un minimum de 200 millions de FCFA pour l'obtention des documents requis. Ce montant est désormais ramené à 3,5 millions de FCFA : « Sur instruction du champion du MUTAA (Faure Gnassingbé, Président du Conseil du Togo, ndrl), nous allons appliquer une nouvelle directive. Vous pouvez désormais vous installer en tant que compagnie avec 3,5 millions au lieu de 200 millions. C'est une réduction de plus de 90 % », a-t-il déclaré devant la presse.
La logique : concurrence mécanique, baisse des prix
Le raisonnement du DG de l'ANAC suit une chaîne de causalité directe : abaisser les barrières à l'entrée pour multiplier le nombre de compagnies actives sur le sol togolais, générer de la concurrence, et obtenir mécaniquement une pression à la baisse sur les tarifs. « Quand on multiplie les compagnies aériennes, ça entraîne mécaniquement une concurrence, et la concurrence entraîne mécaniquement la baisse des coûts », a-t-il résumé.
Cet objectif s'aligne du reste sur l'ambition du Togo de transformer l'Aéroport International Gnassingbé Eyadéma (AIGE) de Lomé en hub régional.

Le ministre des Transports Komlan Kadjé, lors des travaux de Lomé, a rappelé que « la prospérité de chacun de nos aéroports dépend de la fluidité de l'ensemble » et qu'« aucun hub ne prospère seul ». La baisse des frais d'installation vise à accroître le nombre d'opérateurs desservant Lomé, renforçant ainsi la connectivité de la plateforme.
Cette mesure nationale prend également le tempo d’un mouvement plus large initié par la CEDEAO. Lors de leur sommet de décembre 2024 à Abuja, les chefs d'État et de gouvernement de la communauté ont décidé d'abolir les taxes sur le transport aérien et de réduire de 25 % les redevances passagers et de sécurité, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Le Togo a choisi d'aller plus loin sur le volet de l'attractivité du marché local.
Un contexte de mise en œuvre hétérogène dans la région
La mesure togolaise intervient dans un contexte où les États membres de la CEDEAO affichent des niveaux de transposition variables de l'acte additionnel d'Abuja.

Chris Appiah, directeur du Transport à la Commission de la CEDEAO, a indiqué que certains pays ont déjà engagé des réformes, tandis que d'autres n'ont pas encore entamé le processus. Selon les projections des experts parlementaires de la CEDEAO, une application intégrale de la réforme entraînerait une baisse des prix des billets d'environ 40 % et une progression de la demande de 20 à 30 %.
Le DG de l'ANAC a souligné que le Togo avait également participé à la première Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien, tenue du 15 au 19 juin 2026 dans ce même hôtel, qui avait permis à chaque pays de mesurer les enjeux du marché unique.
La réduction des frais d'installation, selon lui, traduit de manière concrète l'engagement du pays d’Afrique de l’ouest dans cette dynamique, avec l’idée que : « Le Togo montre le chemin. »
Ayi Renaud Dossavi

PANORAMA DES REFORMES
CREATION D’ENTREPRISE (plus d’infos)
15ème mondial et 1er africain sur l’indicateur Création d’entreprises du Doing Business (DB) 2020, le Togo poursuit sa dynamique réformatrice, avec de nouvelles réformes...
EXECUTION DES CONTRATS (plus d’infos)
Encore dans les profondeurs du classement Doing Business en matière d’exécution des contrats, le Togo, porté par sa dynamique d’amélioration de l’environnement des affaires, a mis les bouchées doubles cette année pour un bond qualitatif sur cet indicateur de choix. De nombreuses réformes sur l’indicateur de l’exécution des contrats et du cadre juridique...
COMMERCE EXTERIEUR (plus d’infos)
Mieux que par le passé, le Togo a significativement réformé l’indicateur « Commerce transfrontalier » par l’adoption d’une batterie de mesures, avec en toile de fond, la numérisation des actes et procédures. Lesdites réformes concernent principalement la dématérialisation et la réduction des délais, en matière d’importation et d’exportation.
PERMIS DE CONSTRUIRE (plus d’infos)
Passé de la 133ème place à la 127ème place sur l’indicateur « Obtention d’un permis de construire » dans la livraison 2020 du Doing Business, le Togo veut réitérer le même exploit dans la prochaine édition du rapport mondial de référence sur la facilité de faire les affaires. Une batterie de réformes a été mise en branle cette année dans ce sens.
RACCORDEMENT A L’ELECTRICITE (plus d’infos)
En constante progression dans le Doing Business sur cet indicateur depuis deux ans, le Togo s’est à nouveau armé cette année pour une performance de rang, en témoignent les nouvelles réformes opérées pour faciliter le raccordement à l’électricité et l’eau aux entreprises.
TRANSFERT DE PROPRIETE (plus d’infos)
Réduction drastique des délais, bond significatif dans le Doing Business, l’indicateur Transfert de propriété est celui sur lequel le Togo s’est le mieux amélioré depuis 2018. Encore dans les profondeurs du classement il y a juste deux ans, le pays ambitionne désormais le sommet de l’Afrique. Détrôner le Rwanda. Et pour y parvenir, aucun répit. Une nouvelle série de réformes a été lancée en 2020 pour maintenir le pays sur le trend de la progression.
PASSATION DES MARCHES PUBLICS (plus d’infos)
De la professionnalisation du métier de la commande publique, à la numérisation, passant par la réglementation législative, le cadre de la passation des marchés au public au Togo est en constant assainissement. Plusieurs réformes ont été implémentées pour améliorer la matière au grand bénéfice du secteur privé, moteur du Plan national de développement.
PAIEMENTS DES TAXES ET IMPOTS (plus d’infos)
En ligne avec l’amélioration de son environnement des affaires, le Togo a introduit d’importantes réformes en matière de paiement des impôts et taxes. Du remplacement de certains impôts à la suppression d’autres en passant par des exonérations, le pays ne vise qu’un objectif : offrir le cadre fiscal le plus incitatif aux investisseurs et opérateurs économiques. Le tout, sur fond de téléfiscalité.